En poursuivant votre navigation sur ce site ou en cliquant sur la croix, vous acceptez le dépôt de cookies destinés à réaliser des statistiques de visites ainsi qu'à vous proposer des vidéos, des boutons de partage, des publicités personnalisées et un service de chat. Pour en savoir plus et paramétrer les cookies X

FR EN ES PT
Naviguer dans les forums 
Trackers Ankama

[Les récits du Démon Brisé] Acte II - Chapitre 5 - Les marcheurs de la non-mort, Partie 1 - Dernier jour d'un condamné

Par Heldenhammer 04 Octobre 2018 - 13:18:50

C'est fini. Il ne me reste plus qu'à attendre la mort à présent. Je vais être exécuté pour un crime que je n'ai pas commis. Comme dans toutes autres situations où l'honneur passe avant tout, je suppose que les responsables veulent pointer du doigt un coupable pour garder la tête haute. Sauf que, quand j'y repense, c'est la faute de l'armée si elle n'a pas été capable de repousser une attaque. Bon sang, qu'est-ce que je raconte ? Les roublards avaient de gagnés de toutes façons contre nous, sauf que l'ego de nos généraux est plus grand et aucun d'entre eux n'est pas fichu de comprendre le terrain. Je suis sûr que Kells préfère le fait qu'un régiment entier soit anéanti à cause d'un ennemi en surnombre… Bah, de toute façon, ça n'avait plus d'importance.

 Ce qui nous tue vraiment quand on est condamné à mort, ce n'est pas la pendaison en elle-même, c'est l'attente. On ressent de remord envers ceux qui nous étaient proche, on éprouve du regret, du chagrin et on perd notre humanité. Aucun dieu ne peut me sauver à présent, je ne suis plus rien. On m'a surnommé le Déluge, maintenant, je comprends pourquoi. C'était simplement parce que j'ai vécu une averse d'événement qui m'ont fait atterrir ici. J'entends des bruits de pas en cadence, la libération arrive…

 On ouvre ma cellule, on me force à marcher, on me met des menottes et on me conduit vers l'extérieur. J'ose à peine lever la tête, de peur qu'on me reconnaisse, trois jours ont passé, j'ai une barbe qui s'est formée, j'ai senti mes forces me quitter et je suis finalement devenu l'ombre de l'homme que j'étais. Les gardes ouvrent l'arrière du véhicule qui me conduira au peloton d'exécution et me jettent dedans, je reste étalé au sol, je n'ai plus la force et l'envie de me relever. Ce monde est injuste… Mon grand-père ne cessait pas de me dire ça, lui qui a vécu le chaos d'Ogrest. Je ne l'avais jamais cru car, depuis mon enfance, je n'ai eu que de la chance : J'ai eu de bons amis, un bon mentor, j'étais un très bon crâ, j'ai appris à vivre dans ce monde… Mais c'est là que je comprends ce que mon grand-père disait. Il répétait de dire que les dieux veillent sur nous et que grâce à eux, nous vivons. Il ajoutait également que les dieux ne pouvaient être partout à la fois et qu'ils peuvent laisser derrière leurs décisions des dégâts. Mon état est donc prévu, je suis destiné à mourir là, aujourd'hui, mais pour quelle raison ?

 Le véhicule s'arrête, puis j'entends des cris à l'extérieur. Kells veut m'humilier jusqu'au bout, il a donc décider d'inviter les civils me voir mourir ici. Je me relève difficilement, puis un garde m'ouvre la porte pour m'attraper au bras et me faire sortir de force. Je penche ma tête vers le sol mais observe les alentours, personne. Puis le garde me fait passer par un couloir et on arrive sur une ligne droite qui mène jusqu'à l'échafaud. Une ligne droite qui avait pour mur des Sufokiens enragés qui m'insultent sans s'arrêter. Le garde me pousse vers l'avant. Je baisse les yeux pour ne pas regarder le visage des habitants, j'ai honte. Des bruits de pas attirent mon attention, je vois subitement une ombre, relève la tête avant de voir une femme me donner un coup de poing au visage. Le coup me fait perdre l'équilibre et je tombe. Je sens également que cette même femme me crache dessus et se fait acclamer par les autres citoyens qui rigolent et hurlent. Je me relève honteusement, « aidé » par un soldat qui me prend par le bras pour me remettre debout.

 J'arrive devant l'échafaud, je monte les escaliers qui mènent à la plate-forme. Le garde me lâche, un autre me met la corde autour du cou. Je relève la tête et voit avec stupeur Eldart, une étoile au torse. Il s'approche de moi, le visage inquisiteur, mais le regard coupable. Il colle son visage au miens et commence à dire un charabia comme quoi j'aurai trahi Sufokia. Je plonge mon regard dans le sien
 « Lequel de nous deux à trahis Sofukia ? Celui qui a tenté de chercher des réponses ? Ou celui qui a été soudoyé pour raconter des conneries ? »
 Eldart se retourne vers la foule et lève les poings pour la faire taire.
 « Sufokiens, Sufokiennes, frères et sœurs. Aujourd'hui est un jour, important pour notre nation, aujourd'hui nous jugeons un traître. Qui plus est… »
 Je relève la tête vers l'horizon et voit au loin le Haut Général qui fixe les civils, mais mon regard reste fixé sur un visage qui ne cessait de m'observer. Un visage féminin qui me disait vaguement quelque chose. En plissant les yeux je remarque qu'il s'agissait d'une iop, mais alors que je scrute le paysage, un garde s'approche de moi et me met un morceau de tissu sur la tête. Je n'ai plus rien à savoir à présent, attendons juste l'inévitable. Eldart continu de parler, les minutes passent. Des gardes semblent s'agiter derrière moi, j'entends des pas de course. Puis des coups de lance s'en suivent. Bon sang il se passe quoi ?

 Des gardes braillent et demandent à activer l'alarme, Eldart continu de parler lors de son heure de gloire et les civils continuent de l'écouter. Mais personne ne voit qu'il y a un problème ? Je m'agite et Eldart s'en rend compte, il s'approche de moi, je le sens. Puis un coup d'épée, et une corne de brume, l'alarme est donnée. Que se passe-t-il ? J'essaye de forcer sur les menottes, puis le sol sous moi semble disparaître. NON ! Je tombe, mais la corde me retient, elle fait pression… Je… n'arrive… pas à… Puis je m'écrase au sol et tente de reprendre mon souffle. Quelqu'un a coupé la corde. Un bruit retenti derrière moi, je sens la froideur d'une lame couper mes menottes et le morceau de corde autour de mon cou. J'enlève le tissu qui me cache la vue. La iop qui me regardait et devant moi. Elle me dit un mot : « cours ». Je relève la tête vers la foule de gens venu admirer mon exécution. Il y a beaucoup de cadavres et également des individus entièrement noirs comme la nuit qui combattent contre les gardes. La guerrière me prit par le bras et m'ordonna à nouveau de courir. J'ai une idée.

 Je peux certainement récupérer un arc et de l'équipement dans l'arsenal de la garde. Je cours et quitte la place d'exécution, partout où je regarde, il y a des ombres qui attaquent tout ce qu'elles voient, c'est à dire gardes et habitants… et moi aussi. L'un d'entre eux me voit et se rue vers moi, je ne peux rien faire. J'esquive de justesse son coup d'épée et continu à courir vers l'arsenal. Je sens peu à peu les forces me revenir. J'arrive à l'arsenal sans égratignures et prend le premier arc et la première flèche venue. L'ombre arrive à l'entrée de l'arsenal. Je bande la corde, retient ma respiration et décoche une flèche. Elle se loge en plein dans sa jugulaire et mon agresseur agonise sur le pavé. Je prends du matériel léger. Une armure en cuir, une cape avec capuche pour éviter que l'on sache qui je suis, prend un meilleur arc et une trentaine de flèches. Je fais également un tour et me rase rapidement la barbe, non seulement je passerais incognito, mais en plus cette barbe ne me gênera plus. Je trouve aussi un sac et y met quelque flacon d'un poison assez simple mais efficace mais qui ne vaut en rien le crârsenic. Je ressors dehors, regarde le bâtiment et commence à grimper sur le toit.

 De ma hauteur j'avais une vue sur la ville portuaire. Je vois que le gros des ombres… ouais, le mot semble convenir. Bref, les ombres sont toutes rassemblées à l'endroit de mon exécution. Sautant de toit en toit, j'arrive rapidement sur la grande place et décoche des flèches trempées dans du poison sur les ombres. J'en abat une dizaine, mais une autre apparaît sur le champ de bataille. Comparé aux autres, celle-ci est bien plus grande et possède un bouclier dans sa main gauche. Des gardes foncent dessus, appuyés sur les ordres du Haut général. L'ombre met son bouclier en avant, et au moment où les cinq gardes arrivent, un rayon émerge du bouclier et les gardes tombent à terre. Je m'apprête à décocher une flèche meurtrière sur l'individu, mais au moment où je lève mon arc, une main, m'arrêta et baissa mon arc. Je me retourne, flèche à la main, prêt à frapper. Un homme en armure bleue était là, le regard sévère.

 « Tes flèches seront d'aucune utilité face à lui.
 -T'as une meilleure solution peut-être ? Il sort soudainement de son bras droit quatre lames entièrement bleue brillante.
 -Utilise celle-ci. Le bout des flèches sera bien mieux efficace que ton poison. »
 Je m'apprête à lui demander autre chose, mais il saute et disparaît dans un portail juste en dessous de lui. Voir ça me dit quelque chose… Mais oui ! On parlait d'un gamin capable de faire la même chose que ce que l'homme en armure venait de faire. Pas le temps de penser à autre chose ! Je me retourne vers la place et prend les lames. Après les avoir vues de plus près, c'est des flèches. J'en encoche une et vise en direction de la grande ombre. La flèche est plus lourde qu'il n'y paraît… Je tire. La flèche rate complètement l'ombre et vient s'écraser contre un mur d'un magasin. Ce dernier s'effondre sous l'impact. L'ombre se retourne vers moi et me vise avec son bouclier. Par réflexe, je me jette à plat ventre sur le toit, et c'est certainement ce réflexe qui m'a sauvé la mise ! Le rayon émis par le bouclier a transpercé le toit et l'a réduit en poussière. Je tente de me relever, mais glisse sur un morceau de tuile. Je perds prise et chute du toit. A ma surprise, je m'écrase plus vite que prévu et moins douloureusement aussi. L'impression d'être tombé de quelques centimètres passe très vite et je me relève sans blessures. Devant moi, le même homme en armure.

 « Tu auras remarqué que ces flèches sont très puissantes. Me dit-il. On va faire autre chose, tu arrives à tirer en sautant dans les airs ?
 -Heu... j'ai jamais essayé mais je pourrais essayer… Attend, comment ça dans les airs ? Je le vois lâcher un petit sourire au coin des lèvres.
 -En bref, tu sautes, je fais un portail sous tes pieds et tu tires sur le Démon Majeur.
 -Démon ? C'est un … Il me coupe la parole.
 -Oui c'est un démon. Tu serais capable de faire ce que je te demande ? Je le fixe dans les yeux, déterminé.
 -Oui. »

1 0
Réactions 1
Score : 3012

Bonjour, je voudrais te proposer un truc, si tu pouvais accepter ma demande au passage. 

0 0
Réagir à ce sujet