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Les One-Shot De Tatii.

Par Tatii-Mimii 08 Mai 2013 - 19:46:14
Réactions 44
Score : 2

j'adore des trois one-shot vivement la suite j’espère que tu les continuer

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Score : 3315
Yep tout le monde, ça fait assez longtemps ! Je suis de retour avec plein de nouvelles idées et à commencer par ce OS que je compte sûrement peut-être transformer en fanfiction, je verrais bien, en attendant, je vous souhaite une bonne lecture ! smile

The Flame Of The Shadows.



Song



Mes pas glisse lentement sur l'une des tuiles du toit sur lequel je me trouve, au beau milieu de Bonta. C'est l'après-midi et le soleil nous offre sa lumière scintillante, mais je suis une ombre, j'erre, j'observe, puis j'attaque. Ma capuche retombant sur mon visage, je suis incognito. Parmi toute la foule de gens qui sortent afin de pouvoir marchander leurs biens dans les rues pavées, je repère une seule et unique personne. Un homme, qui me semble haut gradé dans l'armée Bontarienne qui se trimbale en armure en compagnie de ses amis éméchés. Un sourire naît sur mes lèvres, ça n'en sera que plus facile, même si j'ai une tendance à ne jamais sous-estimer mes proies.

C'est un guerrier après tout, il sait se battre, mais il n'a peut-être jamais baigné dans une flaque de son propre sang, moi, je l'ai fait et j'y ai survécu. Mais le destin en a choisi autrement et aujourd'hui, me voilà ici, armé jusqu'aux dents. Mes couteaux cachés dans mes bottes et les pans de ma longue tunique d'assassin. Je continue à filer ma proie, avant de descendre agilement de l'un des toits, personne ne me remarque, je file à travers la foule, me mélangeant comme un simple citoyen innocent.

Durant toute ma vie, j'ai appris l'art de tuer, depuis mon plus jeune âge. Mais j'ai aussi appris à espionner les gens, à être une ombre qui ne se rend jamais visible, même lorsque les cloches de la mort sonnent, je ne suis que l'écho de quelques pas à travers une foulée de gens, un homme parmi tant d'autres, un père, un frère, un amant. Ma cible n'est qu'à quelques mètres de moi, il ne se doute pas une seule seconde qu'un prédateur rode derrière lui, attendant le moment propice pour pouvoir le dévorer.

Nous sommes des êtres patients, très patient, comme un serpent qui donne son venin à sa proie, le laissant mourir durant quelques heures, lentement, douloureusement face à ses yeux. Je le vois qui s'arrête pour discuter avec ses camarades, puis il bifurque dans une ruelle seul. J'attends que ses camarades s'en aillent pour que je puisse me relancer sur ses traces, une fois fait, je m'aventure dans la ruelle.

Il est là, face à moi, marchant tranquillement, dans son armure argentée qui brille aux reflets du soleil. Je m'approche lentement de lui, sortant l'une de mes dagues cachées dans ma manche, puis vint le moment propice tant attendu, une fois assez prêt de lui, je plante ma lame dans sa nuque. Aucun son ne sort de sa gorge, j'ai pu couper ses cordes vocales sous le coup. Un gargouillis horrible se fait entendre et il tombe face contre terre au sol.

Je le retourne sur le dos et ferme ses grands yeux exorbités levés vers le ciel.

- Repose en paix, fis-je d'une voix lourde et pleine de tension.

L'adrénaline retombe doucement dans mon corps, après l'avoir senti parcourue mes veines pendant un instant, elle s'évapore, comme un mauvais souvenir. J'essuie ma lame pleine de sang contre ses vêtements, puis je me relève, comme si de rien n'était et reprend mon chemin, invisible. Je tourne à droite, dans une autre ruelle, fier d'avoir accompli ma mission. Je n'ai donc plus qu'à rentrer chez moi.

Cela va maintenant faire cinq ans que j'avais été muté dans la guilde assassine bontarienne, les boulots ici était beaucoup plus facile qu'à l'époque où je travaillais à Brakmar, mais nous étions bien payé quand même. Après tout Bonta était beaucoup plus riche que Brakmar, néanmoins, malgré tous ces gens, le boulot y était plus facile et beaucoup plus calme que dans la ville du meurtre et des pêchés. Mais sous ces apparences trompeuses, Bonta était tout aussi pervertie que la ville rouge. Les gens ici, savait agir avec finesse, tandis qu'à Brakmar, cela ressemblait plus à des guérilla plus risqué. Entre les guerres de gang, l'esclavage, le trafic de corps humains et les agences de tueur à gages et mercenaire, j'en avais vu des vertes et des pas mûres.

Désormais, ma petite vie était beaucoup plus tranquille qu'auparavant, malgré ma nature d'assassin sram. Mon foyer se situait dans le quartier nord de la ville, une petite maison entre deux ruelles calme ou se trouvait une petite sadida qui faisait son business, lorsqu'elle était seul, je prenais un malin plaisir à l'observer du haut de mon balcon donnant une vue directe sur la ruelle.

Une fois chez moi, je retirais ma tunique d'assassin pour partir me baigner sous une eau brûlante. Mon corps était assez grand, proportionné et musclé en vue de mon métier, les assassins sram étaient tout aussi agiles que fort et nous devions être en bonne santé pour pouvoir exercé notre métier. Ma longue chevelure rousse retombant sur mon dos ou se trouvait une vingtaine de cicatrices, je relevais mon visage vers la paume d'eau chaude, savourant ce petit moment de tranquillité.

Je sortais de la pièce d'eau, m'habillant d'un pantalon noir et d'un débardeur assortis, tout en me regardant dans un de mes miroirs, je put apercevoir une autre de mes cicatrices plus voyante, sur mon visage. Elle partait de mon arcade gauche, redescendant jusqu'à ma joue. Un mauvais souvenir, très ancien dont je ne préférais pas me remémorer.

Chassant mes idées sombres, je me dirige vers ma table de nuit dans la chambre, plus précisément dans le tiroir, ou je sors un de mes petits cigarillos, confiné dans une boîte grise. Quelques années plus tôt, j'avais rencontré un féca à Amakna qui m'en avait appris la création, depuis, je me débrouiller pour pouvoir m'en faire avant de partir à l'étranger pour des missions.

Je me rendis sur mon balcon, allumant mon cigarillo grâce à une allumette. J'entends un bruit, dans la ruelle en face de chez-moi, c'était une voix féminine. Cela dura pendant un long moment, puis quelques minutes plus tard, un soldat sortit de la ruelle, remontant son pantalon sur ses jambes. Il jeta quelques kamas au sol, puis s'en alla. Le business, hein... ? Je ne dis rien, ce n'était pas mes affaires et cette femme était libre de faire ce qu'elle voulait de son corps, certains étaient nés riches, d'autres se démerdais pour pouvoir au moins se payer à bouffer.

Je retournais dans le salon, attrapant une veste au passage et me dirigeais hors de chez-moi, dans la petite ruelle. Assise près du mur, je la vis. Sa longue chevelure noire ondulée en de merveilleuses boucles, de grands yeux d'un bleu azuréen, un teint doré et en plus de ça, elle était gaulée comme une déesse, la jeune Alissa. Je posais une veste sur ses épaules et puis elle releva son regard vers le mien.

- Bonjour Alissa, fis-je en tirant une bouffée de fumée.
- Monsieur Haïs... Merci. Vous allez bien ?, me demande-t-elle en se relevant.
- Oui, on fait aller, tu veux v'nir boire quelque chose ?


Elle détourna le regard en rougissant, puis me regarda de nouveau avec un sourire éblouissant.

- Je veux bien... Si ça ne vous dérange pas bien sûr !, me répondit-elle.

Je tendis une main pour lui caresser le crâne, avec un sourire. Alissa était une brave fille qui faisait de son mieux pour pouvoir subvenir à ses besoins et encore, elle le faisait pour celui qui l'avait embauché. Depuis que je vivais ici, j'en avais entendu des choses la concernant et surtout des crises de nerfs de son mac qui s'amusait à la maltraiter. Ce n'était pas mes affaires, mais ça ne me dérangerait pas de lui foutre mon poing dans sa gueule.

- Tu m'dérange pas, allez, grimpe.

Je la laissais passer devant moi, puis lui offrit à boire une fois que nous fûmes dans le salon. J'étais un homme plutôt solitaire, mais de la compagnie, qui plus est féminine, étais loin de me déranger. Et puis, ça allait faire maintenant un an que j'avais rencontré Alissa. Toujours debout dans le salon, je jetais un coup d'oeil par la fenêtre, avec un angle qui me permettait de voir ce qu'il se passer dans la ruelle.

- Vous m'avez toujours gâtée... Je ne sais pas comment vous remercier monsieur Haïs..., dit-elle.
- Tu ne me dois rien Alissa, si tu as besoin de quoi que ce soit, tu sais que je suis là.


Je lui fis un sourire qu'elle me rendit, avant de se relever.

- Je dois retourner à mes... Occupations, merci, encore, dit-elle poliment.

Elle était peut-être née dans la rue, mais elle n'en restait pas moins courtoise et avait encore la force de sourire après tout ce que j'avais vu et entendu. Je la raccompagnais jusqu'au perron et la vit partir se confiner dans sa petite ruelle, mais au moment où elle sortis, j'aperçus un homme qui l'attendait déjà, me lançant un regard si tranchant que s'il avait eut des lames à la place des yeux, je serait mort. C'était lui, son mac.

Mais ce soir, j'avais d'autres chats à fouetter.

♣♣♣

La nuit est tombée sur Bonta et la lune nous offrent sa lumière mystérieuse et imprévisible. Certains anciens de la guilde m'ont raconté que la Lune avait le don d'influer sur certaines personnes. En particulier nous, les srams, les roublards. Je n'y avais jamais vraiment fait attention auparavant, mais en murissant, je m'étais rendus compte que les drames que j'avais vécu s'étais uniquement déroulé lors des nuits de pleine lune. Peut-être que les anciens disaient vrai.

Comme chaque soir, nous, nous réunissons dans l'une des grandes cryptes de la chapelle Heightine. Et pour cela, nous empruntons des tunnels secrets disséminés aux quatre coins de Bonta. Il y a des années auparavant, lorsque la guilde n'acceptait que les disciples de sram, ceux-ci ont fondés plusieurs tunnels dans les grandes villes du continent et depuis, nous perpétuons la tradition, hormis pour celle de la race. La guilde accepte désormais toute race, que ce soit sram, crâ, osamodas, roublard, sadida et bien d'autres, nous vivons uniquement pour faire régner la paix et la liberté dans tous les peuples, et ce, dans l'ombre et la discrétion.

Vêtu dans ma tunique noire et ample, je me dirige vers l'un des tunnels, observant s'il n'y a personne aux alentours, puis enfin, j'entre à l'intérieur, avant de marcher une bonne dizaine de minutes, je me retrouve face à une porte noir. Il y a une fresque du dieu sram, portant une dague dans sa main et de l'autre un crâne aux yeux ensanglanté.

Et puis cette atmosphère me pénètre le corps et l'âme, certains diraient qu'elle est maudite et donne une mauvaise impression dès la première fois, mais je la trouve réconfortante. Car j'ai été élevé ici, pas à Bonta, à Brakmar, mais chez les assassins, j'y ai vécu depuis mon plus jeune âge. J'y ai rencontré mes premiers amours, mes premiers amis et des traîtres.

Je ne regrette rien pour autant, car j'y suis très attaché. J'entre donc, poussant la porte qui me tire de ma rêverie dans un grincement à vous glacer le sang. Puis enfin, j'aperçois de nombreuses bougies au sol, dans une grande pièce circulaire, si grande qu'elle pouvait accueillir au total une cinquantaine d'assassins. Lorsque je franchis le pas de la porte, certains me dévisagent, d'autres me font des sourires et puis...

- Haïs !, hurla un roublard dénommé Jark'Hal, avant de foncer sur moi.

Jark'Hal était un ami que j'avais rencontré en mission, il y avait maintenant une quinzaine d'années. Il était intrépide, très dragueur, un peu trop même et avec un ego si grand qu'il pourrait à lui seul engloutir notre système, mais il était fidèle et un très bon ami de surcroît.

- Jark'Hal, fis-je en lui rendant son étreinte. Comment vas-tu ?
- J'ai rencontré récemment une petite eniripsa, une dénommée Lisa, avec des seins en forme de poire, ils étaient si beau que...
- Jark', on ne veut pas entendre tes putains de relations sexuelles, fit une autre voix, plus grave.


Une grande silhouette fit son apparition, y laissant voir un grand homme encapuchonné, vêtu d'une tunique grise. Lorsqu'il enleva sa capuche. Brun, avec des yeux noisette et un teint hâlé, un sacrieur, un molosse, un énorme ours au coeur tendre.

- Raellin ! Tu vas bien ?, lui demandais-je en tendant ma main vers la sienne.
- J'ai le cerveau complètement retourné avec ses conneries... Tu veut pas lui dire de fermer sa gueule, ça me saoul, fit le molosse en soupirant.
- Hé, mon grand, ce n'est pas de ma faute si tu n'as pas pu chopper cette sacrieuse !, répliqua Jark'Hal.


Une guerre épique s'en suivit où je dus séparer les deux zozos, en compagnie d'Anélia, la plus jeune d'entre nous. C'était une jeune roublarde, un brin mystérieuse et féline dans son habit noir. Jamais personne n'avais encore vu son visage sous sa capuche et son masque recouvrant ses lèvres et son nez. Néanmoins, elle était habile au combat, nous avions fait plusieurs contrats ensemble et tout s'était toujours déroulé avec un professionnalisme parfait.

Nous continuons donc à parler, Jark nous parlant de ses conquêtes, Raellin l'insultant, Anélia toujours aussi silencieuse et moi, les observants, un peu à l'écart. Quelques secondes plus tard, les anciens firent leur apparition au beau milieu de ce brouhaha. Les autres assassins et ma petite équipe, leur firent face, répétant les phrases sacrées.

- Nous sommes les amants de l'ombre et de la nuit, notre devoir est sacré, nous ne pouvons échouer car nous sommes Assassins. Les mensonges seront à découvert et la liberté notre offrande.

Parmi les anciens, il y avait mon ancien maître, celui qui m'avait formé à devenir une ombre. Arlo Feditore, l'un des plus grands assassins n'ayant jamais existé. Il était l'incarnation parfaite de l'ombre vertueuse. À ses côtés, j'avais souffert, mais également beaucoup appris. Il avait toujours était secrètement mon modèle. Les anciens débutèrent donc leurs discours, comme lors de chaque réunion, avant de nous donner les cibles que nous devions exécuter. Un par un, nous devions faire notre rapport. Ce fut Arlo qui écouta mon rapport, comme à son habitude, froid et professionnel en toute circonstance.

Une fois la réunion finis, je dit au revoir à ma petite équipe décidément beaucoup trop déchaîné pour moi ce soir, avant de rentrer discrètement dans mon habitat. Mais alors que je traversais une petite ruelle, un homme arrivant d'un toit sauta face à moi, habillé dans une tunique d'assassin, il sortit ses dagues et fonça vers moi. J'évitais de justesse ses lames en parant avec les miennes, avant de passer derrière lui, pour lui donner un coup dans l'arrière des genoux. Il se plia en deux et essaya de se relever, mais ce fut trop tard, mes dagues s'étaient déjà plantées dans son cou ruisselant de sang.

Il tomba raide mort au sol et moi, je pris le temps de reprendre mon souffle en analysant la situation. Était-ce l'un de mes confrères qui venait de m'attaquer ? Impossible, les lois de la guilde étaient claire à ce sujet-là. Et puis... On m'avait suivi durant tout ce temps et je n'avais rien vu venir ? Surpris par ma stupidité et la vitesse avec laquelle l'homme m'avait attaqué, je me dirigeais vers son corps, le fouillant, avant d'y trouver une plaque en métal de mercenaire.

Cet insigne... Je ne le connaissais que trop bien.
 
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Trop bien ce premier chapitre vivement la suite

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Je viens de lire ton chapitre de cette année, j'ai bien aimé hormis quelques détails (les vulgarités qui sont ma hantise et l'histoire du cigarillo qui me réveille des sueurs froides (oui, malheureusement, j'ai une phobie des trucs dans ce genre, et c'est pas drôle)).

Malgré des petites fautes d'étourderie, c'est très bien écrit et très bien décrit, pour le coup de la Bonta pervertie, je dis que ce n'est pas faux (biggrin). Eightine, référence à la chapelle Sixtine, j'ai juste adoré. Tu m'as même faite rire à certains moments, c'est que dire!

Bref, si je voulais que ça devienne une fanfic, je veux bien moi! smile

Tokina Japona
 
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Disappear


Sans repères, sans logiques. J'ai donner forme à des rêves qui me sont désormais inaccessibles. J'ai tenté de rendre l'impossible, possible, mais en vain. Ils me craignent, fuis devant ce visage qu'est le mien. Devant ces cornes qui dépassent de mon crâne, cette longue chevelure trop sombre et ces mèches éparses qui cachent mes deux orbes pourpres. Cette peau d'albâtre, d'une teinte cadavérique. Et ces deux ailes, trop encombrantes, qui sur leurs passages, ne laisse qu'une traînée de plumes d'ébènes. Je les observent, depuis trop longtemps, dans l'attente d'un espoir soudain, mais rien ne vint. Recluse au fin fond d'un grotte, semblant à un gouffre. A ce gouffre qui absorbe mon âme, de jour en jour. Cette corruption, qui me détruis, petit à petit. Comme une gangrène qui se propage, un virus, que l'ont ne peux stopper. Avant, j'étais comme eux, ces deux amants. Cette crâ, ce féca, qui se tiennent, main dans la main. J'avais aussi ce sourire sur les lèvres, cette insouciance de vivre sans penser aux lendemains. Cette innocence, de croire, que tout n'était pas noir. Que les ténèbres ne pouvait que courber l'échine face à la lumière.

Mais c'était faux. Bien sûr. Mais ces histoires là, ou tout se finis mal, personne ne les contes. Car ces gens possèdent de l'espoir en eux. Car ils ne savent pas ce que c'est, d'être pied au mur. Dans un gouffre si profond, que l'on ne peut en ressortir. De devoir étreindre cette même et seule douleur chaque jour, dans l'espoir, qu'un jour, une personne puissent nous en faire sortir. Mais rien de tout cela n'existe vraiment. Peu à peu, ce sont mes proches qui ont disparus, les années passant et longue, bien trop longue. Puis celui que j'aimais. Disparu. D'abord dans cette maladie incurable et puis, bientôt, sur son lit de mort. Je me souviens d'avoir pleurée ce soir là. D'avoir passée ma main sur son visage, un dernier baiser sur son front. Comme un adieu. Poignant, déchirant. Puis des larmes, un flot de larmes ayant inondés mes joues. Ces mêmes joues qui autrefois était pleine de vigueur, son devenus creuses. Ces cernes ayant entourés mes deux billes rougeoyantes. Ce regard qui a tant effrayé.

Aujourd'hui, ils m'appellent la sorcière du Marais. Ils pensent que j'existe depuis la nuit des temps et que je maudit tout ceux qui croisent mon regard. Que j'attire les enfants à l'aide de sortilèges malfaisants, pour pouvoir ensuite les dévorés. Mais ils ne savent pas qui je suis, ce que je peux ressentir réellement. Ce qui m'est arrivée. Ce qui a fait qu'aujourd'hui, je ne sois plus que l'ombre d'un passé bien lointain. Une enveloppe charnelle, sans réelle âme. Tel un fantôme qui parcours, hante ces lieux. Je disparais, de jour en jour. Je m'éloigne de ce que j'avais voulus être, de ce que j'avais désiré, du plus profond de mon coeur. Pouvoir grandir, mûrir. Fonder une famille, vieillir, voir ses enfants, ses petits-enfants grandir. Main dans la main de mon conjoins. Mais à la place, c'est un cadeau empoisonné que l'ont m'a offert, que je n'avais jamais soupçonné. Une immortalité latente. Plutôt une torture. Un enfer sur terre. Condamnée à voir tout ceux que j'avais aimé, chéri, mourir sous mes yeux. A petit feu, pour me rappeler à quel point la vie et la mort était un tout. Qu'une vie éternelle ne valait pas mieux qu'une vie pleine de joie et de bonheur et d'une mort rapide.

Et puis ce jour là, recroquevillé contre mes ailes, mon regard sanguin s'est posé sur le lointain de la grotte. Là où les rayons du soleil pouvait pénétrer mon antre de malheur. Cet homme est venu. Des cheveux blonds comme les blés. Vêtu d'apparat noble, grand et fort. Robuste sous ses amples vêtements bleutés. Sous cette longue cape aux parures dorées. Une orbe de lumière flottait à ses côtés, éclairant la grotte toute entière. Et bientôt, mon être. Que j'avais recouvert de mes épaisses ailes, tout autour de moi. Comme un rempart. Cette chose que j'étais devenue et que je ne voulais montrer, à qui que ce sois.

Tu n'est pas un monstre, tu ne l'as jamais été. Je sais ce que tu est, ce que les Dieux t'ont fait, à quoi ils t'ont condamnés.

Je ne savais ce que j'avais pu faire pour mériter leurs courroux divins. Ce châtiment qu'ils m'avaient imposés. Mais je savais que l'homme face à moi, n'étais en rien comparable à eux. Lui, était d'une bonté je n'aurais jamais pu imaginer. Lui savais voir à travers moi. Il savais, ce que j'avais été et que je n'étais en rien une sorcière maléfique. Alors mes ailes se sont délicatement recourbés vers l'arrière, mon enveloppe s'est offerte à lui et son regard, n'as pas vacillé. Il avait ce sourire sur les lèvres, doux et délicat. Et cette lueur, bienveillante dans le regard.

- Qui est-tu ?

Cela faisait bien longtemps que des mots n'avaient pas franchis mes lèvres. Ma voix était bien plus rauque je ne l'aurais cru. J'avais même du mal, à la reconnaître. Mais soudainement, sa main s'est tendue vers moi. Et dans ses yeux, je pouvais voir le reflet de mon regard. Et cette lueur d'espoir revivre soudainement. Cet espoir, que j'avais perdu depuis trop longtemps. Bien que fébrilement, ma main pleines de griffes noircies s'est tendue vers lui et un sourire, a illuminé mon visage. Si longtemps dévoué aux ténèbres.

- Je suis celui, qui rendra ce monde meilleur. Qui donnera de nouveau à ce monde, sa gloire d'antan.

Je savais dès lors, qu'à ses côtés, jamais je ne pourrais disparaître de nouveau.
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