FR EN ES PT
Naviguer dans les forums 
Trackers Ankama

Fables du monde des douze - Le Iop pas si bête que cela

Par Riwapaba 25 Avril 2016 - 01:28:11
Fables du monde des douze


« Humble conteur, j'ai pour ambition l'entretien de la mémoire de ce monde qui est le nôtre. Nul ne me connaît et les seuls noms, les seuls visages auxquels je suis lié sont ceux des héros que j'évoque dans mes histoires. J'espère de tout cœur que ces dernières vous plairont. »

Aujourd'hui, je couche sur papier à votre intention la fable du Iop pas si bête que cela. Celui-ci, dès son premier braillement enfantin hurlé à la face du monde des douze, était déjà destiné à être un grand Iop. Une crinière flamboyante, de grands yeux sincères,un goût prononcé pour la bagarre et le maniement des armes (d'après un collègue orateur, le héros de ce récit serait né en forçant le passage vers la lumière à grands coups de boucliers. Cependant, par respect envers la mère de ce doux garçonnet, nous omettrons volontairement de qualifier cette source de fiable), le dieu Iop lui-même semblait l'avoir créé de ses mains calleuses et maladroites. Sur les conseils avisés de ses parents, il était toujours en première ligne lors du traditionnel combat réunissant tous les Iop (petite parenthèse destinée à repousser les langues de vipères qui ont actuellement envie de suggérer l'ajout d'un « s » au mot pluriel Iop, je considère le mot en question comme un nom propre, aussi n'ai-je donc pas ajouté un « s », désolé de vous couper l'herbe sous le pied. Na ! Cordialement, un conteur immergé dans son récit.) du village. Sous ses coups, puissants comme devaient l'être naturellement ceux d'un Iop mais de plus si précis qu'on les confondrait avec des flèches de Crâ, les adversaires les plus hardis échouaient les uns après les autres à le vaincre. Curieusement vis-à-vis de sa classe, notre héros savait rester humble et modeste en toute circonstance. Ainsi grandit ce courageux Iop. Ses pensées étaient juste assez simples pour qu'il n'ait à s'inquiéter de rien et à vivre au jour le jour, jouant de ses poings lorsque nécessaire. Cette simplicité, il aurait aimé la retrouver dans son cœur, constamment victime des éruptions amoureuses caractéristiques de son âge. En effet, vers ses 16 ans, le jeune homme avait croisé le chemin d'une magnifique et combative Iopette nommée Emma, Emma Sacre. Chaque fois que le Iop essayait d'entamer la conversation avec Emma, sa parole le trahissait à la manière d'une lame émoussée et il se sentait ridicule. Malgré cela et de fil en aiguille, ces deux jeunes gens devinrent de très proches amis, à défaut de devenir un couple. Ils s'adoraient réellement, mais l'étincelle visible dans les yeux d'Emma lorsqu'elle regardait le brave Iop n'était pas celle d'une femme regardant son mari. Notre héros s'en contentait à merveille, bien qu'il garde au fond de lui un semblant d'espoir concernant la nature de leur relation. Malheureusement pour lui, qui dit jeune cœur dit bien trop souvent cœur brisé. Quelle ne fut pas sa déception quand il aperçut Emma et Hubert (Hubert Serker, ou quelque chose dans ce genre là) s'entraînant ensemble par une belle journée d'été, de celles qu'il préférait. Rancoeur et jalousie firent leur office, capables d'amener les meilleurs amis du monde à se perdre de vue, et c'est ce qui eut lieu. Le Iop maintenant seul noyait sa déprime et son désespoir dans des litres de sueur, repoussant les larmes, hordes ennemies. Amère, il vit après quelques années sa princesse accompagnée de son nouveau compagnon donner naissance à des enfants, d'adorables chérubins qui auraient pu être les siens. Celui qui avait pris sa place tout en gagnant du galon auprès d'Emma se révéla être plus fourbe qu'un Sram, rappelant chaque jour au pauvre Iop sa détresse. Il se murmurait à présent dans tout le village que le mari d'Emma réfléchissait trop, un comble pour un Iop digne de ce nom. Cependant, sa femme et ses enfants plaçaient une absolue confiance en lui et restaient admiratifs devant la profondeur de ses pensées. Ainsi, Hubert semblait avoir comme unique objectif la tristesse de notre ami et occupait ses journées à lui mener la vie dure dans le dos de sa femme. Celui-ci ne ratait pas une seule occasion pour humilier le Iop solitaire en public. Malgré la froideur de la relation entre Emma et son ancien ami, la Iopette de caractère ne se privait pas de remettre son mari à sa place lorsqu'elle le prenait sur le fait (assez rarement, car il n'était pas dans les habitudes des Iop de, je cite, « poucaver », conférer Code du bon Iop, chapitre 3). Un beau jour, notre héros s'endormit d'une manière étrangement paisible. Il ne sut expliquer la raison de cette paix intérieure avant de se rendre sur la place publique du village le lendemain matin. Elle était là, debout au centre de la foule assise, éblouissant la nature de sa beauté, intimidant les plus féroces guerriers de son tempérament fougueux, Emma. Elle était venue quémander de l'aide pour secourir son mari, parti défier le bouftou céleste à lui tout seul. Le Iop amoureux comprit alors pourquoi il s'était senti si paisible la veille. Il n'avait pas subi les diverses attaques, les coups en traître de Hubert. Alors qu'en son fort intérieur, il riait, se complaisant dans le malheur de son pire ennemi, celle qui était autrefois sa plus fidèle compagne le vrilla de son regard pénétrant.

« Mon ami, j'ai à mes pieds les plus lâches des Iop ! Aucun d'entre eux n'accepte de se joindre à ma quête afin de retrouver Hubert. Heureusement, je peux compter sur toi, n'est-ce pas ? Réponds-moi, puis-je compter sur un valeureux guerrier, puis-je compter sur mon meilleur ami pour m'épauler dans ce moment difficile ? »

Face à son joli minois et à ses paroles toutes aussi agréables, la haine du Iop ne tint pas bien longtemps. A peine une heure plus tard, il accompagnait celle qui lui avait tant manqué durant ces années par monts et par vaux, à la recherche de son mari. Les deux aventuriers ne tardèrent pas à le retrouver. Le prétentieux Hubert avait été assommé par le bouftou céleste. Son corps inerte gisait à l'entrée de l'antre de la bête. De mémoire de Iop (certes, l'exemple n'est peut-être pas très bien choisi, celle du poisson rouge lui faisant concurrence), personne n'avait jamais réussi à terrasser l'imposant et fier bouftou. Cela ne comptait guère. Ni une, ni deux, Emma et son ami récemment retrouvé se ruèrent sur ce dernier l'arme à la main, stratégie Iop oblige. Au cours d'un combat héroïque, la Iopette réussit à remettre son mari sur pieds et commença à le pousser vers la sortie de l'antre. Ce dernier, éberlué, observait l'homme qu'il avait tant de fois rabaissé se battre pour leur salut à tous. Soudain, le bouftou céleste chargea. Le guerrier fut assez vif pour éviter la bête, mais cet exploit se fit au détriment de son équilibre, et il chuta lourdement sur le sol. Son regard fit la navette entre sa bien-aimée dans l'incapacité de parer le coup à venir à cause de son fardeau et le bouftou céleste toutes cornes dehors. Pendant un bref instant, l'effroi envahit son visage. Puis un événement auquel il ne s'attendait pas changea la donne. En effet, Hubert, comprenant que sa femme, la mère de ses enfants était perdue si elle devait continuer à le soutenir, se sépara d'elle et la poussa de toutes ses forces dans un coin de l'antre, en relative sécurité. Il le fit de telle sorte qu'elle se cogne assez violemment contre les parois pour ne plus pouvoir agir (l'antre du bouftou céleste est faite de nuages me direz-vous, mais leur apparence est trompeuse!). Ainsi, Emma s'affala par terre et regarda d'un air absent son mari mener son plus grand combat. Le bouftou céleste allait vite, beaucoup trop vite. Hubert tenait à peine debout, il ne pourrait pas esquiver. Il attendait la mort la tête haute, poitrine bombée. Aucun doute possible, il allait mourir. Mais il ne tenait qu'à lui de décider comment, et la seule mort qui lui convenait était une mort de véritable Iop. Il plongea son regard déterminé et résolu dans celui de la bête. Il était prêt. La cervelle de notre valeureux héros n'avait jamais été aussi active Il semblait peser le pour et le contre à travers ses deux yeux. L'un contemplait toujours Emma, et imaginait le Iop s'occuper des enfants de celle-ci et de Hubert comme s'ils étaient les siens. Il les imaginait tous les deux, réunis devant l'autel pour célébrer leur union. Il les imaginait heureux. Mais l'autre œil le rappela à son bon souvenir. Lui contemplait une véritable mise à mort, le combat d'un homme blessé affrontant le bouftou céleste, un combat dont l'issue était évidente. Le cœur de notre Iop se fit alors entendre dans toute la région de par ses fiers battements. Il avait pris sa décision. Allait-il réellement sauver son pire ennemi ? Oui. Il entendait presque son père le conseiller sur le comportement à adopter. « C'est comme cela qu'agirait un bon Iop, mon fils. ». Une aura chaleureuse et orangée l'entoura alors, l'aura accompagnant les héros dans l'autre monde. Aujourd'hui, il allait sauver l'homme qui avait brisé sa vie. Il n'avait presque plus de temps. Il sauta et s'appuya sur la paroi, il était presque parallèle au sol. Il fléchit ses jambes et mit le maximum de puissance dans son saut. Il relâcha sa force et se sentit bondir en avant, fendant l'air avec aisance. Il eut tout juste le temps de percuter un Hubert plus que surpris afin de l'écarter de la trajectoire du bouftou céleste. Dans un effort vain, le courageux Iop tenta d'attraper le bouftou par les cornes. Mais il ne pouvait pas le stopper, et il sentit les cornes pointues pénétrer sa chair profondément. Alors que l'aura semblait s'intensifier autour de lui, le bouftou céleste ne s'arrêta pas. Il continua tout droit jusqu'à ce qu'il percute violemment les parois de son antre, mettant un point final à la vie de notre Iop. Sa peau commença à s'effriter, le dieu Iop l'appelait à lui. Notre héros, avant son passage vers l'autre monde, eut tout juste le temps d'étudier une dernière fois chaque détail du visage angélique de la femme qu'il avait aimée toute sa vie. Grâce à son sacrifice, elle pourrait vivre heureuse en compagnie de son mari, et il en serait de même pour ses enfants. Le Iop sut qu'il avait fait le bon choix, et il partit le sourire aux lèvres rejoindre son dieu, admiratif de sa bravoure. Le bouftou céleste disparut avec lui, terrassé par la puissance de son cœur. Emma, à son réveil, comprit ce qu'il s'était passé. On raconte qu'elle pleure encore son défunt ami en compagnie d'Ogrest, tous deux perchés au sommet du Mont Zinit. Hubert, lui, s'efforce d'honorer la mémoire de l'homme qui l'a sauvé en agissant avec droiture. Les autres Iop n'ont jamais réellement compris l'acte du héros, le qualifiant même parfois de stupide. Qui aurait voulu protéger son pire ennemi ? Un bien bête Iop, sans aucun doute. L'histoire de ce Iop traversa, traverse et traversera les âges afin de montrer l'exemple aux autres générations. Ce fut un honneur et un plaisir pour moi que de vous la conter, j'espère qu'il en fut de même pour vous de la lire. Par delà son aspect narratif, ce récit présente aussi un but de réflexion. A vous de façonner votre propre morale à partir de celui-ci!

Je sors maintenant du cadre pour vous demander des avis ! Négatifs, positifs, tant qu'ils sont utiles et argumentés, cela me plaît ! N'hésitez pas non plus à me signaler des fautes d'orthographe furtives (une étourderie est vite arrivée), CEPENDANT si vous le faites veillez à ne pas en faire dans votre commentaire les reportant, je mords !

A venir si la fable du Iop pas si bête que cela a fait des heureux, une autre fable (surprise surprise) !
0 0
Réactions 2
Score : 3628

J'ai trouver ça cool, un peu long à mon goût mais après ça ne regarde que moi et ma fainéantise, comme je suis un bon fan de rôleplay et que j'adore raconter des "Balades" des "Fables" et autres sortes d'histoires peu communes j'ai trouver l'idée cool. J'ai hâte d'avoir la suite ou prochaine fable.
:tap:Chimène, Huppermage, Citateur de légendes passés et Balades sur le clan des Lèlames. 

1 0
Score : 41

Merci de ce retour, blue-pym! Pour tout te dire, il m'a paru difficile d'exprimer tous les aspects du récit en faisant plus court, aussi ne me suis-je pas vraiment retenu. J'ai déjà quelques idées pour mon prochain récit, je pense que ce sera une nouvelle fable. Content que cela t'ait plu, en tout cas!

0 0
Réagir à ce sujet