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[Les récits du Démon Brisé] Acte II - Chapitre 5 - Les marcheurs de la non-mort, Partie 2 - L'éclair azuréen

Par Heldenhammer 13 Décembre 2018 - 14:21:56

« Oui. Dit le crâ. Bonne réponse songeait l'eliatrope.

 -Parfait, donc voilà ce qu'on va faire : tu sembles être un bon tireur à l'arc, tu t'occupes des Déchus qui vont tenter de me frapper pendant que j'occuperai le démon majeur. Dès que l'occasion se présente, je t'appelle, tu sautes, je fais apparaître un portail sous tes pieds et tu lui décoches une flèche de wakfu. Et surtout ne te rate pas, je ne pourrais pas en refaire d'autre avant un moment. Sarthoraël savait que l'autre homme avait déjà tiré une flèche. Il aura trois essaies pour tenter de l'arrêter.

 -Qu'est-ce qui te dit que je vais pas rater les autres tirs ?

 -Le simple fait que tu aies réussi à décocher la flèche de wakfu suffit à voir que tu sais te servir d'un arc. Crois-moi, un archer novice n'arriverai même pas à bander un arc avec cette flèche. »

 Plus de temps pour parler, le gardien incanta un portail et retourna sur la place. Il prit une inspiration, se concentra puis sentit le wakfu parcourir ses veines, il incanta une lance de wakfu, puis s’élança vers le Démon. La vélocité de l'eliatrope lui permit de passer entre les déchus, tel un éclair azuréen, il vint au point d'impact et frappa. La lance transperça l'épaule du Démon qui tenait le bouclier d'Arkan dans ses mains. Le serviteur du Troisième rugit de douleur et se retourna vers son agresseur, enragé. Sarthoraël voulait jeter un coup d'œil au toit pour voir si son partenaire était en position, mais s’aperçut rapidement que les corps des déchus, fauchés par des flèches, suffirent à lui dire qu'il était en position. Son attention se fixa à présent sur son ennemi, celui qu'il traquait depuis des semaines. Le gardien se mit en garde, ferma les yeux et éveilla une puissance en lui. Toutes ses veines se mirent à luire d'un bleu azuréen, quand il ouvrit les yeux, ses pupilles luisirent du même bleu. Il tenait fermement sa lance et fit des cercles dans le vide avec pour provoquer son adversaire. Piracle prit son espadon, qu'il manipulait d'une seule main grâce à sa force surhumaine, comme si le poids de l'arme était inexistant entre ses mains.

 « Même sans le bouclier, rugit-il de sa voix rauque et sombre, mon pouvoir reste grand. Mon maître m'a dit comment il t'avait vaincu, il y a des siècles, tu ne peux pas gagner. Sarthoraël fusilla le démon du regard.

 -Ton maître voit juste, il fut un temps où il me mit à terre, mais il a oublié un détail pour son serviteur. » Au même moment l'eliatrope fit apparaître par la force de sa volonté un portail sous Startch et un autre derrière le serviteur du Troisième. Le crâ sauta dans le portail et apparût en l'air, derrière le Démon grâce à son élan. Il banda son arc et décocha une flèche de wakfu bien plus lourde que la première qu'il tentât de tirer auparavant. La flèche toucha le dos de Piracle et alors que Startch retombait et réapparaissait sur sa position en hauteur, un éclair lumineux fit son apparition et l'explosion de wakfu fut telle, que l'onde de choc mit à terre les déchus restants. Le Démon râla de haine et de douleur avant de tomber à genoux devant son adversaire. Sarthoraël profita de l'occasion et assena un coup monstrueux avec sa lance et perça le torse du Démon.

 « Voilà ce qu'il a omis de prendre en compte. » Le démon râlait d'agonie puis ouvrit sa gueule maudite qui laissait percevoir des crocs entièrement blancs. Au même moment, ses yeux s'illuminèrent d'énergie émeraude et une onde, venant d'on ne sait où, frappa le sol et se développa dans toutes les directions. Les déchus à terre se relevèrent tous, accompagnés des cadavres des civils et des gardes, ils devinrent des serviteurs. Piracle n'en avait pas encore fini, il prit appui au sol, se releva malgré la lance dans son torse et agrippa l'eliatrope à la gorge. Le Démon rugit et fusilla le gardien d'un regard assassin avant de le projeter contre un mur. Les déchus ressuscités partirent tous en direction du port, tous se mirent à psalmodier une même mélodie qui glaçait le sang de tous les combattants encore vivants. L'escorte du Haut général fut prit en surnombre, et ne sachant que faire, Kells prit ses jambes à son cou. Startch, toujours sur son toit fut pris entre l'hilarité de son ex-supérieur avec ses discours sur l'honneur qui prenait la fuite, et la terreur que suscitaient les dizaines, non, centaines, de Déchus qui venaient de se relever. Piracle agrippa la lance de wakfu entre ses griffes maudites et retira d'un coup sec, l'arme de son torse en hurlant de rage, alla récupérer le bouclier de son maître et son épée en allant dans la même direction que ses serviteurs. Attendant que la place devienne entièrement vide, Startch descendit de sa hauteur et voulut, par réflexe, voir s'il y avait des blessés. Hélas, les habitants et gardes furent tous tué ou mortellement blessés et réanimé par le Démon. La place, alors pleine à craquer de monde qui venait voir l'exécution du traître était totalement vide. Il ne restait rien, sauf peut-être le sifflement moqueur du vent d'hiver qui déferlait vers le sud.

 Les flèches de l'eliatrope étaient tellement lourdes, à tel point que Startch commençait à développer un mal de dos intense en continuant de les garder dans son dos. Se rappelant soudainement de l'eliatrope, Startch fonça vers l'endroit où avait été jeté son allié. En se rapprochant, l'archer vit une faible lueur bleue sous les décombres, commença à déblayer et retrouva l'homme en armure. Il avait une salle blessure sur le visage et saignait de la joue gauche, mais semblait indemne. Il tourna le regard vers le crâ.

 « Faut le rattraper à tout prix. Râla l'eliatrope et se relevant.

 -Tu plaisantes ? Il a une armée sous ses ordres !

 -Et ça veut dire qu'on doit laisser tomber ? Hors de question il ne doit pas quitter l'endroit.

 -Mais regarde ton état ! Tu as besoin de soins. Tu feras pas le poids face à lui.

 -C'est pour ça que je compte sur toi. Le gardien s'essuya le visage de la poussière et du sang qui le maculait. Il te reste des flèches, tu peux encore l’affaiblir. Il faut les suivre à tout prix ! »

 Les marcheurs avançaient vers le port en tuant les derniers survivants sur leur passage, si ces derniers n'avaient pas fui d'effroi à l'écoute des murmures des Déchus. Ils arrivèrent finalement au chantier naval. Le Démon Majeur approcha et vit un navire de guerre. Les serviteurs commencèrent à embarquer sur le bateau, guidés par la volonté de leur maître. Piracle regardait l'état de la ville. Les alarmes étaient déclenchées et beaucoup de bâtiments étaient en feu. On entendait des cris et des coups d'épée un peu partout. Cette vision chaotique fit sourire le Démon. Alors que les marcheurs arrivaient au navire de guerre, qu'ils tuaient les humains encore vivants, une troisième explosion retentit, aussi puissante que la deuxième. L'onde fit tomber des Déchus et en tua quelques-uns. Croyant au retour de l'eliatrope, Piracle, affaissé à cause de sa blessure, comprit que l'origine de l'explosion n'était pas celle d'une onde de wakfu. En regardant plus loin, il y avait un groupe de soldats encore vivant, guidé par une femme avec une tenue de iop. Il y avait quelque chose comme cinquante soldats armés d'épées et de boucliers, tous en position de défense, boucliers vers l'avant. Derrière la ligne de soldats, quatre équipes d'artilleurs, quatre canons et plusieurs caisses de poudre et de boulet. Le groupe avançait depuis le début des hostilités entre les Déchus et les gardes de Sufokia. L'un d'entre eux eu l'idée de rapatrier les corsaires au port et d'utiliser les canons. Quand le maître artilleur donna son ordre, quatre détonations effroyables retentirent, les projectiles meurtriers se frayère un chemin et anéantirent les Déchus qui rencontrèrent le boulet. Mais les ombres étaient extrêmement nombreuses, et telle une marée inarrêtable, tous allèrent vers les soldats pour anéantir la menace. Cependant, une partie de l'armée se dirigea vers le bateau de guerre.

 Un peu plus loin du port, Startch et Sarthoraël continuèrent leur chemin vers celui-ci. L'eliatrope sentait toujours le wakfu parcourir ses veines, mais la fatigue due au manque de sommeil ainsi que le coup du Démon lui donnèrent un terrible mal de crâne. Startch était toujours en forme mais était perplexe sur sa capacité à abattre le Démon. Ils étaient deux faces à une armée de mort-vivant. Presque trois-cent humanoïde entièrement noirs, certains armés, d'autres non, qui fredonnaient de façon synchronisée une sorte de chant qui glaçait le sang. Sarthoraël balaya l'endroit avec son regard pour trouver le Démon dans toute cette foule de monstres. Le crâ à ses côtés était en proie à la peur. Le nombre hallucinant de déchus au port l'affolait, et il se pensait être totalement incapable d'aider avec un simple arc dans les mains. Puis quatre détonations retentirent à quelques dizaines de mètres des deux personnages. Startch baissa la tête, ferma les yeux et mit ses mains sur ses oreilles. Terrifié, il se rappela d'un soldat qui avait été littéralement déchiqueté par un coup de canon, les événements éclataient dans sa tête comme une série de flashes aveuglants. Chaque battement de cœur un détail sanglant réapparaissait dans son esprit. Du sang partout, une odeur nauséabonde de mort et de feu, la terrible sensation d'être encerclé sans ne rien pouvoir faire. Il ouvrit les yeux un instant avec l'impression que tout son corps s'était effondré. Il voyait que le projectile meurtrier n'était pas allé dans sa direction : il était destiné aux déchus.

 Sans se rendre compte de l'état psychologique de Startch, Sarthoraël incanta l'arme qu'il maniait le mieux. Une hallebarde longue et étincelante apparut entre ses mains qui devinrent aussi illuminées que l'arme. Cela ne suffirait pas, songeait-il. Il se concentra de toutes ses forces, et alors que la hallebarde semblait s'illuminer d'une lueur toujours plus forte, l'entièreté des yeux et toutes les veines de l'eliatrope prirent un tin bleu azur. Sa pupille semblait disparaître au fur et à mesure. Au moment où Sarthoraël finit son incantation, il se tourna vers Startch. Ce dernier époustouflé par ce qu'il venait de voir, reprenait du courage et prit en main son arc.
 « Il ne doit pas s'échapper. Dit l'eliatrope d'un ton bien plus inquisiteur que d'habitude.

 -On fait la même chose ? Le crâ était déterminé à abattre le démon et a sauver les citoyens encore en vie. Les yeux étincelants visèrent en direction du groupe de soldats au fond du port.

 -Je pense qu'ils auront besoin de quelqu'un qui a de l'expérience dans le commandement. Startch était prêt à proposer son aide pour battre le démon, mais en voyant que celle qui commandait les soldats était la iop qui l'avait sauvé quelques dizaines de minutes auparavant, il fit un bref signe de tête et sauta de toit en toit pour aller rejoindre le groupe.

 Sarthoraël incanta un portail sous ses pieds, sauta de toute sa puissance et apparut à quelques mètres de hauteur au milieu de la masse, proche de Piracle. Il chuta, hallebarde pointée vers le sol, puis vint le contact fracassant avec le sol. Une explosion de wakfu fit son apparition quand Sarthoraël frappa le sol, les déchus, alors concentrés vers les soldats, prirent en compte l'apparition d'un nouvel ennemi sur le terrain. Piracle, encore blessé, se retourna et grogna de rage en voyant l'explosion qui faucha tous les déchus aux alentours. Le gardien se releva et redressa sa coiffe qui laissait entrevoir sa balafre et ses yeux illuminés. Son regard se fixa sur le Démon, puis, reprenant sa hallebarde en main, hurla de toutes ses forces avant de s'élancer vers lui pour l’abattre.

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