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[Les récits du Démon Brisé] Acte I - Chapitre 7 - Hol' Hakor Le Troisième

Par Heldenhammer 12 Mars 2018 - 12:31:11

Quand le cataclysme causé par Garkaron eut lieu, le roi damné n'était pas seul à veiller sur l'armée qu'il avait créé. Il était accompagné de trois démons anciens : les frères Hakor, les généraux qui s'occupaient de l'armée démoniaque et complotaient des plans plus vils les uns que les autres. L'un d'entre eux était Hol' Hakor, le Troisième, l'Ombre Mortuaire. Il était le plus fourbe des trois frères et n'hésitait pas à faire des dommages collatéraux car ceux qui lui étaient fidèles l'étaient de la vie, jusqu'à la mort et au-delà. La puissance du démon était encore plus développée quand il était en possession d'un artefact issu de la magie de l'Architecte de la désolation : Le bouclier Arkhanique. Cet artefact était capable de puiser l'énergie vitale des êtres vivant. Une fois vidé de leurs consciences, les corps des victimes étaient relevés et leurs esprits étaient pliés à la volonté du possesseur du bouclier, on appela ces serviteurs, les déchus. Après la grande bataille contre le gardien de l’Éternité, l'arme fut récupérée par les disciples de ce dernier et bloqué dans un état de pétrification à jamais, du moins, Sarthoraël l’espérait. Quant à l'esprit du démon, il fut d'abord enfermé dans une prison de lumière créée par Daltyrion, puis enfermé dans un puissant objet : l'eliacube. Même le choc le plus puissante n'aurait pu faire céder les parois de cette prison infinie. L'âme hurlante du démon devait rester enfermée dans cette dimension de poche. Les décennies passèrent, et Hol' Hakor fut alors oublié de tous.

 Hélas, rien n'est éternel, et quand un mystérieux individu découvrit l'eliacube, l'homme n'avait aucune idée de ce qu'il venait de trouver. Par curiosité, il l'examina et actionna accidentellement une libération d'énergie qui réveilla l'Ombre Mortuaire. Le démon saisit sa chance. L'âme de l'homme fut corrompue par les murmures du Troisième et l'horloger devint fou. Sa folie pris un côté démesuré quand il perdit ceux qui étaient le plus chers à ses yeux. Dans sa frénésie, il eu une idée folle : emmagasiner du wakfu, énergie vitale de ce monde, pour réparer ses erreurs. Le démon était patient, il attendait, tapis dans l'ombre. Plus le réceptacle possédait de wakfu, plus le démon se renforçait, il ne pouvait néanmoins sortir de sa prison. Près de deux siècles plus tard, quand l'eliacube avait assez de wakfu pour pour que l'individu arrive à ses fins, Hol' Hakor se manifesta et aspira toute la réserve avant de briser ses chaînes et de s'enfuir de l'eliacube. Même si le Troisième était sorti, il ne pouvait pas interagir avec le monde extérieur car il ne possédait pas d'enveloppe physique. L'esprit du démon vagabonda, cherchant le moyen de récupérer un corps.

 Son attention se porta d'abord sur l'individu qui avait vaincu l'homme qui l'avait réveillé. Malheureusement pour lui, il s'agissait d'un eliatrope, une race bien trop ancienne pour plier l'individu à sa volonté. Le démon aurait pris trop de temps pour le corrompre. Son attention se porta alors sur l'ancienne arche Zinit. Il découvrit une émanation anormale de wakfu, le Troisième vit le portail qui menait à l'Erchos. Le démon avait alors un plan : attendre qu'un homme vienne dans les environs pour que le démon puisse le pousser à ouvrir le passage dans l'Erchos pour récupérer le bouclier Arkhanique et récupérer son enveloppe physique. Le démon attendit plusieurs années avant d'enfin trouver celui qu'il cherchait. Le damné lui promit des récompenses qui dépassaient sa propre imagination et finit par le corrompre. Le plan était infaillible, du moins, il l'aurait été s'il n'y avait pas eu les roublards. Quand Piracle était mort, l'âme du démon hurla dans toute la dimension immatérielle où il était. Tout semblait perdu pour lui. Mais autre part, dans une autre dimension, une explosion colossale se produisit pour des raisons encore à ce jour inconnue. L'émanation de wakfu était énorme, à tel point que le démon puisa dans cette onde pour récupérer de l'énergie. Puisant dans ses dernières forces, le Troisième eu la puissance nécessaire pour invoquer quelques-uns de ces anciens serviteurs, mais surtout, il pouvait interagir avec le bouclier Arkhanique.

 Quand le roublard a tiré, la balle avait fracassé l'un des cristaux qui gardait le bouclier pétrifié. La destruction du cristal créa une émanation de stasis qui éveilla l'âme du bouclier. Hol' Hakor regardait la scène, voyant son artefact actif, il fit libérer un pouvoir. Les trois autres cristaux finirent par éclater d'eux même et le bouclier pouvait à présent utiliser le maximum de ses capacités. Le crâne gravé s'anima et ouvra sa gueule maudite. Il en sorti une énergie émeraude qui se mit à tourner autour du corps de Piracle, puis s'infiltra par les pores dans le corps de du mort. Soudainement, le cadavre fut pris de plusieurs spasmes et l’œil mort se mit à se métalliser, un métal sombre qui déviait sur une nuance de vert. Une couche d'écaille apparut sur le visage, partant de l’œil et se répandant sur tout le corps, les membres de Piracle se métallisèrent eux aussi. Une sorte de matière noire commençait à émaner du dos de l'individu, puis Piracle prit une immense bouffée d'air avant de se relever.

 Piracle sentait en lui une énergie qu'il n'avait jamais ressentie auparavant, il entendait une voix dans sa tête, celle du Troisième.
 « Il ne reste que peu de temps. Dirige-toi vers le portail et rejoint les déchus, ils t'indiqueront ce que tu devras faire... » Piracle ne répondait pas, il respirait fortement et écouta son maître. Il prit le bouclier puis incanta une épée avant de se diriger vers la sortie. L'ancien archaologue arriva à la salle principale et vit que le portail était fermé et qu'il y avait deux personnes devant lui qui lui bloquait le chemin.

 Usant d'un sortilège, Piracle leva la main libre, paume vers le ciel, la main ouverte. De sa voix rauque, il dit : « Et les déchus s'élevèrent de nouveau ». Une fraction de seconde plus tard, il serra son poing. Une énergie émeraude émergea de sa main métallique puis se dirigea vers les déchus à terre. Tous se relevèrent obéissant à leur maître. Piracle pointa du doigt Sarthoraël, qui avait déjà incanté une longue épée de wakfu. Ilgart leva la tête en direction de l'individu qui avait relever les ombres. Sarthoraël se rapprocha du roublard, encore à terre.« Il te reste encore des explosifs ? L'eliatrope fronça des sourcils regardant l'homme.
 -Un baril, il doit être dans la barricade. Au moment où Ilgart finit sa phrase, Sarthoraël fit apparaître un portail jute en dessous de l'homme à terre avant de sauter lui aussi à son tour. Les deux arrivèrent dans une salle vide, inexplorée par les intrus. L'eliatrope se dirigea sur une table au milieu de la pièce, posa ses mains dessus avant de regarder Ilgart.
 -Bon écoute, je te propose un marché, tu m'aide à battre ses gars-là, puis tu peux ressortir d'ici vivant. L'artilleur se releva, resta sur sa garde, une main sur un pistolet sous son manteau noir.
 -Ne crois pas une seule seconde que je vais t'aider à buter ses trucs.
 -Dans ce cas-là, je peux toujours t'éviter une agonie longue et douloureuse. Sarthoraël incanta son épée à deux mains, prêt à exécuter le maître artilleur. Ce dernier se ravisa.
 -Ok, ok ! Je vais te filer un coup de main. L'eliatrope se mit à sourire puis dés-incanta son arme.
 -Bien, voici le plan. Le portail est actuellement fermé, et cet homme que tu as vu juste avant que je nous déplace est capable de l'ouvrir. Le problème, c'est qu'on ne peut pas juste battre les déchus en...
 -Les quoi ?
 -Les déchus, les entités totalement noires qui passe par l'obscurité pour se déplacer. Bref, si on bat les déchus, le gars va les relever. Voilà le plan, je vais d'abord dans le tas pour occuper les déchus, dès que je les ais tués, il va falloir que tu observes si l'homme avec le bouclier lèvera sa main. Dès que tu le vois, tu prends le baril de poudre en main, tu hurle n'importe quoi et tu le lance devant toi. Je m'occuperai de faire un portail devant toi et de déplacer le baril juste derrière l'homme avec le bouclier. Ici viens le moment décisif, il va falloir que tu tir sur le baril de poudre pour le faire exploser. La détonation devrait le déstabiliser et je lui donne le coup de grâce. Pigé ? » Ilgart regarda dans sa sacoche les balles restantes. Il ne lui en restait que trois. Ilgart hocha la tête de haut en bas.

 Piracle commençait à utiliser le livre sur les portails eliatrope afin d'ouvrir le vortex qui le ramènerait sur le monde des douze. Au même moment, un portail s'ouvrit juste derrière lui. Sarthoraël en sorti et lui asséna un coup extrêmement violent avec son épée à deux mains. La lame de wakfu toucha l'épaule droite et s'infiltra dans la peau écailleuse de Piracle. Lâchant le livre, ce dernier pris le bout de la lame avec sa main, et usa de sa force surhumaine pour retirer l'épée de son épaule. Le démon se retourna, le bouclier en avant et mit un coup en avant, mais ne touchant que du vent car Sarthoraël avait déjà reculé de plusieurs mètres en une fraction de seconde. Les déchus avaient regardé vers le gêneur, prêt à agir. Le gardien des lieux avait cependant déjà foncé sur l'un d'entre eux, plantant sa lame dans la gorge du déchu. Un second se rua sur Sarthoraël, ce dernier incanta une barrière qui bloqua le coup du déchu. Piracle avait laissé les déchus s'occuper du gêneur et se retourna vers le portail, l'ouvrage de Ghalrax en main.

 Après chaque coups envoyés, Sarthoraël scrutait rapidement la barricade, regardant si Ilgart était prêt à agir. Plus le temps passait, plus il pensait qu'il avait été trahi. L'eliatrope levait sa lame et la planta dans la hanche d'un autre déchu avant de lui donner un coup de poing surpuissant, chargé de wakfu. Le déchu vacilla et tomba. Le dernier déchu était en arrière et avança vers Sarthoraël, en garde. Le balafré se déplaça presque instantanément derrière le déchu avant de lui trancher net le bras. Regardant les trois corps sans vies, un cri retenti dans toute la salle.
 « Maintenant ! »
 Au même moment, Sarthoraël regarda vers la barricade, incantant un portail devant le baril, mais fut interrompu par Piracle qui lui asséna un terrible coup de son épée maudite. L'armure fut transpercée et une gerbe de sang jaillit de la blessure. L'eliatrope hurla et tomba à genou, comme écrasé par la douloureuse blessure. D'un revers, Piracle s'apprêtait à abattre sa lame de haut en bas.

 Ilgart avait lancé le baril de poudre, puis prit en main son fusil prêt à tirer. Mais contre toute attente, le baril... chuta à terre. Le roublard semblait soudainement perdu, puis se ravisa lorsqu'il entendit le hurlement. Dans sa tête, deux idées émergèrent. Il pouvait laisser Sarthoraël se faire tuer, puis se cacher en attendant que l'homme au bouclier ouvre le portail pour enfin sortir de cette dimension, ou il pouvait tirer sur l'homme. La première idée le séduit, hésitant même à partir en courant, mais, certainement sous l'adrénaline, Ilgart tira sur Piracle au niveau de l'épaule où il avait déjà été blessé. La balle pénétra dans la blessure, perçant la peau écailleuse. Sous la douleur, Piracle lâcha son épée et recula. Il récita une incantation en eliatrope ancien. Le portail s'ouvrit aussitôt. Blessé, Piracle avançait vers le portail. Sarthoraël fit apparaître un portail sous le baril. Au même moment Ilgart tira sur la jambe de Piracle. Un fusil roublard n'aurait pas suffi à percer le métal, mais il s'agissait pas de n'importe quel fusil, c'était l'arquebuse d'Ilgart, elle avait déjà fait éclater le crâne d'un monstre à plusieurs centaines de mètres et avait aussi tuée trois ennemis alignés. L'écaille se fit littéralement réduire en poussière sous le choc monstrueux. Le démon hurla et tomba à genou.

 Ilgart avait dit qu'il lui restait trois balles, il avait tiré deux fois... C'était la dernière chance. Sarthoraël téléporta le baril de poudre à deux mètres devant Piracle.
 « Le baril ! » L'artilleur ré-arma son arme, retint son souffle, ouvra les deux yeux puis tira. Une effroyable détonation suivit, éjectant Piracle à plusieurs mètres du portail. Sarthoraël se releva, incanta une lance de wakfu et se dirigea vers l'homme, prêt à en finir avec lui. Il s'arrêta brusquement lorsqu'il vit le bouclier s'agiter. L'eliatrope senti soudainement une présence qui le déstabilisa. Il murmura un nom oublié qui n'aurait jamais dû refaire surface. Le Troisième... Le bouclier ouvra sa gueule maudite et une brume verte rempli entièrement la salle, bloquant la vue aux deux personnes. Une fois dissipée. Piracle était devant le portail, debout, blessé, il adressa un dernier regard derrière lui. Il se mit à ricaner. Ilgart tenta de tirer, mais il avait épuisé sa dernière balle. Sarthoraël fonça sans réfléchir sur l'individu mais il était trop tard. Le démon passa dans le portail. L'eliatrope hurla de rage, frappa sur le sol. Ilgart couru devant le portail.
 « J'imagine qu'un truc comme ça dans le monde des douze ne va certainement pas arranger la situation. Sarthoraël restait le regard au sol, enragé d'avoir échoué. Ilgart poursuivit.
 C'était qui au juste ce type ? Le gardien se calma et releva la tête.
 -Un démon majeur... Un démon du Troisième... Ilgart restait bouche bée devant ce que disait l'individu.
 -Il vaut mieux partir à présent, il n'y a plus rien à faire ici. L'eliatrope passa le vortex, suivit d'Ilgart.
 De retour dans le monde des douze, Sarthoraël désactiva le portail, puis le fit disparaître. Il incanta un portail devant lui et s'apprêtait à partir. Il tourna la tête vers Ilgart.
 -Ne parle de ce que tu as vu à personne, officiellement tu as vu des créatures qui t'ont rendue fou et qui ont tués tes amis... Merci du coup de main. L'homme fit un pas de plus vers le portail. Et... je suis navré pour eux. L'eliatrope allait entrer dans le portail.
 -Eh ! Non attend ! Il était trop tard, le portail s'était refermé et l'individu avait disparu. Ilgart resta seul au fond du site archaologique. Il s’essaya un instant, réfléchissant à ce qui venait de se passer.

 Il se mit à sangloter.

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