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[Les récits du Démon Brisé] Acte II - Chapitre 6 - Un voleur ?

Par Heldenhammer 08 Février 2019 - 11:32:38

L'homme reprit ses esprits en sursaut. Le feu de camp devant lui allait réduire en cendres le dernier rondin de bois noir. L'intéressé se dépêcha de sortir une torche et de l'allumer avec les dernières braises, avant qu'il n'y ait plus aucune étincelle dans ces ruines où le noir absolu régnait. Après un moment d'hésitation et une monté de stresse en son esprit, l'homme se calma quand une étincelle de vie émergea du tissu imbibé d'alcool qui alluma la torche. Dégainant sa rapière, il scruta d'abord le morceau de papier qui lui servait de carte puis puisa dans ses réserves de courage avant de reprendre le pas vers le fond des ténèbres. Il arriva à l'entrée d'une immense pièce perforée sur le dessus par le poids des âges, la preuve étant les morceaux de pierres et de poussières qui jonchaient l’extrémité de la pièce, laissant percevoir au cœur de la nuit une lune violacée qui brillait d'une lueur inquiétante. Au milieu de la pièce, il y avait une statue immense, d'abord impressionné et dérouté par le décor cauchemardesque, l'homme approcha sa torche de la statue dans l'espoir de calmer son anxiété. Il leva les yeux vers la sculpture et vit une forme humanoïde encapuchonnée qui portait un marteau à la main droite, le marteau était collé à une énorme enclume qui semblait s'être fissurée à cause du coup titanesque que la figure aurait portée. Un rire odieux retenti vers l'extérieur. L'homme se retourna vers la source du bruit et prit de peur il agita sa torche dans toutes les directions avant de respirer profondément. Il remarqua néanmoins qu'il semblait marcher dans du liquide. Baissant la tête, son rythme cardiaque s'emballa. C'était un liquide rouge, du sang, qui ne pouvait provenir que d'une seule direction : la statue. Il regarda cette dernière d'abord vers le haut. La main qui tenait le marteau était maintenant en hauteur et l'autre était dirigée vers l'enclume et tenait un épieu. C'est en regardant l'enclume que l'homme sentir son cœur s'arrêter. Il y avait un corps à demi-nu sur l'enclume, l'épieu planté dans le sternum était la source de cette flaque de sang. Puis la lueur de la torche disparut. L'homme sentait une pression sur son épaule. La peur atteignait son maximal et le cœur de l'individu risquait sérieusement d'exploser. Deux yeux luisant d'une couleur rouge s'ouvrirent à côté de l'homme qui le regardait. Puis des flammes d'un vert extrêmement sombre, plus sombre que le noir absolu, surgirent et dessinèrent une silhouette humanoïde. Cette dernière, laissa paraître un sourire abominable.
 « Qui sera le prochain ? »

 Ilgart se réveilla en sursaut de son hamac. Il toussa dans le creux de son bras et faillit vomir à cause de son mal de ventre terrible. Il se tint la tête pour essayer d'étouffer sa douleur abominable au niveau de son crâne, comme si on lui fracassait en permanence sa tête avec un marteau. Le roublard suait à grosse goutte, il s'en rendait compte car son hamac était trempé. Il gémissait assez fort et pris dans son meuble de stockage une petite boîte où il espérait trouver un médicament qu'il prenait depuis plusieurs semaines déjà. En ouvrant la boîte, il vit qu'elle était vide. Prit d'un accès de colère, il lança cette dernière contre la coque du navire et resta quelques dizaines de secondes assit où il était. Malgré les coups de marteau qu'il sentait à l'arrière de son crâne, le roublard se releva, prit son pardessus et alla vers la sortie de sa chambre.

 Ilgart tituba alors vers le pont principal de l'arche. Depuis quelques semaines déjà, l'hiver était définitivement tombé. Pendant que le jour tentait de réchauffer la terre avec ses rayons, les nuits étaient glaciales et les lames de gel frappaient les inconscients qui oseraient s'aventurer en pleine nuit. Un de ces inconscients était justement le maître artilleur qui semblait sentir son corps se transmuter en glace. Frissonnant dans son manteau, Ilgart alla jeter un coup d’œil vers l'Ouest, c'est-à-dire, l'endroit où était positionné le mont Zinit depuis là où l'arche était stationnée. La mer était entièrement gelée, et la lueur de la lune reflétait une couleur blanche sur l'eau qui s'était arrêtée dans le temps et l'espace. Le bateau, l'arche, était à première vue emprisonnée dans la glace. Mais en réalité, il s’agissait d'une stratégie bien pensée de la part de Faltaris. Aucun marin aguerri n'oserait s'aventurer dans cette partie des océans à cause de la mer qui gelait chaque année en hiver, l'arche était donc théoriquement invisible. Ilgart fixait l'ombre du mont Zinit avec attention et crainte. La mort de ses frères quand il avait décidé d'aller vérifier l'exploitation dans le mont était une idée idiote, et chaques jours il revoyait les mêmes événements défiler sous ses yeux : Un homme en armure qui massacre les roublards, des monstres qu'il n'avait jamais vu, un démon… un foutu démon. Ilgart s'en voulait de ne pas avoir gardé une balle pour celui qui avait tué ses frères. Cette haine s’amplifiait de jour en jour, et malgré ça, il a toujours caché aux autres ce qui s'était réellement passé. En sortant de la grotte, il allait vers la plage et remarquait qu'il manquait deux barques. C'est quand il rentrait dans l'arche qu'il se rendit compte que les survivants s'étaient enfui on ne sait où. Il se souvint du moment où il remit le pied sur l'arche. Sa tenue ensanglantée, son visage démoli par une force impensable et tous les autres marins stupéfaits de voir l'état de l'artilleur. Faltaris tenta de faire cracher à Ilgart ce qu’il s'était passé, mais en vain. Le roublard sombra peu à peu dans un isolement sans que personne dans l'arche ne sache réellement ce qui s'était passé dans cette mine.

 Cette honte avait atteint son paroxysme. Et alors que Ilgart observait l'horizon, une idée folle lui vint. En attendant un peu, il sentit que le vent était de moins en moins froid. C'était comme si le destin lui avait tracé son objectif. Le roublard se rua vers sa cabine, prit son arquebuse, son pistolet, sa rapière et beaucoup de balles. Attacha à sa ceinture son épée, son pistolet des balles à utiliser en urgence, prit son sac pour y mettre le plus de balles possibles et l'accrocha sur sa jambe et prit enfin son fusil qu'il mit à son dos. Il prit une carte et marqua l'arche, puis la remballa avant de revenir vers le pont. Il s'approcha de la rambarde et prit l'échelle de corde pour descendre de l'arche et atterri sur la glace. Ilgart chargea son pistolet et se mit en route vers le mont Zinit.

 Le noir absolu n'empêcha en rien le roublard d'avancer. En fait, c'était même très bien pour lui car, depuis quelque temps des monstres inconnus avaient commencés à apparaître et l'obscurité lui serait une bonne alliée. C'est au bout de plusieurs minutes à marcher sur la glace qu'Ilgart vit enfin un premier récif. Il sauta directement dessus puis observa les environs. L'arche était une ombre, comparée au mont Zinit qui semblait écraser tout l'horizon. Cette hauteur presque inimaginable ne laissait entrevoir qu'un seul chemin : les récifs. Même si la mer permettait d'accéder à la plage, marcher sur la couche de glace pouvait mettre la vie de l'artilleur en jeu. Que se passerait-il si la glace s'était brisée à cause du poids et que le corps, déjà fragilisé par les lames de froid, serait tombé dans l'eau glaciale ? Cette vision paralysa Ilgart un instant, il fut cependant tiré de ses esprits par un hurlement inquiétant au loin. Par acquit de conscience, le roublard s'allongea et observa toutes les directions. La peur montait en lui, le cœur commençait à accélérer et le sang monta à la tête de l'homme. Il crut sentir un quelque chose derrière lui, une tape sur l'épaule. Il prit craintivement son pistolet, retourna sa tête et crut voir une ombre terrifiante dans l'obscurité. Il tira presque immédiatement sur l'ombre en hurlant, avant de se rendre compte que cette ombre était le fruit de sa nervosité. La détonation résonna sur la glace et le bruit s’étendit dans toutes les directions. Ilgart s'allongea sur le dos, toujours sur le rochet, et reprit son souffle, essayant d'évacuer le stress. Il se releva craintivement et suivait la ligne que traçait le récif.

 Au fur et à mesure qu'Ilgart avançait, il voyait le récif se dessiner non plus comme une ligne droite, mais comme un labyrinthe d'arches et de collines. Chaque chemin devait être méticuleusement observés sous peine d'être définitivement perdu et être à la merci du froid impitoyable. Ilgart se rendait compte cependant que plus il avançait, moins il y avait de vent. C'était bon signe, il était tout proche de la plage. Puis son objectif fut accompli, il avait atteint la plage. Mais il souhaitait revenir dans cette mine pour se souvenir de ce qui s'était passé, voir s’il n'avait pas rêvé ce jour-là. Alors il regarda sur la plus grande falaise en quête de cette mine. Palpant la roche dans l’obscurité, l’artilleur avançait dans le vide cette fois, mais s’arrêta net. Il entendait une respiration extrêmement longue et forte. Une créature était dans les parages. Ilgart réfléchit un instant, quelles sortes de bestioles peuplaient la plage du mont Zinit ? Des trucs venus de la mer, c’est sûr. Mais ce truc semble gros. Des skouales ? Pas possible, Sufokia et Amakna ont totalement nettoyé l’endroit de ces vermines et même si l’endroit était vide de toutes civilisations, les skouales ne seraient jamais revenues. C’est autre chose. Ilgart respira le plus silencieusement possible. Une étoile rampa à côté de l’endroit, semblant ne pas faire attention aux bruits des alentours. Cette étoile de mer faisait des petits « ploc » à chaque pas. Le grognement s’arrêta net, en même temps que le cœur du roublard. Un hurlement inimaginable retenti à côté de l’homme. Il vit une ombre passer à vive allure et bondir droit sur l’étoile qui passait par là. On entendait des gémissements alors que la couleur du sang rayonnait grâce à la lune. L’animal semblait avoir attrapé l’étoile avec sa gueule et l’agita dans tous les sens avant de la déchiqueter avec ce qui semble être des griffes. Un nuage passa devant la lune, coupant toute source de lumière. C’est à ce moment que les entités se découvrirent. Ilgart voyait la monstruosité qui émettait une étrange lueur dans les ténèbres. Une abomination à mi-chemin entre un reptile et un mulou. Une horreur dotée de bras gigantesque d’où émanait une poudre violette, des griffes aussi grandes qu’un bras. Ilgart ravala sa salive et fit un pas en arrière. La chose tourna la tête, la gueule ouverte et encore pleine de sang. Les yeux de l’homme et du monstre se rencontrèrent. Ce dernier fit son même hurlement en direction d’Ilgart.

 L’artilleur avait déjà dégainé son arquebuse par peur. Au moment où il vit les yeux du monstre, il tira un coup droit dans la tête. Un éclair apparut dans les ténèbres, un sifflement se rua vers la tête du monstre. On entendit un craquement d’os, mais aussi un autre sifflement qui partait dans le vide. La balle avait ricoché sur la tête du monstre. Le nuage s’échappa, laissant Ilgart admirer l’atrocité devant lui. Il paniqua. « BORDEL DE MEEEERDE ! ». Il commença à courir dans la direction opposée alors que l’abomination semblait gémir. Ilgart tourna rapidement la tête vers l’arrière, voyait que la bête mettait ses mains contre ses yeux, comme si elle avait été aveuglée. Ilgart continua à fuir.

 Beaucoup plus loin sur la plage, le roublard s’effondra sur le sable, exténué par son sprint. Il entendait la bestiole au loin qui hurlait. En se redressant, l'homme comprit qu'il devait partir car la mort le chassait, mais partir par la mer était certainement la pire des idées étant donné que le monstre n'aurait qu'à le suivre. Que faire alors ? En observant les immenses roches qui formaient un mur infranchissable sur cette plage infernale, Ilgart vit les reste d'un panneau. En s'approchant, il y avait une inscription illisible, en revanche, les armoiries d'Amakna étaient présents. Le roublard se trouvait à l'entrée de ce qu'il cherchait. Il hésita un instant et fit un pas en arrière, mais les hurlements de la créature le forcèrent à avancer dans cet endroit. Il défonça à coup de pied les restes de bois, démolit par l'humidité et dévoré par la mousse. Aussitôt le premier pas dans la mine lui procura un dégoût, une odeur qu'il n'avait pas l'habitude de sentir : la chair en décomposition. Un cadavre récent se trouvait devant. Un homme, aventurier qui s'était perdu à première vue. Ilgart s'approcha en ravalant sa salive et se forçait de ne pas vomir. Le cadavre était sur le ventre, l'artilleur le retourna avec son pied. C'était abominable. L'homme se retourna et toussa, écœuré par ce qu'il avait entrevu, un liquide acide lui remonta à la gorge, il le ravala. Il se retourna vers le corps. Ce dernier ne ressemblait plus à rien. Il manquait la cage thoracique, les membres était déchiquetés et les yeux crevés. Il vit également une note dans la main du mort ainsi qu'une torche. Ilgart s'accroupit et essaya d'arracher la note. Ne voulant pas toucher la main – enfin, les restes de chair et de nerfs – il déchira le papier. L'écriture était à peine lisible, mais une seule chose restait visible sur la note : « Jamais dans l'noir ! ». Ilgart prit la torche et vit à côté du corps un arc et quelques flèches, il comprit la situation. Le corps devant lui était le corps d'un chasseur. Peut-être voulait-il montrer sa prise au monde pour la renommée. Mais la situation semblait s'être inversée. Le chasseur était devenu la proie et la proie était devenu le chasseur, les restes en attestent. Cependant Ilgart n'arrivait pas à comprendre les mots sur la note. Il cogita une demi-seconde avant que la solution ne lui saute aux yeux. Quand le roublard avait tiré sur la bête, cette dernière s'est cachée les yeux. La lumière doit l'aveugler, d'où la torche. Ilgart la garda précieusement avant de continuer dans la mine.

 Cela faisait plusieurs semaines que ça c'était produit. Les cadavres laissèrent place à des squelettes qui jonchaient le sol, des torches étaient accrochées sur certaine parois. Ilgart alla prendre celle qui n'était pas grillées, mais il y en avait peu. Au bout d'un moment, la mine s’élargissait puis l'artilleur se retrouve encore une fois devant ce fichu temple. Il entra dedans, mais le portail n'était plus là. Il jurait qu'il y avait un portail devant lui la première fois qu'il était venu. Il se revoyait les étranges personnes en robes, – ils étaient toujours là d'ailleurs, des squelettes au sol avec des robes marrons - il voyait aussi son équipe qui les abattaient, des pots de poudre qu'il av... La poudre ! Ilgart se rua vers l'endroit où il avait fait la ligne de feu. Il restait effectivement trois pots de poudre et de balles. Un petit sourire se faisait voir sur le visage du roublard. Il avait un plan pour tuer le monstre, alla voir les squelettes, récupéra la rouille sur les armes et racla les os pour récupérer la poudre d'os. Avec ces deux poudres, il chercha un récipient. Ilgart vida un pot de balle et les mit dans son sac, prit la poudre et commença à remplir le pot. Il fallait au moins le remplir de moitié. L'artilleur se rua vers les autres corps où il répéta la même opération : racler les armes rouillées et récupérer les os pour en faire de la poudre. Cette action lui prit au moins une demi-heure. Une fois le pot remplit à la moitié, Ilgart prit la crosse de son pistolet et mélangea les poudres jusqu'à ce qu'elles devinssent rouge écarlate. Après de bonnes minutes de mélange, le roublard pouvait admirer la poudre rouge dans son pot et se dépêcha d'aller vers le temple et fit un cercle à l'aide de la poudre rouge. Maintenant, il fallait être inventif...

 
 À l'intérieur de la mine, il y avait un silence de mort. Ce dernier fut rompu par une dizaine de détonations venant du fin fond de la mine. Les bruits se réverbérèrent sur les murs de roches et s'échappèrent vers l'extérieur. Après plusieurs secondes, un hurlement étouffé se fit entendre. Le rapace semblait être rentré dans la mine. Seul le son de ses pas lourds pouvait se faire entendre sur le sol meurtri par le sang qui avait coulé autrefois. Malgré le noir absolu, le rapace voyait exactement où il marchait et semblait avoir une vision parfaite dans le noir et il sentait de nouveau sa proie, l'animal fonça tête baissée avait d'être aveuglé par des lumières. Il mit ses mains sur ses yeux pour calmer la douleur qui le prit à la tête mais son odorat lui montrait que sa proie était juste à côté. Attiré par le fort arôme que dégageait la chair humaine, le rapace entra dans le temple, là-dedans tous les coins étaient lumineux mais seul le centre de la pièce était noir, là où se trouvait la proie. Elle était au sol bien au centre de la pièce. Le rapace sauta dessus en hurlant et planta ses crocs dans le corps, mais c’est en retirant un morceau de viande que le rapace se rendit compte qu'il avait croqué dans une charogne, celle qui se trouvait à l'entrée de la mine et que l'odeur de la proie qu’il avait sentit venait du manteau sur le cadavre.

 Ilgart avait enfilé une robe d'un des fanatiques morts et s'était caché dans un coin qu'il avait illuminé grâce aux torches. Il prit son pistolet et tira un coup sur la poudre. Cette dernière s'enflamma presque instantanément et un cercle infernal de flamme avait entouré le rapace. Ce dernier se rendit compte de la supercherie trop tard. La lumière le rendait entièrement aveugle. Sa vue lui montrait d'immenses taches blanches tout autour de lui mais son ouïe laissait entendre des bruits métalliques. Les flammes mirent beaucoup de temps à s'amenuiser. Quand le rapace eut enfin retrouvé une vue partielle, il retira ses mains et ouvrit ses quatre yeux. Le monstre avait une vue sur Ilgart, arquebuse en main, le canon droit vers lui. Une détonation retentit, le projectile s'élança droit vers un des yeux qui explosa dans une gerbe de sang. Accablé de douleur, le rapace hurla de rage et se tenant le visage et en ouvrant grand sa gueule. Une deuxième détonation, la balle alla droit dans la bouche du rapace et se planta dans son palet. La douleur fut telle que le monstre tomba au sol, mais Ilgart n’avait pas dit son dernier mot. Il avait eu le temps de modifier le chargeur de son arquebuse, au lieu d'en faire un chargeur de quinze balles, il déploya sa chaîne qui menait au chargeur et y accrocha une soixantaine de balle. « LE CHASSEUR ICI, C'EST MOI ! », déclara-t-il avant de lancer une fiole avec de la poudre rouge, un morceau de tissu allumé dedans. La fiole s'éclata sur le rapace et commença à prendre feu. Le monstre était immobilisé au sol dans une douleur est une rage indescriptible. Son corps entier était dans les flammes. Sa peau se consuma partiellement, laissant voir entre la fourrure et les écailles des morceaux de chair. Ilgart prit en joug les points faibles et tira encore et encore, animé par une rage et une volonté inébranlable. Son doigt gauche appuyait sur la détente à une vitesse folle, pendant que sa main droite avait le temps de réarmer et de maintenir le canon de l'arme droit vers sa cible. Un déluge de balles s'éclatait sur le monstre au sol qui gisait, des dizaines d'explosion et de lumières apparaissait par-ci par-là et bientôt toute la mine fut plongée dans un chaos infernal de bruits et de lumière. Ilgart avait tiré soixante balles, et il lui en restait encore une centaine dans son sac. Le rapace avait une jambe déchiquetée par le feu et les bras brisés suite aux impacts de balle, mais il se releva. Le roublard garda un sourire maléfique au coin des lèvres. « Encore en vie ? Le monstre grogna de rage alors qu'il marchait dans un bain de sang, son sang. T'es le truc le plus coriace que j'ai vu, et des saloperies j'en ai connu, crois-moi ! » Ilgart prit son pot de poudre et le fit rouler au pied du rapace avant de reculer de quelques pas. Il sorti une seule balle et la fit tourner entre ses doigts. « Tu es encore en vie, c'est ça le principal non ? C'est l'heure du feu d'artifice ! » Il chargea en un éclair la balle dans le canon, releva le levier et l'abaissa, prit une inspiration, leva le canon vers le pot de poudre à canon, ouvrit les yeux. « Tu es dans ma ligne de mire ». Il appuya sur la détente. La balle fonça droit sur le pot de poudre et le transperça de part en part. Le rapace regarda l'objet rouler devant lui, puis se prit de plein fouet la détonation. Le corps du monstre explosa en un feu d'artifice de sang et d'écailles, Ilgart fut projeter en arrière à cause de l'explosion.

 Après son combat acharné, Ilgart se releva et alla voir dans le temple. Il ne restait du rapace qu'un tas de sang et de poudre. L'artilleur se gratta la nuque en voyant ce qu'il avait fait, d'une part il était satisfait de ce qu'il avait accompli mais d'autre part, il a usé beaucoup de munitions. Il n'y avait plus rien à faire ici, il se retourna vers la sortie et marcha. Ilgart senti un coup de vent derrière lui, il se retourna d'un coup sec, le pistolet levé à mi-hauteur. Le roublard fut stupéfait, c'était l'homme en armure.
 « Écoute, dit-il, j'ai absolument besoin de ton aide... »

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