En poursuivant votre navigation sur ce site ou en cliquant sur la croix, vous acceptez le dépôt de cookies destinés à réaliser des statistiques de visites ainsi qu'à vous proposer des vidéos, des boutons de partage, des publicités personnalisées et un service de chat. Pour en savoir plus et paramétrer les cookies X

FR EN ES PT
Naviguer dans les forums 
Trackers Ankama

[Les récits du Démon Brisé] Acte II - Chapitre 4 - Le chemin de la mémoire, première partie - Naissance d'un élu

Par Heldenhammer 20 Août 2018 - 19:33:55

Fin d'après-midi, début de soirée, Sarthoraël avait allumé un feu de camps et s'était préparer à continuer sa traque. Cela faisait près de deux semaines qu'il était sur les talons du démon majeur, deux semaines qu'il n'avait pas fermé l’œil. Remettant du bois dans le feu, l'eliatrope s'adossa contre le tronc d'un arbre. Il continuait de fixer l'horizon de cette terre et, intérieurement, elle lui disait quelque chose, une impression de déjà-vu en quelque sorte.

 Plusieurs minutes plus tard, l'homme se releva et décida d'aller chasser dans la forêt. En scrutant méticuleusement les moindres détails autour de lui, Sarthoraël vit un bouftou dans les environs. Silencieusement, il s'approchait de la cible. Quand il jugea être assez proche, mit sa main droite derrière sa tête et balança son bras vers l'avant. On aurait dit qu'il frappait dans le vide, mais à la fin de son mouvement, une lance de wakfu se matérialisa dans les airs et embrocha le bouftou, transperçant les poumons et le cœur de l'animal, mort sur le coup, sans souffrances. Après que le projectile ait touché sa cible, la lance disparut comme elle apparut. L'homme en armure s'approcha du gibier, incanta une dague et dépeça l'animal. Encore une fois, cette action semblait lui rappeler des souvenirs.

 De retour à son camp avec son repas, Sarthoraël embrocha des morceaux de viande sur de solides branches, les planta au sol et fit cuire le bouftou. Il fixait la viande scintiller et cuir, tout en écoutant le feu crépiter. Ne sachant quoi faire, l'eliatrope regarda son gantelet gauche et lit les runes gravées sur la pièce d'armure. Cela faisait très longtemps qu'il portait cette armure, et il ne se souvenait plus comment et où il l'avait récupéré. Cela datait de plusieurs centaines d'années auparavant, pourtant, même si Sarthoraël arrivait à lire les runes, il était incapable de comprendre ce qu'elles signifiaient. La viande était loin d'avoir fini de cuire, l'homme continuait de la fixer, puis ses clignements semblaient être de plus en plus long, de plus en plus lourd… L'eliatrope tomba de fatigue et ferma les yeux.

 Tic… Tac… Tic… Tac, le lourd bruit d'un pendule réveilla Sarthoraël qui se trouvait devant un immense mécanisme en marche. Le gardien observa le mécanisme avant de se relever de contre le mur où il était adossé. Puis des bruits de pas vinrent capter l'attention de l'eliatrope qui se retourna. Il y avait deux personnes qui approchaient du mécanisme, mais aucune d'entre elles ne semblaient pouvoir voir Sarthoraël. Il y avait une personne qui était totalement inconnue au gardien. Il prit la parole en regardant le mécanisme.

 « Alors ? Tu en penses quoi ? L'autre personne s'approcha du mécanisme et sorti de l'obscurité, visible est totalement reconnaissable pour Sarthoraël. La deuxième personne avait une armure violacé claire, la peau assez vive et des yeux d'une nuance bleu-verte. Mais L'eliatrope savait qui était cette personne, et malgré son apparence, il reconnut sa propre tête. Le personnage derrière celui qui semblait être le créateur de ce mécanisme était Sarthoraël lui-même.

 -Franchement, dit l'eliatrope, c'est grandiose. Et donc c'est cette chose qui est sensée me faire améliorer au combat ? L'autre personnage se mit à rire.
 -Je viens à peine de le finir et tu as déjà envie de te mesurer à lui ? Je sais que t'es un maître à l'épée, la lance et la… heu…
 -Hallebarde.
 -Hallebarde, mais là je pense pas que tu sois de taille. Le Sarthoraël s'avança et incanta une épée longue en se retournant vers son ami.
 -On fait le pari ? »

 Dès que le Sarthoraël en armure violette fini sa phrase, le temps sembla se figer, le décor devint totalement vide et les personnes disparurent. Puis un claquement de doigt retenti de nulle part et une ombre apparut face à Sarthoraël.

 « Qu'en as-tu pensé ? Sarthoraël joua sur la défensive et était prêt à incanter n'importe quelle arme pour se défendre.
 -Qui es-tu ? L'ombre sembla prendre des couleurs.
 -Je suis toi. Sarthoraël incanta immédiatement une lance, stupéfait de ce qu'il vit. Comparé à l'autre lui qu'il venait de voir, son double possédait l'armure de l'éternité, avait la peau pâle et les yeux d'une couleur azur, en clair, son propre reflet.
 -C'est quoi ça ? Je suis en train de rêver ?
 -Exactement. Sarthoraël desserra l'emprise sur son arme, toujours sur ses gardes. Laissant apparaître un bref sourire sur son visage, le reflet de l'eliatrope s'approcha de son ego.
 -Écoute, je suis toi avant que tu décides d'oublier toute la douleur de tes anciens souvenirs, ceux d'avant ça. Le double leva son bras droit, caché sous un gantelet qui lui protégeait tout l'avant-bras et la main. Sarthoraël serra le poing droit en jetant un coup d’œil à son gantelet.
 -Tu es moi, non ? Donc tu dois certainement savoir pourquoi je ne veux pas revivre le passé.
 -Oui et non. Oui, je suis toi et je sais pourquoi tu veux oublier à jamais ce que tu as vécu, mais non, je sais que tu regretteras cette décision. Vois-tu cette machine derrière toi ? Sarthoraël se retourna et observa le mécanisme. L'autre eliatrope se mit à côté de lui.
 -Il n'y a pas seulement la douleur que tu revivras, tu reconnaîtras également les personnes qui comptaient pour toi et, par-dessus tout, tu te souviendras de qui tu étais. Sarthoraël baissa la tête et ferma les yeux pour réfléchir. Il eut soudainement de nouveau une douleur atroce au niveau de son avant-bras droit et mit sa main gauche à l'endroit où il souffrait. Serrant les dents il revit des flaches en désordre qui semblaient lui rappeler des choses. Il ouvrit finalement les yeux et regarda son reflet.
 -D'accord… J'accepte. Dit-il d'un ton ferme. »

 Aussitôt, le double fit signe à l'eliatrope de le suivre devant un portail semblable à celui que le gardien utilisait pour aller dans l'Erchos. Le faux Sarthoraël l'ouvrit et passa dedans, suivit de son alter-ego. Ils arrivèrent dans une forêt verdoyante, où il y avait un animal inconnu qui broutait l'herbe. Avant que la scène ne puisse continuer, le reflet frappa une fois des mains et la scène se figea sous les yeux de Sarthoraël.

 « Bien ! Annonça-t-il, la date nous importe peu, ce qui nous intéresse, c'est toi, ou nous. A cette époque, tu avais aux environs de neuf ans. C'est une époque assez juste question nourriture, alors vous étiez partis chasser dans une forêt aux alentours pour avoir de quoi manger.
 -Vous ? Le reflet restait à côté de Sarthoraël et se mit à rire.
 -Tu l'as oublié lui aussi ? Sans pouvoir dire quoi que ce soit d'autre, le reflet retapa des mains et la scène reprit.

 On voyait soudainement une ombre humanoïde apparaître dans un buisson, un enfant. Il semblait attendre un signal et fixait le haut d'un arbre. En regardant dans la direction du regard de l'enfant, Sarthoraël s’aperçut d'une autre personne sur l'arbre. Écarquillant les yeux, le gardien s'exprima.

 -Molquart ! Un claquement de main retentit de nouveaux.
 -Répète ce que tu viens de dire ? Dit le reflet avec un sourire en coin de bouche.
 -Molquart… C'est…
 -Ton frère oui. Ton grand frère dragon. Sarthoraël s’assit et mit sa tête entre ses mains. Il sentit une sueur froide et éprouva une certaine honte. Quelque chose le tapota sur l'épaule.
 -Relève la tête, c'est pas fini. Puis le double remit en marche la scène d'un claquement de main.
 Molquart était perché sur la branche, au-dessus de l'animal qui n'avait pas perçu la présence des deux individus. Le dragon fit un signe de tête à son frère, puis l'eliatrope sorti précipitamment du buisson et emporta sa main derrière sa tête. Sarthoraël avait relevé la tête et en voyant ce que faisait l'eliatrope, savait qu'il allait lancer une arme de wakfu, c'est ce qu'il fit. L'eliatrope balança son bras vers l'avant et un projectile aussi grand qu'une épée courte s'élança vers l'avant. Le projectile s'éclata contre le tronc d'arbre. Le fracassement fut tellement fort qu'il manqua de faire tomber Molquart de sa branche. Au moment où l'animal releva la tête, le dragon sauta sur lui et l'immobilisa. Le jeune eliatrope s'élança et incanta une dague qu'il planta dans le cœur de la proie.

 Molquart se releva. Il était assez grand, plus grand que son frère en forme humanoïde. Sa peau était de couleur mauve avec des écaille rappelant un bois clair sur certaines parties du corps, comme les épaules et les mains. L'eliatrope devant lui, devait être Sarthoraël quand il était enfant, presque aussi grand que son frère, la peau vive, les yeux bleu-vert, une chemise bleue azuréenne et un pantalon en toile sombre.

 -Tu l'as raté de peu. Dit le dragon à son frère en souriant.
 -J'ai tremblé au dernier moment mais je suis sûr que c'est pas l'apparition de l'arme le problème.
 -De mon point de vue, tu as surtout négligé la précision pour la force. Sarthoraël alla commencer à faire des petites incisions pour enlever la peau de l'animal.
 -Si je force pas, le truc ne perforera jamais la peau. Molquart regardait son frère dépecer la proie, s'assit sur un rocher et fixa l'impact sur l'arbre.
 -Un peu plus et je tombais par terre.
 -Oh, mais c'était le but. Sarthoraël lâcha un sourire en regardant son frère. Ce dernier pouffa légèrement. La peau était retirée à présent, Sarthoraël continuait de dépecer l'animal et commença à retirer la viande.
 -Tu as réessayé pour les portails ? L'eliatrope s'arrêta et fixa son frère en fronçant les sourcils. Molquart baissa la tête. Un lourd silence s'installa. Un silence presque oppressant qui se fit briser par Molquart.
 -Excuse-moi.
 -Pas grave. »

 Puis la scène se figea et les personnages disparurent. Le reflet réapparu devant Sarthoraël et s'approcha. Ce dernier voyait ses mains trembler de toutes part. Puis des brises entièrew se souvenirs furent leurs apparition dans son esprit. Des moments où il se retrouvait autour d'un feu avec son frère et un autre eliatrope plus âgé qui racontait une histoire aux deux frères, ou encore un autre où Sarthoraël se querellait avec son frère, querelle qui suivit par une bagarre pour finalement terminer par une raclé des deux frères par un vieux dragon. Puis le lendemain de cette bagarre, les deux frères qui s'asseyaient côte à côte, tous deux avec des égratignures et des yeux au beurre noirs. Ils se regardèrent et se mirent à rire de bon cœur ensemble. Le reflet observait Sarthoraël avec un léger sourire au coin des lèvres. Il commença à s'adresser à lui après que l'eliatrope fut de nouveau concentré sur ses paroles.

 « Voilà, c'est tout ce que j'ai à te montrer pour l'instant. Le gardien fixa le sol et se massa les yeux.
 -On ne continu pas ? Le double se mit à sourire.
 -Je ne pense pas que tu supporterais davantage de révélations, il suffisait de voir ton état quand tu t'es rappelé de ton frère. Tu as autre chose à faire pour le moment… ». Sans pouvoir dire quoique çe soit d'autre, l'environnement se fissura de toutes parts, puis tout devint blanc avant de repasser au noir.

 
Sarthoraël se réveilla. Il était contre l'arbre où il s'était adossé et regarda directement les alentours. Il se souvint qu'il avait mis un morceau de bouftou à cuire. Reprenant ses esprits, il s’aperçut qu'il faisait nuit noire, que le feu de camps était mort et que le morceau de viande était carbonisé. La faim lui mordait le ventre, et l'eliatrope prit le morceau et l'engloutit le plus vide possible pour ne pas sentir de goût immonde du carbone. Plusieurs minutes dans le noir, Sarthoraël décida de rallumer le feu. Il faisait de plus en plus froid au fur et à mesure que les jours passaient, et quand le feu fut de nouveau allumé, la chaleur qu'il dégageait était comme une libération pour le gardien qui gelait sur place. Sarthoraël réfléchissait sur ce qu'il avait rêvé, et se rappela de Molquart. Il regarda également son bras droit. Il hésitait à enlever son gantelet. Soudainement, l'eliatrope sentait une libération massive d'énergie, elle était loin mais cela voulait dire qu'il était proche de sa cible. Il étouffa son feu de camp et se remit en route.

0 0
Réagir à ce sujet