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[Fiction] Les Murmures du Passé [MàJ 25/07/2016]

Par seigneursiths 09 Juin 2016 - 13:50:22
Salut !

Hum, je n'ai pas l'habitude du RP, ni de lire des fictions et je suis tout nouveau sur cette partie du forum ! Et j'ai encore moins l'habitude d'écrire des récits, peu importe leur longueur. Pour faire simple, je compte écrire une fiction ( ma toute première D: ) dont le sujet traitera de l'univers du Krosmoz en général, à l'époque du Wakfu à travers un personnage dont vous connaîtrez l'histoire, la vie et les ambitions.

Soit dit en passant, il n'y aura pas ou peu d'éléments inconnus/créés de ma part ( si ce n'est pour pour la flexibilité du scénario ou lorsque je n'ai pas assez d'informations sur un sujet précis ). Ce n'est qu'avec les informations récupérées sur le site de Krosmoz et celles en jeux que je compte développer le background et mes personnages
Malheureusement, je n'ai pas beaucoup de culture en terme de livres fantastiques/fictifs. Je m'inspirais d’œuvres de plusieurs auteurs, à savoir celles de Mark Lawrence, David Gemmell, Patrick Rothfuss etc ...Pour ceux qui connaissent, ça donnera la couleur de la sauce.
La préface est ici pour imposée une ambiance ainsi que, brièvement, le thème principal. Mais genre, implicitement... Dépendant de l'interprétation quoi... Ouais ok, plus je le relis, plus j'me dis que y'a presque aucune informations en faite D:

J'essayerais de faire de mon mieux pour vous faire découvrir mon plan et mes idées à travers ce récit, qui je l'espère, vous plaira. Voilà, après le blabla, encore plus de blabla ( pardon pour les fautes )




Prologue



Il se réveilla, les yeux grands ouverts, les pupilles rétractées et la sueur au front. Les pious du village chantaient pour l’aube, pendant l’embarquement des armes sur le bâtiment siégeant au port. L’homme s’équipa de son armure, faisant surtout office de protection contre le froid et l’eau que contre les créatures. Lorsqu’il sortit, le vent soufflant amenait l’odeur de gloire, de victoire mais aussi de sang. La pêche de cette nuit a sûrement été mouvementée.

Alors que son bataillon embarqua, les premiers rayons de soleil sillonnèrent la mer pour s’écraser sur les visages frêles des marins, qui ne se retinrent pas de savourer cet instant en fermant les yeux.
Les voiles se soulevèrent et entraînèrent l’énorme masse de bois dans une ligne droite et une fulgurante accélération. Les vagues s’éclataient contre le bâtiment. Celui-ci, inébranlablement, continuait son chemin à travers les foudres, les vents et tempêtes des mers.

Les marins se tenaient comme des sentinelles, à l’affût de tout signe de vie, les harpons à la main. La pluie se glissait sur leur corps, rendant ces derniers brièvement luisant à chaque éclat de foudre. Les cicatrices saillaient sur les plus vieux d’entre eux, tandis que les plus jeunes préservaient une détermination dans leurs yeux, ladite détermination les menant à la gloire ou à la fin de leur quête.

La tempête, sûrement la dernière, leur dernière, se calma. Ils aperçurent les montagnes sombres à l’horizon. Les nuages noirs fuirent, laissant apparaître le soleil à son zénith ainsi qu’un vide insondable. Les petits clapotements des vagues régulaient l’ambiance et étaient les seuls bruits émis aux environs.

Cela faisait plusieurs heures que le bâtiment sillonnait cette eau calme, comme-ci cette dernière était contrôlée et ne devait surtout pas bouger. Le crépuscule se propageait peu à peu, jusqu’à ce qu’un matelot s’exclama en pointant son doigt vers la terre maudite. Un nuage noir flottait au-dessus de l’eau de plus en plus trouble, cachant l’étoile lumineuse. Les salbatroce s’étaient rassemblés autour de la carcasse d’un navire de pêche, gisant de par quelques morceaux de coques flottants dans l’immensité de cet océan. Ils volaient autour, en attendant peut-être qu’un cadavre remontera pour se laisser dépiauter.

Le capitaine se dressa sur la proue du bâtiment contournant le navire échoué. Devant lui, il ne voyait plus que le soleil terminer sa course sur le scintillement de l’eau. Il remarqua que les salbatroces ne faisaient plus de bruit et le clapotement de l’eau revint. Il comprit que c’était son dernier moment de paix lorsqu’un court un instant, il n’entendit plus rien.

Puis, un grondement lourd et profond survint, étranglant et étouffant l’espace. Il résonna dans cet endroit spacieux et infini. L'ambiance se tendit en quelques secondes. Chacun était sur ses gardes. C'était comme un rugissement de la mer elle-même.

Le bâtiment, inébranlable jusque-là, commença à tanguer tandis que des formes sombres se déplacèrent autour de lui, passant en dessous de la coque pour resurgir de l’autre côté et l’encercler. Lorsque le capitaine leva son harpon et cria ses ordres, le soleil se coucha et termina sa course à travers une eau mouvementée, laissant l’obscurité engloutir le monde.

 
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Réactions 4
Score : 475

Yoh ! Je n'ai pas l'habitude de lire les fan-fictions , et d'ailleurs je n'ai pas lu la tienne MAIS je souhaite t'encourager pour que tu continues ! Qui sait un jour ça m'ferra de la lecture !
Bonne continuation !

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Score : 83
Chapitre Premier


- « Encore une demi-douzaine et on est paré !



- Tu es sûr que ça suffira ? On ne sait même pas si on reviendra ! Tu sais ce qu’on raconte…



- Oh j’t’en prie, arrête de faire ton superstitieux et embarque-moi ces caisses ! Nous partirons pour le Mont Zinit et débusquerons les trésors qu’Il cache ! »



Ces marins, ils n’ont toujours pas compris que si personne ne revenait, c’était parce-que les mers du Mont Zinit sont protégées ? Ils sont de nature à croire que les crocodailles géants se cachent dans les bouches d’égout et que les shushus dorment sous les lits. En parti à cause du Chaos d’Ogrest et du dérèglement qu’Il a causé. Et je veux bien les croire quand ils disent que les eaux sont malsaines. Je me tâte à l’idée de les prévenir, mais dans leur embarcation siègent plusieurs disciples d’Iop. C’est peine perdue.



La tête baissée, ma bandoulière remplie de livre, je continue mon chemin en direction d’Astrub. Mon voyage à Sufokia m’a permis d’obtenir des informations et ouvrages forts intéressants, auprès d’Henry Hones Jr., que je compte bien partager avec le maître du Bibliotemple en échange de quelques renseignements pour ma quête.



Je me hâte d’acheter quelques vivres mais me ravise, je ne sais pas quand partirais-je, mais le plus tôt sera le mieux. Astrub est bien trop agité pour moi, et surtout rempli de chachas. Ce n’est pas que je n’aime pas ces bestioles, mais elles ont vite fait d’apporter des pupuces, poils et autres maladies en se frottant à vous. Je finis par sortir par la porte Ouest, dans les champs de Bontastrub.



Plusieurs jeunes aventuriers se pressent pour tâter les pious de leur grosse épée. On peut voir toutes sortes d’individus dans ces environnements. J’ai remarqué, d’expérience et de temps, que la Classe de l’incarné ne s’accorde pas toujours avec l’esprit qu’on lui accorde. J’ai déjà vu des des iops peureux et des des crâs s’aventurant bien trop près de leurs ennemis. C’était affligeant, surtout pour leur Dieu respectif. C’est donc à côté de nouveaux incarnés que je suis le chemin menant au Nord des plaines.



J’arrive au niveau de la maison de Pandora et me dis que je ferais mieux de la prévenir de mon retour. Les technomagies qu’elle développe sont fascinantes, j’utilise même l’une d’entre elles pour mes voyages. C’est une amélioration de l’une de mes confections, que j’avais créé avec l’aide de mon maître. Le mécanisme se situe sur mon poignet gauche me sert à matérialiser des armures élémentaires, dépendant de l’élément sur lequel je me concentre. Bizarrement, je n’y arrive pas avec l’Air. Allez savoir, une restriction Divine ? En tous cas, Pandora avait réduit considérablement la densité et le volume, le rendant aussi compact qu’esthétique. Je l’en suis redevable. Surtout pour mes voyages et la pénibilité que cela engendrait. Depuis, je vais souvent la visiter pour en apprendre sur les mécaniques de ses outils, ainsi qu’améliorer mes connaissances en matière de technomagie.



J’arrive au pied de la porte de la demeure de Pandora et frappe plusieurs fois. N’ayant aucun retour de sa part, je remarque que le battant n’était pas fermé à clé et le pousse. La mécanicienne était là, à bricoler une sorte de socle trapézoïdale au milieu de plan détaillés et complexes, de livres traitant des Eliotropes ainsi que des Steamer.



- « Encore à la recherche des Méchasmes ? M’exclamais-je en m’approchant et ôtant ma cape ainsi que mon couvre-chef. Tu sais, ils n’ont pas toujours été très conciliants. Surtout avec les Eliatropes. D’après l’archive du Bibliotem-



- Je sais parfaitement qui sont-ils et ce qu’ils ont fait. » Elle m’interrompt, mais c’est la seule manière que j’ai de lui sortir le nez de ses affaires. « Je ne pensais pas te revoir avant un moment. Que m’as-tu ramené cette fois-ci ? me demande-t-elle »



- Mon voyage à Sufokia s’est bien passé, merci de t’inquiéter. Il se trouve qu’un certain Jenry Hones Jr enquête sur ces orbes, répondais-je en sortant une sphère de couleur ocre de ma bandoulière, faisant bien son poids et deux fois la taille de mon poing.




Je lui tends cette dernière. Elle se dépêche de la saisir mais je retire ma main au dernier moment.



- J’espérais étudier ça au Bibliotemple, avec Jenry Hones Senior.



- D’accord, allons-y. Laisse-moi le temps de récupérer mes équipements. J’ai quelques questions à lui poser aussi.



- Hé bien hé bien, tu es pressée, as-tu déjà quelques idées à ce sujet ? Questionnais-je, tout en reprenant mes affaires et lui ouvrant la porte.



Aucune réponse. Elle se dépêche de prendre quelques outils dans sa besace et passe devant-moi. Je sors et ferme la porte. Elle m’attend à quelques pas et guette les faibles lueurs du Mont Zinit, au loin. Je crois qu’elle chercher vraiment à y aller. J’ai des doutes depuis quelques temps, mais plus Xélor fait tourner son horloge, plus elle semble s’y intéressée. Ses motivations sont obscures et m’interpellent. Je lui emboîte le pas et nous partons en direction du Bibliotemple se situant à quelques minutes de là.



- Tu sais, il y’a une embarcation en cours pour le Mont Zinit en ce moment même au port d’Astrub, lui fis-je remarqué.



- Je n’irais pas avec eux, j’ai un autre moyen de transport.



- Cette technomagie chez toi, c’est encore une de tes créations ?



- Ce n’est pas « ma » création, elle existe depuis longtemps. Je l’adapte à mes outils et à mon époque. Mais je suis actuellement bloquée, j’irais me renseigner dans le Bibliotemple après notre réunion.



Je continue de marcher, réfléchissant aux moyens dont elle pourrait disposer pour traverser les mers de Zinit. Le bateau reste le moyen le plus certain d’arriver à destination. Surtout en état cadavérique et partiellement déchiqueté, si ce n’est pas déjà digéré par les salbatroces. Il ne lui reste que les voies magiques ou aériennes. Pour ce qui est de la téléportation, cela reste impossible, d’après mes connaissances. La distorsion magique engendrée par Ogrest et ses Dofus perturbe l’ensemble du flux de Wakfu et de Stasis parcourant cette zone, rendant l’utilisation de nos sorts peu efficace, ou au contraire, trop efficace. De plus, les monstres marins sont très, et j’insiste sur le très, hargneux et dangereux.



Nous grimpons les marches en bois et faisons face à l’entrée imposante du Bibliotemple. Je franchis la porte et par en quête du maître des lieux avec l’aide de Pandora. Cette vaste bibliothèque, dont les étagères gigantesque sont remplies d’ouvrages poussiéreux, d’essais et de mythes datant de l’an dernier à quelques siècles, bien avant le Chaos d’Ogrest, était le seul lien connu entre notre époque et le passé. Cela nous permettait d’en savoir plus sur le Krosmoz et son Histoire. Hélas, il ne reste que très peu de support historique à étudier.



Jenry Hones Sr est chargé du Bibliotemple depuis… très longtemps, à mon avis, je ne lui ai jamais posé la question. Il y a quelques années de cela, je lui avais proposé de l’aider à compléter la bibliothèque en lui rapportant diverses informations et ouvrages que je découvrirais en parcourant le Monde des Douzes. Il eut accepté rapidement et avec entrain, le sourire aux lèvres et les yeux pétillants. Avec le temps, j’ai découvert qu’il était un bien piètre bagarreur, mais une vraie encyclopédie vivante. Je compte bien lui faire dévoiler les secrets que je cherche.



J’entends un froissement de page à travers une énorme pile de livres au fond de la pièce. C’est derrière son pseudo-bureau, qui sert lui-même d’étagère, que nous le trouvons, le nez dans une livre de cuisine. Je toussote.



« - Nous sommes là, entamais-je. »



Aucune réaction.



- J’ai sur un moi un objet intéressant que ton fils m’a demandé de te rapporter.



- Ah bien, tu as fait connaissance de Junior, enchaîne-t-il, sur un ton légèrement éloigné. »



Légèrement exaspéré, je plaque l’orichalque dans son livre, l’obligeant à le contempler. Il suffit qu’il le voit pour commencer à faire tourner sa cervelle.



-« Un orichalque ? Non, si ? Dit-moi, c’est Junior qui t’a donné ça ? Où étais-tu ? Donne-moi tes rapports ! ordonna-t-il.



Il commence à courir comme un enfant à travers la pièce, à la recherche de parchemins.



- En effet, c’est Junior qui m’a donné cet orichalque. Il espère que tu puisses l’aider à en retrouver d’autres afi-



- DES AUTRES ?! s’exclama-t-il. Donc cela voudrait dire que … Mais oui bien sûr… Vous avez trouvez l’entrée du temple d’Oktapodas, répond-il, sûr de lui.




Je sens Pandora sursauter dans mon dos à l’écoute de ce nom. Il semblerait qu’elle s’intéresse à eux elle aussi. Cela reste normal, les Steamers d’aujourd’hui ne sont que pâles copies de leurs ancêtres organiques. Ce sont eux qui seront capables de répondre à nos questions, pour elle comme pour moi.



- Alors, que savez-vous Jenry ? Demanda Pandora.



- Il semblerait qu’ils fonctionnent assez étrangement, répond-il avec un parchemin dans les mains. Un peu comme une synchronisation et sont au nombr-



- De trois, interrompis-je.



Je n’aime pas vraiment qu’on me coupe la parole, surtout pour me dire ce que je sais déjà



- Il y a trois Orichalques, enchaîne-je, Junior en a trouvé un en Amakna et émet l’hypothèse que les suivants se trouvent sur les autres continents, dont un à Bonta, à l’Université de l’Immatérielle. Les Orichalques doivent être synchronisés entre eux pour permettre l’ouverture du temple. On ignore si cela relève de la technomagie des Steamers ou l’utilisation de reliques divines, nous parlons quand même d’un temple d’Osamodas.



- Bien, dans ce cas, Daïkeyras, je te charge de récupérer les autres Orichalques, dit-il. Je garde celui-ci, tu reviendras le chercher une fois que tu auras les suivants. Tiens, voici- un parchemin qui t’aidera sûrement dans tes rec-



C’est alors qu’un halo bleu lumineux apparaît juste au-dessus de l’Orichalque que tenait Jenry. Une main pâle en sort, se saisi de la sphère et disparait avec l'orichalque par là où le membre est arrivé. Nous restons tous les trois sans voix. Je sens comme une concentration d’énergie dans mon dos. A ma gauche, Pandora commence à lever le bras pour invoquer sa magie, Jenry n’ayant toujours pas comprit la situation, je me décale devant lui :

- « ORBE !!» criais-je



Chapitre Second


J’ai à peine le temps de lancer ma protection et de me déplacer devant Jenry pour le protéger que je me prends un puissant rayon concentré de Wakfu légèrement pourpré.Nous volons à travers la bibliothèque.

- Un Eliotrope ! s'étonna Pandora. Il vient de fuir à travers ses portails !

- Urgh… Il est quand même moogrrement puissant, mon Orbe s’est brisé après son coup… gémissais-je en me relevant. Jenry, vous allez bien ?

Je l’entends tousser derrière moi, sous les livres et la poussière. Pandora s’approche et je l’aide à retirer les ouvrages pour libérer.

- Oui oui, rien de cassé mais …

- Mais il possède l’orichalque, enchaîne Pandora, sur un ton lourd. Qui plus est, il est contaminé.

- Contaminé ? Demandais-je.

- N’as-tu pas vu cette faible lueur violette au milieu de son rayon ? C’est signe qu’il est en contact avec du Stasis, ou qu’il possède du Stasili. Il est donc en lien avec des Steamers. Malheureusement, le Stasili a des effets néfastes sur les êtres organiques et corrompt leurs âmes. Notamment les Eliotropes, utilisateurs naturels de Wakfu.

- D’où son excès de puissance… ajoutais-je.

Cela me fit réfléchir, le Stasili provient du Grand Dragon, père de la Mort et de la Destruction, si ce n’est elles-mêmes. Si le Stasili apparaît lors de la mort d’êtres organiques pour ouvrir les portes d’Externam, il est une grande source d’énergie, surtout pour les armures creuses des Steamer, leur permettant d’accueillir leurs âmes.

- Il vous faut aller récupérer l’orichalque. Nous ne devrions pas laisser des êtres comme eux profaner les temples Divins ! S’exclame Jenry.

- Bien sûr, j’y vais de ce pas. Je vais voir Junior pour le prévenir. Pandora, Jenry, prenez-soin de vous et que Féca vous protège.

Je ressors du Bibliotemple, encore légèrement sonné par l’attaque de l’eliotrope. Sa prochaine cible, si n’est pas déjà fait, sera Junior. Si cet Eliotrope est réellement à la recherche des Orichalques, il nous a sûrement espionné depuis un moment. Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est la puissance avec laquelle il nous a attaqué. Je ne pense pas être en mesure de l’arrêter. Cela me fait légèrement frémir, à l’idée de le rencontrer à nouveau. Si mes défenses ne fonctionnent pas contre lui, il ne restera que l’attaque, ou la ruse…

Je laisse donc Pandora s’occuper de Jenry Hones Sr et retourne à toute vitesse à Astrub pour utiliser le Zaap. Une fois devant ce dernier, je jette quelques kamas dedans et ressors par le Zaap de l’avant-poste de Bonta. Il y a beaucoup de monde : des marchands, des gardes, des aventuriers … Le contraste est plutôt direct, arrivé dans un lieu paisible comme celui-ci après s’être fait tabassé, ça perturbe un peu.

J’hésite quelques secondes à prévenir les gardes de la situation. Ils pourraient se moquer de moi comme me croire. Il n’y a qu’une façon de le savoir et c’est dans la caserne. Je monte les marches menant à un groupe de gardes devant la porte du bureau du Capitaine :

- « Je dois voir votre supérieur, demandais-je aux gardes se situant devant l’entrée de la caserne.

- Qu’y-a-t-il, citoyen ? Me répond l’un d’entre eux, sur un ton plutôt hautain. Avez-vous perdu votr-

- Oui, j’ai perdu mon chacha, coupais-je exaspéré par son attitude. Les gardes du coin sont-ils tous aussi mous quand on leur apprend que des criminels s’attaquent à leurs habitants ?

- Humpf, répondit-il. Je vous fais rentrer, mais n’essayez pas de nous faire perdre du temps.

- Comme-ci vous n’en aviez pas assez, marmonnais-je…

Il ouvre la porte, je glisse prestement à l’intérieur et me présente à ce qui ressemble être leur capitaine : un Crâ dont les vêtements bleus sont décorés d’insignes militaire. Une coupe de cheveux longs et blonds délaissés en arrière. Il ne porte aucuns couvre-chefs, justes une paire de lunettes. Il est assis derrière son bureau, des tonnes de rapports, plaintes et autres papiers administratifs devant lui. Il lève les yeux, me juge, et entame la conversation :

- « Bonjour, il semblerait que vous ayez un problème que mes gardes ne peuvent pas gérer ?

- Bonjour, vous avez reçu il y a quelques jours un archéologue du nom de Jenry Hones Jr,. Vous lui avez donné une autorisation ainsi que des papiers attestant de son titre pour opérer dans votre nation. Je travaille avec lui et fait rapport de ses investigations pour le Bibliotemple.

Malheureusement, le temps presse. Le Bibliotemple a été attaqué par un eliotrope et nous soupçonnons qu’il soit à la poursuite de Jenry Hones Jr, . Je viens quérir votre aide pour m’accompagner et empêcher une atteinte à la vie de mon collègue. Quelle que soit votre réponse, je me rendrais aux plaines de Kara, là où Jenry se trouve, avec ou sans votre aide.

- Soit, dit-il en retirant ses lunettes et s’affaissant dans son siège. Si ce que vous dîtes est vrai, nous n’aurons aucun mal à le prouver par l’absence ou non de l’archéologue. Puis-je avoir votre nom, s’il-vous-plaît ?

- Daïkeyras, disciple de Féca.

- Bien, répondit-il en hochant la tête et gribouillant mon nom sur plusieurs papiers. Je vais dépêcher un messager au Bibliotemple pour vérifier vos dires. En attendant, je prépare une escorte de cinq gardes pour appréhender l’individu suspecté. Avez-vous des objections ?

Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi coopératif.

- Non, aucune. Merci de votre soutien, Capitaine … ?

- Capitaine Rendaril.

Il se lève, contourne son bureau, me sert la main, passe devant moi et m’ouvre la porte. Je ressors du bureau, suivis de près par le capitaine. Il s’avance de quelques pas et demande à un gradé de réunir sa compagnie d’ici quelques minutes.

- Daïkeyras, disciple de Féca, je vous laisse informer le sergent Hiaris de la situation. Je vous quitte ici. Ne ratez pas votre cible.

Il retourne dans son bureau, me laissant seul avec Hiaris, qui revient tout juste avec ses soldats. Je le salut d’un mouvement de tête. Il fait de même. J’entame la conversation :

- Au nord des plaines de Kara, se situe un collègue archéologue. C’est un Féca d’une trentaine d’années, affublé de chapeau et bottes de cuirs. Il est poursuivi par un criminel peu commun. Un puissant Eliotrope. Ce dernier est adepte du combat et est capable de nous surprendre à tout moment. Je dois me rendre là-bas et l’intercepter, puis-je compter sur vous, sergent Hiaris ?

- SOLDATS !! Hurla-t-il à l’attention de ces derniers en se retournant. Nous escorterons cet individu jusqu’à destination, arrêterons le criminel et ferons sonner le glas de la justice !

- CHEF OUI CHEF !! Répondirent-ils tous ensemble.

J’imagine … que nous sommes prêts ? Soit, Hiaris passe devant, et m’invite à monter dans une calèche tirée par plusieurs dragodindes. Nous sommes donc sept pour cette mission. Chacun possède l'attirail d'un soldat de Bonta : armure de cuir renforcée d'acier, épée simple et une cape avec des coutures représentant la Nation. Seul Hiaris portait un pourpoint en acier, mais ses armes étaient les mêmes que ses subordonnés.

Après environ une heure de trajet, nous arrivons à destination. Ces plaines sont venteuses et relativement chaudes. Je peux voir des galeries de Phorreur à ciel ouvert, anciennement celles d’un clan Enutrof. La zone est truffée de crevasse où le vent circule librement, créant des geysers de poussières à certains endroits. Il faudra faire attention ou nous mettrons les pieds.

La calèche s’arrête devant des ruines bontariennes, une bicoque se situe à quelques mètres de là. Je ne vois ni Junior, ni aucune trace de combat. Je descends du véhicule, suivis de Hiaris et ses gardes. Ces derniers ont reçu l’ordre de leur chef de chercher des traces de l’archéologue ainsi que toute celles d’enlèvement. Je passe devant et m’approche de la porte, quand cette dernière vole en éclat, traversée par le corps de Junior et le même rayon d’énergie m’ayant frappé au Bibliotemple.

Je me prends Junior en plein flan et m’étale quelques mètres derrière.

- « Foutu Eliotrope… Si je te choppe… » marmonnais-je.

J’entends des lames se dégainer et les ordres de Hiaris fuser. Je vérifie si Junior est encore vivant. Je l’entends respirer faiblement. Je le repousse délicatement et vérifie s’il n’a aucune blessure.

- « Ouf.. Tant mieux, tu n’as rien. » Je laisse échapper un soupir de soulagement et me redresse.

Notre ennemi était déjà sorti, les débris de la porte devant lui. Encerclé par Hiaris et deux de ses gardes. Les autres se rassemblent, je demande à deux d’entre eux de porter Junior jusque dans le véhicule. Ils opèrent et commencent à le soulever. Nous étions donc cinq individus contre l’Eliotrope. Cela me rassure.

Ce dernier lève alors les deux bras au ciel. Je remarque des nervures pourpres le long de ses bras pâles lorsque sa cape glisse le long de son corps. Des deux mains, il tenait des pierres de stasili et invoque un portail. Complètement corrompu de stasis, sa taille avait augmenté au-delà de la normale.

Je vois Hiaris se jeter sur lui, l’épée au clair. Trop tard, une main sombre et massive sortant du portail le saisi par la tête et le jette violemment contre un rocher au loin. Il est assommé... merde. Je lève les yeux vers le portail, et vois un Shushus en sortir. La confrontation va être compliquée … Les gardes autour de l’Eliotrope se figent pendant quelques secondes.

- « REPRENEZ-VOUS !! Hurlais-je. Ils ne sont que deux, occupez-vous du shushus et défendez votre Nation ! »

L’un d'eux me regarde, les yeux terrifiés. Je le comprends, à l’entraînement, les mannequins sont moins effrayants qu’une créature noire, difforme et dont la notoriété revient au mythe. Mais ce shushus était bien réel. Il avait un œil géant au centre de son… « corps », ce dernier étant entouré de quatre bras épais, dont deux dans le dos. Une corne gigantesque était plantée au-dessus de son œil et une bouche baveuse en dessous. Son œil bougeait frénétiquement d’Hiaris aux soldats.

- « Fécarteau ! » criais-je

J’attaque, autant profiter de cet instant d’inattention. Je veux surtout motiver les soldats à faire leur devoir. Le Marteau se matérialise au-dessus du crâne du shushus et le cogne d’une puissante force. La créature titube légèrement et laisse échapper un râle. Merde ! J’ai perdu l’Eliotrope de vue !

Je me retourne et le vois s’attaquer aux gardes transportant Jenry. J’envoie une Orbe sur le premier et accours vers eux dans le même temps. J’invoque mon Bâton du féca pour surprendre l’assaillant, mais ce dernier avait déjà disparu à travers un portail. Il réapparaît juste au-dessus du second garde et lui donne un puissant coup de pied à la tempe. Le garde tombe comme une feuille et s’écrase au sol, lâchant les jambes de Junior. Le premier garde, toujours sous ma couverture, dépose son fardeau et dégaine sa lame pour se jeter sur l’ennemi.

- « POUR BONTAAA !! » Cria-t-il.

Je marque le sol derrière-lui d’un glyphe d’immobilisation et cours devant pour le protéger de l’attaque de l’Eliotrope. L’orbe ne tiendra pas longtemps, autant lui éviter d’être consommé. Comme prévu, je lève mon bâton face au puissant coup de pied de mon ennemi et j’assène un coup pour feinter.

! l’Eliotrope se téléporte derrière le garde, en plein milieu du glyphe camouflé par la poussière des plaines. Le garde se situe alors dans mon dos, cherchant sa cible.

- « DERRIÈRE TOI » lui hurlais-je.

Ce dernier se retourne prestement et s’apprête à asséner un puissant coup d’estoc à l’Eliotrope. Embourbé par le glyphe, notre ennemi n’avait pas le temps d’invoquer un portail, ni d’esquiver. J’en profite pour contourner le garde et asséner un Bâton du Féca pour sonner ma cible.

- « Tempête » murmura-t-il.

Merde.

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Score : 2

[Message de seigneursiths]

J'écris ce message pour faire un " up" du sujet, afin d'éviter que le prochain chapitre que je publierais ne soit ajouté au post précédent,comme cela me l'a fait avec le chapitre 2, ce qui empêche une mise à jour du topic, étant donné que c'est considéré comme un "édite " que de répondre à ses propres posts. Voilà voilà, le chapitre 3 arrive d'ici quelques minutes, une fois la mise en page terminée.

Si il y a des commentaires/conseils etc, n'hésitez-pas s'il-vous-plaît

Et encore merci de prendre le temps de me lire biggrin

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Score : 83
Chapitre Troisième



Le Wakfu et le Stasis se libèrent de la paume droite de l’Eliotrope, qui avait un genou à terre il y a quelques secondes. Cette énergie se mélange autour de lui et explose en une onde de choc puissante. L’Orbe qui protégeait le garde se brise et laisse son propriétaire se faire expulser d’une force surnaturelle, à une dizaine de mètres de ma position, l’écrasant mortellement contre un rocher.

Quant à moi, la garde baissée, sans défenses, je me retrouve avec la baffe du siècle sur le corps tout entier. J’ai l’impression que la gravité a brusquement augmentée. La pression de mon corps se retrouve concentrée d’un côté. Sans protection, juste mon bâton et mes sorts, je n’ai pas le temps de réagir. Je m’attends à voler à une distance beaucoup plus grande que celle du défunt soldat, mais au lieu de ça, le sol se désagrège en dessous de nous.

Cela ne m’empêche pas de subir l’attaque : je sens mon flan droit brûler. Mes muscles se raidissent complètement, tétanisés par le choc. Je chute à travers la cavité créée par la tornade d'énergie destructrice. Le fait de tomber m'éloigne de la déflagration, réduisant fortement l'impact qu'aurait eu celle-ci si j'étais resté statique. Je vois l’Eliotrope tomber avec moi dans ces sombres et humides galeries souterraines. Je ferme les yeux par réflexes et croise les bras contre mon corps.



Je tombe lourdement sur le sol, à environ huit mètres du plafond écroulé. J’ignore dans quelle position suis-je, je suis déstabilisé par la chute. Je sens un énorme poids sur mon corps, mais bizarrement, aucun débris directement appliqué sur mes membres. Tien ? Mon Immunité s’est activée pendant ma chute. Étrange…

Je rouvre les yeux et inhale une grande quantité d’air : mauvaise idée, la poussière, ce n’est pas bon. Je tousse fortement. Mon Immunité se désactive toute seule. Les plaques d’énergie qui entouraient mon corps se dissipent une à une, me laissant dans une cavité formée à partir du plafond détruit. J’émerge la tête à travers un trou au-dessus de moi. Je vois la lumière filtrée à travers l’énorme crevasse générée par l’explosion d’énergie. L’œil géant du Shushus me fixe droit dans les yeux. Je frémis. La peur m’envahit peu à peu. Tout autour de moi est sombre, je vois juste cet œil gigantesque me regarder, baigné du sang de ses victimes. J'en déduis que les gardes qui m’accompagnaient sont morts… Je vois le Shushus repartir et j’entends Jenry Hones Jr hurler. Son cri de terreur résonne à travers la galerie. Je remarque un gémissement à mon niveau, plus loin. Je baisse les yeux en direction du son. Je vois la main de l’Eliotrope sortir des débris. Soit il a eu de la chance, soit il est coriace. Ce dernier s’extirpe facilement grâce à ses portails. Je l’entends crier un ordre au plafond troué. Les cris de terreur de Junior continuent et se rapprochent. Le Shushus réapparaît avec Jenry en pleine santé dans ses mains. L’Eliotrope invoque un portail identique à celui qu’il avait lancé pour invoquer le Shushus. Ce dernier saute dedans et disparaît avec Jenry.

Bien, au moins je n’ai plus à me soucier de sa sécurité, dans une certaine mesure…

Il faut maintenant que je trouve un moyen de sortir d’ici avant que mon ennemi ne s’enfuit à nouveau… Je rentre la tête à dans la cavité pour analyser sa structure. Les rochers n’ont pas l’air très résistants, ils se bloquent les uns des autres, je devrais pouvoir les éjecter. J’applique plusieurs glyphes toniques à mes pieds afin d’augmenter ma puissance d’attaque et abat un puissant Fécarteau sur le mur devant moi. Il vole en éclats, me laissant une sortie poussiéreuse, mais une sortie quand même. Ayant perdu mon bâton et une partie de ma cape, je remarque je ne possède plus que mon simple apparat de voyage : ceinturon et bottines de cuire, ma chemise en laine de bouftou ainsi que mon bracelet modifié. Toute la partie gauche de mon corps est légèrement brûlée, ainsi que mes vêtements, qui sont en piteux états.

Je cherche l’Eliotrope du regard à travers la poussière et le trouve à deux mètres de moi, les yeux dans le vide, complètement fébrile. Son intelligence semble l’avoir abandonné… Comme-ci il n’était pas lui-même. Son regarde reprend soudain vie et me fixe. Je le vois se mettre en position de combat. Ses habits ont eux aussi succombé à la chute et au déchirement. Il ne portait que de simples vêtements sombres et amples, légèrement écorchés ça-et-là, cachant l’intégralité de son corps. Aucune protection visible.

Il se met en position de combat, toujours le regard fixé sur moi. Au moindre mouvement de ma part, et il me sautera dessus. Autant bouger intelligemment : je déploie mon Orbe au même moment où il saute sur moi pour me donner un coup de pied sauté, tout en invoquant un portail dans mon dos avec ses mains. Mon Orbe pare aisément son faible coup. Une feinte ou une faiblesse ? Je n'ai pas le temps de réfléchir, je m’accroupis pour esquiver un rayon d'énergie sortant du portail situé dans mon dos et me relève aussitôt pour accueillir son menton de mon crâne. Il recul de quelques pas, les mains retenant le sang de sa bouche. Je souris.

« - T’aimes ça, hein ? Tu ne connais rien des arcanes d’un Féca, surtout quand tu énerves ce derni »

Il me tourne le dos et part en courant, me laissant seul, moi et mon discours. Bordel, il est rapide et lâche. Mes yeux ne se sont pas habitués à l’obscurité de ces galeries. J’entends encore ses pas s’éloigner en face de moi. S’il n’utilise pas de portails pour m’attaquer, cela veut dire qu’il ne lui reste presque plus d’énergies. Il va s’enfuir après m’avoir semé.

Je cours après lui en suivant le tunnel dans lequel nous avons débouchés précédemment. Heureusement que ce dernier est uniforme. Les murs sont humides et reflètent légèrement la lumière sortant des interstices du plafond. Il y avait des marques de crocs et de griffe récentes à certains endroits. Cela devait être l’œuvre de Phorreurs habitant encore ces galeries.

J’entends soudainement une puissante explosion à une vingtaine de mètres devant moi. Le flash lumineux aboutit m’a laissé apercevoir le décor dans lequel je m’engage. Le son qui s’en est produit m’a laissé entendre comme-ci la terre rugissait, et que j’étais dans sa gorge, aux premières loges.

Je ressens un appel d’air venant d’en face et une lueur pâle apparaître là où l’explosion a eu lieu. En arrivant sur le lieu de l’impact, je vois que le mur est perforé, laissant une grande quantité d’eau en sortir et se déverser dans le tunnel. Il veut me noyer ! Je continue de courir dans la seule direction donnée : tout droit. Les fissures et trous présents dans le plafond, formant des pièges à la surface, laissent filtrer quelques rayons du soleil m’éclairant légèrement le chemin, mais cela ne suffit pas. Ma vision s’habitude peu à peu à l’obscurité au fur et à mesure que je plonge dans celle-ci.

Le risque de courir à l’aveuglette, c’est de mettre le pied là où il ne le faut pas, et où en s’y attend le moins. On a vite fait de se tordre la cheville, tomber au sol et se briser le poignet, ce qui réduit considérablement nos chances de survie. J’ai surtout peur de ça que de la quantité d’eau phénoménale me pourchassant à travers ce long couloir interminable. Les deux peurs combinées me donnent une poussée d’adrénaline me faisant accélérer. Je sens le froid de l’eau me caresser le dos, mon pantalon de cuir se tremper au niveau des chevilles et mes bottes se remplir. Je continue de courir, en me fiant aux reflets de la lumière sur les murs pour me repérer.

Je sens l’eau lécher mes mollets, m’embourbant peu à peu et montant au niveau de mes genoux. Vite, vite ! Je vois un virage à ma droite, laissant s’échapper de la une lueur tantôt bleutée, tantôt pourprée. Il a invoqué un portail ! Je cours, j’exulte de toutes mes forces pour arriver à temps. Je déboule dans le virage avec une trombe d’eau derrière-moi. L’Eliotrope s’engageait dans son portail, au milieu d’une salle en dôme laissant d’autres tunnels.

« TELEPORTATION ! »

Je me retrouve en une milliseconde sur le dos de l’Eliotrope et nous pousse dans le portail, faisant vaciller ce dernier. Je ferme les yeux lors de la transition et les rouvre. Je sens tout de suite la différence de température et de pression. La lumière m’aveugle, je me sens chuter. Je vois le ciel et le soleil saillant à travers les nuages. Je me retourne et m’évanouit en voyant le vide en dessous de moi, les terres du monde à plusieurs kilomètres de là.



Chapitre Quatrième

Je suis assis, sur une chaise en bois, rembourrée d’une parure verte et moelleuse au niveau du dos et de l’assise. Des accoudoirs ornés de sculptures de fleurs soutiennent mes deux bras. Je porte encore mon pantalon et mes bottes de cuir ainsi que ma chemise de laine blanche, légèrement jaunit par le temps. Les manches retroussées, je tiens une plume de Tofu relativement grande dans la main droite. Je suis assis en face d’un bureau, du même bois sombre et sculptés que la chaise. C’est plus une table qu’un bureau, étant donné qu’elle n’était constituée que de quatre pieds et d’une planche. Mais la sculpture et sa taille faisant bien dans les deux mètres de longs et un et demi de large rend cette table plus imposante. Le centre de cette table était de la même couleur et la même texture que les rembourrages de mon siège : laine teintée de vert impérial, clouée par des rivets de cuivres.

Je suis assis dans ce siège, en face d’une table, dans une grande et spacieuse salle en bois de bouleau, éclairée par de grande fenêtre voûtée, en forme de losange dont la partie supérieure est courbée. Une lumière blanche, pure, filtrait à travers des rideaux de la même couleur, ou peut-être sont-ils de cette couleur-là à cause de la lumière… En tous cas, je ne voyais que du blanc à travers les fenêtres.

Il y a, à environ trois mètres à ma gauche, une étagère, en bois, toujours, remplies de livres, d’écrits et de tablettes. Tout en haut se situent les tablettes, à plusieurs mètres de hauteurs. Plus mon regard descend, plus les tablettes deviennent des parchemins pour ensuite devenir des livres. L’étagère est reliée au plafond et laisse croire qu’elle continue à travers. Je fais revenir mon regard sur la table.

Sur cette table, un livre, ouvert, posé à côté d’un encrier. Dans ma main droite, je tiens toujours la plume. Soudain, une page du livre se tourne. J’examine le livre, et remarque que des mots et groupes de mots, s’écrivent tous seuls, bout à bout, séparés par des virgules ou des points d’interrogations ainsi que des paragraphes. « L’eau me poursuit, courir, fuir, peur, lueur, clignote, bleue, violette, ennemi ? Doute, l’eau arrive, accélérer, rattraper l’ennemi, s’échapper, fuir, virage ? Tourner, je le vois, ennemi, portail, téléportation, pousser, traverser, sombrer dans l’inconscience ? Repos ».

Les mots continuent de s’écrire tout seul, de sortir de nulle part sur ces pages vierges. Les derniers sont « siège, bureau, lumière blanche, étagère, livre, vierge ? Il n’est pas vierge, écriture magique ?»

Je crois que j’ai compris… Les mots suivant s’inscrivent dans le livre « inconscience, ma vie, mon récit, mon histoire… » Mon regard revient sur l’étagère «L’étagères ? Prédécesseurs ? Incarnés ? »

Cette salle serai donc mon inconscience, où ma vie y est écrit, jusqu’à ma mort, puis rangée dans l’étagère, jusqu’à ce qu’un nouveau « moi » renaisse et ré-ouvre les portes de cette salle. Tien, des portes, je n’en ai pas vu c’est vrai. Je détourne le regard de mon récit et me lève. Je pose la plume sur le bureau, n’en ayant pas l’usage et repousse délicatement le siège afin de me tenir debout. Je regarde à droite, et vois une porte simple, si ce n’est la gravure du Bouclier de Féca apposée en son centre. La poignée de la porte m’attire, mes jambes bougent toute seule et avancent. Pas après pas, c’est mon bras droit qui se lève, se saisit de la poignée pour l’abaisser et pousser la porte. Au moment où le battant se détache du mur pour me laisser passer, j’entends les fenêtres se briser dans mon dos. Je me retourne et vois la lumière littéralement se déverser dans la salle. Un vent blanc glisse le long du sol et vient se saisir de mes pieds. Je vois la table se faire engloutir, ainsi que l’étagère. La peur commence à m’envahir. Est-ce là ma mort ? Je visualise dans mon esprit le livre écrire les mots suivants : « Froid, Blanc, Peur, Mort, Vide, Désespoir ».

Je sens tout à coup une main se poser délicatement sur mon épaule gauche. Un lumière dorée jaillit de derrière moi et repousse la blancheur. Je sens la prise froide du vent se desserrer au niveau de mes chevilles et une chaleur dans mon dos. L’étagère et la table se retrouvent libre à nouveau, les fenêtres sont ressoudées et cette fois-ci, différents boucliers s’imposent sur leurs poignées pour les sceller.

Je pivote et fais face à mon sauver qui s’avère être une sauveuse. Légèrement plus grande que moi, je remarque tout de suite sa paire de corne dorée ressortant de son crâne. Ses cheveux longs de jais tombent le long de ses épaules. Elle porte une grande toge de couleur bleue ciel, tenue par une ceinture de cuir légèrement dorée. Son visage est fin, presque amicale et à fois attirant. Je vois ses yeux se poser sur moi, et un sourire embellir son expression. Je remarque que sa main gauche me tient toujours l’épaule. Il y a aussi un bouclier attaché à ce même bras, plus grand que mon corps. Sa main droite se pose sur mon épaule libre et me tire à elle. Je me laisse envoûter par les formes de son corps, je sens ses cheveux tomber sur mon dos et ses bras m’enlacer fortement. Je perds toute notion du temps et du sens. Je lève la tête et revois ce même sourire me faire face.

« Tu sembles livide, tout va bien ? »

Merde, ça parle. Revenu à la « réalité » et ne sachant toujours où je suis, elle relâche son emprise et me laisse reprendre mes esprits. La sérénité du moment m’avait déstabilisé. Jamais on ne m’avait traité ainsi… Je sentais mon cœur se relâcher d’une pression dont j’ignorais l’existence. J’entends la porte claquer derrière moi. La femme s’avance et me repose une question :

« Tu sais où tu es, n’est-ce pas ? »

Je la regarde à nouveau, et essaie de me souvenir où je l’ai vu. Elle me rappelle quelqu’un que j’ai vu plusieurs fois et que j’ai connu il y’a longtemps… Avec les évènements précédents et la salle où j’ai atterri, je commence à me poser les questions, les bonnes questions.

«- Êtes-vous Féca ? Demandais-je avec du mal, comme-ci j’avais oublié de respirer »

- Tout à fait, je suis celle que tu as choisi de vénérer, répond-t-elle d’un ton calme. Je t’observe depuis qu’un Shushus est apparu sur le Terres de Bonta.

Une expression grave s’impose sur son visage, suivit d’une inquiétude. Il est vrai que Féca a une haine envers les Shushus de Rushus et inversement. L’un attaque le monde des Douzes, et l’autre se soulève devant lui pour protéger ce monde.

- Donc c’est vous qui avez activé l’Immunité lors de mon combat ?

- Bonne déduction ! Je vois que tes aptitudes intellectuelles sont sans dommages. Je ne promets rien pour ton incarnation, mais sache que j’ai fait de mon mieux pour te protéger.

Son sourire revint, la rendant tout de suite plus attrayante. Je me rends compte soudainement du lieu où nous sommes et me retourne pour remarque qu’il n’y a aucun mur autour de la porte que j’ai précédemment traversé. Nous sommes dans un vide insondable, infini et complètement blanc. Je vois un regard interrogateur se former sur le visage de Féca.

« Nous sommes dans ton inconscience. Tu étais au seuil de la mort et je ne voulais pas laisser le monde se priver à nouveau d’un individu comme toi. Mais sache que je ne pourrais pas toujours te défendre. Nous, Dieux, sommes actuellement en plein dilemme pour sauver notre monde. Votre monde.

- Attendez, « à nouveau » ? Cette affirmation m’interloque.

- Sache juste que tu ne meurs « jamais », mais que la vie n’en est pas moins précieuse pour autant.

Des tremblements se font sentir, malgré le fait qu’il n’y ai pas de sol, et le monde autour de nous vacille légèrement.

- Nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous, reprit-elle. Quelqu’un essaie de te sauver, ta conscience va reprendre le dessus.

Des tonnes de questions m’assaillent l’esprit, je ne sais pas par quoi commencer. Rencontrer sa divinité est déjà un exploit en soit, je dois en profiter :

- J’ai bien compris que quelque chose ne tourne pas rond dans notre monde, qu’en est-il des autres divinités ? Que pouvez-vous me dire sur mes ennemis ? questionnais-je.

- Ogrest n’est plus la menace, du moins indirectement, explique-t-elle. Externam subit des troubles, les Shushus se rassemblent, des Dieux perdent leurs disciples, pour toujours, dans les eaux de Sufokia. Nous craignons un nouveau Chaos. Tes ennemis ne sont que les pions d’une organisation dont les buts nous sont obscurs

Je vois une mélancolie se lire sur son visage, mais une flamme brûlée au fond de son regard, comme une haine, une colère, donc le feu ne s’éteindra une fois sa source éliminée.

- Les Dieux ne sont plus aussi forts qu’avant, les Dofus les surpassent, mais bien plus encore … reprit-elle sur le même ton.

- Je défendrais ! Je tiendrais ! M’exclamais-je. Vous êtes ma Déesse, tant que je serais en vie, le monde restera sous ma couverture, sous la vôtre !

Je ne sais même pas pourquoi ses mots sortent de ma bouche, mais un relent de fierté me prend et m’oblige à agir. Le sol se remet à trembler.

Elle sourit à nouveau.

- Ahahaha ! Se réjouit-elle. Je vois que ta fierté te redonne l’envie de te battre, toi qui était au bord du vide il y a quelques minutes de cela. Il faut que tu saches que ton avenir sera bien plus compliqué et tordu que tu ne l’imagines. Le Stasis rend mauvais, corrompu mais nécessaire au flux régissant le Krosmoz. Mais ça ne veut pas dire que leurs utilisateurs le sont initialement. Explique-t-elle, sur un ton presque subtil.

- Mais comment ? demandais-je.

Le monde autour de moi semble tout à coup reprendre de la couleur et des tâches noires jaillissent peu à peu aléatoirement autour de nous. Féca lève prestement ses bras dans ma direction. Du feu commence à glisser autour d’eux puis éclot de ses paumes pour se matérialiser sous formes de poussières, avançant légèrement vers moi.

- Je n’ai pas le temps de t’expliquer ! Énonça-t-elle en regardant les tâches noires s’agrandir. Je t’offre de nouveaux pouvoirs, tu en auras besoin. Le monde en aura besoin.

Les nuages de poussières traversent mes vêtements et je sens des picotements de chaleur à chaque endroit où mon corps entre en contact avec. Un regain de vigueur me prend et je sens mon esprit s’échauffer. Les tâches noires ont maintenant presque tout englouties et se rapprochent de nous. Je vois Féca invoquer un portail de lumière doré. Avant de s’enfoncer dedans, elle se retourne et me cri :

« L’Eliotrope peut être sauvé ! Fait confiance au monde qui t’entoure et redevient le disciple fier que tu étais ! »

Disparue. L’obscurité a envahi la totalité de l’espace. Je sens ma tête s’alourdir. Je tombe contre le sol et rouvre les yeux, couché sur le dos, dans un lit peu confortable. La luminosité filtrait à travers le plafond et venait se poser dans mes yeux. Il y avait une odeur de chienchien mouillé. Mon corps est lourd, je me sens encombré. Je vois le monde tourner autour de moi. Je déglutis et entend mon estomac se nouer. Une voix féminine s’exclame.

« Olek ! Y’en a un qui s’est réveillé ! »
 
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