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Astrub, cité perdue

Par Kelethis 10 Novembre 2008 - 21:03:53
Chaos d’Ogrest, chaos d’Ogrest, on entendait plus que ça dans les rues d’Astrub.
Etait-ce seulement la faute de ce pauvre Ogrest, tout ce remue ménage ?
On lui met bien des choses sur le dos, à ce pauvre Ogre, bien des atrocités, seulement…
Seulement la plupart sont liées aux activités des hommes.
Il n’y avait qu’à regarder dehors, par delà les remparts de la cité, comment évoluaient les choses.
Ce n’était plus de la chasse qui avait lieu, mais de l’extermination pure et simple.
Les premiers à en faire les frais étaient probablement les Bouftous. Précieux pour leurs viandes et leurs laines, les pauvres bêtes étaient traquées, chassés puis dépecées sur place, entraînant des marres rougeâtres dans l’herbe verte.
Mais si seulement ça s’arrêtait là ! La population d’Astrub augmentant de jour en jour (les rumeurs allaient vite sur l’île d’Amakana quand à une la création d’une ville libre pour aventuriers plus ou moins libres) et les besoins de nourriture allant de paire, les agriculteurs ne prêtaient même plus attention à la repousse de leurs récoltes. Tout allait à vaut l’eau ici. La folie des hommes.
Lano grattait sur le papier tous ce qu’il avait vu jusqu’alors dans cette ville de perdition.
Toutes les abominations dont il avait été témoins, et des relents de nausée lui remontaient parfois, lorsqu’il repensait à tous ces cadavres dans les champs, au Nord.
Son rapport serait utile, il le savait, s’il voulait choquer l’opinion des autres villages alentours, ou la vie était encore paisible, du moins potablement appréciable.
Astrub devenait, et cela vraiment rapidement, le repère de bandits, de malhonnêtes, de chasseur de prime et de criminels en tout genre.
Les temples disposés dans la ville semblaient encore épargnés, même si une étrange affaire semblait secouer toutes les communautés, il avait vu au temple Eniripsa des traces de souillures qui n’avait rien à voir avec la douceur environnante.
Lano repensait à Evangelyne.
Ils s’étaient séparés très jeunes et, à bien y réfléchir, il ne se sentait pas vraiment investi auprès d’elle. La séparation avait été brutale, pour le peu qu’il s’en souvenait.
Eva et lui était très proches, mais destinés chacun a sont lot d’aventures différent.
La jeune Crâ avait rejoint une tribu Sadida afin de devenir le garde d’une princesse.
Lano ne se souvenait plus très bien du nom de celle-ci. Amerie ? Amelia ? Arténa ? Peut importe. Lui avait été engagé dans un équipage comme mousse. Il avait, pendant de nombreuses années, raclé le pont, nettoyé les latrines, nettoyé les sabres, monté les voiles et ciré les bottes du capitaine. Mais il avait gravi les échelons, un à un, et aujourd’hui son équipage lui manquait. Oui, son équipage. Le capitaine Berbousse lui avait laissé la place avant de mourir des effets d’un poison Sram.
Mais il avait une mission maintenant, il lui fallait retrouver les traces de sa sœur.
Alors, malgré la tristesse de les perdre, il avait laissé la barre à son premier lieutenant, et il avait regagné la terre ferme ou il tentait, depuis plusieurs semaines, de se faire une nouvelle vie.
Pour l’instant elle se résumait à vendre quelques peaux de bêtes ou de la laine et trouver une auberge à peu près passable pour dormir la nuit.
Il rêvait d’une chambre sans arakanées pour lui chatouiller les pieds…
Il lui faudra pourtant supporter ça encore quelques temps…
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Lano venait d'entrer dans la taverne noire de monde. Une fumée épaisse imprégnait les lieux d'odeurs aussi diverses que variées et il faillit faire demi tour jusqu'à ce qu'il aperçoive une place de libre. Il se fraya un chemin jusqu'à la table, ou une jeune femme était assise.

- Excusez moi mademoiselle, la place est libre ? Il montrait la chaise inoccupée de la main.
- Heu oui, allez y je vous en prie.

Lano s'asseya puis appella le tavernier.

- Je vous offre quelque chose ?

La jeune femme était concentrée à la lecture d'un vieux livre. Elle y inscrivait de temps à un autre un mot, une phrase, à l'aide d'une plume de tofu taillée et imbriquée dans une sorte de réservoir d'encre en métal. Elle était sans nul doute une disciple Féca, et cela se voyait dans son comportement et jusque dans ses petits verres de lunettes rondes. Elle avait les cheveux roux et le nez en trompette.


- Heu, si ça vous fait plaisir, un lait de boufette pour moi, merci.
- Alors ce sera deux laits de boufette patron ! Répondit le crâ. Excusez mon impolitesse mais je ne me suis pas présenté, Lano, ancien capitaine de l'Impérial Tofu, un navire marchand des mers de l'ouest. J'espère que je ne vous dérange pas ?
- Oh non, le moins du monde. De toute façon avec tout ce bruit, impossible de se concentrer. Moi c'est Elyaa, scribe d'Astrub. Elle serra la main que lui présentait Lano.

Il se pencha alors sur le livre et Elyaa eu un mouvement de recul. Il se mit a rire et elle le suivit de près.

- Pardonnez moi, c'est que je n'ai pas l'habitude qu'on lise au dessus de moi, cette ville est peuplée d'illettrés, et c'est bien dommage.
- A qui le dites vous... Elyaa, si je puis me permettre, sur quoi étiez vous en train de travailler avant mon arrivée ? Je suis un peu curieux et la rencontre de personnes cultivées dans cette ville me réconforte.

Elle rit encore et ses joues devinrent un peu plus roses à la lumière des bougies. Elle épousseta le livre d'un geste mécanique et retira ses lunettes.

- En réalité je travaille sur les populations animales d'Astrub. C'est un univers riche et passionnant. J'ai bien peur qu'il disparaisse très prochainement...
- Oui, je vois de plus en plus de peaux de bêtes dans les échoppes et de moins en moins d'animaux dans les plaines...
- En effet c'est un drame. Les populations Bouftous et Tofus disparaissent à vu d'oeil ! L'emplacement d'un fort sur les lieux de reproduction de ces derniers est une chose impensable à l'heure ou ceux-ci sont en déclin rapide. Le gouverneur veut protéger la flore à l'aide ce fort, mais au détriment de la faune ! Je me demande encore comment l'on peut être si stupide...
- Ah ? Je croyais qu'il n'y avait pas de gouverneur ici...
- Oh si il y'en a un, enfin on le pense du moins. Personne ne l'a jamais vu, il se contente de petites actions dans ce genre, sans jamais rien entreprendre d'envergure... C'est une sorte de despote mystérieux...
- Il n'y a pas non plus de milice à ce que j'ai vu...
- Une milice dans ce monde de débauche ?! Laissez moi rire... Si seulement le gouverneur en instaurait une, croyez moi, tout irait mieux pour mes Tofus...

Lano bu son lait en silence. Il savait trop bien pourquoi les Tofus et les Bouftous disparaissaient. C'était l'argent, le nerf de l'imbécilité. Personne n'y pouvait rien, et encore moins un gouverneur qui devait en tirer un profit certain.

- Et vous ? Reprit Elyaa. Que faites vous loin de votre navire ?
- Oh moi... Vous savez c'est une longue histoire mais... J'ai quelque chose à transmettre à ma soeur... Le soucis c'est que nous sommes séparés depuis notre plus tendre enfance, que je n'ai pas la moindre idée d'où elle peut se trouver aujourd'hui et qu'aucune piste ne vient.
- Oh... Comme c'est triste... Comment s'appelle votre soeur ?

Lano marqua un temps.

- Evangelyne. Mais je doute que vous la connaissiez.
- En effet je ne connais personne de ce nom... Je regrette de ne pouvoir vous aider d'avantage.
- Oh ce n'est rien, j'ai été ravi déjà de trouver une personne censée dans ce monde de folie. Je vous laisse a vos bouftous, pourvu qu'ils survivent aux massacres...
- Féca vous entende Lano... A une prochaine fois peut être ?

Il la regarda et eu un petit sourire.


- Surement.
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Je vais commencer à lire. Je te donnerai mon avis un peu plus tard.

EDIT: Ca y est. C'est bien. J'attends de voir la suite pour donner un avis plus poussé, plus développé. Mais comme début, tu ne te rates pas. Un conseil? Aucun, si ce n'est de rallonger un peu tes chapitres, et de les numéroter. wink

Bonne chance, Héhéhé...


Numac Rirquitu.
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Kelethis|2008-11-10 22:03:00
Arténa ?

\o/ !

Tu rausk mon vieux tongue !
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Mouhahaha, l'allusion au "gouverneur" est excellente wink On en veut encore!

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Il était tard quand Lano passa la porte au Nord Ouest de la ville. Il avait accepté le matin même un travail de saisonnier dans les champs d'Astrub. Il y avait passé sa journée, plantant par rangée des graines de blé.
La population d'Astrub croissait de manière exponentielle, il fallait la nourrir.
Lorsqu'il arriva dans sa petite cabane du quartier Crâ, celle qu'il avait loué un peu plus tôt, il s'effondra sur la chaise bancale et posa la tête sur le petit bureau.

- Quelle misère la vie à terre...

Il se redressa et bascula la chaise en arrière, croisa ses pieds sous le bureau et saisi une plume.
Il commença à griffonner sur son journal de bord. Celui qu'il avait remplit méticuleusement depuis qu'il était devenu mousse à bord de l'Impérial Tofu.
Il plongea la plume dans l'encrier et commença.


Mon équipage me manque. Si j'avais su que je dirais ça un jour, je me serai surement abstenu de tout commentaire.
La vie sur terre n'est pas aussi facile qu'on le croit, et ne plus entendre la mer du large me rend nostalgique.
Je regarde souvent, assis sur le lit miteux, l'arc que m'ont offert mes compagnons. Il n'est pas beau, il n'est pas puissant, il est pauvre et peu orné, mais ils ont tous gravé dessus leurs noms.
J'aime les relire, me rappeler d'eux comme un lointain souvenir, mais beau.
Evangelyne me donne du fil à retordre. Je n'ai toujours aucune piste, après tout ce temps passé ici.
Je ne peux toujours pas partir à sa recherche, je n'ai pas de quoi m'équiper pour partir sur les routes.
Je travaille comme saisonnier en ce moment. Je cultive la terre et c'est un travail pénible, bien plus pénible que de donner des ordres à Marloin, cet embouché de quartier maître !
Je suis las de cette ville alors que je viens d'y mettre les pieds. J'ai hâte d'amasser un peu de kamas et d'enfin partir.
La ville regorge de truants, de bandis et de malhonnêtes. Je n'y suis pas à l'aise.
Plusieurs fois des marauds ont essayé de s'en prendre à ma bourse. Fort heureusement pour moi, les années sur la mer a repousser les flibustiers m'ont donné une aisance au combat qui me facilite la tâche.
Je crois qu'ils se sont donné le mot, cela fait plusieurs jour que je n'ai pas été agressé.
Le gouverneur à enfin achever la construction du fort. C'est la jeune Elyaa qui doit être bien triste pour ses Tofus.
Je trouve personnellement l'acte inutile. Si encore il y'avait une garnison dans ce fort ! Mais non, rien, juste des champs et quelques emplacements de marché. L'argent attire l'argent paraît-il.
Je n'ose protester encore, après tout je ne suis pas un habitant d'ici et je n'ai pas mon mot à dire, mais il faudra bien qu'un jour la ville s'organise. C'est la débâcle !

Lano reposa sa plume et tira d'un recoin de son veston un morceau de pain dans lequel il croqua.

- Comme je regrette ma cabine et mon p'tit confort...

Il posa cette fois les jambes sur la table et pencha la tête en arrière. En scrutant le plafond il aperçu une arakne qui tissait sa toile. Il forma une boulette de mie et lui décocha en plein milieu. Elle se ratatina d'un coup, puis pris le chemin de la fenêtre ou elle disparue dans l'obscurité.
Lano allait prendre une autre bouchée lorsqu'on frappa à la porte.
Il faillit tomber à la renverse, mais se rattrapa juste à temps pour ne pas faire voler le bureau et la série d'ustensile de cuisine qui se trouvait derrière.
Il se ressaisit lorsqu'une deuxième série de coups frappa la porte.


- Heu, oui ?
- C'est Elyaa, vous vous souvenez ?
- J'ouvre !

Il se précipita sur la porte, réajustant ses habits sales et passant une main rapide dans ses cheveux. Il toussa légèrement et ouvrit.

- Bonsoir lui dit la jeune femme. Excusez moi de vous dérangez, j'ai... Comme un... Léger soucis.
Elle était pâle, bien plus que la première fois qu'il l'avait vu, et elle avait des cernes sous les yeux.

- Qu'est ce qui se passe Elyaa, on vous a fait du mal ?
- Non, non, rassurez vous... Je... On m'a juste chassé de chez moi...
- Comment ?!

La jeune Féca lui raconta son histoire. Elle était rentrée le soir même d'une longue marche au travers de la forêt du sud pour observer les Tofus, quand elle avait ouvert la porte de sa loge, trois hommes s'y trouvaient, apparemment ivres et ayant saccagés tout son intérieur. Elle avait pu voir ses grimoires arrachés et les feuilles dispersées partout dans la pièce avant de se faire rembarrée par l'un d'entre eux. Elle avait protesté mais celui-ci lui avait mis une claque qui l'avait fait vaciller. Elle avait préféré partir et ne sachant pas ou aller, était retournée à la taverne. C'est là bas qu'en pleurant elle avait demandé l'adresse du Crâ. Elle était alors venue jusqu'ici, et la voilà à présent assise sur le lit, dans la cabane sombre, à raconter son histoire.

Lano reprit.

- Je m'en occupe. Ecoutez, vous ne bougez pas d'ici d'accord ? Si vous avez sommeil, dormez, fermez la porte après moi et j'ai de quoi manger dans le buffet, servez vous... Et puis séchez vos larmes, je vais arranger ça. Tout ira bien.

Elle n'eut pas le temps de répondre. Il décrocha de la porte le fourreau duquel sortait le pommeau d'une courte épée. Il boucla la ceinture à sa taille et referma la porte d'un claquement sec.
Dehors, Elyaa entendit les pas s'éloigner vers l'Est.

Elle joignit les mains entre ses genoux et se mit à pleurer.

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Elyaa... Ne serait-elle pas liée à une certaine Lyness? ^^

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Je pense ne pas trop m'avancer en répondant oui tongue

Bon boulot ma Nouille wink On en veut encore \o/

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Et pourtant non, c'est pas Liness... Mais bientôt elle entrera en jeu héhé.
Merci en tout cas les namis... J'attends les votres wink

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La porte s'ouvrit d'un claquement sec avec une violence concentrée. Le bois s'éclata contre la pierre et des éclats volèrent au travers de la pièce. Une épaisse poussière s'engouffra du dehors et les trois hommes, surpris, ne bougèrent pas d'un pouce, les yeux écarquillés fixant la porte.
Une silhouette apparue, d'abord floue, puis de plus en plus nette, jusqu'à former une image précise.
Lano se tenait dans l'embrasure de la porte, une main sur la hanche, l'autre sur le pommeau de son épée.


- Je crois que ce lieu ne vous appartient pas messieurs.

L'un des bandits, il portait un cache œil et une barbe de trois jours, lui lança un sourire édenté.

- Ici c'est chez nous si on veut bonhomme. Et c'est pas un gringalet à la noix dans ton genre qui va nous dire où s'qu'on crèche.

Il renifla et cracha en direction du Crâ dans un son guttural abominable.
A peine le cracha tombé à terre que déjà les deux autres se levaient de leurs chaises l'air menaçant. Le premier avait à la main un couteau du type qui se cache dans une manche et que l'on sort au coin d'une ruelle. L'autre prenait au fond de la pièce un gourdin de bois qui y était posé.


Lano ne bougea pas, il se contenta de leur lancer un ultime avertissement, l'air serein.


- Ecoutez, vous n'avez rien à faire ici. Alors soit vous partez gentiment, soit c'est moi qui vous fait sortir. Et ce ne sera probablement pas en un seul morceau.

Les hommes qui s'avançaient maintenant doucement vers lui se mirent à rire.
Celui qui semblait être le chef prit la parole.

- Parce qu'il y'a une milice maintenant à Astrub ? Tu sais ce qu'on fait aux badauds dans ton genre bonhomme ? On leur pose la tête contre un rocher, et on donne un grand coup d'pied !

Les deux autres éclatèrent de rire. Le borgne reprit.


- Et comme apparemment c'est c'que tu veux par dessus tout, on va s'faire plaisir. Allez y les gars ! Chopez moi ce blaireau !

Les deux autres se ruèrent alors vers la sortie. Celui avec le couteau en tête. Il le brandit en avant, et essaya de planter Lano d'un coup d'estoc. Celui-ci s'écarta sur la gauche et laissa passer le coup dans le vide.
Le Crâ tendit alors son pied dans les jambes de son agresseur et d'un revers de la main l'obligea à tomber à la renverse. Le deuxième homme était déjà sur lui, le gourdin en l'air, lorsqu'il dégaina sa courte épée.
L'homme au couteau resta à terre tandis que celui au gourdin l'abatis sur lui. Il reçu le choc dans l'épaule et vacilla sur le moment, se redressant contre le mur en parant le deuxième coup d'un revers de lame.
Le combat gagna en intensité lorsque l'homme au gourdin chercha à le faire tomber, mais le Crâ tient bon et il décocha un revers de lame à son agresseur. Celui-ci tomba à terre, une entaille saignante sur le coté, le gourdin désormais hors de portée.
Le bandit qui tenait le couteau était quant à lui de nouveau debout et Lano du reculer pour éviter un coup de pied dans l'estomac. Il était à présent dehors, sur le palier et continuait de reculer, laissant son agresseur s'épuiser dans de grands gestes amples. Lorsqu'il vit que celui-ci était à bout de souffle, il engagea le combat et, assez facilement, le remporta, laissant à terre le deuxième bandit de la maison.
Le chef était confiné dans le fond de la pièce, il suait à grosse goutte et son œil valide donnait de grands signes d'angoisse.
Lano s'approcha, la lame baissée et légèrement rougeâtre.


- N...Non ! Ecoutes, c'est vrai qu'on avait rien à y faire dans c'te baraque ! Mais on a pas d'chez nous, alors on vit un peu de ci, de là, c'est pas méchant, on veut juste dormir au chaud, quoi ! C'est pas un crime !

Il tremblait à présent, et il était désormais dans un état qui pouvait lui faire souiller son pantalon à n'importe quel geste brusque.

- Si, c'est un crime. Voler l'habitat d'autrui est un crime, comme gifler une dame en est un autre. Elle a été bouleversée.
- Hey ! Nan attends ! On lui à rien fait à elle, juste une baigne, c'est tout, c'est rien !
- Elle a eu de la chance, mais les autres ?

Le bandit avala sa salive.

- Quelles autres ? Y'en a pas eu d'autres, c'est vrai ! J'te jure !
- Et cette histoire il y'a deux nuits, sur cette jeune Eni du quartier Herbacha ?
- Qu... Je... C'était qu... On était bourrés merde !

Lano était maintenant très proche de l'homme, il leva doucement son épée et tendit sa pointe juste sous la gorge du bandit.

- Il y'a toujours une justice. Aujourd'hui tu es sain et sauf. Prends bien garde à le rester. C'est un conseil.

Le pantalon était désormais souillé.
Lano rengaina sa lame et reparti d'où il était venu, laissant derrière lui deux hommes blessés et un autre mort de peur.

Plus tard, arrivé dans sa petite cabane du quartier Crâ, il ouvrit doucement la porte. Elyaa l'attendait, anxieuse, dans le même état qu'un peu plus tôt dans la soirée. Elle se précipita sur lui et l'enlaça.


- Oh mon dieu, vous n'avez rien !

Lano fût gêné de ce geste de tendresse, peu habitué, et il la repoussa amicalement.


- Tout va bien. Vous dormirez ici ce soir, et demain vous pourrez retourner chez vous sans aucune crainte. Personne ne viendra plus jamais vous y embêter, c'est certain.

Elle le regarda avec des yeux méfiants.

- Qu'avez vous fait ? Ô mon dieu, vous ne les avez tout de même pas...
- Non. Ils ne reviendrons pas, je vous le jure. Maintenant il est tard, et j'ai eu une dure journée. Je vous laisse la cabane pour dormir, je vais allez à l'auberge prendre une ch...
- Non, restez ! Je... Ne me sens pas trop en sécurité...

Il accepta, et passa la nuit contre le mur, emmitouflé dans un drap tandis qu'elle dormait confortablement installée sur le lit de l'unique pièce qui constituait l'habitat du jeune Crâ.
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Va falloir réparer la porte, maintenant! ;p

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La nuit avait été brève. Et il s'en serait bien passé.
Il s'était couché avec le soleil, et s'était endormi immédiatement, fatigué de sa journée.
Du peu qu'il lui restait de ce court sommeil, ce sont des bribes de cauchemars éparses. Il avait vu sa soeur, étincelante, dans une robe blanche, suspendue en l'air dans ce qui pourrait s'apparenter à une sorte de temple ou de vieille demeure. Elle souffrait. Elle souffrait d'ailleurs tellement qu'il en avait eu mal. Lorsqu'il s'était réveillé, en sueur, la dernière image qu'il avait en tête c'était celle d'une sorte de Vampyre aux cheveux luisants et au rire démoniaque.
Après s'être servit un verre d'eau fraîche, il avait rapidement esquissé sur le papier sa vision de la nuit.
Certes le dessin n'était pas parfait, et il lui restait des progrès à faire dans le domaine, mais c'était intéressant de voir que sa vision avait été assez nette pour qu'il soit capable de retranscrire dans les moindres détails le Vampyre du cauchemar.
Pour sa soeur, impossible de garder une vision intacte. Elle était comme il l'avait quitté, blonde aux yeux verts. Elle avait juste... Plus de formes...
Ce cauchemar ne l'avait pas laissé indifférent et il avait tourné et retourné le dessin dans tous les sens, en essayant de découvrir quel mystère pouvait bien cacher ce rêve bizarre.
Il se décida d'aller faire une enquête en ville, mais il n'obtint qu'une seule et même réponse, négative.
Le Vampyre du dessin était inconnu, et inexistant. Du moins à Astrub. Mais une petite voix, tapis dans l'ombre de son subconscient lui disait que cette vision avait été réelle, prémonitoire, et que ce personnage, ce Vampyre avait bien fait du mal à sa soeur.
Il fût d'une humeur massacrante le reste de la journée, impuissant face à ce rêve, il stagnait dans ses recherches et avait peur de partir d'Astrub. Sa bourse ne se remplissait pas, la vie ici devenait chère, bien trop chère, et les gens de plus en plus curieux. La ville, déjà abandonnée aux marauds, semblait désormais abandonnée d'âmes.
Il errait dans la ville et n'y sentait aucune forme de vie, tout était morne.

Alors qu'il entrait au pub du coin de la rue, il croisa une affiche.
Elle était déchirée, et n'y était visible qu'un morceau d'illustration et le début d'un mot.
"Vamp..."
Mais bien sur ! La bibliothèque ! Pourquoi n'y avait il pas pensé plus tôt ! Là bas il trouverait surement des informations sur... Sur les êtres aux grandes dents qu'on croisait, disait-on, au cimetière.
Il couru dans les rues pavées de la capitale de la débauche et stoppa net devant l'établissement publique.
Établissement était d'ailleurs un bien grand mot. Il s'agissait plutôt d'un résidu de murs auxquels on avait ajouté un semblant de toit et une ou deux marches.


"Ah oui, c'est vrai... On est à Astrub..." Se dit Lano.

Il tira la clochette de la porte qui tomba à ses pieds... D'accord... Ça commençait bien.
Une fois entré dans le bâtiment, petit, un bureau se situait face à lui. Un Enutrof se mouchait dans un tissus qui avait visiblement été beaucoup utilisé et des piles de livres poussiéreux s'entassaient dans tous les recoins de l'unique pièce.


- Excusez moi, fit le Crâ.
- Humpf ?
- Heu ce serait pour une recherche de...
-ATCHA ! 'xcusez, mauvais rhume. Merde, le livre.

La main du vieil Enutrof étala le liquide sur la page.


-Vous disiez ?
-Heu, ce serait pour une recherche sur les Vampyres...
-QUOI ?! ATCHAA ! Les Vam... Vam... Vam... ATCHAA ! Les Vampyres n'écrivent pas de livres !
-Ce serait plutôt pour une recherche concernant les Vampyres, pas écrit par des Vampyres voyez... J'ai la un dessin de...
-Pas la peine, de toute façon ici on a rien. Hormis Doris l'exploratra, et quelques Agatho Crista. Sur les Vampyres, juste un bouquin. Enfin, quelques pages d'un bouquin. Je l'ai là. Tenez. C'est sur Anerice la Shushess, je sais pas si ça va vous être utile. Vous savez, elle a connue le Tic-Tac-Tic ! Un grand bateau !
-Oui je connais, j'ai été marin, mais le Tic-Tac-Tic est vieux de... D'avant le déluge ! C'était y'a... Piouf... Mille ans ! C'est... Y'a longtemps ! Cette Vampyre est morte il y'a bien longtemps, ça ne m'intéresse pas.
-Justement monsieur. ATCHA ! C'est une Vampyre... Je veux dire... Elle vit toujours monsieur.

Lano frissonna. Il n'aimait pas tous ces personnages étranges, et encore moins les Vampyres, même si il n'en avait jamais croisé un. Ça lui avait toujours semblé, pas naturel... Les dents, sucer le sang et tout le toutim...

-Je vais prendre le livre alors. Heu. Je dois le rendre quand ?
-Quoi pour trois pages ? Gardez les mon vieux, tout le monde ici se fout bien d'Anerice. ATCHAAA ! D'ailleurs, si vous voulez savoir, vaut mieux s'en foutre. Avant d'avoir deux trous dans le cou, je veux dire.

Lano remercia le bibliothécaire malade. Il n'avait pas peur des Vampyres, tant qu'il n'était pas en face d'eux. Il pourrait peut être obtenir une piste sur la mystérieuse vision de la nuit. Et puis il ne savait pas vraiment ce qu'était une "Shushess". L'occasion rêvée d'en apprendre plus...
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