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Ghyr

Par R-wann 11 Novembre 2008 - 00:38:01
Chapitre I

Il était une fois une jeune fille vivant dans un joyeux village au milieu d’une forêt lumineuse, dont la beauté était telle que tous les hommes de la région ne pouvaient lui résister. Son frère, quant à lui, était le plus téméraire de son village et alentours. Un jour, alors qu’ils se promenaient gentiment dans la forêt, cueillant de belles pâquerettes et faisant un brin de causette avec quelques adorables petits écureuils, un mage apparut dans un nuage rose parsemé de paillettes dorées et argentées. Il leur confia une mission de la plus grande importance : il fallait sauver le monde! Pour cela, ils devront affronter mille et un dangers, combattre mille et un monstres, se faire mille et un amis, et ce dans la joie et la bonne humeur!

Voilà bien le décor d’une gentille histoire guillerette, où les héros arriveront forcément au bout de leur périple, tueront le "granméchanpabôkivetoukassé" et seront acclamés par le monde entier. Mais nous sommes-nous seulement interrogé sur le "méchant" en question? Car on ne voit en lui que la matérialisation des peurs et des haines de chacun. Et si, au fond, c’était lui qui avait raison? C’est vrai, marre des fins heureuses, marre des héros charismatiques, MARRE DU STEREOTYPE! On veut du changement! On veut du... Hum bref. Je ferme cette parenthèse, pour vous conter la quête d’un "méchant", Ghyr, pauvre hère incompris ne voulant que le bonheur du Monde.
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Une ombre dans le clair-obscur d’une obscure clairière dans quelque sombre forêt peuplée de noires créatures. Elle se déplace lentement, vers un tronc gigantesque faisant cinq fois sa taille, au bas mot. Il a l’air... endormi. L’ombre s’élance, bondit et...
*Shlack*
Le végétal s’effondra, coupé net en deux. Un bruit mat s’éleva, quelques oiseaux ébène s’envolèrent, poussant des cris perçants, puis le calme revint. On pouvait voir à présent le visage de l’auteur de ce forfait. Un jeune Féca, qui tenait une faux argentée finement forgée et sertie d’améthystes dans sa main droite, enveloppé dans une ample cape noire de jais.

- Hum, ça en fera un de moins. Bon, où sont-ils? dit-il en cherchant dans les restes de l’arbre mort qui commençait déjà à tomber en poussière. Ah, voilà la graine, maintenant, à l’objet.

Il fouilla dans ce qu’il restait du feuillu, c'est-à-dire des cendres, comme si il avait été carbonisé par quelques forces ténébreuses. Enfin, il en extirpa un parchemin noir roulé et attaché par un ruban rouge sang. Un sceau représentant une fille assise, la tête basse, ses genoux ramenés sur son buste et ses bras les enlaçant, joignait les extrémités du lien pourpre de l’objet mystérieux.

- Tsss, encore un débris de la sauvagerie humaine. Mais quand cela va-t-il cesser d’envenimer la nature? Enfin bon, tout va bientôt se terminer.

Puis, s’approchant du centre de la clairière, il creusa un petit trou où il planta la graine qu’il avait trouvé. Ceci fait, il sortit une carte de son manteau et posa son doigt sur une croix noire. Il mémorisa l’emplacement, rangea la mappemonde, se concentra et disparut dans un halo sombre.

Quand il réapparut, Ghyr se trouvait dans des plaines, où des rochers blancs s’élevaient violemment, dénuées de toutes traces de civilisation et seulement habitées par quelques porcs montés sur des sangliers fous, des montagnes vivantes et des oiseaux au ramage plus noir que qu’une nuit d’hiver. Mais il ne s’intéressait pas à ce type de créature. Non, il recherchait un monstre beaucoup plus gros, plus sombre et plus violent que ses congénères. On aurait pu croire qu’il était repérable de loin, ce qui n’est pas entièrement faux, mais les plaines étaient vastes, et la présence de la bête décuplait étrangement la rage des créatures qui se trouvaient à proximité, qui, ainsi transformées, avaient l’habitude de s’attaquer à toutes présences qui leur étaient étrangères. Ce qui amènerait obligatoirement Ghyr à combattre, chose qu’il détestait. Non pas que l’idée même de tuer le rebutait, mais il n’aimait pas particulièrement la violence. Il ne l’employait que sous le coup de la colère, chose rare, ou lorsqu’il y était obligé, et même dans ce cas là, il mettait un point d’honneur à respecter sa victime en la tuant proprement et rapidement.
Pour en revenir à la quête de notre protagoniste, Ghyr avait enfin trouvé la créature après de longues recherches et de nombreux combats aisés. Elle se trouvait là, en train de massacrer un animal méconnaissable. C’était une sorte de sanglier aux défenses d’une taille imposante.

- Bon, c’est le dernier. Bientôt, oui, très bientôt...

Il procéda de la même manière que pour l’arbre vivant. Sauf qu’au moment de sauter, il eu un problème de taille.
Il n’était pas seul.

- Hum hum... Créature, m’entends-tu? Apprêtes-toi à trépasser, ô puissant monstre de ces plaines hostiles, car moi, Modam le preux, je vais t’occire sans attendre, foi du grand dieu Iop!

Voilà un imprévu qui n’allait pas arranger l’affaire de Ghyr. Un apprenti aventurier qui se préparait à défier une créature vingt fois plus grosse que lui, et un Iop de surcroît! Comment raisonner pareil imbécile?

- Hé, toi, là-bas! Celui à la tignasse démesurée! Va-t-en vite, ce n’est pas un endroit pour toi!

- Veuillez me pardonner, sieur, mais je n’ai point d’ordre à recevoir d’un gueux habillé d’oripeaux de couleur discutable.

- Ne fais pas l’enfant et... Attention!

Le sanglier, qui avait entendu la dispute entre les deux combattants, se ruait sur eux, la bave aux lèvres et le souffle court. D’un geste, Ghyr créa un écran face à la créature, qui, ne se doutant de rien, s’écrasa dessus et tomba au sol, inerte. Un mince filet de sang coulait de ses naseaux.

- Tsss, je ne voulais pas en arriver là...

Et il refit la même chose que ce qu’il avait fait dans la forêt, sauf que cette fois-ci, il trouva un œuf, et le sceau du parchemin montrait quatre hommes identiques disposés en losange. Il le prit et déposa l’œuf un assez loin des restes du sanglier géant. Il revint vers l’autre aventurier, dégaina sa faux et la pointa sur ce dernier.

- Non, fier guerrier! Ne me tuez point! Je ne suis qu’un pauvre manant en quête de gloire et...

-Tais-toi, et retiens bien ce que je vais te dire, dit notre héros en prononçant distinctement chaque syllabe. Tu as eu beaucoup de chance que je me sois retrouvé là, mais cela ne veut pas dire que je ne te tuerai pas la prochaine fois que je te verrai. Une dernière chose, l’œuf que tu vois là-bas, est fragile et précieux, tu n’as donc pas intérêt à t’en approcher, sinon la mort sera une peine bien douce comparée au sort que je te réserve.

Le Iop était terrorisé, et n’arrivait qu’à balbutier des sons indistincts. Finalement, il hocha nerveusement la tête, ce qui satisfit Ghyr.

- Très bien, je vois que tu possèdes un minimum de raison. Maintenant, adieu, et prie pour que nos chemins ne se croisent plus.

Sur ce, il disparut, laissant le pauvre Iop terrorisé et seul. Seulement, maintenant que Ghyr était parti, il se dit qu’il fallait bien raconter cette histoire, aussi farfelue soit elle. Aussi prit-il l’œuf, malgré la menace du Féca, pour prouver que son aventure n’était pas le fruit de son imagination. Il s’en alla donc, l’œuf sous le bras et rêvant d’une gloire éternelle.

Chapitre II

- Tiens donc, qu’est-ce que... Non, il n’a pas pu... Comment a-t-il osé?!

Ghyr ne pouvait y croire. Pourtant, cet avis de recherche indiquait bel et bien que sa tête était mise à prix, et une somme rondelette pour ne rien gâcher. Le nom de Modam lui vint de suite à l’esprit. Certes, cette annonce ne l’effrayait guère, mais avoir une flopée de soldats à ses trousses allait le gêner dans ses recherches. Tant pis, il n’aurait qu’à mieux se cacher. Après ce petit imprévu, notre Féca se remit en route, cherchant l’alchimiste, qui lui avait confié sa carte indiquant l’emplacement des créatures ténébreuses, dans les rues de Sufokia. Il déambula encore pendant quelques minutes, le temps de s’assurer que personne ne le suivait, puis entra dans une maison encore plus délabrée que les autres, rongée par les plantes grimpantes et même quelques algues au niveau des fondations. Il n’y avait pas de porte, et les décombres du toit obstruaient l’entrée. On aurait pu croire que Ghyr s’était trompé de lieu, ou encore que la personne qu’il recherchait était partie depuis longtemps. Or, il s’agissait en réalité d’une ingénieuse supercherie concoctée par le génie qui habitait toujours les lieux, un vieux Xélor maîtrisant son art à la perfection. Son stratagème consistait à dissimuler son véritable laboratoire dans une faille temporelle et en cacher l’entrée par une illusion très puissante. Bref, autant dire que le lieu était quasiment impossible à découvrir, et que si il l’avait été par mégarde, le profanateur se serait vu expulsé de l’atelier de gré ou de force.

En revanche, si Ghyr connaissait l’existence de ce lieu, ce n’était pas par accident, mais par le propriétaire lui-même. Ce dernier, qui se nommait Rofe, était las de la bêtise des hommes, et cherchait n’importe quel moyen pour changer la façon de penser des habitants de ce monde, ou du moins essayer. Il tolérait que certaines personnes puissent penser différemment, et admettais volontiers qu’il était loin d’être parfait, mais il ne pouvait rester indifférent face aux erreurs de l’humanité, et malgré tous ses efforts, les dirigeants de ce pays refusait de l’écouter, et ne faisait rien concernant certains massacres d’animaux. Il fut donc obligé de se tourner vers une aide extérieure, faisant la ronde des bars et des tavernes de la contrée en quête d’un homme seul et prêt à l’aider. C’est comme cela qu’il rencontra Ghyr, jeune garçon qui avait été chassé de son village, du moins d’après ses aveux. Etant de nature solitaire, il était resté très discret sur son passé, et même la jovialité de Rofe n’avait pu le sortir de son mutisme. Cependant, Ghyr accepta d’accompagner Rofe dans sa mission, à condition que ce dernier devienne son maître et lui enseigne l’art subtil et merveilleux de l’alchimie. C’est ainsi qu’au fil des années une certaine complicité s’était installée entre les deux hommes, même si Ghyr restait toujours froid et n’exprimait que rarement ses sentiments.

Alors qu’il se perdait dans ses souvenirs, Ghyr reprit tout à coup conscience de la réalité lorsqu’un poisson vint gober une mouche à la surface de l’eau. Il tira sa faux et dessina une croix en face de lui, puis l’abattit au sol. Il y eut un grondement, puis les améthystes de son arme se mirent à luire. Un simple éclat tout d’abord, puis la lumière devint de plus en plus intense, suivi d’un pentacle qui se dessina autour de Ghyr, l’emprisonnant dans un dôme de ténèbres. Enfin, tout disparu, notre héros y compris.

- Hoho, te voilà déjà de retour! Je ne pensais pas que tu y arriverais aussi vite.

- Les voilà, maître, comme vous me l’avez demandé. Les cinq Parchemins Délétères...

- Hum, voyons voir... La Folie, la Solitude, la Souffrance, l’Impersonnalité et la Discrimination. Bien, très bien... Maintenant, reste à savoir si ce livre avait raison.

Puis, se dirigeant vers un immense chaudron au fond de son officine, il s’adressa à son disciple:

- Cette potion risque d’être très longue à concocter. Pourquoi n’irais-tu pas te reposer dans ta chambre en attendant? Tu dois être exténué après ton voyage.

Ghyr s’exécuta. Il se dirigea vers un couloir, derrière une grande tapisserie représentant un combat épique mettant en scène les dieux, bref, rien de bien intéressant pour notre protagoniste. Lorsqu’il arriva devant la porte de sa chambre, il entendit un faible gémissement. Instinctivement, il porta sa main à sa faux, et poussa délicatement la porte pour découvrir... une jeune Ecaflipette allongée sur son lit. Elle dormait, cependant ses rêves étaient tourmentés, comme si un grave événement se répétait encore et encore dans son esprit. Ghyr remarqua aussi qu’un bandage pansait son corps, et qu’une tache vermeille était visible au centre. Que faisait-elle dans ce lit? Et qui était-elle? Il voulait des réponses, et une seule personne pouvait les lui fournir.

- Je peux savoir qui est dans mon lit? dit-il, légèrement énervé.

- Hoho, tu as donc découvert notre invitée, répondit son maître.

- Ne faites pas l’innocent, je sais parfaitement que vous vouliez que je la voie.

- Hum, très bien, j’avoue... Quoiqu’il en soit, elle restera ici tant qu’elle ne sera pas rétablie. Aurais-tu une autre remarque à me faire?

- Tsss, non. Expliquez-moi juste comment vous l’avez rencontrée.

Alors Rofe lui expliqua tout. Pendant qu’il cherchait des ingrédients pour cette fameuse potion, il avait senti une odeur de brûlé. Il avait donc suivi cette odeur, et avait découvert une maison, ou plutôt un manoir, en feu. Les servants gisaient au sol, leurs entrailles s’échappant par une plaie béante. Certains même avaient été brulés, et une odeur insupportable régnait en ce lieu. Mais une chose était sûre : un véritable massacre s’était déroulé là-bas. Puis, après avoir trouvé une hallebarde faite de métal immaculé faisant preuve de la culpabilité de la milice, il avait cherché les survivants du carnage. Et c’est ainsi qu’il avait trouvé la jeune Ecaflipette. Elle respirait à peine, et ne dit pas un mot à Rofe, même lorsque celui-ci l’avait emmené dans son laboratoire.

- Et voilà tout ce qui s’est passé. Si je l’ai installée dans ton lit, c’est parce qu’il est plus confortable que le mien.

- Hum, excusez-moi...

Une faible voix féminine s’élevait de derrière la tapisserie. Un bruissement de tissu, et l’Ecaflipette apparaissait maintenant aux yeux des deux hommes.

- Est-ce vous qui m’avez sauvée? dit-elle en se tournant vers Rofe.

- Hoho, oui ma petite. Mais peut-être es-tu trop faible pour te lever...

- Oh, non, je vous assure, ça va beaucoup mieux. Merci beaucoup de m’avoir recueillie, et si il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour vous aider...

Son regard se posa un instant sur Ghyr, qui l’observa froidement. Elle détourna ses yeux, gênée.

- Et peut-on savoir comment te nommes-tu ?

- Oh euh, oui, pardon... Je, euh... Je m’appelle Ezerith.

- Très bien Ezerith. Je te propose de rester quelques temps ici, le temps que Ghyr revienne de sa nouvelle quête.

- Donc la formule n’a pas marché, conclut ce dernier de son habituel ton grave.

- Hélas non, mais il nous reste encore un espoir.

Et Rofe exposa son plan.

Chapitre III

Ezerith était exténuée. Elle arrivait à peine à marcher, et l’odeur pestilentielle des égouts n’arrangeait rien. Mais il fallait qu’elle continue, elle ne pouvait pas s’arrêter.

- Tu... Tu... pourrais... m’attendre... dit-elle, le souffle coupé.

- Nous n’avons pas le temps de faire une pause, il faut se dépêcher.

- Mais... Mais... pourquoi?

- La relève de la garde se fera dans peu de temps. C’est à ce moment que nous devrons agir.

- Pfiou! conclut-elle quand elle arriva au niveau de Ghyr.

Il l’attendait, bras croisés et affichant un air irrité.

- Tsss, je n’aurais jamais du t’emmener. Tu ne fais que me ralentir.

- Et... pourquoi... tu ne... nous a pas... téléportés?

- Je ne peux atterrir que dans des lieux que j’ai déjà vus.

- Tiens donc, j’ai pourtant cru que tu connaissais par cœur les cachots du château.

Il ne releva même pas la boutade.

- Je n’ai pas de temps à perdre dans des endroits humides et sombres comme ceux-là. Bon, repartons.

- Hé, attends! Tu pourrais déjà m’expliquer comment tu en es arrivé là.

- On n’a pas le temps pour ça.

Et il se remit en marche, Ezerith sur ses talons. Elle était à la fois désespérée par le silence de Ghyr et intriguée par son histoire. Elle se perdait dans ses réflexions quand un bruit métallique se fit entendre. Les soldats patrouillaient juste au dessus d’eux.

- Ils ont bientôt fini. Donne-moi la main, ordonna-t-il à Ezerith.

- Hein? Com...

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que déjà Ghyr la tirait par le bras et courrait le long du tunnel malodorant.
Lorsqu’il ralentit enfin, le décor avait changé. Les murs étaient en pierres verdis par les moisissures qui avaient poussé là, mais on pouvait reconnaître le symbole du château d’Amakna sur chacune d’elle. Ezerith était horrifié par les immondices qui jonchaient le sol et n’osait par s’appuyer sur les cloisons du souterrain. Ghyr s’était maintenant arrêté au pied d’une échelle métallique.

- Je monte en premier. Surtout, suis bien mes pas, et fais attention à ne pas être vue.

Il grimpa, souleva la plaque au dessus de lui et se faufila dans la nuit. Notre Ecaflipette eu beaucoup plus de mal. Elle glissa sur le premier échelon et mit plusieurs minutes à essayer de soulever la dalle qui obstruait la sortie. Quand elle sortie enfin, elle rejoignit Ghyr après avoir soigneusement refermé l’entrée des égouts. Il s’était caché à l’ombre d’une écurie, où quelques dragodindes dormaient paisiblement.

- Bon, il faut trouver la salle du trésor du château. Elle doit être normalement dans le sous-sol du château, mais d’abord il faut passer par la chambre du roi pour prendre la clef.

- Waw, t’es plutôt bien informé pour quelqu’un qui reste à l’écart de la société! dit Ezerith sur un ton moqueur.

- Mon maître est un grand enchanteur, et peu de choses lui sont impossibles. Tais-toi maintenant, répondit-il de façon sérieuse, comme toujours.

Voyant qu’elle ne pouvait lui arracher une quelconque réaction, si ce n’est une légère exaspération de sa part, elle se résigna à le suivre sans dire un mot.
Lorsqu’ils arrivèrent devant les portes de l’imposante bâtisse, ils constatèrent que les gardes n’étaient pas là, comme prévu, et Ghyr leva sa main devant lui. Tout d’abord, il ne se passa rien, puis, peu à peu, les portes bougèrent et commencèrent à s’ouvrir, lentement. Quand elles s’arrêtèrent, il y avait juste la place pour un homme de corpulence moyenne entre chaque. Ghyr s’y engouffra, talonné par Ezerith, qui ne voulait pas le perdre dans les ténèbres du palais. Il referma les portes et prit une nouvelle fois le poignet de notre Ecaflipette. Elle se laissa guider sans résister, et grimpa ainsi les nombreuses marches du château. Pendant qu’ils courraient, elle se mit à regarder Ghyr intensément, et se mit à rougir. Elle détourna son regard lorsque notre héros jeta un coup d’œil dans sa direction. Après plusieurs minutes de recherches intensives, ils s’immobilisèrent devant une somptueuse porte, où les moulures et dorures abondaient sur l’encadrement. La porte en elle-même donnait l’impression d’être en or pur, et de fines arabesques avaient été dessinées sur la façade.

- C’est là.

- Merci, j’avais remarqué! répliqua la jeune fille, à son tour énervée.

Comme chaque fois, il ne prêta aucune attention à cette remarque, et se dirigea vers la porte. Il mit sa main sur la poignée et se retourna vers Ezerith.

- J’y vais seul. Toi, monte la garde. Si jamais tu entends quelqu’un, viens me rejoindre en silence, dit-il en appuyant bien sur ses deux derniers mots.

Notre Ecaflipette fit la moue et poussa un léger soupir d’agacement alors que la porte se refermait derrière lui.
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Voilà maintenant un certain temps qu’Ezerith attendait le retour de Ghyr. Elle s’ennuyait ferme quand elle entendit des bruits de pas dans le couloir. Elle se précipita en silence dans la chambre du roi, et vit le Féca en grande difficulté. Il essayait de retirer quelque chose du coup du souverain.

- Ghyr, quelqu’un vient! Dépêche-toi!

- Aide-moi s’il-te-plaît. Va de l’autre côté du lit et ouvre le fermoir.

Trop heureuse de se rendre utile, elle ne fit aucune raillerie sur la situation et s’exécuta. La poignée bougea au moment où Ghyr tenait enfin la clef. Il empoigna le bras de la jeune fille et ensemble, ils disparurent. La porte s’ouvrit, et un érudit passa sa tête par l’entrebâillement, croyant avoir entendu du bruit.

- Bah, je dois être très fatigué, conclut-il en se frottant les yeux.

Puis il ferma la porte, et s’en alla dans sa chambre.
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Ils étaient retournés dans le hall du palais et se dirigèrent en hâte vers la porte qui menait aux cachots. Ils descendirent une volée de marche en courant, et Ezerith manqua plus d’une fois de tomber. Arrivés au pied des escaliers, Ghyr lui intima le silence et se faufila jusqu’à un pilier imposant en pierre noire. Il lui fit signe de le rejoindre, et la jeune Ecaflipette obéit. Lui indiquant une porte en bois massif, il lui dit qu’une fois de plus, elle devrait jouer la vigile pendant qu’il crochetterait la serrure. Elle accepta, non sans une pointe d’agacement. Ils se mirent donc en position, chacun vaquant à la tâche qu’il devait effectuer. Personne ne se manifesta, et Ghyr força la porte sans difficulté. Ceci fait, ils entrèrent l’un après l’autre dans la pièce remplie de pièces d’or et de bijoux précieux. Tout se présentait pour le mieux, du moins, pour le moment.
Ezerith marchait tranquillement quand elle trébucha. Elle chercha ce qui était responsable de sa chute, mais elle ne vit rien. Ghyr se retourna pour lui reprocher sa maladresse, quand il remarqua un reflet inattendu dans l’atmosphère de la pièce dû à la lumière des torches sur des fils invisibles. Aussitôt, il dégaina sa faux, tous ses sens en alerte. Pourtant, rien ne se passa.

- Hé ben, on a eu chaud!

- N’en sois pas si sûr. L’alerte a surement dû être donnée. Dépêchons-nous, il faut trouver un coffre avec un œil dessiné sur la serrure.

Alors qu’ils cherchaient activement depuis quelques minutes, le même bruit métallique qu’ils entendirent dans les égouts résonna dans le couloir, derrière la porte.

- Je vais les retenir. Continues de chercher.

A ces mots, notre héros se dirigea vers l’entrée de la pièce et posa sa main sur le bois. C’est à ce moment que la poignée remua, mais la porte ne bougea pas d’un pouce. On entendait à présent un homme aboyer des ordres à ses soldats. Ils s’organisaient pour défoncer la porte. Et Ghyr qui ne bougeait pas. Ezerith était terrifiée, et restait assise dans un tas d’or, ne pouvant plus faire une seul geste.

- Ezerith, ressaisis-toi et cherche le coffre, dit Ghyr sur un ton très calme.

Elle se reprit et se mit à fouiller chaque tas énergiquement, jusqu’au moment où elle trouva un coffre mauve dont le cadenas avait la forme d’un œil.

- Ca y est! Je l‘ai trouvée!

- Très, bien. Prends-le et viens ici.

Elle ne se le fit pas dire deux fois et se précipita sur le Féca. Il l’enlaça pour qu’ils se téléportent une énième fois. Elle rougit, mais elle s’empressa de penser à autre chose, bien que cela fût un effort surhumain. Il se concentra quelques secondes, puis ils quittèrent les lieux sans plus attendre. La porte vola en éclat au moment même où Ghyr leva la main du bois. Les soldats se ruèrent dans la pièce, lances et épées dégainées, mais les pilleurs s’étaient volatilisés sans laisser de trace.

Chapitre IV

- Tu as le coffret?

- Oui! Le voilà!

Ils étaient retournés devant le taudis de Sufokia, et Ghyr s’apprêtait à les faire entrer dans le laboratoire.

- Bien. Mets-toi derrière moi.

Il fit les mêmes gestes que lors de sa dernière visite, mais cette fois-ci, rien ne se passa.

- Je ne comprends pas...

Tout à coup, une silhouette apparu derrière les débris de l’habitation. Les deux coéquipiers se mirent en garde, mais la forme se précisa et ils virent distinctement leur maître Rofe.

- Maître, que faites-vous ici? demanda Ezerith, tout à coup inquiète.

- La milice est venue patrouiller par ici, la nuit dernière. Ils ne m’ont pas trouvé, évidemment, mais l’endroit n’est pas sûr. Il faut que je parte.

- Mais, où voulez-vous aller?

- Les forêts du Nord sont inhabitées, et les créatures qui y rodent sont plus violentes que le reste de la population animale. Je pense que nous serons plus en sécurité là-bas.
A ces mots, il retroussa ses manches et récita une formule tout en gardant ses mains devant lui. Puis, lentement, les trois personnes présentes se mirent à briller et léviter à quelques centimètres du sol. Enfin, ils s’évaporèrent.

Non loin de là, Mojet, Sram sournois et espion personnel du roi, n’avait pas perdu une miette de la scène, et se mit en route vers le château d’Amakna. Il avait enfin retrouvé la trace du psychopathe recherché dans tout le pays, et son souverain n’hésiterait pas à le récompenser généreusement pour cette précieuse information.
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Rofe, Ghyr et Ezerith se trouvaient maintenant dans la même forêt où notre protagoniste avait exécuté un arbre vivant. Ils cherchaient désespérément un endroit à l’abri des regards, ce qui aurait pu sembler improbable dans un bois aussi lugubre, mais ils cherchaient un emplacement bien spécial. Un emplacement suffisamment masqué par la végétation alentour et qui soit tout à fait anodin, pour peu que l’on puisse se promener innocemment dans les parages. Après plusieurs heures de recherches infructueuses, ils se reposèrent tous les trois contre le tronc d’un chêne sans âge, sans pour autant bavarder entre eux. Chacun restait silencieux, se perdant dans ses pensées, jusqu’au moment où la faim se fit sentir dans le groupe. Sachant que Ghyr n’aimait pas se battre et qu’Ezerith n’oserait pas s’aventurer seule dans les bois, Rofe se proposa pour chasser quelques bêtes pour le repas. Comme personne ne s’opposa à son idée, il partit.
Pendant ce temps, la jeune fille en profita pour questionner une nouvelle fois le Féca sur son passé, ou du moins une partie. Il refusa, mais voyant qu’elle ne changerait pas d’avis, il décida de lui raconter ce qui se passa après sa rencontre avec son maître alchimiste.

- Au début, je ne croyais pas du tout à son histoire de changer les mentalités par des actions violentes, commença-t-il. Pour moi, le monde était tellement rongé jusqu’à la moelle par l’hypocrisie, la méchanceté, l’argent, et d’autres défauts pires les uns que les autres, qu’il était impossible de le modifier. Je le prenais pour un fou. Et puis, il m’a parlé de ses découvertes, des vieux grimoires qu’il possédait, des secrets qu’il avait trouvés. Sa joie et son optimisme m'ont aussi convaincu, je pense. Enfin, tout ça pour dire que je me suis laissé finalement entraîné. Après ça, il m’a enseigné l’alchimie dès qu’il avait un peu de temps entre ses études et son métier. Dès que j’ai atteint l’âge de dix-huit ans, il m’a fait part de ses pistes, et qu’il avait besoin de moi. Il me donna même de nombreuses potions pour augmenter mes aptitudes physiques et mentales, de peur que je me blesse, ou que je n’arrive pas à me défendre. Il a aussi demandé à un forgeron de me fabriqué cette magnifique faux. Bref, j’étais comme un fils pour lui, et son dernier espoir de voir un jour le monde amélioré... Mais je me demande pourquoi je te raconte tout ça, ce n’est pas dans mes habitudes.

- Pourquoi donc?

- J’ai perdu confiance en l’humanité, et la seule personne que je respecte est Maître Rofe.

- Donc, c’est comme un père pour toi.

- En quelques sortes...

Il y eut un silence de plusieurs secondes, puis ce fut au tour d’Ezerith de parler d’elle.

- Tu sais, je te comprends quand tu dis que tu n’a confiance en personne. Tu te souviens de ce que Rofe... Pardon, Maître Rofe t’as dit à mon sujet?

Ghyr hocha la tête.

- Eh bien, si la milice a brûlé ma maison, c’est à cause d’un jeune homme recherché, dont j’ignore le nom d’ailleurs. Les soldats ont juste dit que la rumeur courait que le fugitif s’était dirigé par ici, et que notre manoir était la seule habitation de la région. Mes parents ont bien essayé de les raisonner, de les menacer, mais rien à faire. Ils ont tout détruit, et tué tous ceux qu’ils voyaient, prétendant qu’on leur cachait la vérité. C’était horrible, les corps, tout ce sang...

Elle sanglota, et Ghyr eut le tact de ne rien dire de désobligeant. Quand elle se calma, il voulut connaître la raison de cette tuerie.

- Le criminel qu’ils cherchaient, est-ce qu’ils ont dit autre chose à son propos?

- Juste qu’il aurait tué un sanglier géant, et qu’il était habillé avec des vêtements noirs...

A ce moment là, les craintes de Ghyr se confirmèrent, et il décida de tout lui révéler.

- Ezerith, je dois t’avouer quelque chose. L’homme qu’ils recherchaient... C’est moi.

Dès qu’il prononça ces mots, la jeune Ecaflipette le regarda d’un air horrifié. Le jeune homme pour qui elle éprouvait des sentiments était donc le responsable indirect de sa souffrance infinie.

- Non, non... Pas toi... Tu ne peux pas... Non, je refuse de l’admettre!

Et elle s’enfuit dans les bois. Ghyr la regarda s’éloigner, puis se leva et la poursuivit en silence, pour ne pas attirer son attention. Elle avait besoin d’être seule, il l’avait compris. Seule et en sécurité.

Chapitre V

Quand Rofe rentra de sa chasse, il retrouva Ezerith endormie contre le tronc de l’arbre séculaire, et Ghyr qui montait la garde près d’elle. Il était à la fois ému et étonné par la scène qui se déroulait. Voir son élève prêter autant d’attention à une personne qu’il connaissait depuis peu, ça ne lui ressemblait pas... Soudain, il se rappela du coffret, et vit que la jeune fille ne l’avait plus dans les bras. Il se précipita vers Ghyr, et lui demanda où il se trouvait. Le Féca le lui montra, et lui expliqua qu’Ezerith l’avait fait tomber lorsqu’elle s’était enfoncée dans la forêt pour trouver un peu de solitude.

- Bien, bien. Bon, maintenant, ouvre-le.

Il obéit et enfonça la clef dans l’iris de l’œil-cadenas et la tourna vers la droite. Un petit clic se fit entendre, et la boîte s’ouvrit lentement. Quand enfin elle fut totalement ouverte, ils découvrirent un pendule délicatement installé sur du velours d’un violet obscur. C’était un œil de platine noir, marbré de vermeil et de mauve, relié à une chaîne où toutes les nuances de gris étaient visibles.

- Voici donc le Pendule Mortuaire... On dit que Rushu lui-même aurait ordonné à son meilleur forgeron de fabriqué un objet contenant toute la fureur de ses démons à l’intérieur. On dit aussi que ledit forgeron aurait fait une erreur, et qu’il aurait réussi à concentrer les âmes tourmentées et autres martyrs dans ce pendule... Autant dire que Rushu n’a pas apprécié que des innocents puissent procurer un quelconque pouvoir, et, après avoir torturé le forgeron, il aurait expulsé le pendule dans ce monde. Quelqu’un l’aurait trouvé et l’aurait apporté au roi, qui, craignant qu’il puisse entraîner la destruction du monde... Tu connais la suite. Toujours est-il que cet objet possède effectivement un grand pouvoir, et c’est pourquoi je veux que tu l’utilises. Accroche-le à ta faux, ça devrait marcher.

- Très bien.

Il s’exécuta, et, dès que le pendule fut suspendu, Ghyr fut entouré d’une aura ténébreuse. Il se tourna vers son maître, et lui dit:

- J’y vais. Si Ezerith se réveille, dites-lui que ce qui lui est arrivé n’est pas ce que je voulais, mais que j’en assume la responsabilité.

Puis il partit, laissant son maître et l’Ecaflipette seuls.
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- Pitié, épargnez-moi! Je...

- As-tu eu de la pitié pour la femme que tu as tuée?

- Quoi? Mais...

Il n’eut pas le temps d’achever sa phrase. Une large plaie était visible sur son torse, et le sang coulait à flot. Son corps tomba au sol, inerte, comme tous ceux qui s’était trouvé dans le sillage de Ghyr.
Contrairement à ce que l’on pouvait penser, ce dernier ne choisissait pas ses victimes au hasard. L’œil lui ayant procuré le don de vérité, il pouvait déceler toutes les fautes graves des hommes. Mais ne croyez pas que les morts qu’il provoquait étaient nombreuses, loin de là. Il ne tuait que si la faute en question était délibérée et sans raison, ce qui réduisait considérablement le nombre de personnes qu’il assassinait.
Il continuait sa chasse macabre dans les villes et habitations du pays, ne rencontrant que peu de résistance, qu’il repoussait sans problème, quand quelque chose attira son attention au château. Il fouilla partout dans le palais, mais il ne vit que les serviteurs du souverain. C’est alors qu’il comprit que son maître avait de gros ennuis, et qu’il fallait qu’il se retourne dans la forêt au plus vite. Il se concentra, disparut...

... Et réapparut devant toute la garnison de la contrée. Il vit Rofe et Ezerith en garde et prêts à se battre, bien qu’ils n’aient aucune chance face à cet attroupement de soldats. Sa présence ne passa pas inaperçue, et tous le regardèrent fixement. Un petit homme à la fraise démesurée s’avança et déplia un rouleau qu’il lit.

- Hum hum... Le grand roi Allister, ici présent, condamne les criminels ici présents, nommés Ghyr, Rofe et Ezerith, à la peine maximale: la mort par écartèlement. L’exécution se fera dans...

- Tsss, déplorable...l'interrompit Ghyr.

Il leva sa main et créa une bulle noire au dessus de la garnison. Il ne se passa rien tout d’abord, puis certaines recrues se mirent à léviter, se dirigeant lentement vers la sphère, suivies de plusieurs autres personnes, jusqu’à ce que toute l’armée se retrouve en l’air. Enfin, tous, excepté les trois accusés, entrèrent dans le globe, qui se volatilisa. La forêt retrouva son calme de toujours, du moins, à première vue.

- Halte là!

Une voix s’adressait à Ghyr, qui chercha du regard l’auteur de cet ordre.

- Je répète, ne bougez plus, où je l’égorge!

Un Sram était apparut derrière Ezerith. Il maintenait une dague étincelante sous sa gorge, et en pointait une autre sur son flanc. Ghyr et Rofe ne pouvait réagir sans provoquer la mort immédiate de l’Ecaflipette. La situation semblait impossible à résoudre.

- Je me nomme Mojet. Je suis l’espion personnel du roi, et vous allez gentiment me suivre auprès de lui, sinon je... ARGH!

Ezerith avait brusquement levé son pied jusqu’à son épaule, et avait frappé le Sram à la tête. Il était maintenant à terre, tenant son nez ensanglanté. Mais l’Ecaflipette n’en avait pas fini. Elle lui donna un violent coup de pied dans le ventre et lui écrasa le cou avec son coude.

- Personne ne me menace comme ça, d’accord? lui murmura-t-elle à l’oreille.

Elle s’éloigna enfin, laissant Mojet au sol, meurtri et sans défense. Ghyr s’approcha, le souleva par le col, et lui dit:

- Ne t’approche plus d’ici.

Il claqua des doigts et le Sram disparut.

- Et voilà...

- Bon, venez avec moi, j’ai trouvé un nouvel endroit pour mon laboratoire, dit Rofe.
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- Pfou, je suis exténuée.

La jeune Ecaflipette s’était affalée sur son lit. Elle regardait le plafond, puis se tourna vers Ghyr, qui était sur le seuil de sa chambre. Il était appuyé sur l’encadrement et regardait ses pieds.

- Tu sais, pour ce qui m’est arrivé... Je ne t’en veux pas. Tu n’es pas responsable, quoi que tu me dises.

- Très bien.

Il repartit, puis il s’arrêta et se tourna vers Ezerith.

- Au fait, tu as été très impressionnante avec le Sram tout à l’heure. Je ne savais que tu savais te battre comme ça.

- Merci... répondit-elle en rougissant.

Et notre héros partit se reposer, laissant la jeune fille seule.

Chapitre VI

- Vite, vite!

Rofe réveilla Ezerith et Ghyr. Il était affolé et n’arrêtait pas de trembler.

- Maître... Que se passe-t-il? demanda Ezerith, encore endormie.

- Dehors, c’est la fin du monde!

Tous les trois sortirent du laboratoire et découvrirent le monde s’écrouler tout autour d’eux. Le ciel était rouge sang, des éclairs d’une force inimaginable s’abattaient sur les arbres, des tornades se déchaînaient au loin. Un véritable cataclysme se déroulait.

- Rentrons! ordonna Ghyr, qui ne se laissait pas démonter par la situation.

Il voulut se téléporter dans l’atelier avec son maître et l’Ecaflipette, mais rien ne se produisit.

- Que se passe-t-il? questionna-t-il.

- Hé bien, on dirait que ce n’est pas une catastrophe comme les autres... Seule une personne aussi puissante que les dieux peut provoquer un tel bouleversement dans l’ordre temporel et matériel. Mes enfants, j’ai bien peur que mon laboratoire ait disparu à jamais. Il faut trouver un endroit sûr, si cela existe encore dans cet univers.

- Allons dans les montagnes, il y a surement une grotte qui puisse nous abriter de ces calamités, proposa Ezerith.

- Très bien, accrochez vous à moi, dit notre protagoniste, toujours aussi calme.

Il se concentra, puis ils s’évaporèrent tous les trois.
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Ils atterrirent dans une immense grotte, où les ténèbres et l’humidité régnaient. Ghyr tendit sa main, et une flamme apparut, éclairant les parois suintantes.

- Nous serons bien ici, conlut-il.

- Mais, où est la sortie? s’inquiéta Ezerith, qui n’aimait pas l’obscurité.

- Là-bas.

Un point lumineux brillait au bout du doigt que tendait le Féca. Ainsi rassurée, la jeune fille s’allongea sur le sol froid et s’endormit, imitée par Rofe et Ghyr, qui suspendit une flamme magique au dessus du groupe.

Le lendemain, ils se réveillèrent au même moment, et sentirent que quelque chose avait changé. Ils se pressèrent au dehors de la caverne, et un spectacle magnifique s’offrit à eux. Le ciel était d’une pureté incroyable, d’un bleu azur défiant les plus magnifiques joyaux existants. Et sous ce ciel, une mer parsemée d’une centaine de petits îlots de tailles différentes s’étendait à perte de vue.

- Voilà donc à quoi ressemble un monde nettoyé de tous ses vices.

- C’est tellement beau, s’émerveilla Ezerith.

- Mais... qu’allons nous faire, maintenant? demanda Rofe.

- Déjà, je vais me débarrasser de ça, dit Ghyr.

Il prit sa faux, recula de plusieurs mètres, courut vers l’étendue d’eau et lança son arme aussi loin qu’il put. Elle décrivit de nombreux cercles, et atterrit dans l’océan.

- Et voilà, tout est fini... conclut-il.

Ils descendirent donc de la montagne, en espérant découvrir un monde meilleur. Ils savaient tous trois, inconsciemment, que leur quête ne connaîtrait pas de fin, mais ils étaient plus décidés que jamais à enfin purger les vices de la société qui se relèverait prochainement.

FIN
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Réactions 13
Score : 6

Juste un petit conseil... change de nom, sa donne pas envie de cliquer dessus juste ghyr wink je lirais ton histoire

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Score : 74
Droenuf|2008-11-11 22:37:00
Juste un petit conseil... change de nom, sa donne pas envie de cliquer dessus juste ghyr wink je lirais ton histoire


Rassure moi, t'es bourré en faisant c'genre de remarques ?
T'es l'genre de loosers à te dire "Hum, Ghyr, ça pue. Le texte qui en découle pue donc" ?

Dans l'cas, j'te conseille d'aller lire des livres avec un super nom, mais sur l'autoroute.
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Score : 6

--' Étant donné que il n'y a eu qu'une cinquantaine de lecture, je propose un conseil. Si il est écouté et que des nouveaux lecteurs viennent, tant mieux... par contre le genre de trolle qui ne répondent que pour descendre le message d'avant sa me dégoute ( tu ne parle même pas de ce qu' R-Wann a écrit... )

-Non je ne suis pas bourré ( "c'genre" sa existe sa ? petit truc juste, je n'ai fait qu'une remarque, pas besoin de "s" wink )
-Je ne vois pas quel rapport entre sa et les looser mais bon... et pour repondre a ta question, non je ne suis pas le genre a dire sa, je suis le genre a me demander se que les gens pensent en voyant le titre d'un sujet... ( on ne sais même pas si c'est un rp, un rpp... Je ne pense pas que la majorité des internautes aillent sur des sujets dont ils ne connaissent pas le sujet ... ( repetition :/ )

( merci du conseil j'essayerait wink )

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Score : 55

Alors, je ne vais pas lire tout puisque je n'ai plus le temps, mais c'est vraiment dommage, puisque (je me suis arrêté au chpt. 2) c'est vraiment intéressent, action, quête, une vraie histoire comme on les aimes, finit de surcroit^^
Chapeau l'artiste, je te donnerais un avis (et une critique pourquoi pas, même si je ne trouve rien à dire x) ) plus approfondit lorsque je l'aurais finit, demain tout au plus wink .

EDIT : bon bah c'est bien tout ça, rien à dire d'autre.

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Score : 74

Hmmm, j'aime les taunts sur l'orthographe de la part d'un mec qui ne connaît pas encore la différence entre "ça" et "sa".
Et encore, j'cite "que" le plus gros truc...Maintenant si tu veux faire du déballage de zizi, j't'en prie, mais pense à vérifier que t'es membré comme un cheval (c'est une métaphore hein, vient pas whine pour des queues d'cerise).

Tu veux qu'on joue à relever les incohérences ? Génial, j'aime ça \o/.

Citation
par contre le genre de trolle qui ne répondent que pour descendre le message d'avant sa me dégoute


Ah ? Pas toi ?
Le fait de dire à un type que son texte serait plus intéressant si il changeait de nom, ça respire l'amour inconditionnel d'autrui.

Citation
( tu ne parle même pas de ce qu' R-Wann a écrit... )


Reprise de la remarque précédente, c'est mal de dire que les autres sont roux si t'as les cheveux oranges toi même.
Parce que j'ai pas l'impression de t'avoir vu parler du texte non plus...

Ensuite, t'as beau te la jouer altruiste, tu manques de cohérence, mec.
Parce que t'as beau te demander ce que les gens pensent d'un truc, analyser le titre et en sortir une synthese de 50pages, tu pues toujours tant qu't'as pas lu le texte.
Les gens qui s'arrêtent au titre en disant "Hum, ça à l'air nullos, on sait pas si c'est un rpp ou une invitation à la dernière soirée VIP" appartiennent tous à la même masse de glands pas capables de réfléchir plus loin que le bout de leur museau...J'doute que l'sieur R-Wann en soit au point de racoler l'affection de la horde de blaireaux qui piaillent en ces lieux, auquel cas on l'aurait vu relancer la populace pour avoir tout plein d'avis...

'fin, moi c'que j'en pense hein...
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Score : 6

Bof si c'est ce que tu pense alors ...
J'aimerais que on évite de flooder donc si tu veux on continue par mp wink
Je l'ai déjà dit, et je le répète, dire a un écrivain que il ferais mieux de changer de titre pour avoir plus de lecteurs ne veux pas dire : "que son texte serait plus intéressant si il changeait de nom"
Le reste est un espèce de badinage d'insulte toute pourrie... O_o En quoi aurais je besoin de lire le texte pour donner un petit conseil ? ( cette dispute n'a aucun sens je suis désolé je ne répondrai plus. )
Reflechir plus koin que le bout de leur museau waow... un peu le genre d'expression genre va te faire foutre un œuf ?

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Score : 6

Sa y est j'ai lu ton histoire smile j'aime bien (rejoins tu les idées de ton personnage principal ? (sur la peine de mort))

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Score : 64

En partie, oui. Je pense que la peine de mort est le meilleur moyen pour punir une personne ayant commis une faute grave. Cependant, le pire des châtiment est de vivre une vie de remords et de honte profonde, et la mort devient alors une sorte de "soulagement", un répit entre deux vies (la réincarnation, tout ça), et donc cela ne devient plus qu'une sorte de "récompense", en quelques sortes.
Mais bon, ne nous étendons pas sur le sujet, ça trounerait en véritable débat philosophique, et ce n'est pas ce que je veux.

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Score : 1293

Pourquoi que les bons RPs coulent ?

Nan franchement c'est un des seuls que j'ai lu et j'en suis pas déçu. T'pas encore le dieu du troll, mais tu n'a rien à envier à personne en terme de RP wink

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Score : 2211

J'ai lu et j'apprécie beaucoup. Un conseil, ne t'étonne pas qu'il n'y est pas beaucoup de monde qui lisent ton histoire, au début. Il s'est passé la même chose avec la mienne ( je ne dis bien sûr pas que l'Honneur d'Iop est comparable à Ghyr! ) mias plus j'ai posté, plus des gens sont venus lire. Patiente et persévère, tu as du talent.

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Score : 64

Merci beaucoup pour les compliments de chacun de vous, il est vrai que de je désespérais de revoir un jour mon RP en première page de cette section... Bref, je tâcherais d'être un peu plus présent.

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Score : 11

Très bon texte, j'ai vraiment passé un bon moment en lisant cette histoire.

A quand la prochaine ?

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Score : 292

Il y a quelques fautes, et le récit manque parfois d'épaisseur. Mais à part ça c'est super! J'espère pouvoir lire d'autres de tes nouvelles!

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