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Trackers Ankama

Boule de poils.

Par Brokiloon 23 Avril 2013 - 19:45:02
Réactions 41
Score : 9360

[ Moi moi moi! J'ai une question! Enfin....
D'abord un gros bravo! J'avoue que j'ai tout dévorer su mon téléphone à la place entre deux de mes exercices de maths et j'ai beaucoup aimé!
Ensuite, donc, ma question:Est-ce que ca fait "partit" du BG de winch? Je veux dire, le Winch IG a-t-il déjà vraiment rencontré Boule dans un bosquet, où c'est juste la repris du perso sans lien avec le jeu?
Bises et vivement la suite!] 

[HOWI DEUXIEME PAAAGE!cool

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Score : 579

[Donc ca fait bien "partit" du BG de Winch en un sens, vu qu'il ne fait quand même que le croiser xD
Ouai, effectivement il est possible qu'ils croisent alb, mais ça dépend quand se passe ton histoire: si c'est avant il y a deux ans, c'est possible, sinon, je rolais déjà donc pas possible.
Il y a deux ans, dans son BG, Alb était à amakna. Il passait de village en village, en se cachant entièrement sous une capuche à cause des superstitions de paysans sur les albinos: porte poisse, réincarnations de rushiste et j'en passe. La stupidité n'a pas de limites après tout o/
Il ne volait personne et ne faisait pas de mal, même si beaucoup le croyaient. Quand il pouvait, il soignait ou aidait au possible, avant de partir ou se faire chasser.
Il se cachait la pluspart du temps dans les bois, priant Eniripsa et sifflant les oiseaux. Il faisait rarement des feux de camps, pour eviter d'être repéré à la fumée. Il fuyait les chasseurs de tête, ces types prêt à tout pour un peu de sous dans leur bourses ou de sang sur leur lames. Il mangeais peu, que ce qu'il trouvait: piou, tofu, carcasse morte, baies et fruits mûrs, feuilles commestibles, et parfois des oeufs, en veillant à ne pas prendre toute la nichée.
Il passait régulièrement dans un village au hasard de sa course, mendiait un peu de pain dans les tavernes en restant caché sous sa capuche.

Vala avec ça, si tu veut faire une rencontre, t'as le choix x) ] 

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[ Rebonjour à tous, ça faisait un bail maintenant !

- Gnéhéhé, Jo', c'était tout cadeau. M'a fait marré d'savoir que tu tirais des clopes hors de ton foulard depuis que t'as lu ce chapitre. J'voulais un personnage un peu comme ça, tu collais, alors bon ... Gros clin d’œil à toi on va dire ! Et dès qu'j'ai du fric, je passe te rejoindre, puis on se pose dans un bar pour commander des verres de bourbon remplis à ras bord, hein, avec nos capuches. Pis si c'est de la pisse, on dézingue à tout va. Bises vieux cap'taine, tue pas trop de gens ces prochains temps.

- Albynn, c'pô bien d'faire des escapades comme ça pendant ses exos mais j'te pardonne, t'as fait pété la deuxième page :p. Merci du commentaire en tous cas, ça m'a beaucoup fait plaisir. Donc ouais comme répondu sur Skype, c'que j'écris dans cette histoire avec mes personnages IG, ça fait directement partie de leurs BG ! Hmm, faire une rencontre avec un Albynn sauvage, ça m'va, je ferai ça ! Bises coupine !

Au passage, j'ai détassé les autres chapitres, enfin j'ai essayé quoi. J'ai l'impression que ça va mieux comme ça. Et puis maintenant, la suite de l'histoire, parce qu'il faut bien que je la poursuive ! Bonne lecture à vous tous et des bisous. ]

Chapitre 5 : Retour au bercail.


Une zone de l'Île.


- Tu es sûr de vouloir le laisser ici mon chéri ?

- On s’en fout, jette-le là-dessous. Je vois des gens qui dorment, peut-être qu’ils s’en occuperont, je te l’ai déjà dit : je-m’en-fiche.

Une femme toute de noir vêtue lance rapidement un amas de linges dans un groupe de clochards, son compagnon s’enfuyant déjà en la tirant par la main. La lune éclaire encore un moment leurs pas, les guidant dans des ruelles rendues sombres par la nuit. Au détour d’un chemin, on peut pleinement les distinguer : une disciple d’Écaflip et un homme fin qui courent. On devine à leurs gestes et à leurs manières de se déplacer qu’ils proviennent d’un milieu aisé, mal à l’aise dans ces rues. Puis les ombres les engloutissent, les faisant disparaître dans un dernier éclat provenant du pendentif de la femme, quelconque.

Sous le porche de la grande demeure où se rejoignent déjà quelques clochards, les braillements d’un bébé se font entendre entre les linges. Il est passé de mains en mains, sales et usées, jusqu’à une femme qui le serre contre lui. Un nouvel enfant des rues. Elle semble avoir l’habitude d’en recueillir car elle le borde comme s’il était son fils, le calmant rapidement. D’un commun d’accord, tous reprennent leur position initiale, se serrant les uns contre les autres pour atténuer la sensation de froid qui les ronge. Comme tous les autres enfants abandonnés, son passé ne lui sera pas caché. Il saura que ses parents l’ont livré à un monde cruel. Comme tous les autres enfants abandonnés, il vouera chaque jour une haine incommensurable envers ses parents, et choira la famille que le destin lui a imposée.

Déjà bien plus loin dans la ville, une voiture est poussée par des dragodindes qui se dirigent ailleurs. A l’intérieur, le couple se dispute. Leurs bouches s’agitent, mais les sons ne parviennent plus. Tout tremble. Tout devient flou. Tout …

- BORDEL DE MERDE, mais tu vas te réveiller ouais ?!


Ilthanos ouvrit subitement l’œil, observant autour de lui en agitant ses bras dans tous les sens, surpris par ce réveil brutal. Toujours ce même rêve. Frak cessa immédiatement de le secouer, arborant un sourire espiègle.

- On est de retour sur la terre feeeeeerme, chantonna-t-il joyeusement.

L’Écaflip se tourna pour observer l’étendue d’eau qui se dressait derrière lui. Déjà arrivé, tant mieux ! Se retournant vers la berge il put distinguer ses compagnons qui pointaient différents endroits de la plage en riant. Enfin, tous riaient, sauf Ciakath qui n’avait pas changé de tenue et qui restait juste planté là entre les gens.
Ilthanos prit appui sur le bout de leur barque et sauta sur le sable et la rocaille, appréciant la sensation qu’ils procuraient à ses pieds.

La plage s’étendait le long de la côte, cédant directement le terrain à une forêt luxuriante à quelques mètres de la mer. Les courants d’air marins faisaient danser le feuillage des arbres, comme une invitation à s’y aventurer. Cependant il semblait impossible d’y passer tant les ouvertures étaient rares, la végétation étant trop dense.
Ilthanos plissa l’œil en observant les alentours, jusqu’à distinguer un chemin bien trop dégagé pour être naturel. Au même moment et ce droit dans son champ de vision, une créature à l’allure canine bondit hors de la forêt, se tenant sur ses quatre pattes. A peine avait-il discerné ça qu’Ilthanos était déjà caché dans la barque, observant la suite des évènements à l’abri. Encore une fois, il fut surpris.

Mïwan et Shalane reculèrent simplement jusqu’à se tenir à côté de lui, un petit sourire aux lèvres. Ciakath avait déjà disparu et l’Archer taquina l’Écaflip.

- Et bien mon cher Ilthanos, il semble que tu aies un petit manque de courage, pas vrai ?

- Ta gueule
, répondit l’intéressé d'un air paniqué. C’est quoi ce monstre ?

- Un authentique Mulou qui vient nous dévorer
, ricana Shalane en ébouriffant la fourrure du crâne d’Ilthanos.

Bordel, qu’est-ce qu’il y avait de si drôle à voir une grosse bestiole, velue, toute musclée, pleine de griffes et de crocs vous foncer dessus à vive allure ? La réponse résidait en Frak, qui courait tout aussi vite vers la bête, sa crête penchée en arrière sous l’effet de la course.
Le Iop était torse-nu et voir ses muscles rouler sous l’effort le rendait au moins aussi impressionnant que le Mulou, son corps couvert de cicatrices et la rapidité avec laquelle il fonçait vers un monstre qui n’avait pas l’air très agréable à approcher. Pourtant, alors qu’il ne restait que quelques mètres entre eux, chacun prit rapidement appui au sol et s’envola vers l’autre. Frak enserra la bête dans ses bras puissant lors de l’impact, s’écrasant sur le dos dans le sable en grognant. Ilthanos observa avec horreur la bête monstrueuse avancer sa gueule vers le Iop, l’ouvrant en grand sur une rangée de crocs acérés et … Lui lécher vivement le visage tandis que Frak lui massait fortement la nuque.
Le grand guerrier repoussa le Mulou sur le côté qui se mit à sautiller de gauche à droite en aboyant avant de se jeter sur le dos pour présenter son ventre, que le Iop prit soin de gratter avec fougue en riant.

- Meuh oui, ÇA C’EST UN BON TOUTOU ! Brave bête, dernière fois que je te laisse comme ça. Meeeuh oui tu m’as manqué toi aussi !

Frak était en train d’enfouir son visage dans la fourrure du Mulou en continuant de le caresser, ce qui semblait enchanter la bestiole. Ilthanos avait rejoint le couple sur la plage, restant interdit. Il avait vraiment cru qu’ils allaient se battre, mais non, il semblait simplement que ce monstre soit un chien auprès du Iop. L’Écaflip observa le couple avec appréhension.

- Dites, ce truc-là me connaît pas, il risque pas d’me dévorer, hein ?

- Les chiens ont un peu de mal avec les chats à ma connaissance
, répondit l’Archer avec un fin sourire.

- Putain d’merde, me fous pas la frousse comme ça où je te jure que j’avance plus d’un seul pas.

- Je plaisantais voyons … Cette brave bête à l’habitude de nous tous, elle risque juste d’être méfiante avec toi. Ne lui montre pas ta peur, c’est tout.


- Et si tu veux vraiment lui plaire, ajouta Shalane, gratte le derrière son oreille déchirée. Il a-dore-ça !

Après avoir rapidement récupéré leurs affaires, les trois personnages s’avancèrent vers le Iop qui jouait toujours avec son Mulou.
La bête avait tenté de se dresser sur ses pattes arrières en s’appuyant sur les épaules de Frak, le griffant par mégarde. Un filet de sang coulait le long du dos du Iop, chose qui ne semblait pas le déranger. Ilthanos comprit soudainement pourquoi le guerrier portait autant de cicatrices : une bonne partie de celles-ci devaient être dues à la bête. Dans un grognement, Frak repoussa le Mulou pour se redresser. Côte à côte, les deux semblaient vraiment impressionnants. La bête avait par endroits des trous dans sa fourrure, laissant deviner des cicatrices un peu partout sur son corps. Son museau était balafré et son oreille gauche était déchirée. Contrairement à ses semblables (et surtout à Frak), le canidé semblait être doté d’une intelligence rare, son regard n’étant pas vide. Il mesurait bien un mètre au garrot.

Ciakath était à nouveau visible plus en retrait, près du chemin, leur faisant signe de venir. Tous se dirigèrent vers lui en portant leurs affaires, le Mulou trottinant à côté d’eux. Frak semblait au comble du bonheur, ne quittant pas la bête des yeux. Ilthanos engagea la conversation rapidement en pointant la bestiole.

- Ah ah, sympa' la chose là ! Ouais. Ouais, ça a pas l’air de vouloir me bouffer donc c’est bien sympa', hé. Comment ça se fait que ce truc tente pas de nous croquer d’ailleurs ? Sérieusement, il appartient à un Osamodas ou bien ?

- Nop, répondit le Iop en riant. C’est une vieille histoire. J’l’ai SAUVÉ UN JOUR, après une mission. On rentrait tranquillement et j’ai vu ce groupe de chasseurs qu’avaient déjà massacré sa famille à lui j’crois. Les cadavres de Mulous étaient juste à côté en tout cas. La pauvre bête était bien en rogne, super belle tu m’diras. J’ai … Bah j’ai fait c’que j’avais à faire pour le sauver quoi. Le truc c’est qu’il était VRAIMENT en rogne, il a tenté d’me bouffer. J’ai laissé les autres de l’équipe rentrer et je les ai rejoints plus tard avec lui.

Ils étaient arrivés au niveau de Ciakath qui se mit à marcher à côté d’Ilthanos, le coinçant entre lui et le guerrier. Le couple était un peu en arrière, marchant bras-dessus bras-dessous. Le disciple de Sram parla de sa voix lente.

- Quel choc de vous voir revenir avec une telle créature, couverts tous deux de sang.

- Z’allez pas me dire que c’était juste ça la fin de l’histoire
, demanda Ilthanos. Il y a juste eu ça ?

- Du tout Boule de poils, s’écria Frak en riant. J’ai prévenu l’beau monde que j’allais m’enfermer dans une pièce des sous-sols du château. On m’apportait à bouffer et à boire. UNE SEMAINE passée là-dessous avec Phebus. Ouais c'est son prénom. Ça a été long et douloureux pour nous deux mais tu peux voir le résultat maintenant. Il a plus peur des hommes et on est supers potes.

- Putain c’est une histoire à faire chialer d’joie les bourgeoises votre truc …

- Malheureusement vous avez tort, Ilthanos. Cette histoire n’a rien de joyeux et nous a, au contraire, apporté un lot d’ennuis conséquents.


Aux mots de Ciakath, Frak se massa la nuque en fixant le sol d’un air gêné tandis qu’ils avançaient dans la forêt qui se faisait de plus en plus oppressante. L’Écaflip allait continuer la discussion lorsqu’il remarqua la lueur bleutée qui provenait d’un amas de feuilles. En réalité, une fois qu’ils eurent passé un court virage, une Arche de pierres, recouverte par endroits de mousse, se dressait là. Le chemin ne continuait pas plus loin, s’arrêtant devant le Zaap qui éclairait faiblement la zone de ses pulsations magiques. C’était foutrement beau à voir. Ilthanos siffla d’admiration.

- Woooouh, z’avez un putain de Zaap sur votre île ?

- Plusieurs en réalité
, répondit Shalane en s’y adossant. On dispose de quelques Arches pour se déplacer plus rapidement dans la zone, l’île est trop grande pour la marche.

M
ïwan glissa sans attendre à travers le concentré magique et disparu aussitôt en murmurant quelque chose d’inaudible. Dans un petit rire clair, Shalane le suivit en hochant la tête. Ciakath s’approcha lentement de l’arche en observant l’Écaflip de ses yeux à la lueur étrange, tendant la main vers lui.

- Et le point le plus important quant à ces Zaaps, c’est qu’ils ne fonctionnent qu’ici. Il n’y a pas d’autres destinations possibles que l’intérieur de l’île. Le seul moyen d’y entrer et de la quitter est d’arriver par la mer. Qu’attendez-vous Ilthanos ? Prenez ma main pour que nous puissions parvenir à notre destination.

Ilthanos s’ébroua puis s’avança pour serrer le gant de Ciakath. Un sentiment de profond malaise le parcouru d’un coup alors qu’il entrait en contact direct avec le disciple de Sram. Son regard se fit encore plus insistant quand il resserra l’étreinte sur les doigts de l’Écaflip qui déglutit avec appréhension. Putain ce qu’il était bizarre ce mec.

- Et euh … Frak vient pas avec nous ?

Il se tourna pour observer au-dessus de son épaule et en resta bouche bée. Frak était sur Phebus le Mulou, le chevauchant comme s’il s’agissait d’une monture. Il n’eut que le temps de les voir détaler à toute vitesse à travers les feuillages, le Iop se plaquant immédiatement contre son compagnon en empoignant la fourrure. Puis il sentit progressivement le flux magique l’engloutir, Ciakath l’ayant tiré avec lui à travers l’Arche.
Sensation étrange. Aspiration, vertige, nausée rapide, déboussolement, puis le contact des dalles sous ses pieds. Ilthanos comprimait entre ses doigts ceux du disciple de Sram qui l’observait depuis les pans de ses vêtements qui recouvraient et masquaient son corps. Ils se relâchèrent lentement et l’Écaflip s’ébroua avant d’observer autour de lui. Il en eut le souffle coupé.

Jamais il ne s’était jamais retrouvé dans la cour d’un château. Elle était immense et semblait abriter de nombreuses échoppes et autres lieux : des petits bâtiments trônaient, collés aux énormes murs qui entouraient l’endroit. Le lieu était riche en vie, les gens se déplaçant dans l’enceinte de la cour, allant d’un endroit à l’autre. L’autre surprise d’Ilthanos fut de voir des gosses passer en courant à côté d’eux. Des enfants là-dedans ! C’était comme un très petit hameau fortifié, entouré de murailles. L’Écaflip releva lentement les yeux pour discerner le château en lui-même. Tout était disproportionné et surtout, magnifique.

Il réalisa soudainement qu’il allait vivre par ici. Que sa vie changeait du tout au tout. Dans un grand rire, il s’élança vers Mïwan et Shalane qui discutaient avec un petit groupe de personnes et sauta sur le Crâ pour le serrer dans ses bras, avant de retourner vers le centre de la cour.

- Putain mais c’est génial ce coin-là ! Ça vaut combien toute cette merde ? J’vais vraiment vivre ici, oh putain c’est un truc de malade
.

Les quelques personnes qui se trouvaient autour de lui s’arrêtèrent pour l’observer en fronçant les sourcils mais se mirent vite à rire.

- Oui mais il faudra te laver avant, répondit un petit garçon qui passait à côté de lui en se bouchant le nez. C’est pas très nyniégique.

Ilthanos se gratta la fourrure en tirant la gueule. A peine arrivé qu’on faisait référence à sa disgracieuse hygiène. Pourtant il s’était rapidement baigné en prenant la mer, pour essayer de chasser un maximum de crasse. Il observa de son seul œil les nœuds qui s’étaient formés sur son pelage et sentit les quelques puces qu’il avait sur lui, tandis qu’il se grattait.
Il se retourna pour demander à Ciakath s’il était possible d’aller faire un brin de toilette, mais le Sram avait déjà disparu. Sale manie de se casser sans prévenir.

C
’est donc le couple, après avoir remarqué la gêne de l’Écaflip, qui se fit une joie de lui faire visiter rapidement l’endroit. Le simple fait de passer sous des alcôves riches en ornements, de se mouvoir près des piliers longuement travaillés et de marcher dans des jardins entretenus ravissait Ilthanos. Il s’en fichait à présent d’être sale, il était dans un lieu super classe. Un vrai château, où il savait qu’il allait vivre. Jamais il ne s’en lassera, il le savait au fond de lui. Trop de misère dans une seule jeunesse pour que ce spectacle devienne monotone. Bons Dieux ce que c’était bon de sentir sous ses vieilles semelles les tapis moelleux qui couvraient certaines parties du sol.

Ils marchaient depuis un bon moment en discutant, principalement des pièces et de l’architecture du lieu, lorsqu’ils arrivèrent en face d’une porte assez simple. Ilthanos écarta un peu les bras en relevant les épaules, montrant qu’il ne savait pas du tout ce qu’ils faisaient là.

- On est arrivé mon minou, lui fit Shalane dans un sourire. Tu rentres là-dedans comme t’es là, tu ressors tout propre !

- A plus tard, répondit Mïwan en tirant déjà sa compagne vers lui. On va te laisser le temps de te nettoyer, puis de te promener dans le château.

- Ouaip ça m’va. Salut les amoureux.

L
’Écaflip observa le couple s’en aller bras dessus bras dessous puis se retourna en poussant la porte. Il resta les bras ballant, bouche bée. Déjà, c’était très très classe. Ça en pétait la rétine. Des tissus pourpres pendaient des murs au plafond, chargés de fioritures dorées, les mêmes étant posés au sol. Une immense baignoire était posée au centre de la petite pièce, un nuage de fumée s’en dégageant.
Il commença à s’avancer vers le bain en riant, retirant déjà ses bottes trouées, sautillant à cloche-pied pour les enlever. Il se figea sur un seul appui, botte entre les mains, pour observer deux femmes qui se tenaient près d’une fenêtre pour discuter. L’une d’elle se retourna et l’observa avec un petit sourire.

- Je suppose que c’est pour un nettoyage, vu ton allure ?

- Il est plutôt mignon celui-là malgré son œil
, répondit l’autre.

« Oh putain, oh putain, oh putain. Oh putain qu’est-ce que je fais ? Elles sont superbes. Oh putain ça doit être une sorte d’évaluation, voir si j’suis réglo. Oh putain pourquoi elles enlèvent leurs hauts ? Merde ... J’saigne du nez. »

C’est après une bonne heure que la porte par laquelle il était entré s’ouvrit à nouveau. Ilthanos en ressortit et s’étira longuement, admirant encore une fois sa fourrure qui avait retrouvé toute sa splendeur. Elle n’était plus grise de crasse, elle était à nouveau blanche. Pas un seul nœud. Il était parfaitement propre. Il avait emprunté de nouveaux vêtements par la même occasion : un pantalon sombre tout neuf qui plongeait dans une vraie paire de bottes. Il avait gardé sa ceinture au pan d’as de pique qui lui retombait sur les cuisses. Les mêmes bracelets, les mêmes bijoux volés étaient sur son corps, ainsi que l’anneau de Jessie Jo’ qui trônait sur son oreille.

Ilthanos tira sur les bords de son gilet de cuir sans manches, ouvert sur la fourrure de son torse et se mit à sourire, ses crocs étant parfaitement blancs pour une fois. Il sentait même bon, c’était quelque chose de presque nouveau pour lui vu le temps qu’il avait passé à sentir mauvais. L’Écaflip replaça rapidement tous ses vêtements puis en gardant son sourire, observa par-dessus son épaule les deux femmes qui étaient restée dans le bain. Elles lui firent de petits signes en riant alors qu’il les affublait d’un rapide clin d’œil.

« Et merde, j’vois que dalle quand j’fais ça. Foutu œil mort. »

Après avoir soufflé quelques petits baisers d’une manière comique dans leur direction, Ilthanos referma la porte. Il resta un petit instant là avec les mains sur les hanches, tout fier de lui. Pour une arrivée dans un nouveau lieu, c’était une arrivée réussie. Plus qu’à rejoindre les autres pour en découvrir encore plus. C’est donc tout propre et fringuant qu’Ilthanos s’avança dans les couloirs du château, à la recherche de ses nouveaux compagnons.
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Score : 587

Hou yeah hou yeah houyeah !
D'l'allure l'poilu !

Ch'veux la suite !
J'veux visiter le chateau, decouvrir les echoppes et les tavernes, les jardins, pis les tavernes, et voir les grandes salles de banquet pis les tavernes. Et si tu pouvais nous faire visiter une taverne aussi.

(Le problème avec le bourbon ici par contre, c'est qu'on à pas un verre à ras-bord pour 5 dollars... Mais on se l'fera quand meme, ouaip.)

Allez ! La bise baveuse.
Et ecris ! Et moi j'dessine, nyéhéhé.

[_______________________________________________________________________________]

"PetsBud", bonjour,

Je t'écris pour t'informer de mon désarroi face à l'absence de suite de ce récit fort prometteur.

S'il n'y a pas de chapitre suivant avant... Disons... 23 heures et 20 minutes... Je serais dans l'obligation de vider ma bouteille de bourbon, la briser sur ton crâne, entailler tes joues au travers de ta barbe sale et ruisselante de bière à l'aide de tessons avant de me servir du fond carré de ladite bouteille pour élargir ce que tu n'aimerais pas que j'elargisses avec. (et personnellement... je voudrais pas non plus avoir des enormes narines carrées non plus.)

... Soit dit en passant. Si tu ne postes pas la suite avant le délai imposé... ça m'obligerait à me taper approximenviron mille bornes pour te punir comme precedemment expliqué... Et j'ai genre aut' chose à foutre dans l'immédiat, puis j'suis un peu fauché comme les blés. Donc...

Tu sais ce qu'il te restes à faire.

(Le temps que j'ecrives cette bafouille, 6 min du délai se sont ecoulées...)

Affectueusement tien,

Jessie Jo'.

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Score : 1336

La suite ? ;_;

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Score : 1868
[ Hé Jo', l'est où mon bourbon ;_; ?
A
rgl, oui, grosse absence. Flemme d'écrire et bitures à profusion, j'avais plus trop le temps pour Boule de poils. Je vous laisse un chapitre qui attendait depuis un moment, que je trouve pas particulièrement extraordinaire dans le sens où il se passe pas grand chose dedans, mais le prochain sera à coup sûr bien plus intéressant, sachant qu'il y aura une jolie révélation bien méchante ! Ah, et je compte glisser quelques images si possible, dans différents chapitres, plus qu'à voir quand et lesquels.

Bonne lecture :p ! ]

Chapitre 6 : Nouvelle mission.

Le château.

Le soleil se couchait déjà. Ilthanos aurait voulu dire qu’il flânait depuis un bon moment dans les allées, les couloirs et les salles de l’énorme bâtiment mais il était en réalité totalement perdu et tuait le temps en admirant le lieu, l’explorant en profondeur. Il avait croisé un grand nombre de personnes, lui indiquant que l’endroit était très vivant et animé. Mais au fur et à mesure, il en voyait de moins en moins. Sans doute se perdait-il d’avantage, mais l’expérience ne le dérangeait pas, il se sentait comme un explorateur même si ce qu’il faisait s’approchait plus du tourisme.

Il avançait dans un grand hall désert, au plafond haut dont les murs étaient couverts de tableaux. L’Écaflip fit quelques pas chassés pour s’approcher et resta en équilibre sur un pied pour observer la première peinture. Évidemment, il ne le connaissait pas et se contentait de lire les noms et prénoms des personnes illustrées ainsi que la date.
Il s’arrêta enfin face à une œuvre qui représentait quelqu’un qui l’interpellait. Ilthanos se passa la langue sur les crocs en se penchant vers le tableau, les yeux plissés. Il avait appris à lire auprès d’un vieil ivrogne qui avait perdu gros dans sa vie et qui avait terminé dans la rue.

«Calcin Chaiktrasasept cent quatre-vingt-quatre. Quel nom de merde. Putain on voit que dalle à sa gueule mais j’ai l’impression de l’avoir déjà vu.»

Il se redressa en haussant les épaules, continuant d’observer le mur et les personnes peintes. A nouveau, il fut attiré vers une œuvre. Cette fois-ci, il dû attraper un petit escabeau mis à disposition dans un coin, pour grimper plus haut. Répétant la même opération, il observa l’écriteau dans le cadre.

«Alors … Pas d’nom. Juste Kiasacht. On voit rien à sa tronche et pourtant il me rappelle le tableau d’avant, qui m’rappelle quelqu’un. Et la date … six cent deux. »

Ilthanos redescendit les marches de l’escabeau en fixant le tableau. Outre le fait qu’ils portaient des tenues très complètes, leurs regards se ressemblaient particulièrement.
Il passa l’heure qui suivit à observer les peintures. Il y en avait plusieurs centaines le long de ce hall, sur les deux murs. Mais partout, il retrouvait cet homme.
L’écriteau relatant l’époque la plus vieille qu’il avait trouvée de ce personnage datait de l’année cinq cent vingt-huit, la plus récente était de neuf cent quarante-six. Curieusement, sur l’œuvre la plus vieille on pouvait voir un homme-squelette. C’était son regard qui l’avait attiré puis l’écriteau. Autrement, toujours la même personne cachée sous les vêtements, avec la même représentation étrange de ses yeux. Toujours les mêmes prénoms ou noms presque imprononçables, avec parfois l’un des deux qui manquaient. Plus que tout, toujours cette sensation de l’avoir déjà vu.

« Mais qui vous êtes, vous tous ? »

L’Écaflip gardait la même position en fixant un des tableaux à sa hauteur. Un bras croisé sur son torse et une main sur sa joue, la tête penchée de côté. Pas un bruit, pas un mouvement ne perçait la quiétude du couloir. Jusqu’au moment, où, sans prévenir et subitement, Ciakath se dévoila face à lui en lui posant une question. Ilthanos ne l’entendit pas car il avait plongé en arrière en criant de peur pour aller s’écraser contre le mur derrière lui, avant de revenir en titubant, une main sur le cœur.

- Mes sincères excuses, commença Ciakath de sa voix lente. Je ne souhaitais pas vous faire peur.

- Ooooh … Oooooh putain
, haleta l’Écaflip en l’observant. J’ai failli crever. J’ai failli crever à cause d’vous.

Ciakath ne répondit pas et resta planté là, les bras ballants. Ilthanos se redressait en passant une main sur son visage pour se remettre de ses émotions quand il s’arrêta dans son geste pour observer le disciple de Sram.
Il n’avait pas changé de vêtements et portait toujours son incompréhensible tenue qui lui couvrait le corps et dont le col remontait sur son visage, ainsi que sa cape à capuche qui ne laissait voir que son regard à l’étrange lueur verdâtre. Les yeux d’Ilthanos, eux, allait de Ciakath au tableau derrière lui. Après avoir déglutit et s’être totalement redressé, il prit la parole.

- Hé ! Z’avez beaucoup de votre famille qui était dans cette Confrérie ? J’ai vu un bon paq-…

- Effectivement
, le coupa le disciple de Sram. Vous savez que le repas a lieu en ce moment même et qu’une place est vide à côté de Frak ?

- Ah … Bah euh, vous attendiez quelqu’un de particulier ?


Ciakath ne se donna même pas la peine de répondre et hocha lentement la tête vers le fond du couloir, avant de s’y diriger, suivi de près par Ilthanos qui jetait de petits coups d’œil derrière lui. Il comptait bien revenir dans cette allée.

Après un bon nombre de détours, virages et escaliers empruntés, ils se retrouvèrent en face d’une imposante double porte en bois. Ilthanos observait toujours l’endroit avec attention, tentant d’établir une carte des lieux imaginaire pour ne pas avoir à se perdre. Il se tourna à nouveau vers Ciakath, lui adressant un regard interrogateur.

- Bah qu’est-ce qu’on glande ?

- Une chose très simple. Nous attendons la venue de quelqu’un de très important à nos yeux. Votre comportement m’insupporte grandement, c’est pourquoi je vous mets en garde : si notre convive vient à nous rejoindre ce soir, j’attends de vous un comportement irréprochable, est-ce bien clair ?

- Si la table est recouverte de bouffe, vous risquez pas de m’entendre, vous en faites pas.

- Après vous
, répondit le disciple de Sram en poussant l’un des lourds battants.

Ilthanos était déjà en train de se faufiler dans la pièce quand il s’arrêta pour l’observer, émerveillé. Des tapis couvraient le sol, des statues se dressaient le long des murs, l’architecture travaillée du lieu ajoutait à ce spectacle une beauté encore plus grande et le grand feu central ajoutait une lueur conviviale. Mais le mieux pour lui, la chose la plus belle, c’était ces tables. De tailles démesurées et présentes partout dans la pièce, elles étaient recouvertes de nourriture. Une foule de gens allant de l’une à l’autre, ou simplement installés par groupes.
L’Écaflip porta sa main sur son ventre qui gargouillait déjà, se préparant déjà à l’orgie de bouffe qui allait suivre. Sans plus attendre, il trottina derrière Ciakath en tentant de découvrir vers où il se dirigeait, puis repéra Frak. Du trottinement, il passa à la course, se jetant à côté du Iop avec un sourire énorme sur son visage.

«De ... La ... Bouffe ... A PROFUSION.»

L’Écaflip attrapa le plus possible de nourriture présente dans sa zone d’action, se penchant par-dessus la table pour attraper les mets qu’il jugeait les plus attirants. Rapidement, une montagne d’aliments se tenait devant lui, l’Écaflip observant le tout avec des yeux brillants d’excitation.
Immédiatement, il commença à dévorer tout ce qu’il avait amassé, sous le regard étonné de Frak. Ilthanos, la bouche pleine de viande, se tourna un court instant vers lui, puis articula le plus possible pour se faire comprendre.

- V’en rêve depuis qu’fuis goffe, d'un festin comme fa.

- J’vois ça
, répondit Frak. Et bah bouffe, bouffe, C’EST FAIT POUR ÇA. T’as changé de fringues, c’est bien ça, t’es tout propre !

Ilthanos roula des yeux en déglutissant, se rappelant sa séance de toilettage. Il n’avait même pas remarqué le reste de l’équipe qui c’était joint à eux. Il n’écoutait leurs conversations que d’une oreille, trop concentré par son repas.

- Je crains que notre nouvelle recrue ne soit déjà au courant de notre petit secret, commença Ciakath.

- DÉJÀ ? Pourquoi tu lui as parlé de mes problèmes
, s’indigna Frak. Sérieux, pourquoi t’as fait ça ?

- Mon petit Iop, je crois que tu ferais mieux d’écouter un peu plus les phrases de Ciakath
, roucoula Shalane. Il a dit qu’il craignait, il n’a jamais dit qu’il lui avait dit.

- Exact, reprit la voix lente et calme venant de sous la capuche pourpre. Je ne parlais pas de vous Frak.

Le Iop plissa les yeux puis haussa les épaules, s’accoudant à la table en observant Ilthanos. L’Écaflip n’avait toujours pas remarqué qu’il était le sujet de la discussion et continuait de dévorer le plus possible de choses. Frak se tourna à nouveau vers les trois personnes en face de lui, Mïwan se redressant un peu sur le banc en relâchant l’os qu’il rongeait. Le Crâ s’essuya lentement la bouche en souriant, avant de prendre la parole.

- Je ne sais pas pourquoi vous en faites toute une affaire. De toute façon, pour ce qui est de Ciakath, il le découvrira bien un jour. Et pour toi Frak, ce sera la semaine prochaine. C’est bien ça, hm, je me trompe pas ?

Le Iop gratta lentement sa joue rongée par une barbe grandissante en hochant la tête. Shalane lui adressa un regard compatissant en jouant avec ses couverts alors que Mïwan l’observait avec un fin sourire. Ciakath fixait seulement son assiette vide. Il était le seul à ne pas manger, et son verre était aussi rempli que son plat.
Le silence fut vite brisé par un long rôt de la part d’Ilthanos, qui avait déjà engouffré tout ce qu’il avait amassé. Quelques rires fusèrent tandis que l’Écaflip saluait les gens d’un air heureux, avant de se resservir. Les discussions se poursuivaient autour d’eux, ponctuées de rires et de cris, sans toutefois qu’un véritable désordre ne règne dans la pièce. C’était comme un grand repas de famille ... Dont la bonne humeur se brisa en un instant, alors que la porte s’ouvrait à nouveau et qu’un homme, de carrure imposante, pénétra l’endroit.

L’homme s’avançait lentement vers le centre de la pièce d'une démarche nonchalante, dans un profond silence seulement brisé par les grognements de plaisir que poussait Ilthanos qui n’avait rien remarqué, alors que tout le monde se tendait pour observer le nouveau venu qui s’était arrêté près des flammes, les mains tendues vers le feu.
Il avait tout d’un barbare, de ces gens sans pitié. Il devait atteindre les deux mètres, son corps puissant n’était vêtu que d’un pantalon simple retenu par une ceinture, qui plongeait dans de grosses bottes couvertes de fourrures. Il portait sur lui la carcasse d’un Mulou blanc, son corps utilisé comme cape et sa tête comme capuche. Pour le reste, il était torse-nu avec quelques cicatrices sur son poitrail et la plus imposante le long de ses côtes, laissant voir ses abdominaux travaillés et ses bras ciselés. Chaque mouvement qu’il faisait entraînait le roulement de ses muscles imposants. Deux haches aux lames courbées étaient pendues de chaque côté de sa ceinture, ainsi qu’une étrange bouteille en métal à l’aspect usé.

Ilthanos se redressa un peu pour voir l’homme, intrigué par le silence qui l’avait tiré de son festin, mais Frak le fit se rassoir immédiatement. Une voix de femme perça toute cette intrigue, Shalane s’étant quant à elle bien levée pour pouvoir parler.

- Alors, du nouveau ?

S’ensuivit un long silence gênant alors que le barbare présent devant le feu dévisageait la Roublarde avec un petit sourire. L’homme attrapa la tête de Mulou sur son crâne et la rabattit sur son dos, dévoilant une épaisse crinière blonde, puis se mit à parler d’une voix extrêmement rocailleuse.

- J’en ai terminé avec ce travail m’dame. J’ai votre foutue information, et ça m’a coûté deux foutus hommes. Amenez-moi mon argent. Tout d’suite.

La dernière phrase était plus un grognement de mécontentement qu’autre chose. Ilthanos n’avait jamais vu cette personne et n’en avait certainement jamais entendu parler. Le barbare avait tiré sans ménagement une personne du banc pour s’installer à sa place et commençait à manger lentement alors que ses voisins s’écartaient.

- C’est qui cet enfoiré là, demanda l’Écaflip dans un ricanement. L’autre il arrive il fait comme chez lui.

Mïwan se pencha sur la table pour coller une pichenette sur le museau d’Ilthanos qui couina, se frottant vivement. Les gens autour d’eux se mirent à rire et l’ensemble de la salle reprit de sa bonne humeur, les discussions se relançant rapidement. L’Écaflip fronçait les sourcils en se caressant lentement le museau, l’Archer en face de lui gardant un petit air goguenard.

- C’est un mercenaire qu’on a engagé pour retrouver l’un des nôtres. On sait que celui qu’on cherche est sans doute la personne la plus dure à trouver et on n’a pas forcement le temps de se lancer dans une chasse à l’homme interminable. Alors on engage quelqu’un qui a tout son temps pour ça et qui le fera bien …

- N’empêche que tout le monde fait comme si c’était un roi alors que c’est qu’un pauvre con en fourrure.

- Il est de Bonta pourtant, tu devrais connaître.

- Connais pas j’te dis.

- Celui qui a des gros problèmes avec un clan de Roublards à cause de sa femme, tu vois mieux ?

- Oh genre, c’est lui ? Bah putain. Il est très bien là-bas au fond, de l’autre côté de la pièce.


Frak se mit à rire en adressant une tape amicale à Ilthanos qui en eut le souffle coupé. L’Écaflip se redressa pour voir Shalane se réinstaller et dans son dos, deux personnes tendant au barbare un petit coffre que l’homme s’empressa d’attraper. Aussitôt, l’homme à la carcasse de canidé se redressa en agitant le coffret, un sourire sombre aux lèvres et quitta la salle sans attendre, remontant d’une main la tête de Mulou albinos sur son crâne.

Les deux personnes se dirigèrent vers le feu central et la femme, plus âgée, déroula un parchemin qu’elle parcourut rapidement, les gens se tournant vers eux. Elle haussa le ton pour couvrir les dernières discussions.

- D’après Khaltos qui vient de nous quitter, notre homme se dirigerait vers Amakna en ayant pour but d’atteindre Emelka dans moins de deux semaines ! Vous l’aurez compris, il faut qu’une équipe s’occupe de cette affaire. Nous conviendrons des détails de la mission avec l’équipe concernée, en attendant, je vous souhaite un bon appétit à tous.

Quelques cris d’approbations fusèrent et tout le monde se remit à festoyer. A leur table, Ciakath les observa tous, longuement. Frak s’accouda à la table en se penchant en avant, l’air sérieux, tandis que Mïwan passa un bras autour de la taille de Shalane avec un sourire entendu, la Roublarde se lovant contre lui. Ilthanos arqua un sourcil puis ricana.

- Laissez-moi deviner, ça va être pour vous cette mission, c’est ça ? Pas de chance les gars, va falloir vous bouger le cul !

Frak se tourna vers lui avec un grand, très grand sourire. Avec sa gueule de tueur, cet air le faisait ressembler un peu à un psychopathe, mais Ilthanos préféra ne pas lui faire remarquer, se penchant légèrement en arrière.

«P’tain mais qu’est-ce qu’il me veut lui maintenant ?»

Le Iop traça un grand cercle autour de lui, pointant respectivement Ciakath, le couple, Ilthanos puis lui-même.

- Ça va être pour nous, et ouais …

Ilthanos pensait déjà à prendre de longs mois de repos, revoir les toiletteuses, s’empiffrer comme jamais tandis que ses compagnons partaient à l’aventure mais … Frak l’avait bien compté dans son petit cercle. Pas de chance Boule de poils. D’autres surprises étaient à venir, bien avant leur départ précipité pour Amakna.
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Score : 9360

Ouaiii! Khaltos le pur et dur! biggrin
Heu, juste un touuuut petit détail... ca se passe avant l'an 970, donc l'ile sberg est pas encore découverte... Donc Khaltos peut pas porter de Mulmouth :/
Sinon, c'est vrai que c'est un autre visage de ce bon vieux iop!

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Score : 1868
Bien vu Bynette, j'ai corrigé ça au plus vite :p. C'est plus logique comme ça que ce que je t'avais dit sur Skype.
Merci coupine ! A bientôt pour la suite.
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Score : 587

Ouuuuuuuuuuuuuh YEAH ! Dès qu'il est entré j'ai senti que c'était lui. Khaltos Hiba, the Gay Barbarian.

A quand Anth Ourloup ? Nyehehe... Bon d'accord, j'ai deja Jessie Jo' en hommage (et quel hommage. Plus qu'un personnage, mon vrai moi dans ta fiction ! Hinhin.)

Pour ce qui est de ma menace, mon cher ami... J'ai bien vidé la bouteille de bourbon, comme convenu... Mais plutot que de venir te l'ecraser dans la tronche, je suis allé m'en acheter une autre... Afin de la vider. Encore une fois je n'ai pas eu le courage de faire plus de 1000 bornes pour t'embouteiller, alors j'en ai pris une nouvelle... qui n'est pas encore vide, mais je te tiens au courant.

Des bisous tendres & affectueux.

Bien à toi.

Jessie Jo'.

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Score : 9360

Bref, la suite, sinon tu te prend trois bouteilles de bourbons vide dans la tronche plus mes bouteilles de cidre des vacances!
AU TAFF COCO!

Rho, et moi aussi j'suis en retard, la loose!

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Score : 1868
[ Je rattrape un petit peu le retard. J'suis toujours aussi long pour poster des chapitres vu que j'ai beaucoup moins de temps à cause des vacs. Là j'profite d'être malade comme un chien pour écrire, même si j'ai un super mal de crâne qui ferait passer un headshot pour une petite pichenette.

BORDEL DE MERDE. Sur tout le chapitre des espaces se suppriment, comment j'en ai chié pour tout remettre en ordre.

Il y a un peu de neuf aussi, en flânant sur le Oueb, j'ai trouvé des images qui correspondait parfois à l'idée que je me faisais de certains lieux de la fiction. Du coup elles sont ajoutées aux précédents chapitres, si vous voulez jeter un bref coup d’œil. Mais tout de suite et bien sûr maintenant sous peu, la suite, moins fun et plus glauque et sérieuse sur ce chapitre. J'ai essayé au maximum de représenter à quel point c'est désagréable, ce qu'il se passe. V'là bonne lecture, beusous beusous ! ]

Chapitre 7 : Bestial.


Lui.




- Bon, bah, plus qu’à attendre.

Frak venait de parler de sa grosse voix, ses mains empoignant les barreaux bruts qui le maintenaient dans sa cellule. Emprisonné avec Phebus, son fidèle Mulou.
La seule lumière de l’endroit provenait des quelques torches placées aux murs, éclairant l’énorme pièce de leurs flammes vacillantes. Le lieu était simple : des dalles posées de manière inégale au sol, des murs à l’aspect usé, le tout d’un gris monotone, sale. Mis à part la paille éparpillée par endroits et les caillasses qui trônaient aléatoirement dans la pièce, tout était vide, si ce n’était l’énorme cellule où étaient retenus Frak et son animal de compagnie.
De l’autre côté des barreaux se tenaient Ciakath, Mïwan, Shalane et Ilthanos. Ce dernier avait du mal à réaliser ce qu’ils faisaient là. Ils lui avaient expliqué brièvement pourquoi ils devaient faire ça, mais il n’y croyait pas.

L’Écaflip chassa du bout des griffes une arakne qui s’était aventurée jusqu’à son épaule. Ça allait être l’heure du dîner, au-dessus d’eux, et au lieu de ça, ils s’étaient terrés dans le sous-sol. La nuit était sûrement déjà tombée. Le reste du groupe était assis par terre, sans que personne ne dise un mot. Shalane était aux côtés de Mïwan, l’air anxieuse, alors que l’archer se contentait de passer sa main sur la nuque de sa compagne en fermant les yeux. Le plus étonnant était Ciakath qui restait planté devant la cellule, ouvrant et refermant lentement son poing. Un signe de peur ? De rage ? Ilthanos n’en avait aucune idée, mais il était rare de voir ne serait-ce qu’une fuite émotionnelle chez le disciple de Sram.

Il décida donc de s’approcher lui aussi des barreaux, pour parler à Frak. Ciakath se retourna lentement pour l’observer, sans rien ajouter.

« D’accord … Ça transpire la joie par ici… »

- Sérieusement, j’veux juste m’approcher pour causer, j’vais pas vous attaquer ni rien.

- Non
, répondit Ciakath. Vous restez au fond. Et vous attendez.

L’Écaflip s’arrêta en se grattant l’oreille, hésitant encore à avancer. Il préféra obéir aux ordres du Sram et s’en retourna contre le mur, se glissant au sol en roulant des yeux.

«Ah mais ouais. C’est sûr, c’est une sorte de bizutage, ils veulent juste me faire perdre du temps et me faire flipper avec leurs conneries. Hé hé, j’vais leur montrer moi. J’crois pas à leurs histoires farfelues.»

Dans un ricanement silencieux, il se mit à observer les murs du sous-sol où ils se trouvaient. L’escalier qui permettait de revenir au château le tentait, il s’ennuyait à mourir. Rien d’intéressant ici, à part l’odeur de moisissure et les araknes qui grimpaient aux murs, et … Ces marques. Ilthanos se redressa rapidement pour se diriger vers ce coin d’ombre, penchant la tête de côté. Quatre longues traces, comme des griffures. L’Écaflip coucha ses oreilles en arrière tout en déglutissant. D’un geste lent, il observa les autres qui ne faisaient toujours rien, et Frak qui caressait son Mulou au fond de sa cellule. Ilthanos s’avança à nouveau vers les barreaux, ignorant totalement les réprimandations de Ciakath. A d’autres endroits, il parvenait à distinguer ces autres traces qui avaient su déchirer les murs. Il s’arrêta devant la cellule, se collant aux barreaux pour voir le disciple de Iop et sa bête.

Frak était accroupi et ne portait sur lui qu’un simple caleçon. Il ne l’avait pas remarqué auparavant, mais le Iop s’était rapidement déshabillé. Curieusement, il semblait tendu : tous ses muscles étaient bandés au maximum comme s’ils étaient soumis à un exercice particulièrement éprouvant. Ilthanos le détailla encore, se penchant un peu plus de côté. Frak portait une barbe drue et son torse était recouvert de poils.

« L’a dû oublié de se raser ces derniers jours … »

Ce qui étonna Ilthanos, s’était la fébrilité de Phebus. Le Mulou n’arrêtait pas de se coller fortement à Frak comme s’il manquait de caresses, grognant et jappant par moment, puis s’écartait rapidement pour retourner à chaque fois contre Frak, pour frotter fortement sa tête contre lui.
La bête s’arrêta subitement dans ses allers et retours, aboyant sauvagement vers l’Écaflip tout en se tassant en arrière. Avec rapidité, le Mulou se retrouva devant lui pour pousser un long hurlement, Ilthanos reculant d’un air paniqué.

- PUTAIN DE MERDE MAIS ELLE EST PAS BIEN CETTE BÊTE !

Ciakath se contenta de venir le redresser. Il repoussa Ilthanos vers le reste du groupe et l’Écaflip le rejoignit d’une marche déséquilibrée pour s’installer en grognant à côté du couple. Le disciple de Sram observa la cellule puis se retourna vers les autres pour parler de sa voix lente.

- Je vais vous chercher de quoi manger. Retenez Ilthanos s’il tente de fuir.

- Bah voyons
, répondit l’Écaflip en se frottant le visage. Fuir quoi ? Les araknes qui tentent d’grimper sur moi ? Oooouh, oui, j’suis pas une tapette à c’point.

Personne ne lui répondit, Shalane venant se recroqueviller encore plus contre Mïwan. Ciakath avait déjà disparu. Il passa les dix minutes suivantes à observer la cellule d’où lui parvenaient les couinements de Phebus et les grognements de Frak qui discutait avec lui.
Enfin, Ciakath revint rapidement, offrant à tous de quoi manger, sauf pour le Iop. A vrai dire, Ciakath ne s’approchait plus du tout de la cellule et faisait bien attention à en être éloigné. Ilthanos mangeait en silence, perdu dans un flot de pensées, mais une question lui revenait sans cesse.

« Et si c’était pas des conneries ? »

A vrai dire, il commençait à avoir peur que ce qu’ils lui aient dit fut vrai. Et ses craintes furent confirmées.

Phebus se mit à hurler. De longs cris entrecoupés de grognements, alors qu’il s’agitait dans la cellule, se cognant contre les murs dans un concert de bruits sourds. Tout le groupe s’était arrêté de manger et s’était légèrement décalé pour observer la scène, mu par une curiosité nouvelle. Ilthanos comprit avec horreur qu’ils n’avaient pas menti.

Frak s’était reculé dans un des coins de sa geôle, se tenant la tête alors qu’il respirait fort, cherchant de l’air. Phebus quant à lui voyait son corps s’allonger lentement, ses babines se retrousser et ses crocs grossir au même temps que ses griffes.
Il n’avait plus rien de la grosse bête à quatre pattes, affective et joueuse. Phebus resta un très court instant couché au sol, un filet de bave s’écoulant de sa gueule. Enfin, il se redressa lentement, se tenant à genoux, puis se retrouva debout sur ses pattes arrières. Il était gros, les muscles saillants, les yeux injectés de sang. Sa fourrure s’était dégagée par endroits, présentant son poitrail puissant. Il fixait le groupe, courbé en avant, les bras écartés et le souffle court.

Ilthanos quant à lui se sentait vaciller. Un Mulou-garou devant lui, c’était légèrement trop. Quand Phebus s’approcha en oscillant, retrouvant lentement l’équilibre de la bipédie, il se sentit défaillir. Le monstre avait l’air intelligent. Il ouvrit lentement la gueule en passant ses doigts griffus autour des barreaux, les empoignant pour tirer vers lui, de plus en plus fort. Heureusement, les barreaux étaient bien solides.
Une bête comme ça, bien qu’elle ne soit dotée d’une puissance rare, ne pouvait rien faire. Ilthanos poussa un soupir de soulagement mais s’arrêta bien vite quand Phebus se retourna subitement vers Frak, toujours collé au fond de la cellule.

- Faut sortir Frak de là, couina l’Écaflip. Il va se faire détruire ! Z’êtes malades ?!

Mïwan hocha la tête de gauche à droite en grimaçant, serrant un peu plus Shalane contre lui, répondant à Ilthanos dans un murmure à peine audible.

- Non. Il faut à tout prix qu’il reste à l’intérieur, justement. On est avec toi, Frak.

Phebus était à présent devant Frak qui haletait, couvert de sueur. A la grande surprise d’Ilthanos, Phebus s’accroupit à côté du Iop et se mit dans une position défensive, restant près de lui en observant aux alentours. Le Mulou-garou posa même sa patte sur son épaule.
Et le calvaire commença, au grand désarroi de tous. Frak frappa tout d’abord un gros coup dans le mur, sans raison. Il avait les lèvres retroussées et les yeux écarquillés, du sang glissant le long de ses dents. Le Iop poussa un hurlement déchirant, morbide, en se mettant à genoux, se repliant le plus possible sur lui-même en se tenant le torse. Dans son dos, sa colonne vertébrale bougeait lentement alors qu’il ne s’arrêtait pas de hurler. Alors qu’ils pensaient que Frak ne pouvait pas produire plus de son, le Iop repoussa les limites du possible en termes de cris d’agonie.
Le groupe qui était spectateur de cette horreur pouvait voir ses os grossir et ses muscles se tendre de plus en plus. Frak s’allongeait littéralement. Il grandissait et grossissait progressivement, sous l’élongation de ses membres. Subitement son hurlement cessa alors qu’il se cambrait de tout son corps en arrière. Il restait la bouche entrouverte, l’hémoglobine se répandant le long de son visage en une cascade sanguine. Frak restait les yeux écarquillés, se tenant le cœur d’une main déjà griffue. Arrêt cardiaque. Le cœur devait s’adapter à la métamorphose, les organes se développant pour supporter cette modification anatomique. Restant courbé en arrière, se tenant le torse en suffoquant, les yeux révulsés, Frak subissait aussi l’augmentation de sa pilosité. Il fut rapidement recouvert d’une fine fourrure qui ne s’arrêtait pas de pousser. Enfin, il repoussa un hurlement beaucoup plus puissant et grave qu’avant.

De l’autre côté de la cellule, Ilthanos se tenait à Mïwan pour ne pas tomber d’horreur. Le spectacle était insupportable, tant sur le plan visuel qu’auditif. Ciakath s’avança très légèrement pour tendre la main, mais Phebus se jeta devant Frak en l’accompagnant dans ses hurlements incessants. Le vacarme produit par le Iop couvrait largement celui de Phebus. Ce n’était plus des cris, seulement des bruits bestiaux.
Pendant un instant qui leur sembla particulièrement long, il n’y eut plus rien que les aboiements furieux de Phebus, et la respiration rauque de Frak derrière lui, dont ils ne distinguaient plus le corps. Le Mulou-garou s’arrêta d’aboyer, dressant ses oreilles en l’air. Il semblait presque afficher un sourire animal. Sa fourrure brune se gonfla légèrement alors qu’il reculait, allant se mettre à côté de ce qui était il y a quelques instant Frak.

Frak était déjà grand de base. Là, il était réellement gigantesque, touchant presque le plafond de la cellule. Et il n’avait presque plus rien d’humain, si ce n’était que sa forme. Une énorme bête, au pelage noir et aux dents acérées, voilà ce qu’il était devenu. Il avait les mains en sang, tout comme la bouche, le précieux liquide vital coulant de ses propres gencives et de ses griffes.
Sans que les autres ne s’en rendent compte, il s’était déjà jeté contre les barreaux, passant avec grand mal ses bras trop musclés à travers en les faisant grincer. Il fouettait l’air de ses griffes en poussant des grognements gutturaux et s’arrêta rapidement en comprenant qu’il ne pouvait pas atteindre le groupe. D’un air totalement nonchalant, il colla sa gueule sur les barreaux en gardant ses bras entre eux, s’appuyant ainsi en se passant la langue sur les dents. Même en fermant la gueule, ses crocs ressortaient.
Le fait de voir Phebus le rejoindre à ses côtés, bien plus bestial mais moins imposant que lui, horrifia encore plus Ilthanos. Les autres semblaient seulement dérangés de voir ça, sauf Ciakath qui était comme à son habitude insondable.

L’Écaflip se glissa directement derrière Mïwan quand Frak rouvrit la gueule, un filet de sang et de bave s’en échappant. A la grande surprise d’Ilthanos, le monstre qu’il était devenu pouvait parler. Une voix rauque et gutturale, à peine imaginable. Bestiale et tranchante.

- J’ai les crocs, filez-moi Boule de poils.

- WOWOWOOOOH
, s’écria l’Écaflip, IL EST FOU ?

Frak se mit à rire. Enfin, on pouvait penser que c’était un rire. Oui, «Grouaaarglaaargargh» devait bien être un rire pour un monstre comme ça. La créature qu’il était devenu se balança de gauche à droite pour retirer ses énormes bras des barreaux qui s'en retrouvèrent légèrement déformés. Il se mit à rôder dans sa cellule, Phebus s’allongeant par terre non loin de lui.

- Laissez-moi sortir, grogna-t-il à nouveau. J’me tiendrai parfaitement bien.

Seul le silence lui répondit. Ce fut Shalane qui recula la première pour s’éloigner le plus possible des barreaux qui retenait leur ancien ami prisonnier. Elle s’en alla jusqu’à l’escalier et grimpa quelques-unes des marches, de sorte à ne plus le voir. L’Archer trottina derrière elle pour la rejoindre, jetant un dernier coup d’œil aux deux créatures enfermées. Alors que Mïwan enjambait les marches que sa compagne avait gravi, Ilthanos entendit les sanglots de la Roublarde.

Lui, était complètement perdu. Il était à la limite de s’évanouir mais le fait de voir Ciakath, imperturbable face au spectacle, ne lui redonna rien qu’un peu de courage. Il se rapprocha à peine d’un pas en ayant l’intention de parler, que la créature qu’était devenu Frak grogna de sa terrible voix, roulante et puissante.

- Approche-toi seulement assez et je t’égorge, je te démembre, je te vide de tes entrailles et j’te prends comme apéritif.

Finalement, Ilthanos préféra ne plus du tout avancer. Il se représenta la scène mentalement. Instantanément, il en eut des vertiges. Il s’imaginait ce qui pouvait se passer s’il était coincé avec les deux créatures, seul face à ces monstres, prisonnier de la cellule. L’Écaflip se sentait défaillir et tituba légèrement, prit de sueurs. Il gardait les yeux rivés vers les barreaux d’où il percevait les silhouettes de ses nouveaux cauchemars, d’où il entendait les grognements qui lui portaient de sombres promesses.
Ilthanos était dans un tel état qu’il ne remarqua même pas que Ciakath s’était subtilement décalé. Le disciple de Sram avait retiré un gant et porta un coup bref et rapide de l’index au milieu de son front. Ilthanos ressentit la pression du doigt sans même remarquer la main de Ciakath. Auquel cas il aurait pu constater qu’elle était affreusement maigre et blanche, raide et sèche.
Non, la seule chose qu’il vit avant de sombrer dans l’inconscience fut Frak qui était revenu poser sa gueule contre les barreaux en parlant dans un grondement rauque, un sourire bestial aux lèvres, sa phrase s’achevant au moment même où son front à présent velu rencontrait les barreaux.

- C’est une grande gueule en fait, il vaut rien ce gars-là … Bon … CIAKATH. Hmgrrrrrrm, désolé d’avoir crié … Tu me laisses sortir, maintenant ?

Ilthanos percuta le sol au moment où Frak termina sa phrase. Un sommeil vide, sans images ni sons.

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Une troupe de gardes aux couleurs de Bonta passèrent devant l’échoppe d’un forgeron Amaknéen. C’était une échoppe tout ce qu’il y avait de plus banal, le genre d’échoppe sans prétention où il faisait bon d’entrer ne serait-ce que pour la simplicité et l’accueil de l’artisan. Une personne s’était détachée de la troupe pour se faufiler à l’intérieur de ce petit commerce, attiré par un article tout particulier qu’il avait entraperçu à travers une fenêtre.
L’endroit semblait être vide quand il y pénétra, il profita de l’absence du vendeur pour y jeter un coup d’œil plus poussé. Les murs étaient couverts d’armes en tous genres, mais son œil avait été attiré par une épée qui trônait face à la fenêtre, par laquelle il l’avait aperçue. Le manche était épais et de la garde sortait une lame double, les deux se faisant face de manière parallèle. Une arme que le garde jugeait rare et dont il voulait s’assurer de la bonne qualité.
Il s’approcha d’un pas mesuré jusqu’au comptoir, roulant des épaules. A sa grande surprise, un petit homme était installé derrière, parcourant des yeux un livre massif à l’aspect ancien. Le garde se racla la gorge pour signaler sa présence, ce qui fit sursauter le nain qui se dirigea rapidement vers un tabouret afin d’y monter et d’être à hauteur du comptoir, s’appuyant sur le livre qu’il avait encore en mains.

- Bienvenue dans mon humble marché, garde. J’étais quelque peu préoccupé par ma lecture, comprenez, c’est un vieux manuscrit. Mais vous n’êtes pas là pour m’entendre radoter, que puis-je pour vous ?

- L’épée derrière toi, accrochée au mur, celle avec les deux lames.

- Oh mais elle n’est pas à vendre, répondit le nain d’un air gêné. C’est une pièce de collection très rare que mes ancêtres ont fabriqué, je la laisse là par pur plaisir et je ne vous le cache pas, sûrement par fierté envers mes aïeux.

Le garde ne répondit pas et se contenta de jeter un coup d’œil par la fenêtre. Il retira ensuite son heaume et dévoila son visage dans un grand sourire, peu engageant. Visage qui était barré par quatre cicatrices parallèles, vestige d’un coup de patte lors d’une soirée catastrophique pour lui. Roald posa calmement sa main sur celle du vendeur, qui gloussa en prenant la parole.

- Oh non non non, je ne suis pas attiré par les hommes, je ne suis pas intéressé par ce genre de pay-…HUMPF.

Dans un fin mouvement, Roald avait dégagé la main du nain pour s’emparer de son livre et … Bam, lui avait directement claqué la tranche dans la tronche, pour ne plus qu’il bronche. Le vendeur chuta de son tabouret pour retrouver la dureté du sol et s’y écrasa dans un bruit sourd, assommé. C’est avec une délicatesse exagérée et en murmurant un petit « J’adore marchander. » que Roald reposa le livre sur le comptoir.

Il passa rapidement par-dessus et s’empara de l’épée qu’il convoitait. A peine l’avait-il en main qu’il se rendit compte qu’il avait bien évidemment vu juste : l’épée était à la fois légère et robuste, digne d’un travail d’une finesse remarquable. Il n’avait pas de fourreau mais ce n’était pas grave : il s’en fera construire un quand il le voudra. Le garde s’empara de son casque et le renfila avec un grand sourire en repassant derrière le comptoir, tenant fermement l’épée de l’autre main. A chaque fois qu’il s’emparait d’une arme, il ne pensait qu’à une chose. Sa vengeance sur ce foutu Écaflip qui l’avait défiguré, et sa bande d’enfoirés de potes qui l’avaient malmené. Roald s’imaginait déjà éventrer Boule de poils d’un coup sec pour ressortir ses boyaux d’un tour de poignet expert, et l’observer mourir devant lui.

Le retour à la réalité fut assez rapide et se résuma à un « Ooooutch, ma têêêêêête … » venant de l’autre côté du comptoir. Roald n’en demanda pas plus et se dirigea dehors, bien fier de sa nouvelle acquisition. Il devait rejoindre le reste des gardes de sa troupe pour se diriger vers Emelka où une mission de surveillance l’attendait.

Chouette coïncidence. Aucun des deux partis ne se doutait que l’autre allait au même endroit. Roald était simplement obnubilé par la mission provenant de la garde bontarienne et par sa vengeance. L’équipe d’Ilthanos par le problème que l’on pouvait nommer « Frak » et par leur mission provenant de la Confrérie. Et sans qu’aucun d’entre eux ne le sache, un personnage plus connu sous le surnom de Raclure se dirigeait au même endroit. Ça promettait d’être explosif.
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Score : 1336

Honte à moi, j'avais raté le chapitre précédent ;_;

Mais le retard est désormais rattrapé /o
Sinon, que dire...hum, tu sais vraiment y faire pour coller une ambiance, même si le coup du mulou-garou était prévisible, j'ai été interpellé par les tableaux. (azi, balance la soluce è_é )

Sinon, je m'imaginais pas du tout Khaltos comme ça, faudrait que je revienne taquiner les rolistes un de ces jours.

Brayf, niid moar.

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Score : 4231

Y'a longtemps que j'avais pas accroché comme ça à une fanfic'. :3

Le style d'écriture est vachement agréable, c'est espacé, y'a pas ou peu de répétitions... bref, cay tro cool ! biggrin

Pour le chapitre précédent, connaissant un minimum Khaltos, j'ai tilté quand j'ai lu "bouteille carrée" o/
Ben voui, évidemment. J'connais qu'un seul Iop qui se promène avec une bouteille.

Bref, c'est vraiment génial, l'ambiance est très bien décrite... top classe, quoi !

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Score : 1868
[ Weuh, le retour ! Ça fait un moment que je traîne, faut que je m'y remette sérieusement.

Merci Zolank pour le commentaire, mais pour la soluce des tableaux faudra attendre un p'tit peu ... Ou attendre longtemps, ça dépend de comment que j'écris vite :p ! En plus j'ai la reprise de la fac maintenant, ça va sûrement me faire galérer d'écrire (surtout qu'avant déjà, j'avais pas un super rythme).

Et merci à toi Moonlight, ça fait plaisir ! Voui Khaltos et sa bouteille carrée ça vient d'une vidéo du Punisher, le héro trop d4rK de Marvel, où je l'avais vu se battre à coup de bouteille de Jack Daniel's ... Solide la bouteille d'ailleurs.
Au fait, tu joues encore toi ? J'te croise plus trop. Merci encore pour ton commentaire ^^ !

Du coup je balance la suite de l'histoire, j'ai fait une bonne grosse ellipse parce que j'avais vraiment pas la foi d'écrire directement la suite, bonne lecture et beusous ! ]

Chapitre 8 : Proximité hasardeuse


Quelques faces de Wïnch, que Laneti m'avait dessiné, pour vous imager un peu le bonhomme.

Le soleil tapait fort en cette matinée, plongeant la majeure partie des habitants d’Amakna dans une rivière de sueur. Les travailleurs pestaient à chaque fois qu’ils se redressaient le temps de souffler, maudissant encore une fois les températures estivales. Certains avaient même décidé de profiter d’une journée de flemmardise et d’abandonner leurs tâches pour rester chez eux et se prélasser à l’ombre.
Et c’est très certainement au même moment qu’un énième honnête travailleur s’arrêtait pour éponger la sueur qui venait harceler son front, que Roald balançait brutalement son casque au sol dans un grognement étouffé, sans ralentir sa course.

Il endurait l’affront du soleil sur sa cuirasse depuis le début de la matinée, mais cette saloperie d’astre lui faisait grandement défaut à présent : courir après un quelconque fugitif dans sa condition, c’est-à-dire habillé et surchargé d’une armure qui lui donnait l’impression d’être dans un four, était quelque chose qu’il n’aimait pas réellement. En plus de ça, l’homme qu’il pourchassait était plus agile que lui, vêtu simplement des haillons que les gardes lui avaient donné et se faufilait sans trop de difficulté entre les passants, dévalant la grande rue pavée de la Place Vent d’Orme en jetant quelques regards derrière lui pour être sûr qu’il maintenait la distance. Là où sa proie se faufilait, Roald fonçait simplement tout droit en profitant de sa carrure, mais ne parvenait pas à le rattraper.
De nombreuses personnes se retrouvèrent tamponnées sans comprendre pourquoi, pour terminer sur les pavés à se demander pourquoi la terre était si basse ce matin.

La chose que guettait le garde depuis le début de la course arriva enfin : le fugitif observa une fois de trop par-dessus son épaule et vint percuter un passant qui s’étala de tout son long sur le côté. Roald s’en fichait pas mal, préférant admirer le changement dans la course du coureur qui avait perdu l’équilibre et qui s’écrasa contre une caisse en bois juste à côté.
Alors qu’il tentait de se dégager en gémissant, l’air plus que paniqué, son haut se déchira un peu plus en restant accroché à l'un des morceaux de la caisse qui s’était brisée à son impact. Miraculeusement, il était déjà presque debout et s’apprêtait à s’enfuir à nouveau pour regagner l’espace qu’il était parvenu à tracer entre le garde et lui.
Le fugitif allait commencer à partir de sa foulée rapide mais c’était sans compter l’homme qu’il avait fait chuter, très rancunier, qui lui écrasa son sac de légumes dans la figure. Ce n’était qu’un sac de légume, mais bien rempli, ce qui le sonna légèrement en le faisant repartir en arrière. Fin de la course pour l’évadé, son dos vint heurter le sol alors qu’il s’écrasait une nouvelle fois sous les insultes du passant qui s'était fait renverser.

Alors que les gens s’arrêtaient pour observer la scène d’un air curieux, Roald arriva à la hauteur du fugitif, décochant un gros coup de pieds dans ses côtes pour le faire rouler contre les débris de la caisse en bois. Le craquement qui répondit au coup de botte armée était assez explicite, les côtes n’avaient pas dû apprécier.

- Bordel, grogna Roald en s’essuyant le visage de sa main gantée, couvert de sueur. J’sais pas ce que t’espérais en voulant t’échapper, on allait t’emmener tranquillement par dragodindes, mais non, fallait que tu joues les fuyards.

Partant d’une très mauvaise idée et sans doute alarmé à la possibilité de finir en prison, l’homme se redressa dans un grand gémissement, un simple morceau de bois de près d'un mètre en main. A la surprise de tous et surtout de Roald, le fugitif le brandit non sans mal comme une arme. Il avait l’air ridicule avec son air apeuré, ses cheveux crasseux qui lui collaient au front et ce début de barbe sale, vêtu seulement de vêtements déchirés et de vieilles bottes usées. De plus, ce n’était qu’un gringalet comparé au garde qui était avantagé de par sa forte carrure.
En face de lui se tenait donc Roald, arborant une petite moue amusée alors que les gouttes de sueurs dévalaient le long des quatre traits boursoufflés de couleur violacée sur son visage qu’étaient ses cicatrices. Seul sa tête était à l’air libre, le reste de son corps plongé dans l’imposante armure de garde. Son crâne presque rasé brillait presque autant que les plaques de son armure au soleil.

- RECULEZ, J’HÉSITERAI PAS A ME SERVIR DE MON ARME, cria le fuyard qui se couvrit encore plus de ridicule sous les rires des gens qui formaient à présent un attroupement autour d’eux. Je … Je déconne pas, j’vous le dis, je vais me défendre !

- Écoute-moi bien, gros connard, répondit Roald de sa grosse voix de mâle alpha, bien fier de sa position. Tu m’as fait courir sous un soleil de plomb pendant un petit moment et j’suis particulièrement énervé par la situation. Si tu poses ton ar-… Ton putain de bout de bois, j’vais peut-être devenir plus sympa’ avec toi, et t’auras pas à ramasser tes dents brisées à l’aide de tes doigts cassés.

- Je te crois pas, dans tous les cas vous allez m’envoyer en prison, alors que j’ai rien fait !

Roald fit un premier pas en avant, faisant reculer à la fois le fuyard qui tituba en arrière, mais aussi la petite foule qui s’était agglutinée autour d’eux. Le garde serra lentement son poing droit, prenant bien soin de le refermer doigts par doigts dans un mouvement traînant.

- T’as volé des trucs sur le marché hier soir, le travail d’honnêtes gens qui ont sué pour gagner leur vie et j’déteste ça. Pire : t’as blessé un jeunot alors qu’on te coursait hier soir, et à cause de ta fuite d’aujourd’hui t’en as sûrement blessé d’autres. Alors pose ce morceau de bois si tu veux pas que je te défonce, te détruise, te brise en miettes avant de t’envoyer au fond d’une cellule.

Un brouhaha d’assentiment accueillit les paroles du garde qui s’avançait toujours vers le fuyard qui lui, observait la foule en proie à une grande panique. Il avait effectivement cassé les jambes d’un jeune en essayant de leur échapper une première fois, quand il avait été pris la main dans le sac, mais il ne l'avait pas voulu du tout. Il n’avait plus aucun espoir d’avoir un peu d’aide venant des badauds.

Le fugitif décida alors de relever subitement son morceau de bois et de foncer vers Roald en hurlant pour tenter de l’abattre sur son visage, au même moment que la foule poussait en cœur un « Ooooh » d’étonnement. Elle s’empressa de lâcher un « Aaaah » traînant quand le garde releva simplement son bras pour que le bout de bois s’écrase sur l'armure, se brisant en deux de manière totalement ridicule. L’homme qui fuyait son poursuivant depuis un moment continua sa course dans ses bras, son nez venant percuter lourdement son torse dans un craquement répugnant. La foule se contenta d’inspirer d’un seul souffle commun.
Roald n’en attendit pas plus et empoigna la gorge du fuyard qui saignait abondamment du nez. Il venait clairement de se faire agresser par un homme déjà coupable de vol, qui avait cassé les jambes de quelqu’un, et qui causait encore du trouble à l’ordre public. Devant autant de témoins, son côté salopard lui signala qu’il pouvait se permettre de l’exécuter sans état d’âme.

Roald le souleva légèrement du sol comme s’il ne pesait rien et fit entrer en action le poing qu’il gardait serré depuis qu’il s’était avancé : celui-ci rencontra une première fois le visage du fugitif qui s’envola pour retomber quelques pas en arrière, hurlant de douleur alors que certaines de ses dents se faisaient la malle. Il tenta de s’agenouiller pour pouvoir se redresser et peut-être s’en sortir mais un second coup percuta son visage déjà ravagé, accompagnant l'impact en restant collé à sa face, jusqu’au sol pour écraser son crâne sur les pavés. Le bruit répugnant ainsi que la vision qui résulta de cette action fit tourner les têtes des spectateurs dans un gémissement horrifié.
Le fugitif poussait une plainte continuelle, emplie de peur et de douleur que Roald fit taire en se redressant pour lever le pied droit et l’abattre sur son visage (déjà défoncé, mais encore en vie). Le craquement sinistre qui s’en suivi ainsi que le faible gargouillement suffit à convaincre les passants que leur petit divertissement morbide prenait fin.
Ils restèrent à fixer Roald qui haletait au-dessus du corps à la tête applatie, puis tous s’en allèrent. Certains étaient satisfaits du sort qu’avait subi le pauvre homme, d’autres choqués, et beaucoup dégoûtés malgré le plaisir de savoir que la loi avait été gardée et respectée par l’un des hommes en armure qui vadrouillaient si souvent.

Le corps sans vie gisait là, sur le sol, figé dans cette position qui donnait l’impression que même après la mort il restait tordu de douleur. Une flaque de sang l’entourait lentement en partant de son crâne explosé, mais Roald décida de laisser la tâche désagréable du ménage à d’autres et se contenta de déplacer le corps sur le trottoir, à l’écart des gens.
Il cracha donc simplement sur le cadavre en le maudissant puis tourna les talons pour rejoindre la caserne des gardes et écrire son rapport, chose qu’il détestait. Au moins sur le chemin du retour il pourrait récupérer son heaume. Malgré la chaleur et la sueur qui dévalait de tout son corps, il s’en allait en souriant.

« Sacré bon début de journée, putain. Si avec ça, j’me fais pas féliciter … » pensa-t-il en s’éloignant dans son armure reluisante souillée des traces de sang au niveau de son torse, couverte des éclaboussures sur ses bottes et son gant maculé de gouttelettes.

La foule était déjà dispersée et le va-et-vient naturel de l’endroit recommençait en laissant le cadavre encore chaud de côté, quelques passants s’arrêtant parfois pour observer la flaque de sang en fronçant les sourcils, puis reprendre leur route.
Un seul homme était en réalité resté du début à la fin et sa clope tordue n’était consommée qu’à moitié, laissant un filet de fumée s’envoler vers le ciel. Il gardait ses mains dans les poches de son pantalon trop grand qui venait couvrir ses bottes, légèrement baissé par une ceinture chargée d’armes : deux étuis de part et d’autre de sa taille, renfermant chacun le même révolver, ainsi que deux plus petits croisés dans son dos. L’homme restait planté là pour observer la flaque de sang, et l’endroit où était déposé le cadavre, dans un coin d’ombre. Certains des passants dévisageaient l'homme qui fumait avec étonnement. En effet, son gilet en tissu déchiré par endroit était ouvert sur son torse nu, trop maigre. Des anneaux en or perçaient ses tétons ainsi que son nombril, qui trônait dans un amas de cicatrices. Deux yeux étaient tatoués sur son torse, pleurant chacun trois larmes.
Il porta sa main à sa bouche pour enlacer la cigarette de deux doigts fins, recrachant la fumée en se grattant la barbe qui formait un collier le long de sa mâchoire, rejoignant son menton en un bouc pointu. Il arborait un sourire provoquant qui faisait scintiller ses dents en or. Un foulard de roublard au motif classique de crâne cachait tout son visage à partir de sa lèvre supérieure, recouvrant son nez et le reste en laissant deux trous pour ses yeux de couleur rouge. Son oreille droite était recouverte d’anneaux dorés, qui la faisait légèrement pendre vers le bas alors que la gauche était déchirée sur tout le long, seul deux petits anneaux trônant au bout.

Le Roublard recolla sa clope au bout de ses lèvres et s’avança d’une démarche négligée, mains dans les poches de son gilet noir. L’homme élancé traversa rapidement la distance qui le séparait du corps et se retrouva à son niveau. Il s’accroupit en tirant une dernière bouffée des herbes présentes dans sa clope avant de la lancer d'une pichenette et de cracher sa fumée vers le visage éclaté du mort.

- Bah mon coco, tu t’es pas fait louper …

Comme s’il l’avait deviné, le Roublard tira un peu le pantalon qui ceinturait le corps et y glissa sa main, semblant y chercher quelque chose. Et comme il l’avait effectivement deviné, l’homme avait caché une clé ainsi que quelques pièces au fond de ses sous-vêtements. Il se redressa dans un ricanement festif, s’arrêtant pour zieuter le clochard qui l’observait en mâchant le vide, l’air marqué par la vie. Le vieux agita son doigt vers lui en marmonnant, puis haussa enfin le ton.

- Sale vieux vicelard de Wïnch, encore à fourrager dans les caleçons des autres mmmgnmmgngnmmm !

- C’est ça mon vieux. Tiens, v’là pour toi, tu pourras aller te souler pour oublier ta vie de merde, répondit-il en lui jetant une des pièces.

Le visage du clochard s’illumina en voyant la pièce voler et sa main happa l’attrapa au vol, venant la croquer pour vérifier qu’elle soit vraie. Il fronça brièvement les sourcils en se rappelant d’où elle venait et de la réplique cinglante puis haussa les épaules dans un rire usé, se retournant pour remercier Wïnch, mais celui-ci était déjà parti.

Le Roublard marchait d’ailleurs d’un pas rapide dans les rues, passant sa langue le long d’une nouvelle clope tordue qu’il coinça entre ses dents sans l’allumer. Il ne semblait pas réellement dérangé par la chaleur, bifurquant à chaque fois pour emprunter des ruelles plongées dans l’ombre. Il avalait les dédales de pavés, passant entre les grandes bâtisses et les petites constructions.
Il ne paraissait pas suivre un réel chemin mais il s’arrêta devant une porte quelconque en se retournant pour voir si personne ne l’avait suivi. Wïnch jeta sa clope au sol haussant les épaules puis empoigna le heurtoir pour le frapper continuellement contre la porte. Plus il frappait et plus un sourire s’étalait sur son visage.
La porte s’ouvrit brutalement sur un disciple de Iop géant dont la crête noire sur son crâne donnait un air encore plus patibulaire, qui se mit à le fixer alors que Wïnch perdait instantanément son sourire.

- T’es malade de cogner comme ça OU QUOI ? J'ai cru que c’était les gardes ou la Milice … ET LES GARS, C’QUE LE ROUBLARD.

Le dit Roublard n’attendit pas plus et se faufila originalement entre les jambes de Frak qui fronça les sourcils en le voyant passer à quatre pattes. Le grand Iop se pencha pour observer la rue où traînait seulement un chien qui courait après les mouches. Il se redressa alors en fermant la porte, la verrouillant directement.
Wïnch l’attendait en se grattant l’entre-jambe, appuyé sur un vieux meuble qui traînait là. Tellement de classe dans un seul homme. Le Iop hocha la tête de gauche à droite en s’avançant, profitant de sa proximité pour lui asséner une tape derrière le crâne, qui fit tituber le Roublard à sa suite dans un ricanement.

L’endroit était couvert de poussière, donnant un air encore plus abandonné à la maison. Depuis l’entrée, ils avaient vue vers un salon sur leur droite, tout aussi poussiéreux, ainsi qu’une cuisine sur leur gauche. Un imposant escalier permettait de mener à l’étage, sans doute grinçant, comme tous les escaliers dans ce genre de vieille maison. Frak se dirigea vers le fond en se grattant le crâne.
Wïnch observa avec un grand intérêt le roulement de ses muscles lors de ce simple mouvement. Alors qu’ils commençaient à entendre les murmures d’une conversation lointaine, le Roublard décida de tâter les fesses du Iop qui s’arrêta aussitôt. Il se tourna lentement vers Wïnch qui gardait sa main au même endroit, se massant la nuque de l’autre.

- Hé … Hé hé hé, ça m’donnait envie de voir, en les voyant remuer comme ça …

- Refais ça encore UNE SEULE FOIS … Et j’sais pas ce que je ferai, mais je le ferai.

Frak chassa la main du Roublard en se remettant en marche, suivi par le pervers. Ils arrivèrent enfin dans une grande pièce qui était presque vide, hormis une grande table recouverte d’une carte et les quatre personnes qui se tenaient autour. Deux d’entre elles étaient collées l’une à l’autre, Mïwan arborant un air sérieux en gardant un bras protecteur autour de la taille de Shalane, comme pour bien montrer à l’autre Roublard qu’elle était avec lui. Shalane quant à elle, observait Frak et Wïnch en reposant sa tête contre l’épaule de son compagnon, un sourire aux lèvres.

- Salut toi, lâcha-t-elle joyeusement en agitant sa main vers le nouveau venu, qui avait déjà fait un choix entre fixer son visage ou ses seins. Venez, on est en train d’étudier la carte à fond pour commencer les recherches !

En bout de table et se tenant droit, toujours enveloppé dans sa tenue pourpre qui ne laissait voir que les deux rayonnements émeraude de ses yeux, se tenait Ciakath qui ne releva même pas la tête pour saluer le nouveau venu. Il gardait cette aura de froideur autour de lui, qui ne donnait pas du tout envie de le provoquer ou d’aller vers lui. Sa voix traînante glissa un moment dans l’air.

- Bonjour Wïnch, approchez-vous. Mais pas trop.

La dernière personne présente autour de la table ne l’était pas vraiment. Elle était assise sur une chaise, son visage poilu écrasé sur la table avec un long filet de bave qui s’écoulait de sa bouche entrouverte. L’Écaflip gardait les yeux fermés en poussant se ronflement continu « Rrrrr … Hmgn, rrrrr … » en laissant pendre ses bras vers le sol, dans une position de sommeil qui n’était sûrement pas désiré.
Wïnch s’approcha de lui alors que Frak rejoignait le côté du couple, l’Archer surveillant toujours le Roublard d’un air méfiant. Il s’était d’ailleurs accroupit en rapprochant au maximum son visage de celui de l’Écaflip qui ronflait. Il se mit à lui tapoter la cuisse, jusqu’à ce qu’il rouvre un œil puis sursaute brusquement en le voyant, agitant ses mains avant de s’étaler au sol en renversant sa chaise, soulevant un petit nuage de poussière.

- WOH. Hé … Ah, j’me suis endormi pendant le discours passionnant de Ciakath sur le dangereux gars qu’on chasse, putain. Il se redressa rapidement en souriant d’un air gêné, les yeux ouverts mais l'autre toujours vitreux, n’osant pas soutenir le regard du Sram. Ouais, désolé. Salut Wïnch, putain m’réveille plus jamais comme ça.

Sans en attendre plus et après que le nouveau Roublard ait salué brièvement tout le monde, tous se retournèrent vers Ciakath qui attendait patiemment.
Mïwan serrait toujours Shalane contre lui, Frak restait appuyé sur la table en tâchant de se concentrer au maximum, Wïnch se tenait debout en gardant les bras croisés pour observer la carte, et l’Écaflip … Et bien Ilthanos bâillait longuement en s’étirant, balançant sa chaise de sorte à pouvoir croiser les pieds sur la table. Alors qu’ils se concentraient tous, lui se réveillait seulement, l’esprit embrumé.

« Wouah … J’me demande c’que je fous avec eux tous. Les explications de Ciakath sont chiaaaaaaaantes et me donnent envie de dormir. Pitié, faites que ça se termine vite que j’puisse retourner dormir à l’étage. C’est pas normal de devoir se réveiller si tôt. Et c’est pas NORMAL d’avoir ce gars avec nous … J'me souviens clairement de lui, à l'église abandonnée.»

Ciakath hocha la tête et commença à parler, se lançant dans un monologue à propos du lieu, de la région et de la nation dans laquelle ils se trouvaient. Il cita longuement les dangers et les risques de ce qu’ils devaient tous faire. Il étalait tout ce qu’il savait sur la table, prenant une fois de plus le rôle de chef. Et de tout ça, Ilthanos n’écoutait que la moitié, somnolant presque sur sa chaise.

De l’autre côté de la ville, Roald remplissait un formulaire pour rapporter son intervention du matin, sourire aux lèvres. Il s’arrêta un moment pour observer le petit miroir qu’il gardait toujours sur son bureau et fixa ses cicatrices. Pendant un instant il vit Boule de Poils à sa place, et il serra un peu plus la fine plume qu’il tenait entre les doigts, la main tremblante de rage.
Dans son demi-sommeil, Ilthanos fut parcouru d’un frisson désagréable. Comme si quelqu’un pensait fortement à lui. A chaque fois que ça lui arrivait, l’Écaflip s’amusait à penser qu’il aimerait bien voir qui était la personne qui se concentrait autant sur lui, par pure superstition.

Il ne se doutait pas que son vœu allait être exaucé pour une fois, sous peu.

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Score : 731

Han que c'est bieeeen! J'ai pas vraiment plus de trucs a dire a part "I need la suite" *Avec mon sublime accent* car j't'ai d'ja dit que c'était trop génial et que j'avais tout lu d'un seul coup (Et que j'adore les perso' ) ! Rah pis je trouve pas non plus le bon mot pour décrire arfeuh ! En fin bwef,

J'suis toujours aussi fan, continues! n_n

Koe'

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Score : 4231

C'est qu'il méritait qu'on l'attende, ce chapitre !

Rien à rajouter, c'est trop bieng.

Et si je joue toujours, c'est juste que j'ai un temps de connexion limité et quand je suis là beeeen... héhé... y'a personne.

'Fin toujours aussi classe, quoi. Continue !

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Score : 587

Tu roxx.

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Score : 10

*_* Waaaaah, t'écrit vraiment super bien ! Les chapitres sont très long, mais l'histoire est tellement intéressante et bien écrite qu'on ne s'en lasse pas ! Niveau dialogues ça déconne pas dans ta série mais ça fais son charme et le héros est très charismatique, franchement continue comme ça tu roxxe smile

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Score : 9360

J'exige une suite.
Cronichon va.
Hophophop, on veut savoir!

Non, serieusement, je veux pas te forcer, mais j'aimerais quand meme avoiiiiir!

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Score : 1962

[Lien mort] On est avec toi Pablours! ( Si on voit rien sur l'image désolée

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