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L'Acédie de Carolina (fiction MMO - 7 chapitres, finie)

Par Tokina-chan 03 Février 2015 - 21:49:08
*un Tofu pousse un cri comme un "Bouh!" et apparaît avec un parchemin dans les pattes, contenant un début de fiction*

Malsoir tout le monde. smile Oui, je reste Brâkmarienne malgré tout!

J'avais parlé dans mon premier sujet de fiction (La Colère de Sacris) que je parlerai sans doute de la paresse. J'ai hésité entre faire l'envie, l'orgueil et la paresse. Mais bon vu que j'ai parlé de cette dernière... ^^ On va faire l'acédie!

Ce n'est pas une Sacrieuse cette fois... Mais une Sadidette. Carolina de Acedina, une petite Sufokienne. En 972, elle signe un pacte avec XI, une démone des heures pacifique. Elle n'a jamais aimé les batailles.

Assez parlé, je lâche le premier chapitre! (Il y en aura 7.)

Si vous voyez une étoile, référez-vous à la fin du post. Elle se passe en parallèle par rapport à La Colère de Sacris. Comme vous semblez aimer ce que je fais (et ça me rend heureuse), voici!! biggrin

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L'Acédie de Carolina
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972. Septange. 14. Une drôle de clé tomba sur la plage de Sufokia. Une petite fille Sadida, marchant sur la plage, sentit sous ses pieds cette petite pièce de métal. Elle la ramena à son château.

Ici commence l’histoire de la démone XI la pacifique paresseuse et de Carolina de Acedina, une Sadidette âgée de 15 ans, alors souveraine de la nation de Sufokia.

1) Onirique décision

J’ai eu un drôle de rêve cette nuit. Je ne l’aurais jamais cru possible. Qui était cette créature à la peau dorée et aux cheveux roses, avec ces cornes ?

Hier soir, je suis allée sur la plage du rivage. Ce sable blanc crisse sous mes pieds, et un petit quelque chose refroidit ma paume pédestre. Je retire ma jambe, et ramasse l’objet. Une clé visiblement… Comme celle d’un jouet mécanique. Je me souviens des Xélors et des jouets qu’ils donnent aux enfants. J’en ai reçu. Une poupée à remonter. Je me demande où je l’ai rangée d’ailleurs…

Passons. Cette clé me semble étrange… Comme tombée du ciel. Je demanderais bien à un Xélor d’où pourrait-elle sortir… Mais j’ai sommeil.

Je suis dans un univers rempli de nuages, une douce lueur d’opale survient, puis une fumée jaune, puis cette femme. J’ai peur. Elle s’approche de moi. Elle tient une sorte de flûte. Une musicienne ? Pour me chanter une berceuse ? Comment est-elle rentrée dans mon univers onirique ?

Elle ouvre la bouche doucement. Sa voix semble être une caresse.

« Viens petite, n’aie pas peur. »

Elle me tend son bras. J’hésite. Elle ne va donc pas me faire mal… Enfin, j’espère.

« Qui êtes-vous ? »

J’ai peur des inconnus. Surtout lorsqu’ils viennent dans mes rêves chéris.

« Tu me connais sans doute sous le nom de la démone de la onzième heure. »

Mes yeux s’écarquillent. Cette femme… Serait donc une démone des heures ? Une des vingt-quatre créatures enfermées dans une dimension parallèle par le Grand Horloger* lui-même ?** Elle aurait donc réussi à s’échapper…

« C’est… C’est impossible ! »

Je crois l’avoir vexée. Mais bien au contraire ; elle se radoucit davantage et vient derrière mon dos, pour souffler sur mon épaule droite.

« Ne t’inquiète pas, je sais très bien ce que tu ressens, petite disciple de Sadida. Crois-moi, je ne suis pas comme ces autres démons barbares qui aiment enlever des mortels pour les faire s’entretuer dans des arènes… »

Assez étrange… Elle continue.

« J’ai toujours pensé que la guerre est un art ignoble, et que l’on a autre chose à faire que de se batailler pour des inepties. Tu dois bien penser pareil, c’est aussi un des principes de ta nation… »

Elle a raison. Sufokia est censée être une nation avec qui « puissance » rime avec « vacances ». Pas comme Brâkmar et ses envies belliqueuses ; pas comme Bonta et sa soumission d’une certaine justice. Pas comme Amakna où je crois connaître sa souveraine. Une odieuse femme qui fait souffrir son peuple. Mais moi, je ne fais rien. Aussi bien au propre que figuré. Je n’ai jamais aimé faire grand-chose. Inutile de se fatiguer, Sadida invite même ses disciples à faire plusieurs siestes par jour, c’est excellent pour le moral et le teint.

La démone devine mes pensées.

« Disciple de Sadida, tu es déjà née comme une pacifique. Nous avons beaucoup de points communs. Mais venons-en au fait. Tu te demandes d’où vient cette petite clé qui est tombée sur ta plage il y a quelques heures ? »

Décidément, elle est forte.

« Oui… D’où vient-elle ? Est-ce Xélor qui l’a faite tomber ? »

Elle rit doucement.

« Pas tout à fait. C’est un objet dans lequel j’ai été réduite. Je te propose un marché. Comme tu as dû t’en apercevoir, je tiens une flûte dans mes mains. Enfin, une flûte… C’est un pipeau pour être exacte. Il est très particulier. Quelque soit l’air que l’on joue, il en sort une douce mélodie. Peu importe si la personne se dit qu’elle joue faux avec ce type d’instrument ; toutes ces craintes seront effacées. Il suffit juste de penser et… »

Elle me cède le fameux pipeau. Je sens un doux vent autour de mes bras. J’essaie l’instrument. Quelle mélodie… Douce, telle une berceuse…

Elle est magique.

La démone se remet devant moi et me prend doucement par le menton.

« Cette mélodie est une berceuse qui fait dormir les mortels. Il existe beaucoup d’ennemis à la paix, des personnes belliqueuses. Nos ennemis. Ils ont besoin de repos, ils ne dorment jamais, sans cesse préoccupés par leurs prochains actes guerriers. Redonne-leur le sommeil. Tu n’y arriveras pas seule, certes, et c’est pourquoi je serai avec toi. En toi. »

J’aimerais tellement me débarrasser de mes ennemis en effet. Cela me semble une bonne occasion.

« Oui, je le veux ! »

Je sens XI (c’est le nom de la démone, en dialecte Xélor et dans les manuels d’histoire que j’ai peu bouquinés entre deux siestes) apaisée.

« Tu veux endormir les ennemis de la paix, j’aurai besoin de ton corps pour te donner tes pouvoirs.

- Oui ! Allez-y ! »

Elle disparaît en fumée. Je sens mon corps trembler. Une voix intérieure naît en moi. Est-ce que… Oui, c’est elle. C’est XI.

Le rêve se termine.

Je suis réveillée dans mon lit. Il y a une boîte juste à côté de mon oreiller, qui n’était pas là avant. Je l’ouvre. Deux flacons d’encens et…

Mais oui.

Le pipeau de mon rêve !

Tout est bien réel !

J’entends une voix dans ma tête, celle de XI. Je reconnais ce timbre doux.

« Tu seras bien entendu immunisée de par notre marché. Grâce ce pipeau tu pourras diriger les fumées d'encens sur ceux que tu considèreras comme trop énervés et ils iront dormir que plutôt aller se disputer. L'encens agit sur leur corps, le son du pipeau sur leur esprit. C'est à toi de jouer, maîtresse de l'acédie. »

Princesse de l’acédie…

J’aimerais tellement… Faire comprendre au monde que la paix est ce qui existe de plus précieux au monde. Pourquoi se bagarrer ? Beaucoup y délaissent leur vie. Un seul moyen de survivre…

Dormir aussi longtemps que possible, pour être certaine que cela n’arrive jamais…

(À suivre)
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* autre nom de Xélor
** Les démons des heures avaient été enfermés dans l'Hormonde par Xélor. XI fait partie de ces démons.

(Oui XI est vraiment pacifique.)

Tokina Japona

 
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Réactions 11
Score : 495

Bonsoir !
Encore un très beau commencement !
Mais quelle finesse dans tes phrases ! Et un joli vocabulaire que j'ai beaucoup apprécié !
Continue ainsi ♥

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Score : 3680
Lisooune1 : Merci beaucoup, ça me fait très plaisir. ^///^

Ne vous inquiétez pas si je ne réponds pas tout de suite, j'attends à chaque fois d'avoir un chapitre à publier en même temps pour répondre. Voilà. smile

Je m'excuse d'avance, je crois que celui-là je l'ai moins bien réussi que le premier... Enfin après... C'est mon avis. Peut-être que vous ne serez pas d'accord...

La suite, la voilà :

2) Les paupières sont lourdes

Le jour se lève, malgré une nuit des plus mouvementées. Je me frotte les yeux et ouvre la fenêtre. Le soleil brille, j’entends les cris des Salbatroces, et je vois les pichons nager gaiement dans les océans. Une nation des plus tranquilles… Enfin je croyais. Vraiment.

Les cris du peuple me parviennent, brisant les sons de cette paisible Sufokia… Je tente de savoir ce qui leur arrive. Ah oui, à cause de la gouverneuse de la nation d’Amakna… Une Sadida autoritaire, persécutant son peuple.

Je descends et vais voir les disputes à ce sujet. Les gens, en colère, s’insultent entre eux, d’un côté ceux qui sont pour la princesse, et de l’autre ceux qui sont contre, et au final, qu’est-ce que cela crée ? D’horribles disputes. De quoi gâcher cette journée. Mais cela ne durera pas plus longtemps.

« Si j'en jouais, je pourrais calmer tout ce monde... Pourvu que cela marche ! »

Il est temps de dormir maintenant…

J’ai emmené le coffret que XI m’a donné pendant la nuit, le tenant bien fort contre moi, et je l’ouvre finalement, pour m’emparer du pipeau. J’installe sur quelques caisses les pots d’encens et les fais brûler. Puis je joue de l’instrument. Une jolie berceuse, parfaite pour faire dormir un peuple trop énervé et trop occupé à se disputer.

Les gens se retournent… Ils doivent se demander ce qu’il se passe… S’ils savaient que c’était de leur faute… C’est fini maintenant, mes pauvres chéris. Vous allez dormir et tout oublier, jusqu’à l’idée de se quereller.

Je sens une force en moi, comme une brise. XI se libère de moi, elle ouvre sa bouche et commence à chanter.

« Calmez-vous donc, cher peuple de Sufokia, venez donc avec moi dans le pays des rêves, celui où tous vos souhaits se réalisent... À quoi bon travailler si ce n'est que pour se battre ? Laissez donc ces craintes de côté, je vous emmène... »

Sa voix semble parfaitement s’accorder à la mélodie de ma flûte enchantée… Notre flûte, notre pipeau, dont la musique semble si douce et enjôleuse…

« Vos paupières s’alourdissent, vos peurs s’évanouissent… Vos corps retombent sur le sable fin, vous resterez dans un rêve sans fin… »

Et en effet, ils tombent à genoux, levant leurs yeux au ciel, leur regard semblant viser le vide… Et je joue encore… Jusqu’à ce qu’ils s’endorment, enfermés dans leurs songes. Enfin, Sufokia retrouvera sa tranquillité tant rêvée…

Aujourd’hui est un nouveau jour. J’entends des pleurs. Des cris de désarroi. Encore… Ah non, ce ne sont pas les mêmes. Les autres habitants tentent de parler aux personnes d’hier. Ces derniers dorment, refusent de bouger, de se lever, pour faire ce qu’ils doivent faire.

Pensent-ils que cela n’est pas bien mieux de rester ici que de travailler pour se quereller ?

XI vient à mes côtés, elle sait ce que je pense, c’est comme une sorte de télépathie. On discute alors toutes les deux.

« Bientôt la colère et les chahuts ne seront plus de ce monde. Je les endormirai tous, jusqu'au dernier ! Jusqu'à ce que le calme et la paix puissent régner en Sufokia... Elle aura enfin la réputation qu'elle mérite, celle d'une ville calme ! »

Elle rit doucement, me prend par le menton et m’invite à regarder ce peuple se plaignant d’une malédiction naissante…

« N'oublie pas, plus tu feras tomber de personnes et plus ton pouvoir se renforcera... »

Est-ce vrai ? Je regarde le pipeau qu’elle m’a donné. Il a l’air pourtant d’un simple instrument, et ce serait lui qui me donnerait tous ces pouvoirs… C’est encore plus incroyable que je ne le pensais, plus excitant… Le jour où toute la nation entière serait plongée dans un sommeil profond, avec une seule fille bien réveillée à son sommet… Je pourrais montrer enfin que la paix vaut mieux que tout au monde, et que se disputer ne fait qu’amener des ennuis à ceux qui participent à de si futiles débats.

« Tu es certainement de mon avis, je me trompe ? »

XI sourit.

« Non, tu as bien raison. Quand je repense aux autres qui voulaient faire combattre leurs gladiateurs dans leurs arènes… Certes, c’est la puissance qui compte pour eux… Mais il faut savoir aussi faire une pause, se détendre… Et cela amène moins de problèmes que les bagarres. On ne peut plus en douter. »

Mais nous sommes bien loin de tout cela. Sufokia était devenue la proie de la colère, et il est hors de question que cela ne dure une seconde de plus. Elle est censée être un territoire de vacances.

Une idée me vient enfin. Si la mélodie du pipeau accroît mes pouvoirs, juste cela, pourquoi ne pas en jouer tous les jours ?

Dès ce soir, je m’y mets, assistée par XI qui chante ces douces paroles.

« Peuple du soir, il est bien tard… Dormez bien… Le monde réel est bien trop cruel pour vous, réfugiez-vous dans vos rêves, vous vous sentirez en sécurité… »

Et ils tombent dans un profond sommeil les uns après les autres. Le soleil se couche, le ciel est d’un magnifique dégradé de couleurs de l’arc-en-ciel. Ce moment est magique.

La nuit tombe enfin. Il est temps de dormir…

Mais on pourra toujours se reposer même la journée tellement elle nous épuise.

(À suivre…)

Tokina Japona

 
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Score : 495

Vite la suite ! ♥

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Score : 3680
Voilà ça y est la suite est arrivée! smile

3° chapitre sur les 7 de prévus donc.

J'avoue que pendant que j'avais rédigé la base de ce qui allait servir au chapitre 3 de cette fiction, j'ai repensé à la bataille des Douziens contre les Steamers détraqués mais aussi aux Riktus.

Voilà, et ce n'est que le commencement...

3) Quelle paresseuse nation !

Encore un beau matin où j’entends les animaux s’égosiller de toutes parts afin de réveiller le peuple… À quoi bon ? Un jour ou l’autre, tout le monde finira par dormir éternellement…

Le journal tombe sur le carrelage du temple, je viens le prendre. Le gros titre semble attirer mon attention tout particulièrement. J’ai souri doucement.

« Pire qu’une procrastination, une paresse contagieuse sortie de nulle part » qu’il disait. Quelle blague… De toute façon, avec tout ce qui passe dans toutes les autres nations, quelle est la meilleure d’entre elles ? Amakna est toujours sous le règne d’une princesse tyrannique, à Brâkmar on ne parle plus que de famine et d’une souveraine dévorant tout sur son passage, et à Bonta, la ville de justice comme elle ose se nommer, les vols et autres larcins se multiplient à la vitesse de vol d’un Tofu ayant le feu à la queue. Et le pire de tout, c’est que ce n’est pas un disciple de Sram ou un Roublard qui les a commis… Mais une femme ayant voué son culte à Enutrof… Ceci dit, cela ne m’étonne qu’à moitié, lorsque l’on connaît ces vieux grippe-sous…

Mais bon, il est inutile de se lamenter sur ces sorts qui ne concernent pas Sufokia, et XI semble être d’accord avec moi. Pas d’intérêt pour des sujets futiles, qu’elle a dit.

« Rien ne vaut que le repos éternel que j’accorde à cette nation… »

Il faut que je m’assure que tout se passe comme prévu, et c’est l’heure de la promenade dans ce grand bac à sable sans bordures sentant bon le Pichon frais sur les plages et les ponts marchands. Je décide d’aller faire un tour du côté du Rivage Steamulant.

Malgré les quelques fumées de Stasis s’échappant des fenêtres de certaines maisons*, je distingue un brouillard violacé plus épais du côté de la plage du port du village. Je m’approche, curieuse, mais très vite, ce sentiment se changea en dégoût.

Trois Steamers se battant, l’un avec de la Stasis, un second avec de la terre et ses blocs, le troisième tendant son lance-flammes associé à son bras, prêt à tout embraser. Dans le camp adverse, trois bandits Riktus. Et ils commencent à prendre le dessus.

Cela ne peut plus durer. Non. Il y en a assez.

« Mais quelle violence… »

Fortes heureusement, je ne suis pas venue toute seule. J’ai tout mon attirail. La mélodie allait résonner une fois, telle une voix de la rédemption.

Je sors le pipeau et commence à jouer, et encore une fois, les autres semblent attirés par les notes qui sortent de l’instrument. Les Riktus tentent de résister, je le sens, mais leurs jambes s’engourdissent.

« Se battre est d’une inutilité, on peut bien résoudre les problèmes pacifiquement, non ? »

C’est la voix de XI qui chante et qui résonne dans les environs. Elle m’accompagne comme elle le fait depuis le début du contrat. Tout le monde allait dormir maintenant, fermer ses yeux, tomber sur le sol, et rêver…

« Vos paupières sont lourdes, telle la masse de sable contenue dans le sablier de Xélor, chaque grain est une seconde, le sablier compte les siècles et les millénaires… »

Les Steamers et les Riktus finissent par céder au sommeil. J’arrête de jouer. Ils ne bougent plus. Leur âme s’est réfugiée dans leurs songes et a quitté leurs corps…

La soirée est bien paisible. Le soleil se couche. Je dois me coucher.

Le lendemain, quelle drôle de surprise encore dans le journal de la nation… « Six nouvelles victimes au rivage : la mystérieuse paresse prend de l’ampleur ». Rien que ça. Mais ce n’est pas le gros titre qui m’étonne le plus… Mais la phrase juste en bas de la page, en plus petit. En effet, on peut lire « La paresse mystérieuse : premiers cas de décès ». Les premières personnes seraient donc mortes… Les journalistes disent que ces gens ont dépéri de faim et de soif, deux choses indispensables pour des êtres vivants.

Je ressens une chaleur qui touche mon épaule. Comme une main. Mais pas n’importe laquelle. Celle de XI. Qui semble vouloir me rassurer.

« Plus il y aura de personnes qui cèderont au sommeil éternel, plus tes pouvoirs seront grands. Et donc plus tu seras capable d’apporter la paix que Sufokia mérite. Ne te sens pas perturbée. Leur sort était déjà jeté depuis longtemps. Voilà ce qui arrive à ces pauvres mortels dont nous ne faisons pas partie lorsqu'ils se laissent trop aller... Mais la guerre tue tout autant ! »

Je ne suis plus une mortelle… Vraiment ? J’ai des doutes.

« Comment ça, nous ? »

Elle rit doucement.

« Tu es bien supérieure à eux, tu es la marchande de sable de ce monde. Tu es celle qui ferme les paupières des autres Douziens. C’est un pouvoir divin, bien plus au-dessus que ceux que donnent leurs divinités… Bien sûr il y a Xélor aussi… Mais depuis le jour où il nous a bannis, nous démons des heures… »

C’est vrai cette histoire…

« Tu as raison… Tout cela n’a plus d’importance maintenant. »

Ces paroles me réchauffent le cœur… Je ne sais pas comment… On dirait que la voix de XI a des pouvoirs magiques. Tout comme moi, et ce pipeau démoniaque.

Mais la journée se termine, des personnes endormies aux balcons et aux Jardins Suspendus… Et cela n’est que le commencement.

(À suivre…)
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* En fait l'architecture retrouvée dans ce territoire fait penser aux technologies Steamer, j'ai voulu y faire un clin d’œil. (NdA)

Tokina Japona

 
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Score : -5
Vu qu'il n'y a eu aucun commentaire (que se passe-t-il? sad), c'est avec un de mes comptes primaires que je vais poster...

Je suis toujours sur ma fiction, après, trouver les bons mots et faire le minimum de 2 pages sur Word est plus compliqué... J'ai tout de même réussi!

Si Sufokia allait devenir une ville fantôme, que feriez-vous? smile

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4) Potion miracle

Le monde dort… Ou presque. Les gens s’écroulent les uns après les autres, au lever du soleil, les autres les retrouvent, et se rendent compte de la tranquillité de Sufokia, celle qu’elle aurait dû garder dès le début. Ma peluche regarde attentivement le paysage, tout comme moi. Des plages avec quelques personnes somnolant à son contact, sur leur lit de sable chaud. Qu’est-ce qu’il doit être confortable…

Le rapport des douanes de la nation arrive, et il est mauvais, hélas. Ignorant celles qui étaient à la tête de nos autres rivales, ils ont préféré les rejoindre, ayant peur de Sufokia qu’ils jugeaient comme « ville fantôme ». Mais qu’en savent-ils ? Pire, les rangs des Riktus semblent s’agrandir… Mais ils ignorent aussi ce qui est arrivé à certains de leurs confrères qui ne se sont pas montrés suffisamment discrets l’autre jour. Maintenant, ils dorment… Pour l’éternité.

J’ai tellement sommeil…

Le lendemain matin. Déjà. On toque à ma porte, puis on entre sans que l’on me laisse le temps de répondre.

« Veuillez-nous suivre. »

Mes gardes… Qu’est-ce qui leur passe donc par la tête ? Aucun doute, c’est au sujet de cette « paresse mystérieuse », dont les journaux ne cessent de mettre le nom en tête de couverture… Mais qu’à cela ne tienne. Eux aussi, ils vont dormir, inutile de se stresser trop rapidement.

« Vos paupières sont lourdes, ce pipeau vous envoûte, sa mélodie est magnifique, magique… »

Ils s’écroulent. Pris en proie à un sommeil éternel. Ils n’ont plus rien à craindre avec moi maintenant. Mais, comment faire pour réussir à calmer tout Sufokia ?

L’idée vient un soir. XI me souffle doucement dans l’oreille. Son air est chaud, comme le vent survolant le sable chaud des plages de la nation.

« Un remède naturel qui sera bien efficace, mais pour cela, on va prendre quelques ingrédients… »

Elle me donne alors une cape bleutée à capuche que j’enfile vivement. Je vais dans mes réserves et trouve tout ce qu’il faut, puis je suis la recette. Bien attentivement.

« L’arôme poison, parfait pour les faire dormir, à petite dose sans aller dans le létal… Du pollen de ronce, le sort se propagera mieux… De la menthe, c’est pour avoir une haleine des plus fraîches contrairement à celle de soufre qu’ont les Brâkmariens… Le lin, en décoction, qu’est-ce que ça calme… Le curarare détend les muscles… Et bien parfait… »

La potion est enfin prête. Le liquide est d’un splendide bleu nuit.

Maintenant, il ne reste plus qu’à le faire prendre aux habitants trop stressés. Mais je ne suis pas une disciple d’Eniripsa.

« Vu que je suis disciple de Sadida, on va bien comprendre que le remède est naturel… Mais ils pourront croire que je les empoisonne aussi… »

XI m’entend et vient me voir.

« Pas de crainte à ce sujet. Je m’en chargerai moi-même. Il suffit juste de trafiquer le nom de créateur et… »

Quelques jours plus tard, on commence à vendre nos petites potions bleues nuit, et elles partent assez vite, bien plus que je ne le pensais.

Protégez-vous du mal, et cette potion vous le rendra bien !

Certains, bien sûr, ont analysé la potion et en avaient déduit la présence du poison. Mais ils ne dureront pas longtemps. XI s’en est bizarrement chargée. Je n’ai même pas bougé le petit doigt, et à quoi bon, de toute façon… Lorsque les gens boiront toute la potion en entier, ils ne craindront plus rien, ils n’affronteront plus rien, aucune guerre, ou dispute, ou quoi que ce soit.

Le temps s’écoule et de plus en plus de gens laissent fuir leurs soucis… Ou plutôt, s’endorment en fuyant leurs problèmes, devrais-je dire.

Une nuit, je fais un rêve étrange… Et effrayant. Des gardes ont trouvé les potions, et sont au courant de nos plans avec XI. Ils nous poursuivaient avec, menaçant de nous les faire boire. Bande d’imbéciles. Mais… C’est vrai… S’ils découvraient tout, ce serait une catastrophe. Et Sufokia serait en péril !

Je n’ai plus le choix. Tant pis, il faut que je m’en débarrasse avant qu’il n’y ait plus de dégâts. Aussi je les convoque de force à la Dune Kane pour le concert de notre membre de clan, j’en profite pour jouer de mon pipeau une fois le rock terminé, et tous les gardes s’écroulent.

Désolée, mais je ne pouvais pas laisser mon secret être découvert…

Au fil des jours, les nouvelles des journaux s’accumulent. « La paresse maléfique de retour ? », « Une potion (trop) puissante ? », « Sufokia, cité fantôme », « La garde de Sufokia décimée par la paresse démoniaque », « Un concert qui a mal tourné », « La productivité de Sufokia en panne : explications », j’en passe des meilleures.

Ils ne semblent pas comprendre…

Cette nation est mienne, je la fais se détendre, tout le monde est trop stressé, je résous juste leurs problèmes !

Et je le fais certes avec l’aide d’une démone… Mais elle ne ferait pas de mal à une Moomooche, pauvre XI…

Et puis… Vous avez toujours affaire à elle entre 11 heures et 11 heures 59. C’est vrai. C’est une démone des heures. Vous ne faites peut-être pas attention, mais vous ignorez beaucoup de choses…

Laissez-moi vous les faire découvrir, dans vos rêves…

(À suivre…)

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Tokina Japona

 
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Score : 431

Super je ne sais pas comment tu fais pour écrire autant à chaque fois je t'admire....
Et je trouve bizarre moi aussi plus de commentaires nul part.... Vraiment étrange

Sinon juste super

Cordialement

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Score : 3680
lilianlafon : Merci. ^^ Ma base est déjà écrite sur mon blog, mais après, je dois effectuer un travail supplémentaire, je dois remettre dans la version du personnage, se mettre dans son point de vue, et devoir choisir d'autres mots.
Muledecogere (qui m'a donné un message par Ankabox) : Merci encore. smile Et je ne me décourage pas! ^^

Pour ce chapitre, je vais vous dire... Je suis nulle en comédie et en blagues. C'est assez de mauvais goût. Mais c'est aussi pour ça que je me tourne vers l'autre côté du miroir : la tragédie. Bien sûr, là, vous allez me dire : "c'est pas tragique ce que tu fais"... Attendez la fin pour voir.

J'ajoute autre chose, parce que Muledecogere me l'a demandé par Ankabox : est-ce que je vais faire tous les péchés? Alors, oui, à l'exception d'un seul pour la simple et unique raison que c'est à cause du péché de la luxure, je ne pourrai pas le mettre sur le forum (ce serait trop osé/cru), ce sera donc sur mon blog pour ce dernier, mais oui, les autres seront ici. Les autres étant plus adaptés à la "population du forum" (aussi bien jeunes que moins jeunes), je peux les mettre ici.

Assez de "blabla", chapitre suivant, et que ça saute! Mais non, pas les cuisses de Tofu dans vos cuisines! L'arrivée du chapitre 5, bande de Pious! tongue

(Vous aime. ^^)

5) Plus qu’un coup de fatigue

Je ne compte plus les titres de journaux parlant de mes actes. Ils ne comprennent pas pourquoi « nous » faisons ça. Ces gens qui dorment maintenant, ils sont tous libérés de leurs soucis. N’est-ce pas mieux que de souffrir dans l’horreur et la guerre ? Et les autres gardes… Pourquoi voudraient-ils continuer à faire la guerre ? Où est donc passée la valeur de la paix dans notre nation ?

J’ai si peur… Et je ne devrais avoir aucune raison pour cela.

C’est le lendemain, le soleil se lève, je reçois encore un journal… Bizarrement, il y a très peu d’articles par rapport à d’habitude. Je lis alors à l’intérieur un petit encart :

« Suite aux suites de la fameuse malédiction de la paresse, nous tenons à nous excuser de la pauvreté du contenu du journal que vous tenez entre les mains. Il semblerait qu’une grande partie de nos collègues aient succombé au sort. »

J’ai éclaté de rire, lorsque j’ai vu un peu plus bas :

« Mais il fallait bien qu’il parte en temps et en heure, sinon Xélor nous martèlerait nos têtes et nous sonnerait les cloches. »

Cette blague. Quel humour.

Les gardes restants sont tombés eux aussi sur la feuille de chou. Je le sais. La vérité ne sortira pas de ces murs. Je me suis faufilée dans la cuisine et j’ai trafiqué leur boisson du petit-déjeuner.

Aussi ce matin nous avons eu une drôle de discussion. Ils remarquent que leur eau est légèrement aromatisée à la menthe et avec un arrière-goût.

« Vous allez bien rire, votre eau est mélangée avec cette médecine miracle. Mais croyez-moi, fini les guerres à Sufokia, vous pourrez enfin vous reposer... Éternellement ! »

Certains ont recraché le peu d’eau qu’ils avaient encore dans la bouche, d’autres ont crié « À l’assassine ! » (trop tard).

« Pauvre cinglée ! Vous le paierez ! »

Mais c’est bien trop tard.

« Vraiment ? Calmez-vous un peu… Oh non, que dis-je ! La potion le fera à votre place ! Bonne nuit ! »

Et je m’enfuis en riant. Qu’est-ce que c’était marrant ! Juste en empoisonnant leur eau !

Je suis enfin tranquille pour quelques jours. Je dis bien. Quelques jours. Parce que le clan Riktus, avide de vengeance par rapport à une de mes dernières attaques, a décidé de revenir avec leur chef pour tenter de prendre notre archipel.

« La guerre est finie, mes chéris. »

Au port du Rivage Steamulant, des bateaux Riktus par dizaines avaient accosté. Leur chef ordonnait le pillage des maisons. Facile, pour des gens qui dorment ! Mais ils ne repartiront pas, foi de souveraine de Sufokia.

« Et foi de démone de la onzième heure. »

C’était XI qui parlait en moi. Elle me propose alors que je lui laisse son corps pour repousser l’attaque des bandits. J’accepte. Je sens alors un souffle m’envahir et ma conscience m’évanouir à moitié. XI a pris les rênes désormais. Je ressens une énorme secousse. Je ne sens plus mes jambes. J’ai l’impression qu’elles sont devenues…

Enfin, je suis devenue… Une sorte de spectre.

Le spectre de la paresse.

« Ne troublez pas le sommeil sacré de ces lieux. »

Je m’approche alors des Riktus. Et plus notamment du chef. Un jeune Osamodas, oui, un petit d’à peu près mon âge. Un adolescent quoi*.

Il sort alors son arme et pointe son symbiote dans ma direction.

« Reviens d’où tu viens, démon ! »

Compte-t-il vraiment m’impressionner comme ça ? Ceci dit, il est jeune, c’est à se demander comment les Riktus ont pu le mettre à la tête de leur clan. Je sors mon pipeau, l’odeur de l’encens, légèrement mentholée, lui chatouille alors les narines.

« Je suis chez moi déjà. Toi, en revanche, tu vas rester pour la vie, dans les bras du sommeil... La paix est bien meilleure que la guerre, pourquoi se bagarrer alors que l'on peut se reposer ? Mon pauvre petit, regarde-toi, tu es bien las, tes paupières sont lourdes, lourdes, elles tombent, tu t'endors, tu n'écoutes plus que ma voix... »

Ses yeux se ferment doucement, il succombe à la douce berceuse. Je sens quelque chose sortir de moi : XI.

Les yeux du Riktus s’écarquillent.

« C'est donc... La démone de la onzième heure... »

Qu’il est intelligent. C’est peut-être pour cette raison, qui sait ?

XI prend le relais et chante alors que mon pipeau continue sa mélodie.

« Dors bien, mon petit Osamodas, tes paupières se ferment, tu vas dormir bien paisiblement... Cède à cette acédie, qui te mènera au couloir de l'éternelle vie... »

Il finit par tomber. Puis, les uns après les autres, les autres Riktus s’écroulent sur la plage. Ils s’abandonnent au sommeil. Je reprends alors conscience. Nous avons donc battu les Riktus, à nous deux ? C’est inimaginable.

Mais au moins, Sufokia est sauvée du banditisme avéré de ces truands sans foi ni loi. Je me dirige vers le jeune Osamodas… Qu’est-ce qu’il est si joli finalement…

« Dors bien, mon chou. »

Après l’effort, le réconfort… Par le sommeil !

(À suivre…)
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* Carolina a 15 ans, Nicolas le chef Riktus n'en a que 16.

Tokina Japona

 
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Score : 495

Ouah super ! La suite ♥

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Score : 3680
Merci pour tous ces petits encouragements (et on se réveille dans cette section, nom de nom, c'est pas Sufokia la ville fantôme comme dans la fiction, hein!)! Encore une question que l'on m'a donnée par Ankabox : y'aura-t-il une fiction "crossover" avec tous les possédés?

Bah en fait il y en a déjà une, elle est sur mon blog, c'est celle d'origine, "Les 7 Infernales", dont j'ai repris l'écriture hier soir. Ce soir, très tard, je viens de vous écrire un peu plus de trois pages A4 de Word pour un avant-dernier chapitre. Et je vous le dis tout de suite, le prochain péché que j'attaquerai, ce sera la gourmandise (9 chapitres pour celui-là). Pourquoi? Bah le chapitre vous expliquera pourquoi.

Est-ce qu'il y aura une suite (demandé par Ankabox) : je réfléchis aux fictions que je vais poster, donc déjà vous aurez 6 péchés sur 7 (la luxure, ce sera pas pour le forum, j'ai mes raisons), peut-être une fiction sur une autre fille... Et là, hier, une... *est arrêtée par une alerte au spoiler* OK, je me tais.

Juste une petite chose. Le titre, j'ai fait une fausse référence à un film très connu, c'est juste que je l'ai modifié selon ce que contenait le chapitre. Si beaucoup de choses vous semblent floues, n'hésitez pas à lire la fiction d'origine et aussi un peu "La Colère de Sacris", notamment pour le fond. Mais vous verrez que je progresse dans le traitement du fond petit à petit et que sur le forum vous allez en savoir plus au fil des jours.

Waou, sacrément parlé pour un post. Bon allez, ça suffit, je balance... Fais claquer les mots, chapitre 6!

(OK c'était nul.)
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6) L’empoisonneuse, le roi… Et la glace ?

Le clan Riktus a eu une drôle de surprise ce matin… Lorsqu’ils sauront que leur chef est en train de dormir tranquillement sur les plages dorées de Sufokia, victime de ma malédiction… Celle d’une jeune fille et de sa démone protectrice pacifiques.

La nouvelle du journal aujourd’hui (qui n’est plus que désormais deux pages, deux !) ? « Le banditisme croule sous le poids du sommeil ». Je les plains… Vraiment ?

Je ne crains plus rien, j’ai écarté tout ce qui me semblait un obstacle. Les gens belliqueux du peuple ? Ils ont ma potion. Les gardes ? La moitié endormis par le pipeau, l’autre empoisonné à la médecine miracle. Les Riktus, je n’en dirai pas plus, mais autant dire qu’ils ne sont pas prêts de revenir de sitôt !

Mais maintenant… Je m’ennuie, je l’avoue. Je n’ai pas pris de nouvelles des autres nations…

« La Reine de Brâkmar, décédée… Suite à un dard ? »

Je n’avais pas vu cet article dans le journal. Mais oui. C’est son mari qui prend les rênes de la nation des démons. Dans quel état il doit être… Et puis bon, j’en ai assez fait.

Le lendemain, je me réveille pendant la nuit. Quelque chose me turlupine. Et s’il avait besoin de moi ? Je rouvre mon coffret. Il me reste des bouteilles de somnifère. Je prends un bateau vers la mi-journée et décide de me rendre jusqu’aux terres Brâkmariennes… Avec leur horrible odeur de soufre. J’arrive à Mâcheville, la ville résidentielle de la famille de Gulia. Et où maintenant, sur le trône, doit se trouver le roi de la nation… Hugo de Gulia. Un Zobal qui s’était marié à une Osamodette, Esmène, alors qu’ils n’étaient âgés que de seize ans*. Ils auraient eu une descendance, mais on ne sait rien d’elle. Ce sont des femmes, que l’on n’a jamais retrouvées. Ni nom, ni nombre d’enfants. On ne sait que néant, presque !**

Mais là n’est pas le sujet. Revoir une nation emplie de gardes me fait tout drôle comparé à cette tranquille Sufokia. Je demande l’accès au château, et montrant mon certificat de gouverneur de nation, ils me laissent passer, avant de me chuchoter.

« Attention, le roi est… Instable ces derniers temps. On l’a notamment retrouvé dans la chambre de sa défunte femme en train de pleurer et avec des brûlures sur les bras. On ignore d’où elles sortent, à moins qu’il ne soit allé aux volcans de Sidimote sans nous prévenir… »

Bizarre.

J’arrive dans un couloir, que les cuisiniers traversent, essoufflés.

« Est-ce que le nom d’Esmène de Gulia vous dit quelque chose, messieurs ? »

Ils se retournent, certains hurlent.

« Pitié ! Elle nous a fait tant travailler, même pendant la nuit, parce qu’elle ne songeait qu’à manger ! »

Je pose alors la question qui allait les fâcher (ou dont je pensais qu’elle allait les fâcher).

« De quoi est-elle morte ? »

Finalement, c’est une voix toute timide qui me répond. Un petit chef, dont l’âge semble si maigre et dont la face était enfantine.

« C’est les démons… Qui l’ont tuée… C’était un monstre ! »

Et ils s’enfuient. Il est grand temps que je parle au roi de Brâkmar, et vite. Après, je pourrai me reposer…

J’arrive à la chambre, je toque. J’entends des sanglots à travers la porte, la poignée craque et tourne, et je le vois… En effet ses bras sont rouges, et certains sont méchamment marqués. Il me cache son visage (ou plutôt son masque) et me demande de rentrer. On discute, mais difficilement. Je peine à comprendre ce qu’il me raconte dans ses sanglots.

À ce que j’ai compris, il est tombé en dépression après la mort de sa femme, dont il se considère comme coupable.

« J'ai cru comprendre ce qui s'était passé, un démon s'est emparé de votre femme et en voulant le blesser, vous n'avez pas pu la louper ? »

Il acquiesce, étouffe une autre larme.

« On va dire ça, mais je n'en dors plus depuis. Son fantôme vient me hanter chaque nuit. À chaque fois elle revient, elle dit que c’est de ma faute, et que je l’ai fait exprès. Alors que non, je voulais la blesser. Juste la blesser ! Pas la tuer ! »

Une idée me vient alors en tête.

Je vais lui accorder le repos éternel.

« Mon pauvre seigneur... Vous devriez essayer cette potion, ainsi, ce fantôme ne vous fera plus jamais de mal et vous pourrez dormir en paix. »

Je lui donne la potion entre ses mains. C’est le seul moyen pour rejoindre sa femme. Mais il ne ressentira plus aucune culpabilité.

« Je suis sûre que si je soulevais votre masque, je verrais de très grosses cernes. Et vous n’avez pas l’air en forme non plus. Buvez donc ce petit médicament, vous dormirez bien mieux… »

Il ouvre la bouteille, la renifle un peu. J’ignore s’il sourit, je ne le vois pas.

« Je crois que je n’ai pas autre chose à faire… »

Mais alors qu’il allait la boire, la porte s’ouvre brusquement et deux filles apparaissent. Une disciple d’Ecaflip, habillée de blanc et aux cheveux bleus pâles et… Jiva, la protectrice de Javian, la Vaillante, la fondatrice de Bonta, la cité des anges.

Je sens XI s’affoler.

« Qu’est-ce qu’elle fait ici, celle-là ? Elle va tout gâcher, laissez ce roi se soigner ! »

Jiva entre dans le corps de la jeune fille sous nos yeux. L’Ecaflipette se jette alors sur le roi et lui arrache la potion des mains. Elle avait la lance de glace dans son autre main.

« Ne buvez pas ce poison ! Cette fille est elle aussi, une démone ! Regardez son âme dans ses yeux ! Elle n'est qu'une paresseuse, elle a empoisonné toute sa nation pour assouvir sa faim de paix ! »

Je suis coincée. XI prend mon contrôle d’un coup, cette fois sans me prévenir, visiblement pour lui parler en son nom. De son côté, le roi semble perdu.

« Que se passe-t-il à la fin ? D'abord Esmène, maintenant, cette fillette ? »

Fillette… J’ai juste la moitié de ton âge…***

« Tu sais que tu t'adresses à la souveraine de Sufokia en personne. Si tu veux vraiment te débarrasser de ta conscience, bois cette potion. Tu rejoindras sans aucun mal, sans aucune goutte de sang qui coulera, ta femme. Quoique... »

La lance se jette sur moi, prête à me transpercer. Jiva aura beau dire qu’elle se déplace à la vitesse de l’esprit, mais ce sera insuffisant.

J’ai visiblement parlé trop vite. Mon dos est atteint, juste dans son creux. Mais elle ne m’a pas tuée. En revanche, je suis bien blessée. Jiva est très puissante.

« Si Xélor l’avait nommée protectrice de Javian après Solar, ce n’était pas pour rien… »

Même XI aurait peur de Jiva ? Oh non…

Je me relève, je suis une battante, mais Jiva vient vite, me remet debout, puis pose son index sur ma poitrine. Il est froid. Comme le givre. Tout mon corps semble se congeler de l’intérieur. C’est horrible. Je ne sens plus ma chaleur, Jiva est en train de l’éteindre petit à petit, tout en parlant.

« Paresseuse, la glace te fera dormir tout le temps que tu voudras. Mais personne ne saura te le décongeler. »

J’ai juste le temps de sentir XI sortir de mon corps et de la maudire.

« Jiva, arrête donc de semer la zizanie chez nous. Tu cherches à te débarrasser de nous sans savoir nos véritables intentions. Tu viens de battre cette pauvre petite fille qui ne désirait que la paix dans le monde. Je n'en dirai pas plus. »

J’ai juste le temps de voir mon flacon se briser, lâché par un roi Brâkmarien désabusé. Je perds conscience… Je viens de perdre la bataille…

… Mais pas la guerre.

(À suivre ?)

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* Il faut savoir que les mariages nobles sont souvent arrangés et se font très tôt. Donc ne vous étonnez pas d'un âge si peu élevé!
** Je suis en train de bosser sur cette descendance, on ne le saura que très tard. (NdA)
*** Hugo a 30 ans dans la fiction, Carolina a 15 ans pour rappel. Et 15 fois 2, ça fait 30.

Tokina Japona
 
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Score : 232

J'adore toute cette histoire ! A quand le prochain chapitre ?

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Score : 3680
L'heure a sonné, l'heure a sonné!

Ma chère Hatsumia, le prochain chapitre sera le dernier. Ceux qui ont lu l'histoire de Sacris, forcément, ça va leur raconter quelque chose. Mais croyez-moi, du point de vue d'un personnage à celui d'un autre, l'histoire au final est bien différente. Il y a les sentiments propres à chaque personnage.

Si vous avez des questions sur mon univers c'est par Ankabox, sur un sujet d'une de mes fictions (comme celui-là par exemple), et j'y répondrai dans mon prochain post. Vous avez aussi les contacts externes (formulaire de blog, Twitwi pour ceux qui me suivent etc).

Comme vous le savez, les sept premières fictions que je fais se regroupent au même endroit (OK y'en aura que 6 d'elles ici, je suis au courant)... Enfin... Vraiment au même endroit?

(Bah non je vous raconte pas deux fois la même chose!)

Chapitre 7, dernier qui clôturera cette tragédie... Paresseuse. Si, si, ne nous gênons pas.
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7) Un repos éternel…

Après ce coup glacial de la part de la protectrice de Javian en personne, je me réveille enfin. L’air semble lourd… Est-ce ça, la mort ? Arriver dans une atmosphère pesante, rougeâtre ? Et surtout… Avec des démons partout ? Je m’assois sur le bord d’un îlot. J’entends un souffle derrière mon dos, faisant légèrement balancer mes cheveux. Je me retourne, je vois cette silhouette qui me semble si familière…

La démone de la onzième heure, XI.

« Je suis tellement désolée… »

Pourquoi voudrait-elle s’excuser ? Je ne comprends plus ce qui se passe. Assassinée par Jiva qui m’a congelé le cœur, et maintenant… J’entends une autre voix, d’une autre nature. Celle d’une mortelle… Enfin… Une autre disciple du monde des Douze… Une voix plutôt mature. Je me retourne.

C’est une autre femme comme moi. Et elle m’a l’air familière… Mais… Oui, ça y est, je la reconnais !

« C’est pas possible… C’est vous, la reine de Brâkmar… »

Une femme dont la couleur de peau était la même que celle de l’étendard de sa nation.

« Oui. On peut dire ça comme ça. Et tu dois être là pour la même raison que toutes les autres… »

Quelles autres ?

« Nous sommes sept à attendre leur jugement… »

J’entends XI gémir.

« Et je ferai partie des juges. »

Elle disparaît, emmenée par une autre démone. Et je suis alors Esmène, reine déchue de la cité des démons, vers le reste du groupe. Cinq autres femmes, une très âgée, les autres assez jeunes comme moi. Enfin, un peu plus*. Et surtout l’une d’elles qui serre fort le poing et qui s’est éloignée du reste du groupe. Comme une sorte de…

Une ermite.**

Qu’a-t-elle donc à être en colère ?

Nous attendons dans le silence. La femme qui s’était écartée de nous serait jugée en dernier, j’ignore pourquoi. Avant que je ne passe, trois autres filles sont allées connaître leur destin, une Sramette, Esmène et une autre Sadidette (dont je pense qu’elle était souveraine d’Amakna, la fameuse Florie). Puis, c’est mon tour.

XI m’attend. Je lis la culpabilité sur son visage. Les juges sont sept contre moi.

Et le pire, c’est le chef de cette assemblée. Le Seigneur Démon. La totale…

« Paresseuse… »

Alors qu’il allait me donner un coup, XI s’est mise devant lui pour l’arrêter.

« Ce n’est pas ainsi que nous jugerons toutes les autres, vous avez fait pareil avec les trois premières pêcheuses ! Mais vous ne le ferez pas pour ma protégée ! »

Rushu la saisit de sa poigne, il ouvre grand sa bouche qui laisse deviner une fournaise.

« Imbécile ! Tu n’es qu’une sombre imbécile ! Pourquoi est-ce qu’on a pris en cible ces gamines mortelles ? Nous l’avons fait parce que cela faisait partie de nos plans, crétine ! »

XI s’échappe et revient finalement à sa place. Allons, qu’est-ce qui va se passer ? Que va-t-il me faire à présent ? Et XI ? Aurait-elle été manipulée ?

Je sors alors mon pipeau. Il est hors de question que quelqu’un s’affole. Mais cette fois, le plan tourne mal. Rushu s’empare de mon instrument, et alors qu’il s’apprêtait à le détruire, le pipeau lui fuit des mains et XI le récupère.

« Cette chose m’appartient, de toute façon. »

Je ne comprends plus rien.

Je vois le courroux de Rushu d’ici. Pitié, faites qu’il se calme…

Après une joute verbale, il finit par se retourner vers moi.

« Dégage d’ici, vermine ! »

Je m’enfuis. XI veut me retenir, mais je ferais mieux de ne pas rester ici. J’en ai assez vu. Chaque pas est pénible, chaque fois que je pose un pied sur la roche de cet endroit, je ressens une insupportable de douleur.

Quelques heures plus tard, les auditoires sont terminés. J’entends une voix qui crie une sorte de malédiction. Puis un cri. Et je vois un éclair aller dans mes yeux. Je me sens plus légère… C’est étrange. Comme… Libérée…

Enfin je suis libre de penser…

J’entends à peine des malédictions se lancer. Mais je n’ai pas envie de lancer la mienne à voix haute.

Chers Douziens, vous mortels, vous n’aurez pas toujours envie de faire quoi que ce soit, et qu’y a-t-il de plus plaisant que de s’accorder un repos éternel pour échapper à la dure vie que nous subissons ?

Vous serez comme moi je l’ai été, dotés du pouvoir de la paresse. Parce que les mortels n’auront pas toujours envie de travailler. Ils voudront repousser une tâche le jour au lendemain. Mieux vaut se détendre que se bagarrer.

C’est mon vœu d’acédie***, de Carolina de Acedina, défunte souveraine de Sufokia, la nation la plus reposante du monde des Douze. Je vous endormirai de mon pipeau pour vous plonger dans des rêves aussi joyeux les uns les autres, que vous ne vous en sortirez jamais.****

(Fin)


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* En fait Carolina est la plus jeune du groupe.
** C'est Nathalie, ou Sacris (plus de détails dans La Colère de Sacris).
*** Mot vieilli pour "paresse".
**** Pensées de Carolina. Les pensées, pour ceux qui n'auraient pas bien compris, représentent souvent les pensées du personnage duquel on voit le point de vue avec la fiction.

Voilà, sur ce je mets le titre de ce topic en "fini", et je revois dans quelques jours pour la gourmandise. Vu qu'on a parlé des Gulia, autant continuer avec eux. wink

"La Sramette tragique : jamais je ne vous lâcherai !"

Tokina Japona
 
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