FR EN ES PT
Naviguer dans les forums 
Trackers Ankama

Fan fic : et si tout n'était pas parfait?

Par 22 Avril 2012 - 10:56:37

Bonjour ♪

Je poste ici mon prologue pour ma 2ème fan-fic, je suis en panne de motivation pour l'autre u_U

Bref bonne lecture, j'espère que vous allez aimer. A noter que cette fan-fic aborde des sujets tels que l'handicap ou le rejet des enfants pour leurs différences, donc je peux comprendre que vous n'aimiez pas ^^

___________________________________
Le jeune Crâ laissa partir sa flèche qui termina sa course dans une courbe parfaite, traçant un sillon pâle dans le manteau foncé de la nuit.

La créature observa le trait se fondre dans le bleu foncé de cette nuit d’été et laissa échapper un léger bruit. Il reprenait son souffle.

Pourquoi ? Eh bien, il ne s’agissait que d’une profonde terreur et inquiétude qu’il avait ressenti peu avant ; terreur qui, de plus, n’avait aucun sens.

Pourquoi cette si belle fille était-elle ainsi ; pourquoi un intrus dans ce monde si parfait, telles étaient ses pensées.

Et pourquoi avait-il été si intimidé par cette fille. Il ne savait pas ; ou plutôt si. Pourquoi était-elle ainsi, pourquoi ce monde si parfait recelait-il parfois d’étrangeté ?

Il l’ignorait ; mais il devait se ressaisir et redescendre de son perchoir. Il leva les yeux vers les étoiles. Et il s’ouvrit à la nuit pour lui crier un au revoir avant de bondir souplement sur le sol depuis le toit. Il se redressa, inspira un bon coup et s’enfonça dans le couloir obscur de la maison qui lui faisait face.

0 0
Réactions 43
Score : 541

Déjà tu abandonnes l'autre fan-fic' ?!

0 0
Score : 543

Interressant sleep Mais ne t'arrête surtout pas pour l'autre fic'.

0 0
Score : 525

c'est bien mais on parle d'Evangélyne sur cette histoire? et d'ailleurs tu va pas arrêter ton autre histoire sinon je pète un câble!angry compris?!happy 

0 0
Score : 410
heloise44160|2012-04-22 13:41:01
c'est bien mais on parle d'Evangélyne sur cette histoire? et d'ailleurs tu va pas arrêter ton autre histoire sinon je pète un câble!angry compris?!happy
Nan, on parle plus d'Eva mais de persos inventés =D

Sinon, je vais continuer l'autre histoire en parallèle, selon mes inspirations du moment, je posterais ici ou sur mon autre fan-fic =D
0 0
Score : 525

ok!wink et, je suis contente que tu as décider de continuer ton autre histoiresmile 

0 0
Score : 410
heloise44160|2012-04-22 17:51:02
ok!wink et, je suis contente que tu as décider de continuer ton autre histoiresmile
Merci =3

Je vais bientôt pouvoir poster un morceau de mon histoire ici, j'ai commencé un nouveau chapitre pour l'autre =3

_

Bon, je viens de finir la suite de l'histoire-ci, comme promis je bosse sur l'autre =D
Bonne lecture!
____________________

La jeune fille était assise, immobile ; le trône de chêne rugueux sur lequel elle se trouvait avait été agrémenté d’un coussin ; un drap la recouvrait, laissant seulement apparaître son visage pointu et ses longs cheveux blancs.

Le pas du jeune Crâ était on ne peut plus discret ; car il alliait la discrétion à la souplesse propre à sa race ; mais la jeune fille tourna subitement ses yeux noirs vers lui pour le fixer jusqu’aux tréfonds de son âme. Le Crâ eut un léger frisson.

Se perdant dans ces deux océans noirs, il revit alors toute la scène ; de comment avait-il rencontré cette fille ; de comment avait-il pu être ainsi intimidé.

Et de cette étrangeté qu’il n’avait jamais rencontré dans ce monde si parfait. Il se laissa absorber par ses récents souvenirs.

Les deux Crâs marchaient sur la terre remuée par les sabots de nombreux animaux passant en ce lieu ; tels des bouftous. La nuit avait déposé son doux manteau d’amertume sur le monde.

« Ici, c’est le territoire des animaux, Ekil. Ne t’étonne donc pas. Nous sommes chez les Osamodas , ils invoquent les bêtes et les soumettent à leurs volontés. Il en est ainsi chez ce peuple du monde des douze. Je suis content que tu ais été choisi pour ce poste et que tu sois ici, mon fils.   

Le jeune homme eut un léger sourire. En effet, bien que légèrement triste de quitter sa famille, il était très fier d’avoir été choisi pour le poste de garde du corps de la jeune princesse Osamodas Ayena. Il ignorait tout d’elle, mais qu’importe ? Il avait été choisi, il avait donc enfin un poste et un rôle important. Il se rengorgea et se redressa sous le regard amusé de son père.

«- Mais nous voici arrivés, Ekil… N’oublie pas d’observer et d’apprendre sans retenue ce que ces civilisations différentes t’offrent   

Le jeune Crâ leva ses yeux bruns et se figea sur place, émerveillé. Le spectacle s’ouvrant à lui était simplement merveilleux et extraordinaire.

Des maisons sombres étaient dressées de part et d’autre de ses pieds ; certaines étaient agrémentées de splendides sculptures de bois représentant des têtes d’animaux divers entrelacés de fils d’argent.

Assis sur le sol, des Osamodas entourés de créatures toutes aussi variées les unes que les autres levèrent les yeux et les regardèrent passer, sans émettre un seul son.

Ekil se sentit soudain mal à l’aise face à ce peuple si différent du sien. Alors résonnèrent des rires d’enfant, et, soudain, tout le village sembla prendre vie. Les habitats détachèrent leurs regards des étrangers et reprirent leurs occupations quotidiennes. Le jeune Crâ se sentit soudain soulagé.

« Voici.   

Ils étaient arrivés devant un imposant bâtiment ; ses toits «étaient d’ardoise, ses murs sombres et de petites fenêtres étaient taillées dans la pierre sculptée de l’édifice.

Ekil tourna le regard vers son père qui venait de laisser doucement échapper ces mots.

« A partir de maintenant, tu n’es plus chez nous, mais au service d’une princesse. Enfin, si tu franchis ce seuil. Es-tu prêt à affronter ton destin et devenir le plus grand garde du corps au monde, au risque de quitter ta famille ?   

Le jeune Crâ hésita, puis reporta son attention vers l’immense porte ouverte gardée par deux soldats Osamodas prêts à invoquer la nature et la faune à leur rescousse si besoin.

Ekil hocha la tête, puis les deux Crâs s’approchèrent des gardes qui tournèrent la tête vers eux pour écouter la requête du père et du fils.

Ils étaient entrés sans soucis, guidés par un chacha apprivoisé. L’animal intéressait beaucoup le plus jeune des deux Crâs ; qui souriait devant son attitude légèrement hautaine.

Puis la bête s’immobilisa devant une lourde porte d’if dans laquelle un énorme rubis était encastré. Ekil sentit une boule d’angoisse se nouer dans sa gorge, puis il approcha la main du bois avant de frapper trois puissants coups. Son père posa sa main droite sur son épaule avant de lui adresser un sourire chaleureux.

La lourde porte s’ouvrit doucement.

En espérant que vous ne décrocherez pas déjà xD
0 0
Score : 58

très intéressent (ce smiley est mis car l'idée a du charme , on dirais eva et Amy mais avec les osas je ne le pensais pas sleep)

0 0
Score : 525
smile ces vrai que sa fait penser a Amalia et Evangélyne! je suis presser de voir la suitewink 
0 0
Score : 410
heloise44160|2012-04-24 18:42:39
smile ces vrai que sa fait penser a Amalia et Evangélyne! je suis presser de voir la suitewink
C'est volontaire pour Amy et Eva =3

Sinon, je vous laisse émettre des hypothèses foireuses sur le problème de la princesse Osamodas qui étonne tant Ekil =3

*je vais rire xD*

Sinon, merci à tous ça fait vraiment plaisir =33
0 0
Score : 525

et bien, la princesse osamodas est en faite une cra? non c'est pas sa?d'accord j'ai comprissleep 

0 0
Score : 410

Euh... A croire que t'as pas compris xD

Mais vous verrez, vous verrez...
Juste, pour l'instant, quelle est l'histoire que vous voudriez que je poste le plus tôt?

0 0
Score : 525

ah! pardon j'ai confondu avec une autre histoire! donc, alors, euh... je sais pas qu'est ce que sa peut être son problèmesad peut être que Ekil l'avait déjà rencontrer petit et qu'il était amoureux d'elle? euh...non
et sinon, pour répondre a ta question, tu peux poster ta première histoire, sa fait plus longtemps par rapport a celle-la? non? enfin, tu choisit!

0 0
Score : 410
heloise44160|2012-04-25 10:06:01
ah! pardon j'ai confondu avec une autre histoire! donc, alors, euh... je sais pas qu'est ce que sa peut être son problèmesad peut être que Ekil l'avait déjà rencontrer petit et qu'il était amoureux d'elle? euh...non
et sinon, pour répondre a ta question, tu peux poster ta première histoire, sa fait plus longtemps par rapport a celle-la? non? enfin, tu choisit!
J'ai posté sur l'autre, comme demandé ='3

merci pour toutes réponses, Héloïse! Ton soutien et tes hypothèses me font vraiment plaisir =33
0 0
Score : 525

de rien! je suis trop fane tes fan-fic c'est normal!wink 

0 0
Score : 410

Merci Héloïse ='3

Bon, voici la suite. Vous allez enfin découvrir le pénible c'est sûr que question confort y a mieux, encore qu'y a pire xD) problème de la princesse Osamodas...
Etes-vous prêts?

Si oui, attaquez la suite, et critique en mode "on"!

_________________________________________


Ekil se tendit.

La lourde porte s’ouvrit doucement ; grinçant désagréablement sur les grises dalles couvrant le sol.

Et Ekil vit ce qu’il était venu voir.

Tout d’abord, la beauté de la salle le frappa. Elle était voûtée ; de lourds rideaux couvraient ses imposantes ouvertures en guise de fenêtres dans le mur ; des bannières bleues foncé et dorées étaient pendues au plafond. La salle était donc sombre, légèrement intimidante de surcroît ; des dalles désormais blanchâtres sur le sol ; mais un tapis fin de la couleur de la mer s’étendait de la porte jusqu’au fond de la salle. Le chacha s’y engagea sans hésiter ; le jeune homme déglutit légèrement avant de l’y suivre.

Au fur et à mesure qu’ils avançaient, les murs se remplissaient d’étranges peintures ; elles étaient sans doute symboliques, mais impossible pour le jeune Crâ de comprendre la beauté et la signification de ces signes.

Ses bottes grises foulaient élégamment la douce moquette ; et sa main gantée s’était inconsciemment rapprochée de son arc de bois noir.

Chaque pas lui semblait plus lourd ; chaque pas l’appréhendait un peu plus .La main de son père sur son épaule se fit plus rassurante ; plus aimante.

Ils atteignirent enfin le fond de la salle.

Devant eux se tenait une estrade. Imposante, ses marches étaient d’argent ; et le tapis la gravissait en son milieu.

Et là-haut, sur l’estrade…

Un homme de haute taille, Osamodas, se tenait debout ; de petites lunettes sur son nez crochu. Sa main était posée sur quelque chose. Ekil baissa les yeux…

Un modeste trône incrusté de saphirs se dressait en haut du petit escalier. Dessus était recroquevillée une forme couverte d’un manteau qui la cachait entièrement.

L’Osamodas debout se pencha alors ; murmura quelque chose à l’oreille de la chose. Alors celle-ci se redressa ; sembla se réveiller et baissa doucement son capuchon ; puis rejeta doucement son manteau sur ses jambes qui demeurèrent ainsi invisibles. Ekil resta alors frappé de stupeur ; tant il était atteint au cœur par ce qu’il voyait.

C’était une jeune Osamodas ; assurément : ses très longs cheveux blancs cascadaient en boucles légères dans son dos. Un fin diadème argenté les retenait en arrière afin qu’ils ne retombent pas sur son visage. Un visage que la beauté éblouissait et auréolait de lumière.

Deux yeux d’un noir profond ; deux yeux d’une douceur infinie, d’une maturité incroyable ; légèrement obliques et avec de longs cils noirs.

Le jeune Crâ déglutit péniblement. Les deux yeux se posèrent sur lui et il faillit renoncer et s’enfuir en courant. Jamais il ne s’était senti aussi mal.

Mais revenons à ce si beau visage.

Il était triangulaire, avec un menton fin et légèrement volontaire ; un nez délicat ; des lèvres douces et parfaites. Sa peau était bleue, comme tout Osamodas ; mais elle ne comportait pas la moindre imperfection. Deux cornes fusaient de ses blancs cheveux ; mais elle restait toutefois gracile et féminine malgré ce qui avait toujours semblé à Ekil un défaut.

Elle devait avoir près de quinze et était vêtue d’un drap fin et de voiles superposés. Le Crâ était littéralement ébloui par cette jeune fille. Sa longue queue évoquant celle d’un diable était posée sur un côté du trône.

Une main délicate fusa d’un des voiles et saisit alors un objet. Le jeune homme plissa les yeux pour mieux voir. Un long bout de bois, surmonté d’un autre bâton ; fixé à la perpendiculaire et beaucoup plus petit. Ekil fronça les sourcils ; tandis que l’Osamodas passait la béquille sous son aisselle.

L’autre homme à la peau bleue se baissa ; saisit un objet similaire et le tendit à l’adolescente qui l’empoigna solidement de sa main libre.

Et alors elle se leva. Et Ekil resta figé sur place ; oubliant tout ce qui l’entourait ; les yeux fixés sur les jambes de la jeune fille. Ou plutôt sur sa jambe.

La belle princesse Ayena était unijambiste.



Effrayé, le jeune homme tourna les talons et s’enfuit.

0 0
Score : 525
ohmy unijambiste? j'aurais jamais trouver! mais ses méchant de partir comme sa! la pauvre
0 0
Score : 410
heloise44160|2012-05-02 13:54:48
ohmy unijambiste? j'aurais jamais trouver! mais ses méchant de partir comme sa! la pauvre
C'est là-dessus que repose la trame de l'histoire =D

Et si, pour une fois, le héros avait un problème? Et si, pour une fois, on apprenait à voir le coeur et non le physique?

Je vais vous révéler un secret...
Cette histoire est une sorte de "légende" contée le soir chez les habitants du monde des douze le soir autour du feu... Et elle aussi un prélude à une troisième fan fic en continuité que j'ai en projet depuis un moment. A savoir que le scénario de celle-ci est déjà tracé, et qu'après j'étoffe ='3

Je coule donc je suis. Voilà mon slogan x))

Ouarf. Bon, je pars en Italie dimanche et à partir de cet aprèm' je suis plus chez moi ><

Donc va falloir attendre o/

Bon, la suite sans tarder ='3

______________



Ayena songeait. Ses yeux noirs sans fond fixaient avec une attention hors du commun le tapis bleu qui gravissait les marches. Ici un pli légèrement marqué ; là un petit creux.

Aucune émotion ne passait sur son visage ; ses yeux semblaient vides et ternes.

N’importe qui l’ayant aperçue à ce moment précis n’aurait pu imaginer l’immense combat qui se déroulait en elle ; dans son cœur ; dans son âme abimée par l’indifférence des autres et la méfiance qu’elle inspirait à certains.

Des monstres. Ce n’étaient que des monstres.

Ces mots passaient et repassaient dans l’esprit de la belle.

Des monstres.

Un éclair de rage mêlé à la haine passa vivement dans son regard. Si vivement qu’il en restait insaisissable ; même pour la plus vivace et observateur des créatures vivant dans ce bas monde.

Aucun n’échappait à cette règle. Au du moins l’avait-elle toujours pensé.

Car, caché dans son cœur si bien enfoui, brûlait un réservoir de colère qui se remplissait en secret. De la colère. Et de la haine.

De la haine pour cette unique jambe et ce corps si ingrat.

De la colère à cause de sa naissance et de cette vie qui lui semblaient si lourds à porter.

Elle caressa de la main l’une de ses béquilles ; faite de bois d’ébène sculpté.

Un instrument de roi. Et une prison de roi.

Ayena releva la tête ; quelques mèches blondes glissèrent le long de son visage pointu.

Si belle ; et si gracieuse….

Mais déjà touchée par la douleur et le remords de vivre.

La jeune princesse jeta un regard bref vers la lourde porte qui se dressait là ; au fond de cette imposante salle ; cette porte par laquelle venait de s’enfuir le jeune Crâ qu’on lui avait amené pour qu’il tienne auprès d’elle la fonction de garde du corps.

Un jeune homme qui, comme les autres, avait fui ; qui, comme les autres, avait eu peur d’elle.

Elle se détourna ; blessée jusqu’aux tréfonds de son âme. Saignant jusqu’aux tréfonds de son cœur.

Un léger craquement attira de nouveau sur son attention sur l’épaisse porte.

Il était là.

Le jeune Crâ se terrait derrière une tenture ; discret, souple, beau et en pleine possession de ses moyens. Ses deux grands yeux bruns luisaient d’une méfiance animale ; tout dans sa posture, sa position prouvait qu’il était mal à l’aise et apeuré.

Ayena cligna des paupières. L’autre déglutit à grande peine ; lui renvoya son regard et s’avança.

La lumière se posa sur lui ; éclairant son visage ; faisant ressortir les couleurs sombres de son vêtement ; jouant dans ses cheveux blonds clairs.

Sur son visage.

Ce visage, il l’avait fin ; bien dessiné. Le menton était légèrement volontaire ; la forme de la tête triangulaire. Ses sourcils étaient fins et mobiles, d’une couleur étonnamment châtain –ce qui jurait avec ses cheveux-.

Quant à ses yeux, c’était deux pierres brunes retenant l’attention par leur couleur si particulière ; mélange de sombre brun et de clairs éclats verts.

Pour parler de ses yeux, disons simplement qu’ils étaient deux lacs d’eau limpide. La moindre petite émotion s’y lisait aussitôt ; ce qui était un concept curieux pour Ayena.

Il n’était ni trop, ni trop petit ; et, sans être un canon de beauté, il retenait sans doute l’attention ; sans doute par ce côté légèrement animal que possèdent les Crâs ; ce peuple à l’élégance si marquée.

Quant à son âge, la jeune Osamodas l’évalua à plus ou moins dix-sept ans. Il était donc plus âgé qu’elle ; mais globalement, ils partageaient la même tranche d’âge.

Une main se posa sur l’épaule de la princesse.

Celle-ci sursauta ; se redressa vivement et croisa en rougissant le regard de son conseiller qui faisait le pied de grue près de son trône depuis la matinée et qui venait de l’arracher à sa contemplation. Celui-ci eut un geste élégant et pompeux de la main ; visant à faire redescendre son Altesse sur terre.

Ayena hocha vivement la tête et reporta de nouveau son attention sur le nouveau venu.

Le jeune Crâ était désormais devant elle.

Les deux regards, le noir et le brun, se croisèrent. Durant un temps infime et précieux ; un temps si court et si long à la fois.

Chacun exprimait sa colère face à ce monde si cruel ; chacun exprimait sa méfiance face à l’autre.

Et chacun lisait dans l’autre. Dans le silence le plus pesant et écrasant que vous ne pourriez imaginer. Mais étrangement ils étaient à leur aise dans ce silence ; dans ce froid. Ils se sentaient bien dans la solitude.

Ayena l’évaluait en silence. Elle attendait qu’il fasse le premier pas ; qu’il prenne de l’assurance et que sa bouche prononce enfin les mots d’excuses qu’il lui adresserait.

Elle le savait, il venait pour s’excuser. Pourquoi serait-il venu, sinon ?

Le Crâ posa alors un genou en terre.

-Il est dans mon devoir de m’excuser, Altesse. Veuillez me pardonner. J’ai été stupide.

Sa voix tremblait légèrement ; sa peur dévorante d’autrui pouvait s’y sentir. Mais il avait osé. Et il avait parlé.

Ayena tendit la main droite au-dessus de la tête de son interlocuteur ; dans un geste de bénédiction.

-Tu es pardonné.

Je jeune homme leva les yeux.

Il savait. Tout comme elle savait qu’il avait compris que ce n’était que mots en l’air. Et qu’elle lui en voulait toujours. Et qu’elle en voulait à tout le monde pour cette unique jambe.

Il inclina humblement la tête.

-Assurément ; je suis fort désappointé par ma propre attitude ; car elle fut indigne de mon rang, de mon sang et…

-Assez.

Le Crâ leva ses yeux bruns ; un éclair de surprise mêlé à une peur redoublante y passa promptement pour finalement s’étaler au centre de ses iris.

-Je vous ai donc indisposée.. ?

-Tais-toi. Assez de ses manières pompeuses de cour dont l’on m’assomme à longueur de journée. Donne-moi plutôt ton nom.

-Ekil. Je m’appelle Ekil.

Ayena hocha la tête.
0 0
Score : 525

Vraiment bien la suite! sa ma fait pitié quand tu as d'écrit les sentiments de la princesse mais heureusement qu'il est revenu!

A quand la suite?

0 0
Score : 410
heloise44160|2012-05-17 10:46:09
Vraiment bien la suite! sa ma fait pitié quand tu as d'écrit les sentiments de la princesse mais heureusement qu'il est revenu!

A quand la suite?
Hey merci ='3
Pour le sentiment de pitié, c'était volontaire mais j'étais pas sûre que ça rende bien^^
Bref bah tant mieux ='33

Et encore merci heloise, je crois que t'es la seule à me lire x)) On va pas dir que je fais un carton x'))

Bon.

Là je squtte l'ordi d'une amie, 'suis pas chez moi et dimanche je pars ><
Bref la suite c'est âs demain ^^

Ouah les fautes que j'ai fait sur mon précédent post. Honte à moi.

Bref, la suite ='3

______________________

Ekil toussota d’un air gêné.

Cela faisait maintenant plus d’une heure et demie qu’elle était là ; ne parlant pas, fixant seulement l’horizon de ses deux superbes yeux ébène. Et qu’elle l’ignorait complètement.

Et elle plongeait son regard dans les plis soyeux du tapis à ses pieds.

Ekil se tenait debout ; vaillant et fidèle à son nouveau poste de garde du corps ; mais une crampe commençait à le torturer au niveau du genou gauche.

Il serra les dents pour s’empêcher de prier la belle princesse de lui permettre de s’asseoir. Non ; car ce serait indigne de lui. Et de son rôle tout neuf.

Autant préciser que ce jeune Crâ avait une estime et une fierté parfois bien trop importantes ; et qu’il se jugeait par moments bien trop valeureusement.

Il laissa échapper un soupir bruyant.

Cela faisait aussi bien une demi-heure qu’il multipliait les tentatives ridicules et discrètes pour attirer l’attention d’Ayena. Et qu’elle ne jetait pas un regard en sa direction.

Le jeune homme commençait à se sentir vexé.

Son père était reparti en direction de la cité Crâ peu de temps auparavant ; laissant son fils seul dans cette foule d’étrangers aux mœurs si étranges et aux apparences différentes.

Et qu’Ekil se sentait mal à l’aise et incroyablement seul. Pourtant, il avait toujours été un solitaire.

Il se décida à chanter ; pour passer le temps ; et, doucement, se rassurer.

Sa voix, claire, s’échappa des commissures de ses lèvres ; certes basse, mais belle.

La jeune Crâ modula ses accents ; qui s’élevèrent, graves et profonds. Et incroyablement touchants et émouvants.

Il oublia le monde qui l’entourait ; il oublia la princesse, son père qui l’avait quitté ; il oublia sa solitude et ses peurs pour se concentrer sur son triste chant.

Une si belle histoire qu’était celle-ci. Une histoire mêlant amour et amitié. Une histoire dépassant les carapaces des cœurs pour prouver au monde ce qu’est une âme. L’histoire de deux êtres totalement différents ; une histoire gravée dans le grand livre de la vie.

Une histoire qui se déroulait en chaque personne. Et qui se déroulait en Ekil, sans qu’il en soit conscient.

Ayena s’était redressée. Elle fixait avec attention le jeune homme qui lui faisait face. Il était presque en transe ; et il chantait.

Elle ne dit rien, ne l’appela pas mais le contempla. C’était vraiment un beau garçon. Elle se devait de l’avouer. Mais il ne l’intéressait pas. Non, il ne l’intéressait pas. Elle n’en avait que faire des hommes ; tous les mêmes. A part son père, le seul être qu’elle aimait vraiment en cette terre remplie de haine à ses yeux.

Mais la voix du jeune Crâ l’émouvait, aussi. Elle la touchait sérieusement, cette voix.

Et cette histoire aussi.

Ekil ouvrit les yeux ; se rendit compte que la belle Osamodas le dévisageait ; rougit et se tut.

-Tu pouvais continuer de chanter si tu voulais.

-Non, je n’en ai plus envie.

Elle arqua un sourcil et je le Crâ ravala sa salive.

-Dans ce cas, il est temps pour toi d’aller te reposer.

Elle tira sur une cordelette que le jeune homme n’avait pas remarquée et qui pendait près du fauteuil. Aussitôt, une cloche résonna et quatre domestiques zélés envahirent la salle.

Ils se courbèrent devant leur princesse ; mais elle les releva d’un geste élégant de la main avant de leur expliquer la raison de son appel ; soit qu’ils devaient mener son nouveau garde du corps à une chambre sobre où il pourrait loger, à proximité de la sienne.

Les valets hochèrent la tête sans discuter avant de faire signe à Ekil de les suivre. Celui-ci leur emboîta le pas sans réfléchir.

Ils passèrent le seuil et la porte claqua derrière eux ; laissant la jeune Osamodas seule.

Ayena passa ses béquilles sous ses aisselles et descendit les marches de l’estrade souplement ; prouvant l’habitude qu’elle avait à accomplir ces gestes qui pourraient nous paraître si incongrus à nous autres.

Etant arrivée au bas, elle souffla légèrement avant de balancer ses béquilles en avant ; sauter sur son unique pied et ainsi atteindre d’une démarche claudicante une porte cachée incrustée dans le mur donnant sur l’aile droite du palais.

Naturellement, vu sa condition, elle aurait très bien pu obtenir une chaise roulante ou porteuse ; ou je ne sais quelle invention qui lui permettrait de se déplacer sans aucuns soucis ; mais la princesse tenait particulièrement à garder une certaine autonomie.

Elle passa la porte et se retrouva dans un couloir lumineux ; éclairé par un immense trou de cheminée non obstrué sur la partie la plus haute du plafond.

Avec un bruit sourd, les gonds se rabattirent dans leur position initiale, coupant tout contact avec la salle dans laquelle elle se trouvait quelques secondes auparavant.

Ayena laissa tomber ses béquilles et s’appuya péniblement contre le mur.

Puis elle joignit les mains.

Et ferma ses yeux noirs.

Il va sans dire que la jeune fille étant une Osamodas, elle possédait les pouvoirs de ce peuple. Et son sang royal lui conférait une puissance hors du commun.

Un halo lumineux bleuâtre s’échappa de ses doigts avant de gagner son corps tout entier.

Dehors, un puissant cri d’un aigle géant sauvage retentit. Avec un sourire, Ayena sortit du couloir et posa la main sur son immense bec. L’animal ne broncha pas. Avec bonheur, la jeune fille passa ses mains dans son épais plumage ; puis murmura quelques mots dans un langage étranger aux oreilles des hommes.

Le langage Osamodas.

L’oiseau ploya ses immenses pattes et la belle princesse se tracta puissamment de ses fins bras ; prenant appuis sur son unique jambe pour se propulser.

L’aigle leva une aile pour l’aider à s’installer en amazone sur son dos.

La jeune fille se coucha sur le cou de sa monture et passa ses deux bras sous celui-ci ; histoire de s’équilibrer pour compenser l’absence d’un deuxième membre inférieur.

L’oiseau déploya ses immenses ailes grises et s’élança à la conquête du ciel.

Ayena poussa un merveilleux cri de joie. Enfin, elle était libre.

Elle rit de joie. La vie l’habitait. Enfin ; elle se sentait autre chose qu’une enveloppe insensible. Qu’elle se sentait bien ; seule dans cet océan de bleu et de ciel ; seul avec pour compagnie la faune qui faisait vibrer son cœur d’Osamodas.

Elle se sentait pareil aux grands dragons que son peuple avait toujours vénérés, planant dans ce ciel sans limites.

L’aigle vira dangereusement et la jeune fille resserra sa prise sur le cou du bel oiseau.

Ils s’en furent tous deux ; prenant leur pause et leur répit de vie, de joie et de liberté. Car, bientôt, ils se sépareraient, bientôt, ils reprendront leur route et leur quotidien.

Elle et lui. Lui et elle ; soit l’oiseau et la fille.
0 0
Réagir à ce sujet