FR EN ES PT
Naviguer dans les forums 
Trackers Ankama

Wakfu: l'histoire parallèle

Par Laetia 29 Octobre 2012 - 22:35:02
Réactions 32
Score : 3315
AH Oki bah c'est cool alors biggrin
 
0 0
Score : 38

Je me porte garant de la véridicité des dires de Laetia, elle est bien la soeur de Cégy, il a beau être un Dieu, il ne peut pas tout faire.

Si vous ne me reconnaissez pas, allez lire les commentaires de son histoire sur W-W et vous verrez que je suis une bonne garantie.

0 0
Score : 3315
Ok bah maintenant on sait que tu ment pas , car il y a tellement de gens qui font du plagiat qu'il faut se mefier d'un peu de tout le monde maintenant.
 
0 0
Score : 2689

Désolé de l'accusation et merci de t'occuper d'instaurer l'histoire. Car elle est magnifique et beaucoup devraient la connaitre... Surtout que j'en suis fan, donc ça altère mon jug... Bref.
Continue la transcription sur les forums.

0 0
Score : 175

Et voilà les 5 chapitres d'aujourd'hui biggrin

Chapitre 10
Le réveil du iop


Zigzagant entre les élèves qui se sauvaient de tous côtés, Auriny, Rémiro et Simon atteignirent, après quelques secondes, un escalier.

''On monte? demanda en vitesse Simon.

Auriny regarda les deux chasseurs derrière eux, qui s'approchaient dangereusement.

- En bas, répondit-elle en bondissant dans les marches. Il ne faut pas qu'ils puissent nous coincer. On va sortir dehors.''

Manquant de trébucher plus d'une fois à cause de sa vitesse de descente excessive, Rémiro suivi de près son amie. Il ne se sentait pas bien. Fuir? Ce n'était pas dans sa nature, il le sentait au plus profond de lui. Ils avaient assassinés ses parents! Les trois fuyards atteignirent finalement le rez-de-chaussée, et se dirigèrent vers la porte de sortie. Mais, voyant la silhouette qui apparaissait devant eux, ils s'arrêtèrent net. Dans leur chemin se tenait la menace d'un Phorzerker, armé d'une carabine.

''C'est lui l'assassin!
- Ferme-la et cours!''

Ils firent demi-tour, se dirigeant vers la cafétéria. La plupart des élèves étaient déjà sortis à l'extérieur, et la salle était vide. Les tables parsemaient la pièce laissant aux amis un chemin étroit vers l'extrémité arrière. À toute vitesse, ils coururent vers la porte. Une femme apparut devant eux.

''Coucou les enfants...

Èvanovich bloquait la sortie, coinçant les jeunes. Un sourire sadique illuminait son visage. Elle aurait pu sembler douce et frêle si ses yeux terrifiants ne reflétaient le désir de meurtre.

Derrière eux, l'enutrof et les ecaflips. Devant eux, la crâ. Ils s'accolèrent derrière une table. Ils étaient pris au piège.

''Ce sont des ecaflips, et une crâ, murmura Auriny.
- Hein? l'interrogea silencieusement Rémiro.
- Ils sont pareils aux descriptions que j'ai vu sur le papier dans le carnet de ma mère.
- Et le monstre?
- Je ne sais pas.
- Quel papier?'' demanda Simon, qui s'était caché derrière.

Èvanovich s'approcha. Elle prit la parole.

'' Vous semblez en connaître un peu trop sur nous, commença-t-elle. C'est pour ça que vous devez mourir. Ainsi, je vous laisse le choix: sois vous nous dites qui d'autre est au courant et vous ne souffrirez point, sois vous allez voir ce que c'est d'être torturés au point de vouloir mourir! Alors?''

Une immense colère emplit le cœur de Rémiro. Auriny, toute tremblante, était muette de peur.

'' Je vous laisse 5 secondes. 5. 4...

Le iop n'était pas d'accord.

- 3. 2...

Ses parents étaient morts!

-1...

Sans aucun signe préventif, une décharge d'énergie se dégagea soudain de l'adolescent.

- Aaaaahh!'' cria-t-il.

Un vent sortit de nulle-part s'échappa du iop. De son grognement, il souleva d'un coup la table devant lui, sans effort au-dessus de sa tête. Par ce que voyait Auriny, qui étaient tombée par terre, il semblait plus grand, plus musclé. Ses pupilles avaient disparus. Jamais il n'avait semblé aussi en colère, féroce et menaçant. Surpris par cette réaction non-attendue, la crâ resta un moment coite.


"Aaaaahh!"

''C'est vous qui allez mourir!'' grogna-t-il d'une voix grave.

Il propulsa la table de toutes ses forces vers l'endroit d'où ils venaient. Le meuble frappa de plein fouet l'ecaflip, qui s'écrasa sur le mur. La femme et l'enutrof sautèrent sur le côté, pour éviter le projectile improvisé.

''Allez! cria l'eniripsa en tirant son ami par le bras.

Profitant de ce chaos imprévu, ils sortirent devant le nez des sbires, encore troublés après ce retournement de situation.

___

L'ecaflip se releva péniblement, se dégageant de la table. Cette attaque l'avait surpris, et il n'avait pas pu éviter. Sa coéquipière se dirigea vers lui.

"Ça va, Alzé? lui demanda-t-elle.
- J'ai déjà vécu mieux, mais c'est bon sœurette, le rassura-t-il. Ne te préoccupe pas de moi.

Satisfaite et soulagée que son frère n'aie rien, la femme-chat se leva... pour recevoir une violente gifle qui la fit tomber sur le sol.

"Vous êtes vraiment tous des nuls, des incapables finis! cria la crâ regardant de haut l'ecaflip qui avait la joue marqué du coup violent.
- Ça a surpris tout le monde, l'éveil de ce iop... tenta la femme pour se défendre.

Èvanovich se pencha à la hauteur de son visage, les sourcils froncés.

- Vous avez été entraînés pour les vaincre, Mia, la murmura-t-elle méchamment. On ne peut pas tolérer des maillons faibles dans notre équipe. C'est clair?
- C'est bon.
- Je l'espère. Allez! cria l'archère en se relevant. Il faut les rattraper! Il ne peuvent être bien loin!"

Et ils reprirent leur poursuite.

___

Bryan étais un enfant comme les autres. À 15 ans, il étudiais en 4e secondaire au collège Saint-Alexandre. Comme tous les autres, il faisait ses devoirs à la dernière minute, prenait plaisir à contredire ses parents et avait beaucoup d'amis. Comme les autres, il dormait de 7 à 9 heures par nuit, mangeait trois repas par jour et faisait du sport couramment. Comme beaucoup de jeunes, Bryan était un rêveur.

Qui n'a jamais rêvé de changer de vie? Une vie avec de l'action, de l'aventure, des dangers? Qui n'a jamais rêvé devenir un jour un héros? Si l'adolescent n'était pas vraiment bon en mathématique et en sciences, il n'empêchait pas qu'il adorait la lecture, surtout de style heroïc fantasy. Il aimait la magie et tout ce qui en découlait et, à chacun de ses anniversaires, il souhaitait toujours que la magie puisse exister, tout en soufflant ses bougies.

Ce jour-là, il se dirigeait vers sa classe pour faire son examen du ministère, une journée où tout allait changer pour lui. Tout débuta par une alarme stridente qui traversa ses oreilles, puis une explosion lointaine. Il fut aux premières loges pour apercevoir l'affolement dans les yeux des autres élèves.

"C'est un Code Blanc!
- On doit évacuer aux terrains de soccer!"

L'école se vidait, les étudiants se dirigeant vers le point de rendez-vous. Mais ce n'était pas l'avis de Bryan. Son courage et sa curiosité trop grands l'obligeaient à ne pas fuir comme un peureux, surtout pour une menace qu'on ne connaissait même pas. Il sut ce qu'il devait faire lorsqu'il vit devant lui une femme blonde qui descendait les escaliers à toute vitesse. Elle possédait un arc en bandoulière, ce qui n'était déjà pas normal. Il décida de la suivre jusqu'à la cafétéria.

Il était resté caché derrière la porte. De là, il avait pu observer toute la scène. Il a vu la créature aux défenses de sanglier, et Rémiro soulever la table et écraser un homme-félin. Aucun dialogue ne lui échappa. Il entendu les sbires discuter, et de leur plan de meurtre. Il avait peur, et jubilait en même temps.


Il était resté caché derrière la porte. De là, il avait pu observer toute la scène

Lorsqu'ils partirent, Bryan s'est retrouvé devant deux choix: rester en sécurité en sortant aux terrains de soccer, ou suivre ces créatures inhumaines.

"Ils se dirigent vers les gymnases" se dit-il.

Il s'engagea dans un détour. Il avait choisi le deuxième choix.

Chapitre 11
Plus un geste, vous êtes cernés!


Des dizaines de chars de police se stationnèrent devant le collège. Leurs sirènes bien reconnaissables se firent de plus en plus entendre, à mesure que d'autres véhicules blancs rayés bleu arrivaient. Certains policiers se dirigèrent vers les étudiants, question de les rassurer, alors que les autres formaient des remparts aux sorties du terrain. Beaucoup d'entre eux étaient armés, et certains semblaient un peu plus entraînés à de telles situations que d'autres.

Une voiture noire arriva. Au moment où elle stoppa, le chef de la police, un homme grand et sévère, qui jusque là criait des ordres à ses agents, se dirigea vers elle d'un air furibond. La portière arrière s'ouvrit, laissant sortir une femme dans la trentaine habillée d'un veston caractéristique de la police fédérale. Des cheveux noirs et des lunettes rondes complétaient sa prestance autoritaire.

"J'exige des explications! s'écria le chef de police à l’égard de l'arrivée.
- Et moi donc! de répliquer la dame du tac-au-tac. Vous avez devant vous la dirigeante en chef du département Est de la Gendarmerie Royale Canadienne. Renée Walker, de mon nom. Alors, moi, j'exige du respect.
- Moi, je suis le lieutenant Bross, et j'aimerais bien savoir ce que vos hommes font ici, madame!

Renée Walker tourna les yeux au ciel.

- C'est simple, répondit-elle comme s'il s'agissait d'une évidence. Nous venons vous aider.
- Nous n'avons pas besoin d'aide.
- Ça, c'est ce que vous croyez, soupira l'agente de la GRC. Je vous prierais maintenant de m'excuser et de bien vouloir me laisser faire mon boulot, lieutenant!"

Elle se dirigea vers son équipe, située un peu plus loin. Cette dernière était formée d'une dizaine de personne, chacun vêtu d'un gilet pare-balle et d'un casque noir.

"Sergent, dit-elle au plus grand du groupe. Emmenez vos hommes de l'autre côté du collège, dans la forêt.
- Sauf votre respect, madame, ils n'ont aucune chance de s'enfuir par là.
- Vous resterez cachés, et vous préparerez un guet-apens, continua-t-elle ignorant le commentaire. Vous agirez à mon signal. Des questions? demanda-t-elle en regardant fixement le sergent droit dans les yeux.
- Non, madame.
- Bien. Je dois vous mettre en garde cependant: ne sous-estimez pas nos ennemis. Allez, en position!"

Le groupe partit à toute allure. Renée les regarda un instant, puis sortit son cellulaire de sa poche. Elle composa le numéro de la centrale, et accola l'appareil à son oreille.


Renée les regarda un instant, puis sortit son cellulaire de sa poche

"Département Est de la GRC, j'écoute.
- Ici la générale Walker, code source Oscar Sept Deux Tango Neuf Roger. Passez-moi Antoine immédiatement.
- Bien reçu madame.

L'attente ne pris pas 10 secondes.

- Si ce n'est pas la reine des stratégies douteuses qui appelle!
- Antoine, arrête ce petit jeu, c'est sérieux!
- No prob', miss. J'essayais juste de calmer ma sœur, sur l'autre ligne, elle qui est en dépression depuis que son mari l'a abandonné, la laissant seule avec son fils...
- J'en ai rien à foutre de vos problèmes familiaux. On a un problème!
- Qu'est-ce que vous voulez?
- Je veux un visuel. Maintenant."

___

Simon, Auriny et Rémiro s'étaient maintenant embarrés dans le vestiaire des hommes. Heureusement, c'était vide. Rémiro avait poussé les casiers devant la porte.

"Kesskonfait-kesskonfait-kesskonfait??!! s'affolait Simon. Ils vont nous tuer!
- Oui, on sait! lança Auriny, légèrement fatiguée d'entendre ce nabot se plaindre.
- On a juste à sortir, c'est simple, proposa Rémiro.
- Je te ferais remarquer, petit génie, qu'il n'y a pas de sortie! s'énerva l'adolescente. On est coincés! Dès qu'ils passeront la porte, nous serons cuits!"

Simon s'était caché sous le lavabo, et Auriny faisait les cent pas derrière Rémiro qui regardait la porte d'un air absent. Ses pupilles étaient revenues, mais pas son iris. Le iop était maintenant tout à fait réveillé.

"C'est normal qu'ils ont arrêté de cogner? demanda à tout hasard le garçon.
- Non, et est-ce que tu peux me laisser me concentrer pour pouvoir nous sortir de ce pétrin?! répliqua sèchement son amie.
- Pff, ce que tu peux être irritable."

Mais Auriny avait peur. Tellement, qu'elle ne le laissait plus paraître. Son niveau de stress avait atteint son paroxysme. Elle suait et se grattait le crâne à tout allure.

"On n'aura pas de chance deux fois de suite, se dit-elle tout haut. Il faut vite trouver une solution.
- Et si ton copain refaisait une deuxième fois son tour de force? suggéra Simon, encore accroupi.
- C'est trop serré. Je ne peux pas me battre ici, rétorqua Rémiro. Il faudrait être à l'extérieur.

Des pas se firent entendre derrière la porte.

- Vite! Réfléchi, Auriny, réfléchi! se chicana l'eniripsa.

Elle se tourna vers son copain.

- Rémiro!
- Oui?
- À l'évidence, c'est toi le guerrier ici, alors réfléchis bon sang de bon dieu!
- Réfléchir?
- Oui, tu sais, la chose que l'école essaie en vain de t'enseigner depuis 10 ans? Grouille!"

Rémiro fouilla dans ses souvenirs. Il faisait parti de l'équipe de football du collège depuis deux ans. Il se mit à rêver, oubliant tout autour de lui. Il se souvint de la fois où il avait défoncé toute l'équipe adverse d'une seule main, réussissant un touchdown incroyable. Ah, que de bons souvenirs...

"Rémiro!"

La voix d'Auriny le ramena à la réalité. Le mur avait tremblé, secoué par un choc d'une puissance phénoménale. C'était l'un des murs les plus solides de l'école, et il craquait! Puis, un deuxième coup. Les fissurent étaient maintenant plus grandes. Simon se décida de s'approcher pour regarder. Il n'eut le temps de voir qu'une fulgurante lumière verte sortir de l'arc de la crâ.

"Attention!" cria Auriny en le tirant vers l’arrière.

L'instant d'après, le mur s'écroula dans un amas de poussières. Une épaisse fumée laissait transparaître l'ouverture. Affolée, l'eniripsa se tourna vers le iop.

"Rémiro, trouve une idée, vite! Utilise un peu ta tête, pour une fois!"

Ce dernier se propulsa alors sur le mur de droite, et, à la surprise de tous, le défonça d'un énorme coup de boule.

___

"Et voilà! Vite fait bien fait!"

La crâ jubilait. Elle n'avait pas eu beaucoup d'occasions d'utiliser ses nouvelles techniques, et appréciait pouvoir se donner un peu à la tâche.

"Rien ne vaut trois flèches destructrices pour trouer un mur, hein Jack?
- Bof bof, de répondre bêtement l'enutrof. La technique des cartes des deux ecaflips était plus efficace...
- Et tu n'as encore rien vu, vieux crapaud sénile! fulmina Èvanovich. Ne t'avise pas à te payer de ma tête..."

Le mur de débris de poussière retombait lentement. La pièce n'était pas encore complètement visible. Jack avait défusionné de son phorreur, faute d'ennemi à frapper, et se tenait prêt à l'action, la carabine bien chargée.

"On entre? demanda-t-il avec empressement.
- Si tu veux te ramasser une table sur la tronche comme l'autre idiot, ne te gène pas! répondit la crâ. J’attends justement après eux, ce qu'ils peuvent être lents... De toutes façons, ces enfant n'ont pas d'issue.
- Je t'ai entendu lui parler, à la femme, déclara l'enutrof. Pourquoi l'as-tu appelée Mia? Je croyais qu'ils s’appelaient Pile et Face?
- C'est des noms de code, triple andouille! Le gars, c'est Alzé, et sa sœur, c'est Mia. C'est vraiment ridicule d'avoir cru que Pile et Face étaient leur vrai nom...
- C'est bon, t'emballe pas..."

Des pas se firent entendre derrière eux. Les ecaflips arrivaient en bondissant. Èvanovich sourit. La poussière avait disparue. La salle était vide.

"Où sont-ils passés?"

Jack entra le premier. Il remarqua le trou dans le mur.

"Ils se sont enfuis par là!

La crâ se tourna vers les homme-félins.

- Ne les laissez pas s'échapper! Arrêtez-les, et attendez qu'on arrive.
- D'accord.
- Et ne vous laissez pas surprendre cette fois-ci!"

Les ecaflips se précipitèrent dans l'ouverture. Jack s'apprêtait à les suivre, mais Èvanovich l'arrêta.

"Attend. J'ai à te parler.

L'enutrof se plaça pour l'écouter.

- Tu sais pourquoi Gendiki n'est pas là? demanda-t-elle.
- Gendiki? Le sacrieur? Il n'était pas en prison?
- Non, Wayh l'a réengagé après qu'il se soit enfui. Je trouve étrange que l'on n'entende pas parler de lui.
- Tu penses à quoi?
- On nous cache quelque chose, chuchota la crâ. Wayh ne nous dit pas tout.
- Tu veux qu'on se mesure à Wayh? s'écria soudain Jack, troublé.
- Non, je veux juste ton appui quand le temps sera venu. D'accord?
- ... D'accord."


"Je veux juste ton appui quand le temps sera venu. D'accord?" "... D'accord."

De sous sa cape, la crâ sortit des mécanismes étranges, et commença à les assembler devant le regard incrédule de son coéquipier.

"Tu fais quoi, là?
- Je prépare mes balises."

Chapitre 12
Charabia et incompréhension


"Il faut se cacher dans la forêt!"

Les trois jeunes couraient à toute allure sur le terrain du collège. Leurs pas résonnaient sur l'asphalte, et ils étaient épuisés. Mais, l'adrénaline aidant, ils maintenaient leur cadence endiablée.

"Attention!"

Ils stoppèrent brusquement. Alzé venait d'apparaitre devant eux, un sourire aux lèvres, les bras croisés.

"Quelle vitesse... murmura Auriny.
- Tu trouves?" commenta Rémiro.

Il fixa les yeux de l'ecaflip. Celui-ci ne réagissait pas, son sourire machiavélique toujours gravé sur son visage. Il y avait quelque chose de louche dans ce regard...

"Chlack!"

D'un mouvement brusque, sans tourner la tête, le iop attrapa en plein vol un projectile lancé par Mia derrière lui. Une dame de cœur s'était figée entre ses deux doigts. Il écarquilla les yeux d'étonnements.


D'un mouvement brusque, le iop attrapa en plein vol un projectile lancé par Mia derrière lui

"Co... comment t'as fait ça? demanda son amie.
- Je... je ne sais pas... balbutia Rémiro en fixant la carte. Un réflexe sans doute."

Il tourna son regard vers l'ecaflip. Elle semblait aussi surprise que lui, les yeux ronds et son bras figé dans son mouvement. Alzé marmonna.

"On n'a pas de chance que ce iop se soit réveillé... se dit-il. Et il a l'air puissant en plus...

Sans attendre plus longtemps, il sortit quatre cartes de sa poche. Auriny n'eut le temps que de voir les quatre projectiles mortels se diriger vers elle.

"Aaaaaaahhh!" cria-t-elle de peur.

Elle ferma les yeux, s'attendant à se faire découper en morceaux. Mais la douleur attendue ne vint jamais. Elle attendit une seconde, puis deux. Puis, voyant que rien ne se passait, elle entreprit d'entrouvrir une paupière. Surprise du spectacle qui s'offrait à elle, elle ouvrit d'un coup ses yeux complètement.

"Oh, mon dieu...

Auriny flottait dans le vide, à quelques mètres de hauteur des deux garçons qui la regardaient sans rien comprendre.

- Auriny... tu as des ailes! remarqua Rémiro.
- Quoi?"

L'eniripsa regarda dans son dos. Deux ailes translucides la permettaient de se soutenir dans les airs.

- Une eniripsa? s'exclama Mia. C'est quoi cette blague? Je croyais qu'on chassait des enfants normaux!
- Ce n'est pas le moment de se plaindre, lui cria Alzé. Il aurait fallu s'y attendre, Wayh ne nous aurait jamais envoyé tuer des jeunes humains. Et ils restent très inférieurs à nous."

L'ecaflip se concentra, collant ses poings l'un dans l'autre, les deux index levés vers le ciel. Une lumière bleue s'échappa de ses yeux pendant une seconde. Devant lui se forma une sorte de créature, une petite méduse transparente qui avait, à la place des tentacules, trois crocs menaçants. L'ecaflip tendit le bras vers l'avant, et propulsa la bête.

"Goûte un peu à ma pupuce, sale tête de iop!"

Rémiro avait encore les yeux rivés sur son amie, et était perdu dans ses pensées. Mais cette dernière vit tout arriver. Son sang ne fit qu'un tour. Se propulsant de toutes ses forces, elle happa son ami au moment où la pupuce passait, et le souleva dans les airs. La créature continua son chemin, et agrippa sur le bras de Simon. Ce dernier senti une douleur fulgurante lui traverser le corps.

"Aargh!!! cria-t-il, se pliant sur le sol.

Il essayait en vain d'enlever le parasite des on corps, mais le mal était trop grand, et il continuait à geindre de plus belle. Auriny et Rémiro regardaient du ciel, impuissants. L'ecaflip sortit un couteau, et s'approcha de l'élève agonisant. Il agrippa solidement ses cheveux, et souleva son arme pour l'achever.

"Tu salueras ton dieu de ma part" grimaça-t-il méchamment.

Juste alors où il allait déposer l'acte, une flèche venue de nulle part lui traversa la main.

___

"Alors, Antoine, tu te dépêches?
- Les mini-robots se positionnent... C'est bon!"

L'agente Walker avait toujours le cellulaire à son oreille, et les yeux fixés sur le collège. Elle avait entendu une explosion, comme un mur qui se détruisait, et s'impatientait, craignant d'agir trop tard.

"Tu les vois? demanda-t-elle. Ils sont où?
- Ils viennent tout juste de sortir du collège vers ta droite. Ils sont trois à s'être fait coincer...
- Résume-moi en vitesse la situation.
- Attend, je zoom et consulte la mémoire...

L'attente ne pris que quelques secondes, mais pour Renée, qui s'inquiétait à en mourir, ça sembla durer une éternité.

- Voilà, j'y suis! s'exclama la voix de l'autre côté du combiné.
- Et?
- Les enfants sont sortis en premier, suivis de près par deux ecaflips...
- Tu en es sûr?
- Je confirme, une femme et un homme.
- Alzé et Mia... murmura l'agente de la GRC.
- De toute évidence, le roux est un iop, et la fille une eniripsa.
- Les enfants de Tryma et Eowendas! C'est donc pour ça...
- L'autre, je sais pas.
- Abrège, abrège!
- Ben, l'ecaflip allait tuer ce dernier quand la crâ, qui viens tout juste de sortir, lui a tiré dessus...
- Une crâ? Tu en es certain?
- Ça correspond à la définition que tu m'as donné, en tout cas."

Renée Walker se mordit les doigts. Elle ne connaissait qu'une seule crâ encore en vie sur cette Terre: Èvanovich. Mais elle était partie en mission en Russie il y avait de cela 10 ans. De toute évidence, elle était de retour. Wayh ne faisait pas les choses à moitié...

"Mais... Madame, on a une double entrée! s'écria Antoine, la libérant de ses pensées.
- Quoi?
- Quelqu'un s'est ajusté à notre fréquence et suit toute notre conversation.
- Vous pouvez le retracer?
- Oui madame, sans problème. J'ai déjà trouvé: notre individu se trouve dans une Honda Civic noire, à une centaine de kilomètres d'ici, se dirigeant vers la ville. Il transmet la fréquence à un récepteur, qui se trouve...

Il hésita.

- Où? demanda Renée.
- Juste derrière vous."

Elle se retourna d'un bond. Un homme accoutré d'un chapeau et d'un imperméable gris-beige la regardait.

"Odo?" dit-elle, surprise.

Le détective l'ignora totalement. Il prenait des notes dans son petit carnet, et avait le sourire de quelqu'un qui venait d'attraper une grosse prise.

"Qu'est-ce que tu fais là? demanda sévèrement l'agente, maintenant remise de sa surprise.
- J'aimerais que tu me dises ce qu'est qu'un (et je cite) iop, eniripsa, ecaflip et crâ, répondit-il en la dévisageant.
- Quand les poules auront des dents! affirma-t-elle en se retournant, remettant l'appareil à son oreille.
- C'était qui? demanda Antoine.
- Fumio... grommela Renée.
- Odo Fumio? Mais qu'est-ce qu'il fout ici?
- Concentre-toi sur ta tâche. Qu'est-ce qui se passe? Ils sont vivants?
- Oui, pour l'instant. Un enutrof a suivi la crâ.
- Bon, avec Jack, le groupe est complet. Wayh est là?
- Le xélor? non.
- Enutrof, xélor...
- Ta gueule Odo!
- Je fais ce que je veux, Renée!


"C'était qui?" "Fumio..." "Odo Fumio? Mais qu'est-ce qu'il fout ici?"

Cette dernière soupira.

- Bon, j'y vais. J'envoie le signal à mon équipe."

Elle ferma son cellulaire, et se mit à courir vers la zone où se déroulait l'action. Elle ne put donc pas entendre Antoine s'affoler de l'autre bout du fil.

"Attend Renée! Le xélor!"

Mais seul le détective entendit l'avertissement. Il regarda l'endroit d'où avait disparue Walker. En fronçant un sourcil, il sortit un pistolet de son pardessus, et le chargea.

Renée allait devoir l'écouter, qu'elle le veuille ou non.

Chapitre 13
Le cadran de Wayh


L'ecaflip grimaça. Il arracha d'un coup sec la flèche de sa paume et la jeta sur le sol. Simon était tombé par terre, évanouis. Alzé afficha un air de reproche à la crâ.

"Pourquoi t'as fait ça? demanda-t-il.

Il entendit un bruissement derrière lui.

- Si tu touches encore à un seul cheveu de mon fils, je te troue la tête, dit l'enutrof, le canon de sa carabine pointé vers Alzé.
- Relaxe, Jack! C'était ça les ordres!
- Les ordres étaient de nous attendre, le coupa la crâ. On doit encore les interroger..."

Un coup de feu se fit entendre, puis un autre. Surpris, les sbires se retournèrent. Les hommes de Renée sortaient du bois et se dirigeaient vers eux sous le couvert de tirs fréquents. Ils ralentirent la cadence, pour mieux viser. Ils ne devaient pas blesser les enfants. Les ecaflips, la crâ et l'enutrof n'eurent plus d'autre choix que de se cacher derrière des rochers. Les balles criblaient autour d'eux. Èvanovich se prépara à utiliser sa balise.

Le plus grand des agents fit un signe de la main. Deux du groupe se détachèrent, et se mirent à courir vers l'avant. Ils n'avaient pas fait dix pas qu'ils furent arrêtés. Un vent glacial sortit de nulle part et les souleva du sol, devant les airs effarés de leurs coéquipiers. Sans qu'ils n'aient eu le temps de réagir, ils furent projetés par une force invisible plusieurs mètres derrière eux, s’embrochant sur des branches. Les autres agents sentirent avec horreur le sol trembler sous eux, puis se fissurer. Tout le ciment tremblait, et les craquelures se faisaient de plus en plus grandes.

Soudain, sans que personne ne s'y attendit, un pic métallique étrange sortit du sol, et atteignit une hauteur de presque quatre mètres. La soudaine apparition semblait être une tour, parsemée de glyphes qui bougeaient dans tous les sens au niveau du sol dans un rythme irrégulier qui les hypnotisa une seconde. Ensuite, les hommes prirent peur et tentèrent de s'enfuir. Il eut un mouvement rapide, puis l'un d'entre eux se retrouva projeté en arrière. Trois s'écroulèrent sans aucun signe. Un autre se fit transpercer par ce qui semblait être une aiguille géante. Les autres, qui avaient réussis à s'enfuir, se retrouvèrent gelés sur place.

La crâ et l'enutrof se levèrent, surpris par ce revirement de situation. Une voix grave et menaçante se fit entendre derrière eux.

"Je crois qu'il y a certaines choses que vous n'avez pas compris."

Devant Jack et Èvanovich se matérialisa une sorte de robot qui possédait un pendule. Ils sentirent avec effroi leurs corps se figer, bloqués par le sinistro.

"C'est MOI qui commande ici" leur dit sèchement Wayh.

___

Rémiro et Auriny flottaient toujours dans les airs. Le iop sentit qu'il devait agir. De toute façon, son amie peinait à maintenir sa hauteur.

"Lâche-moi! cria-t-il.
- Ça ira?
- Oui!"

L'adolescent atterrit sur le sol, et bondit d'un saut vers le nouvel arrivant. Peu lui importait le nombre, il sentait qu'il pouvait tous les vaincre. C'est alors qu'un coup de pied bien placé le fit valser vers une clôture, qu'il défonça de son poids. Il se releva d'un élan, et se craqua les jointures.

"Tu ne me fais pas peur! lança-t-il à l'ecaflip qui se positionnait en position de défense.

Rémiro se propulsa vers lui et fit pleuvoir des coup de poings d'une puissance déstabilisante. Alzé tentait tant bien que mal de riposter, mais jamais il n'avait vu autant de ferveur dans un combattant. Il ne pouvait que reculer en évitant avec grand peine cette rafale qui ne semblait pas se finir.


Alzé tentait tant bien que mal de riposter, mais jamais il n'avait vu autant de ferveur dans un combattant

Auriny restait un peu à distance, priant silencieusement pour que tout aille bien pour son ami.

"Alors, petite eniripsa, on m'oublie?

D'un mouvement brusque, la fille sortit de sa poche sa baguette Range et la pointa sur Mia à bout de bras.

- Ne... ne bouge pas! balbutia-t-elle.
- Tu ne sais même pas t'en servir, ricana l'ecaflip.
- C'est... c'est pas vrai!"

Elle essayait d'arrêter de trembler, mais c'était plus fort qu'elle. Elle savait que son adversaire avait raison. Auriny ne trouvait même plus l'énergie pour s'enfuir.

"Évite ça voir!" cria l'ecaflip en lançant trois cartes devant elle.

Les bouts de papier mortels fusèrent dans l'air et, tournant sur eux-même, se dirigèrent vers le visage de l'eniripsa. Soudain, un rayon de lumière les éblouis toutes les deux. Les cartes s'écrasèrent sur le sol, comme s'ils avaient été bloqués par un mur invisible, laissant l'adolescente indemne.

"Ah, non, ça c'est pas juste!" se plaignit Mia.

Renée Walker se plaça entre les deux adversaires, face à l'ecaflip. Elle portait un gros bracelet mécanique le long de son bras droit.

"Salut Mia. Tu te souviens de moi?"

___

"Jack, je t'avais pourtant demandé l'élimination de ces enfants!"

L'enutrof était figé sur place, maintenu en l'air par la main invisible de Wayh. Il marmonna avec difficultés.

"C'est que... l'un d'eux est mon fils...
- Keuf! Je t'avais bien dit que ce marmot serait un obstacle!

Le xélor se tourna vers Èvanovich, qui se trouvait dans la même situation précaire que Jack.

- Et toi, la crâ rebelle, tu as toi aussi une bonne excuse? demanda-t-il.
- Je ne sais pas de quoi vous parlez, répondit la femme en levant le menton.
- Ne mens pas!"

La crâ reçu un coup violent dans le visage, et s'écroula par terre. Ravalant sa fierté, elle se releva, le nez en sang.

"Je suis désolée, maître. Ça ne se reproduira plus, murmura Èvanovich, s'inclinant sur un genou.
- Ça, je n'en suis pas sûr! affirma furieusement Wayh.

Il se tourna dans la direction où se battaient les deux ecaflips. Ces derniers semblaient en mauvaise posture face à leurs adversaires respectifs.

"C'est pas Renée Walker, là-bas?
- Il semblerait, répondit Jack.
- Si vous le permettez, maître, nous pouvons retourner finir notre mission en les tuant tous, incluant Walker.
- Ça ne sera pas nécessaire, répondit Wayh en la faisant taire. Votre tâche est avortée."

___

Des éclairs verts fusaient du bracelet de Renée en direction de l'ecaflip. Cette dernière les évitaient agilement, tentant de temps en temps de frapper sa rivale, toujours protégée par un bouclier invisible. Elle bougeait de gauche à droite, faisant plusieurs fois le tour de l'agente et de l'eniripsa.


Cette dernière les évitaient agilement, tentant de temps en temps de frapper sa rivale, toujours protégée par un bouclier invisible

"Enlève ton armure, Walker! Le combat n'en sera que plus court!
- Ah, tu es pressée? À ton aise!"

La policière lança un autre rayon vert. Mia sauta pour l'éviter. D'un mouvement brusque, Renée actionna un bouton sur son étrange bracelet. Sous les pieds de l'ecaflip apparurent une série de glyphes, qui s'enflammèrent dès son contact sur le sol. Une violente explosion retentit, et la femme-chat s'effondra dans l'herbe, un peu plus loin.

"Ça va? demanda la femme à Auriny.
- Ou... oui...

À une légère distance d'eux, une ombre rapide attira son attention.

- Mais qu'est-ce que...?"

Bryan, du haut de sa stature de secondaire 3, courait, avec un javelot dans la main droite, le bras levé au ciel, tel un athlète olympique du temps d’Athènes avec une lance. Renée, Auriny, Wayh, Mia, Èvanovich et Jack restèrent sur l'instant pantois, regardant sans réagir l’élève qui courait comme un demeuré au milieu du terrain. L'adolescent n'attendait que cette opportunité. Il prit un élan, et souleva à deux mains son arme improvisée.

"Aaaahh!!! cria-t-il de toutes ses forces.

Le javelot se planta dans le cadran, le traversant de bord en bord.

___

Les instants d'après furent des plus chaotiques pour Rémiro, qui était encore en plein combat quand il reçu un violent coup derrière le crâne. Il tomba sur le ciment, ne sentant plus ses membres. Un brouillard envahi sa vision, et des formes étranges bougeaient devant ses yeux. Des cris, puis des pas de course. Il ne put pas savoir il ne resta comme ça. Des secondes? Des minutes?

Une immense lumière blanche, et il sentit ses forces lui revenir. Au-dessus de lui se tenait une femme, avec des lunettes rondes, qu'il n'avait jamais vue. Cette étrangère tendit sa main vers lui, et afficha un large sourire.

"Bonjour Rémiro. Je m'appelle Renée Walker, et je suis une féca."

Chapitre 14
Mais c'est quoi le rapport avec l'effet papillon?


Les policiers couraient d'un bord à l'autre, inspectant les différents recoins s'il n'y avait plus de danger. Des volontaires ramassaient les corps de leurs coéquipiers, morts d'attaques qui pour tous étaient d'origine inconnue. Bref, ils étaient sur le branle-bas de combat.

"Mais le combat est terminé! commenta Rémiro.
- Ça, c'est sûrement la chose la plus intelligente que tu aies dit dans ta vie, hocha Renée Walker en regardant ostensiblement les policiers se démener.

Le iop se releva péniblement, sa douleur à la tête se faisant encore sentir.

- On dirait que je sort d'un mauvais rêve...
- Pas étonnant, renchérit la féca. Tu as failli y rester. C'est un coup de chance que tu aies comme meilleure amie une eniripsa.
- Ça va? demanda Auriny.
- Oui oui... répondit l'adolescent. Que s'est-il passé?
- Tu sais ce qu'est que l'effet papillon?

Rémiro fit non de la tête.

- Évidemment, puisque je parles à un iop, dit l'agente en levant les yeux au ciel. Expliquons cela autrement. Quand l'espèce de gamin s'est mis à courir avec son javelot...
- C'est Bryan son nom, précisa Auriny.
- Tu le connaissais? s'exclama Renée.
- Ne faites pas attention à elle, rétorqua Rémiro. Auriny connait le nom de tout le monde dans l'école.
- ... Hum... Oui, bon, ce que je voulais dire, c'est que j'ai été, même encore maintenant, très surprise et intriguée par ce qu'il a fait. C'est comme si il avait deviné que le cadran était relié à Wayh... Même moi je ne savais pas!
- Wayh, c'est le xélor? demanda Auriny.
- Oui. Alors..."

Elle s'interrompit. Lentement, elle se tourna vers l'adolescente.

"Tu as dit quoi?
- Que c'était un xélor.
- Comment connais-tu ce mot?
- Je l'ai lu, c'est tout!"


"Comment connais-tu ce mot?" "Je l'ai lu, c'est tout!"

Elle ne voulait pas dire, du moins pas encore, qu'elle avait lu cette description sur la feuille sortit de son carnet. Renée la regarda d'une manière circonspecte, puis se retourna vers Rémiro.

"Donc cette... créature a été blessée? demanda ce dernier.
- Dans un sens oui, confirma l'agente fédérale. Il s'est vu obligé de relâcher tous ses sorts d'un coup, son cadran et son sinistro.
- Dekèssé?
- Laisse tomber. Il n'était peut-être pas très atteint, mais il était déstabilisé. Assez pour qu'Odo arrive faire son spectacle...
- Kisséssa?
- Le détective qui est venu nous voir à l'hôpital, l'éclaira Auriny.
- L'idiot a tiré sur Wayh, puis s'est fait projeter sur un mur. Heureusement pour lui, rien de grave.
- Et il est où là?
- Après avoir soutenu dur comme fer qu'il m'avait sauvé la vie, il a voulu m'interroger, tel un journaliste dopé au glucose. Je l'ai envoyé promener.
- Il vous a vraiment sauvé?
- Ben... À ce moment, le xélor a commandé une retraite générale. Mia t'a frappé par derrière, ils t'ont martelé de coups... Puis, ils se sont enfuis à l'arrivé des autres forces de police.

Le iop regarda à gauche et à droite.

- Et où est Bryan? Après tout, c'est un peu grâce à lui si on s'en est si bien sorti!"

La féca baissa les yeux. Elle se sentait embarrassée, et n'osait pas répondre tout de suite. C'est l'eniripsa qui prit la parole, rompant le silence.

"Bryan, après s'être débattu de toutes ses forces, s'est fait kidnapper par Wayh et ses acolytes."

___

Auriny, Rémiro et Simon étaient assis dans la banquette arrière de la voiture de Renée. Cette dernière conduisait rapidement sur l'autoroute, jetant des coups d’œil en arrière de temps en temps. Les adolescents avaient besoin de temps pour bien se familiariser avec la situation, et c'était bien normal. Surtout Simon, qui, recroquevillé sur lui-même, ne pouvait s'empêcher d'échapper quelques larmes.

"Pourquoi mon père a fait ça?"

Il avait appris pour la mort des parents de ses amis, et savait que son père était l'assassin. Jamais il n'aurait pu imaginer un jour que son paternel aurait fait une chose pareille. Renée tenta de le consoler.

"Jack était quelqu'un de bien. Et il t'aime plus que tout au monde, Simon. Il serait prêt à donner sa vie pour toi.
- Vous le connaissiez?

L'agente Walker prit une pause, cherchant bien ses mots.

- Écoute, mon garçon, tu dois savoir que nous ne sommes pas vraiment... humains...
- Mais alors, qui sommes-nous? demanda avec force Auriny.
- Je vais pouvoir répondre à tes questions plus tard. Pour l'instant, ce que vous devez savoir, c'est que nous formions un groupe, un conseil d'une dizaine de personnes. Vos parents en faisaient partie. Ton père aussi, Simon. Jusqu'à ce qu'il rencontre ta mère. Il est parti en Alabama avec ton oncle, et on ne l'a plus revu. Il est un enutrof, ce qui fait de toi un demi-enutrof.
- C'est quoi un enutrof? demanda le garçon.

Auriny s'interposa, un sourire malin aux lèvres.

- Regarde Simon! Y'a plein de monnaie sous ton siège!
- Quoi?!"

Le jeune enutrof se jeta sur le sol, oubliant toutes les consignes de sécurité, et fouilla ardemment sous le dossier. À sa grande déception, il n'y avait rien.

"Un enutrof, c'est ça! ricana l'eniripsa.
- Cultivée la petite, commenta Renée. Je suppose que tu l'as lu, ça aussi?
- Oui! souri Auriny, fière.
- Et tu ne veux pas me dire où tu as reçu ces informations?
- Pas avant que vous nous disiez ce que nous sommes!
- Maligne en plus... Tu me fais penser à Odo. Bon, on en reparlera plus tard, j'ai un coup de fil à passer."

Toujours en tenant le volant à une main, la féca ouvrit son cellulaire. Elle composa le numéro de la cellule de la GRC.


Toujours en tenant le volant à une main, la féca ouvrit son cellulaire. Elle composa le numéro de la cellule de la GRC

"Antoine?
- Renée! cria une voix de l'autre côté de l'appareil. T'as vraiment assuré! On se serait cru dans un film!
- Ça t'amuse de me regarder me battre?
- Tu me referas le coup du bouclier, hein, hein? Devant moi? S'teu-plaaîît...
- Antoine! C'est sérieux!
- Même pas le droit de s'amuser un peu...

Renée Walker fronça un sourcil. Son collègue et ami ne changera à l'évidence jamais.

- Tu dois avertir la mère de Simon qu'il restera, pour sa sécurité, auprès de moi, dit-elle d'un ton autoritaire. Avertis aussi l'hôpital que j'ai trouvé un foyer d'accueil pour les deux orphelins Auriny et Rémiro. Ils viendront vivre chez moi, j'ai quelques petites choses à leur apprendre.
- Tu es sûre qu'ils vont y croire autant que moi?
- Ils le seront bien obligés. Toi, l'homo sapiens, tu y as crû assez facilement.
- Homo sapiens SAPIENS, corrigea Antoine. En passant, nous humains, sommes bien supérieurs à vous.
- C'est ça, c'est ça! rigola Renée. On se dirige vers la centrale. Est-ce que tout se passe bien de votre côté?
- Nos robots suivent sans relâche la voiture où se trouvent Bryan et ses kidnappeurs. Ils ne cessent de faire des détours, comme s'ils savaient qu'ils sont suivis.
- Ne les perdez pas d'une semelle.
- Oui miss, on s'y efforce.

Elle réfléchit un instant, puis continua.

- Une dernière chose: faites apporter Lily au département Est, elle doit y être quand nous arriverons.
- La sadida? Ok, ça sera fait.
- Merci Antoine."

Et elle ferma le cellulaire, coupant la communication. Aussitôt, Auriny, qui fulminait d'impatience à l'arrière, demanda:

"Lily? Lily Siméas? La soeur de Chloé Siméas?
- Oui, exactement.
- Comment va-t-elle? On n'a pas vu Chloé aujourd'hui. On s'inquiète pour elle.
- Auriny... Chloé est morte."
0 0
Score : 3315
Tu devrais mettre 1 chapitre à chaque fois on a pas le temps de tout lire et d'ailleurs jai fait le dessin jle posterais demain ou dans la soirée.
 
0 0
Score : 175

D'accord, je ne mettrai qu'un chapitre par jour à partir de maintenant ^^

0 0
Score : 797

La suiteuh !

0 0
Score : 175
Chapitre 15
Vitam Impedere Vero


"Quand tu m'avais dit abandonné, je ne m'attendais pas à ÇA!"

Odo Fumio se trouvait en face d'un immeuble délabré par le temps. Le ciel était gris, ce qui ne faisait qu'ajouter encore plus de morosité dans l'ambiance presque glauque de l'endroit. C'était quasiment un dépotoir, avec seulement 3 ou 4 appartements debout. Les rues étaient impraticables, le détective avait dû se déplacer à pied. Il n'y avait pas l'ombre d'un chat.

"Tu es sûr que c'est ici, Charles? demanda Fumio.
- J'était tout aussi surpris que vous pouvez l'être présentement, monsieur, répondit la voix dans l'oreillette. Mais c'est bien ci que Gendiki habite, je confirme.
- C'est assez lugubre...
- Vous êtes sûr que vous voulez y aller seul? On pourrait demander à la police pour nous aider à procéder à l'arrestation.
- Mon but n'est pas de l'arrêter, mais de l'interroger. La police ne sera qu'un obstacle. Je n'ai pas vraiment le choix: ça fait des années que je suis à la recherche de la vérité, et juste quand j'aurais pu trouver réponses à mes questions, il y a Renée qui s'interpose et m'empêche de questionner les jeunes.
- Toujours pas de chance avec cette femme? J'ai toujours trouvé que le sexe féminin était plein de mystères...
- Et celle-là plus que tout! confirma Odo. Il ne me reste plus qu'à aller interroger ce sois-disant mort de Gendiki.
- Bonne chance monsieur, lui souhaita Charles.
- Vous, reposez-vous. Ça fait deux jours que vous ne dormez pas. Vous avez bien travaillé.
- Bien monsieur.
- Et cessez de m'appeler monsieur, à la fin!
- D'accord monsieur. Je m'y efforcerai, monsieur. C'est vous qui décidez, monsieur."

Et il raccrocha. L'inspecteur rangea son appareil, et sortit son pistolet.

"Mais il fait exprès ou quoi?"

D'un pas décidé, il se dirigea vers le bâtiment, l'arme au poing.

___

"Police! Plus un geste!"

Défonçant la porte d'un coup de pied, Fumio entra en trombe dans l'appartement, le doigt pressé sur la détente de son revolver, prêt à faire feu à tout moment. Il regarda rapidement autour de lui. Personne. Il baissa alors sa garde, et souffla un peu. Le détective avança lentement, et se heurta soudain à un petit objet qui était accroché au plafond. Il regarda de plus près. C'était un crucifix.

À sa grande surprise, il remarqua que la pièce était parsemée de crucifix Son cœur fit un bond. Il y en avait partout, sur les murs comme sur le plafond. Jamais Odo Fumio n'en avait vu autant au même endroit, même dans une église! "Brr... Pas très sain comme environnement..." pensa-t-il.

Il entreprit donc d'explorer la pièce à la loupe. Sans compter les croix, c'était un endroit tout à fait normal. Enfin, normal pour quelqu'un qui n'aime pas se ramasser. Le plancher était empli de déchets, de vêtements sales et d'autres cochonneries inutiles. Une vrai porcherie! Gendiki ne devait pas faire le ménage souvent! Le détective continua son inspection, retournant de temps en temps des objets, et en en évitant certains. Il manqua de trébucher plus d'une fois.

Odo entra ensuite dans ce qui semblait être le salon. L'endroit était légèrement plus ordonné. Il y avait un foyer sur le mur sud de la pièce, qui eût tôt fait d'attirer son attention. Sur l'étagère se trouvaient une série de photos, encadrés par des cadres faits à la main. Des bouquets de fleurs étaient disposés autours de ces photographies. Intrigué, l'inspecteur examina les photos. Sur l'une d'elles, on pouvait voir Gendiki, qui passait son bras derrière l'épaule d'une jeune femme, qui portait un immense tissus qui lui servait de masque. Elle portait un habit... assez rustique, avec des têtes de mort un peu sur tous les morceaux de vêtement. Sur toutes les photos, cette femme mystérieuse apparaissait. De toute évidence, elle devait être très proche de Gendiki.


Sur toutes les photos, cette femme mystérieuse apparaissait

L'inspecteur Fumio se retourna. Sur les sofas, des dizaines d'enveloppes blanches s'entassaient les unes sur les autres. "Des courriers non-envoyés" se dit-il. Il s'empressa de lire le nom du destinataire. "Isaure Dhaliwal, lu-t-il. Sûrement la dame sur les photos. Mais qu'est-ce qu'il peut bien vouloir lui envoyer...?" Il déchira délicatement l'enveloppe. Comme il s'apprêtait à lire la lettre, une voix se fit entendre dans son dos.

"Qu'est-ce que vous faites chez moi?"

Par réflexe, Odo se tourna, le canon de son pistolet pointé sur celui qui venait d'entrer.

Du haut des escaliers, Gendiki le regardait, impassible.

___

Le sacrieur s'assit sur l'un des divans devant le foyer, ignorant totalement le détective, qui s'était distancé du criminel, le doigt toujours sur la détente. Il s'attendait à se faire agresser, mais Gendiki ne fit même pas mine de vouloir l'attaquer. Intrigué, Odo Fumio baissa son arme. L'homme devant lui ne deignait même pas de lui adresser un regard, les yeux fixés sur le foyer.

"Euh... Gendiki? demanda Fumio. Je viens pour...
- Tu es Odo Fumio, n'est-ce pas? Celui qui nous a envoyé en prison?

"C'est presque insultant" se dit l'inspecteur face à l'indifférence du sacrieur.

- Oui, c'est moi, répondit-il.
- Comment m'as-tu retrouvé?
- Eh, c'est moi qui pose les questions! cria Odo approchant son pistolet de la tête du criminel. Ne joue pas au plus fin avec moi!"

Gendiki soupira. De toute évidence, il n'avait ni envie de se battre, ni même d'essayer de s'enfuir. Odo Fumio continua:

"On m'a dit que tu étais mort suite à une rafale de mitrailleuse. Explique-toi!
- C'est pourtant simple, non? Je ne suis pas mort, c'est tout! C'est pas des petites balles qui peuvent venir à bout de moi!
- ... O-kay... Et tu es un quoi? Iop, enutrof, ou ecaflip? Crâ peut-être?"

Le sacrieur le regarda enfin. Il semblait surpris, et triste en même temps.

"Oublie ces mots. Arrête ton enquête, dit Gendiki en le regardant droit dans les yeux.
- C'est une blague?
- Je suis sérieux.
- Pourquoi je devrais te faire confiance, toi, un criminel endurci?
- Parce qu'à trop savoir, tu vas en mourir. C'est dangereux pour quelqu'un comme toi.
- La moitié de ma vie se résume à la recherche de la vérité, renchérit le détective. Le danger ne me fait pas peur.
- À ton aise.

L'inspecteur Fumio pointa les portraits.

- Je l'ai reconnu, cette fille. Isaure Dhaliwal faisait parti de votre groupe, un trio, à l'époque. Ça s'appelait la Rénégation, je me trompe? Dis-moi où elle se trouve en ce moment! Et ton autre acolyte, tout de suite!
- Isaure n'est plus de ce monde depuis presque 2 ans déjà."

Le détective ne sût quoi dire. Il était sous le choc devant cette nouvelle des plus inusitées.

"Mais... et les lettres?...
- Je n'ai pas le droit d'écrire pour mon bon plaisir?

Odo cherchait dans son regard et ses paroles un soupçon de mensonge, mais il dut bien vite se rendre à l'évidence: Gendiki ne mentait pas, et semblait même bouleversé.


Odo cherchait dans son regard et ses paroles un soupçon de mensonge

- C'était ma fiancée, Odo. Elle s'est fait égorger par derrière pendant notre évasion, mais ça, tu le savais, non?
- Je... j'avais oublié... Je suis désolé pour elle. Et l'autre?
- Une balle à la tête, ça ne pardonne pas, même pour Cyrano. Il a dû se désincarner sur les rochers en bas de la falaise...
- Désincarner?"

Gendiki se leva. Il regarda sévèrement le détective.

"Odo, j'ai beaucoup de respect pour toi. Mais depuis la mort d'Isaure, je ne suis plus le même. J'ai beaucoup de cœur, comme tu peux le voir. J'ai toujours considéré que sa mort était en partie de ta faute. Alors, s'il te plaît, va-t-en avant que je ne change d'avis et que je te tue.
- Mais...
- PARS!"

Fumio ne se le fit pas dire deux fois. Il rangea son arme, et s'inclina devant la requête de son hôte. Alors qu'il allait franchir le palier, la voix de Gendiki se fit à nouveau entendre.

"Attend.

Il avait parlé calmement, sans aucune colère dans le ton.

- Chez nous, son dieu l'aurait accueilli en héroïne, continua-t-il. Elle aurait vécu la vie qu'elle aurait toujours espérée, dans l'au-delà. Mais ici... ici, elle est une criminelle, Odo."

Ce dernier comprit, comme une lumière dans son esprit qui s'alluma. Il comprit pourquoi il y avait des crucifix partout. Il comprit la profondeur de la tristesse dans le regard du voyou, jadis si dur.

"Tu crois que votre dieu la pardonnera, Odo? demanda le sacrieur.
- J'en suis persuadé... répondit le détective.
- Merci, tu me rassures."

La porte se ferma, et Gendiki se retrouva seul. Une larme coula de son œil sans pupille.
0 0
Score : 797

La suiteuh !

0 0
Score : 175
Chapitre 16
Ultimatum crypté


Antoine trépignait sur place dans le hall d'entrée de la cellule de la GRC. Il affichait un air préoccupé. Son regard s'éclaira lorsqu'il vit la voiture se stationner à quelques mètres de lui. Il se précipita vers le véhicule.

"Renée!

La féca sortit prestement.

- Qu'est-ce qu'il y a, Antoine?
- On a un... petit problème..."

Simon fut le prochain à sortir, suivi de près par Auriny et Rémiro. Ce dernier toisa Antoine. Contrairement à ce qu'il avait imaginé, l'agent de liaison était jeune, des cheveux noirs bien peignés avec une touche d'ébourifferie. Il semblait très sympathique.

"On a perdu la voiture de Wayh... bredouilla Antoine.
- Quoi? Que s'est-il passé?! s'exclama Renée. Que sont devenus les robot-caméras?
- On a vu la crâ monter sur le toit de la voiture, celle-ci encore en marche, expliqua l'agent. À une vitesse inconcevable, elle a fabriqué une sorte d'arbalète géante, qu'elle a pointé sur la caméra...
- Mais c'est impossible! Les robots sont trop hauts pour être visibles, encore moins atteignables!
- Tu diras ça à Èvanovich. On a perdu tout contact avec les ravisseurs.
- Merde!"

Elle couru dans le bâtiment en direction de son bureau. Antoine la suivi d'un pas rapide, avec les adolescents dans son dos. Il les regarda avec curiosité.

"Je n'avais jamais vu un iop, une eniripsa et un enutrof de mes propres yeux. C'est cool!

Il souriait, et semblait beaucoup moins stressé que sa collègue.

- Lily est ici? demanda Auriny.
- Oui, elle nous attend dans le bureau de Walker. On s'y dirige."

Le département Est de la police fédérale était très impressionnant, et très grand. Des dizaines de corridors se croisaient partout, et une panoplie d'ingénieurs, d'informaticiens, de techniciens, et d'autres métiers spécialisés travaillaient sans relâche devant leurs écrans. La petite bande entra dans une vaste salle. Il y avait des ordinateurs partout, et des spécialistes qui pianotaient sur des claviers à très grande vitesse. Sur le plus grand mur de la pièce était installé un écran géant, comme au cinéma, que tout le monde pouvait voir. Des images satellites défilaient graduellement devant les yeux ébahis des enfants, qui ne comprenaient presque rien.

Située au-dessus de tous les postes de travail, un peu à l'arrière, le bureau de René Walker possédait des murs faits de vitres spéciales qui donnaient vue à tout l'endroit. Ils montèrent un escalier, puis entrèrent dans le large cubicule. Simon ne sentait pas à l'aise: il avait un peu le vertige, et tout voir sous lui lui donnait la nausée. Assis sur une chaise dans le fond, une petite fille aux cheveux verts jouait avec une petite poupée.

Rémiro s'adressa à Renée, qui était déjà en train de s’affairer à ses papiers.

"C'est Lily?
- Oui.
- Comment va-t-elle? demanda Auriny.
- On l'a retrouvée seule, devant chez elle. Elle dormait dans l'herbe, un sourire aux lèvres, comme si elle n'avait pas vu ce qui était arrivé au reste de sa famille.
- Comment a-t-elle survécu?
- Ça, on n'en sait rien. Lorsqu'elle s'est réveillée, elle n'a pas arrêté de dire qu'elle avait été sauvée par un certain Chelpot...
- Chelpot est gentil! C'est un gobgob! s'exclama la petite.
- C'est quoi un gobgob? demanda Rémiro.
- Ça doit venir de notre monde, mais... je n'en ai aucune idée.
- Notre monde?"


"Lorsqu'elle s'est réveillée, elle n'a pas arrêté de dire qu'elle avait été sauvée par un certain Chelpot..."

Auriny ne cachait pas son impatience. Elle voulait savoir, et vite!

- Regarde, petite, je ne sais pas si tu as remarqué, mais on est en pleine crise ici. Alors, patiente un peu, le temps qu'on retrouve Wayh et ses sbires, et du même coup Bryan!"

L'agente en chef était très énervée. Il était très important qu'elle retrouve la piste. Soudain, la porte s'ouvrit. Une femme, avec un écouteur dans l'oreille, venait d'entrer.

"Madame Walker! On a capté une fréquence cryptée qui semble nous être destinée! annonça-t-elle.
- Retourne à ton poste. Antoine! cria avec autorité Renée.
- Tout de suite!" répondit l'agent en se précipitant sur son laptop.

Il cliqua quelques boutons. Une série de codes incompréhensibles apparaissaient sur l'écran.

"C'est comme dans la Matrice!" remarqua Rémiro.

Antoine ignora le commentaire. Il restait inébranlable, tapotant rapidement, ouvrant et fermant des fenêtres. Tout d'un coup, il s'arrêta, et eu un mouvement de recul.

"Qu'est-ce qu'il y a? demanda Renée.
- C'est le xélor. Il veut vous parler."

___

"Ce message s'adresse à l'agente spéciale Renée Walker, et aux enfants qui l'accompagnent. N'essayez pas de me retrouver, j'ai déjà pris mes précautions à ce sujet."

Le silence s'était installé dans la pièce. Sur l'écran géant, le visage de Wayh apparaissait, floue et cachée derrière son masque. Il était impossible de lire ses émotions ou ses pensées. Renée fit un petit mouvement discret à Antoine, qui acquiesça d'un signe et se replongea dans son ordinateur portable. L'agente Walker se dirigea vers le micro.

"Wayh, espèce de salaud, vous avez intérêt à n'avoir rien fait à Bryan, sinon...
- Ah, c'est Bryan son nom? Ne t'inquiète pas, je l'ai simplement... endormis, si on peut dire. Mais je suis bien curieux de savoir la valeur de ta menace, puisque vous ne savez même pas où je suis.

Il ricana doucement.

- Vous ne pensez quand même pas croire que vous pouvez vous mesurer à moi! Je garde le jeune garçon en otage, ça vous servira de leçon!
- Qu'est-ce que tu veux, au juste? demanda Renée.
- Je veux les enfants, dit Wayh d'un ton neutre. Je veux que ces deux personnes me soient livrées d'ici 3 jours. Dans 3 jours, pas une minute de plus, je vous recontacterai, et vous me direz votre décision.
- Et si nous disions non?
- Alors, vous pouvez dire adieu à votre cher Bryan.
- Wayh, tu n'oserais pas..."

Le xélor se mit soudain à rire. Un rire démoniaque, inhumain, à vous faire remonter le sang dans les veines.

"Vous êtes si... facilement manipulables, vous, les défendeurs des principes vitalistes. Il y 7 milliards d'humains sur Terre, alors un de plus ou un de moins...
- Je ne vois pas pourquoi nous échangerions deux vies contre une seule!
- Renée, Renée... Je te croyais plus intelligente. Ce n'est pas à toi que s'adresse cet ultimatum, c'est à EUX."

Bien qu'on ne pouvait pas deviner où se dirigeait son regard, Auriny ressentit un malaise désagréable quand Wayh prononça ces mots. L'eniripsa était complètement déboussolée par l'effrayant message du xélor.

"Vous avez 72 heures." conclut-il.

L'écran devint noir. Rapide comme l'éclair, Renée se tourna vers Antoine.

"Alors?
- J'ai analysé les particularités de son brouilleur, dit l'agent, toujours à son clavier. Il s'agit d'un modèle assez répandu dans le domaine militaire, vendu par quelques firmes partout au pays. Ça va être galère de retrouver le bon endroit...


"Alors?" "J'ai analysé les particularités de son brouilleur"

La chef du département s’adressa aux autres agents.

- A-t-il parlé assez longtemps pour qu'on puisse le retracer?"

La question fut suivie d'une série de signes de tête négatifs. Seule une petite voix sortit du décor.

"J'ai... j'ai trouvé quelque chose, madame Walker!

C'était la femme qui les avait avertit un peu plus tôt.

- Quoi?
- En utilisant la fréquence satellite, j'ai pu retracer un peu le signal. Il se situerais environ dans un rayon de 23 kilomètres de l'île de Montréal.

Antoine hocha la tête.

- On va pouvoir rechercher intensivement dans ce périmètre.
- Parfait, s'exclama Renée. Tu es nouvelle ici, n'est-ce pas? demanda-t-elle à la femme.
- Oui.
- C'est quoi ton nom?
- Annabel.
- Agente Annabel, vous co-dirigerez la cellule pendant mon absence, avec Antoine.
- Tu vas où? questionna ce dernier.
- Chez moi.

Elle regarda périodiquement Rémiro, Auriny, Simon et Lily.

- Il est temps pour ces enfants de connaître leur histoire."
0 0
Score : 797

La suiteuh !

0 0
Score : 175
Chapitre 17
Des gentils, des méchants, une victime


Jack était toujours en train de faire fonctionner le brouilleur quand Wayh lui fit un geste signifiant de stopper. La machine se ferma dans un bruit mat.

"J'ai passé le message, dit Wayh. Ils vont devoir réagir, sinon je ne donne pas cher de la peau de ce garçon.
- C'est pas un peu beaucoup 72 heures? Ne risquent-ils pas de débusquer notre planque?
- Aucun risque. La machine qui permettra de retracer notre brouilleur n'a pas encore été inventé. D'aucune façon ils peuvent ne serait-ce trouver la région où l'on se trouve.
- Vous êtes confiants, maître... remarqua Jack. Vous pensez qu'ils vont répondre positivement et nous livrer les adolescents?
- Bien sûr que non, je ne suis pas bête!
- Qu'avez-vous prévu, alors, dans ce cas?
- Cette partie du plan ne concerne que moi et Gendiki.
- C'est le plan que vous nous avez caché depuis le début?"

Ça, c'était Èvanovich. La crâ venait d'entrer dans la pièce sombre et regardait d'un air accusateur le xélor. Elle continua:

"C'est comme si vous vous serviez de nous. On aurait dit que vous ne vouliez pas qu'ils meurent.
- Je t'interdis de me parler sur ce ton!

Wayh domina de toute sa hauteur l'archère, qui semblait petite et frêle à ses côtés.

- La seule raison pour laquelle je vous ai laissé la vie sauve, à tous les deux, c'est que le plan s'était déroulé comme je le voulais.
- Vous ne vouliez pas qu'ils meurent? demanda Èvanovich.
- Non.
- Mais pourquoi nous avez-vous envoyé alors?
- Silence! Je ne tolère pas l'indiscipline! Le fait que tu aies détruit ces robots suiveurs ne te donne pas le droit de poser des questions à tout bout de champs! J'ordonne, tu obéis! Sinon, tu en repentiras!
- Bien, maître" s'inclina la crâ.

Wayh recula, satisfait. Il fit un coup d’œil à Jack. L'enutrof n'avait pas bougé d'un poil, et s'empressa de s'agenouiller pour montrer sa soumission. Le xélor gronda:

"Qu'il ne vous vienne plus jamais plus jamais à l'esprit de contester mes décisions.

Les acolytes acquiescèrent discrètement.

- Vous voyez, c'est très simple être obéissant, n'est-ce pas?

Un autre hochement de tête.

- Quelle est la suite des choses, maître? demanda Èvanovich.
- Commençons d'abord par rendre visite à notre cher ami Bryan..."

___

Bryan se réveilla lentement. Sa tête tournait, il avait l'un de ces mals de crâne! Tout était noir. Sa mémoire revint peu à peu. Il se souvenait maintenant: il s'était débattu comme un fou, on lui a mis un sac sur la tête, il a reçu une piqure... Il entendit des pas se diriger vers lui.


Il se souvenait maintenant: il s'était débattu comme un fou, on lui a mis un sac sur la tête, il a reçu une piqure...

Il sentit qu'on lui enlevait le sac de la tête, et une lumière éblouissante le fit cligner des yeux. S'habituant difficilement à la luminosité ambiante, le garçon remarqua le silhouette des deux ecaflips qui le regardaient d'un air menaçant. Bryan tenta de bouger un bras; il étais coincé. Même chose pour les autres membres de son corps: il était ligoté sur une chaise, qui elle-même était vissée au sol.

"Où suis-je? demanda-t-il, ne sachant quoi dire d'autre.
- Tu penses vraiment qu'on va te le dire? répondit en ricanant Alzé.
- Pourquoi vous m'avez enlevé? continua l'adolescent, regardant autour de lui pour tenter de reconnaitre les lieux.
- Ça, tu le saura bien assez tôt... Je te suggère de ne pas faire de conneries, on a été gentils jusqu'à maintenant" lâcha Mia.

Comme en réponse à son affirmation, la porte s'ouvrit dans un fracas qui fit sursauter Bryan. Enfin, s'il n'était pas attaché, il aurait sursauté. Wayh entra dans la pièce, suivi de Jack et Èvanovich. Il s'avança vers le garçon.

"Alors, jeune homme, on veut s'attaquer à moi sans en subir des conséquences?
- Qui êtes-vous?
- Je suis Wayh, petit, et je suis ton pire cauchemar!"

Et le xélor partit à rire, avec devant lui un enfant terrorisé qui essayait de maintenir son courage. Il se tut, pris une voix plus grave, et se pencha vers l'oreille de Bryan.

"Tu vas me dire comment tu as su que mon cadran était relié à moi, murmura-t-il.
- ...
- Réponds!
- Je... je ne sais pas. J'ai attaqué instinctivement!
- Ah oui? Eh bien, tu saura que tu m'as fait mal, sale descendant du singe!

Bryan cracha par terre, devant les pieds de Wayh.

- Et j'en suis fier, espèce de momie rachitique! cria-t-il courageusement.

Le xélor ne fut aucunement offensé par cette comparaison, et se contenta de ricaner doucement.

- On est tombé sur une forte tête, hein les gars? Écoute, Bryan, tu sais ce qu'il va se passer?
- N...non, trembla le garçon.
- Quel que soit ta densité de courage, ou plutôt devrait-je dire de folie, tu seras la monnaie d'un échange qui n'aura sûrement jamais lieu.
- Je suis un otage, c'est ça?
- Un otage inutile. Dans trois jours, cette vie ne sera pour toi qu'un mauvais souvenir!"

Bryan tremblait de tous son corps. Cet homme devant lui ne mentait pas, ça paraissait dans le ton de sa voix. Il ne voulait pas mourir, c'était pas juste!

"Alzé, endors-le" ordonna le xélor en reculant.

L'adolescent sentit sur son bras une piqure. Il devint somnolent, et, en moins de 15 secondes, il sombra dans un profond sommeil. Wayh se tourna vers Èvanovich, et hocha sombrement la tête. La crâ sortit de sa cape un étrange petit fusil, qui contenait comme seule munition une sorte de petite puce électronique. Elle entra le canon de l'arme dans l'une des narines de Bryan, et appuya sur la détente.

La tête de l'étudiant fit un soubresaut vers l'arrière, puis arrêta de bouger.

___

"Qu'est-ce que vous lui avez fait?" demanda Jack.

Lui et Wayh étaient seuls dans la pièce, où une fenêtre donnait vue sur la rue. Le xélor se tourna vers l'enutrof, et fit un mouvement de son doigt vers son œil.

"Juste derrière son œil gauche, j'ai installé une mini-bombe, qui possède un rayon d'explosion de plusieurs mètres et qui est activable à distance.
- Pourquoi un tel arrangement?
- S'il se sauve... commença Wayh, toujours impassible.
- Vous croyez qu'il peut s'enfuir? s'étonna le vieil homme.
- Il VA s'enfuir, assura le xélor. Il nous servira plus en liberté qu'emprisonné. Je t'ai déjà dit que je voulais tous les tuer d'un coup...
- Vous allez vous servir de ce garçon comme bombe humaine?!
- Hé, hé, hé... Tu réfléchis, mine de rien!
- Mais mon fils dans tout ça?
- Soit il est avec nous, soit il est contre nous. Il a 72 heures pour se décider.
- ...
- Maintenant, si tu veux bien me laisser seul..."


"Soit il est avec nous, soit il est contre nous. Maintenant, si tu veux bien me laisser seul..."

L'enutrof prit bien malgré lui congé. Une fois qu'il fut parti, Wayh sortit un téléphone d'un des tiroirs du bureau devant lui. Il composa un numéro, et transmit son message dans le combiné.

"Gendiki, à toi de jouer."

___

On dit souvent que les plus riches de ce monde sont souvent les plus corrompus, les plus corrompants et les plus corrompables. Ça peut être vrai, peut-être un peu poussé à l’extrême. Peut-être même de la jalousie de la part des pauvres, qui sait? La cupidité n'est pas un défaut qui touche tous les riches, ni même qui est absent des pauvres. Certains riches peuvent parfois être très humains, généreux, sociaux, et même bienveillants.

"Majordome?
- Oui monsieur?

Beaucoup de riches vivent dans de grandes villas, avec une poignée de servants près à tout pour servir leur maître.

- Comment vont les prix du marché?
- La demande suis une courbe croissante promettante, monsieur.
- Bien, bien...

Certains sont de vrais maniaques des actions et des placements, qui peuvent s'avérer être de grandes sources de revenu et de pouvoir.

- Vous voulez quelque chose d'autre, monsieur?
- Oui. Mettez-moi en contact avec Wayh. Je dois savoir comment avance mes affaires."

Malheureusement, il arrive que certains riches ne soient ni bienveillants, ni sociaux, ni généreux, ni même très humains...
0 0
Réagir à ce sujet