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Trackers Ankama

L' Honneur d'Iop.

Par Erpes 01 Mars 2009 - 18:39:30
« Le Wakfu est révélé par son opposé. Le Wakfu est un élément naturel, une réalité. Notre technologie génère la Stasis. Or, l’opposé d’un élément naturel est un élément technologique. La première source de Stasis – et donc, de Wakfu – est provenue du Tourmenteur, célèbre arme du Chevalier Noir. En effet, ses balles déformaient la réalité – et c’est pour cela qu’elles étaient si puissantes -, mais si le contraire de la réalité – qui est la Stasis– est ce qui la déforme, alors, c’est notre technologie qui en est la preuve. Bien sûr, modeler la réalité pour la rendre…encore plus efficace, c’est ça, la vraie technologie ! Et donc, la Stasis. La Stasis se trouve donc être le contraire de la réalité, et de la nature, et donc, l’opposé du Wakfu. Il ne faut point croire que la Stasis est destructrice, loin de là !Le Wakfu, en étant naturel, crée et détruit. Mais comme dit plus loin, le Wakfu est révélé par son opposé :la Stasis ! C’est donc notre technologie qui crée la Stasis !C’est notre technologie qui révèle le Wakfu !Sans notre technologie, le Wakfu n’est qu’un concept !

Extrait remodelé du discours du professeur quelque chose décédé suite à des blessures due à un attentat lors de sa conférence. »


Voyez-vous ça. Un élément naturel, le Wakfu… Mais dîtes moi… Les êtres vivants sont des êtres naturels, non ? Alors voilà d’où vient notre capacité à générer le Wakfu… C’est beaucoup plus clair maintenant. Et je comprends aussi pourquoi les Sadidas en possèdent autant… Ils sont les plus proches partisans de la nature, et sont en harmonie avec elle. Je me souviens que j’ai eu à en affronter une… Et donc, cette histoire de bulle… Générée par la force de deux Wakfu se confrontant ? Certainement. Mais de quoi est composé le Wakfu ? A ce qu’il paraîtrait, il en existerait deux types… Le wakfu constructeur et le wakfu destructeur… Là non plus, il n’est aucunement question de bien ou de mal… Mais simplement de principe, d’ordre dans les actions des choses… Chaque individu possède un des deux types de ces wakfus, et c’est en les fusionnant qu’on obtient le Wakfu avec un grand W. Celui qui réussira cette exploit pourra peut-être même tenter de détruire Ogrest… J’ai aussi entendu parler des Quatre Portes de la Conscience… Mais il faudrait que je me renseigne un peu plus sur ce domaine, pour parfaire mon éducation… Ah ! Mais c’est formidable, je pense en dormant… Récupérer de l’énergie tout en faisant le point sur les choses… Hum, mais mon cerveau aussi doit avoir besoin de repos… Surtout que c’est certainement le seul cerveau d’Iop intelligent… Bon, et bien, à demain, cerveau…

Chapitre 1 : Disparu.

Un éclair bleu jaillit soudain, comme de nulle part, et à sa place, apparut un jeune Iop. Il était vêtu d’une longue tunique ornée d’une croix rouge et fine, deux genouillères, d’une épaulette et d’un brassard, à l’effigie de Démons. Ces protections avaient l’air particulièrement réelles. Une épée, elle aussi forgée à la base d’un Démon très féroce, était fixée à son dos.

Nantua Diop se trouvait au milieu d’un pré. Les champs de blé occupaient la plus grande partie de l’espace. Quelques Bouftous broutaient l’herbe, en compagnie de Bouftons Blancs et Noirs qui s’amusaient à se poursuivre. D’autres Prespics Ventrus se promenaient d’ici là.

Le Iop sortit une carte, et chercha rapidement des yeux un endroit précis. Une exclamation puissante et soudaine retentit alors dans le petit pré :

_ Ca y est, j’ai trouvé !

Et Nantua se mit à courir. Que de mieux de se dégourdir les jambes en sentant le soleil se lever au-dessus de vous, et chauffer petit à petit. Parfait. Tout simplement parfait. Un petit jogging matinal. Mais bon, la connaissance n’attendait jamais, et c’est bien pour cela qu’il fallait se dépêcher.
Il freina brusquement devant un mur. Ou une muraille, pour être plus précis. Le rempart Est d’Astrub. Malheureusement, l’entrée était au Sud. Et c’était reparti pour le sport. Sans sentir un soupçon de fatigue, le Iop fonça à toute allure jusqu’à l’entrée Sud.

Enfin arrivé devant elle, il reprit son souffle. Cinq secondes après, sa course reprenait. Sur le passage, il bouscula quelques aventuriers peu scrupuleux qui marmonnèrent des commentaires sur le cerveau des Iops. Mais Nantua n’en avait rien à faire. Il était une sorte d’exception à la règle. Combien avait-il vu de visages stupéfaits en découvrant qu’il était intelligent, et combien en avait-il vu qui ne comprenait rien à ce qui s’était passé, quand sa Démone les pourfendait ? Un nombre inimaginable.

Et c’est pour la deuxième fois dans la journée que Nantua freina brusquement. Le bureau du professeur Fic Sianti. Il frappa, mais personne ne répondit. Intrigué, le Iop intelligent décida d’entrer. Il ouvrit la porte sans faire de bruit, ce qui était facile : le professeur Fic accordait toujours une importance capitale à tout ce qu’il faisait. Et c’est pour cela que ses portes étaient toujours bien huilées. Mais quand il entra, il aurait préféré rester dehors à attendre vainement qu’on lui réponde.

Désert. Toutes les machines, les fiches, et les objets du professeur étaient fracassées, détruites, réduites en cendres. Et le pire : un morceau de sa veste traînait là, par terre, à même le sol.

Horrifié, le disciple combattant s’avança lentement. Qui avait pu oser faire un tel carnage ? Où était le professeur ? Et plus important encore : que lui était-il arrivé ? Nantua recula à pas lents, et sortit en courant du laboratoire.

Il retourna à une vitesse redoublée dans son pré, pour avoir les idées claires. Toutes ces pensées à partager avec le professeur auquelles il avait réfléchit la veille lui paraissaient vagues, floues, sans importance. Il décida donc de retourner dans son havre-sac.

Atterissant dans cette dimension parallèle, Nantua se sentait comme en sécurité. Il s’allongea, et ferma les yeux.
Une demi-heure plus tard, il regretta de nouveau le choix qu’il avait fait : et oui, précédemment, il avait regretté d’avoir ouvert la porte du labo, et là encore, il avait regretté d’avoir ouvert les yeux.
Car devant lui se tenait un Osamodas, gigantesque, aux muscles saillants comme ceux d’un athlète – ce qu’il était, sans aucun doute-, et au sourire inexistant. Un seul mot, un seul, suffit à déclencher le chaos :

_ Meurs.

Une gigantesque coulée de sang envahit la petite maisonnette. Et Nantua se retrouva par terre, paumes vers le toit, yeux encore ouverts et un filet de sang sortant de sa bouche.

Chapitre 2 : Meurs.

Nantua voyait flou. Sa vue était troublée au point qu’il ne pouvait plus distinguer les choses des autres. L’Osamodas se tenait toujours debout devant lui, et dit :

_ A ce que je vois, tu n’es pas mort. Hum… Ca tombe bien, c’est exactement ce que je voulais. C’était juste pour te faire comprendre…

_ Qui… Qui es-tu ? réussit à acquiescer Nantua. Et que… Que voulais-tu me faire com…comprendre… ?

_ Tu n’as pas besoin de me connaître. Tout ce que tu dois savoir, c’est ceci : ne cherche pas le professeur Fic.

_ Que… Comment ?

Le géant soupira longuement, à la manière d’un buffle.

_ Pff… Tu parles d’un Iop intelligent ! Que dalle ! cracha-t-il.

_ Tu… Tu ne devrais pas dire ça…

_ Et pourquoi ?

_ Parce que… dit Nantua en commençant à se relever lentement, il se pourrait que…

_ Continue, l’encouragea l’Osamodas, souriant doucement.

_ Que je sois plus fort et intelligent que tu ne le crois, annonça Nantua une fois complètement debout.

_ Ah… Un autre atout, à part cette intelligence ? L’endurance ? Et bien, on verra si tu tiendras longtemps face à ça !

Nantua décrocha Démone de son dos, et la planta au sol. Analysant rapidement la situation, il déduit que le meilleur moyen de vaincre serrait de déclencher un…

_ Alors, t’es en train d’établir tes stupides stratégies ?! s’exclama l’invocateur, coupant net toutes ses pensées, et en se précipitant sur lui.

Il joint ses mains, et frappa le sol avec une puissance inimaginable. Une fissure commença à fendre le sol en direction de Nantua. Celui-ci courut vers la gauche, se précipita sur le géant, et commença à l’enchaîner à coups de Rafale.
L’invocateur, lui, ne sentait rien, et attendait patiemment que son adversaire se calme. Mais le Iop avait un plan bien précis en tête : distraire la masse de muscles. Et cela marchait très bien.

Plus Nantua frappait, plus l’ennemi riait.

Jusqu’à que Nantua sauta d’un bond en arrière, et retira sa Démone du sol : la crevasse, qui était retenu par la Démone et qui avait gagnée en puissance depuis tout ce temps, fut libérée.

Elle s’ouvrit en une brèche gigantesque, et l’Osamodas tomba tête la première dans le gouffre.
Le disciple combattant, lui, avait réussi à s’en sortir grâce à un simple Bond.
Et pour finir, Nantua leva la main vers le toit, et murmura :

_ Justice.

Une déferlante de feu s’abattit dans le trou. Un cri horrible, de douleur retentit alors. Pendant que les flammes consumaient la victime, Nantua sortit de la zone inter-dimensionnelle. Il savait qu’elle allait se réparer toute seule, mais cela prendrait du temps. Mais le Iop n’en manquait pas, maintenant qu’une nouvelle quête s’ajoutait à son palmarès :

Retrouver le professeur Fic Sianti.

Bon, j'avoue, c'est immensément court. La raison : j'ai commencé cette Fic il y a presque un an. Depuis, j'ai eu le temps de m'améliorer ! Donc si les fautes émaillent de mon post, j'espère que vous comprendrez. La suite comprend 21 chapitres ! Ils sont tous dans la section Rôle Play ( le problème, c'est que je viens de voir que c'était ici, pour poster ses fics... ) Je posterai donc à intervalles réguliers deux chapitres. Puis deux, puis encore deux... Et ainsi de suite.

En espérant qu'elle rencontre le même succès que dans l'autre section,
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Chapitre 3 : Rencontre inattendue.

_ Par où commencer ?

_ Déjà une question.

_ Qui était cet homme ?

_ Déjà une deuxième.

_ Qui l’avait envoyé ?

_ Aucune idée.

_ Et pourquoi m’avait-il mit en garde de ne pas retrouver le professeur Fic Sianti ?

_ T’es vraiment dans la merde…

_ Bon, tais-toi, Démone, soupira Nantua d’un air las.

Bizarrement, Nantua était seul. Seule son épée, Démone, était devant lui, plantée sur le sol du petit pré si familier aux yeux de notre héros. Encore plus que d’habitude, on aurait dit que l’arme était vivante. D’ailleurs, un son en sortit :

_ J’essaye simplement de t’aider, moi ! C’est pas comme les quatre autres.

_ Laisse les frérots, m’man, et p’pa en dehors de ça.

_ Alors t’as vraiment pas besoin de moi ?

_ Je n’ai besoin de toi que pour tuer mes adversaires, rien d’autre, annonça Nantua d’une voix méprisante.

_ Hum… Je me demande pourquoi je suis tombé sur cet abruti d’Iop. Mais bon…

L’étrange vitalité qui semblait ressortir de cette épée disparut en un instant.

Nantua s’allongea dans l’herbe, et regarda les nuages dans le ciel. Que de problèmes… Mais bon, autant les résoudre un par un. Tout d’abord, collecter des informations. Le Iop se releva, et marcha, cette fois, vers l’entrée Sud-Est d’Astrub, le quartier scientifique et industriel.

Une fois arrivé à destination, il remarqua que la plupart des gens qui séjournaient là étaient des Fécas aux cheveux bleus, rouges, et roses pour les filles, accompagnés de Xélors ( sans cheveux, cela va de soit).

Il s’avança et entra dans la petite taverne de ce quartier. Il s’assit sur une haute chaise juste en face du comptoir, à côté d’un Féca aux cheveux gris, qui faisaient ressortir des yeux d’un jaune éclatant. En remarquant la sale mine qu’affichait le rouquin, le Féca demanda :

_ Un problème ?

_ Ouais… Est-ce que tu connais le professeur Fic Sianti ?

_ Quoi ?! s’exclama t le Féca, ouvrant de grands yeux derrière ses lunettes. Un peu que je le connais ! J’ai même failli devenir son assistant ! Mais…

Nantua connaissait le reste de l’histoire. Une mystérieuse personne lui avait piqué sa place, et, par ailleurs, avait détruit son bâton Féca.

Mais Nantua n’y était pour rien. Il était tout simplement plus intelligent que le mathématicien, et avait simplement renversé sans le faire exprès une potion destructrice sur le bâton du Féca qui l’avait oublié dans le labo du professeur Fic. Certes, pas fait exprès, mais le recalé avait décidé de se venger, et de tuer celui qui lui avait chipé sa place et qui plus est, détruit son arme favorite.

_ Hum, je vois, coupa net le Iop. Mais est-ce que tu sais quel genre de fréquentations avait le professeur ?

_ Ses fréquentations ? Mais t’es de la milice ou quoi ?

_ Euh… Non, t’inquiètes pas… Une bière, s’il vous plaît.

La serveuse Eniripsa lui donna une grande mousse. Nantua la fit glisser jusqu’au Féca.

_ Pour moi ? demanda-t-il, intrigué et soupçonneux.

_ Et bien, oui… Puisque tu connais le professeur, tu doit être vraiment très intelligent, alors…

_ Ah, c’est sympa de ta part.

Il but une gorgée de bière.

_ Ses fréquentations ? Et bien, je me souviens qu’il traînait souvent avec des types pas très nets, pour obtenir du matériel…

_ Tu peux me les décrire ? demanda précipitamment Nantua.

_ Euh, je me souviens d’un grand type bleu, un Osamodas.

« Yes, trouvé, » pensa le Iop.

_ Un grand type bleu ? Pourquoi récoltait-il son matériel chez des gens louches ?

_ Alors là, aucune idée. Mais… Pourquoi parles-tu à l’imparfait ?

_ Une autre bière, s’il vous plaît.

Une nouvelle fois, Nantua offrit une bière à son voisin. Celui-ci finit d’une gorgée la première, et commença la deuxième.

_ Alors ?

_ Hips ! Excuse-moi. Et bien, quand j’étais le favori au poste d’assistant à son labo, il m’avait confié quelques secrets.

_ Développe.

_ Il m’avait parlé d’un accord. Hips ! Désolé. Mais je ne sais pas ce que ça veut dire…

_ D’accord. Rien d’autre ?

_ Non, c’est tout ce que je sais.

_ Compris. Tiens.

Nantua laissa tomber une dizaine de pièces frappées de la lettre K légèrement calligraphiée.

_ Merci. A plus.

Le Iop s’avança vers la sortie. Il s’apprêtait à franchir le seuil de la porte, mais :

_ Attends.

Nantua se retourna. Le Féca était descendu de sa chaise, et se tenait péniblement, le rose aux joues, au comptoir.

_ Est-ce que… Est-il arrivé quelque chose au professeur Fic Sianti ?

L’intelligent rouquin le dévisagea lentement. Une minute plus tard, il lui dit :

_ Oui. Suis-moi, et tu contribueras peut-être à sa survie.

Stupéfait, le Féca ferma les yeux un instant, puis les r’ouvrit. Un regard déterminé avait pris place sur son visage, et le rose sur ses joues avait disparu.

_ Si je peux aider le professeur Fic, alors c’est avec plaisir que je t’accompagnerai.

_ Et bien, allons-y.

Les deux nouveaux amis sortirent de la taverne, et se placèrent au milieu de la place principale du quartier Sud-Est.

_ Au fait, comment t’appelles-tu ?

Nantua réfléchit une fraction de secondes.

_ Euh… Mon nom est Erpès Bur. Et toi ?

_ Le mien est Jonzac Xad.

_ Et bien, Jonzac, allons-y.

Les deux héros discutèrent longuement, et commencèrent à reprendre la route.

Maintenant qu’Erpès, ou plutôt Nantua, avait un nouveau compagnon, Jonzac Xad, les choses allaient certainement aller mieux. Mais malheureusement…

Un géant, un Osamodas bleu, caché derrière un angle de rue, observait nos héros. Celui-ci marmonnait :

_ Ainsi tu te nommes Erpès… Et tu traînes avec un intello de Féca, hein… Pff… Vraiment pitoyable… Ca me donne envie de t’écraser ! Mais malheureusement, je ne peux pas pour l’instant… Mais t’inquiètes, ça ne va pas tarder…

L’Osamodas sortit de son coin d’ombre, et on pouvait apercevoir de graves brûlures sur son visage et sur son corps.

_ Je me vengerai, sois-en sûr…

Que va-t-il arriver à nos héros ? Jonzac découvrira-t-il la véritable identité sur son compagnon, le seul Iop intelligent ? A suivre…

Chapitre 4 : Test.

Récolter des informations n’avait pas été si dur, finalement. Ce qui était difficile, c’était surtout de voyager avec quelqu’un qui voulait notre peau. Et c’est bien pour cela que Nantua avait déblatéré un gros mensonge à Jonzac, en lui disant qu’il s’appelait Erpès Bur. Et oui, c’est comme ça, de nos jours, il faut mentir pour survivre. Mais, pour voir le bon côté des choses, Nantua s’était fait un nouveau compagnon. Qui plus est, un compagnon qui connaissait personnellement le professeur Fic Sianti et qui était tout aussi déterminé que lui à le retrouver. Mais, avant de continuer les recherches, il fallait que le Iop sache si Jonzac était puissant. Et c’est pour ça que, le lendemain de leur alliance, après le petit déjeuner, Nantua proposa à Jonzac un test, sous forme d’entraînement matinal :

_ Quoi ? Un entraînement si tôt le matin ?

_ Il faut bien se mettre en forme.

_ Mais pourquoi ?

_ Parce qu’on aura besoin d’énergie pour continuer les recherches !

_ Hum, pas si sûr…

_ Allez, fainéant Féca, ça te fera du bien de te dégourdir les muscles, tu verras !

_ J’en suis pas convaincu… répliqua le Féca, mais si tu insistes...

Jonzac Xad, mathématicien Féca et paresseux combattant, bondit en arrière.

_ Enfin tu te réveilles, c’est pas trop tôt ! lui dit Nantua avec un gros sourire en l’imitant.

_ J’ai bien affaire à un Iop…murmura Jonzac plus pour lui même que pour l’autre. Tiens-toi prêt ! C’est parti !

Le Féca commença à matérialiser sa machine. Celle-ci prenait forme autour de son bras droit. Ensuite, il sélectionna un élément. Une image apparut sur la surface vitrée de l’appareil. Une image en forme d’éclair.

_ Attaque Nuageuse !

Une foudre gigantesque sortit du bouclier et percuta de plein fouet le Iop. Celui-ci fut projeté contre un arbre. Un coup dur.

Il se releva d’un bond, et détacha sa Démone de son dos. Après l’avoir prise en main, il commença à la faire tournoyer.

« Y’a une grosse concentration de wakfu par là, » pensa Jonzac. Faut vite que…

_ Trop tard !

Nantua cessa immédiatement la rotation de son épée, la pointa sur le Féca et dit :

_ Attaque Cyclone.

Une immense tornade surgit de l’épée du combattant. Celle-ci arriva à toute vitesse sur Jonzac en grandissant de plus en plus. Quand…

BOUM.

Une explosion retentit sur un kamamètre à la ronde. Un nuage de fumée très épais prit place sur l’aire de combat. Quand elle fut dissipée, Nantua put voir que le berger intelligent s’était protégé grâce à la Bulle.
Celle-ci était parfaitement ronde, et entourait le Féca qui avait posé son genou par-terre. Il brandissait également son bouclier, qui semblait accumuler de l’énergie en grandes quantités. A son tour, Nantua pensa : « Ca commence à devenir sérieux. »

Un petit éclair s’abattit juste devant le Iop. Très faible, mais un Glyphe d’Aveuglement avait apparut avec pour centre l’endroit où l’éclair était tombé. Le rouquin eût la mauvaise idée de le regarder. Sa vision s’assombrit de plus en plus, jusqu’à qu’il ne vit plus rien.

_ Ah ! Mes yeux !

Jonzac s’approcha doucement de sa victime, et dit :

_ Ca y est ? C’est fini ?

_ Arrête de sortir des conneries et soigne-moi !

_ C’est bon, c’est bon, calme-toi.

Jonzac sortit de son sac rouge en toile de Lin un bandage. Il en entoura les yeux clos de Nantua, et fit un nœud très serré. Il extirpa ensuite un flacon. Il en retira le bouchon, et laissa tomber deux gouttes de mixture rose à l’emplacement précis des yeux du Iop. Cinq secondes plus tard, le bandage tomba de lui-même.
Nantua cligna des yeux quelques instants, puis les r’ouvrit complètement.

_ Ah, c’est mieux !

_ Tu vois, c’était pas si grave. Bon, ton test est fini ?

Nantua leva un sourcil, en s’efforçant d’arborer un air idiot. Malheureusement, il lui était difficile de faire l’imbécile longtemps.

_ Arrête de mentir, je sais très bien que tu voulais pas t’échauffer. Tu y es allé à fond dès le début.

_ Hein ?

_ Erpès Bur, dit Jonzac en fixant Nantua dans les yeux, tu caches quelque chose. Déjà, rien que de voir un Iop aussi intelligent, ça attire les doutes. De plus, tu connais quelqu’un d’une sagesse supérieure, et j’ai pas l’habitude de voir des gens de ta classe traînant avec des personnes aussi intelligentes. Enfin, tu essayes de me tester en me faisant croire à un stupide entraînement. Tu ne pourrais pas jouer la carte de la franchise, pour une fois ?

_ Non, les Ecaflips ne me plaisent pas trop.

_ Pff… En tout cas, je découvrirais ton secret un jour, Erpès, soit en sûr.

Nantua était dans une situation difficile. Il essaya de détendre l’atmosphère :

_ En laissant toute cette suspicion de côté, tu ne voudrais pas continuer les recherches ?

Jonzac soupira.

_ Ouais. Bon, il faut d’abord aller dans le quartier où il y a le plus de personnes louches possible. Une idée ?

_ Le quartier le plus louche… J’vois pas. Mais, il y a bien les…

_ Hors de question.

_ Pourquoi ?

_ T’as pas entendu parler des monstres qui traînent là-bas ?

_ Non. Alors ?

_ Il y a un… Sumoraï Champi !

_ Raison de plus !dit Nantua en se dirigeant vers les souterrains d’Astrub.

_ Att… Et mince, j’vais encore devoir me battre…

Le célèbre Sumoraï Champi. Espérons que nos héros n’aient pas à l’affronter ! Mais bon, avec la chance qu’ils ont… Les Ecaflips en frémiraient de dégoût… Un Iop intelligent et menteur, accompagné d’un Féca paresseux et suspicieux… Drôle d’équipe ! Survivra-t-elle seulement, et réussira-t-elle à retrouver le professeur Fic Sianti ?
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Chapitre cinq : Souvenirs douloureux.

Une silhouette, vêtue d’une cape à capuche rouge, composée de plumes de Piou Rouge, se dressait dans le laboratoire. Jonzac Xad, Féca, et scientifique/mathématicien de profession, apparut dans l’encadrement de la porte.

Il était tout essoufflé. Il venait d’oublier son Bâton Féca dans le laboratoire du professeur Fic Sianti. Il l’aperçut, qui était en train de parler à la silhouette à capuche. Jonzac se redressa, et reprit son souffle. Le professeur le salua, et se retira.

La silhouette sortit de sa cape Piou un flacon, remplit d’un liquide vert. Une étiquette était apposé en largeur sur la fiole. « Potion de Destruction d’Arme ». La silhouette sortit une épée. Elle la posa juste à coté du Bâton Féca, débouchonna le flacon, et laissa tomber une goutte du liquide verdâtre sur les armes.
Jonzac cria :


_ Non !

Une goutte tomba sur le Bâton. Celui-ci commença à disparaître lentement, très lentement… Jusqu’à qu’il n’en reste qu’une petite cellule, sous forme de carré métallisé. Cette simple disquette symbolisait la seule survie de l’arme.
Mais la silhouette l’écrasa, d’une simple pression de main.

Jonzac avait perdu sa seule défense face aux dangers du Monde des Douzes. Il resta stupéfait face à la scène. La silhouette se retourna, et remarqua le Féca aux cheveux blancs. Celui-ci put voir deux yeux vides le fixer. Une voix dit :


_ C’était ton arme ? Désolé, pas fait exprès. Mais faudrait penser à mieux défendre ses affaires.

La silhouette disparut.

On aurait pu penser que perdre une arme, ou encore une place n’était pas vraiment important, mais c’est à partir de cette instant que la vie du disciple protecteur changea.

Tout d’abord, il prit la route vers la taverne centrale. Située au centre d’Astrub, elle accueillait toutes sortes de gens, venus des quatre coins de la cité. Sadidas, Osamodas, Xélors, Ecaflips, Pandawas, Sacrieurs, Srams, Enutrofs, Iops, Eniripsas, Crâs, et bien sûr, Fécas y résidaient.

Jonzac, l’air dépité, s’assit à une table, seul. Il commanda une bière, et la sirota tranquillement.
Un instant plus tard, alors qu’il commençait la troisième, un groupe de Fécas s’approcha.

Le chef du groupe arborait une chevelure rose, et des yeux noirs. Un sourire prétentieux et des lunettes rondes rafistolées au papier collant lui donnaient l’air d’un savant fou.
Il prit une chaise, la déplaça jusqu’à la table de Jonzac, et s’assit. Tout le reste de sa bande se tenait derrière lui, attendant qu’il prononce les premiers mots, comme il avait certainement l’habitude de le faire.


_ Bonjour, dit-il simplement.

Jonzac ne répondit pas. Il savait qu’un seul mot du Féca suffirait à causer un déluge, étant donné que les gens qui l’accompagnait dégageait une forte puissance, et étaient au nombre de neuf. Il remarqua également que même avec la bouche fermée, le chef avait toujours une canine pointue qui sortait de sa bouche, lui donnant un certain style.

_ Tu sais qu’il est très impoli de ne pas répondre, n’est-ce pas ?

_ Oui, répondit le Féca aux cheveux d’argent. Mais je n’ai pas l’habitude de parler aux gens qui possèdent des cheveux roses.

Un sourire encore plus grand prit place sur le visage du chef.

_ Enchanté moi aussi. Mon nom est Florac Sertis. Et toi ?

_ Tu as entendu ? Ou le fait d’avoir des cheveux roses te rend sourd ?

_ Oh la la… C’est la perte de ton arme qui te rend si vulgaire ?

Jonzac écarquilla les yeux, mais se reprit vite.

_ Je vois que tu as mené ta petite enquête, n’est-ce pas ? Mais as-tu vraiment besoin de toute une bande de subalternes à tes côtés pour…

Une fraction de secondes après, Jonzac était plaqué contre le mur en bois de la taverne. Une main, souple et au doigts longs et fins, serrait sa gorge. Florac était juste devant lui, et Jonzac sentait une envie meurtrière immensément puissante dans ses yeux. Son sourire, toujours plus grand, restait affiché en permanence sur sa figure.

_ Tu sais que tu devrais surveiller tes paroles, Jonzac.

Personne ne semblait les remarquer. Et oui, malheureusement, Florac avait matérialisé une bulle. Seules les personnes les plus expérimentées pouvaient faire ça intentionnellement. Jonzac n’avait pas à faire à un débutant. Mais normalement, les autres personnes pouvaient apercevoir les combats, même à l’extérieur de la bulle. Les seules bulles où l’on ne pouvait pas voir à travers remontait à l’époque d’avant Ogrest, celle où les Dofus passaient de mains en mains.

Mais pas maintenant. Seul Jonzac pouvait se sauver. Florac relâcha son étreinte, et pendant que l’autre Féca reprenait son souffle, alla s’adosser contre le comptoir. La serveuse Eniripsa ne semblait même pas le remarquer. En caressant une mèche blonde de la fée, il dit :


_ Et bien, maintenant qu’on est rien que tous les deux, on va pouvoir… s’amuser !

Il bondit du comptoir, et en plongeant sa main dans un cercle astral, sortit un Bâton Spirituel, qui était parfaitement semblable aux bonbons en formes de cannes distribués à Nöwel.
Il frappa violemment l’estomac du Féca avec. Celui-ci atterrit sur une table. Les gros bras qui discutaient autour continuaient leur discussion comme si de rien n’était.

Jonzac se releva difficilement, mais il n’eût même pas le temps de prendre une inspiration cheveux roses était déjà sur lui. Il le plaqua contre la table, une main toujours serrée sur le cou du Féca aux yeux gris, et sortit de son Bâton Féca une lame.
Et sans vergogne, il l’enfonça profondément dans le bras droit du Féca. Il dessina tout d’abord un trait vertical. Puis l’enferma dans un cercle parfait. Qui se fut à son tour emprisonner par un triangle. Un œil triangulaire, en fait.
Jonzac hurla. Un flot de sang tacha la table. Florac dit :


_ Maintenant, tu vas être comme nous ! Mais laisse-moi t’expliquer une chose… Tous les Fécas obtiennent un jour ou l’autre un bouclier portable, servant à lancer leur sorts, leur boucliers, et leur glyphes. Ce bouclier peut apparaître de deux façons : Soit lors d’un combat très éprouvant, et très serré aussi bien physiquement que mentalement. La deuxième, est qu’un autre Féca dessine une entaille sous forme d’œil triangulaire sur l’emplacement originaire du bouclier. Il doit ensuite, dit Florac Sertis en sortant une potion rouge, déposer une goutte de ce liquide sur la blessure.

Florac le fit, et Jonzac hurla une seconde fois.

_ Ainsi, le bouclier né de cette façon…
DETRUIRA PETIT A PETIT L’UTILISATEUR, ET CE, A CHAQUE UTILISATION.

La vue de Jonzac sombra petit à petit…

_ Tu sais ? dit Florac avant que Jonzac tombe totalement dans l’inconscience. J’ai vu une voyante Ecaflip, en Amakna. Un jour, elle a été prise de convulsions, et a déblatéré une vision. Elle répèta sans cesse qu’un jour, un Féca aux cheveux blancs, sans arme, se promènerait dans une taverne, et qu’il ferait de grandes choses. Or, y’a beaucoup de Féca aux cheveux gris. Mais t’es le seul qui n’a pas d’arme. Pas d’chance…

Une semaine plus tard, Jonzac se réveilla dans un hôpital. Il referma immédiatement sa main sur son bras droit. Une douleur lancinante avait surgie dedans.

Jonzac avait fini par s’y habituer, mais à chaque seconde, plus précisément à chaque combat de sa vie, il sentait que cette douleur devenait de plus en plus forte, et qu’elle allait certainement prendre le dessus sur lui.

Alors voilà pourquoi Jonzac avait promis de tuer celui qui lui avait causé tant de souffrances… Et il l’a trouvé. Que fera-t-il quand il le découvrira ?


Chapitre six : Aveugle?

Nantua s’arrêta. Il se retourna l’air soupçonneux vers Jonzac, le toisa du regard, et demanda :

_ Tu as peur ?

Jonzac regarda son bras droit, où une marque en forme d’œil triangulaire était dessinée avec sa chair et son sang.
Il redressa la tête, et dit avec un sourire :

_ Non, bien sûr ! Mais c’est simplement que j’aime éviter le combat, quand je peux… De plus, ça va mettre du temps avant d’arriver à Astrub.

_ Ne t’inquiètes pas, Jonzac, dit Nantua en soupirant. J’ai tout ce qu’il te faut. Attends-moi simplement cinq secondes, d’accord ?

_ O.K.

Nantua commença à se désintégrer, jusqu’à disparaître complètement. Jonzac attendit patiemment cinq secondes en tapotant du pied.

Tout d’abord, des pieds commencèrent à se former. Suivis de protections, genouillères à têtes de Démons. D’ailleurs, une voix aiguë et excitée dit :

_ Ah ! Ca me donne envie de vomir, le passage à l’havre-sac, pas vrai, frérot ?

Une autre voix, semblable à la première, retentit dans le petit pré :

_ C’est clair ! Il pourrait y venir plus souvent !

Jonzac ouvrit de grands yeux, pendant que le reste du corps de Nantua se matérialisait. Quand l’avant bras gauche de Nantua, recouvert par une autre protection, un brassard beaucoup plus large, avec un grand sourire et des yeux vides, fut matérialisé, une troisième voix, plus mature, et plus grave, annonça :

_ Taisez-vous, les enfants ! Vous savez bien que Nantua n’aime pas que vous parliez. Nous pourrions nous faire remarquer ! Et…

Le reste du bras gauche de Nantua, recouvert d’une épaulette plus petite, mais avec un sourire beaucoup plus menaçant, et des yeux plus diabolique, apparut enfin.

_ … Et nous serions obligés de tuer celui qui a connu notre existence, comme la dernière fois, hein ?

Jonzac eût un haut-le-corps. Tuer quelqu’un qui avait entendu ces voix. Or, lui les avaient entendues Elles semblaient venir de l’armure du Iop.

_ D’ailleurs, dit la voix excitée et aiguë, le jeune Féca juste là, devant, nous a entendu, n’est-ce pas ?

Jonzac tomba par terre de terreur. Il ne comprenait plus rien. Qui était vraiment Erpès ?
En parlant du Mulou, son corps était complètement réapparu. Il arborait un sourire large, et tenait dans sa main un flacon, remplit d’un liquide transparent. Nantua remarqua que Jonzac traînait par terre.

_ Il y a un problème ? demanda Nantua, en haussant un sourcil.

_ C’est… C’est…balbutia Jonzac en pointant un doigt tremblant vers les protections du Iop.

_ Ah… Les frérots, m’man, et p’pa t’ont fait peur, n’est-ce pas ?

Quatre rires diaboliques retentirent :

_ Ahaha ! Si t’avais vu sa tête, Nantua !

_ A mourir de rire, fit la voix plus grave.

_ Quel idiot ! crièrent les voix excitées.

_ Ca suffit ! dit Nantua en fermant les yeux. J’en ai assez de vos remarques. Oh, c’est une longue histoire, ajouta-t-il sous le regard inquisiteur de Jonzac. Mais ne perdons pas de temps.

Le Iop intelligent débouchonna le flacon, et en versa trois gouttes sur le Féca. Celui-ci disparut instantanément. Nantua fit la même chose avec lui.
Désormais, seuls quelques Bouftous et quelques Tofus gambadaient joyeusement.

Un corps apparut à deux mètres au-dessus du sol. Il tomba dans l’eau, boueuse et sale. Un instant après, un deuxième corps le rejoignit, et tomba sur lui.

_ Atterrissage, O.K.

_ Très drôle. Tu voudrais pas te relever ? ronchonna Jonzac.

Nantua se releva péniblement. Jonzac fit de même, mais retomba presque immédiatement.

_ Qu’est-ce qu’il y a encore ?

_ Je… J’ai… J’ai perdu mes lunettes !

_ Ah, si ce n’est que ça !

_ Mais…

_ Bon, ne perdons pas de temps. Marche le long des murs, et ça ira.

_ Justement… Quels murs ?

Les deux amis se trouvaient dans les souterrains. Mais n’importe qui d’avisé aurait appelé cet endroit : des égouts.

Des murs en briques avaient été construits, collés à des trottoirs de pierre. Entre ces constructions, l’eau sale circulait.

_ Ca va être encore plus dur que prévu…rigola Nantua.

_ Bon, t’as fini, Erpès ? Aide-moi, plutôt.

Celui-ci soutenu Jonzac en le portant sur son dos. Ils avaient l’air bien idiots, dans cette position.

Cela faisait une heure que Nantua portait Jonzac sur son dos, et marchait, marchait, marchait, et marchait. La chevelure rousse de Nantua avait pris un coup, et était légèrement roussie (comprenez le jeu de mots). Et oui, sur le chemin, il avait rencontré quelques Crustagnons. Et sans ses lunettes, le Féca était bien moins performant au combat. Nantua, apparemment, ressemblait beaucoup à ces monstres.

Bref, depuis environ un quart d’heure, ils n’avaient rencontré guère d’êtres vivants à tuer.
Plus ils s’enfonçaient dans les « souterrains », plus la lumière semblait intense. Et Nantua savait ce que cela signifiait : le chef des Champis, le Sumoraï Champi, était tellement myope qu’il devait avoir beaucoup de lumière. Lumière générée habituellement par deux Enchampteurs.

Donc, trois gros monstres à affronter. Avec un Féca handicapé, ça allait être dur.

Mais, coupant net ses réflexions, un cri retentissant rugit dans les égouts. Nantua eût un petit sourire. Ca allait commencer. Il fit descendre Jonzac de son dos, détacha sa Démone de celui-ci, et lui dit :

_ T’es prêt ?

Ebloui par la lumière, Jonzac fermait les yeux. Lui aussi souriait :

_ C’est parti, dit-il.

Le géant Sumoraï Champi était arrivé par la voie de droite. Trois mètres et 2 tonnes de pur muscles. Et deux Enchampteurs, beaucoup plus petits et moins musclés, mais très redoutables quand même.

Le gros tas se précipita sur Jonzac. Il leva un bras puissant, et avant même que le Féca eût remarqué son geste, l’abattit sur lui. Nantua fonça en une fraction de secondes, et interposa sa Démone entre son ami, et le poing du colosse. Oui, cela allait être très dur.

Un des combats des plus difficile allait avoir lieu. Comment un Iop intelligent et soupirant, un Féca myope et soupçonneux, pourront-ils l’emporter face au terrible Sumoraï Champi ? A suivre, pour le découvrir…
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Chapitre Sept : Toujours debout !

Le souffle projeta Jonzac et Nantua sur le mur.

Ce dernier se releva et se précipita à la rencontre du géant. Il sauta, d’un bond gigantesque, brandit son épée en affichant un air menaçant, et se laissa tomber, pointe en avant, sur le Sumoraï Champi.

La bête, apparemment trop bête pour reculer, leva la main vers le petit insecte que représentait son adversaire. Ainsi, la lame de Nantua s’enfonça profondément dans la main droite de la montagne.

Celui-ci cria de douleur. Il se tint la main, et se mit à sautiller sur place en hurlant, créant de cette manière d’immenses soubresauts, qui firent tressauter les deux Enchampteurs.

Tout à coup, la lumière intense qui régnait diminua. Pas totalement, mais juste assez pour que le « boss » soit aveuglé, et que le Iop puisse se débrouiller un minimum.
Profitant de l’occasion, il s’élança à grande vitesse vers l’ennemi, sauta pour la seconde fois, et fit, l’air sûr de lui :

_ Poing Enfla… AAARRRGGGHHH !

Les deux Enchampteurs avaient réunis leur force, dans une Balle Cosmique si puissante que celle-ci avait défoncé Nantua.
Il se retrouva pour la seconde fois au sol. Mais cette fois-ci, avec un sourire aux lèvres. « J’ai trouvé son point faible », pensa-t-il.

Il se releva, et dit :

_ Les frérots, réveillez-vous.

_ Brr…

_ Brr…

_ Ca faisait longtemps… Hein, frangin ?

_ Ouais !

_ Et pour rattraper le temps perdu…

_ On va l’tuer ! crièrent à l’unisson les deux voix.

Les masques, sur les tibias de Nantua, commencèrent à s’agiter.
Puis tout à coup, celui-ci était devant le visage du Sumoraï. Une autre seconde plus tard, un pied de folie s’abattit sur lui. Et, comme ça, pendant une minute entière, il martela de coups de pied le visage du monstre.

Une telle pression de puissance réveilla Jonzac. Il fronça les sourcils, et se releva péniblement. Il s’adossa contre le mur, pour reprendre ses esprits. Il releva les yeux vers deux silhouettes, l’une immensément grande, l’autre beaucoup plus petite. Cependant, une telle puissance ne pouvait appartenir à Erpès. Certes, Jonzac se souvenait d’avoir senti un peu de ce wakfu. Exactement quand Erpès était allé chercher la potion, et quand Jonzac avait entendu ces voix… Les frérots…Quels secrets cachaient-ils ?

Le Sumoraï Champi, ensanglanté, semblait enragé. Il attrapa Nantua d’une main, et l’écrasa avec une force à broyer les os contre un sol de ciment.

Un craquement sinistre retenti lors du choc.

Jonzac, inquiété par ce claquement, cria :

_ Erpès ? Que t’arrive-t-il ?

Aucune réponse.

« Il faut vraiment que je retrouve mes lunettes, » pensa Jonzac.
Pendant trois longues secondes, il resta immobile. Ensuite, il marmonna :

_ Glyphe d’Ouïe.

Une étrange marque apparut sur le sol. Sur ce symbole, le son était décuplé. Cela remplaçait sa vue. Il sélectionna l’élément Feu sur son bouclier portable.

_ Glyphe Incandescent.

Un glyphe apparut encore une fois. Mais celui-ci était beaucoup plus grand. La chaleur qui y régnait était telle que les habits de Nantua commençèrent à brûler. Des flammes dansaient sur la tête des Enchampteurs.

_ Erpès ! J’ai…

_ Compris ! dit Nantua en s’extirpant de la main du colosse.

_ Tu es sûr de pouvoir…

_ Pas du tout… Mais c’est notre seul moyen ! coupa-t-il, s’agenouillant devant le monstre.

Celui-ci, amoché par tous ces coups, ne fit rien. Le temps semblait long, la scène était comme figée.

Enfin, Nantua sauta pour la troisième fois, et cria :

_ Exécution !

Une boule de feu, chaude de 150°, se forma devant le Iop. Elle grossit, grossit, grossit, jusqu’à devenir aussi grande que les gros rochers qu’on peut voir devant la mer. Il leva les bras très haut, et les abaissa. La boule de feu fut projetée à toute vitesse sur l’ennemi.

Une gigantesque explosion retentit. Un nuage de fumée prit place. Quand il fut dissipé, le géant était à terre.

Jonzac, qui avait tout entendu, félicita chaleureusement Nantua.

_ Et bien, tu t’es surpassé, cette fois-ci !

_ C’est grâce à ton glyphe, répondit Nantua avec un sourire.

_ Ouais… Mais…

_ Qui a-t-il encore ?

_ J’entends quelque chose… Une respiration… Des battements de cœur affaiblis… Il…

_ Et min…

Trop tard. Le géant se tenait debout, s’était emparé du corps du Iop, et l’avait avalé tout cru, ou plutôt, tout cuit. Un rot infâme s’échappa de la bouche du monstre.
Jonzac pensa rapidement :
« Au moins, il ne risque pas d’être digéré. Ce monstre va plutôt le régurgiter. C’est à ce moment là qu’il sera le plus vulnérable. Je pourrai peut-être lancer mon Attaque Nuageuse au-dessus de sa tête, là où les pierres semblent fragiles, et ensuite… »

_ BBBOOOÂÂÂRRRGGGLLLHHH !

Une substance suspecte sortit à grande vitesse de la bouche du Sumoraï Champi. Parmi elle, se trouvait un corps. Pendant que le géant toussait, Jonzac sélectionna l’élément Foudre sur son bouclier portatif, et dit :

_ Attaque Nuageuse !

Un tonnerre fracassa les pierres du plafond. Une averse de débris écrasèrent la tête du Champignon géant. Mais celui-ci ne sentit rien. Il attrapa Jonzac, et le pressa contre le mur. Après cela, il leva les mains, et les abaissa sur les deux corps des compagnons.

Cette fois-ci, plus aucune chance de fuir. De plus, le coup qui allait leur être porté serait fatal…

Malgré toutes leur tentatives, le géant est trop fort pour eux. Les héros sont sur le pont de mourir. Que pourra-t-il arriver ? Le groupe survivra-t-il, malgré toutes ces blessures ?


Chapitre Huit : Psycopathe.


Jonzac Xad était allongé sur une longue table. Une douleur immense brûlait son bras droit. Des lunettes, neuves, étaient ajustées sur son nez. Il ouvrit brusquement les yeux, et détailla la pièce du regard.

Dans cette salle, il y avait deux tables. Sur chacune d’entre elles était allongée une personne. Sur celle de gauche, était situé Jonzac, et sur celle de droite, Erpès Bur (alias Nantua Diop). Du plafond, pendaient des instruments en tous genres : tournevis, écrous, pinces, cisailles… On aurait dit le parfait atelier du bricoleur. Sauf que là, c’était eux les sujets de travail, et une personne inconnue, l’apprenti bricoleur.

Le Féca baissa les yeux vers son bras droit : la moitié de son bouclier portatif était démontée. Il tourna ensuite le regard vers Erpès.

L’armure de ce dernier avait disparu. C’est à cet instant que Jonzac remarqua qu’un bruit constant régnait, accompagné d’une forte odeur… d’humidité. Il leva la tête vers la source de son, et remarqua qu’une personne, aux cheveux roses et ébouriffés, travaillait activement sur l’armure Iopesque.

Celle-ci arrêta soudainement son activité, et se retourna vers les deux « patients ». Jonzac baissa la tête rapidement, espérant ne pas s’être fait remarqué.

_ Trop tard, Jonzac, dit d’un ton jovial Florac Sertis.

Mais Jonzac n’allait pas se laisser démonter : il comptait bien se venger.

_ Je ne me cache pas, ne me cachais, et ne me cacherai jamais face à une raclure telle que toi,
Florac.

_ Je vois que tu es toujours aussi insolent, répondit calmement le Féca aux cheveux roses. Cela ne t’a jamais servi, ne te sers pas, et ne te servira jamais. Sachant également que la dernière fois que tu as était impoli avec moi, ça c’est visiblement mal fini pour toi, n’est ce pas ? ajouta-t-il d’une voix à glacer le sang.

Jonzac regarda son bras droit, où l’on pouvait voir LA marque, à moitié cachée par la moitié de bouclier.

_ Au fait, continua Florac d’une voix doucereuse, tu as retrouvé celui qui a cassé ton arme ?

_ Non. Et alors ? demanda le Féca au cheveux blancs. Qu’est-ce que ça peut te faire ?

_ Tu te souviens de…

_ Ah, oui. Et alors ? Je ne l’ai pas retrouvé. Mais sache que dès que j’en aurai fini avec toi, je m’occuperai de lui.

_ Tu as des pistes ? questionna précipitamment Florac.

_ Pas enco…

_ Mais pourquoi te tracasser, alors que le fautif est allongé sur une table, juste à côté de toi ?

Jonzac eût un regard abasourdi.

_ Qu… Quoi ?

_ Tu es bouché, ou quoi ? répliqua Florac. A ton avis, pourquoi quelqu’un qui ne connaît pas le professeur Fic Sianti se serait uni à quelqu’un qui le connaît personnellement, quelqu’un comme toi ? Ce serait complètement débile ! Il n’avait que deux personnes dans son entourage, toi et…

_ … Celui qui a pris ma place… termina Jonzac.

_ Et ben voilà, t’es plus intelligent qu’il n’y paraît ! Et ce quelqu’un, c’est ce Iop. C’est étrange, très étrange… Crois-moi, je me suis coltiné à cette classe pendant longtemps, et je peux te dire que ce ne sont pas des prix nobels ! Mais celui-ci est différent. Et c’est pour cela qu’il m’intéresse tant ! Il t’a prit ta place, a détruit ton arme, et ta vie ! Sais-tu pourquoi ? Car quand j’ai su ce qu’il t’avait fait, je me suis dit que j’allais bousiller ta vie encore plus que lui ! Tu sens ce symbole ?! Encore quelques combats, et il te bouffera ! Tu le sais très bien ! Tout ça par sa faute ! Hein ?! Tout ça, par la faute de Nantua Diop ! finit-il d’un air dément.

Florac ressemblait plus que jamais à un savant fou.

_ Et maintenant que je vous ai entre mes mains, je vais bien m’occuper de vous, soyez en sûr ! Finalement, kidnapper le professeur Fic Sianti a été la meilleure chose qui me soit arri…

_ Quoi ?

Nantua Diop se releva difficilement, lui aussi lanciné par une douleur horrible.

_ C’est toi qui a enlevé le professeur Fic Sianti ?

Florac tourna sa tête à une si grande vitesse qu’on aurait cru qu’il avait attrapé un torticolis.

_ Je vois que t’es réveillé, Nantua ! Chouette ! Plus on est de fou, plus on rit !

_ Trêve de bavardages, Florac. Où est-il ?

_ Et bien…

_ Stop !

Jonzac descendit de la table.

_ Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Nantua ? Pourquoi t’appelle-t-il comme ça, Erpès ? Et comment se fait-il que tu connais son nom ?

Pour la première fois depuis ses cinq ans, Nantua fut prit au dépourvu. Florac répondit donc à sa place :

_ Erpès ? fit-il avec un air beaucoup plus sérieux. Hahaha ! Mais t’es vraiment le pire des imbécile, Jonzac ! ajouta-t-il, avec, cette fois, beaucoup moins de tenue. Il s’est foutu de toi ! A croire que vous avez échangé de cerveau ! Tu fais pitié ! Mais maintenant, c’est fini ! Vous, ou plutôt toi, Jonzac, va mourir ! J’ai encore besoin de Nantua… Mais toi ? Est-ce que j’ai encore besoin de toi ? Hein ? Je t’ai peut-être sauvé du Sumoraï Champi, mais c’était pour Nantua ! Et aussi, de quelle façon vas-tu mourir ? A cause de la marque ? Ou, que tu périsse de ma lame ?

Jonzac était fichu. Sans bâton, sans bouclier portatif. Sans rien pour le défendre. Il allait mourir, et il le savait. Mais il avait également décidé de se venger. Et quand Jonzac avait une idée dans la tête, pas grand chose ne pouvait espérer lui faire changer d’avis.

Il sauta dans les airs, décrocha du plafond un couteau immense faisant office d’épée, et se précipita à l’encontre de Florac, arme au poing.

Ce dernier s’empara de la Démone de Nantua, posée sur sa table de travail, et para les coups que Jonzac lui portait, le sourire aux lèvres.

_ Tu sais que je t’adore, Jonzac ? s’exclama le kidnappeur en parant une attaque verticale. Tu vas me permettre de tester un nouveau truc !

Nantua eût un air terrifié.

_ Ne fais pas ça, Florac ! Si elle…

_ T’inquiètes pas, l’intello ! Je sens que Démone et moi, on va bien s’amuser ! D’ailleurs…, cria-t-il en se baissant légèrement pour esquiver un autre coup de couteau. Réveille-toi, Démone !

_ Brr…

« Merde, » pensa Jonzac. « Si c’est la même puissance que j’ai senti pendant l’affrontement avec le Sumoraï Champi, je suis mort. »

_ Oh ! Nantua ? Depuis quand tu dégages cette force… meurtrière ? Ca me plaît beaucoup ! On va tuer quelqu’un ? dit une voix.

_ Je te salue, Démona ! dit chaleureusement Florac à l’épée, tout en faisant un bond en arrière. Je suis Florac Sertis, scientifique réputé, et prochainement vainqueur de ce gars, là ! Apparemment, tu aimes tuer, non ? Et bien, je suis pareil ! Et n’oublions pas que je suis ton nouveau maître !

_ Youpi ! Je me lassais de ce Iop ! Tuons vite le Féca, là-bas, et ensuite on s’occupera de Nantua !

_ Ah non ! fit Florac d’un air sévère. Je dois d’abord le découper, sans anesthésie, cela va de soi, puis le trancher, le trucider, le décapiter et tout les trucs possibles !

_ Parfaitement d’accord ! … Combattons !

_ Enfin quelqu’un de d’accord ! hurla Florac en fonçant sur Jonzac.

Avant même que celui-ci puisse se mettre en garde, Florac abaissa « son » épée sur le flanc droit de son adversaire. Du sang tâcha sa table.

_ T’es vraiment sale, Jonzac ! Il faut y remédier !

L’épée sifflait, dansait, tranchait, joyeuse de provoquer un joli carnage. Cinq minutes plus tard, Jonzac abaissa son couteau, avachi, vaincu, attendant le coup de grâce. Nantua était complètement paralysé par cette scène. Et quand l’épée qui lui avait tant servi fut projetée à ces côtés, et que les murs de la salle explosèrent, il fut encore plus perdu.

Des débris et des gravas tombaient de partout. Un nuage de poussière masquait la scène. Jonzac ne pouvait apercevoir simplement que deux silhouettes. Quand la vue fut dégagée, il put enfin voir les visages de ceux qui l’avait sauvé.

Une Crâ, à la poitrine développée, aux gants ajustés, et à la tenue assez moulante, tenait un arc, pinçant la corde, et se préparant à lancer une autre Flèche Explosive.

Elle était accompagnée d’une Sram, aux cheveux blancs. Celle-ci portait un masque de squelette sur le crâne, avec la tenue habituelle des Srams, recouvrant le bas de son visage. Elle était en position de combat, deux dagues longues et à l’air puissantes en lévitation sous ses mains. Des têtes de morts en guise de pupilles, elle avait l’air bien féroce.

_ Ici la milice du gouvernement d’Astrub ! Veuillez ne pas bouger et lever les mains doucement.

Seuls Nantua et Jonzac se trouvaient dans la pièce. Ce dernier, épuisé, s’appuya sur une des table, devenue rouge. Malheureusement, ce n’était pas de la tomate.

_ Où sommes-nous ? demanda-t-il.

_ Dans les souterrains d’Astrub, répondit la Crâ, faisant disparaître son arc, et en s’avançant. Comment allez-vous ?

_ Bien, dit Nantua.

_ Ca peut aller. Pourquoi êtes-vous ici ?

_ Nous avons reçu l’ordre de nous occuper du délinquant nommé Florac Sertis, menant des activités illégales.

_ Avez-vous une piste ? questionna immédiatement Nantua.

_ Non. Nous étions venues pour l’arrêter, et le questionner. Mais il est temps pour vous de sortir d’ici. Suivez-nous.

Les quatre personnes, laissant derrière eux tout le bric-à-brac, s’extirpèrent de la cachette, et se dirigèrent vers la sortie.

Et quand ils furent dehors… :

Jonzac s’enfuit sous l’air abasourdi de la Crâ, de la Sramette, et de Nantua.

Après avoir échappé à la mort de près deux fois, avoir perdu tous ces équipements, son compagnon, et la trace du professeur, Nantua se retrouve seul, comme il l’a toujours été. Mais cette fois, sans armure pour se consoler et discuter, Nantua est vraiment seul. Que va-t-il devenir ? Survivra-t-il à la fureur sans nom de tous ces ennemis, maintenant qu’un nouveau s’ajoute à la liste ?
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