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Boule de poils.

Par Brokiloon 23 Avril 2013 - 19:45:02
[ Salut à toutes et à toutes !
J'ai décidé d'partager une des histoires que j'écris dans mon coin. Généralement j'rédige les backgrounds de mes personnages mais ça me gave vite, vu qu'je sais ce qui se passera de toute manière. Du coup j'ai eu envie de changer, j'ai pondu plusieurs scènes d'intro' de quelques lignes et c'est celle ci qui a fait qu'j'me suis pas arrêté. J'fais de l'improvisation quasi totale et ça m'plaît bien, je me surprends moi même dans l'apparition des personnages ou leurs morts, les rebondissements, etc. Aucune idée de jusqu'où ça ira.

Trêve de palabres, j'vous laisse découvrir tout ça ! Bises à vous. ]


Chapitre 1 : Violences nocturnes.



E
ncore un coup, un de plus, fracassant à nouveau sa figure. La fourrure déjà sale de son visage est rendue poisseuse à cause du sang qui s'égoutte des quelques plaies, produites par le poing qui revient le harceler. Et encore un autre coup, qui arrive sans prévenir, droit sur sa face. Une voix rauque perce les ténèbres dans un gloussement.

- Tu vas cracher le morceau, Boule de poils, ou tu veux qu'on continue comme ça ? P’tit gars, j’peux continuer longtemps, et j’te cache pas qu’j’adore défoncer du voleur. Puis tu sais que si je me fatigue, j’ai quelques personnes qui attendent leur tour.

Des rires lui parviennent, derrière la voix qui vient de s'exprimer. La victime agite toujours faiblement ses mains poilues derrière son dos, planté là au milieu d'un champ avec ses cinq tortionnaires qu'il ne distingue même plus, trop amoché, et l'endroit rendu trop sombre par la nuit. L'Écaflip qui se fait maltraiter n'est qu'un simple voleur sans partenaires, molesté pour avoir volé quelques précieux bijoux sur un étal. Pourtant, les cinq personnes sont persuadées qu'il fait partie d'un groupuscule, comme un grand nombre des voleurs de Bonta agissants en bandes.
Il tente de rouvrir les yeux et seul un s'entrouvre, l’autre trop gonflé par les coups. Les lueurs d'une flamme lui agressent la pupille, qui se dilate immédiatement en remplissant son iris doré. Il distingue un peu mieux les gens. Deux femmes et trois hommes, à première vue … Mais ce ne sont que des ombres qu’il peine à vraiment voir, dans le flou. En plus d'avoir l'air mieux armés et plus musclés que lui, il n'arrive toujours pas à se défaire de ses liens. Encore une fois il tente de gagner du temps en serrant les dents, la douleur lui écrasant le crâne comme un étau.

- Pu ... tain d’merde ... J'vous ai dit ... J’suis seul. Seul, vous comprenez, ça ? C'est trop dur pour vous d'comprendre des mots simples ? J’ai avoué, pour les bijoux, bordel. Il vous faut des aveux servis sur un p’tit coussin ou qu-…

Le poing revient brutalement lui caresser la figure, le coupant au milieu de sa phrase et s'acharne encore à trois reprises. L'Écaflip commence à perdre pied, il a du mal à réfléchir à présent, mais continue de remuer lentement les mains dans son dos, les liens glissant peu à peu. Encore quelques instants, et ses griffes pourront commencer à entailler la corde. Il pousse un soupir de soulagement quand il entend une voix féminine murmurer à l'homme face à lui.

- Tu devrais y aller un peu plus doucement ... A ce rythme-là, tu vas ... Le tuer, et nous ne sommes pas là pour ça je te rappelle. Nous patrouillons juste dans le voisinage pour faire fuir les petits malfrats. On l'a déjà traîné là dans le noir, jusqu'à ce champ avec un sac sur la tête. C’est assez éprouvant et tu lui as assez tapé dessus pour le garder sur cette chaise, je pense qu'il a saisi la leçon ! En plus …

- Nan
, coupa-t-il brusquement. Boule de poils en a pas eu assez. Ce p’tit con, je vous dis que je suis sûr qu’il est avec d’autres.

Malheureusement pour notre pauvre boule de poils, certaines personnes sont soumises à des pulsions primitives qui ressortent rapidement, dès lors qu'on leur offre une once d'importance et de pouvoir. Le meneur du groupe qui le retenait sur cette chaise faisait partie de ces gens-là. Il espérait rejoindre la garde un jour, et grimper les échelons du pouvoir jusqu'à un poste satisfaisant.
L'Écaflip quant à lui, franchement, était loin d'être con malgré son âge et son manque d'expérience. Âgé de vingt-et-un ans, il cumulait le statut de clochard et de voleur. Ce n’était donc pas étonnant qu’il se soit déjà retrouvé dans des situations similaires, bien que moins critiques. Du temps, c'est tout ce qu'il devait gagner maintenant. Il ouvrit la gueule et un filet de sang s'étala sur son menton dans un bruit dégueulasse, coulant sur son torse.

- C'est bon, c'est bon, j'vais causer ... Si vous arrêtez d'me toucher.


- Ah ouais, bah vous voyez les gars, c'comme ça qu'on fait parler un voleur, avec les poings ! grogna l'homme qui le rouait de coups depuis avant. Alors, Boule de poils t'vas délier ta langue et nous raconter ?

- ... J'peux pas, elle est coincé entre les jambes d'ta femme, connard.


Ah oui, un des points plutôt gênant du caractère de l'Écaflip était celui-ci : il avait une grande gueule, et refusait de s'incliner devant les gens quand il ne pouvait pas s’échapper. Évidemment sa réponse fleurie fit son petit effet, laissant un long silence s'écouler. Cependant il eut ce qu'il voulait. Son tortionnaire était conscient que le frapper à nouveau signifiait qu'il n'avait rien à répondre à ce petit affront mal placé. Agitant deux doigts, il fit signe à l'une de ses comparses d'approcher avec la torche pour que lui et l'Écaflip puissent se voir, face à face.
Enfin un peu de lumière dans cette scène d'ombres. L'homme était la caricature du type qu'on ne veut vraiment pas emmerder. Vraiment pas. Cheveux coupés courts, menton prononcé, mâchoire massive. Une barbe lui rongeait les joues, pas très entretenue. Malgré le fait qu'il soit accroupit, il semblait grand, trop grand. Il était pas mal musclé, du genre à prendre soin de lui pour avoir l’air d’être une vraie baraque. En gros c'était un de ses nombreux enfoirés qui en imposaient en entrant dans un coin peuplé, faisant baisser d'un ton le niveau sonore. En contrepartie, il avait l'air franchement con. Il semblait dangereux, mais un peu idiot. Il souriait, fier de sa position avantageuse.
L'Écaflip, lui, ne ressemblait à rien dans l'état où il était. En outre il semblait trop maigre et avait du sang plein la figure et sur le torse. Il restait courbé en avant, un œil clôt et enflé, l'autre ouvert, fixant le gros bras. Il respirait lentement et avec difficulté, à cause de la douleur. L'homme-félin possédait une fourrure qui aurait dû être blanche jadis, mais dont la saleté l'avait rendue grisâtre. Quelques nœuds étaient apparus au fil des ans, alors que son apparence ne lui importait que très peu. Ses oreilles pointues se tendaient en l'air, quelques anneaux qu’il avait volés plantés dessus. Il avait pour simples vêtements un pantalon bouffi de couleur bordeaux avec une grosse ceinture où était accroché un pan de tissu, un as de pique brodé dessus qui lui retombait sur l’avant des cuisses, et quelques accessoires, bracelets et bagues.
Le gros costaud reprit la parole en tirant une dague courbée de son fourreau, l’air encore plus menaçant qu’avant.

- Ce sera pas difficile d'te la trancher alors, t'penses pas ?

- Toujours plus simple qu'd’essayer de trouver un vestige d'intelligence dans ton crâne vide.

- Tu joues trop au malin, j'ai la lame, c'est moi qui t'ouvre le crâne p'tit gars.

- Si t'es aussi habile avec une lame que t'as l'air con, c'est clair que j’devrais me taire.

- Merci du compliment p’tit malin,
rétorqua l'homme qui visiblement n'avait pas compris la réplique. Maintenant, t'as quelque chose à me dire, je crois ?

- J'sais pas trop, ça dépend. T’vas encore m'servir de la tarte aux phalanges ? J'suis pas trop desserts, surtout les tiens.

- Exact', et on va reprendre cette p'tite séance de suite. Serre les crocs mon p'tit gars. Encore quelque chose à ajouter, avant d'plus pouvoir causer ? demanda la brute en s’approchant un peu plus pour lui faire peur.

- Ouaip. Faut que t'apprennes à mieux attacher quelqu'un.

- Gneuh ?


Les liens avaient enfin été à portée de ses griffes et il les avait entaillés lentement, alors qu'ils se jugeaient du regard et qu'ils "dialoguaient". Après quelques mouvements de poignets, il avait gardé les mains dans le dos en attendant le bon moment. Et là, le bon moment était arrivé. L’Écaflip se racla la gorge et cracha sur la brute un glaviot mélangé à du sang, droit sur la figure de l’autre enfoiré. La brute épaisse en face de lui ferma les yeux par réflexe en reculant un peu le visage dans une grimace de dégoût. Aussitôt, notre victime balança sa main aussi vite qu'il le pouvait vers le visage de son bourreau, toutes griffes dehors. Il sentit la peau se replier en petits amas sur le bout de ses griffes, puis glisser le long de celles-ci en libérant ce liquide chaud qu’est le sang, alors qu'il lui entaillait la tronche. L'Écaflip laissa son corps suivre ce mouvement violent, se retournant sur la chaise. Il était encore trop sonné, mais il n'avait rien de mieux à tenter. Tandis qu'il glissait au sol et commençait à pousser sur ses pieds pour essayer de fuir, sa cheville fut prise dans un étau puissant.

« Et meeeeeerde, ce con m'a attrapé. »


Il s'étala de tout son long, son visage heurtant une pierre qui traînait dans le champ. Il fallait que cette conne de pierre soit pile à cet endroit, pour l’assommer un peu plus. Pour lui, sa fin était arrivée. Il n'aurait pas dû provoquer la grosse brute, il n'aurait pas dû voler, il n'aurait même pas dû traîner dans ces quartiers de riches, alors qu'il n'était qu'un clochard.
Tout le groupe s'approcha de lui et dans l'ensemble, ils venaient d'abandonner toute forme de clémence. Certains serraient les poings, d’autres avaient leurs armes en mains. Tout était embué pour l'Écaflip. Il peinait à distinguer les formes. Le manque de lumière devenait trop handicapant dans son état malgré sa capacité à mieux voir dans le noir, comme un grand nombre des Écaflips. Il entendit celui qu'il avait blessé grogner et se hisser sur lui, le rouant encore une fois de coups. Ce salopard visait toujours son œil déjà clôt. Il se redressa en agitant le poing pour chasser le sang et la bave qui y coulaient.

- Toi, avec la hache. Crève-le.

- Ouaip patron, tout d'suite patron
, répondit un des hommes qui n'avait pas encore parlé, impressionné par la violence dont il venait d’être témoin.

«Putain non ... Je vais crever dans un champ. J’ai mal partout. J'arrive plus à bouger. J'me suis fait tabasser. Quelle vie de merde. »

La Boule de poils se mit à respirer plus vite, distinguant à peine l'homme qui s'approchait, talonné par la brute qui portait quatre longues marques sanguinolentes sur tout le visage. Le balafré jubilait en observant sa victime qui se traînait par terre, poussant de petits couinements étouffés. Il tapota l'épaule du gars à la hache, qui la souleva de terre en hochant la tête. Il se cambra, l’arme en arrière, la tenant fermement des deux mains. C'était déjà la fin pour l’Écaflip. Il observa les cinq personnes devant lui, puis ferma l'œil, ce simple geste lui faisant mal, et attendit l'impact.
Il entendit des sifflements alors qu'il sombrait peu à peu dans l'inconscience. Trop de sang perdu, trop de coups. Au mois sa mort sera sans douleur, s’il s’évanouissait vite. Il entendit le bruit sourd de la hache, puis d’autres bruits étouffés. Des gargouillements, des cris interrompus brutalement. Mais tout lui parvenait d’une manière différentes, il sentait que tout vacillait. Puis plus rien, le trou noir. Le vide, le froid. Inconscient.

Dans le champ, tous étaient à terre. La première chose qui se remit à bouger apparu subitement au milieu des corps étalés au sol, juste au-dessus d'une des femmes. Un disciple de Sram, visiblement, avec une dague à double lame en main, l'autre fourrée dans sa poche. Deux ombres s'avancèrent vers la torche qui éclairait faiblement la zone, plantée au milieu des restes du visage d'une des femmes. Les deux personnes rejoignirent l'homme qui se dressait au milieu des corps. L'une d'elle rangeait un arc dans son dos, et l'autre possédait seulement des fourreaux vides. Impossible de les distinguer convenablement, ils étaient vêtus de noir. Le disciple de Sram prit la parole en parlant lentement, d'un air presque noble.

- Prenez-le, puis nous rentrons. Une chance que nous le surveillions … Faites.

- C'est son vrai prénom "Boule de poils" ?
demanda le Crâ en s’arrêtant près de la torche.

- Non, son prénom est Ilthanos, mais il est surnommé "Boule de poils" dans les rues, répondit la femme du groupe en passant près des deux. C’est assez ridicule, mais son surnom changera bien vite de toutes manières, s’il nous rejoint.

L'archer s'approcha de l'Écaflip inconscient tandis que la Roublarde retirait les dagues qu'elle avait lancé et les rengainait. La seule lueur de la torche ne permettait pas de bien les discerner et le fait qu'ils soient vêtus de sorte à être discrets n'arrangeait rien. Elle récupéra les quelques flèches à l'intention de son partenaire au prix des gémissements des quelques-uns qui étaient encore en vie (ils n’étaient que deux et pouvaient s’estimer chanceux), puis revint vers lui, les glissant dans le carquois qu'il avait dans le dos. Elle l'aida à redresser la boule de poils qui était dans les vapes et qui ne réagissait plus du tout.
Pendant ce temps-là le Sram s'approcha de la torche et s'accroupit pour l'attraper, la retirant du visage de la morte dans un bruit de succion dégoûtant, les lambeaux de peau retombant au milieu du tas de chair. Le disciple de Sram portait un foulard pourpre sur la partie inférieure du visage et une capuche, de couleur pourpre elle aussi, qui atteignait ses arcades. On ne discernait que ses yeux verts et leurs contours qui étaient … étranges. Le reste de son corps était caché par une tenue simple et ample de la même couleur, sans détails ni fioritures. Il s'attarda un peu sur le visage déformé du corps. « Dégâts collatéraux. Encore une vie gâchée. », pensa-t-il brièvement.

Tournant la flamme vers le bas, il sentit la chaleur du feu caresser le cuir de ses gants. Il porta son regard vers les deux autres qui soutenaient l’Écaflip, deux ombres dans l’ombre. Le Sram hocha simplement la tête et se retourna vers la torche en parlant. Toujours ce même ton monotone et lent qui semblait glisser hors du tissu pourpre.

- Ne traînons pas ici.

Il enfonça la flamme dans le sol, coupant la seule source de lumière dans les environs, les plongeant tous dans les ténèbres oppressantes de la nuit.
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Perso, j'ai un avis plutôt partagé sur ce début de fic

Bon on va faire ça organisé:

Points positifs:

C'est TRES bien présenté, y'a rien à dire

L'histoire est sympa

Plein de rebondissements pour un prologue, un peu trop même mais j'aime ça

Points négatifs:

L'écriture, parce que les apostrophes pour réduire les mots ça va bien, mais au bout d'un moment stop !

C'est un peu très violent comme méthode pour commencer une fic', prends plus ton temps

Mais dans l'ensemble, ça reste un topic qui promet !

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"_ J'sais pas trop, ça dépend. T’vas encore m'servir de la tarte aux phalanges ? J'suis pas trop desserts, surtout les tiens. "

Hé ouais, d'la punchline de qualité. Je m'demande où tu vas chercher tout ça mon Ours.

Des p'tites corrections où y faut quand y faut depuis c'que j'ai vu. J'te promet pas d'venir lire la suite, faudra m'le rappeler, mais n'empêche que ça envoie. Pis quand Boule de Oualp' deviendra un Rossignol classieux, y va envoyer du lourd.

Bisous ! 

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Score : 1868
Héhé, merci au deux.

Le côté violent dès l'début c'était voulu, il se fait sévèrement péter la gueule, et c'est pour ça aussi qu'il galère à causer, qu'il mâche les mots. Ajoutez à ça l'fait qu'il vienne d'la rue et qu'il a pas reçu d'éducation, ça nous offre un mélange pas très classieux. Merci pour la critique, j'ai modifié les dialogues d'la suite pour la rendre un peu plus lisible, quand je posterai le reste.

Ouaip chéri, Boule de oualp' il est pas près de d'venir un beau Rossignol, va lui falloir du temps avant d'bien s'en sortir. Mais pour sûr, il va devenir quelqu'un. Presque aussi ouf que ses nouveaux potes qui sont déjà bien ouf, pour dire. Bisous à toi aussi mon cap'taine (Ça vient de Wïnch comme de moi, grand fou).

J'pense poster la suite dans l'week-end, p'têtre même ce soir. J'veux garder deux chapitres d'avance par rapport au topic à chaque fois, histoire de pas perdre le fil. A plus les gens.
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Score : 1151

"LES PIEDS J'LES METS OU JE VEUX, ET C'EST SOUVENT DANS LA GUEULE !!!" (Chuck Norris)

Entre lui et les punchlines que tu nous sert, c'est vrai que j'arrive pas à choisir. Mais après avoir relu ce chapitre j'me suis rendu compte d'un truc:

BRAVO A TOI !!!! Parce que sans déconner, des fic' sans aucune faute d'orthographe, c'est pas fréquent, OSCAR POUR TOI, PABLOURS !!!!

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[ J'balance la suite d'l'histoire. Et merci encore Clem' wink. J'ferai une p'tite dédicasse pour toi à l'avenir dans l'aventure d'Boule de poils, pour le fun. Surtout qu'j'ai un personnage qui pourrait être un pseudo Chuck Norris en plus con et plus fort. Si si, c'est possible d'être meilleur que Chuck, il y a même une fois où on le voit se faire péter la gueule par Bruce Lee.
Bon allez, la suite ! ]

Chapitre 2 : Le quatrième.


Il frétilla des moustaches. Il semblait être allongé sur quelque chose de dur qui remuait, comme parcouru de petites secousses. On lui touchait le visage, de manière douce, chose qui contrastait avec ses derniers souvenirs. Lorsque l’Écaflip entrouvrit l’œil il discerna une silhouette féminine penchée au-dessus de lui et un ciel bleu derrière celle-ci. Vivant, il était vivant et il faisait jour. Un sourire s’étira sur ses lèvres alors que sa vision retrouvait peu à peu sa netteté.
La femme qui semblait s’occuper de lui était d’une beauté sombre, les traits fins de son visage accentués par une chevelure noire qu’elle portait courte, quelques mèches retombants sur son front comme pour caresser ses sourcils. Ses grands yeux marrons semblaient plonger jusqu’à l’âme de l’Écaflip qui s’en retrouva légèrement bouleversé. Un foulard pendait à son cou, glissant jusqu’à sa poitrine. Vêtue d’une simple tenue noire qui lui collait à la peau, elle continuait de passer un tissu imbibé d’eau fraîche sur le visage d’Ilthanos qui ne comprenait toujours pas ce qu’il se passait. Il allait parler mais elle ouvrit la bouche avant lui, dans un sourire apaisant.

- Chuuuuuuuut. Ne dis-rien, tout va bien. Nous prenons soin de toi.

« Nous ? »

L’Écaflip cligna de l’œil plusieurs fois, hochant lentement la tête. Il n’avait rien d’autre dans son champ de vision que cette femme et un bout de paysage qui défilait dans la clarté du jour. Voyant un habitacle de bois plus loin il comprit qu’ils devaient être dans un attelage, poussés par des dragodindes. En effet ils étaient dans une carriole, accrochée à un habitacle qui se faisait tirer par les montures.
Soudainement la douleur lui vrilla le crâne sans prévenir, alors qu’il se demandait ce qui clochait. La partie gauche de son visage le faisait terriblement souffrir, une sensation de pression sur son œil gauche. Ilthanos s’effondra à nouveau sur les planches, les sons lui parvenant étouffés. Une autre voix masculine lui semblait toute proche à présent.

- Bon sang, qu’est-ce qu’il a ?

- Ce doit être son œil
, répondit la femme qu’il avait vue. Ilthanos ? Ilthanos … Boule de poils ?

- Il ne réagit pas. Attends …


Des doigts lui écartèrent les paupières. Serrant toujours les dents, il vit un homme au physique travaillé, l’air anxieux. Ses longs cheveux blonds retombaient sur ses épaules, adoucissant un visage fermé qui avait quelque chose d’envoûtant et faisant ressortir l’éclat bleu de ses yeux. L’homme penchait lentement la tête de côté en faisant de même avec celle de l’Écaflip. Il fut rassuré de voir la femme derrière le blond, s’appuyant sur ses épaules pour observer Ilthanos. Il remarqua qu’ils portaient la même tenue. Dans un autre éclair de douleur, il porta subitement sa main sur l’avant-bras musclé de l’homme, lui serrant en gémissant, son œil le tiraillant toujours. Le connard qui l’avait passé à tabac ne l’avait pas loupé. La douleur ne s’arrêtait pas d’accroître alors qu’il continuait de serrer l’un de ses sauveurs.
Ilthanos n’avait pas que mal, il était aussi terrifié. Dans l’état où il était le fait de se faire emmener par des inconnus vers une destination tout aussi inconnue ne l’enchantait guère. Son statut social et son petit passe-temps l’avaient souvent entraîné dans des situations délicates, mais l’aventure de la veille et ce qui se passait maintenant étaient sans aucun doute une des pires. Bien que les deux personnes en face de lui ne semblaient pas lui vouloir du mal, l’Écaflip restait sur ses gardes. Autant la femme était rassurante, autant l’homme lui paraissait froid. Il referma l’œil en grognant alors que les doigts s’écartèrent de son visage. Suant à grosses goûtes à cause de la douleur, il entendit tout juste l’inconnu demander à la jolie femme de lui passer un morceau de tissu. Après un court silence brisé par le son des roues sur le sol, il sentit une forte pression sur sa bouche et l’humidité vint lui chatouiller les moustaches ainsi que son museau. On l’étouffait. Ilthanos se débattait mollement en tentant de reprendre son souffle, inspirant à grands coups à travers le tissu imbibé. Il sentait qu’il perdait contact avec ce qui l’entourait, la douleur même s’éloignant lentement. Puis plus rien, le vide, à nouveau.

La Roublarde se pencha au-dessus de lui, le poussant du bout de l’index. Elle hocha la tête et se retourna avec un petit sourire vers l’homme qui retournait déjà à sa place, après avoir jeté le tissu dans un coin avec le reste de la trousse de soin.

- Bien joué Mïwan, il dort comme un nourrisson. Au moins il ne ressent plus rien.

- Hmmm. J’espère que nous arriverons au plus vite sur l’île. Il a besoin de vrais soins, ceux que nous lui apportons depuis hier soir ne suffiront pas à le soigner complètement. Il pourrait perdre l’usage de son œil, si ce n’est pas déjà fait, grogna le blond en s’accoudant à ses genoux, se tenant penché en avant.


Elle s’installa sur la planche de bois qui faisait office de banc, jetant un rapide regard aux dragodindes. C’était le Sram qui tirait les rênes, ne prononçant pas un mot, hors de son champ de vision. La Roublarde glissa ses bras autour de la taille du Crâ qui fixait toujours les planches et lui embrassa le cou en souriant. Il passa à son tour un bras autour de ses hanches, la rapprochant un peu de lui pour murmurer, sans toutefois sourire.

- Ciakath ne parle pas beaucoup, il a l’air préoccupé.

- Parce qu’il parle souvent, d’habitude ? minauda-t-elle. Je crois surtout que c’est la présence de Frak qui te manque. Et à moi aussi ! Ce gros Iop ne pouvait pas venir à cause de son bras, même si ce n’était pas grand-chose pour lui. Tu as beau te prendre sans cesse la tête avec lui, tu l’apprécies.

Elle s’attendait à ce que ce soit son amant qui réponde à sa petite boutade, mais la réponse arriva de l’avant de l’attelage. La voix lente et calme du Sram, Ciakath, se glissa jusqu’à eux, alors qu’il était caché par les planches de bois que formaient son banc, directement accroché aux montures.

- Parce que nous formons une équipe, Shalane. C’est tout. Je ne me sens pas complet sans lui non plus. Vous feriez mieux de surveiller les alentours et notre blessé, plutôt que roucouler comme si vous vous retrouviez pour la première fois depuis longtemps.


Sur ces mots, Mïwan se détacha de sa compagne pour aller prendre son arc. Il lui accorda un sourire fugace avant de se hisser sur le haut de l’habitacle où était installé le Sram, laissant la Roublarde dans la carriole avec Ilthanos qui dormait toujours. Accroupit au-dessus d’eux, il était le plus exposé, mais aussi celui qui voyait le mieux autour. C’était son rôle habituel. Shalane soupira brièvement. Elle l’aimait, mais il se montrait parfois froid et distant, autant avec les autres du groupe qu’avec elle.
Certains dans la Confrérie disaient que leur quatuor était efficace grâce à leurs personnalités différentes. Mais Ciakath était sans doute l’une des personnes les plus froides au monde, parvenant à plomber le moral de leur groupe en un rien de temps tout comme de les motiver mieux que quiconque. Mïwan riait souvent et ne refusait pas de festoyer, il parvenait tout de même à passer de bons moments et à s’entendre avec les autres, alors que le Sram restait au contraire loin de tout ça. Elle ne l’avait vu sourire qu’une seule fois, le long de leurs années de travail communes. Il faut dire qu’elle n’avait que très rarement vu son visage. Cependant elle le respectait grandement, comme le reste du groupe et l’ensemble de la Confrérie.
Elle était heureuse d’appartenir à cette équipe. Rares étaient les missions où ils n’étaient pas tous les quatre. Ce devait être une des raisons pour laquelle ni Mïwan, ni Ciakath ne semblaient enthousiastes, le quatrième du groupe étant absent car jugé inapte à agir à cause d’une petite blessure.

Shalane s’installa à nouveau près de l’Écaflip, posant une main sur son épaule. Elle caressait du bout des doigts sa fourrure et pensait que ce geste pouvait peut-être l’apaiser. Elle ne put s’empêcher de penser que la première chose à faire après l’avoir soigné serait de lui faire prendre un bain, vu la crasse qui le recouvrait. Elle remonta le foulard sur son nez pour cacher la moitié inférieure de son visage, par habitude et se mit à observer le paysage qui défilait.
Elle était la touche de fraîcheur dans le groupe, celle qui était insouciante. La belle et fourbe Roublarde qui s’amusait un peu de tous. Celle qui se redressait subitement avec Frak quand son amant sifflait et que l’attelage s’arrêtait, celle qui sautait hors de la carriole pour juger l’obstacle. Celle qui était au front, si les choses s’envenimaient. Dans l’immédiat tout se passait bien, sans encombre. Il manquait juste Frak, pour la détendre avec ses pitreries.

M
ïwan quant à lui restait perché en hauteur, l’arc en main, et ne cessait de pivoter pour observer tout autour. Il était celui qui repérait les ennuis. Celui qui sifflait soudainement pour que Ciakath freine, pour que Frak et Shalane se redressent et se préparent au cas où les choses devaient se compliquer. Celui qui préparait ses flèches, si c’étaient des ennemis qui en voulaient à leurs vies. Il était la sentinelle, en quelque sorte. Il était celui qui se situait entre Ciakath et les autres, sur le plan émotionnel. Il manquait juste Frak, pour le rassurer de par sa seule présence.

Ciakath tenait fermement les rênes. Son prénom semblait ancien, la prononciation en était bizarre. S’il y avait un chef dans le groupe, c’était le Sram. Il était celui qui organisait tout. Celui qui les avait choisis pour faire part de son équipe, celui qui pensait pour eux. Celui qui les remettait en place, quand ils déconnaient. Celui sur qui le plus de responsabilités pesaient. Certains le trouvaient hautain à cause de son rang relativement important dans la Confrérie en plus de son caractère. Mais il était juste comme ça, depuis toujours. C’était une personne troublée. Il fixait la route, pensant déjà à retrouver Frak dans leur équipe. Il manquait juste Frak car il était un de ses rares amis, et pour que l’équilibre qu’il avait réussi à créer dans le groupe soit parfait.

Ils ne rencontrèrent aucun obstacle, aucun individu ou bande hostile pour les arrêter tout le long du parcours. Les paysages défilaient mais les paroles étaient rares. Ils continuèrent de voyager jusqu’à la tombée de la nuit, Ilthanos se réveillant parfois pour gémir de douleur et se calmer ensuite grâce au couple qui lui apportait des soins, avant de retomber dans sa léthargie. Ciakath ne bougeait pas de son poste, dirigeant inlassablement l’attelage. Il n’avait même pas pris la peine de manger avec le couple quand ils lui avaient proposé.
Lorsqu’ils s’arrêtèrent pour la nuit, le camp fut vite monté. Tous dormaient près du feu : Mïwan et Shalane partageaient leurs couvertures en échangeant des caresses silencieuses par manque d’intimité et Ilthanos restait roulé dans les siennes, son état s’étant grandement amélioré grâce à l’attention du couple, malgré la douleur constante de son œil gauche. Seul le Sram restait allongé sur le bois froid de la carriole, les bras croisés, fixant les étoiles en attendant que le sommeil vienne le prendre. Il pensait à la seule chose pour laquelle il se battait dans la vie et ce depuis longtemps. La Confrérie.

Depuis toujours les guildes de voleurs ainsi que les guildes d’assassins étaient mal vues du reste du monde et ce avec raison. Malheureusement entre les conflits internes qui morcelaient certaines guildes jusqu’à les faire tomber, les conflits entre guildes qui finissaient par la déchéance des protagonistes et les attaques du gouvernement ainsi que d’autres justiciers envers elles ne leur permettaient pas de s’épanouir pour exercer leurs talents.
Des confréries virent le jour, alliant voleurs aux assassins de manière chaotique. Mais les codes ne s’entendaient pas souvent et provoquaient à nouveau des tensions. Certaines des confréries décidèrent de revenir à l’ancien modèle, voleurs avec voleurs et assassins avec assassins, chacun de leurs côtés. La confrérie des Ombres, la confrérie du Sang, une multitude de regroupement se fit sous des noms similaires. Certaines étaient toujours actives et s’en sortaient bien, faisant parler d’elles. La Confrérie quant à elle, regroupement au nom simple dont notre troupe appartient, décida plutôt que tenter d’accorder les codes des deux corps de métiers d’en créer un nouveau, propre à leur rassemblement. Les lois convenaient à tous les créateurs, et s’appliquaient à tous les nouveaux.
Mais ces histoires sont anciennes, remontant bien avant l’âge des Dofus. Et nos trois personnages présents étaient des membres de la Confrérie. Quand on possède un talent particulier autant l’exploiter au maximum. Ils avaient repéré Ilthanos depuis quelques mois et revenaient souvent pour l’observer agir. Seulement le soir dernier, l’équipe s’était retrouvée à arpenter les rues sans le voir alors qu’ils connaissaient parfaitement ses endroits favoris. Après quelques pièces distribuées aux passants et au mendiants, ils avaient eu vent de l’arrestation de l’Écaflip par un petit groupe de personnes qui tentaient de faire reculer les voleurs et autres petits brigands de leur ville. Ciakath et son groupe eurent de la chance d’arriver à temps.

Alors que le Sram repensait à tout ça, bras croisés sur son ventre, il entendit le piaillement d’un tofu. La bête se posa sur le rebord en bois de la carriole, un message accroché à sa patte. Il sautilla jusqu’à l’index que Ciakath avait tendu vers le ciel et s’y posa, l’observant d’un air tout particulièrement con. Le Sram se demandait parfois comment une créature à l’air aussi idiot pouvait retrouver des personnes perdues dans la nature. Il s’empara du message alors que le tofu s’en retournait sur le bois. Après l’avoir déplié, ses yeux de lueur verte le parcoururent rapidement. Ils avaient une lueur étrange et semblaient presque scintiller dans la nuit. Le message avait été rédigé rapidement, et comportait un nombre incalculables de fautes et un passage tout particulièrement raturé.

«Salut les gars s’est Frak !
Malgrais mon bras qui me fé un peu mal, j’ai quité l’ile pour vous rejoindre en cour de routte. Je sais que je devré pas, mais sa me rassure pas de savoire que vous êtes sans moi. Je vous rejoindré au repére abandoné, la ou y a persone qui est, dans l’ancien eglise, comme sa, y aura persone la. Pour une fois s’est intéligant ! Pour l’instemps j’y suis pas encore. Je sé pas ou vous êtes mintenant, si vous pouvé me le dire ce seré bien.
Au fète ... Je dois vou dire un truc les gens. Si s’est Ciakath, ferme les zieu, s’est pas pour toi.
Les copeins, j’ai cassé un des mask précieu de Ciakath dans le dortouar en m’étiran, il faudra que vous m’aidié pour le caché quand on rentra. Ciakath si t’a quand maime lu, bah je suis dézolé, mais je t’avé dis de pas lirre. Je te le repayeré.
Enfin bref, atenssion, attancion, atençion … Faisez gafe à vous.
Désolé pour les fotes, j’écris pas souvant j’aime pas sa. A trés vite j’espère,
Frak.
»


Il en avait mal aux yeux. Le Sram décida d’inscrire Frak à des cours qui étaient normalement réservés aux plus jeunes et de mieux ranger ses affaires qui valaient cher, très cher. Outre l’orthographe particulièrement originale des mots, quelque chose d’autre tracassait Ciakath. Quelque chose d’urgent. Le repaire dont parlait Frak était bien abandonné, oui. Un groupe de brigands s’y était cependant installé. Cela ne posant aucun problème aux membres de la Confrérie, ils avaient tout simplement laissé faire.
Le Sram se redressa rapidement et glissa derrière l’habitacle, où étaient rangées les affaires les moins importantes. Après une courte fouille il se redressa avec une plume et un encrier. Sur le dos du message il expliqua au Iop de ne surtout pas y aller, s’il était encore temps. L’attachant au plus vite à la patte du tofu, il le relaissa partir, espérant qu’il ne se perdrait pas en chemin. Il jeta un œil hors de l’habitacle pour voir que le couple dormait. Mais l’endroit où se trouvait auparavant l’Écaflip était vide. Le Sram disparut subitement pour réapparaître à côté des couvertures et des fourrures où était censé dormir leur blessé.

- C’est moi qu’vous cherchez ?


Il fit immédiatement volteface. Ilthanos se tenait appuyé contre la carriole, les bras croisés, un pied relevé contre la roue. Malgré son air de clochard et ses vêtements simples, il avait une façon de se tenir qui lui donnait constamment un air nonchalant, ce qui le rendait plutôt cool. Ses deux yeux étaient ouverts mais le gauche était considérablement enflé et vitreux, presque blanc. Sans doute foutu mais l’Écaflip ne semblait pas être dérangé par ce détail. Il avait dû se faire à l’idée lors du trajet. Il releva une main pour glisser son petit doigt dans son oreille et gratter nerveusement.

- J’veux savoir où est-ce que vous m’emmenez, vous trois. Et merci pour le sauvetage, tout d’même.

- Dans un endroit où vous aurez votre place. Mais nous avons un petit détail à régler auparavant. Nous n’avons pas pour habitude de forcer les gens à nous suivre. Je vous laisse le choix.

- D’façons, j’ai foutrement rien d’autre à faire là, vous m’avez déjà embarqué trop loin m’semble. Vous m’expliquerez plus tard, si vous voulez bien.

Ciakath eut un soufflement de narines. Ce qui pouvait signifier chez lui qu’il était exaspéré, agacé, qu’il venait en quelque sorte de rire, ou qu’il avait juste soupiré un peu trop fort. En ce moment même il était juste en train de se dire que le comportement du jeune Écaflip avait intérêt à s’améliorer.
Sans plus attendre il pivota et alla s’accroupir près des couvertures pour réveiller ses compagnons, leur expliquant rapidement le problème. Ils se redressèrent aussi vite que le Sram, comme s’ils ne dormaient pas. Le campement fut replié en un rien de temps, et le feu éteint. Tous se retrouvèrent à nouveau en route en moins de cinq minutes. Ilthanos s’était adossé nonchalamment contre le bois de la carriole, croisant ses jambes le long de celle-ci. La Roublarde et le Crâ l’observait du coin de l’œil, le jugeant du regard. Il souffrait toujours mais s’efforçait de ne rien laisser paraître. Dans le cahotement de l’attelage, Shalane lui tendit une dague fine après s’être penchée. Il s’en saisit en arquant un sourcil, tandis que Mïwan remontait une capuche sombre sur sa tête.

- Tu en auras sûrement besoin
, lui dit-elle en agitant un peu la dague.

- M’étonnerais, j’ai déjà c’qu’il me faut, mais merci quand-même ma jolie.

- Elle s’appelle Shalane
, répondit l’archer qui se tenait toujours sur le toit de l’habitacle. Et si Frak est arrivé dans ce vieux repaire, je te conseille de prendre cette lame.

- Ah ouais, j’pense que c’est l’bon moment d'vous demander. C’est quoi le problème, là ?

- Notre ami Frak a décidé de nous attendre dans un de nos anciens repaire, qui a été reprit par un paquet de bandits.

- Ah, ça, c’est pas très intelligent.


La Roublarde mit fin à l’échange verbal en lui collant la dague entre les mains. Cela faisait déjà un moment qu’ils avançaient et Ilthanos s’avérait être quelqu’un de franc qui ne mâchait pas ses mots. Son caractère impétueux ressortait particulièrement dans ce genre de situations.

Un court instant après avoir reçu l’arme, Mïwan siffla doucement en descendant de l’habitacle, directement à terre. L’attelage s’arrêta en silence et Ciakath se retrouva subitement à côté de l’archer, apparu à nouveau de nulle part. Shalane mit pied à terre et s’arrêta à leur niveau, observant de loin ce que pointait son amant. Elle poussa un petit soupir agacé. Ilthanos se redressa en bâillant puis se figea, le regard tourné vers ce que les autres observaient déjà. Et merde, ils avaient raison, la dague pourrait être utile.

Les alentours de l’église grouillaient de bandits. A vrai dire tous ceux qui y vivaient se trouvaient là, devant les restes du bâtiment. Et tous riaient et buvaient autour du feu alors qu’une énorme cage suspendue oscillait au-dessus d’eux. Un colosse y était emprisonné et hurlait qu’on le fasse sortir. La vue perçante de l’archer confirma ce que les deux autres craignaient, et ce dont l’Écaflip se doutait.

- Et bien … Ils ont eu Frak. Il n’a pas dû avoir le temps de réagir.


Seul le silence répondit au Crâ, mais il fut bien vite brisé par le son que firent les sacs qui tombèrent au sol, renfermant grand nombre d’armes et autres outils. Ils allaient le chercher, c’était leur confrère. Hors de question de le laisser là bas. Ilthanos croisa les bras en les observant tandis qu’ils se préparaient.

- Z’êtes sérieux là ? Z’avez pas bien vu combien ils sont ?

Les trois regards qui se tournèrent simultanément vers lui le firent reculer d’un pas. Il releva les mains devant lui pour les intimer au calme puis tira la dague que Shalane lui avait donné de sa ceinture, l’agita un court instant pour signifier qu’il allait les aider. Il reglissa la lame à sa ceinture, sous le regard étonné de la Roublarde, le regard sévère du Crâ, et le regard impassible du Sram. L’Écaflip tapota simplement les jeux de cartes accrochés de chaque côté de sa ceinture puis sourit avant de s’accroupir avec les autres. La voix lente de Ciakath perça les pénombres.

- Hmmm … Voilà le plan, il est simple … 
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Score : 2098

Sorry j'ai lu que la première partie ;w;
T'écris vachement bien.

-LMS- 

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Score : 1151

Haaaaan la chasseuse de flooders qui revient sur le forum tel un pyrobarbare dans la bataille !!!!!

Très bon deuxième chapitre (en tout cas meilleur que le premier), toujours une belle écriture, une présentation un peu trop en tas mais quand on a du texte, on s'en bat les steaks et surtout toujours une trame historique à s'en trouer le jean !

Bonne continuation, donne nous du sang et de l'EPIC !!!!

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Score : 587

Oh voui, voui, voui, c'est chouette, chouette, chouette.

Ok, Shalane tu vas en reco', tu passes en mode furtif et tu les contournes, blondin tu la couvres au cas où. Poilu, tu suis à mi-distance la d'moiselle et t'as plutot interêt à assurer. J'vais delimiter un permiètre de sécu' en piegeant la zone, s'ils essaient de s'enfuir ils y resteront.
Une fois qu'on est en place, o-... Pardon. J'me suis pris pour le Sram j'crois.

C'est du bon mon nounours.

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Score : 797

Voila une bonne fanfictions avec du TEXTE !! ( je sais je suis chiant mais bon on fait pas de la mousse au chocolat sans chocolat ) C'est super rien a redire continue !!

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Score : 1868
[ Yop !

- Merci LMS, ça fait plaisir.

- Cimer Clem', j'ai toujours pas réussi à détasser ces foutus paragraphes. Et pourtant j'me troue le cul pour y arriver mais ça veut pas. Là, t'as du sang mon coco !

- Bah ouais Cap'taine, un plan classique, t'y étais presque. Me vide pas toute la réserve d'alcool sur le Vagalame, j'en ai b'soin pour survivre moi.

- Merci Ios' pour ton commentaire, j't'en rebalance là, du texte !

J'sais qu'on est plus en mai 68 d'puis un bail, mais je lance quand même un bon gros pavé. Bonne lecture à ceux qui lisent ! ]



Chapitre 3 : Ouvrez ouvrez la cage au guerrier.


Le coin qu’occupaient les bandits était un vrai foutoir. Des caisses, des charrues, des tentes et des cabanes traînaient n’importe où autour de l’entrée de l’église. Quelques coffres étaient entreposés là, dans le bordel que formaient les affaires des brigands. Le grand feu central éclairait toute la zone, combattant les ombres pour apporter un peu de lumière à l'endroit.

En réalité Ilthanos n’avait presque rien à faire et ça lui convenait parfaitement. Courir et se cacher ? Il faisait ça depuis tout petit. Il rampait au sol, à côté de Shalane. La lune était haute dans le ciel et lorsqu’il releva l’œil au prix d’une douleur lancinante dans son crâne, il distingua Mïwan qui passait de la branche d’un arbre à un autre. Aucun signe de présence du Sram.
A mesure qu’ils s’approchaient, les voix se firent plus claires, ils distinguaient mieux les mots. La main de la Roublarde le retint d’avancer. Elle pointa l’archer, qui posé entre deux branches, avait déjà une flèche encochée et son arc bandé, une autre coincée entre ses dents pour le prochain tir. Sans attendre il lâcha la corde et le projectile s’envola dans un sifflement. L’Écaflip avait déjà tourné la tête pour observer la suite des évènements, mais rien ne se passa. Il entendit Mïwan murmurer d’agacement.

- Je l’ai loupé.

Même pas foutu de tirer droit, ces Crâs. Pourtant le deuxième trait atteignit directement sa cible. La pointe de la flèche perça net la grosse corde qui retenait la cage où Frak était enfermé. Alors qu’Ilthanos observait la chute du colosse jusqu’au sol, Shalane l’attrapa par la fourrure au niveau de la nuque, le redressant subitement. Ils se mirent à courir vers les bandits qui leurs tournaient tous le dos, observant avec curiosité et une pointe de panique le géant qui se redressait au milieu des débris, se tenant le bras gauche.
Incroyable. Aucuns bijoux, aucuns tatouages, ses cicatrices étaient ses seuls ornements et il avait pourtant un style qui en jetait. Il en était remplit, chaque parties de son corps en portant une. Le Iop avait les cheveux rasés de près, une crête noire se dressant fièrement sur son crâne d'un air désordonné, du haut de son front jusqu’à sa nuque, le rendant encore plus impressionnant et patibulaire.

Leurs yeux s’écarquillèrent un peu plus quand une silhouette pourpre apparue à côté de Frak en lâchant un marteau de guerre à une main au sol. Après avoir lâché l’arme, Ciakath disparu à nouveau, subitement. Le marteau était composé d’un côté frappe, formant un gros rectangle brut, et d’un côté plus pointu, comme une pioche. Frak était très, très, très con en temps normal. Mais dès que ça touchait au domaine de la baston, de la guerre, ou de quelconque en rapport avec les combats, son intelligence explosait. Et de ce fait, à peine avait-il remarqué son partenaire qu’il se préparait déjà à agir.
Il avait exécuté une roulade vers lui, attrapant le marteau dans sa course, et se trouvait à présent debout, une arme en main, face à une vingtaine de bandits. Mais son bras gauche le faisait souffrir. Il se cambra vers l’arrière en hurlant, une aura de puissance se formant autour de lui. L’imposant Iop en imposa encore plus lorsqu’il s’enfonça d’un cran dans le sol sous l’effet de l’Amplification qu’il venait d’utiliser. A ce moment-là, la majeure partie bandits s’apprêtait à lui sauter dessus en pensant que la corde avait cédé sous son poids. Une autre petite partie observait les alentours avec méfiance.
Ceux-ci virent une flèche se planter entre eux, entourée d’une aura rouge. Explosive. Quatre des bandits furent soufflés, se retrouvant au sol en geignant. Alors qu’un brigand au pantalon brûlé et la jambe bien détruite se redressait tant bien que mal pour faire face, il vit une nuée de cartes foncer vers lui, le heurtant de plein fouet. Titubant en arrière, chancelant, il ressentit une pression sur son épaule, la Roublarde l’utilisant comme point d’appui pour décoller du sol. Elle tournait sur elle-même, lançant ses lames vers les autres bandits qui parvenaient à se redresser. Les couteaux de lancer rencontrèrent les genoux, les bras, les torses et poitrines des ennemis.

Ilthanos se contentait de faire ce qu’on lui avait dit de faire : s’assurer que Shalane arrive dans la mêlée. Maîtrisant le lancer de cartes, il les envoyait voler contre les bandits qui s’approchaient trop, ou qui semblaient dangereux. Il avait mal au crâne, son œil le brûlait et il sentait que l’effort lui faisait tourner la tête. Il se glissa derrière quelques caisses pour reprendre son souffle. Il porta la main à son front, glissant ses doigts dans sa fourrure. Il était brûlant.

Les bandits avaient à présent dégainés leurs armes malgré la confusion qu’avait créée Mïwan avec l’explosion. Ses tirs étaient rares, mais ils étaient tous du même type, faisant sauter une parcelle du terrain à chaque fois et sonnant les adversaires. Il n’avait tué personne. Il se contentait de les affaiblir et de les blesser, voleur qu’il était, il n’aimait pas les bains de sang mais les tolérait, tant qu’il ne tuait pas directement. Sa position d’archer lui convenait entièrement, il avait tout le loisir de choisir comment attaquer. Tout le contraire de sa compagne qui ne s’en souciait guère et qui se battait férocement contre des ennemis bien moins entraînés qu’elle. Un coup était mortel, l’autre grave, l’autre blessait simplement, pour s’assurer de mettre un adversaire hors d’état de nuire.
Elle était aux prises avec une femme et deux hommes, et semblait avoir du mal. Deux flèches de Mïwan rééquilibrèrent le tout, l’une d’elle se plantant dans le talon de la femme qui s’effondra dans un couinement et l’autre qui atteignit l’épaule d’un des hommes. Un coup de pied fit taire la geignarde qui se retrouva inconsciente. Alors que les deux hommes sautèrent vers elle, Shalane se plaqua au sol. Un des bandits lui passa au-dessus, et l’autre s’écrasa sur elle. Celui-ci, un peu étonné, n’eut pas le temps de comprendre : une série de coups de poignard le fit rudement tomber vers la mort. Ilthanos se glissa hors de sa cachette avec une petite caisse entre les mains, l’écrasant sur la tête du dernier assaillant qui se redressait, le mettant KO. Alors que Shalane se relevait et qu’il la rejoignait en observant avec dégoût les rares cadavres au sol, Frak fit ce qu’il savait faire de mieux.

Là où Mïwan prenait soin de ne pas tuer, là où Shalane prenait simplement soin de mettre hors circuit ses adversaires, que ce soit temporaire ou mortellement, Frak ne se battait que d’une seule manière : en détruisant. Il était une machine de guerre endurcie, qui connaissait parfaitement son corps. C’était toujours impressionnant de voir ce colosse de deux mètres de haut et de plus de cents kilos de muscles se battre. En réalité, lorsque combats il y avait, il était le plus imposant. Gardant son bras gauche blessé comme contrepoids, il balançait le marteau vers ses adversaires avec force.
On pouvait à loisir observer l’explosion d’un crâne sous l’impact de l’arme, ou un corps se soulever lorsque la pointe du marteau l’empalait. Le fait d’avoir un cadavre au bout de son arme ne semblait pas le déranger, car il continuait à fracasser la tronche de ses autres ennemis. Une seule expression était visible sur le visage du Iop et c’était de la hargne. L’envie d’écraser l’ennemi, quel que soit son nombre. Cependant, ils étaient un peu trop nombreux, sur ce coup-là. Après avoir décimé un bon paquet de bandits, une lame se planta dans son bras déjà blessé. L’attaquant qui avait réussi à le toucher recula en jubilant, se cherchant une autre arme pour reprendre l’assaut. Plutôt que d’avoir l’air fier et mort, il aurait pu se dire que ça suffisait et se cacher. Frak lança avec rage le marteau vers lui, qui s’envola droit dans sa gueule et la fit sauter dans une explosion de sang et d’os. Du revers de la main, il chassa un homme qui se trouvait trop près de lui et l’envoya rouler plus loin.
Le Iop reculait de quelques pas, présentant son côté droit aux assaillants pour préserver le gauche. Il allait morfler, Mïwan était assez occupé à couvrir sa compagne, et Shalane était trop loin. Les bandits n’en attendirent pas plus pour bondir vers le Iop. Une petite partie était déjà devant lui, quand la situation se retourna, encore, à son avantage.

Ilthanos n’en croyait vraiment pas ses yeux. Quatre personnes, contre une troupe de bandits. Et un seul blessé. D’autres courraient vers lui en hurlant avec des dagues et des épées en main. Bordel de merde, il fallait s’en tenir au plan, et pour lui, ça signifiait de fuir aussi vite que possible. L’Écaflip poussa un cri et pivota, s’enfuyant alors que la Roublarde fit face. Il plongea vers un buisson tout proche et observa le reste de la scène d’ici. Il voyait parfaitement l’endroit depuis sa cachette. Il en resta tout interdit.
Mïwan était occupé à décocher ses flèches pour venir en aide à sa compagne Shalane, qui se débrouillait plutôt bien grâce à lui. Frak par contre … Il repoussait de son mieux ses assaillants, et ils étaient encore trop nombreux. Pourtant, leur nombre fut réduit à une vitesse impressionnante. Apparaissant à nouveau au milieu des ennemis, la silhouette pourpre qu’était Ciakath semblait s’être mit à danser passionnément. Il se déplaçait légèrement et avec volupté entre les bandits, et tous s’effondraient derrière lui. Une danse macabre, glauque, qui hypnotisait Ilthanos. Il était cependant admiratif, le Sram esquivait les coups avec aisance, se retrouvant parfois soudainement dans le dos de ses adversaires, qui tombaient sous les assauts fluides de sa dague. Il la lança un moment en l’air, alors que trois personnes lui fonçaient dessus et dans un mouvement ample il s’accroupit en tournant sur lui-même. Une faux se matérialisa alors dans ses mains, happant les trois victimes tandis qu’il se redressait, l’arme disparaissant, et qu’il rattrapait la dague lancée plus tôt. L’Écaflip venait d’assister à du meurtre de masse. Les pouvoirs des disciples Sram n’avaient rien à envier à ceux des autres.

Merde, c’était aussi morbide que beau à voir. Le dernier cri venu du dernier bandit en état de se battre, face à Frak. Le Iop avait repoussé les adversaires comme il avait pu, et ce dernier malfrat était revenu à plusieurs reprises, coriace, malgré sa petite taille. Un coup de genou en pleine figure interrompit son hurlement de guerre et un poing colossal s’abattit sur sa tête penchée en arrière. Le petit craquement dégueulasse qui s’ensuivit confirma l’état du type : il était bien mort. Shalane, Ciakath et Frak se rejoignirent, les deux s’empressant d’aller soutenir le Iop alors que Mïwan glissait de son perchoir pour les aider.

Ilthanos, heureux d’avoir été à l’abri et de ne rien avoir subi lors de l’assaut, se tourna brusquement lorsqu’il entendit un craquement. Un Roublard se tenait à côté de lui, une jambe relevée, le pied sur une brindille, et les bras tendus pour garder l’équilibre. Il remarqua que l’Écaflip l’avait remarqué, ce que remarqua l’Écaflip. Ilthanos allait hurler qu’il en restait un, lorsque le Roublard porta son index sur ses propres lèvres.

- Chut, chut, chut, chut, putain j’t’en supplie, chut, chut, chhhhhhhhhhhhut. J’me casse, j’veux même pas avoir à faire aux autres malades là.

- T’as pas bougé ton cul pour aider tes potes toi ? Paye ton honneur mec, répondit Ilthanos en se méfiant.

- Belle phrase pleine d’morale de la part d’un enfoiré qui s’planque derrière un buisson. Écoute-moi bien mon gars. Dans ce monde-là, moins t’as d’honneur, plus longtemps tu survis, pigé ? Rien à branler de ces bandits, j’avais prévu de leur en foutre plein le cul avec le reste de mon Clan, une fois qu’on aurait pillé une chiée de trucs de valeurs, tu vois ? Rien à foutre qu’ils soient morts ou tous blessés. J’veux pas être comme eux, j’me casse.

- J’suppose que ça change rien, pour nous. Tu ferais mieux de virer rapidement, j’ai l’impression que le Iop est du genre à attraper ce qui est pas dans la catégorie «amis», et de le briser en petits morceaux.

- Putain mec, j’te revaudrai ça. Moi c’est Wïnch, du clan Hexter, et toi ?

- On m’appelle Boule de poils, t’as pas besoin d’mon prénom.


Le Roublard reculait toujours en souriant, lorsqu’un bandit arriva à côté de lui, collant une dague sous sa gorge. Ilthanos haussa les sourcils, s’apprêtant à observer un autre meurtre.

- PUTAIN MEC MAIS JE SUIS AVEC TOI ME TUE PAS, ME TUE PAS, ME TUE PAS ! hurla aussitôt Wïnch avec les yeux écarquillés, alors qu’il pointait l’Écaflip. CE GARS LA, C’EST L’ENNEMI !

Il fut immédiatement relâché par le bandit qui s’avança d’un pas ferme vers l’Écaflip. Le Roublard, dans son dos, souffla un baiser vers les deux, puis s’enfuit dans un grand rire. Quel enculé ce gars-là.
Ilthanos roula de côté alors que la lame du bandit se plantait dans le sol et qu’il l’arrachait déjà avec violence, révolté par la défaite dont il avait été le spectateur. Il se relança à nouveau vers Ilthanos, qui esquiva de peu en criant de peur. Par réflexe, il dégaina d’une main tremblante la dague que Shalane lui avait laissée et la tendit devant lui. Le brigand s’essuya la bouche en souriant. Ce n’était pas difficile de voir que l’Écaflip n’était pas à l’aise avec une arme en main. La crapule se jeta à nouveau vers lui, relevant la lame au-dessus de sa tête pour tenter de la planter dans le crâne d’Ilthanos. Pas très intelligent, sachant que l’Écaflip tendait la dague droit devant lui. Il ferma les yeux en bandant ses muscles, prêt à recevoir le choc. Il sentit de la résistance alors que la dague entrait en contact avec le torse du bandit, puis écarquilla les yeux en sentant celle-ci s’enfoncer. Il croisa le regard hagard de son attaquant. Un haut le cœur le parcouru. Des nausées. Le corps s’affaissa bien vite, lui soulevant à nouveau l’estomac. La douleur dans son crâne décida de revenir au même moment. D’un geste lent, il lâcha l’arme qu’il tenait encore en main alors qu’elle restait plantée dans le torse de son adversaire.
Il avait souvent vu la mort, les matins d’hiver ou la morsure du froid avait volé la vie de ses compagnons d’infortune, les jours où la faim était venue à bout des plus faibles dans la rue, les fois où il se dirigeait dans des endroits où il savait qu’un conflit avait eu lieu, récupérant ce qu’il pouvait au risque de se faire attaquer par quelques personnes encore présentes. Oui, la mort lui était familière, mais il ne l’avait jamais provoquée.

Les quatre autres arrivèrent bien vite, alarmés par les cris. Frak se déplaçait déjà sans l’aide des autres, soutenant son bras estropié. Ils virent Ilthanos glisser à genoux en sanglotant et l’observèrent se replier sur lui-même pour vomir. Il cracha, toussa, geignit et recommençait. Il venait de tuer pour la première fois. Lui qui était si habitué à voler des objets, il venait de voler une vie et ça le révoltait. Mïwan s’avança vers lui et l’enlaça, le redressant doucement. Ilthanos se dégagea rapidement en hoquetant.

- Nous sommes sincèrement désolé, laissa échapper l’archer.

- Pas … Pas grave. C’est juste que j’avais jamais fait ça avant, et j’trouve pas ça … Enfin, t’vois.


C’est à ce moment plutôt désagréable et gênant que Frak décida de parler. Ô Frak et son immense sagesse ainsi que sa voix tonitruante.

- POURQUOI IL PLEURE LUI ?! Il a tué quelqu’un, FAUT SOURIRE ! Où qu’il est le vin, qu’on fête son baptême ?

Les regards de ses partenaires le firent taire sur le champ, le laissant avec une moue agacée au visage. Après tout Frak ne vivait que pour ça, on ne pouvait pas lui en vouloir.
Ancien forgeron, il s’était fait recruter par l’armée quand ses talents de combattant avaient été prouvés lorsque que quelques gardes pourris voulurent lui prendre des armes sans payer. Il les avait neutralisés sans trop de problèmes. Depuis ce jour-là, ses cris de guerres se faisaient entendre sur les champs de bataille. Malheureusement, il fut renvoyé après une bagarre contre son général qui lui avait trop prit la tête. Évidemment, c’est le général qui atterrit à l’infirmerie et Frak qui s’en sortait bien physiquement. Le Iop l’avait très mal vécu car il se jugeait innocent dans cette histoire. En réalité, il était clairement coupable : il avait déboîté l’épaule d’un autre soldat en voulant lui asséner une tape amicale, ce qui avait rendu le général particulièrement chiant. Frak n’était pas du genre à se laisser gueuler dessus, aussi, il prit la première chose qui lui passait sous la main pour faire taire son supérieur. C’est donc à grand coup de soldat à l’épaule déboîtée qu’il avait fracassé la tronche du général. Après son renvoi, il avait passé le plus clair de son temps à traîner près des tavernes, attendant que quelques ingénus trop alcoolisés viennent le provoquer. Parfois, il allait à leur rencontre exprès pour ça.
C’était comme ça qu’il avait fait parler de lui : sa réputation de guerrier farouche, l’anecdote du renvoi de l’armée, et ses frasques de chahuteur. Quand on lui avait proposé ce travail où il pouvait fracasser un bon paquet de trucs, vivants ou non, il n’avait même pas réfléchit. C’était donc tout bêtement que le colosse à crête avait rejoint le Sram et il ne le regrettait pas du tout. Mais qu’est-ce qu’il était con.

Ilthanos avait décidé d’aller vider les poches des cadavres tandis que les autres soignaient le bras de Frak comme ils pouvaient. Piller des ruines ou des cadavres lui était au moins familier. Les gestes habituels lui permirent de mettre de côté ce qu’il venait de faire, et la routine des mouvements le consola quelque peu. Il ne réfléchissait pas, il laissait son corps agir. Tâtant ici et là, retirant un bijou, une bourse, n’importe quoi de valeur.
Les autres firent de même et après une bonne heure de fouille, ils se retrouvaient tous autour de l’attelage, un paquet d’objets de valeur en plus. Ilthanos n’avait pas dit un mot depuis. Frak, Shalane et Mïwan discutaient à voix basse, l’observant par moments. L’Écaflip poussa un cri quand il se rendit compte que Ciakath était juste à côté de lui, le fixant de ses yeux étranges.

- WOOOOH ! Hem. Putain de merde, tu m’as fait peur.

- Désolé. Ce n’était pas voulu. Vous sentez-vous mieux ?

- J’ai pas des masses le choix, tu crois pas ?

- Changez de ton avec moi.


Ilthanos s’apprêtait à répondre d’une de ses remarques bien placées, mais préféra se taire en repensant à la scène qui s’était déroulée plus tôt. De toutes manières, le Sram avait quelque chose en lui, une aura qui ne donnait pas envie de le chercher.

- Ouais, désolé. J’devrais encore vous remercier. Mais bordel, vous êtes qui ? C’est pas … Normal de défoncer aussi facilement une troupe comme ça !

Le Iop, le Crâ et la Roublarde s’approchèrent de Ciakath et d’Ilthanos. On y était enfin. Ciakath s’apprêtait à sortir un discours ciselé, préparé et répété pour l’enrôlement des nouvelles recrues … Mais c’était sans compter Frak.

- On est une équipe d’la CONFRÉRIE MON GARS !

- Mec t’es en face de moi, j’ai un putain d’mal de crâne, et je t’entends très bien, pas la peine de hurler. C’est quoi cette … Confrérie, là ?


Le Iop passa sa paluche dans sa grosse crête noire et l’ébouriffa en souriant. On pouvait voir un semblant d’intelligence dans ces yeux aux reflets bovins. Mïwan préféra prendre la parole, sachant que le discours de Frak se résumerait à «On tue, on vole et c’est trop bien !».

- La Confrérie regroupe un ensemble de voleurs et d’assassins. Nous agissons pour notre propre intérêt mais nous travaillons aussi pour d’autres personnes. Notre mode de fonctionnement ne change pas des autres guildes dont tu as pu entendre parler. Nous perpétuons nos traditions depuis de nombreuses années.

- Ah, j’vois ... En fait non, j’vois pas du tout. Z’êtes une équipe de ce truc ?

Shalane passa un bras autour de la taille de son conjoint, se collant à lui en souriant. Comme si cela était prévu, elle continua à parler au nom de tous.

- Comme Frak te l’a dit, oui. Honnêtement, on est beaucoup. On a une île à nous tu sais, où notre repaire se trouve ! Un grooooos château là où l’on vit, avec le reste de la confrérie. Il y a même des petits villages autour. On forme une grande famille là-bas.

- Ouais, j’avais entendu parler d’regroupements de voleurs, et d’autres d’assassins. Je croyais que les associations des deux étaient terminées, à cause des problèmes que ça faisaient ?

L’Écaflip se tourna directement vers Ciakath qui n’avait pas encore présenté la Confrérie, sûr qu’il allait parler. Après un silence trop long de quelques secondes, la voix du Sram sortit de sous son foulard.

- Effectivement. Trop de problèmes se posaient, bien que les efforts des uns arrangeaient les autres. De petits groupes quittaient sans cesse ces guildes, pour faire du banditisme ailleurs. La Confrérie est un organisme structuré. Notre personnel est entraîné. Nous vous surveillions depuis un moment, Ilthanos.

- Putain vous connaissez même mon prénom, c’est dingue, personne m’appelle comme ça.

- Comme je l’ai déjà dit, nous sommes très organisés et votre prénom n’était qu’un petit détail très simple parmi tant d’autres. Vos talents de voleur nous ont attiré. Vous savez très bien pourquoi nous sommes ici, à présent. A vous de décider si vous allez nous suivre jusqu’à notre île et rejoindre notre grande famille, ou si vous préférez retourner dans la rue tel un clochard.


Le Sram avait semblé cracher ces derniers mots. Franchement, la question ne se posait même pas. Ilthanos oublia le meurtre avec la perspective d’un avenir où il pourrait vivre entre des murs, dormir sur un vrai lit et manger à sa faim. Il tendit sa main vers Ciakath qui se contenta de l’observer. Après un moment assez gênant, l’Écaflip se tourna vers les trois autres, qui lui serrèrent immédiatement la main. Frak serra beaucoup trop fort, bien sûr. Pour Ilthanos, c’était une occasion en or.

Après plus de quinze ans passés dans la rue à être élevé par des inconnus, après avoir vécu dans la médiocrité, après avoir volé un nombre incalculable de bijoux au risque de se faire arrêter, juste pour manger, on lui proposait une autre alternative. Comment ne pas accepter de rejoindre un endroit où il pourrait pleinement exercer son talent ? De plus, il avait vu ce que semblait donner leur entraînement. Le côté assassin ne l’enchantait guère mais il savait que ce malaise pouvait être surpassé.
Il allait se retourner pour tenter d’échanger une poignée de main avec Ciakath mais le Sram était déjà installé à sa place, rênes en main. C’était l’heure de se casser de ce coin. Ilthanos se posait de sérieuses questions à propos du Sram, bien que les autres soient tout aussi intrigants. En réalité, Shalane semblait être la seule personne qui s’approchait de la normalité pour lui. En plus, elle avait les cheveux courts et Ilthanos trouvait ça très classe, chez une femme. Et puis elle était carrément canon et savait mettre les gens à l’aise, comme par magie.

Il allait la rejoindre à l’arrière de la carriole mais il sentit qu’on l’attrapait par la peau de la nuque et le soulevait pour le jeter dedans. L’Écaflip se redressa à l’aide d’une des planches en se tenant l’œil gauche qui revenait lui vriller le crâne et observa Frak qui claqua des doigts en le pointant, voulant avoir l’air cool. Après s’être fait jeté comme ça, l’effet était plutôt efficace. Une fois qu’ils furent tous en place, l’attelage se mit en route vers l’île dont ils parlaient. Près de l’église, les quelques bandits qui avaient survécus se regroupaient tant bien que mal dans un concert de plaintes et de gémissements, constatant avec horreur les dégâts.

L’attelage avançait à une vitesse correcte et Ilthanos mourait d’envie d’en savoir plus sur les personnes qu’il venait de rejoindre. Est-ce que tout le monde acceptait aussi vite que lui l’avait fait ? Quelle était l’histoire de la Confrérie ? Qui étaient-ils, eux ? Comme si Frak avait entendu ça, il se mit à parler en le fixant particulièrement.

- Hé les gars ? J’vous ai déjà raconté la fois où J’ME SUIS FAIT VIRER DE L’ARMÉE ?

- Putain non j’l’ai jamais entendu moi, j’veux savoir
, ricana Ilthanos.

- Oooooui, tu nous la racontes toujours … répondit le couple, en choeur.

- Et bah j’vais la raconter pour Boule de poils ! Alors, j’étais en train de féliciter un mec, et pour ça, j’ai tapoté son épaule, tu vois ? Bah que j’ai tapoté un peu trop fort, et son épaule s’est déboîtée. Mais putain, c’était pas voulu ! ET LA CE CON DE GÉNÉRAL VIENT ME HUUUUUUURLER DESSUS. Moi putain j’aime pas ça, alors je lui dis ! Et là il m’dit que je dois baisser d’un ton avec lui ! QU’IL ÉTAIT MON SUPÉRIEUR BLAHBLAHBLAH. Du coup bah on s’est un peu engueulés et il a agité son poing. SON POING. En face de moi ! Tu t’rends compte, il me menaçait là. J’ai toujours appris que quand on te menace, faut directement agir. Alors j’ai chopé ce que j’avais à côté d’moi, le plus proche … Et c’était le mec à qui j’avais déboîté l’épaule. Sur le coup j’avais même pas capté, j’l’ai tiré vers moi, j’l’ai soulevé, et je l’ai éclaté sur le général. Puis j’l’ai relevé, resoulevé, reéclaté, resoulevé, reéclaté … Tu vois l’truc. C’est comme ça que je me SUIS FAIT VIRER. J’ai rejoint Ciakath après ça, HEIN MON POTE !

- Putain. Rappelle-moi de jamais agiter mon poing vers toi …

Le Iop frappait son poing dans sa paume en souriant, observant la route. Son bras gauche était à présent bandé, mais une tâche pourpre s’étalait sur les bandages, ce qui ne semblait pas le déranger. En outre, il était le seul qui considérait Ciakath comme un vrai ami. Chose encore plus étrange … Le Sram l’était vraiment, malgré le fossé entre leurs deux personnalités. Après tout, Frak avait été le premier recruté.

Ilthanos s’apprêtait à poser des questions à un peu tout le monde, mais Ciakath le coupa avant même qu’il ne parle, le laissant avec la bouche entrouverte.

- Il fait toujours nuit. Tâchez de dormir encore un peu. Vous allez être un peu à l’étroit dans la carriole mais il faut que vous vous reposiez. Je me charge de poursuivre la route. Mïwan, reste à ton poste.

L’Écaflip s’attendait à ce que quelqu’un conteste. Ils obéirent tous cependant : Frak s’étala contre un bord en grognant à cause de sa trop grande taille. Shalane se coucha de l’autre côté, glissant une couverture sur son corps. Ilthanos gratta un moment la fourrure de son ventre, sentant quelques puces s’agiter entre ses griffes. Il avait l’habitude de dormir aux côtés de parfaits inconnus, aussi sales que lui. Le fait d’être la seule personne d’aspect insalubre le gênait presque.
Il décida d’aller se coucher à distance respective des deux, il ne voulait pas paraître trop proche de la Roublarde et avait franchement peur que Frak se retourne dans son sommeil et l’écrase. Malgré la douleur dans son crâne, il tomba de fatigue et s’endormit presque tout de suite. Il ne sentit même pas la grosse main du Iop lui agripper le poil et le tirer vers lui, l’utilisant comme une grande peluche.

Mïwan s’installa sur l’habitacle de sorte à voir tout autour. Le vent faisait lentement voler ses cheveux. Il se pencha un peu vers Ciakath pour engager la conversation, parlant presque à voix basse.

- L’Écaflip dort déjà. Il a accepté plutôt vite, non ?

- Exact. Tant mieux. Plus qu’une journée avant d’arriver sur la côte. Vous allez sûrement vouloir vous arrêter à la taverne qui borde la route, n’est-ce pas ?

- Ciakath, nous savons tous que tu es du genre à ne pas t’arrêter … Mais après la route, après avoir attaqué ses bandits, une petite pause ne serait pas de refus, rien que pour le moral. Avec de la chance, nous pourrions même tomber sur un soigneur qui pourrait s’occuper de l’œil du nouveau et du bras de Frak.

- Frak s’occupera plus de boire que de rétablir son bras. Mais soit, nous allons faire ainsi. Une courte halte, pas une halte comme celle que nous avions faite la dernière fois.

- Tu parles de la fois où Shalane a voulu danser avec toi pour te «décoincer» ?

- Cette même fois où Frak a détruit le comptoir pour appeler le tavernier parce qu’il le trouvait trop long et où vous avez volé la moitié des biens de l’endroit, Mïwan.

- Ce n’était qu’une taverne de village, allons. Demain ce sera notre taverne à nous, il n’y aura pas d’excès, nous ne risquerons rien. Et tu ne me tutoies toujours pas, ça va finir par me vexer, ricana l’archer en se redressant.

- Ce n’est pas dans mes habitudes.


En allant s’accroupir au centre du toit de l’habitacle, Mïwan se félicita lui-même d’avoir réussi à faire durer une conversation avec Ciakath. Il n’était pas encore fatigué mais il s’avait que la nuit allait être courte pour lui. Il se réjouissait cependant d’avoir réussi à négocier un arrêt dans un lieu où ils pourraient se reposer pleinement autour d’une chope.
Chaque seconde qui passait les rapprochaient un peu plus de la côte d’où ils rejoindraient leur île. Un sourire se glissa sur son visage et resta un long moment, alors qu’il observait sa compagne dormir. Malgré l’épisode avec les bandits, tout c’était passé pour le mieux pour eux. Ils avaient bien mérité un peu de repos dans LA Taverne. Cette taverne qui était toujours remplie de crapules en tout genre, de guerriers en repos, de chasseurs de primes et de personnages atypiques.
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Score : 1151

Je regrette de pas avoir eu mon PC depuis deux jours tellement ce chapitre est juste excellent *-*

J'veux dire par "excellent" encore meilleur que les précédents car tu t'es un peu calmé sur c'est p'tin d'apostrophe d'merde qu'font 'peu chier ! Et aussi les pavés que tu présente sont mieux répartis et l'histoire prend encore plus du poil de la bête (ceci n'était pas un jeu de mot moisi)

Bref continue comme ça, en affinant encore plus tout ça, t'aura la fic' parfaite ^^

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Score : 171

Je viens de dévorer ce que tu as écris jusque ici. Tu écris vraiment super bien.

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Score : 1868
Merci à Clem' et à Edelweyys, ça fait plaisir. J'vais tenter de ciseler ça au mieux et d'ajouter un peu plus de descriptions, j'voulais faire en sorte que les gens puissent s'imaginer à leur guise à quoi ressemblent les personnages. Du coup j'vais peut-être pousser ça un peu plus, pour donner plus de matière au récit.

Je posterai prochainement un chapitre légèrement à part je trouve, vu que ce sera une sorte de pause pour faire l'introduction fracassante d'un nouveau personnage bien burné qui reviendra souvent dans l'histoire. Puis ce sera surtout un personnage dédicace à un bon pote rencontré IG qu'j'compte bien voir un d'ces quatre. Mon pote colle parfaitement à l'image que je me fais du Chasseur de prime que je voulais faire évoluer, donc bon, j'me suis pas fait chier et je l'ai décrit tel qu'il est IRL. Puis ça lui fera plaisir, à mon capitaine.

Bises à tous et à très bientôt, content de savoir que ça vous plaît smile !
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Score : 4
/Hrp/ Je commente jamais mais là ... je trouve que c'est une bonne fanfiction, bonne continuation smile smile ! /Hrp/
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Score : 1868
[ Héhé, merci Nico de ton commentaire ça me fait super plaisir. J'étais flatté de te voir avec un perso' de nom "Hexter" la dernière fois en jeu, t'peux en faire autant que tu veux si ça te chante !

Comme dit plus haut, c'est un chapitre qui fait un petit break pour introduire mon pote Jo' dans l'histoire. Et j'avais causé à Sacri, quant à Chuck. Bonne lecture pour ceux qui suivent, bisous smile ! ]

Chapitre 4 : La Taverne d'Auguste.


La taverne.



Ilthanos s’était réveillé au même temps que Frak qui lui avait roulé dessus pour se redresser. A présent, il comprenait mieux pourquoi on qualifiait ce genre de personnes de montagnes. L’Écaflip ressentait toujours une douleur constante au niveau de son œil et de son crâne, mais elle était déjà bien moins agressive. Ils avançaient désormais lentement, contournant un très gros bâtiment situé un peu en retrait de la route. Un brouhaha sourd provenait de la taverne, mêlé à de la musique. On pouvait entendre des cris et des rires à travers les fenêtres et voir les silhouettes d’un bon nombre de personnes. Les tuiles bleues étaient d’un aspect sale.
Le Sram fit s’arrêter l’attelage derrière la taverne alors que le reste de leur troupe mettait le pied à terre. Tout en avançant vers le bâtiment, Ciakath fit quelques gestes discrets en les suivant. Un double de lui-même se matérialisa alors derrière lui, retournant vers la carriole pour la garder durant leur absence.

C’est Frak qui poussa les portes de la taverne avec un grand sourire, laissant à peine assez d’espace à Shalane et Mïwan pour passer rapidement. On distinguait pleinement le foutoir de l’endroit. Des gens dansaient près d’une estrade, à côté d’un quelconque groupe, d’autres buvaient à leurs tables en conversant. Certains restaient dans des coins, capuches relevées, pour discuter en toute discrétion et d’autres s’empoignaient en hurlant par-dessus leurs tables, se préparant à une quelconque baston de taverne.

Au fond de cette énorme salle se trouvait le comptoir, où un tavernier tout aussi énorme s’occupait des rares clients assis à son bar, essuyant d’un chiffon les verres sales tout en se livrant aux habituels débats de ces endroits particuliers. Ilthanos se mit à sourire, trop habitué à ce genre de lieux. Enfin quelque part où il se sentait chez lui.

Tout le groupe s’avançait, le Iop en tête, lorsqu’il bouscula un gaillard en armure. C’était Tcheuk l’Novice, un gars qui était placé sous l’aile d’un grand guerrier dont la réputation était parvenue jusqu’ici. Il se pavanait dans son habituelle armure ornée d’or, pleine de détails et de reliefs qui lui donnaient un air encore plus important. Il avait deux épées courtes à sa ceinture et semblait trop sûr de lui, regardant les gens de haut. Bien que pour voir Frak, il devait considérablement lever la tête. Il observait d’ailleurs le Iop avec un grand air de mépris, les quelques-uns autour de la scène s’étant arrêtés de parler pour les observer. Dans ce genre de taverne, ça pouvait donner de bons spectacles et avec Frak, ça donnait à coup sûr de très bons spectacles.

- Putain Tcheuk, fais gaffe où tu fous les pieds, grogna Frak en bombant le torse.

- Écoute moi bien pet-… Hm. Grand con. J’fous mes pieds où j’veux, et c’est …

Le pied du Iop lui coupa la parole et s’écrasa en plein milieu du visage du trop fier guerrier, l’envoyant s’écraser sur une table derrière lui tandis que les spectateurs autour d’eux poussaient des «OOOOOOOOOUH» d’admiration et s’esclaffaient en applaudissant. Frak repris la parole dans un grand sourire en s’avançant vers le guerrier qui ne comprenait pas pourquoi son nez était explosé, le sang lui ruisselant sur la bouche.

- J’connaissais déjà la suite de sa phrase, z’avez vu ? C’EST SOUVENT DANS LA GUEULE !

Le Iop le redressa et le gratifia d’une grosse tape dans le dos, le renvoyant dans sa direction initiale. Ilthanos était resté les bras ballants derrière Frak, avec le reste du groupe qui semblait amusé. Sauf Ciakath qui s’était lentement dirigé vers un panneau d’affichages, le scrutant de ses yeux étranges. Frak alla s’installer à une table où quelques personnes l’avaient appelé en riant. L’Écaflip avait donc suivi le couple qui avait foncé vers le comptoir, Mïwan tenant fermement la main de Shalane. L’archer se pencha rapidement au-dessus du bar pour attirer l’attention du gros tavernier.

- Auguste ? Il te reste une chambre à l’étage ?

- Ouaip, la troisième porte à droite
, dit-il en leur lançant une clef. Tâchez d’pas briser les lattes des lits cette fois !

- On va essayer
, répondit Mïwan alors que sa compagne partait dans un rire clair.

Sous les yeux ahuris d’Ilthanos, le couple couru en riant vers les escaliers qui étaient un peu plus loin, disparaissant au détour de ceux-ci.

«Non mais putain, ils m’plantent comme ça ? La baraque se casse pour causer avec ses potes, l’autre mec louche reste coincé devant le panneau et ces deux-là vont s’envoyer en l’air, en me laissant ? Roh les connards. »

En ronchonnant un peu, l’Écaflip se hissa sur un des tabourets accolés au comptoir. Il s’amusa à pivoter dessus pendant un court instant, puis hocha la tête vers le tenancier des lieux.

- T’as quelque chose de gratuit mon gros ? J’ai que dalle sur moi.

- Mon poing dans ta gueule, il est bien gratuit ouais. J’suis pas gros, j’ai une ossature lourde, sale borgne de merde. Tu payes si tu veux consommer quelque chose ici, c’est tout.


L’homme-félin sourit à la remarque et alla faire un tour rapide de la salle, semblant se pencher aux fenêtres sans raisons. Il revint vite s’installer au même endroit, sans trop se soucier des deux autres clients et posa une petite bourse sur le comptoir.

- Là, j’ai de quoi payer maintenant. Une pinte de bière s’teuplaît.

Avec la monnaie, ça passait tout de suite mieux : Auguste le tavernier lui fit un grand sourire et s’affaira à préparer sa chope. Ilthanos fit lentement pivoter son tabouret pour observer les visages des personnes présentes dans la salle, ainsi que l’homme accoudé au comptoir. Il écarquilla les yeux en l’observant. Une putain de célébrité était à côté de lui. Et cette putain de célébrité l’observait de travers, le jugeant du regard. Ilthanos se frotta l’œil et l’observa à nouveau, histoire d’être sûr.

Il semblait avoir vingt-cinq ans et il était svelte, mais une aura de sûreté émanait de lui. L’homme portait un bandana qui couvrait son front et une partie de ses cheveux en bataille. Une ancre était tatouée sous son œil gauche et on pouvait voir les favoris que formaient sa barbe lui ronger les joues. Son oreille gauche était percée de plusieurs anneaux, celui de son lobe se terminant par une courte chaîne où pendait un dé. Il était vêtu d’un blouson de cuir élimé, ouvert sur débardeur très large.
Ilthanos pouvait discerner le début d’un tatouage plus complexe sur ses côtes, devinant la proue d’un navire. Continuant son inspection, l’Écaflip remarqua les deux dés tatoués dans la paume de sa main droite, ainsi que les as de pique et de cœur sur ses phalanges. Il portait un pantalon noir qui semblait usé par les intempéries, et des bottes tout aussi sombres. Lorsqu’il redressa son regard sur le visage de l’homme, il souriait.

- Tu veux mon portrait ou t’es genre un de ces pervers qui reluquent tout ce qu’il y a de beau ?

- Putain, t’es bien Jessie Jo’ ?
demanda Ilthanos.

- Ouaip, de mémoire c’est bien mon blaze. Et toi l’Éborgné ?

- Ilthanos, mais j’suis plus habitué à Boule de poils.

- Putain, ils étaient en manque d’inspiration pour ton surnom.


Woh. Un des chasseurs de primes les plus reconnus du monde était juste à côté de lui. Il était surtout célèbre pour un fait : mort ou vif, il ramenait toujours les cibles dans un seul état. Mortes. Ilthanos rabattit ses oreilles en arrière quand il vit le Chasseur pivoter à nouveau vers le comptoir en passant sa main droite sous son blouson, en tirant un gros révolver à l’aspect très usé, symbole d’une activité quasi quotidienne. Tranquillement, Jessie Jo’ inspectait le barillet de son flingue en causant au tavernier.

- Hé patron, sers moi un verre. J'viens de voir la sale gueule d’un recherché au fond de ta salle.

- Casse pas tout putain. Comme d'habitude, du rhum ?

- Comme d'hab'. J'aurai terminé que t'auras pas encore posé mon verre sur le bar.

- J'te le fais gratuit si t'y arrives
, ricana le barman en attrapant déjà le verre du Chasseur.

D’une pression exercée du bout de la botte contre le bar, Jessie Jo’ fit lentement tourner son tabouret en tendant le bras. Pendant un instant de flottement incroyablement long où il pivotait, il semblait pointer toutes les sales gueules de la taverne, passant aussi devant la trogne d’Ilthanos. Soudainement, trois coups de feu retentirent dans la salle, la plongeant dans un silence léthargique. On pouvait seulement entendre le grincement du tabouret qui continuait sa rotation alors que le Chasseur soufflait sur le bout de son canon pour en chasser la fumée et le rengainait dans un léger sourire, suivi du bruit mou de quelque chose qui tombait au sol. Présentement, c’était les restes du crâne de quelqu’un.
Le Chasseur s’accouda à nouveau au comptoir. Dans son dos tout au fond de la salle, un homme gisait sur sa chaise, penché en arrière, des morceaux de matière grise et d’os recouvrant le mur derrière lui. Jessie Jo’ tira une clope de sous son bandana et la colla au coin de sa bouche, inspirant à travers pour que le bout s’embrase seul. Le tavernier l’observait d’un air médusé tandis que derrière le Chasseur, le brouhaha habituel reprenait, ce genre de scène étant plus ou moins habituelle (bien que celle-ci venait d’être mortellement classe).

- Et j’vois mon verre nulle part, Auguste.

- ... Enfoiré
, marmonna-t-il en remplissant le dit verre pour ensuite le faire glisser vers lui.

Jessie Jo’ fit glisser vers Ilthanos un avis de recherche tiré de son blouson puis s’empara de son verre et le savoura, tirant quelques fois sur sa clope en gardant le silence. L’Écaflip l’observait d’un air idiot. Il suffisait qu’il quitte ses rues et leur misère pour vivre en quelques jours des choses cent fois plus intéressantes. Il s’empara de l’affiche et observa le portrait, le nom, et la prime.

Une sale tête, un surnom débile «Rodéo», des crimes pas très agréables à titre pornographiques qui expliquaient son surnom, mais une belle prime. Cinq mille Kamas. C’était une somme étourdissante pour Ilthanos. Il fut tiré de sa rêverie par la voix particulière de Ciakath, juste à côté de lui. Le Sram s’adressait au Chasseur.

- Joli tir.

- Bordel, il y a qu’un seul enfoiré pour avoir une voix comme ça
, répondit Jessie Jo’ en se levant.

- Toujours un plaisir de vous voir œuvrer. Notre offre ne vous intéresse-t-elle toujours pas ?

- Désolé vieux, je t’ai déjà dit un paquet de fois que mon boulot me convient parfaitement. D’ailleurs t’es un beau salaud de pas venir me voir plus souvent.

- Je ne dispose pas toujours du temps nécessaire.


Ilthanos observa alors avec stupéfaction le Chasseur s’avancer vers Ciakath pour le gratifier d’une brève accolade. Jessie Jo’ se mit à rire en le serrant dans ses bras, tirant une taffe de sa clope par-dessus l’épaule du Sram.

- J’crois que c’est la première fois où c’est moi qui me casse en premier alors qu’on se retrouve mon vieux. J’ai de la viande à livrer, désolé.

- Bien sûr. Je ne vais pas vous retarder plus que ça. A très bientôt, je l’espère.

- Après toutes ces années, toujours pas de tutoiement qui sort de ton foulard. T’vas finir par me vexer !

- On me le répète trop souvent
, répondit simplement Ciakath en prenant la place de son ami sur le tabouret.

Jessie Jo’ se pencha juste vers Ilthanos pour observer les anneaux à ses oreilles. L’Écaflip les redressa par instinct en souriant. Le Chasseur attrapa alors un de ses propres anneaux et le détacha, avant de lui lancer. Il l’attrapa au vol en arquant un sourcil.

- Ça me donnera une raison d’te revoir. A plus le Borgne.

- A la prochaine Jessie Jo’. Crève pas d’ici là, on se connaît pas encore assez.

- La mort c’est une vieille amie, depuis le temps, j’risque rien.


Le truc, c’est que le Chasseur avait l’air tellement sûr de lui, qu’on y croyait à moitié. Il n’empêche que l’Écaflip était fier d’avoir pu donner la réplique à une personne de ce genre. En plus, il trouvait que ce qu’ils s’étaient dit était franchement cool. Ilthanos passa l’anneau à son oreille, à l’un de ses emplacements vides. Il n’avait rien de spécial, noir et simple avec une petite pointe. L’Écaflip fit glisser son tabouret pour s’approcher un peu plus de Ciakath, observant avec le Sram le petit manège du chasseur de prime.
Jessie Jo’ s’était arrêté près de l’estrade et avait attrapé la main d’une jolie jeune femme, commençant à claquer quelques pas de danse enflammés avec elle, la clope toujours au coin de la bouche. Finalement, il se détacha d’elle et se dirigea de sa démarche nonchalante vers la table où trônait le corps, vidée de ses autres occupants. Il éteignit son mégot sur les restes du visage de l’homme, les trois balles ayant fait mouche, puis le hissa sur son épaule. D’un hochement de tête, il fit signe à la femme de le suivre, ce qu’elle s’empressa de faire malgré le cadavre sur le Chasseur. Et il sortit avec un total de cinq mille kamas sur l’épaule et une beauté à ses côtés. Ilthanos se tourna vers Ciakath en riant.

- Il a la classe ton pote ! Tu le connais d’où ? Z’êtes pas vraiment le genre de personnes qu’on verrait traîner ensemble.

- Je l’ai sauvé une fois
, répondit le Sram. Il a toujours en tête de me rendre le même service.

- C’était il y a combien de temps ?

- Il y a quatre ans. Quelques personnes mal intentionnées l’avaient acculé au fond d’une ruelle.

- Et t’vas me dire que ce gars-là savait pas se défendre seul ?

- Pas contre ce genre de personnes, non.


Ilthanos hocha la tête en prenant quelques gorgées de la bière qu’il n’avait pas encore consommée. Il demanda au Sram s’il voulait quelque chose à boire, lançant nonchalamment la bourse devant lui. Ciakath la repoussa lentement vers l’Écaflip en préférant ne rien prendre. Pendant plus d’une dizaine de minutes où Ilthanos l’assailli de questions, le disciple de Sram lui expliqua comment il avait un jour sauvé le Chasseur. Jessie Jo’ s’était lancé à la poursuite du chef d’un regroupement de sorciers. La prime plus qu’alléchante l’avait poussé à le suivre de plus en plus près jusqu’au moment qu’il avait jugé opportun et l’avait attaqué. Malheureusement pour lui, une poignée d’autres hommes étaient arrivés pour défendre leur chef et avec leurs sorts, avaient vite gagné l’avantage. Il aurait dû mourir ce jour-là mais c’était sans compter Ciakath qui devait tenter de le recruter. Malgré le sauvetage, le Chasseur avait refusé le travail proposé.

Frak les rejoignit quelques minutes plus tard et resta debout entre eux deux, se mettant à vider bières sur bières. Ils n’attendaient plus que le couple, qui arriva une demi-heure plus tard. Shalane lança la clef en direction du tavernier puis avança vers ses compagnons, suivie de près par Mïwan qui souriait légèrement. Il avait noué ses cheveux blonds en arrière et vint s’installer sur un tabouret, sa compagne se hissant sur ses genoux. Ilthanos ricana en les observant.

- Alors les amoureux, bien profité de la pause ?

- Hmmmmoui
, répondit Shalane en s’appuyant un peu plus sur le torse de Mïwan dans un grand sourire.

- Disons que nous avons profité d’un peu plus d’intimité, chose qui se fait plutôt rare avec vous autres, reprit l’archer.

Frak éclata de rire en donnant un coup de la paume de sa main contre le comptoir. C’était un peu tard, mais il venait de comprendre ce qu’ils faisaient à l’étage depuis tout à l’heure. Ciakath tapota avec compassion l’épaule du Iop qui se redressa en riant encore, l’observant. Le Sram hocha seulement la tête en direction de la sortie.

- Nous allons reprendre la route. Au revoir Auguste.

- Au plaisir d’vous revoir les gens. Frak, tu me dois d’quoi repayer une table.


En se dirigeant vers la sortie, ils croisèrent un soigneur qui se fit une joie d’aider les blessés du groupe. Le bras de Frak se portait mieux, mais l’œil de l’Écaflip était bel et bien foutu. Ils sortirent tous après que le Iop eut lancé une bourse devant le tavernier qui s’en saisit avec un sourire entendu. Ilthanos était fier de se retrouver avec eux, il se sentait en sécurité. Arrivé à l’attelage, Ciakath se hissa à côté de son double et le fit disparaître d’une pichenette, prenant place derrière les rênes. Tous s’installèrent alors que les dragodindes avançaient vers la route, puis vers la côte.

L’Écaflip tâta son œil aveugle. Il avait gardé cet aspect vitreux. L’angle mort le gênait, mais autrement … Il s’en fichait. Durant ses années d’errances dans les rues, il avait vu des gens perdre bien plus qu’un œil. Il observa Frak qui refaisait ses bandages, aidé de Mïwan. Ilthanos appréciait ce sentiment de complicité entre les membres du groupe. Il ne savait pas à quoi s’attendre, une fois arrivé sur leur île. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il voulait y être, pour rencontrer d’autres personnes. Des personnes comme lui. Dans le cahotement de la route, il continuait d’observer les autres en rêvassant à ce qui allait suivre.

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Sans le savoir, à des kilomètres loin de lui, un homme rêvait à sa propre vengeance. Cet homme était dans Bonta, installé dans un grand fauteuil en face d’un bureau pour signer quelques papiers. Il portait des vêtements simples, une tunique marron accompagnée d’un pantalon de la même couleur, rentrant dans ses grosses bottes noires. Il s’engageait dans la Garde, du côté des missions étrangères.
Cet homme était pas mal musclé, du genre à prendre soin de lui pour avoir l’air d’être une vraie baraque. En gros c'était un de ses nombreux enfoirés qui en imposaient en entrant dans un coin peuplé, faisant baisser d'un ton le niveau sonore. Malgré son air fatigué, cet homme était bien décidé. Et cet homme-là avait quatre plaies fraîchement soignées qui lui parcouraient le visage, vestiges d’un coup de main griffue. On ne le voyait pas mais sous ses vêtements d’autres plaies se cachaient, tout aussi récentes, témoins d’un sauvetage d’Écaflip contre son gré.

- Signez ici et vous serez officiellement dans la Garde. Êtes-vous toujours sûr de vouloir vous engager, monsieur ?


La brute repensa au visage d’Ilthanos, paniqué devant la hache de son défunt compagnon. Il détestait les voleurs. Il avait un plan bêtement con : se tailler sa place, enquêter sur les meurtres de ses «potes» et sur cet Écaflip, puis régler cette affaire débile. Le balafré releva la tête dans un petit sourire et retrempa sa plume dans l’encrier, signant rapidement le dernier formulaire. Il répondit cependant faiblement, les blessures étant trop récentes.

- Garde Roald maintenant que je vous ai signé ça, pas monsieur. Je commence quand ?

- Hélas pas avant que vous ne soyez pleinement remit monsieur Roald, répondit le recruteur. Vos fonctions vous seront attribuées lorsque vous aurez reçu votre uniforme complet, et que le Chef des gardes aura accepté. Étant donné qu’il est de votre proche famille, je ne doute pas une seule seconde que cela se fasse rapidement !

Roald grimaça brièvement avant de se redresser, aidé d’un homme en armure qui se tenait à côté de lui. Ça l’agaçait mais il avait le temps après tout. Ce petit connard d’Écaflip crèvera de ses mains, qu’importe le moment. Il hocha simplement la tête vers le recruteur qui l’observait avec un sourire satisfait, heureux du nouvel engagé : bien qu’il soit dans cet état, les gens savaient de quoi il était capable.
Roald clopina jusqu’à l’infirmerie pour recevoir de nouveaux soins. Il passa lentement le bout de ses doigts sur son visage défiguré puis esquissa un bref sourire. Pendant un court instant, il avait passé en revue l’éventail de saloperies qu’il pouvait faire subir à celui qui lui avait abîmé la tronche. Et il y en avait un bon paquet qui ne faisaient pas plaisir du tout. Cet Écaflip allait en chier.

 
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Score : 1151

Toujours aussi fantastique dou débout yusqu'à la fin, mon cher PetsbuD !

Yé pense qué tou est en phasé dé dévénir oun très très bon écrivain sur lé forum, tou est oun homme qui écrit bueno, muy bueno !

Continue comme ça, est magnifico, amigo (j'sais pas si ça se dit, magnifico, mais bon)

Pero es un poco largo a veces, pero no importa

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Score : 1335

J'ai découvert ce récit ce soir.
Pouce vert direct.

J'ai tout lu d'une traite, franchement, t'écris bien, genre über-bien.
Petits bémol : Ça doit être chaud à voir des tatouages sur des écaflips, non ? ê_e
A quand des iops moins caricaturaux ? :p

Edit pour en dessous:
Ah bah moi j'ai compris que Jessie Jo' était aussi un écaflip justement. J'ai p'tet mal compris, aussi. Surement du aux motifs des tatouages.
Et j'ai pour ainsi dire arrêté de jouer. J'passe de temps en temps passer l'bonjour à des potes, mais ça s'arrête la.
J'viendrais taquiner Winch un jour ! (Ah, et j'ai kiffé le revoir, c'est très plaisant de voir du transmedia comme ça biggrin )

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Score : 1868
Héhé merci Clem', ça m'fait plaisir ! Et ouais, toujours ce foutu problème de paragraphes trop gros. Pourtant je m'applique à les "détasser" mais il y a rien à faire.

Coucou à toi Zolank, content que ça te plaise :p !
Hmm, les tatouages que j'ai décrit dans le dernier post, c'était ceux du chasseur de prime Jessie Jo', pas de l'Écaflip. J'me suis peut-être mal exprimé du coup, j'vais revoir ça ! Et pour les Iops un peu cons, c'est mon dada, avec Khaltos tout ça. Dommage de moins te voir IG, ou alors c'parce qu'on joue pas dans des zones similaires.

E
dit pour Zolank : Han dommage que tu joues plus trop. Moi même j'ai vachement réduit la dose de Wakfu, il y a pas mal de trucs qui m'ont un peu déplu. Pour ce qui est du transmédia, j'en fais toujours avec mes perso', c'est un truc que j'adore faire. Parce que j'aime mes persos, ou pour créer un énorme récit où tout se rejoint. Mais le King c'est bien Wïnch, qui est dans tout ce que je fais :p.

B
onne soirée à vous, bises !
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Score : 587

"_Il semblait avoir vingt-cinq ans et il était svelte, mais une aura de sûreté émanait de lui. L’homme portait un bandana qui couvrait son front et une partie de ses cheveux en bataille. Une ancre était tatouée sous son œil gauche et on pouvait voir ses pattes lui ronger les joues. Son oreille gauche était percée de plusieurs anneaux, celui de son lobe se terminant par une courte chaîne où pendait un dé. Il était vêtu d’un blouson de cuir élimé, ouvert sur débardeur très large. Ilthanos pouvait discerner le début d’un tatouage plus complexe sur ses côtes, devinant la proue d’un navire. Continuant son inspection, l’Écaflip remarqua les deux dés tatoués dans la paume de sa main droite, ainsi que les as de pique et de cœur sur ses phalanges. Il portait un pantalon noir qui semblait usé par les intempéries, et des bottes tout aussi sombres. Lorsqu’il redressa son regard sur le visage de l’homme, il souriait. "

Naaaaaaaaan !!! Mec !
Tu m'avais prevenu que t'allais faire un perso qui porterais mon nom... Mais j'aurais pas pensé que ça aurait été vraiment moi !! Le bandana, les tatouages... Si les gens me croisent dans la rue et qu'ils ont lu ta fiction ils vont prendre peur (ou m'offrir un rhum... et ça tombe plutot pas mal vu que j'bois un peu tous les jours, ça me fera des economies).

Haha, comme j'suis botté, ça m'a fait marrer ! Quand j'ai lu "Jessie Jo", j'ai su que ça allait etre "lui". Mais j'ai commencé à voire "25 ans", j'me suis dis que tu lui avais donné mon âge... Puis le bandeau, les boucles d'oreilles, le cuir et les tatouages... Hahaha... Ah bah c'est pas juste un clin d'oeil en fait. J'suis d'dans. Fendard.
Tu sais qu'j'ai d'nouveaux tatouages depuis moins d'un mois, on peut en voir d'autre qui depassent de mon derbardeur large. :p

Bon mis à part cette surprise qui m'a bien fait sourire (et avec tous mes contrats de chasse en c'moment, j'en ai besoin de sourire.) ben c't'un bien bon chapitre de pause dans l'aventure.

Et pour Zolank, je n'suis pas un chacha ! J'suis un humain. En terme wakfusien, optons pour le roublard.

Allez, bravo vieux espagnol, merci d'm'avoir envoyé l'lien aussi pour m'prevenir.
Continue et épate nous encore.
Des bisous.

Anth Ourloup [Jessie Jo IRL.] - 

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