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La Colère de Sacris (fiction MMO - 8 chapitres, finie)

Par Tokina-chan 27 Octobre 2014 - 11:47:36
Maljour à tous!

Je sais que pour moi c'est une grande première, mais je commence quelques fictions... Sur le forum!

Je sais pour ce que j'avais déjà écrit il y a quelques années des personnes IRL m'avaient encouragée à faire éditer ce que j'écrivais, je n'ai pas encore voulu. Et je fais là donc une fiction qui rappellera peut-être certaines choses pour quelques gens, mais inédite par rapport à ce qu'ils auraient pu lire.

Contexte : on est en 972. Sacris est une disciple de Sacrieur qui s'est donnée la mission d'éliminer tout mauvais comportement du monde des Douze.

Les "*" vous indiquent que vous devrez aller en bas du post pour lire l'annotation.

Voici son histoire (elle s'étendra sur plusieurs chapitres).

La Colère de Sacris
1) Prélude

Je m’appelle Nathalie. Je suis née le premier Martalo 954, et je me suis convertie à la déesse Sacrieur. Durant toute mon enfance et mon adolescence, je me suis rendue compte que notre monde n’était qu’un tissu de mensonges, de tromperies et autres sournoiseries des gens qui nous entouraient. Rien ne semblait réel, et pourtant… Jusqu’au jour où j’ai décidé de percer la vérité…

Cela fait maintenant plus de six années que j’ai quitté ma Mâcheville natale. Ses Kralamours, ses Kaskarmoules et ce pêcheur assis sans arrêt en tentant d’attraper un pichon avec des arêtes… Mâcheville est une ville particulière, j’imagine qu’en mon absence elle n’a point changé, on entend quelquefois en fond une douce mélodie de flûte, et des tambours en s’approchant de la salle des fêtes, tout au Nord-Ouest de la ville. Et surtout, cet air, légèrement soufré. Je me souviens encore des étrangers qui devaient se jeter aux cabinets à cause d’un fumet auquel ils n’étaient point habitués. À mes douze ans, j’ai décidé de commencer ma propre quête, délaissant cette ville singulière à sa souveraine disciple d’Osamodas*, à l’époque encore seule. Maintenant, elle est mariée. Je me renseigne, même s’il est plutôt difficile de se procurer des informations là où je suis. Mais j’ai quand même besoin d’observer ce monde d’un œil extérieur.

Je vis à Bilbyza, je me suis exilée. Je suis d’une autre famille noble que celle qui gouverne Brâkmar**, alors il n’y a aucune raison que je reste si les disputes doivent recommencer un jour ou l’autre, pour une querelle de pouvoir. Je ne recherche pas la puissance de gouverner sur un monde. Je préfère observer. Les créatures de cette île m’ont toujours accueillie comme il le fallait. Le seul problème, c’est la tendance de certains à exagérer des fêtes. Je sais qu’il y a deux gouverneurs sur cette île***, chacun de leur côté. La Bilbyqueen, la nouvelle qui est arrivée il y a à peine quelques siècles, et le roi Gelax, la légendaire gelée moustachue couronnée, cachée dans sa dimension Gelax. La légende dit qu’autrefois une gelée spéciale, appelée Multigely, avait été interdite à la vente car tous ses consommateurs disparaissaient mystérieusement… En fait, ils se retrouvaient juste dans cette dimension faite que de glucides et de gelée parfumée.

Les parfums sont si délicieux, je mange un peu de sucre chaque jour, depuis six ans. Je suis habituée à ce goût frais qu’a la menthe, le sucre caché dans la framboise, l’acidité et l’amertume du citron et enfin la douceur de la fraise. Une grande partie de l’île n’est faite que de gelée, et je m’amuse à en lécher quelques recoins pour me nourrir. Pour l’eau, j’ai de quoi pimenter le tout, le sel de l’océan. J’ai bien vécu, et je continue même !

Mais ce jour-là, tout a basculé. En me baladant comme à mes habitudes pour me nourrir (aujourd’hui le citron est au menu, j’aime beaucoup ces gelées-là), je suis alors descendue au niveau de la Sainte Pièce, afin de voir si quelques gelées pouvaient m’intéresser… Mais j’ai trouvé autre chose à la place, de bien plus effrayant. Un couteau fiché dans le sable.

Curieuse, j’ai décidé de le saisir. La lame a l’air ancienne, brillant à sa pointe. Je sens alors une énergie résonner tout le long de l’arme, que je lâche. Le ciel s’obscurcit, les nuages tournent au-dessus de moi, des flammes commencent à envahir la lame du couteau. Un énorme démon sort, rugissant et tournoyant, la barbe couleur de feu s’enroulant autour de lui. Je vois des cornes sur la tête, puis il se tourne vers moi et me pointe du doigt. En l’observant mieux, je constate alors que je suis devant un des démons les plus importants ; pour cause il se décline et dit être Rushu, le seigneur démon. Je n’ai jamais pu penser qu’il pourrait arriver dans le monde des Douze.

Comment a-t-il fait pour se sceller dans une arme aussi petite, puis que cette dernière soit tombée pile sur cette plage ?

Il me fixe droit dans les yeux et me lance un ordre : « Prends ce couteau et venge-toi sur les autres. Ta mission : te débarrasser des péchés des autres personnes. Et te venger ! ».

Rushu a lu dans mes pensées. Pourquoi ai-je quitté Mâcheville, mon village natal ? À cause de la mentalité des gens. Certains agressent n’importe quel étranger dès qu’un bateau arrive, pour défendre le territoire. Surtout contre les Riktus. « Les destructeurs de nations ». C’est comme cela que le peuple les appelle. Pour satisfaire leurs volontés, ils se doivent de détruire celles des autres. Ce sont les bêtes noires de beaucoup plus de monde que ne puisse l’être un étranger pour un membre de nation.

Sans compter les bagarres incessantes. Je n’ai jamais retrouvé ni mon père ni ma mère. Ils sont partis arranger une affaire dans Brâkmar, un crime violent. Ils ont retrouvé le coupable, mais ils ne sont jamais revenus. Le lendemain, des gardes viennent de me voir et m’annoncent que je ne les reverrai plus jamais, même si le criminel avait été écroué.

Les gens… Ils me rendent malade.

J’accepte la mission de Rushu. Il est temps que le monde paie pour leurs crimes. Alors, le seigneur rentra dans le couteau, que je saisis, puis je commence à sentir une énergie incandescente envahir tout mon corps, telle une potion de vigueur. Je sens mes poings se resserrer, ma rage s’accroître, mon esprit se déterminer, ma force augmenter. Je ne serai plus la petite Nathalie que les gens de Mâcheville connaissaient. Je suis une femme maintenant, mûre, et bien décidée de venger l’honneur de ce monde de mortels.

Je retourne alors plus haut, en léchouillant quelques gelées citron au passage en y laissant quelques empreintes dentaires (je n’ai pas mangé depuis un bout de temps, je me rattrape un peu). Je vois ces Bilbyboys en train de faire la fête. Encore. Avec des plats (les plus immondes d’ailleurs) comme festin. Je reconnais alors un péché. La gourmandise. Tellement de sauces, de tout et n’importe quoi, et les connaissant, ils mangent sans arrêt. Je m’étonne même de les voir aussi maigrichons ! Une force s’empare de moi, mon couteau se lève, laissant gésir ces créatures humanoïdes à terre. Je récupère leurs habits constitués de gelées, que je range dans un sac, histoire de les manger plus tard, puis je fais disparaître les corps. La vengeance a sonné.

Il me faut trouver une autre identité néanmoins. Je ne peux point rester « Nathalie » éternellement. Que suis-je ? Une vengeresse, une disciple de Sacrieur. Prête à se sacrifier pour venger le monde. La Némésis**** de Sacrieur. Sacris. Tel sera mon nom désormais.

Je suis celle qui sanctionne. Celle qui renvoie en enfer les péchés afin qu’ils n’apparaissent plus sur le monde des Douze. Je suis la Vengeresse, l’avide de vengeance et de justice.

(À suivre…)

___________________________
* Ceux qui connaissent un peu l'histoire totale savent de qui je veux parler, sinon je le dis, il s'agit en fait d'Esmène, qui commettra un autre péché, celui de la gourmandise.
** Nathalie est de la famille Iria, celle gouvernant Brâkmar étant les Gulia (se prononce "goulia"). Même si je suis au courant qu'en MMO le gouverneur n'est pas d'une famille royale, dans ma fiction c'est le cas.
*** Nathalie ne considérant pas le membre de clan de Bilbyza comme étant un "gouverneur" de l'île.
**** Dans la mythologie grecque, Némésis est la déesse de la vengeance, punissant l'hybris (la démesure).


Tokina Japona
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la suite la suitebiggrin 

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cleophe : Merci pour ton message, et voilà comme tu le demandes, la suite de l'histoire! biggrin

Bon Halouine au passage chers Douziens.

Sacris a puni les habitants de Bilbyza péchant par la gourmandise. Mais cela n'est pas le seul crime à exister dans le monde des Douze...

2) Le corbeau

Je sais que je ne suis point isolée dans le monde des Douze. Il y a tellement d’îles à explorer, de nations à surveiller, de petits nouveaux incarnés à accueillir dans la cité mercenaire…

Cependant, il me reste quelque chose en tête, comme si elle me démangeait. Les crimes capitaux, il y en a tant d’autres*. Donc beaucoup plus de personnes à sanctionner avant qu’elles ne se retrouvent le jour du jugement dernier, pour voir comment elles seront réincarnées**.

Je regarde la carte que j’ai tracée sur de la peau de Bouftou lorsque j’étais plus jeune. Je suis actuellement à Bilbyza. J’ai modifié quelques traits chaque mois, pour la découverte de nouvelles îles entre autres, ce qui fait qu’elle est un peu embrouillée maintenant. Mais j’arrive cependant à me relire aisément. Je crois même que je suis la seule à pouvoir le faire… Quoique… J’en connais qui ont une pire écriture. C’est que dire. Comme certains Eniripsas que je ne citerai pas***.

Je décide de partir pour une autre île, Kelba. Il y a un bateau au quai de l’île, je le prends, je laisse trente kamas que j’ai réussi à avoir en tuant quelques gelées récalcitrantes ayant tué certains aventuriers passés par-là, probablement pour des vacances. Mais je ne suis pas venue pour cela. Je suis arrivée en exil. C’est différent. Et vu ce que j’entends du côté de Brâkmar, cette mystérieuse maladie****… Je préfère rester à l’écart.

Je me renseigne entre temps dans la bibliothèque du bateau sur ce qu’était devenue Kelba. En effet l’île a longtemps été gardée par des Riktus, de la famille des Brigandhi*****. Ils ne cherchent que destruction, pillage et terreur. Maintenant, certains habitants de l’île ont réussi à les repousser (mais qu’un peu, hélas) pour éviter qu’ils ne prédominent trop. Normalement, lorsque j’arriverai à destination, je devrais en voir moins qu’il y a quelques années. Ensuite, je m’intéresse aux activités. Kelba est la seule île (hormis archipels et Astrub, la ville mercenaire) à posséder un hôtel de vente.

Kelba est devenue une île marchande, et cela ne m’étonnerait pas que certains abusent du système pour pouvoir se faire une belle bourse de kamas, qu’ils n’oseraient pas dépenser. À qui pense-je en particulier ? Aux Enutrofs, dont beaucoup refusent que l’on touche ne serait-ce qu’un pauvre petit kama qui servirait de réduction dans une braderie.

Au bout de quelques jours, j’arrive enfin. Je regarde le couteau que j’ai ramassé l’autre jour. Aucune aura, rien, il est en plein sommeil. Je le range et m’engouffre dans cette île qu’est Kelba.

Le ciel est gris, la pluie ne saurait tarder. Mais je ressens une force plutôt étrange, forte, tournoyant dans les airs. Elle est différente de celle de Rushu, elle semble plus provenir du nord de l’île. Une énergie venteuse et plumée… Et surtout… Sombre. Je m’approche et observe les gens, habillée d’une capuche que j’utilisais pour me cacher dans Brâkmar l’année de mon exil. Je reste attentive aussi bien au regard des gens qu’à leurs paroles. Bizarrement, les hôtels de vente sont très pauvres. L’île est à moitié déserte par rapport à ce que l’on m’a raconté dans le livre. Quelque chose a changé. Serait-ce dû à cette énergie étrange que j’ai ressentie plus tôt ? Le mystère reste complet.

Curieuse, je décide de m’approcher davantage de la source de ce vent. J’entends encore les discours des autres marchands, baissant leurs prix, prêts à tout pour recevoir la moindre petite pièce. Impitoyables entre eux, ils n’hésitent même pas à envoyer des espions pour voler des marchandises et pouvoir les reprendre. Les kamas, c’est ce qui fait tourner le monde. Malheureusement. Et bon nombre savent comment l’avarice peut se développer dans de pareilles conditions. Je réussis à déchiffrer dans leurs pensées les plus intimes, une phrase commune.

« Ce qui est à toi est à moi, ce qui est à moi est à moi. »

C’est tout bonnement odieux. Les cris des marchands finissent par attirer quelque chose dans le ciel, faisant tournoyer les feuilles des arbres dans un gigantesque ouragan, décoré par de longues plumes noires. Un rire sinistre retentit. Je vois une créature, sur un engin volant faisant de plusieurs plumes, armé d’un canon à corbacs.

Aucun doute, selon la légende, il s’agit du célébrissime corbeau noir. Personne ne sait d’où il sort, mais il serait le nouveau fléau de l’île et des marchands.

Serait-il là pour punir ces marchands, à moitié sans foi ni loi ?

Je m’avance, il me regarde d’un air hautain, me demandant de le craindre. Mais je n’ai pas peur. Finalement, il fonce vers moi. Je sors mon couteau et inflige un coup à cette créature des ténèbres.

« Arrière, qu’as-tu donc ? »

Il atterrit devant moi. Je pointe encore mon couteau dans sa direction. Il s’arrête. Je le fixe de mon regard.

« Je tuerai tous les gens qui commettront des péchés dans ce monde. »

Il me répond alors en éclatant d’un rire sinistre sous son masque de corbac au bec affilé.

« Tu n’en auras donc pas fini. »

Je lui montre alors les commerçants.

« À commencer par les avaricieux qui doivent se cacher en ces terres… »

Il me regarde de nouveau. J’ai l’impression qu’il ne me croit pas. Pour lui, je ne suis qu’une jeune disciple de Sacrieur. Mais il ignore qui est avec moi, qui me soutient, que je commence de nouveau à ressentir. Son esprit résonne en moi. Soudain, je vois cette terreur reculer, comme effrayé. Il se met alors à me montrer du doigt, comme pour me montrer quelque chose.

Aucun doute, quelque chose lui fait peur. Assez rare pour quelqu’un cherchant à effrayer toute une île******.

« Petite, regarde derrière toi !
- Quoi, voudrais-tu me tromper ?
- Le seigneur démon… »

Je me retourne. Je vois son aura m’envahir. Je me sens plus forte, plus déterminée que jamais. Il est temps que j’explique au corbeau noir qui je suis réellement.

« Je suis lui et il est moi. Je suis Sacris, celle qui sanctionne les fautes. Je ne pardonnerai jamais. Je te laisse, tu ne sembles rien n’avoir fait qui puisse troubler l’équilibre… Tes victimes, en revanche, sont souillées d’un mal dont je vais me débarrasser. »

L’avarice.

Je repars alors dans le sens opposé de ma provenance, je sors mon couteau. Je ressens toujours cette force démoniaque coulant dans mes veines. Je me demande comment ces marchands vont réagir… S’ils voient tout leur butin partir en fumée dans les flammes infernales ?

Je sens alors que le seigneur démon Rushu veut prendre possession de mon corps comme pour appliquer la sentence. Lui et moi ne formons plus qu’un seul désormais. J’étends ma main sur tout mon passage, les échoppes s’enflamment une à une. Je pars, laissant le corbeau noir sur place, afin qu’il comprenne réellement de quoi je suis capable. Je m’adresse ensuite aux commerçants.

« On se reverra dans la Shukrute, pécheur rongé par l’avarice. Ta peur de la perte aura causé la tienne. »

Je ne pardonne pas. J’appliquerai chaque sentence, jusqu’à la venue des pécheurs dans un enfer gouverné par les flammes démoniaques.

(À suivre…)

________________________________

* Ils sont au nombre de 7 : avarice, luxure, acédie (paresse), orgueil, gourmandise, envie et colère.
** Référence à la mythologie hindou : la réincarnation dépend des actes commis par l'âme dans sa vie passée. Selon les actes commis, la réincarnation de cette personne sera dans une telle caste.
*** Il s'agit en fait d'un clin d’œil à la vie réelle, lorsque les médecins écrivent très mal.
**** Ceux qui connaissent l'histoire savent de quoi je parle, sinon j'explique : il s'agit d'une maladie rendant les gens atteints boulimiques jusqu'à ce qu'ils tombent poussière.
***** Référence à la bêta où pour aller à Kelba, il fallait vaincre un brigand.
****** Référence à la série Wakfu : le Corbeau Noir n'est autre que Kabrok l'Osamodas. Sauf qu'en 972 personne ne le sait !

Tokina Japona
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bien continue j adore cette fict

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Eh ben, ça a l'air pas mal du tout comme début ! ^^

Ton histoire est intéressante, et c'est cool de voir des références au jeu, et à la série ! Je trouve que Sacris est un peu sombre, même énigmatique malgré les informations qu'on a d'elle...
Et je me demande quelles sont les véritables intentions de Rushu !

Fait attention quand même, parfois tu répètes tes idées smile 

Bon c'tait juste un p'tit com pour dire que ta fiction me plait, et que je t'ai à l'oeil maintenant ! TuT

--- Nim ---

P.S : au fait, cette histoire de sept péchés capitaux... Ça me rappelle un certain manga nommé shônen de l'année *sbarf*

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cleophe : Encore merci! ^^
Lunedeminuit : Merci! biggrin Pour être franche, Sacris est en effet une femme très mystérieuse qui ne révèle que le strict minimum sur elle j'ai envie de dire. L'histoire est en effet assez sombre également (c'est le genre d'histoires où je suis le plus à l'aise (tragédies)).

Pour les intentions de Rushu, ... Non, vous le saurez à la toute fin de l'histoire. Ce sera la surprise aussi bien pour Sacris que pour les lecteurs. Même si je me suis déjà dessinée le destin de chacun de mes personnages.

Pour les répétitions, c'est vrai que dans mes bouquins où je devais utiliser un langage plutôt pauvre ça allait, mais plus là. Je tente de faire attention. En même temps, ça sert aussi à réexpliquer certains passages.

Quant à la source d'inspiration, je vois de quel manga tu veux parler... Mais non. ^^ C'est en effet en rapport avec le Japon mais ce n'est pas un manga (tout du moins, pas en premier lieu).

Je suis désolée si j'espace mes temps d'écritures, je suis extrêmement chargée IRL également, j'ai dû même ralentir mes rythmes de publication de l'histoire en rapport avec ma fiction sur le blog.

Pour m'excuser, voilà le chapitre 3.

3) Mulous

Kelba est peut-être encore en train de subir l’incendie infernal. C’est la sanction pour tant de personnes avaricieuses désireuses de ce pouvoir que l’on nomme « richesse ». À quoi bon cela peut-il servir ? J’ignore même si ma famille est si riche que cela. Je suis exilée après tout, je n’en ai que faire !

J’ai presque oublié ce sentiment qu’éprouvent tous ces douziens entre eux, une émotion commune chez n’importe qui, même chez moi presque. J’ai l’impression toutefois que cette sorte de chaleur m’est étrangère. Comme si elle venait de quelqu’un d’autre.

Je me dirige vers la terre sacrée Sadida, respirant l’air pur procuré par les pouvoirs de ces arbres caractéristiques. Je m’engouffre dans les ténèbres forestières et je regarde le ciel. Certaines plantes sont entourées d’une légère lueur verte pâle. Je regarde une toile. Elle brille de la même façon. Je me demande pourquoi, avant de me rendre compte que des Araknes entourées de cette même lueur étaient les responsables de ces constructions hors de l’ordinaire.

J’entends soudainement des hurlements venant au loin, puis les bruits dégénérèrent pour reformer à l’écoute une bagarre. Ils se plaignent, ils aboient… Je me dirige vers la provenance de cette dispute… Des Mulous. Qui se guerroient pour un morceau de viande. C’est à qui sera le plus fort qui le mangera.

Je me mets à réfléchir, est-ce que ces animaux pensent vraiment comme nous ? Peuvent-ils vraiment commettre d’affreux crimes ? Après tout, ils se battent pour leur survie, s’ils agressent des gens, c’est pour le même but.

Néanmoins, j’ignore pourquoi, quelque chose chez eux me fascine. Je regarde jusqu’au plus profond de leur regard, et je m’aperçois que cette petite lueur brille. Est-elle de rage, de pitié ? En tout cas, je reconnais des sentiments chez ces Mulous. Cette dispute dure encore pendant quelque temps, je me retourne, j’en entends un sauter sur le morceau de viande, puis l’autre se jeter sur lui comme pour se venger.

Peut-on vraiment emmener des animaux en enfer ?

J’avance vers une pâle lueur verte, plus accueillante que celles que j’ai pu observer quelques instants plus tôt. Je vois finalement une énorme souche, tapissée de feuillages, puis, une sorte de caverne, plus sombre de l’intérieur. À côté, quelques gardes Sadidas.

« C’est vrai, ici c’est la forêt Sadida… »

Lorsque j’étais plus jeune, on me contait des histoires. Les Sadidas faisaient souvent des siestes. Tout du moins, c’est ce que les gens pensent. Je me rends compte de la réalité sous mes yeux. Des grognements proviennent de ce gigantesque trou qu’ils semblent « garder ». Quelque chose m’échappe.

« Ils se reposent tranquillement alors que le danger est juste derrière eux… »

Entre-temps, je réussis à percevoir les cris d’aventuriers, et une couleur rouge venant des yeux d’un Mulou. Une menace. Dire que ces gardes dorment alors que ce qu’ils sont censés garder, justement, est la partie la plus dangereuse de cette île sylvestre.

Je me souviens d’une définition. Acédie* : non volonté d’accomplir des tâches nécessaires. Sauver la vie des gens, était-ce nécessaire ? Il me semble que oui. Sinon, pourquoi les nations seraient-elles remplies de gardes aux moindres coins de rues ou de chemins ? Je ne comprends plus la raison de cette sieste, qui me semble alors une injustice, une insulte à la vie des aventuriers risquant leur peau derrière cette entrée ténébreuse.

Je sens encore une fois cette force m’envahir. J’entre d’un pas décidé dans la forêt à moitié gardée, puis je regarde tout autour de moi. On ne perçoit pas le ciel naturel, caché par d’innombrables feuillages, et j’entends des hurlements à glacer le sang de quelques êtres de ce monde. Je sens le mien bouillir, j’ignore encore pourquoi. Je croise une Muloune avec son bâton en train de prendre soin d’une lune géante et des aventuriers, trépassés, au sol. Je pense saisir l’histoire. Un plan m’est alors chuchoté à l’oreille. Me débarrasser de tous les pécheurs de ce monde. Je n’ai pas le choix.

Je me mets en chasse de la Muloune qui s’enfuit en ayant entendu le craquement de mes pas sur la terre humide, je sors mon couteau, la dépèce, et me revêts de sa peau. Je suis sur un territoire royal, je dois passer inaperçue. Les autres parleront juste d’un Mulou enragé. Mais je suis beaucoup plus que cela. Je suis celle qui sanctionne les fautes du vivant.

Je me sens complètement envahir. J’ai l’impression de ne plus être tout à fait moi-même, mais plutôt d’effectuer une sorte de symbiose… Des ailes noires me sont poussées dans le dos, je suis devenue une démone ne voulant que la justice dans le monde des Douze. Je sors de ce sombre endroit et retourne voir les gardes assoupis. La rage m’envahit. Je sais que Rushu est avec moi, il me parle et m’ordonne, je lui obéis afin d’accomplir ma mission.

Je ressors mon couteau et bondis telle une créature sauvage réveillée par les pouvoirs de cette gargantuesque lune sur les gardes Sadidas qui dormaient. Je les déchiquette et les laisse. Plus tard, on pourrait penser à une attaque de Mulous. Je suis la seule à connaître la vérité. Les autres me voient et me fuient.

Le Corbeau Noir aussi m’avait fuie à Kelba. Il a parlé du seigneur démon. Ce sont exactement les mêmes paroles qui ressortent de la bouche des gardes Sadidas. Je me retourne vers eux.

« Que se passe-t-il ? Bande de mauviettes, auriez-vous peur de moi ? »

Je n’ai pas dit cette phrase, enfin, pas précisément. Rushu l’a fait pour moi. Les gardes finissent par s’enfuir loin, probablement vers le château Sadida. Il ne me reste plus qu’une solution : m’enfuir d’ici.

Je me précipite vers le port le plus proche et jette ma peau de Muloune par-dessus bord. Je la vois couler dans l’eau salée en laissant échapper quelques fines bulles d’air. L’eau se colore en rouges par traînées, probablement des restes de sang sous la peau. Mais je n’en suis pas couverte, bizarrement. Le feu aurait-il tout brûlé sur ma peau ? C’est étrange. Le bateau part. J’ignore la direction, j’ai pris le premier qui venait, et j’ai payé mes trente kamas sans savoir sa destination.

« Justice soit faite. Repentez-vous, misérables mortels. »

(À suivre…)

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* Acédie = paresse. (vieilli)

Tokina Japona

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la suite j adore ta fict

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Merci encore pour les messages de soutien. ^^ Comme je disais je suis très chargée...

Pour ce chapitre, comme j'écris en parallèle l'histoire de Sacris sur un point de vue externe et plus global (là vous avez des détails inédits, bande de chanceux), j'annonce qu'à l'heure actuelle cette partie de fiction est celle du dernier chapitre sur le péché de la colère tapé sur mon blog. Le prochain ne devrait pas tarder si j'y arrive...

Je m'excuse pour l'attente, mais vous verrez cela vaut le coup, car non seulement les habitants du monde des Douze subissent ce fléau, mais quelque chose me dit que les dieux ne sont pas à l'abri non plus!

Si vous avez des questions sur l'univers de la fiction auxquelles je n'aurais pas répondu, posez-les, n'hésitez pas, vous avez un privilège par rapport à ce que je fais d'habitude quand même! biggrin

4) L’illusion Enutrof

Mon bateau me ramène à Bilbyza. Je découvre un livret avec une petite potion rouge à l’intérieur, le saisis et l’examine sous toutes ses coutures. Je décide de boire un peu le mélange contenu, et sens mon corps être transporté jusqu’au temple de l’Almanax de la ville d’Astrub. Bizarrement, les gens semblent bien agités ce matin. Le bruit court, comme quoi des femmes disparaissent après avoir été agressées par une mystérieuse assassine voilée. Tout d’abord, une jeune Eniripsa, puis une Sramette d’expérience très poussée, et enfin, une Crâtte d’une famille réputée*. Il y a quelque chose de louche. Mais j’entends finalement la voix de Rushu qui me demande d’aller voir les pécheurs ailleurs. Je décide d’aller vers un zaap et j’y passe 100 kamas pour me retrouver dans une dimension bien étrange…

Enutrosor. La dimension du dieu Enutrof. Le seul dieu que l’on devrait punir pour son avarice sans limites ! Pour un dragon, cela ne m’étonnerait qu’à moitié, ils ont tendance à amasser les richesses et à les garder. Comme ses disciples d’ailleurs… Ceux que l’on appelle « les vieux grippe-sous » !

Je suis certaine que ce dieu serait d’une fureur inimaginable envers moi, mais je ne suis pas là pour ses kamas. D’autant plus qu’en y regardant de plus, la plupart d’entre eux… Sont des faux ! S’il y a bien une chose qu’Enutrof déteste par-dessus tout (hormis peut-être de perdre ses biens), ce sont les faux. Et l’usage de faux.

Un des pires maux de la société ? Et peut-être serait-il lié à l’avarice ? Aucune idée, même si je pense que ces deux faits ne sont pas étrangers l’un de l’autre exactement…

Pourtant, Enutrof, qui est lui-même avare (comme les mortels à son image), déteste les faux kamas et les bannit de sa dimension. Le doute s’installe dans mon esprit et me trouble. Quant au sujet de tout cet or dans son univers… Enutrof ne cèderait aucun kama à qui que ce soit en effet. Même si on le lui rendait. Tel le dragon gardien de ses richesses.

« Encore prêter, on pourrait le comprendre. Mais le connaissant, il ne donne pas et ne prête pas non plus. À quoi bon… Le jour où il sera jugé si cela arrive, il rejoindra les enfers directement. »

Je sens encore cette énergie m’envahir, mais elle retombe tout aussitôt. Comment châtier un dieu ? Rushu aurait bien aimé cela aussi, j’en suis certaine. Je m’intéresse encore de plus près à la composition de ce lieu. Tout est doré, absolument tout. Mais ne dit-on pas que les apparences sont trompeuses ? Je saisis un kama, il s’agit d’un faux. J’apprends dans le passage que ces illusions seraient des douziens eux-mêmes, ayant dérobé des biens au dieu pour les remplacer par des faux afin qu’il ne se doute de rien. N’ont-ils pas honte ?

Douziens corrompus par l’avarice, un jour vous paierez de votre âme.

Je continue de chercher. Je vois des coffres animés, s’agitant dans tous les sens. Ils ont l’air de se regrouper près d’une gigantesque maison. Je décide d’entrer, espérant y voir quelqu’un, ne serait-ce qu’Enutrof. Mais personne. Je marche encore sur ces sentiers pourpres, à la recherche d’un éventuel mortel pécheur à sanctionner.

Je ressors, encore personne. Aucune âme dans les environs. Mon chemin ne s’arrête pas, telle une personne tourmentée, alors qu’elle est guidée par le maître infernal, jusqu’à tomber sur deux disciples… D’Enutrof. Je les regarde de loin et serre les dents. Une dispute pour un butin, y compris des kamas.

Autant les deux Mulous de la forêt Sadida m’ont donné un sentiment comme de pitié**, que là je ne le ressens pas du tout, bien au contraire, ma haine grandit. Il faut que j’intervienne, je suis cette justice qui les mènera au bout du sentier dans l’au-delà.

Je m’approche. La conversation tourne mal et la dispute empire.

« Ce ne sont que des kamas, et encore, sont-ils vrais ? Cette dimension n’est que tromperie ! »

Les deux hommes se retournent. Mon pouvoir coule dans mes veines, plus fort que jamais. On dirait que sa force croît à chaque acte de justice rendu. Puis soudain, une autre énergie, beaucoup plus forte, m’envahit toute entière, me retrouvant une fois de plus fusionnée au seigneur démon.

Allait-il enfin se venger du mal qu’on lui avait fait ?

Il s’arrête. Quelque chose le gêne, j’ignore quoi. Alors il souffle dans mon oreille.

« Tue-les. »

Pendant que je prépare mon couteau, il s’empare finalement de moi et la fusion se complète. Je vois les Enutrofs se retourner une nouvelle fois vers moi, et reculer… Comme tous les autres. De quoi ont-ils peur, tous, lorsque je suis là ? La justice les fait-ils trembler ainsi ?

Ils commencent à courir, avant de tomber sur le sol. Une flamme sort de ma main droite, puis une autre de ma main gauche. Je m’enflamme totalement, et délivre cette puissance incandescente sur les deux pécheurs. Ils retombent carbonisés sur le sol. Mes veines rougies par le feu noircissent de nouveau, tel le charbon qui se refroidit lentement.

« Avarice, colère, envie… On pourrait presque y retrouver les trois à la fois ! »

Cette phrase sort de ma bouche sans que j’y pense réellement***. Rushu a dû certainement la dire à ma place, avant de me laisser reprendre le contrôle sur mon enveloppe matérielle.

Je décide de sortir de la dimension, balançant une dernière phrase :

« Ton jugement viendra, Enutrof. Un jour… Et crois-moi, tu es plus proche de mes flammes que tu ne le penses ! »

Le portail se referme sur moi, je retourne de nouveau sur cette planète corrompue… Mais l’est-elle autant que cette dimension ?

Ne dit-on pas… L’argent est le meilleur avocat dans l’enfer de la Shukrute, cher Enutrof ? Et pour vous aussi… Chers douziens corrompus ?

(À suivre…)

_______________________________________________
* Causés par Priscilla, une disciple d'Osamodas possédée par le péché de l'envie.
** cf ch.3
*** Nathalie ne semblant pas au courant qu'elle commet elle-même le péché de la colère, et qu'elle ne doit pas le savoir pour le moment (je ne dis pas la suite).

Tokina Japona

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très bien la suite

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Et oui ça faisait longtemps. Les autres bossent leurs fictions sur la série Wakfu, moi celle de mon histoire à partir du MMO. Chacun ses goûts. Encore merci pour les petits messages. smile Les encouragements me font chaud au cœur. Et puis c'est vrai que la tragédie ne plaît pas forcément à tout le monde. Voilà, moi c'est mon domaine de prédilection depuis presque quatre ans, et là, le cinquième chapitre... On avance petit à petit vers le destin.

C'est quand même assez difficile de faire une fiction avec des éléments de la série quand cette histoire se passe 10 ans environ avant le dessin animé. Mais le jeu est toujours là pour nous aider! biggrin

J'ai publié un chapitre avec Nathalie sur mon blog pour la fiction "Les 7 Infernales" ("La Colère de Sacris" dérive de ça en fait). Donc là je l'ai refait, en version première personne et du point de vue de Nathalie.

Désolée si quelquefois je me répète... :x J'ai encore du mal avec ça.

[Pour les notes, voir "Les 7 Infernales" (sur mon blog). Suite au niveau de ce dernier, il ne peut être mis sur le forum. Je ne peux mettre que la fiction pour Nathalie pour le moment, je juge les autres un peu trop violentes. Peut-être un jour je ferai de même pour Carolina, la fille de la paresse ?]

5) Le temps passe si vite

Je rentre, déterminée, de la dimension d’Enutrosor. L’énergie est retombée. Je me sens un peu faible. Je regarde mes bras, je tente de découvrir ce qu’ils ont particulier en ce moment. Je m’engouffre dans Astrub. J’ai une étrange sensation. Les gens me regardent, mais leur regard… Qu’ont-ils ? Pourquoi cette peur lisible sur leur visage ? Est-ce moi qu’ils regardent ?

Je ne sais pas exactement de quoi ils sont effrayés. J’ai d’abord pensé que c’est parce que j’en ai puni quelques uns. Mais j’entends leurs cris, leurs complaintes, leurs pleurs, leurs avertissements.

« Regarde-toi petite ! Attention aux démons, ils commencent à prendre possession de toi ! »

Si seulement ils savaient…

Comment le voient-ils ? Je les regarde et essaie de percer ce qu’ils veulent me dire. Quel est leur message ? De quoi veulent-ils m’avertir ? Je me dirige vers le centre de la ville, vers l’hôtel de vente. Mais je n’entends pas de criée générale comme cela se fait à Brâkmar. Des cris surgissent, à la fois d’effroi et de colère. Le monde est complètement désordonné.

Sufokia connaît la paralysie parmi ses habitants, refusant de travailler.*

Brâkmar est envahie par la famine et la maladie.**

Amakna est gouvernée par une jeune fille tyrannique qui met à feu et à sang sa nation.***

Bonta connaît les plus grands vols de son histoire, et bizarrement, les Roublards ne sont pas fautifs.****

Sans compter Astrub elle-même, et ses mystérieux meurtres près de la boutique de tailleur.*****

Je ne comprends rien. Pourquoi ? Je décide d’aller voir la boutique, mais quelque chose me retient. J’ignore la raison. Mais cette chose me demande de m’en éloigner. Et si jamais…

Je dois rentrer pour voir ce qui se passe.

Une fois arrivée dans ma nation, je ne reconnais plus rien. Tout a changé durant mon absence, même l’herbe sur laquelle je marche semble malade, comme si tout son flux vital lui avait été pompé. Le ciel est sombre, des gens sont étalés à terre. La maladie sans doute. Ou la famine. L’une des deux.

Au départ, je pense que cela pourrait être suite aux attaques de Brumaire au mois de Novamaire. Mais cette fois, cela semble bien différent. Brumaire va en effet jusqu’à geler certains endroits, mais pas provoquer une telle catastrophe.

Mes pensées se mélangent, je ne sais plus quoi faire. J’ai l’impression de me retrouver dans un paysage post-apocalyptique. Mon départ était-il juste ? Est-ce ainsi depuis que je suis partie ? Je suis rongée par un sentiment de culpabilité. J’ai bien puni des mortels, mais j’ai l’impression que j’ai sanctionné des innocents. Quelle honte, cela ne peut pas être un noble comportement. Je me demande : ai-je vraiment eu raison de m’exiler ? Si c’est pour que ma nation subisse un tel sort durant mon absence. Je n’ai pas réussi à veiller sur elle. Pardon Brâkmar.

Je n’en peux plus, je sens les larmes monter jusque dans mes yeux. Je dois partir, je n’ai pas la force de rester ici et de tout contempler en restant les bras croisés. Je me jette sur le bateau d’Astrub pour ensuite aller à la foire du Trool. Peut-être que des sanctions vont pleuvoir…

Misérables mortels… Vous paierez vos crimes !

J’arrive finalement sur cette île de forains. Certains sont ignobles. Ils s’empiffrent près des stands, ils se disputent pour les prix des attractions et leurs récompenses… Je ne laisserai pas cela impuni. Je reprends des forces, je les envoie en enfer de mes mains, à l’aide des pouvoirs de Rushu, le seigneur démon. Des gens me regardent et me demandent de me débarrasser des démons me contrôlant, disant que j’ai d’énormes marques sur le corps.

« Vous ne comprenez pas. Ces marques signifient que je suis sur la bonne voie, celle d’amener la justice dans ce monde. Bientôt il n’existera plus aucun péché dans ce monde ! Plus aucun ! Nous vivrons tous heureux, et nous n’aurons plus à craindre quoi que ce soit. »

Je rentre, la nuit tombe, et comme il n’y a pas beaucoup de lampadaires, la lumière manque sévèrement. Je reviens à la cité mercenaire.

Je ne peux pas dormir dans la rue à cause des miliciens qui veillent suite aux crimes. Je ne les ai pas commis. Je ne fais pas de vêtements. Je suis juste une noble exilée qui a appris à se battre et à survivre avec des gelées sur Bilbyza. Ce n’est pas une question de dignité. Le souci ne se trouve pas là. Finalement, je trouve une auberge qui veut bien m’accueillir et je décide de me reposer dans une chambre.

Je me regarde dans le miroir. J’ai l’impression que mes tatouages se sont emparés de mon corps. À moins que… Et si les autres avaient raison ? Tout m’échappe. Je ne sais plus si ce que je fais est vraiment bon. Les questions s’accumulent, sans réponse réelle. Rushu m’entend.

« J'ignore si j'arriverai un jour à vaincre et à éradiquer tous les péchés de cette planète. J'ai l'impression que plus l'on avance et plus il y en a...

- Ce qui compte c'est de te débarrasser de ces crimes ! Ce que tu veux, c'est bien faire régner la justice oui ou non ?

- Je ne sais plus. Je me demande si je ne fais pas une grosse bêtise... »

Plus rien maintenant. Je me sens abandonnée à cet instant précis. J’entends un cri de rage. On m’attaque. Je me tiens à la poitrine, quelque chose tente de m’étrangler et de me transpercer. La douleur est intense et longue, si j’étais mourante, je pourrais même être en train d’agoniser.

Je ne tiens plus. Je finis par m’écrouler sur le lit. Je me sens affaiblie. C’est le noir complet.

Le lendemain, je me réveille. Je n’arrive plus à me souvenir de quelques détails. Notamment sur la discussion d’hier soir. Je me souviens juste de la douleur, qui me torture encore un peu. Je dois m’en aller. Mais je me regarde une nouvelle fois dans le miroir. J’ai de plus en plus de marques. Que signifient-elles ? Ma montée en puissance, ou autre chose ? Le mystère reste entier. J’enfile mes habits, je me dissimule en laissant une petite centaine de kamas pour l’auberge, et je repars dans la brume.

De toute façon… Nous sommes tous des insignifiants.

(À suivre)

___________________________________________
* Malédiction de la paresse : les habitants de Sufokia refusent d'aller travailler et préfèrent rester là où ils sont avant de s'endormir. Puis mourir d'épuisement.
** Malédiction de la gourmandise.
*** Amakna est gouvernée par une fille du nom de Florie de Superbira, possédée par le péché de l'orgueil. Cette fille ne se préoccupe que de son propre sort et ne souhaite qu'agrandir son pouvoir et celui de sa nation.
**** Bonta est dominée par des vols du nom d'une Enutrofette, possédée par le péché de l'avarice.
***** La mercière travaillant à la boutique en question est Priscilla Invitra, possédée par le péché de l'envie.

Tokina Japona


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la suite

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Désolée du retard, je voulais tellement le faire pour Noël.

Dites donc... Vous pensiez vraiment que c'est parce que nous sommes la veille de Noël que ça allait devenir une comédie? Hahahaha! Que nenni mes petiots! biggrin

J'avoue, c'est vrai que la fiction peut déplaire à certains parce que c'est une tragédie (je suis plus forte dans ce domaine, je suis presque nulle en comédie).

Bonnes fêtes!

6) Déchirante douleur

Ma poitrine meurtrie me force quelquefois à m’arrêter dans ma course, j’ai eu tellement mal l’autre jour… Pourquoi ? Était-ce vraiment nécessaire ?

Je marche, sans regarder mes pas exactement. Je prends un bateau gratuitement, je me dirige sans réflexion vers cette porte enneigée. Je l’ouvre et je regarde. La foule noyait la neige et je vois un tonneau, dans lequel se cache un homme. Le Père Nowel lui-même. Je réussis à déballer plusieurs cadeaux ambulants, à carboniser des rennes… Jusqu’à récupérer les quatre morceaux de cet uniforme rouge si familier aux enfants.

Je vois cet homme s’enfuir jusque chez lui. Je m’introduis dans l’atelier qu’il m’a demandé de vérifier. Un disciple d’Eniripsa bizarre affublé d’un costume et d’un masque vert me dévisage*. Il refuse ensuite de m’attaquer. Je ne comprends plus. Qu’ont-ils tous à me craindre ?

Il balbutie quelques mots.

« Tu es d’une puissance… Attention gamine, il y a quelque chose en toi, c’est mauvais, très mauvais… »

Il commence à m’avouer pourquoi il a voulu trafiquer les cadeaux, et m’explique que le Père Nowel lui-même n’était pas aussi gentil qu’il en avait l’air.

« C’est un homme qui concurrence surtout le Père Fwettar. Vu tes origines, tu dois le connaître, c’est lui qui met le charbon dans vos chaussettes. Le Père Nowel en a tellement assez, qu’il a décidé de créer des cadeaux piégés pour punir les enfants et empêcher Fwettar de faire son travail.

- Envieux Père Nowel ! Il sera puni pour ses crimes ! »

Comment peut-il… Ce monsieur qui semblait si doux avec les enfants… Depuis tout ce temps, il ne faisait que jouer la comédie… Je laisse l’Eniripsa dans l’atelier, qui recommence alors à emballer du charbon et à peindre ses cadeaux en vert comme d’habitude, puis je me dirige vers la maison du Père Nowel.

« Il le paiera. On ne se moque pas d’enfants innocents comme ça ! »

La rage monte en moi, j’entends un rire. Lequel, je n’en sais rien, mais je le perçois. Je rentre dans la demeure. Le feu crépite dans la cheminée, j’entends un « ho ho ho » qui approche de moi, avant d’être confrontée au Père Nowel. La douleur me reprend, quelque chose cherche à déchirer mon corps. Elle devient vite insoutenable, je me sens d’abord pleine de rage, puis complètement vide. Rushu a dû prendre possession de mon enveloppe. Je ressens des ailes dans mon dos, j’ai l’impression de ne plus avoir grand-chose d’humanoïde.

Au revoir, Père Nowel. Le temps de la concurrence avec le Père Fwettar que tu envies par-dessus tout va s’achever lorsque tu rejoindras les flammes des enfers.

« Envieux personnage, tu t’es bien moqué de ces pauvres mortels ! »

Je sors le couteau et le pointe vers lui. Il tente de me lancer quelques paquets piégés, mais ils se mettent alors tous à brûler dès qu’ils approchent de moi. Un autre problème surgit : cette fois, c’est toute la demeure qui est en feu. J’entends le Père Nowel me supplier. Non, tu ne m’auras pas deux fois.

Ce feu est celui des enfers, le dernier que tu connaitras de ta vie… Et le seul que tu verras lors de ta mort.

La neige commence à fondre autour de cette force flamboyante.

« As-tu une dernière volonté, avant de rejoindre la cour de ton dernier jugement ? »

Il n’ose même plus parler. J’entends les flammes l’emporter. Tout s’embrase, mais je reste intacte. Des cris retentissent au loin, l’odeur de la fumée me chatouille les narines. Il manque un peu ce fumet soufré dont j’ai tant eu l’habitude… C’est la senteur de mon enfance.

Une enfance faite de mensonges, dont le passé a noirci et s’est effondré en miettes. Il ne reste plus rien de cette maison, refuge de ce pécheur.

« Adieu… »

Je m’enfuis à toute allure, chaque pas laissé dans la neige fait fondre cette dernière et laisse apparaître une herbe bleutée, toute trempée. Je repousse la porte et ressors, revenant dans la foire.

Mes forces m’abandonnent. Je retombe à genoux, de nouveau dans cette forme humanoïde, c’est le vide dans ma tête. Je viens à peine de me rendre compte de ce que j’ai fait.

« Sacris a encore frappé. »

Mais je ne la reconnais plus, cette nouvelle identité que je me suis donnée il y a maintenant quelques mois. Comment ai-je pu créer un tel…

Monstre ?

Je me remets à suivre un chemin au hasard. Une voix rauque se fait entendre dans ma tête, elle semble me faire passer un message.

« Bien, encore un peu, et tu seras à nous. »

Qui était-ce ?

Je revois mon passé défiler. Oui, je me souviens de mes parents. Mes pauvres parents, qui n’ont pas pris le trône de Brâkmar. Et je revois aussi cette petite disciple d’Osamodas en train de jouer avec son symbiote, à lui faire gober tout et n’importe quoi…

Puis, des souvenirs plus récents refont surface. L’exil, les gelées, les autres…

C’en est de trop. Je ne peux plus les supporter. J’ai l’impression d’avoir commis des horreurs. Mais alors, je sens mon corps me lâcher toute entière, je m’écroule, et me regarde. Les marques m’ont envahie. Cette chose m’endort…

Suis-je moi-même une pécheuse ?

(À suivre)
_________________________________________
* Le Grinch.

Tokina Japona

 
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Trop cool la suite

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Bonne année à tous, malgré cet incident dont tout le monde parle, en témoigne ce pauvre petit Tofu qui pleure sur l'accueil de notre jeu favori. Ce petit Tofu, c'est moi en quelque sorte aussi. :'(

Pour être franche, je préviens avant de vous livrer ce chapitre de "La Colère de Sacris", mon état psychologique est... Comment dire ça avec tact... A touché le fond si j'ose dire. Je dis ceci parce que ça peut se refléter sur mes travaux (écrits, dessins etc).

Bientôt la fin de la fiction avec l'histoire du Père Nowel? Oui et non. Je suis sûre que Sacris n'aura pas fini de faire parler d'elle, que ce soit dans le monde des Douze ou bien au-delà. Cette fille animée par la colère. Par le désir de vengeance. Comme moi en ce moment.

J'ai prévenu, je suis spécialiste en tragédie. Le chapitre qui suit va faire mal. Très. Mal.

Comprenez donc ce péché... Et cette vengeance... (PS : J'ai fait un effort de censure sur mes écrits, promis. Je suis capable de faire plus violent, mais c'est le forum Wakfu, alors ne poussons pas le bouchon trop loin.)

7) Un dernier espoir ?

Je me réveille, j’ignore le temps qui s’est écoulé depuis. J’entends juste le clapotis des vagues contre la coque du bateau. Où va-t-il ? Par qui est-il conduit ? J’observe tout autour de moi, je regarde bien au loin et j’aperçois une île dans les ténèbres. Il ne s’agit pas de Brâkmar. C’est bien un autre archipel. Mais lequel ? Katrepat ? Non, les nuages semblent rouges et non violets. Ou bien alors… Je recherche tout indice dans le bateau, mais je ne trouve rien de bien parlant. Je regarde l’eau, elle me monte au visage et m’éclabousse. Je vais voir qui conduit. Je ne vois personne. Serait-ce un fantôme ?

Je me souviens juste de la maison du Père Nowel qui est partie en fumée, cet étrange Eniripsa, le Grinch, avec ses cadeaux verts, et ce qu’il m’a raconté sur le Père Fwettar. C’est fini. On arrive et on accoste finalement sur cette île. La terre semble être couverte de cendres. C’est étrange… J’ai l’impression que je connais cet endroit…

« Cet endroit me dit quelque chose… »

J’avance au hasard, je trouve un zaap. L’endroit est quasi désert. Puis, un pentacle dessiné au sol s’illumine légèrement sous mes pieds. Devant moi, un zaap, beaucoup plus grand, et enchaîné aux rochers environnants, avec des lueurs verdâtres. Juste à côté, un nombre effroyable de livres et une jeune fille aux cheveux bleus*, en train de feuilleter un manuel. Je resserre les cordes de ma cape. Mon cœur bat très vite, comme si j’allais faire un malaise. Je sens chaque marque brûler mon corps. Pourquoi ai-je été emmenée ici ?

Je vais vers elle, doucement. Je ne vais pas la tuer.

« Qu’est-ce que ce portail ? »

Elle lève sa tête, sursaute et range son livre. Elle me dévisage. Elle ignore mon identité, tout ce que j’ai commis en tant que Sacris la vengeresse. J’ai la sensation que le portail est l’origine des maux dans ce monde. Mais la fille me regarde. Elle tremble dans sa voix.

« Enlevez votre cape… »

J’obéis, je lâche ma cape. Effarée, elle pousse un cri.

« Qu’est-ce qui vous est arrivé ? »

Je suis certaine qu’elle parle de mes nombreuses marques sur tout mon corps. À vrai dire, je suis envahie depuis quelques jours, et tous ces mystères, que l’on tente de me dissimuler… Comme s’ils avaient peur… Chaque personne que j’ai rencontrée avait peur. Il était temps que je découvre vraiment pourquoi. Les marques y étaient liées, mais ils semblaient être terrorisés par le fait que Rushu, le roi démon, soit à mes côtés.

« À cause de tout ce que j’ai fait. Ne le dites à personne. »

Cette fille devait tenir parole. Elle semblait tellement intéressée par ce portail…

C’est étrange.

Ses lèvres s’entrouvrent, quelques sons s’échappent, puis une question.

« Vous avez fait un pacte avec un démon de la Shukrute, c’est bien ça ? »

Les marques ont dû lui parler. Rushu est le seigneur démon, il est bien plus que n’importe quelle autre créature de cette dimension. C’était sa maison. Et si… J’étais revenue près de chez lui ? Mais pourquoi m’avoir emmenée près de la Shukrute ?

Je prends une dernière bouffée d’air. Je ne sais plus quoi lui dire. Et ma poitrine se remet à me brûler. Quelque chose m’empêche de dire ce que je pense ! Il y a un obstacle, que quelqu’un ne veut pas que je franchisse ! Pourquoi donc ?

Je vois une énorme masse surgir de derrière la petite. Rushu en personne. Que se passait-il ?

« Tais-toi donc ! Tu en sais beaucoup trop ! »

Elle décolle du sol, empoignée par Rushu. Une flamme vacille en moi. C’est étrange. Avant Rushu me donnait cette flamme, mais cette fois-ci, il semblerait qu’elle soit venue d’elle-même. Pour quelle raison ? Pour cette jeune disciple d’Otomaï, qui étudie les dimensions démoniaques ?

La rage me reprend. Mais cette colère est différente. Oui… Cette colère…

Je n’ai pas le choix. Je dois sauver cette gamine. Je vais vers ce zaap étrange et ténébreux, ma main traverse le portail. Toute une rafale de visions traverse mon esprit. Je vois des images que je n’avais jamais connues avant.

Je revois les démons dont Rushu en train de discuter et d’associer des péchés à des armes.

Un calice pour la gourmandise, un miroir pour l’orgueil, une clé de jouet pour la paresse, une dague pour la luxure, une paire de ciseaux pour l’envie, une pièce de métal pour l’avarice…**

Et un couteau pour la colère. Mon couteau.

Je comprends tout maintenant. J’ai péché. J’ai été aveuglée par la colère. J’ai tué et puni tous ces gens… Mais je ne vaux pas mieux. Je suis un véritable monstre, qui a peiné tant et tant de personnes dans le monde des Douze… Cela ne peut plus durer. Il est temps pour moi de mettre un terme à cette histoire de Sacris la vengeresse, une femme trompée par le seigneur des démons en personne.

Pourquoi ai-je eu si mal ? Pourquoi me suis-je évanouie ? Pourquoi ces sensations étranges ? Je sais tout désormais. Et c’est ce péché qui m’a consumée.

Il est temps de mettre un terme à cette histoire.

« Tout le monde n’est animé que d’une seule passion : découvrir la vérité, même si l’on doit se sacrifier pour la connaître… »

J’en sais quelque chose. Je suis une disciple de Sacrieur avant tout.

Mon poing enragé sort du zaap, j’ai encore mon couteau sur moi, je le sors, prise par la rage. Une dernière fois, à obéir à ce péché mortel. Non, Rushu, tu ne me manipuleras plus.

« C'en est fini de tous ces mensonges, Rushu ! Je sais ce que toi et tous les autres manigançaient depuis le début ! Tu prenais bien goût des malheurs de ce monde en me contrôlant, mais cette époque est révolue ! Autant le dire tout de suite, nous sommes tous des pécheurs. Voilà, je représente la colère. Je vais l'emporter dans les flammes, mon corps avec. »

L’expression de son visage change. Comme s’il voulait me traiter de pauvre folle. Mais non. Je suis bien moi. Et non plus ce pantin.

« Adieu, monde cruel... »

Je m’apprête à lancer ce couteau une dernière fois. En tant que fille « mortelle », « pécheuse » et « colérique ». Mais je ne peux atteindre Rushu. La lame dérape… Je vois mon propre sang s’écouler de mon poignet. Il se colore d’un vert émeraude, luisant. Devant les yeux de cette fille.

Je regarde ce zaap. C’est la dernière fois que je le verrai… En tant que vivante tout du moins. Peut-être que mon âme reviendra à Incarnam, dans le corps d’un valeureux guerrier… Qui sait ? Et un jour, tous les péchés seront vaincus. Pendant ce temps, je paie toute ma colère.

La Colère de Sacris.

(Fin… Ou presque ?)
_________________________
* Teslha.
** cf prélude "Les 7 Infernales" (blog)
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Oui vous avez bien lu, "ou presque". Comme je le disais plus haut, on n'a pas fini d'entendre parler de cette Sacrieuse...

Tokina Japona
 
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Score : -5
Note : oui c'est bien moi, Tokina. Sous un autre compte!

J'avais dit que l'histoire n'était pas finie. Un chapitre, le dernier, vient de tomber. Maintenant que Nathalie est décédée à cause de cette histoire d'accident de couteau... Va-t-elle laisser couler sa colère... Ou la faire exploser?

Voici le dénouement final de cette fiction.

8) Le dernier jugement

Je me réveille. Où suis-je ? Le ciel est rouge flamboyant. Le feu est proche de moi, je sens sa chaleur me souffler sur le visage. Puis je vois que je suis aux pieds de six autres femmes. J’ignore ce qui se passe. Elles sont soit blessées, soit affaiblies. Quant à moi, j’ai encore cette main toute endolorie. Juste à cause d’un couteau… J’entends des cris derrière, des hurlements de douleur. Comme l’ancienne salle des tortures de la ville de Brâkmar. Les sons se déchiraient. Les bourreaux en riaient.

Mais cette fois, c’est différent. Je vois Rushu venir devant nous. Oui, nous, ces sept jeunes femmes rassemblées ici pour l’on ne sait quelle raison. Dont je fais partie. Puis il dit qu’il va me juger en dernier.

Pourquoi voudrait-il me juger ? Ah mais c’est de sa faute si je suis là ! En me forçant à bout et en déclenchant ma colère. Mais il ne s’en sortira pas de cette façon…

Au fur et à mesure les autres passent. Par le grand seigneur démon, qu’est-ce que j’ai pu entendre comme fautes… Enlèvement de jeunes filles pour se satisfaire, vantardise extrême, jalousie, cupidité, goinfrerie, ou pire, ne rien faire malgré les nécessités qui s’imposaient et laisser mourir sa propre ville… J’en suis affligée. Ces filles… Sont des monstres !

Et si… Je repense à ce que j’ai vu dans le zaap. Et si c’était ce complot ? Les six autres filles, elles auraient pu être, comme moi, les cibles des démons dont j’ai vu les reflets. Je reforme le cercle des péchés mortels. Une disciple de Sram adepte de la luxure, une Osamodette envieuse et une autre gourmande, une Sadidette orgueilleuse et une paresseuse… Sans compter la disciple d’Enutrof avaricieuse, tout comme son dieu !

Rushu n’a pas annoncé la sentence. Nous attendons là, ne sachant point notre futur sort. Nous avons toutes commis les pires crimes possibles. C’est mon tour, je m’avance vers une chaîne rouillée, à moitié en fusion à cause des sources volcaniques juste en-dessous, puis j’écoute avec horreur.

Il m’accuse de m’être laissée dépassée par la rage et la vengeance.

« Tu voulais un monde meilleur, n’est-ce pas ? Tu en crées un bien pire ! »

Je vois les silhouettes d’autres démons apparaître, entre autres, celle du protecteur du mois de Descendre, Djaul le grand pataugeur, éternel ennemi de Jiva, et des autres protecteurs en général. Trois d’entre eux me semblent inconnus, et deux peu familiers.

« Sais-tu pourquoi je suis ici, espèce de petite insignifiante ? Ta déesse ! Oui, ta fichue Sacrieur, c’est elle qui m’a volé ma place ! Je devais être le dixième dieu ! Et non, il fallait qu’elle me laisse enfermé ici, et qu’elle prenne le trône qui m’aurait dû être attribué ! Elle le paiera, très cher, et pour cela, rien de tel que de torturer une de ses disciples ! »

Il éclate d’un sombre rire. Je me souviens des histoires que l’on me racontait quand j’étais toute petite. « Sacrieur, celle qui avait détrôné le grand Rushu ». Et ils me parlaient de ces histoires de Féca dragon*, du dieu Iop, de l’Aurore Pourpre…

C’est bien vrai. Ma déesse référente a bien pris la place du seigneur démon.

Toutefois, je réfléchis encore à ma dernière vengeance. Que le monde se souvienne bien que quelqu’un a réussi à vaincre des pécheurs. Sans vouloir pour autant passer dans l’excès. Je sens des bras me tirer vers les flammes. Sans doute d’autres Shushus qui souhaitent me dévorer.

« Je dois encore prononcer une dernière phrase. »

Je vois Rushu qui semble accepter mon dernier vœu. Alors je me dirige vers les abîmes de cette dimension, et je lance mon souhait :

« Douziens, menteurs effrontés envers vous-mêmes ! Les gens de Bonta, qui se disent être la justice, le sont-ils vraiment ? Non, car une de leurs habitantes est avec moi ! Désormais je prends ces femmes sous mon aile, et je laisserai des traces de mon âme parmi vous ! Si vous voyez quelqu’un pécher, vous aurez bien envie de le punir, de lui donner la leçon qu’il mérite ! Très bien alors… C’est moi qui raviverai votre flamme de haine, qui l’étendrai dans toute votre âme, et vous tuerez ceux qui auront fait du mal ! Vous vous en rendrez finalement compte, tant les gens seront désespérés de leur propre comportement, se rendant compte qu’ils ne sont pas bien mieux eux-mêmes ! Je suis Sacris, la vengeresse, et au-delà de la mort, dans la Shukrute où je résiderai comme tant d’autres, je vous ferai tous tomber, bande de mécréants ! »

Rushu se rapproche de moi et détache mes jambes des mains des Shushus.

« Assez ! Cette fille a fait ses preuves… »

Je repense à tout ce que j’ai fait.

Après tout, nous sommes tous les mêmes… Que de sombres imbéciles.

Je sens la main de Rushu toucher mon dos, puis il m’injecte une sorte de fluide. Je sens mon corps se carboniser. Cette énergie m’envahit de toutes parts. Je ne me sens plus comme une disciple vivante en chair et d’os. La douleur est atroce, je finis par retomber…

Je suis encore éveillée, le cauchemar semble ne jamais se terminer.

Je suis de nouveau recouverte par toutes ces marques, y compris mon visage. Mes yeux sont vides. Je hurle une dernière fois de rage.

Les autres filles reculent, mon bras s’étend vers elle, une énorme énergie noire les éblouit, elles retombent finalement plus tard après que le rayon se soit dissipé. J’ignore d’où il provient… Hormis du fait qu’il soit sorti de mes doigts ?

Ma main a l’air pourtant normale avec les tatouages et les marques…

Les autres se relèvent. Elles semblent comme moi. Je découvre alors mon identité.

Je suis Sacris, l’esprit de la Colère. Je suis la Colère de Sacris. Le monde des Douze croulera sous mes éternelles sanctions.

FIN
__________________________________________
* Nathalie semble parler d'Arty (voir mangas Dofus).

Cette tragédie est désormais terminée. Maintenant vous savez tout de cette femme et ce qu'elle est devenue. À bientôt sans doute pour une nouvelle fiction. wink Qui sait?

"Mes tragédies ne vous lâcheront pas!" tongue

Tokina Japona
(sous le compte de Nina l'Acrobate, le personnage ayant servi de modèle à Nathalie de Iria)
 
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Score : 495

Wow ! J'ai lu tout d'une traite ! J'espère vraiment que tu vas continuer tes fictions ! ^^

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