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Wakfu : le passé d' Evangelyne

Par 11 Avril 2011 - 18:41:49
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Score : 270

Comment ça périmée?! A consommer jusqu'au 21/12/2012 qu'ils disent sur l'emballage! Auraient-ils donc menti? Pourtant ils certifient "qu'il ne moisi, ni ne pourri, il ne rend pas malade, c'est juste le principe de base d'un levain, et c'est un gâteau extra "... La preuve!

*Camoufle le flood du commentaire en émettant des hypothèses foireuses...*

Bref, sinon, j'y ai repensé hier, c'est louche la disparition d'Amalia... Aucune évocation de scorbute, ca pourrait être tout et n'importe quoi... L'inspectrice Biskwee est sur le coup tongue

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Score : 2101
Oui, mais Biskwee, tu n'es pas un gâteau Hermann (: Tu es un gâteau basque, je crois que c'est pas pareil (enfin je crois ._.)
Et puis ta date de péremption... A la fin du monde ? Louche tout ça...

Peut-être que c'est une connaissance d'Eva qui "enlève" Amalia tongue (Ouii.. Peut-être Raphaël biggrin)
Mais c'est qu'une supposition foireuse

-LMS-

Edit : Inspectrice, Biskwee, Inspectrice... :p
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Score : 270

[ Inspectrice... Hum, effectivement, j'y avais pas pensé... A force d'être en S, j'en perd mon francais. Inquiétant quand on sais que je passe le bac dans 10 jours. Ay Caramba! ]

Bref, vu la description de l' enlèvement, je pense pas que ce soit Raphaël qui enlève la princesse... Et puis pourquoi le ferait-il? Mais bon, j'ai enfin trouver qqn qui émet des hypothèses encore plus foireuses que moi..
Je penche plus pour un scorbute intelligent ph34r Un adversaire coriace, animal, donc cruel, rapide, souterrain... et si en plus il réfléchit, vous imaginez?!
Le Scorbutaminator !!!
Elémentaire, ma chère -LMS- smile

PS: Pour le gâteau -LMS-, tu trouveras toutes tes réponses sur le blog, histoire de limiter le flood wink

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Score : 179

* s'incruste dans la conversation *

=O alors je ne suis pas seule à avoir remarquée que la disparition d'Amalia était louche ?
<_< Selon moi, c'est quelqu'un qui veut :
a) speaker à Eva
b) enlever Eva
c) tuer Eva
d) foutre une baffe à Eva (pour l'enlever après)
e) je me foire totalement et c'est un scorbute en mal de Sadida qui a enlevé la princesse et je passe pour une grosse débile.
Bref, au choix x)

[O.O Tu passes le bac Gateau-Basque ? Bonne chance >.>] 

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Score : 543

Pauvre Akuo, je crois que tu t’es fais avoir par le groupe de flemmardes ! Je suis contente que ma fic est pu te sortir la tête de l’enfer des maths et J’ai adoré ton commentaire sur les héros qui morflent (Petit spoiler : la suite devrait te plaire, surtout le chapitre 29)
J ‘ai beaucoup ri aussi avec le scorbutaminator de gateau-basque et le scorbute en mal de sadida.biggrin

Voila la suite. Désolée pour les maladresses, j’ai eu beaucoup de mal avec cette partie et j’ai beau essayé, j’arrive pas à la corriger et je la trouve vraiment pas terrible. Mais promis, les autres parties seront mieux.

J'attend toujours vos hypothéses foireuses avec plaisir.

Bonne chance Gateau-basque pour ton bac. La semaine prochaine je posterais la fin de cette partie et si tu veux je déposerai le debut de la suivante un ou deux jours après, histoire de te détendre entre deux copie de bac. A moins que tu penses que ça va te déranger ? A toi de me dire.

Bonne lecture et dites moi ce que vous en pensez.

Chapitre 18

Elle était seule. Seule et prisonnière. La chose, qui l’avait attrapé, la traînait à travers les arbres de plus en plus denses. Elle avait bien essayé de s’échapper mais ses pouvoirs n’avaient eu aucun effet, si ce n’est la fatiguer un peu plus. Elle avait donc arrêter de s’acharner pour conserver des forces au cas où une occasion se présenterait. C’était ce qu’Evangelyne lui avait toujours appris. Patienter pour mieux contre-attaquer. Eva. Elle s’inquiétait pour ses amis. Avant de disparaître, elle avait vu que des scorbutes arrivaient, toujours de plus en plus nombreux. Si Eva se déconcentrait pour essayer de la retrouver, ne risquait elle pas de se faire surprendre par une créature ? Et si elle quittait, elle aussi, les garçons, seront ils suffisamment nombreux pour les retenir ?

Amalia prit alors une décision. D’eux tous, elle était celle qui était la moins en danger. Ce n’était pas à ses amis de la secourir comme ils l’avaient toujours fait. C’était à elle de se débrouiller seule et d’aller les retrouver pour les aider. Elle devait agir. Emplie d’une nouvelle force, elle s’apprêta à frapper la chose qui la retenait avec ses pouvoirs. Mais celle-ci la lâcha.

Allongée par terre au milieu d’une clairière, alors qu’elle venait de traverser la partie la plus dense de la forêt, la Sadida se redressa sur ses coudes sans comprendre et regarda autour d’elle. Alors, elle reconnut ce lieu. Il était différent mais elle sut qu’elle était là où reposait avant le Chêne mou. A sa place, s’étendait désormais une clairière entourait d’arbres tellement denses qu’ils formaient une barrière quasiment infranchissable. Au centre, quelques arbres semblaient garder jalousement un secret. Quand elle perçut un mouvement dans les feuillages, Amalia se releva rapidement et se prépara à une attaque. Une silhouette sortit alors de derrière les arbres.

« -Eva ! »

Rassurée pour son amie, la sadidette se jeta à son cou. Mais la jeune femme n’esquissa pas l’ombre d’un mouvement. Inquiète, Amalia se recula et regarda son amie.

« -Vous n’êtes pas Evangelyne, accusa t-elle en se reculant d’un pas.

-Non.

-Où est-elle ?

-Là où tu l’as laissé.

-Je ne l’ai pas laissé, c’est cette…chose, qui m’a kidnappé. »

Quand le double de son amie sourit, la princesse comprit.

« -C’était vous ! S’exclama t-elle en reculant un peu plus. »

Un instant, elle eut l’intention de fuir mais la créature qui se tenait face à elle ne lui semblait pas hostile. Peut être était es juste à cause de son apparence, mais Amalia décida de prendre le risque. Comme si l’être pouvait lire dans ses pensées sa décision, un sourire apparue à nouveau sur ses lèvres.

« -Tu es courageuse, petite Sadida.

-Pourquoi m’avez vous amené ici ? Pourquoi avez vous prit l’apparence d’Evangelyne ? Qui êtes vous ?

-J’ai besoin d’aide. J’ai ressenti ta présence dans la forêt quand tu as utilisé tes pouvoirs, petite Sadida. J’ai su que tu pouvais m’aider. La seule façon de t’amener à moi, était de te kidnapper car sinon, les êtres qui t’entouraient, seraient venus aussi.

-Les êtres qui m’entouraient ? Ils sont avec moi, ce sont mes amis. Ils sont en danger, les scorbutes les attaquaient.

-Je ne sais pas. Pour moi, ce sont juste des êtres différents des Sadidas. Je ne peux pas les différencier.

-Quoi ? Vous ne différenciez pas les scorbutes des humains ? C’est impossible.

-Je suis trop jeune pour cela. Mes pouvoirs sont limités.

-Limités ? Vous avez réussi à m’amener jusqu’ici. Et vous appelez ça limité ?

-J’ai donné l’ordre de vous enlever. Ce n’est pas moi qui l’ai fait. »

Des mouvements au niveau des buissons firent comprendre à la princesse Sadida que s’étaient les arbres qui avaient obéit à son interlocutrice.

« -Vous contrôlez ses arbres. Vous êtes une Sadida, alors. Pourquoi prendre l’apparence d’Eva.

-Je ne suis pas comme toi, petite Sadida. J’ai pris l’apparence d’un être cher à ton cœur pour pouvoir te parler et que tu prennes le temps de m’écouter.

-Comment savez vous que je tiens à Eva si vous ne faites même pas la différence entre elle et des scorbutes ?

-Je n’ai jamais rencontré cette être. C’est toi qui me l’as apporté dans tes pensées. J’ai vu dans ton esprit que tu tenais à cette personne et que tu avais confiance en elle.

-Tu peux lire dans mes pensées ?

-Seulement celles des Sadidas.

-Alors vous êtes…C’est impossible, fit Amalia incrédule.

-Mais vrai. Je n’ai pas le temps de t’expliquer tout. J’ai besoin de ton aide. Depuis peu, des êtres se sont introduits dans la forêt. Ils tuent tous les arbres pour venir jusqu’ici.

-Ce sont les scorbutes. Les créatures contre lesquels mes amis se battent.

-Vont ils nous en débarrasser ?

-C’est la raison de notre venue. Mais, ils sont bien trop nombreux.

-Alors tes amis vont mourir.

-Non, s’exclama Amalia. Vous pouvez agir.

-Cela m’est impossible. Les Sadida doivent venir nous protéger. Appelleras tu ton peuple pour qu’il nous aide ?

-C’est inutile. Vous pouvez vous défendre. Vous contrôlez les arbres. Chêne mou faisait fuir les indésirables avec leur aide. Vous pouvez faire pareil.

-Chêne mou avait beaucoup de pouvoir. Les miens sont trop faibles. Si je m’en prends à ses créatures, je risque de blesser les êtres innocents qui sont dans cette forêt.

-Alors laissez-moi êtres vos yeux, déclara la princesse.

-Je vois beaucoup de volonté et de courage en toi, petite Sadida. Mais cela te nécessiterais trop d’énergie. Tu pourrais être en danger.

-Qu’importe, fit Amalia résolût à aider ses amis en danger. Mes amis sont ce qu’il y a de plus important à mes yeux, avec ma famille. Comme toi pour les arbres. S’ils leur arrivent malheur, je ne me le pardonnerai jamais. En unissant nos forces, on pourra les sauver ainsi que toute la forêt. Je sais que c’est risqué pour vous aussi. Mais je vous promets de ne pas vous laisser tomber tant que ces créatures n’auront pas disparus. En tant que princesse des Sadida, je dois veiller sur vous. Et si je dois perdre mes forces pour permettre de sauver une forêt, je suis prête à le faire. Je n’ai pas pu sauver Chêne mou, mais je vous protégerais vous. »

Le visage du double d’Evangelyne se fendit d’un sourire puis l’être tandis la main vers Amalia qui s’en saisit sans hésiter. Entre leurs mains, une lumière verte apparut.

Evangelyne enfonça à nouveau sa dague dans le corps de la bête afin de l’achever puis se tourna vers un nouvel adversaire. Elle se baissa pour éviter un coup de pince et effectua un roulé boulé sur le coté afin de prendre le scorbute de revers. Celui ci n’eut pas le temps de se retourner qu’il reçu une flèche de feu dans le ventre. Hurlant de douleur, il se consuma pendant que la Crâ faisait face à de nouveaux arrivants. Elle était épuisée. La disparition d’Amalia l’inquiétait et il lui était impossible de partir à sa recherche avec toutes ces créatures qui menaçaient ses amis. Ces derniers commençaient aussi à présenter des signes de fatigues alors que les scorbutes se faisaient de plus en plus nombreux. L’utilisation de Wakfu le fatigant trop rapidement, Yugo avait opté pour les dagues et utilisait les techniques que Wedlor leur avaient appris. Les Enutrof et Tristepin continuaient à trancher leurs ennemis, mais les coups se faisaient moins puissants qu’avant.

Le Iop était en prise avec deux scorbutes quand il en aperçut un troisième sur le point de l’attaquer par derrière. Avant qu’il n’est eut le temps de réagir, une flèche de feu se planta dans l’œil de son attaquant. Eva se mit alors dos à dos avec lui en continuant à cribler de flèches leur ennemi tandis que le chevalier les bloquait avec son épée.

« -Amalia a disparu depuis un moment…

-Vas-y ! dit Tristepin, comprenant ce qui retenait la Crâ. Je veille sur les autres.

-Merci, Pinpin. »

Elle l’embrassa rapidement sur la joue pour le remercier de sa compréhension et pour lui souhaiter bonne chance puis sauta dans les buissons. Le baiser de la Crâ lui donna un nouveau coup de fouet et il repartit à la charge avec l’entrain de tout Iop qui se respecte.

Suivant la trace d’Amalia, Eva courait à travers les arbres, attentive au moindre bruit. Elle avait fait que quelques mètres, quand elle eut soudain l’impression d’être observée. Elle stoppa son avancée, grimpa sur un arbre pour être à l’abri d’une attaque de scorbute, puis elle bandit son arc. Scrutant les alentours, elle ne vit rien mais devinait la présence de quelqu’un ou quelque chose. Soudain, elle sentit un mouvement dans son dos. Se retournant, elle se retrouva face au tronc de l’arbre dans lequel elle s’était perchée et d’où apparurent deux grands yeux marron. De surprise, elle glissa de la branche et tomba la tête la première. Mais au lieu du choc, elle sentit une liane la rattraper par le pied et la soulever pour la replacer sur la branche. Des lianes se posèrent alors sur ses tempes.

« -Mais, qu’est ce que…commença la Crâ. »

-Eva, ne t’inquiète pas. C’est moi, Amalia ! Entendit-elle dans son esprit.

-Amy ! S’exclama la jeune femme en cherchant son amie des yeux. Où es-tu ?

-En sécurité. Je te parle à travers l’arbre.

-C’est bon, je deviens folle, murmura l’archère.

-Eva ! C’est vrai. C’est moi. Si ce n’était pas Amalia, comment je saurais que tu es follement amoureuse de sir Tristepin de Percedal, fit la sadidette sur un ton innocent.

-Je ne suis pas…commença la Crâ. Ok, si tu peux me mettre en rogne même dans mon esprit, ça ne peut être que toi.

-Exact, fit la princesse toute fière. Je t’expliquerais tout après, mais là, il faut aider nos amis.

-Comment ? S’enquit Eva.

-Reste sur cette branche. Tu vas voir. »

Yugo n’en voyait plus la fin. Les scorbutes arrivaient de plus en plus nombreux, réduisant à chaque fois leur possibilité d’en venir à bout. Il avait vu Amalia disparaître et savait qu’Eva la retrouverait. Pour l’heure, il était plus inquiet pour eux. Ses réserves de Wakfu étaient quasiment épuisées. Il sentait que son frère avait de plus en plus de mal à produire des flammes destructrices. Quand à Ruel, il aurait de quoi se plaindre, que ces jeux n’étaient plus de son âge, pendant des années, s’ils s’en sortaient, bien sûr. Tristepin, lui, semblait avoir repris du poil de la bête depuis le départ d’Eva. Egal à lui-même, le Iop fendait, tranchait, tuait avec un immense sourire béat sur le visage.

L’Eliatrope évita de justesse le dard d’une créature. Utilisant un portail, il le fit traverser afin que le dard se plante sur son propre propriétaire. Il poussa un soupir de soulagement, quand un autre scorbute lui donna un violent coup qui le poussa au sol. Il s’apprêta à parer un coup de pince quand quelque chose l’attrapa et le tira en arrière. Il n’eut pas le temps de voir ce que c’était, qu’il se retrouva sur une branche à l’abri.

« -Eva !

-Salut Yugo ! Répondit la jeune femme avant de reporter son attention sur la bataille et de tirer des flèches enflammées depuis son perchoir.

-Que ce passe t-il ? Demanda l’Eliatrope.

-C’est Amalia, répondit simplement Evangelyne, de la fierté dans la voix.»

En quelques secondes, l’avantage avait basculé. Comme Yugo, leurs amis furent attrapés par des lianes qui les posèrent sur des branches, au grand désespoir du Iop qui voulait encore s’amuser. Puis ils contemplèrent les arbres qui encerclaient les scorbutes pour les coincer au centre du chaos qu’ils avaient causé. Quand se fut fait, il s’enracinèrent autour des créatures, coupant toutes retraites possibles. Alors, leurs branches s’entremêlèrent de sorte de former un dôme végétal. Au bout d’un instant, Yugo eut l’impression de voir les arbres se rapprochaient. Ce n’est que quand il entendit les hurlements des créatures qu’il comprit que c’était bel et bien le cas. La bulle verte se resserrait sur ses prisonniers, les écrasant les uns contre les autres. Malgré le soulagement que l’Eliatrope ressentait du fait que lui et ses amis s’en étaient sortis, il grimaça en entendant les cris d’agonie. En le voyant, Evangelyne comprit et jugea que le spectacle avait assez duré. Elle tapota l’épaule de Yugo et fit un signe vers la terre ferme. Le garçon comprit, créa un portail et sauta dedans. Quand il sortit du second portail, la Crâ atterrit juste à coté de lui, accroupie, une main sur le sol pour mieux se réceptionner. Derrière une rangée d’arbre suffisamment dense, les cris ne parvenaient qu’à peine à leurs oreilles. Les quatre autres les rejoinrent quand une voix se fit entendre.

« -Eva, tu sauras me retrouver ?

-Amalia ? S’étonna Yugo. Mais où est tu ?

-Dans ton esprit, je t’expliquerais après.

-Par Enutrof ! S’exclama Ruel. Comme si c’était pas suffisant de l’entendre normalement, maintenant on va l’avoir dans nos têtes.

-Quoi ? Hurla la sadida tandis que tous se bouchaient inutilement les oreilles.

-Du calme, Amalia, tu vas finir par nous rendre totalement sourd. Pour Ruel, ça ne changera pas grand chose, plaisanta la Crâ, mais pense un peu à nous.

-Ah ben merci, Eva, marmonna l’Enutrof alors qu’un rire résonnait dans leur tête. »

Evangelyne fit un sourire innocent avant de se mettre en route. Suivant la trace laissait par Amalia lorsqu’elle avait été enlevée, la Crâ guida ses amis à travers la forêt. Plus ils approchaient, plus la forêt se faisait dense. Mais devant eux, les arbres s’écartaient afin de leur faciliter le passage. Enfin, ils atteignirent une clairière où ils virent deux silhouettes auréolées de vert. Tandis que les arbres se resserraient derrière eux, la princesse lâcha la main de l’inconnue et l’aura disparut. La sadidette ferma les yeux et ses jambes se mirent à trembler. Alors qu’elle était sur le point de s’effondrer, sa garde du corps la rattrapa. L’inconnue fit apparaître une fleur et Eva fit s’asseoir sa protégée dessus avant de s’accroupir devant elle.

« -Eh, Amalia, appela la Crâ, Amalia.»

La sadida ouvrit péniblement les yeux. L’esprit un peu dans le brouillard, elle distingua les traits de son amie. En tournant un peu la tête, elle aperçut les cinq autres légèrement en retrait. Ils étaient un peu flou, mais ils étaient là. Le retour à la réalité était dur, mais le tout était que ses amis et la forêt étaient sain et sauf. Rassurée, elle poussa un soupir de soulagement et cligna à plusieurs reprises des yeux afin de restaurer sa vision.

« -Ca va, Amy ? S’inquiéta Eva. Comme la jeune fille hochait la tête, elle s’accorda une plaisanterie. Dommage, Ruel n’était pas encore devenu complètement fou. »

La sadida sourit. Surprise du manque de réaction du vieil homme, la Crâ se tourna pour retrouver les cinq garçons qui semblaient totalement pétrifiés.

« -Ben qu’est ce qui vous arrive ? Demanda l’archère sans comprendre. »

Yugo tendit alors un doigt pour designer quelque chose derrière elle. Lorsqu’elle se retourna et vit l’inconnue, dont le visage lui avait été caché par l’aura vert, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Voyant ses amis dans l’incompréhension, Amalia s’empressa d’intervenir.

« -Ne vous inquiétez pas…

-Depuis quand Eva a une jumelle ? Interrompit le Iop.

-Une jumelle ? S’étonna cette dernière.

-Ben oui, tu ne vois pas comme elle te ressemble. »

Surprise, la jeune femme regarda à nouveau l’inconnue. Le visage de celle-ci lui ressemblait, certes, mais pas au point d’être sa jumelle. La Crâ conclut que les autres ne voyaient pas la même chose qu’elle. Ne cherchant pas à comprendre, ni à nier, elle garda les yeux rivaient dans ceux de la femme lui faisant face.

« -Ce n’est pas la jumelle d’Eva, expliqua la princesse. C’est une projection. En faite vous avez devant vous un esprit de la forêt.

-Un esprit ? S’étonna Tristepin. Comme un fantôme ?

-Mais non. C’est un être végétal, sous la protection des Sadidas. Mais pour nous parler, il utilise son esprit et prend l’apparence de quelqu’un.

-Mais pourquoi Eva ? Interrogea le dragon.

-Parce qu’elle a comprit que c’était mon amie et que je lui ferais plus confiance sous cette apparence.

-C’est vous qui nous avez sauvé ? S’enquit Yugo.

-Oui, répondit la matérialisation en quittant du regard la Crâ pour se tourner vers l’Eliatrope. Mais jamais je n’aurais pu agir sans votre amie.

-Merci, à toutes les deux, s’exclama alors la jeune garçon en serrant Amalia dans ses bras. Vous avez été génial. C’était moins une.

-Merci à vous d’avoir amené ici cette jeune Sadida. Grâce à elle, j’ai réussi à ouvrir les yeux. »

Comme ses amis ne semblaient pas comprendre, Amalia leur expliqua ce qu’il s’était passé et comment elle avait pu aider l’esprit végétal en lui servant de guide. L’esprit de la forêt, lié au sien, avait pu voir et comprendre ce qui était au-delà du monde de la forêt.

« -Mais, je ne comprends toujours pas qui vous êtes, fit Yugo, on ne vous avait pas rencontrer quand on est venu aidé le Chêne Mou.

-A l’époque, je n’existais pas encore. Quand Nox est venu, il a détruit le Chêne Mou qui a donné sa dernière lueur de vie pour me faire naître afin que je puisse prendre sa place. Les arbres se sont regroupés autour de moi afin de me protéger. Quand ces créatures se sont attaquées à eux, j’ai senti leur douleur et je me suis réveillée. Seulement, je n’avais pas encore conscience de toutes mes capacités. Dorénavant grâce à Amalia, je sais.

-Et comment vous appelez-vous ? Demanda Yugo.

-Je n’ai pas de nom.

-Alors trouvons en un, déclara le Iop. Que pensez-vous de casse-scorbute ?

-Non, casse-noisette, proposa Ruel.

-Feuille fit Amalia en interrompant une suite de nom sans queue ni tête. Feuille, comme l’amie du Chêne mou. Je suis sûr qu’il serait heureux de savoir que le nom de son amie est perpétué.

-Alors, ce sera Feuille Eternelle, décida l’esprit. En l’honneur de la petite sadida et de mon ancêtre, Chêne Mou, qu’il repose en paix éternellement.

-Que c’est beau, s’émut Amalia.

-Mouais, c’est un nom banal, fit Ruel. Vous êtes sûr que vous ne préférez pas casse-noisette ?

-Ruel !

-Ben c’est plus drôle, argumenta l’Enutrof.

-Venez, déclara Feuille Eternelle en s’approchant du cœur de la clairière où se tenait quelques arbres, pour vous remercier, je vous offre…

-Des kamas ! S’écria Ruel, qui reçu aussitôt un coup sur la tête de la part de la princesse. Pff, si on ne peut même plus rigoler.

-Je pensais plutôt la possibilité de vous reposer dans mon sanctuaire. Vous en avez bien besoin. »

Les arbres qui se trouvaient au centre s’entrouvrir alors pour laisser passer l’esprit de la forêt et ses invités. Au lieu de se retrouver dans un espace confiné, entre quelques branches, la confrérie découvrit alors le berceau du cœur même de la forêt. Comme celui de l’Arbre de vie, le sanctuaire de Feuille Eternelle brillait d’une douce lumière qui semblait jaillir de nulle part. D’immenses racines, celles de tous les arbres de la forêt interdite, s’abreuvaient auprès d’un lac où se tenait un petit îlot. Quand l’esprit fit un mouvement de la main et ils se retrouvèrent tous sur le petit hameau de terre. En son centre, ils virent alors la petite pouce qui représentait la véritable forme de Feuille Eternelle. A peine plus haute qu’une pomme, Amalia comprit pourquoi le double d’Eva lui avait dit être trop jeune, et admira d’autant plus ses pouvoirs. Elle jeta un œil à l’esprit qui lui sourit, donnant son accord à sa question muette. La sadida posa sa main sur le petit végétal, transmettant ainsi un peu de sa force. Alors, le premier bourgeon de l’esprit se transforma en fleur sous les yeux émerveillés de toute confrérie.

« -C’est magnifique, constata Evangelyne.

-Que fait-elle exactement ? Demanda Yugo comprenant que l’action allait au-delà des apparences.

-Elle rentre en communion avec l’esprit, expliqua la Crâ. Les Sadidas font cela pour aider la nature à se développer. Ainsi, Feuille Eternelle sera désormais liée au reste de ses semblables, ainsi qu’aux Sadidas. Sans ce lien, personne ne saurait quand elle a besoin d’aide. »

Quand la sadidette rompit le contact avec la pousse, elle avait l’impression d’être sur un petit nuage et elle affichait un sourire béat.

« -Et après on se moque de moi ! Fit remarquer le Iop sous le rire de ses amis.

-Evangelyne, appela alors Feuille Eternelle. Approche.

-Elle veut se connecter à ton esprit, expliqua Amalia, heureuse que son amie puisse faire une telle expérience. »

La Crâ grimaça. Elle était honorée de la proposition, mais l’idée qu’un esprit fouine encore dans son subconscient ne lui plaisait pas trop. En posant à nouveau son regard sur le visage familier dont Feuille Eternelle prenait l’apparence, elle comprit que cela ne changerai pas grand chose. Elle avait déjà vu une partie de son inconscient.

L’archère s’approcha alors de la plante. Amalia lui fit remarquer qu’elle devait avoir les mains nues pour pouvoir entrer en contact avec l’esprit. La Crâ se défit alors de ses gants et les tendit à son amie avant de tendre les doigts vers le végétal.

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Score : 2101
[ Héééé, mais y a plus de prise de tête de Pipoune là, tout est réglé ? ph34r ]

Le nom de Feuille Eternelle, ça me fait vraiment pensé aux noms des chats dans "La Guerre des Clans".
C'était pas mal, le principal défaut que j'ai trouvé se trouve en haut de ce post.

-LMS, celle qui n'argumentera jamais assez, on laisse Akuo se charger de tout ça...-

 
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Score : 270

Bon ok, pas de Scorbutaminator... Mais on est pas passé loin! Franchement, je ne m'y attendais pas le coup de l'esprit de la forêt, bien joué.

Si tu savais comme ca me ferait plaisir que tu mettes la suite de cette partie puis encore la suite pendant l'examen-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom... Un petit peu de détente entre deux séquences de francais me ferait le plus grand bien smile

Bref, pour ton texte... Toujours un bon niveau, des petites touches bien drôles, et un texte plutôt long! Continue avec cette longueur, c'est parfait smile

Le fait que l'esprit se "joigne" à Eva est quand même un peu bizarre... Encore Amalia, on comprend pourquoi, mais avec une Crâ? Y aurait il anguille sous roche? D'ailleurs, si Eva enlève son gant, Pipoune va voir le pendentif qu'il lui a offert (et par conséquent aussi celui avec le R). En parlant de lui, comme -LMS- le dit, il n'en veut plus à Eva?

Bon, plein de questions en suspens, je veux des réponses (et la suite) !

Akuo n'est toujours pas passée, faudrait pas que ca devienne une habitude hein! 

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Score : 704

*aller Floflo motive-toi à commenter, surmonte cette saleté de flemme*

moi perso j'ai plus cours qu'est-ce que c'est bien la seconde ! oui poste poste ! On en veut toujours plus tu le sais bien ! biggrin

Personnellement, j'ai bien aimé ce chapitre, on part sur un nouveau truc, et le coup de l'esprit de la forêt est bien sympa. (pis le découpage de scorbutes aussi YEAH BARBECUE !) et les petites piques qu'on retrouve entre les personnages sont bien réalistes par rapport à leurs caractères, et bien drôles aussi. ^^
Mais c'est une habitude chez toi de mettre toujours TOUJOURS des fins où on voit presque le "à suivre" sur fond noir s'afficher sur notre écran ? (oui maintenant je sais ce que ça fait ! ph34r)

De l'originalité, de l'humour, de la longueur, et du suspense (Niaaa !), voilà un bon texte que tu nous fait wink Manque juste comme dit plus haut la prise de bec, mais entre deux scorbutes à dépecer c'est sûr qu'on a bof le temps de s'embrouiller, mais une explication entre eux deux ne serait pas de trop dans le prochain chapitre. smile

(PS : genre j'ai argumenté quoi ! ph34r)

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Score : 179

Me revoilà biggrin

Et oui, je n'ai pas posté – je ne pensais pas que ça soulèverais une telle polémique xD – pour la simple et bonne raison que je n'ai pas eu le temps (et oui, moi aussi je suis à fond dans les révisions, d'ailleurs j'vais m'y remettre – tiens, j'vais refaire le paragraphe argumentatif, ça pourra toujours servir xD – donc j'éditerais ce post pour mon post habituel – qui ne sera sans doute pas constructif, la flemme, pis ça vous apprendra à toujours compter sur moi, na xD – et notez aussi que j'ai réussi à faire 3 apartés dans une seule phrase).

Je dirai juste ça : Poste la suite, je veux savoir *o*

Me revoilà biggrin

Et oui, je n'ai pas posté – je ne pensais pas que ça soulèverais une telle polémique xD – pour la simple et bonne raison que je n'ai pas eu le temps (et oui, moi aussi je suis à fond dans les révisions, d'ailleurs j'vais m'y remettre – tiens, j'vais refaire le paragraphe argumentatif, ça pourra toujours servir xD – donc j'éditerais ce post pour mon post habituel – qui ne sera sans doute pas constructif, la flemme, pis ça vous apprendra à toujours compter sur moi, na xD – et notez aussi que j'ai réussi à faire 3 apartés dans une seule phrase).

Je dirai juste ça : Poste la suite, je veux savoir *o*

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Score : 669

Cette fanfic est tout simplement géniale, j'attends avec impatience la suite
C'est pas très constructif mais c'est vrai happy 

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Score : 543

Merci tout le monde pour vos post, ça fait plaisir. Moi qui avais quelques doutes sur cette partie.

Je tiens à féliciter Gateau-basque pour ça remarquable déduction : Et oui, Eva enlève ses gants et c’est totalement volontaire de ma part. Rassure-toi LMS, cette action aura pas mal de conséquences sur la relation de nos deux héros qui vont pouvoir se prendre la tête pendant un moment. Désolée Floflora mais l’explication entre Eva et Pinpin n’est pas pour tout de suite. Je fais durer le supplice !

-floflora-|2011-06-17 20:58:58

Mais c'est une habitude chez toi de mettre toujours TOUJOURS des fins où on voit presque le "à suivre" sur fond noir s'afficher sur notre écran ? (oui maintenant je sais ce que ça fait ! ph34r
Et oui, j’aime faire durer le suspense et titiller la patience de certaines personnes.
voilà la fin de cette partie. C’est un peu court et il n’y a pas beaucoup d’action mais on apprend des choses intéressantes, je pense. Et puis, comme promis, je poste bientôt la suite pour encourager ce qui passe l'examen-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom.

Bonne lecture

Chapitre 19

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Lorsqu’elle ouvrit les yeux, Evangelyne eut l’impression d’être dans un rêve. En tournant sur elle même, elle vit que l’endroit où elle se trouvait, était entièrement blanc, comme une page vierge. L’espace semblait immense et en même temps restreint. Elle aurait pu s’en émerveiller longtemps mais une présence derrière elle, la fit se retourner.

Face à elle se tenait une Crâ. Grande, mince, elle portait une tenue proche de celle d’Evangelyne avec des bottes et des gants beige mais elle avait un haut rouge et une jupe blanche. Elle fixait la jeune femme avec ses grands yeux bleus, encadrés par de longs cheveux blonds cascadant sur ses épaules.

« -Je suis désolée ! fit Feuille Eternelle.

-De quoi ? demanda la jeune Crâ.

-D’avoir prit cette apparence.

-Je ne comprends pas, admit Eva. Pourquoi être apparue sous mon apparence aux autres et pas à moi ? Et comment avez vous su ?

-Quand j’ai fait capturer Amalia, j’ai pu voir en elle. Votre visage m’est apparu. Sans doute parce qu’elle pensait à vous à ce moment là. Dans tous les cas, en effleurant plus son esprit, j’ai vu qu’elle avait une grande confiance en vous. Lorsque l’on a agit contre les scorbutes, j’ai eu un lien rapide avec vos autres amis, mais n’étant pas des Sadidas, mon contact, avec leurs esprits, n’a été que de l’ordre de la communication. Je n’ai pas lu en eux. J’ai donc gardé l’apparence que j’avais pris pour Amalia.

-Mais vous avez pu lire en moi, comprit la Crâ.

-Oui. Par votre lien avec Amalia et le peuple Sadida, vous êtes plus sensible à leur nature et au lien qu’ils entretiennent avec mes semblables et moi. Cependant, cela ne devrait pas suffire à me permettre de lire ainsi dans votre esprit. Je ne comprenais pas jusqu’à ce que j’apprenne, que l’un de mes semblables, m’avait ouvert la voie en créant un lien entre vous et lui.

-L’Arbre de Vie ! Au moment où Amalia m’a conduit dans son sanctuaire, devina Eva.

-Oui et non, son vrai premier contact avec vous, a été au moment où il vous a livré une vision de la petite princesse Sadida, révéla Feuille Eternelle.

-Quoi ? S’étonna Eva. »

Surprise, elle tendit une main et une flèche apparue autour de laquelle était attachée une feuille. Feuille qu’Evangelyne avait cru trouver par hasard et qui lui avait donné une vision d’Amalia à peine née. Si elle l’avait conservé depuis tout ce temps, la feuille était aussi fraîche que si elle était toujours sur son arbre.

« -L’Arbre de Vie. C’était donc lui.

-En effet. Depuis ce moment là, vous êtes…pas comme une Sadida parce que vous n'avez pas leur pouvoir, mais votre âme mérite, que mes semblables, se penche dessus.

-Comment ça ? grimaça la Crâ pas sûr d’avoir comprit ce que sous entendez Feuille Eternelle

-L’Arbre de Vie semble penser que vous avez besoin d’aide. C’est pour cela, expliqua l’esprit de la forêt en interrompant Eva qui allait protester, que j’ai pris cette apparence, pour vous et pour vous seule. Quand Amalia est rentrée en contact avec vous, cette personne était dans votre esprit. Je n’ai pas eu le temps de savoir qui c’était, mais j’ai su que vous teniez à elle, alors je vous suis apparue ainsi.

-Et maintenant ? Interrogea la jeune Crâ un peu énervée, vous savez ?

-Oui, et c’est pour cela que je suis désolée. Je n’aurais sûrement pas du prendre cette apparence sans savoir tout ce qu’elle impliquait pour vous.

-C’est certain, maugréa l’archère.

-En même temps, c’est un moyen de voir cette personne à nouveau.

-Qu’est ce qui vous fait dire que j’en ai envie ?

-Là, vous êtes de mauvaise fois, jeune fille. Je lis en vous. Je sais que vous aimez énormément cette personne et qu’elle vous manque.

-C’est vrai, admit Evangelyne, mais la voir sans que ce soit vraiment elle…Je ne sais pas si on peut dire que c’est vraiment agréable.

-Je comprends. Pourtant, vous ne m’avez pas demandé de changer d’apparence, fit remarquer la descendante de Chêne mou. »

Evangelyne eut un léger sourire montrant qu’elle avait marqué un point. Depuis que Feuille Eternelle avait prit l’apparence de cette femme, l’archère voguait entre la tristesse et la joie. Car, passé le choc, la revoir lui avait vraiment fait plaisir. Pouvoir à nouveau plonger son regard dans les yeux bleus de la Crâ, lui rappelait de lointains souvenirs. Mais, cela lui rappelait aussi ce qu’elle n’avait plus. Une mère.

« -Avant qu’Amalia n’apparaisse dans l’arbre, céda Eva, la situation me rappelait un peu celle que ma mère avait vécu…avant de disparaître. C’est sans doute la raison pour laquelle vous l’avez vu dans ma tête. Quand je vous ai vu après, sous son apparence, je…j’ai eu mal. Je n’ai que peu de souvenirs d’elle, puisque je n’avais que deux ans quand cela s’est passé, mais ils font parties de ceux que je chéris le plus. Alors, même si je suis honorée d’entrer en contact avec vous, savoir que quelqu’un y fouine, ne me plait pas. Je sais que ma réaction peut vous paraître ingrate mais c’est ma vie.

-Je l’avais compris. C’est d’ailleurs pour cela que je ne suis pas allée plus loin quand j’ai découvert l’histoire de votre mère. Je sais aussi que ce n’est pas à moi d’essayer de vous défaire de cette tristesse que vous gardez en vous. Cependant, je me permettrais de vous donner un conseil. »

Comme Feuille Eternelle semblait attendre son accord, Eva hocha la tête lui montrant qu’elle avait toute son attention.

« -Vous avez des amis, lâcha l’esprit de la forêt. Votre douleur et votre peine ne partiront pas si vous ne les partagez pas. Profitez de leur présence à vos cotés. Il n’est pas donné à tout le monde d’avoir des amis aussi extraordinaires. »

Evangelyne baissa la tête. Elle ne contredisait pas les dires de la jeune gardienne de la forêt, seulement, parler de ce qu’elle avait sur le cœur lui était simplement impossible.

« -J’aime mes amis. Je suis heureuse de les avoir à mes cotés. Mais mon passé ne peut pas, ne doit pas, faire partie de leur vie, déclara fermement Eva.

-Il en fait pourtant déjà partie, puisque vous en faites partie vous-même. Votre passé est une véritable énigme. Je n’ai que survolé votre subconscient et je sais que, ce que j’ai vu, n’est que la pointe de l’iceberg.

-Croyez-moi : personne ne voudrait connaître le reste, ni le vivre.

-Je n’en doute pas. La perte d’un parent est extrêmement douloureux, je ne préfère pas imaginer ce que vous avez vécu pour souffrir encore plus. Mais rien ne s’arrangera si vous ne faites rien pour. Et cela m’inquiète.

-Rassurez-vous, sourit la Crâ, touchée de l’attention de son interlocutrice. Je ne suis pas seule.

-Alors, tant mieux, fit l’esprit même si elle semblait peu convaincu par les dires d’Eva. Maintenant, il est tant pour vous de retrouver vos amis. J’espère vraiment que vous trouverez la paix, même si, cela ne semble pas dans vos priorités. »

Feuille Eternelle était sur le point de faire un mouvement de la main pour rompre le lien, quand la jeune femme l’interpella. L’archère sembla hésiter.

« -Merci, fit alors la Crâ. D’avoir essayé de m’aider. Je sais que je donne l’air d’être inflexible sur ce sujet, mais j’ai apprécié ce que vous m’avez dit. Et, même si on a pas eu la conversation que je préfère avoir, je suis sincèrement honorée d’être entré en contact avec vous. »

Feuille Eternelle tendit les bras vers la jeune Crâ tandis qu’un immense sourire s’affichait sur son visage. Evangelyne hésita un instant puis traversa l’espace qui les séparait. En se lovant dans les bras réconfortant du double de sa mère, un souvenir revint soudainement à sa mémoire.

Au sourire qu’elle vit affichait sur le visage de l’esprit de la forêt quand elle quitta ses bras, Eva comprit que c’était elle qui lui avait remémoré ce souvenir. Mais elle n’eut pas le temps de poser la question. L’espace dans lequel elle se trouvait se mit à briller plus fort et l’image de sa mère disparut. L’instant qui suivit, elle se retrouva agenouillé devant la petite pousse au sein du sanctuaire, ses amis autour d’elle.

« -Ca a été rapide, remarqua Yugo.

-Rapide ? s’étonna la Crâ.

-Ben, tu viens juste de toucher la feuille.

-C’est normal, Yugo, le temps s’écoule différemment quand on parle avec un esprit, expliqua Amalia. Ou quand on est dans son sanctuaire.

-En effet, résonna alors la voix de Feuille Eternelle dans le sanctuaire. C’est pour cela que je vous offre la possibilité de vous reposer ici. Merci, à chacun d’entre vous de m’avoir aidé à sauver la forêt. Désormais, je sais comment la protéger et vous serez toujours les bienvenus ici. Mais maintenant, reposez-vous, aventuriers, je veuille sur votre sommeil. »

La confrérie n’eut pas le temps de dire quoique ce soit, que la fatigue sembla les gagner. Ils s’allongèrent tous sur le sol tendre du sanctuaire et sombrèrent dans l’inconscient. Avant de s’endormir, Evangelyne se remémora un souvenir retrouvé.

Elle pleurait. La peur lui nouait le ventre tandis que des larmes coulaient doucement sur ses joues. Autour d’elle, d’immenses arbres sombres s’élevaient. D’étranges et inquiétants bruits se faisaient entendre dans les buissons qui l’entouraient. Pourtant, ce n’était pas la raison de ses pleurs. L’enfant avait perdu sa mère.

Un groupe de villageois s’était rendu un après midi, dans la forêt la plus proche du village, afin de faire un stock de bois mort pour l’hiver. Deux jeunes Crâ avaient été choisis pour surveiller et jouer avec les quelques enfants qui les avaient accompagné et qui devait les attendre auprès des chariots à la lisière de la forêt. Peu habitué à la laisser seule, la jeune mère avait laissé à contre cœur sa fille aux mains des adolescents. L’enfant avait d’abord joué avec les jeunes gens, mais très vite, sa curiosité pour cette étendue verte, l’avait emporté. Echappant à la vigilance de ses gardiens, elle s’était enfoncée dans la forêt. Sans s’en rendre vraiment compte, sa fascination l’avait amené à s’éloigner de plus en plus. Et ce n’est que quand le soleil avait commencé à se coucher, que la petite Crâ s’était aperçue qu’elle était perdue.

Alors, elle pleurait car elle s’en voulait. Elle s’en voulait car elle savait que sa mère devait être inquiète. Elle s’en voulait de ne pas être assez grande pour faire comme les guerriers dont lui parlait sa mère et retrouver son chemin pour pouvoir la rassurer. Alors, la petite Crâ s’était recroquevillée sur elle même et avait attendu.

Au bout d’un moment, une voix se fit entendre. Un appel désespéré. La petite Crâ se leva et aperçut sa mère. Alors, elle courut se réfugier dans ses bras.

« -Lily !! Par Crâ, Lily, tu m’as fait tellement peur.

-J’suis désolée, Maman. Voulais pas…Excuse moi. »

La Crâ serra sa petite fugueuse contre elle. Trop soulagée de l’avoir retrouvée, elle ne pensa pas une seconde à la gronder. La petite avait, de toute façon, eut suffisamment d’émotion pour ne pas avoir à en rajouter. Cependant, elle décida de demander quelques explications.

« -Pourquoi es tu partie ? Je t’avais demandé de rester et de m’attendre.

-Voulais voir les arbres, Maman. C’est beau, tu sais, s’exclama la fillette, toutes traces de ses pleurs envolées.

-Bien sûr que c’est beau, dit la Crâ en souriant face à l’expression ébahie de sa fille. Mais ce n’est pas une raison pour me faire aussi peur. Tu imagines si je ne t’avais pas retrouvé.

-Ca, c’est impossible ! Parce que t’es la meilleure pour suivre les traces. Affirma Evangelyne avec des mots d’enfant.»

La femme rigola avant de se lever, la petite dans ses bras, et de repartir en direction des autres villageois.

« - Quand je serais plus grande, je veux être aussi forte que toi, déclara sa fille. Promis, je deviendrais une grande guerrière et comme ça, je me perdrais plus jamais. Et tu n’auras plus à t’inquiéter.

-Mais alors tu n’auras plus besoin de moi, fit remarquer la Crâ.

-Quoi, non ! J’ai besoin de toi. Je veux que tu sois toujours avec moi. »

La Crâ s’arrêta. Elle posa sa fille et s’agenouilla devant elle.

« -Tu sais, Lily. Si tu veux devenir une grande guerrière, il faudra que tu voyages beaucoup et tu ne seras pas tout le temps avec moi. Tu es encore trop jeune pour faire ce choix et pour vraiment comprendre ce qu’il implique. Mais je vais te donner ça. »

La mère d’Eva défit de son cou un collier et l’attacha à celui de sa fille. La petite regarda le pendentif qu’elle avait toujours vu sur sa mère. C’était une goutte d’eau, bleu, comme les yeux de sa mère.

« -Quand j’étais enfant, j’ai fait la même promesse que toi à ma mère. Et quand j’ai été en âge de commencer ma formation, elle m’a offert ce pendentif pour que je sache qu’elle serait toujours près de moi. Aujourd’hui, c’est moi qui te le donne pour que, quelque soit l’endroit où tu es, tu saches que je veille sur toi. Même si ce n’est que quand tu es perdue dans la forêt, rajouta t-elle en plaisantant.

-Merci maman, fit l’enfant en embrassant sa mère. »

La Crâ sourit puis reprit sa fille dans ses bras. Sur le chemin du retour, l’enfant contempla le pendentif au creux de sa paume. Quand elles sortirent du couvert des arbres, la petite Crâ regarda une dernière fois la forêt.

A ce moment là, elle ne se doutait pas que, dans un futur pas si lointain, elle vivrait au cœur même de cette forêt, parmi le peuple Sadida. Qu’elle apprendrait à vivre avec eux et avec les êtres de la nature qu’ils protégent. Qu’elle rencontrerait la princesse de ce royaume et qu’elle en deviendrait la meilleure amie. Non, elle ne se doutait de rien mais dans la forêt, loin, quelqu’un s’en doutait à sa place. Car il avait vu cette petite Crâ s’aventurait sans peur dans une des forêts les plus impressionnantes. Il avait aussi remarqué que la nature semblait la fasciner. Alors, l’Arbre de Vie savait, que quand le moment serait venu, Evangelyne serait appelée à jouer un rôle important auprès des Sadida.

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[b]Mini Chapitre 20


Lorsqu’ Amalia ouvrit les yeux, elle découvrit, avec surprise, qu’elle se trouvait à la lisière de la forêt interdite. A coté d’elle, ses amis commençaient juste à émerger d’un sommeille réparateur. Leur combat contre les scorbutes les avaient vidé de leur force vitale. Mais Yugo et Adamaï découvrir avec plaisir que leur resserve de Wakfu était pleine à nouveau. Quant à Ruel, lorsqu’il se leva, il était sur le point de se plaindre, qu’à cause d’Amalia, son vieux corps allait le faire souffrir pendant des jours, mais la sadidette le devança et lui fit remarquer que le sommeil, dans lequel Feuille Eternelle les avaient plongé, l’avait guéris de tous effets secondaires dus à la bataille.

« -Et non, Ruel, tu ne vas pas pouvoir faire le coup du : [i]je suis vieux et fatigué, je peux pas aller chercher le bois pour le feu, imita la sadida.

-Mais c’est pas vrai, j’ai jamais eu l’intention de vous faire croire que j’avais mal, se défendit l’Enutrof.

-Mais oui, prend moi pour une Iop, s’amusa Amalia. Si je n’avais pas su que Feuille Eternelle pouvait guérir les courbatures, tu te serais bien abstenu de nous le dire et tu te serais plein pendant des jours, histoire de te faire servir.

-Pff, même pas drôle, marmonna Ruel sous le regard triomphant de la princesse.

-Et si on retournait au village, proposa Alibert. Histoire de rassurer les habitants. »

Sur ce, tout le monde se leva et ils se dirigèrent vers Emelka où, à leur arrivée, les habitants les accueillirent avec de grands cris de joie. Leur retour signifiait qu’ils avaient réussi à se débarrasser des créatures. Alors, ils ouvrirent tous les volets et les fenêtres, et quittèrent leur maison. Au grand plaisir des garçons, on leur proposa de raconter leur histoire pendant le repas du midi. Aussitôt, les habitants préparèrent une grande attablée autour de laquelle tous le monde s’installa. Quand Alibert et les filles eurent finis de conté leur aventure, les autres étant trop occupés à s’empiffrer, les habitants regardèrent la princesse Amalia avec admiration. Rare était les Sadidas qui passaient dans leur village, ils ignoraient donc tout de leur capacité.

Après quelques heures passées en compagnie des villageois, la confrérie décida de quitter Emelka. Yugo étant originaire de ce village, l’homme en noir, s’il avait un minimum d’informations sur le possesseur de l’objet qu’il convoitait, risquait d’envoyer ses hommes dans le village. Ils avaient donc décidé de ne pas y traîner trop longtemps afin de ne pas faire prendre de risque à la population. Pour la même raison, Alibert avait choisit, avant leur départ du royaume Sadida, de rester chez lui. Après avoir donné l’accolade à son vieil ami, l’Enutrof embrassa son fils après lui avoir fait promettre de faire bien attention à lui. Avec beaucoup de fierté, il regarda son fils, accompagné de tous ses amis, s’en aller vers de nouvelles aventures.
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Score : 179

Preum's biggrin

[Hahahaha, j'vous ai tous grillés... Z'êtes jaloux, hein wink *meurt* ]

J'aime *o* [Bon, ça change pas, hein xD]

Une fois n'est pas coutume, je commencerais par le négatif.

  1. Des fautes d'orthographes. Rien de bien méchant, hein, et -LMS- se chargera avec plaisir de te les relever (chacun son tour biggrin) mais l'une d'entre elle m'a particulièrement « choquée » : L’Arbre de Vie semble pensait que vous avez besoin d’aide. Rooooh... Penser, voyons >.> Bref, cette petite chose mise à part, je n'ai rien à relever ^^
  2. « Rigolait » : cela fait plusieurs fois que tu l'emploies, et je tiens à te faire remarquer que ce mot appartient au langage familier (en fait on en a rien à faire, je sais, mais ma prof de français m'a bassinée toute l'année avec ça, donc je me venge x) ) et gâche un peu l'effet de la phrase (enfin, je trouve). « Eclater de rire », « rire au éclat », « étouffa un rire »... Sont autant d'expressions de sens similaires mais qui, selon moi, sonnent bien mieux que le verbe « rigoler » [que je trouve assez moche en fait, allez savoir pourquoi, ça me fait penser à une grosse baleine obèse. Oui, je sais, je suis spéciale ._.]
  3. Les négations. Je ne sais pas si c'est sciemment ou par inadvertance [roh le mot O.O] mais tu en as beaucoup oubliées, et ça gêne. « parce que vous avez pas leur pouvoir » est un exemple parmi tant d'autres ('fin bon, c'est faire une montagne de pas grand-chose, hein, mais tu as quand même dû faire cinq fois la faute et là encore, mon père me rabâche qu'il faut mettre la négation dans ses phrases. Comme quoi, je suis vraiment une fille traumatisée au niveau du français...). Parce que vous n'avez pas leur pouvoir, ça sonne quand même mieux, non ?
  4. Tu recommences à mettre des virgules un peu partout, mais, bizarrement, ça me gêne moins qu'avant. C'est peut-être ton style, après tout. Il y a encore certaines phrases où c'est vraiment déplacé, je trouve, mais sinon on s'habitue ^^

Et maintenant, le positif biggrin (parce que tu dois me haïr, non, de t'avoir fait une telle liste xD)

  1. On en apprend enfin plus sur Eva *o* (C'est bizarre comme un seul chapitre peut révéler des milliers de trucs alors qu'en l'espace de 6 chapitres, t'as dû avoir une dizaine de sous-entendus mais pas une seule vraie info bien croustillante à te mettre sous la dent. J'adore x) Ah, on sait enfin qui est la mère d'Eva. Et l'origine d'un de ses pendentifs. Incroyable la façon dont t'as ficelé tout ça. On dirait du J.K.Rowling (vous savez, le p'tit truc insignifiant balancé au beau milieu du chapitre 21 ligne 9, et qui a en vérité une importance capitale dans l'histoire...). Je te nomme officiellement Maître du Suspens !
  2. La longueur, parfaite. La police en gras me gêne un peu, mais c'est rien, osef.
  3. La relation Eva/Sadidas. Ça va donc bien plus loin qu'un simple rôle de garde du corps... Si ça s'trouve, on va voir débarquer le père d'Eva avec sa grosse tignasse verte et ses habits en bois qui la regardera solennellement et lui dira d'une voix grave : « Eva, je suis un Sadida ». [P'tain ça d'vient grave, à ce stade (mais y a plus d'stade !), faut que je me fasse soigner...].
  4. [*]Les phrases qui clashent. OMG. J'adore. Eva elle roxe *o*

    -En même temps, c’est un moyen de voir cette personne à nouveau.
    -Qu’est ce qui vous fait dire que j’en ai envie ?


    Ou encore :

    -Croyez-moi : personne ne voudrait connaître le reste, ni le vivre.

    Ça fait tellement réplique de cinéma, et ça colle tellement avec son perso... Mais la meilleur d'entre toute reste celle-là :

    -J’aime mes amis. Je suis heureuse de les avoir à mes cotés. Mais mon passé ne peut pas, ne doit pas, faire partie de leur vie.

    C'est exactement le genre de phrases que j'adore lire et écrire (en me chiant la plupart du temps, faut avouer xD). Ça clashent, ça accrochent, ça pète, c'est génial. Je te tire mon chapeau !
    (En fait Eva c'est le genre de perso torturé qui garde tout pour elle, et CA, ça roxxe. Je ne le dirai jamais assez, j'aime ce genre de persos, et je ne le dirais jamais aussi, il n'y en a pas assez [MAIS POURQUOI avoir supprimer Meredith de la série Vampire Diairies, hein, POURQUOI (TT)] ).
    Note : en même temps, s'il y en avait trop, ça gâcherait le plaisir... N'empêche, je veux ma Meredith, na sleep
  5. Tout quoi. J'aime ce chapitre. Le « mini chapitre 20 » m'a fait bien marrer, sans même que je sache pourquoi xD

Le prochain chapitre a intérêt à être à la hauteur, hein ! Sinon... *sourire sadique*
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Score : 543

Maître du suspens ! Rien que ça…J’adore !

Merci Akuo pour ton commentaire très constructif. Désolée pour les fautes (énormes celle-là j’avoue) et les virgules en trop. Pour la police en gras, ça s’est fait tout seul, je sais pas pourquoi.

Comme promis, le début de la partie six pour encourager nos pauvres bacheliers.

Partie 6 : jalousie et conflits

Chapitre 21



« -J’ai faim, se plaignit Ruel.

-Je meurs de faim, rajouta Yugo.

-Et moi donc, surenchéri Adamaï. Je crois que je pourrais avaler un troupeau de bouftou.

-Vous exagérez quand même ! S’exclama Amalia. On s’est arrêté, il y a à peine quelques heures.

-Pour que Madame la princesse Sadida puisse se reposer, rappela l’Enutrof.

-Pitié ! Tu vas me faire croire que vous n’en avez pas profité pour vider ton havre-sac de toutes nourritures.

-Mais justement Amalia, on a plus rien à se mettre sous la dent depuis, expliqua l’Eliatrope.

-D’après Gruffon, on est plus très loin du village d’Enhia, déclara Eva en regardant la carte magique. Alors, plus vite vous arrêterez de vous plaindre, et plus vite on y arrivera.

-Et plus vite on pourra arrêter de supporter vos horribles bruits de ventre, rajouta la Sadidette.

-Enhia ! Grimaça le vieux chasseur de prime. Vous n’avez pas trouvé mieux comme destination ?

-Mais tu n’en as pas marre ? Grogna la princesse. Alibert nous a conseillé cet endroit. D’après lui, il y a une excellente auberge.

-Justement, elle est tellement excellente, qu’elle attire un monde fou.

-Et alors ? Ou est le problème ? Demanda Yugo. Tant qu’on peut manger.

-Le problème mon petit yugo : c’est que plus il y a de monde, plus tu dois dépenser des kamas. »

Amalia et Evangelyne se regardèrent d’un air désespéré. Décidément, Ruel ne changerait jamais. Il préférait mourir de faim que dépenser un kama. Sous les marmonnements de l’Enutrof, qui se plaignait d’être encore celui qui allait devoir payer pour tout le monde, la troupe se remit en marche. Alors que les filles avançaient devant, les garçons lambinaient à l’arrière, leur estomac continuant un concert de plaintes. Tristepin, lui, fermait la marche sans broncher.

Cela faisait maintenant trois jours que la confrérie avait quitté le village d’Emelka. Et depuis, le Iop avait à peine prononcé un mot. Restant à l’égard, il semblait prit dans une profonde mélancolie dont aucun d’eux ne connaissait la cause. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayé mais le chevalier était têtu comme une dragodinde. A chaque fois que l’un d’eux aller pour lui parler, le Iop marmonnait à peine gentiment que ce n’était rien. A la surprise de tous, il était même beaucoup plus désagréable quand c’était Evangelyne qui venait lui parler. Celle-ci comprenait de moins en moins le comportement du Iop. Pendant le combat contre les scorbutes, il lui avait semblé que le gardien de shushu était redevenu lui-même. Du moins, l’avait-il protégé comme il l’avait toujours fait, et elle savait, pour avoir vu le rouge que son visage avait prit, qu’il avait apprécié le baiser sur la joue qu’elle lui avait donné avant de partir à la recherche de sa protégée. Pourtant, depuis qu’elle s’était réveillée du sommeil dans lequel Feuille Eternelle les avaient plongé, Tristepin ne lui avait plus dit un mot. Et cela l’attristait plus qu’elle ne l’aurait cru.

Après avoir essayé à plusieurs reprises de lui demander ce qu’elle avait pu faire et n’obtenant que des réponses désagréables, Eva avait décidé d’ignorer le Iop. Amalia avait bien essayé de les rabibocher en rassurant son amie sur l’état passager de Tristepin, mais, vexée, la Crâ ne voulait plus entendre parler de lui. Connaissant son amie, la princesse savait que sa nature Crâ la poussait à réagir ainsi, mais elle savait aussi que la jeune femme souffrait beaucoup des réactions du Iop, malgré la distance qu’elle gardait entre eux.

C’est donc une confrérie affamée et tendue qui atteignit enfin le hameau d’Enhia où ils avaient décidé de faire leur prochaine escale. Situé contre le flanc d’une colline où se dressait une vieille et grande demeure, le village s’étendait le long d’une rivière et était protégée par une enceinte. D’après ce que leur avait dit Alibert, Enhia avait dressé ces murailles dans le but d’arrêter les fréquentes attaques de pillards. Depuis leur édification, la petite ville avait pu prospérer en paix, devenant aujourd’hui, un lieu très fréquenté dirigé par un bienveillant comte.

Pourtant, ils n’étaient qu’à quelques mètres de l’une des portes de la cité quand des bruits de combats arrivèrent jusqu’à eux. Aussitôt, ils s’élancèrent jusqu’à l’endroit d’où venaient les bruits. Se cachant au coin d’une rue, ils découvrirent une quarantaine de brigands, de toutes classes confondues, en train de piller la place et d’effrayer la population qui avaient été regroupée et attachée avec quelques soldats au centre de l’esplanade. Accroupie, derrière une maison, Evangelyne fit un signe de la main dans leur direction avant de pointer deux doigts en direction des jumeaux. Ceux ci hochèrent la tête en comprenant ce que leur ordonner la Crâ. Continuant à utiliser le langage des signes, comme lui avait appris son mentor lorsqu’elle était très jeune, elle désigna les pillards qui se trouvaient sur la partie droite de la place et les attribua à Ruel et Tristepin, puis elle montra à Amalia qu’elles attaqueraient ceux de gauche ensemble. Si tous les autres avaient compris, Eva leur ayant appris les rudiments du langage muet lors de leur première aventure, le Iop, lui, grimaça sans comprendre. L’Enutrof leva les yeux au ciel et lui souffla fais comme moi avant d’attaquer.

Surpris de passer de l’assaillant à l’assailli, plusieurs brigands n’eurent pas le temps d’esquisser un geste qu’ils étaient déjà mis hors jeu. Aidée de ses ronces, Amalia avait assommé deux Pandawa l’un contre l’autre, tandis qu’Evangelyne venait de geler un Iop et un Sadida. De son coté, la pelle de Ruel avait frappé un malfrat et s’apprêtait à faire de même avec un second, mais l’Ecaflip l’esquiva juste à temps. Il n’eut cependant pas le temps de s’en réjouir que Tristepin, qui avait compris ce qu’on attendait de lui, le neutralisa d’un revers d’épée.

Retrouvant leurs esprits, les pilleurs lâchèrent leur butin pour se jeter sur leur adversaire. Tandis que leurs amis faisaient diversions, Yugo et Adamaï sautèrent dans un portail afin de se retrouver derrière les prisonniers. Surpris de leur apparition, les captifs ne firent cependant aucuns bruits afin de ne pas alerter l’un des brigands. Aidés de leur dague ou de leur griffe, les frères défirent en premier les liens qui retenaient les soldats. Une fois libérés, ceux-ci se jetèrent dans le chaos ambiant afin d’aider le reste de la confrérie à se débarrasser des pillards. L’Eliatrope continuait de libérer les habitants quand soudain son jumeau le plaqua au sol alors qu’une flèche passait juste au-dessus d’eux. Sur le toit d’une maison, trois Crâ les avaient pris pour cibles pour les empêcher de libérer le reste des prisonniers. D’autres flèches faillirent les embrocher mais Yugo ouvrit rapidement un portail et roula dedans avec son frère. Ils atterrirent au pied d’une maison à l’abri des tires. Les Crâ n’ayant plus leurs cibles en vue, ils visèrent le Iop qui faisait de gros dégâts parmi les leur. Loin de se douter de la menace qui pesait sur lui, Tristepin faisait virevolter son épée autour de lui, se battant contre un Pandawa et deux Ecaflip, alors que déjà quatre d’entre eux étaient au sol inconscients. Trop loin de son ami pour créer un portail qui absorberait les projectiles, Yugo vit avec horreur trois flèches se dirigeaient droit sur le Iop. Mais avant qu’elles n’atteignent le chevalier, elle furent dévier par des tires d’Evangelyne. Pendant qu’Amalia tenait deux Féca à distance avec ses ronces, la jeune femme visa les Crâ perchaient au sommet des maisons. Obligeaient de s’abriter pour éviter les raids de l’archère, les trois brigands avaient moins d’opportunité de tirer sur la confrérie et leur allié. Profitant qu’Eva monopolisait leur attention, l’Eliatrope sauta de portail en portail afin d’atteindre les toits. Rejoint par son frère, ils prirent de revers les archers et assommèrent deux d’entre eux. Le troisième banda alors son arc et visa le garçon. Aussitôt, Yugo créa un portail devant lui et en ouvrit un autre qui libéra les flèches de leur ennemi au niveau de ses pieds. Déséquilibré, le Crâ recula et tomba. En se penchant par-dessus le toit, les jumeaux rigolèrent en constatant que le brigand était tombé sur les deux Féca que retenait la princesse, les assommant au passage.

De leur poste d’observation, ils virent avec plaisir que la situation était désormais totalement maîtrisée. Les habitants, qui avaient fini par être libéré par un soldat, étaient en train de ligoter les pillards qui gisaient au sol tandis que les derniers brigands se rendaient.

Alors qu’Eva tenait en respect deux Roublards, Amalia s’approcha d’eux avec un air mauvais. Ruel, qui se tenait à coté de la Crâ, regarda la princesse avec un sourire.

« -Ca va barder ! Murmura t–il à l’intention de la garde du corps qui sourit à son tour. »

Une seconde plus tard, Amalia gifla les deux voleurs tellement fort qu’elle les fit tomber sur les fesses.

« -Espèces de malades ! S’écria la sadidette en secouant sa main douloureuse. Voler des boutiques de modes. Mais vous vous prenez pour qui ?! »

Ecroulait de rire, la confrérie se regroupa autour de la Sadida sous les yeux ébahis des soldats, des habitants et des voleurs.

« -Par Iop, cette gifle était impressionnante, Amalia, admira Tristepin.

-Pour une fois que ce n’est pas moi qui prends, je suis d’accord avec Pinpin, plaisanta Ruel.

-Merci, les gars. Ils l’avaient bien mérité, maugréa la princesse en jetant un regard en biais aux deux pillards qu’Evangelyne amenait auprès des autres prisonniers.

-Vos amis ont raison, fit alors une voix derrière eux. C’était un sacré coup.»

En se retournant, ils découvrirent un Sacrieur juchait sur une dragodinde. Ne l’ayant pas repéré avant, ils devinèrent que l’inconnu venait juste d’arriver. Agé d’environ une vingtaine d’année, le jeune homme avait les cheveux châtains assez long, retenus en arrière, et de grands yeux bleus pâles. Il portait un tee-shirt noir qui laissait voir des muscles saillants et un pantalon beige autour duquel s’entourait un tissu rouge sang qui portait la marque des Sacrieurs. A la vue des décorations sur sa monture, la confrérie comprit qu’il s’agissait de quelqu’un d’important.

« -Merci, j’ai appris de la meilleure, plaisanta la princesse en faisant un clin d’œil à ses amis qui sourirent en se rappelant de la petite démonstration d’Eva sur le bateau qui les ramenaient au royaume Sadida lors de leur première aventure.

-C’est à n’en pas douter. Permettez-moi de me présenter, je suis Xalian De Lorne déclara le Sacrieur après être descendu de monture.

-De Lorne ? Comme Nathalian De Lorne ? Demanda Ruel surpris.

-Exact, c’est mon père, avoua le jeune homme. Vous le connaissez ?

-J’ai eu l’occasion de le rencontrer à quelques reprises lors de mes déplacements pour les match de Boufbowl. C’était la belle époque, se rappela l’Enutrof, un sourire sur le visage.

-Un vieil Enutrof, réfléchit le Sacrieur en examinant l’ancienne légende du Boufbowl. Ne seriez vous pas Ruel Stroud ?

-En effet. Vous avez entendu parler de moi ? S’exclama l’ancien boufbowleur, fier de lui.

-Après vos récents exploits à Bonta, mon père m’a dit vous avoir rencontré. Je présume que ce sont vos équipiers, devina Xalian en regardant le Iop, la Sadida, l’Eliatrope et le dragonnet.

-Voici Amalia, la receveuse, présenta Ruel.

-Princesse Amalia Sheram Sharm, précisa le jeune homme en faisant une révérence devant la sadidette. J’ai été très impressionné d’apprendre qu’une princesse savait aussi bien jouer, rajouta t-il au grand plaisir de la jeune fille.

-Yugo, le petit jeune de l’équipe et son frère Adamaï.

-C’est toi qui a marqué le dernier point, il me semble ?

-Oui, mais c’était grâce à Pinpin, répondit l’Eliatrope en désignant son ami.

-Pinpin ? Répéta le Sacrieur sur un ton un peu moqueur.

-A vrai dire, c’est sire Tristepin de Percédal, gardien de shushu, corrigea le Iop, un peu vexé.

-Ah, ça me revient ! Vous êtes celui qui a marqué contre sa propre équipe, déclara Xalian.

-Mais il s’est très bien rattrapé, défendit Yugo, qui sentait son ami s’énerver. Sans lui, les Boufton rouge aurait gagné et je n’aurais jamais pu atteindre l’île d’Oma pour rencontrer mon frère. »

Tristepin regarda son ami, le remerciant silencieusement. Le fils du Comte ne sembla pas convaincu de la bravoure du Iop mais ne fit plus aucune remarque.

« -Il ne vous manque pas un joueur ? Remarqua t-il en se tournant vers Ruel, il me semblait qu’il y avait un Crâ parmi vous.

-Une Crâ, en faite, corrigea Amalia, et elle est allée livrer ces deux imbéciles de Roublard à vos hommes.

-Oh. Pardonnez-moi. Bonta est assez loin et je n’ai eu que quelques rumeurs et histoires de voyageurs pour me tenir au courant. A part certaines anecdotes croustillantes…dit-il en regardant le chevalier avec un sourire suffisant, je n’ai pas eu beaucoup de renseignement sur la constitution des équipes.

-Vous saviez pourtant que j’étais une princesse, remarqua la Sadida.

-Qui peut ignorer qu’une princesse à jouer au Boufbowl et a aidé son équipe à gagner ? »

-Doucement sur les compliments, sinon elle va finir par avoir la grosse tête, plaisanta Ruel. Déjà qu’elle l’a. Il faudrait pas que ça empire.

-Ruel ! Grogna la princesse. Espèce de …

-Amalia ! Interrompit Eva qui venait juste de les rejoindre. Fais un effort, s’il te plait. Je sais que Ruel est parfois insupportable, mais ces gens n’ont pas besoin d’une nouvelle bagarre.

-Dommage, souffla la sadidette tandis que l’Enutrof poussait un soupir de soulagement.

-Merci Eva. Amalia peut être une vrai furie, taquina à nouveau l’ancien boufbowleur.

-Ruel ! N’exagère pas quand même. Sinon…je lâche la furie sur toi, menaça Eva. »

Se prenant au jeu, Amalia plaqua son poing dans sa main et prit un air mauvais, comme celui qu’elle avait prit avec les deux Roublards. Comprenant le message, l’Enutrof s’éloigna un peu et changea de sujet en présentant Evangelyne à Xalian, qui avait regardé la scène amusé. L’intérêt du jeune Sacrieur pour la Crâ ne passa pas inaperçu. Quand il se pencha pour déposer un baiser sur sa main, Eva ne fut pas la seule à grimacer. Un peu plus loin, Tristepin serra les dents de jalousie. Des réactions qu’Amalia repéra aussitôt. Pour elle la situation ne pouvait pas mieux tomber : si Tristepin était jaloux de Xalian, elle pourra sûrement réussir à rapprocher ses deux amis. En jetant un œil à Yugo, elle comprit que le petit Eliatrope, qui était aussi attristé qu’elle de la tension entre Eva et Pinpin, avait eu la même idée.

« -Vous êtes en charge de la protection de cette ville, alors, demanda Eva en retirant sa main de celle du fils du Comte, sans paraître trop malpolie. Comment cette situation a pu se produire ? Je croyais que les enceintes protégées votre peuple.

-C’est le cas. Seulement, habituellement, nous sommes plus nombreux.

-Où sont les autres ? Interrogea Yugo.

-Une grande partie est allée au grand marché annuel de Bonta, qui a eu lieu il y a deux jours. Ils doivent être sur le chemin du retour. Mes hommes et moi étions partis à la recherche d’un groupe de Mulous qui sévit près d’ici. Je pense que ces pillards ont du profiter de notre absence pour prendre la ville. Nous n’avons plus eu de problème depuis des années, je ne pensais pas qu’il pourrait y en avoir pendant ma courte absence. J’aurais du être plus prévoyant, admit le Sacrieur. Enfin, heureusement, vous étiez là. La population n’a pas souffert et les brigands sont attrapés. Comment puis je vous remercier de votre aide ?

-C’est inutile, répondit Eva en interrompant Ruel qui était sur le point d’énumérer une liste. Ce que nous avons fait, n’importe qui l’aurait fait à notre place. C’était normal.

-Vous resterez bien un moment à Enhia, insista Xalian. Le temps qu’on range un peu ce chaos et la ville vous montrera tous ses charmes qui font notre renommé.

-C’est gentil, mais on devrait reprendre la route, fit la Crâ qui se sentait mal à l’aise avec le fils du Comte.

-Eva a raison, intervint Tristepin à la surprise de tous ses amis. Weldor nous a dit de ne pas nous attarder trop longtemps au même endroit.

-Mais non voyons, on n’est pas si pressé. Weldor parlait de plusieurs jours. On peut bien passer une nuit ici, fit la sadidette en lançant un clin d’œil à Yugo qui comprit aussitôt où elle voulait en venir.

-Amalia a raison. C’est l’occasion de goûter la cuisine locale, Pinpin, rajouta l’Eliatrope.

-Bon alors c’est décidé. Vous serez mes invités, déclara Xalian, au grand désespoir d’Evangelyne et de Tristepin. Dalnar ! »

Un peu plus loin, un vieux Pandawa leva la tête et, au signe du Sacrieur, s’approcha d’eux. Arrivé à leur hauteur, le fils du Comte lui présenta la confrérie. Le Pandawa les remercia alors chaleureusement de leur aide.

« -Dalnar est le maître aubergiste de notre cité, expliqua le jeune homme. Il n’y a pas meilleur cuistot que lui dans les environs.

-Merci, messire Xalian. Mais je ne fais que mon travail.

-Et tu y excelle. Dis-moi, ton auberge a t-elle subit des dégâts ? S’informa le Sacrieur.

-Non, messire. Ces pillards ont préféré saccager les magasins plutôt que mon auberge.

-Tant mieux. Si tu ne te sens pas trop éprouvé par cette attaque, j’aimerais que tu serves ton meilleur plat à nos héros. Pendant ce temps, je vais faire le bilan des dégâts et organiser les réparations.

-Pas de problème, messire, répondit le cuistot.

-On devrait plutôt vous aider, que manger pendant que tous le monde travail, fit remarquer Eva. »

Ce fut ce moment là que choisirent les ventres des garçons pour se rappeler à leurs bons souvenirs faisant ainsi sourire le Sacrieur tandis qu’Amalia et Eva levait les yeux au ciel.

« -Ne vous inquiétez pas, Evangelyne. Les habitants sont encore trop secoués pour commencer maintenant. Et c’est l’heure du déjeuner, donc ils vont se reposer et on commencera plus tard. Si vous le souhaitez, vous pourrez nous aider à ce moment là, proposa Xalian, avant de se tourner vers le Pandawa. Je compte sur toi pour t’occuper d’eux.

-Bien, messire. Venez avec moi. »

La confrérie suivit le Pandawa vers son auberge pendant que le Sacrieur retournait auprès de ses hommes. Avant de rentrer dans l’auberge, Eva vit le fils du comte ordonner la fermeture des portes de la ville. Bien qu’elle savait que c’était pour la sécurité de la cité, elle ne put s’empêcher de grimacer à l’idée d’être ainsi enfermée.

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Score : 179

[Me revoilà biggrin Après 5h de révisions, le réconfort... Enfin !]

Un petit chapitre de transition, bien agréable, plus descriptif qu'autre chose, avec une bonne petite baston revigorante (+ 1 pour la baffe de notre princesse favorite xD).

Pinpin a repris son rôle de méchant boudeur [mais ce mec est lunatique, c'est pas possible O.O Ou alors c'est fait exprès ? Hum...].

Et again une personne qui craque pour Eva x) Je suppose que l'histoire l'obligeait... Surtout que je le sens mal ce Xalian (aaaah, un nom en 'an'... Un grand classique x) – je suis aussi une spécialiste du genre xD – ) j'sais pas quoi. Sûr que c'est un terroriste. Ou un psychopathe. Ou un sbire « d'Homme en Noir N°1 ». Ouais, ça doit être ça. Si ça s'trouve, il collectionne les têtes de ses victimes et il porte un slip cousu avec les cheveux des femmes qu'il tue (euh... oubliez le passage sur le slip >..

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Score : 798

Miam ! Quel croustillant chapitre !
merci pour le repas

ioslesombrean

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Score : 270
J'aime la dédicace aux pauvres bacheliers (j'insiste sur le pauvre tongue)

Au commentaire d'Akuo, je n'ajouterai que le problème grammatical et d'orthographe, mais vu que tu l'as signalé avant de publier ton texte, je peux rien dire... (Déja qu'il y a pas grand chose à critiquer, si en plus tu nous laisses pas les fautes!)

Et Xalian, je le sens vraiment pas non plus... J'te dis Akuo, c'est pas le "an" mais le X. Comment ça se fait qu'il n'arrive qu'à la fin de l'attaque alors qu'il a une dragodinde? Et puis, même si sa garde était moins nombreuse, elle aurait surement suffi, vu que la confrérie a réussi à repousser les assaillants à elle seule... Bref, il ne m'inspire pas du tout confiance ce Xalian. Mais il est Sacrieur alors ça passe wink

Je crois bien que ce post sera le dernier post avant longtemps, puisque je pars mardi pour un mois. Mais au moins à mon retour, je pourrais me lire 5 bon chapitres (au moins!). Je laisse en attendant, le rôle d'hypothèses les plus foireuses à Akuo, il me semble que c'est elle qui y excelle le plus (on ne mentionnera pas le slip de Xalian) smile

 
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Score : 179

=O

Mais pas du tout, mes hypothèses sont presque toujours véridiques ! (Sauf sur cette fic', bizarrement... ça va me ruiner ma réputation, ça va pas ça x) Et j'ai dit que le passage sur le slip ne comptait pas !)

Ah oui, tiens, une faute en passant : « Bien qu’elle savait... » WTF ? Bien qu'elle sache, voyons >.> Les conjonctions de subordination introduisant une subordonnée conjonctive CC d'opposition « bien que », « quoi que », « malgré le fait que » et « tout...que » demandent toujours le subjonctif !

[Mais oui, vous avez compris, je passe un exam de français dans deux jours xD)

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Score : 661

Salut tout le monde!!!
Cela fait un petit moment que je lis cette fanfiction et je voudrait dire qu'elle est géniale!!!
Quelques fois, je l'attends avec impatiente et ma mère me reprend souvent: "Bon, au lieu de passer ton temps sur l'ordi, tu pourrait m'aider!!!"
Bref, c'est la meilleure fanfic que j'ai lue, du haut de mes 11 ans 1/2.
Au départ je voulais me lancer dans ma propre fic, mais j'ai vite renoncé en me disant que malgré mes notes super hautes en francais et expressions écrites, ma fic serait super méga archi nulle!!
Bonne continuation, Lilly-Choco
Jeune Fille Framboise

Bon, Maintenant que j'me suis infiltrée, je vais réveiller mon sadisme et je vais dire tout se qui me passe par la tête.
Alors on va commencer par le nombre incalculable de fautes (vous inquiétez pas je suis tellement forte en francais que j'ai tjrs envie de corriger tout le monde!!!c une habitude)
petite en âge mais grande en sadisme kya!!!
ensuite je préferait le texte en version texte de théâtre car quelques fois on ne sait pas qui parle.

Ensuite pour mes hypothèses foireuses :

Raphaël est sans doute le grand frère d' Eva car je ne voie pas Eva en amoureuse infidèle;
J'adore le perso de Weldor (nom d'une entreprise de matelas: moelleux à l'exterieur mais ferme à l'intérieur)
hors sujet mais bon!!
Je le sens pas bien ce Xalian (crontrairement aux autres je pense qu'il est gentil) car je pense qu'il va profiter du premier temps libre d'Eva pour la draguer et devant Pinpin sans nul doute!!!JE VEUX QUE PINPIN FINISSE AVEC EVANGELYNE!!!!!!!
Rubilax n'intervient pas assez à mon goût!!!Plus de rires!! plus de rires!! plus de rires!!
ce qui serait marrant c que Xalian [oui je sais je suis soûlante mais bon!!] embrasse Eva sans qu'elle le veuille devant Pinpin, qu'elle le gifle(Xalian) et que Pinpin lui foute la raclée de sa vie!!! Sans oublier bien sur l'amitié Eva x Amy et Pinpin x Yugo!!!
Et ce qui serait bien aussi (je doit te demander beaucoup, non?) ca serait de, a la fin de chaque chapitre qui finit ton message, tu mette la date ou tu va mettre la suite!!!
Désolé c'était plus fort que moi =P
 

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Score : 543

Aïe !

Je comprends maintenant pourquoi on dit « plus ils sont petits plus, ils sont dangereux » biggrin

Nan, plus sérieusement, merci mulou-mulou pour ton commentaire. J’ai beaucoup ri avec ta comparaison entre Weldor et l’entreprise de matelas (que je ne connaissais absolument pas d’ailleurs. Weldor est un prénom que j’ai purement et simplement inventé mais bon la comparaison si prête). Je suis contente que cette fanfiction te plaise -- ainsi qu’à ioslesombrean -- (mais attention n’oublis pas d’aider ta maman sinon je vais me faire roussir les oreilles moi). En tout cas, n’hésites pas à écrire ta propre fanfiction. Même si tu penses que c’est mauvais, il y a qu’en essayant qu’on peut progresser. tongue

Sinon, encore désolée pour les fautes d’orthographe…:unsure:

J’arrive toujours pas à croire que je me sois fait remonter les bretelles par une mulou-mulou de 11 ans et demi alors que j’en ai…quelques années de plus disons…biggrin

En bref, désolée pour l’absence imprévue. Promis la prochaine fois que je me fais kidnappé par des amis enragés je vous préviens…comme pour le mois d’Août où je serais sûrement absente tout le mois sans Internet:unsure:…Nan, nan, ce n’est pas sûr me tuez pas…quoique =)

Je mettrais la suite lundi prochain dans la soirée ou peut être ce jeudi si j’ai beaucoup, beaucoup de commentaire. Lol, sadisme en mode ON.

Bon j’arrête les bêtises.

Bonne lecture

Chapitre 22

« -Bon appétit tout le monde. »

Le cuistot venait de déposer devant chacun d’eux une assiette de Bouftou grillé avec des légumes. Toujours aussi patients quand il s’agissait de nourriture, les garçons se jetèrent sur leurs assiettes, comme s’ils n’avaient rien mangé depuis trois jours. Il faut dire, qu’attendre leur repas avec les bonnes odeurs qui se dégageaient de la cuisine, les avaient encore plus affamés. Evangelyne profita de la présence du cuistot, pour en apprendre plus sur la cité, le Comte et son fils. Le Pandawa leur apprit alors que le Comte de Lorne était gravement malade depuis plusieurs semaines et que du coup, il ne quittait plus la maison familiale, laissant à son fils, la charge de gérer la cité. Malgré son jeune âge, Xalian avait prit cette charge sans hésiter et, jusqu’à présent, il n’avait rencontré aucun problème. Après avoir eu peur que le pouvoir monte à la tête du jeune téméraire, la population l’appréciait désormais beaucoup.

Quand ils eurent fini leur repas, la petite troupe rejoignit le Sacrieur et les habitants sur la place. Chacun trouva un moyen d’aider la population. Sous le sourire de sa garde du corps, Amalia se proposa d’aider à ranger les boutiques, en profitant pour voir les dernières nouveautés. Ne voulant pas être trop loin de sa protégée, au cas où, la jeune Crâ resta avec elle. Rapidement, le village reprit son aspect d’origine. Content du travail, les villageois décidèrent de faire une fête en l’honneur de leur héros. Comme une partie de la population n’était pas encore rentrée et que tous étaient fatigués par les travaux qui avaient duré une bonne partie de l’après midi, ils décidèrent d’organiser la fête pour le lendemain. Cela obligé la confrérie à rester pendant deux nuits, mais comme Yugo et Amalia semblait très enthousiaste, Evangelyne ne fit aucune remarque. Lorsque Xalian les invita à séjourner chez lui, elle voulut s’y opposer mais les deux jeunes gens lui firent remarquer, à l’abri des oreilles indiscrètes, que le dofus et l’éliacube seraient plus en sécurité dans la villa que dans la cité. Elle savait qu’ils avaient raison, mais l’idée de loger chez le Sacrieur ne lui plaisait pas. Bien qu’il avait été parfaitement courtois, les attentions du jeune homme à son égard l’agaçaient de plus en plus. C’est donc à contre cœur qu’elle donna son accord à ses amis.

Evangelyne n’était pas la seule à ne pas apprécier le jeune noble. De son coté, Tristepin n’avait pas pu s’empêcher de regarder d’un mauvais œil la présence de Xalian près d’Eva. Même si la jeune femme ne faisait rien pour, et le Iop savait très bien pour quelle raison, le Sacrieur semblait tout faire pour passer du temps avec la Crâ. En temps normal, le chevalier aurait sans doute fait en sorte d’être le plus souvent près de son amie pour éloigner le jeune homme. Mais la tension qui régnait entre eux depuis leur départ d’Emelka, l’empêchait d’agir. Il avait repoussé Eva et maintenant, c’était l’archère qui le tenait à distance.

Après que Xalian leur eut fait visiter une partie de sa demeure, qui surplombait la cité, il leur indiqua deux chambres côtes à côtes dans une aile de la battisse. Les héros se lavèrent et se préparèrent avant de descendre rejoindre le Sacrieur pour le repas du soir. Trônant à l’extrémité de la table, Xalian fit s’installer les deux jeunes filles à ses cotés. Adamaï et Yugo se placèrent du coté d’Eva, et Ruel et Tristepin du coté d’Amalia. Le Iop s’éloignant le plus possible de la Crâ. Xalian le leur demandant, les héros racontèrent une partie de leur aventure, sans trop en révéler. Le Sacrieur écouta avec attention et complimenta leur bravoure, et principalement celle de la princesse et de sa garde du corps. Après le repas, il leur raconta sa dernière expédition avec ses hommes et son combat contre un immense Mulous. Au bout d’un moment, les filles décidèrent d’aller se coucher et s’excusèrent auprès de leur hôte. Fatigués, les garçons les suivirent et tous allèrent retrouver leurs chambres.

Une fois seules, Evangelyne interrogea Amalia sur son étrange comportement pendant tout l’après midi.

« -Quoi ? Je ne vois pas de quoi tu parles, fit la sadidette innocemment.

-Oh allez, Amy. Prends-moi pour une Iop, fit semblant de s’offusquer Eva Tu as passé ta journée à faire en sorte qu’on fasse exactement ce que je ne voulais pas. Tu as voulu qu’on reste à Enhia…

-Parce que j’avais envie de dormir dans un vrai lit et de me reposer, se défendit la Sadida.

-…Tu as voulu qu’on reste deux jours ici, alors que Weldor nous a bien conseillé de ne pas le faire…poursuivit la Crâ.

-Mais il y a une fête en notre honneur, on ne peut pas louper ça, argumenta la princesse, avec un sourire innocent.

-…Tu as tout fait pour me convaincre de loger chez le Comte…

-Tu as entendu Yugo, on est beaucoup plus en sécurité ici.

-…et alors que, habituellement, tu fais tout un fromage quand un garçon me regarde moi et pas toi, là, ça semble te faire plaisir, acheva la guerrière.

-Quoi ? Ce n’est pas vrai, je ne fais pas tout un…commença la sadidette avant de s’interrompre face au regard absolument pas convaincu de son amie. Bon d’accord, c’est vrai.

-Bien, maintenant, tu peux peut être m’expliquer à quoi vous jouez toi et Yugo.

-Moi et Yugo ? Répéta Amalia surprise de la perspicacité de sa garde du corps.

-Amy, tu crois vraiment que je ne me suis pas aperçu de vos petits clins d’œil ? C’était tellement voyant que j’ai cru un instant que tu avais un tic, plaisanta la Crâ tandis que sa protégée grimaçait à cette idée. Alors ?

-J’ai pensé que le faite que Xalian soit si attentionné avec toi, réglerait certains problèmes, avoua la princesse.

-Quel genre de problème ? Se méfia Eva.

-Du genre de ceux que tu as avec Tristepin.

-Quoi ? Mais je n’ai aucun problème avec…

-Alors là, c’est toi qui me prends pour une Iop. S’exclama Amalia. Depuis qu’on est parti d’Emelka, non, même depuis qu’on est parti du royaume, Tristepin n’est plus comme avant. C’est à peine s’il veut nous parler. Et c’est encore pire avec toi.

-Mais Amy, je suis aussi perdue que vous, je ne sais pas ce que cette cervelle de Iop a. Et je m’en fous, s’il fait la tête tant pis pour lui, fit la Crâ en croisant les bras.

-Eva, dit gentiment la sadidette en posant une main sur son épaule. Je sais que ses réactions te font du mal. Tu ne veux pas le dire mais je sais que tu tiens à lui et que tu en souffres. C’est pour ça que j’ai pensé que ce n’était pas si mal que Xalian te tourne autour. Tu vois bien la tête que Pinpin fait à chaque fois qu’il s’approche de toi. Il est jaloux. Même s’il fait la tête pour je ne sais quelle raison, il tient toujours à toi. J’ai pensé que du coup, il arrêterait peut être de se comporter comme une cervelle de Iop.

-Tu as raison, Amalia. Je tenais à lui, admit Eva avec une pointe d’amertume.

-Tu vois tu…attends, tu as dit ‘tenais’ ? Constata la princesse.

-Oui, fit la Crâ, et si je souffre maintenant, c’est d’avoir était assez stupide pour croire en lui. »

Sur ce, la jeune femme quitta leur chambre des larmes dans les yeux. Sidérée par le ton si froid de son amie, Amalia ne bougea pas. Même si elle aurait voulu la réconforter, elle savait que la Crâ voulait être seule. Elle savait aussi qu’Evangelyne avait dit ça parce qu’elle souffrait. C’était sa façon de se protéger : dire qu’elle n’était pas vraiment atteinte et se montrer si froide en parlant du Iop. Mais Amalia savait qu’elle se sentait trahie par le seul homme pour qui elle avait commencé à montrer ses sentiments.

Evangelyne atteignit une terrasse et s’appuya sur le garde corps. Enervée contre le Iop, elle essuya rageusement une larme qui s’était échappée. Il l’ignorait et maintenant, d’après Amalia, il était jaloux. Et bien, tant mieux pour lui. Elle n’en avait rien à faire. En même temps, s’il était effectivement jaloux, cela signifiait qu’il tenait à elle et cela la rassurait un peu. Elle avait envie de hurler. Elle ne savait plus où elle en était. Etre dans un tel état à cause de Tristepin l’énervait. Elle s’en voulait de se sentir aussi faible quand il s’agissait de lui. Pourquoi est ce que ce qu’il pouvait bien penser avait autant d’importance pour elle ? Pourquoi se sentait-elle aussi mal quand il ne la regardait plus ?

Des milliers de question lui traversaient la tête et elle savait qu’il n’y avait qu’une seule réponse possible. Mais n’ayant déjà, habituellement, pas envie de se l’avouer, la situation actuelle ne la rendait pas plus disposée. Elle ne se sentait pas le courage d’en parler à Amalia. Non pas qu’elle ne lui fasse pas confiance, mais elle savait que son amie ne comprendrait pas son obstination. Pour la comprendre vraiment, il fallait tout savoir d’elle. Et seul deux personnes pouvaient prétendre à cela. Et elle était toutes les deux très loin. En pensant à cela, Eva se sentit encore plus mal. Comme elle aurait aimé tout avouer à ses amis ! Ne plus rien garder secret. Combien de fois avait elle failli tout dire à Amalia ? Mais elle ne pouvait pas. Elle ne devait pas. C’était son devoir.

« -Raphaël… » murmura t-elle dans un souffle.

Balayant toutes ses préoccupations, Evangelyne saisit son arc. En tirant sur la corde, elle fit apparaître au bout de ses doigts une flèche. Contrairement à d’habitude, elle attendit un instant. Des mots apparurent alors sur l’arme. Pendant quelques secondes, il semblèrent danser autour de la tige puis ils furent totalement absorbés par le projectile. Alors, elle tira. Tel un éclair, la flèche déchira le ciel étoilé.

« -Qu’est ce que tu fais ? »

Surprise, la jeune Crâ se retourna, son arc toujours en position de tire. Elle se retrouva alors, nez à nez, avec l’objet de ses tourments.

« -Tristepin ? Qu’est ce que tu fais ici ?

Le Iop grimaça en entendant son ton peu amical. Cela ne le surprenait pas tant que ça, et puis, il l’avait mérité. Mais le faite que la Crâ ne range pas son arc, l’inquiétait un peu.

« -Je suis juste venu prendre l’air. Comme je t’ai vu dehors, je voulais être sûr que ça allait.

-Depuis quand ça t’intéresse ? Lança l’archère, en rangeant son arc dans son dos.

-Je…écoute Eva, je sais que je me suis comporté comme une cervelle de Iop mais…

-Ca, c’est le moins qu’on puisse dire, marmonna la jeune femme.

-En même temps, tu n’as pas été très franche avec nous, déclara le Iop vexé.

-De quoi tu parles ? S’enquit la Crâ.

-A qui tu envoyais un message ? Interrogea Tristepin en désignant l’horizon où avait disparu la flèche qu’Eva avait envoyé.

-Je…commença la jeune femme surprise que son ami est compris ce qu’elle avait fait. »

Peu de gens connaissaient la capacité des Crâ à s’envoyer des messages par flèches. Le principe était assez simple : il suffisait de penser à la personne et de rédiger mentalement une lettre. Les mots s’ancraient au projectile, qui, une fois tiré, allait directement à la personne concernée. C’était comme ça qu’Evangelyne avait tenu au courant son mentor de ses déplacements avec Amalia et ses amis. Tristepin, le soir où il l’avait rejoint dans la neige, avait vu Eva tirer une flèche, mais la jeune femme ne parlant pas de personne à qui elle était liée au point de leur écrire, le Iop n’avait pas fait le rapprochement. Ce n’est que quand il avait rencontré Weldor, qu’il avait compris. Comment le mentor de son amie pouvait-il les connaître si ce n’est par elle ? Et comme la jeune femme n’avait pas vu son ancien maître depuis longtemps, c’est qu’elle avait du lui parler d’eux dans ses lettres.

« -J’ai envoyé un message à Weldor, avoua t-elle. Il était très inquiet pour nous et il m’a demandé de le tenir au courant de notre avancée.

-On a pourtant dit que personne ne devait savoir où on était, rappela froidement le Iop persuadé qu’Eva ne lui avait pas dit la vérité.

-C’est Weldor, Tristepin, s’offusqua la Crâ. Il ne va pas nous trahir.

-Pas volontairement, mais si la flèche tombe entre de mauvaise main. Alors on peut se faire repérer par ta faute.

-Parce que tu crois que je prendrais le risque de vous trahir ? S’énerva Evangelyne. Tu crois que tu sais tout des Crâ parce que tu as compris que nous pouvions envoyer des messages ? Alors écoute-moi bien : oui, j’ai écrit à Weldor, et non, personne d’autre ne pourra lire cette fichue lettre parce que ces flèches sont magiques. Quand elle atteindra mon mentor, il sera la seule à pouvoir la voir et en prendre le contenu. Jamais je ne prendrais le risque de mettre notre mission en péril.

-Eva, je…commença le chevalier honteux d’avoir insinué que son amie pourrait les trahir. »

Vexée qu’il est pu penser une chose pareille, Eva partit en courant, laissant le Iop seul. Désespéré, Tristepin se laissa glisser le long du garde corps. Depuis qu’il avait surpris Evangelyne parlait avec son mentor, plus rien allait. Il aurait aimé pouvoir revenir en arrière et tout changer, mais c’était impossible. Quand Eva l’avait embrassé sur la joue dans la forêt, il avait pensé que, peut être, il avait mal interprété ce que son amie avait dit. Après tout, il ne savait rien de ce Raphaël. Ca pouvait être un ami que Weldor et elle avaient en commun. Mais quand la jeune femme avait enlevé ses gants pour pouvoir entrer en communication avec Feuille Eternelle, Tristepin avait vu le collier qu’elle portait au poignet. Caché par les autres pendentifs, il n’avait pas vu celui qu’il lui avait offert. Cependant, il n’avait pas loupé celui en forme de cœurs avec les lettres E et R gravées dessus. E et R. Evangelyne et Raphaël.

« -Dis-lui que je suis pressée de le revoir et que je l’aime. »

Cette phrase associée au pendentif, ne pouvait pas avoir d’autre sens. Evangelyne aimait Raphaël. Et lui, il n’était rien d’autre qu’une cervelle de Iop pour elle.

Perdu dans ses sombres pensées, Tristepin se leva pour regagner sa chambre. Pas très concentré, il se trompa de chemin et rapidement, se retrouva perdu dans la grande demeure. En cherchant à se retrouver, il découvrit par hasard l’entrée de ce qui semblait être des sous terrains et d’où sortait une faible lumière. Sans se poser de question, le Iop descendit les marches à la recherche de quelqu’un pouvant lui indiquer son chemin. Il déboucha sur de vieux couloirs sombres où brûlaient quelques torches. Le style n’était pas sans lui rappelait le cachot du palais des miss moches, mais il s’avança quand même dans la galerie. Arrivé au bout de celle-ci, quelqu’un l’interpella. Il se retourna mais ne vit personne derrière lui.

« -Eh toi ! Murmura à nouveau une voix tremblante. »

Tristepin tourna alors la tête vers une cellule. Derrière les barreaux, se tenait un Sacrieur d’une cinquantaine d’année. Il avait l’air fatigué et extrêmement faible.

« -Qui es-tu ? Demanda l’homme.

-Sire Tristepin de Percedal.

-Percedal. Il faut …que tu m’aides… libère-moi.

-Pourquoi ? Si vous êtes prisonniers, c’est qu’il y a une raison, fit remarquer intelligemment Tristepin.

-Un Iop qui ne fonce pas tête baissée…qui l’aurait cru, marmonna le prisonnier. Ecoute, je suis une victime. Xalian m’a enfermé ici pour avoir le pouvoir sur la ville. Il a beau avoir l’air très séduisant et gentil avec tout le monde, ce qu’il veut, c’est le pouvoir. »

Le chevalier sembla hésiter. L’idée de provoquer, encore, un désastre, l’inquiétait. En même temps, son instinct lui disait de ne pas avoir confiance en Xalian depuis le début. Prenant sa décision, il dégaina Rubilax et frappa le cadenas qui verrouillait la porte. Il entra dans la prison. Passant un bras sous l’épaule du prisonnier, il l’aida à se relever et à marcher jusqu’à la sortie de la cellule.

« -Quel acte plein d’héroïsme ! »

Face à Tristepin et au prisonnier se tenait Xalian, accompagné d’une vingtaine de ses hommes, un sourire moqueur sur le visage.

« -Vous allez quelque part, cher père ? Interrogea le jeune Sacrieur.

-Père ? Vous êtes Nathalian ? Comprit alors Tristepin.

-Quelle déduction ! Se moqua le jeune noble. Votre intelligence m’éblouit. »

Le chevalier Iop déposa le Comte contre le mur afin d’avoir ses deux mains libres pour se battre. Rubilax en mains, il se positionna, près au combat. Aussitôt, les gardes dégainèrent leurs armes.

« -Je ne ferais pas ça si j’étais vous, fit calmement Xalian.

-Pourquoi ? Vous croyez que j’ai peur de vous tous ?

-Non, un Iop est trop bête pour comprendre quand il n’a aucune chance, répondit le Sacrieur tandis que Tristepin serrait les dents. Mais, peut être que l’idée que vos amis soient en danger vous fera réfléchir.

-Quoi ? Si vous avez touché ne serait ce qu’un cheveu de …S’énerva le gardien de shushu.

-Doucement, s’amusa le fils du Comte. Ils vont bien…pour le moment. Plusieurs de mes hommes sont postés près de leurs chambres avec vu direct à l’intérieur. Si vous ne vous rendez pas ou que vous attaquez… ils sont morts.

-Vous bluffez !

-Vraiment ! Alors comment puis je savoir que votre chère… amie, Evangelyne, dort en ce moment même dans une robe blanche. Les cheveux détachés…rêvassa le Sacrieur. »

Tristepin prit sur lui pour ne pas se jeter au cou de l’impudent. Car le jeune noble lui avait effectivement donné la preuve qu’il ne bluffait pas. Le chevalier avait eu l’occasion de voir Eva dans cette tenue. C’était le soir où Vampyro l’avait enlevé. Les cheveux défaits, une robe assez courte, Tristepin aurait pu bafouiller pendant des heures en la regardant, si les créatures du vampire ne les avaient pas attaqués.

« -Allez, Pinpin. Laisse tomber cet imbécile, et libère-moi ! On va se le faire, s’écria Rubilax.

-C’est trop risqué, Rubilax, abandonna le gardien en baissant son arme. »

Il ne pouvait pas prendre le risque que ses amis soient blessés. Qu’Eva soit blessée. Xalian eut un sourire satisfait. Claquant des doigts, il donna l’ordre à ses soldats de s’emparer de l’épée du Iop et d’enfermer les deux prisonniers dans une autre cellule que celle que Tristepin avait cassé. Quand ils se retrouvèrent derrière les barreaux, le jeune Sacrieur vint se placer devant eux.

« -Ne t’inquiète pas, je prendrais grand soin de tes amis, s’amusa le fils du Comte.

-Quand ils verront que j’ai disparu, tu seras le premier à en faire les frais, cracha Pinpin.

-Qui te dit que tu auras disparu ? Tu seras seulement parti. Les abandonnant.

-Ils ne te croiront jamais, s’écria le Iop.

-A ta place, je n’en serais pas si sûr, fit calmement le Sacrieur. Demain matin quand ils se réveilleront, ils trouveront une lettre de ta part. Où tu leur diras que tu ne pouvais pas rester. Quand ils me demanderont si je t’ai vu partir, je répondrais que non. Mais l’un de mes gardes, lui, t’aura vu et leur dira que tu semblais triste mais que tu avais l’air déterminé.

-Mes amis savent que je ne les laisserais pas tomber.

-Avant peut être. Mais après la dispute que toi et la belle Crâ avait eu, en plus de la tension entre vous avant, je crois qu’ils n’auront aucun mal à y croire. En tout cas, tu peux être sûr que tu ne manqueras pas à cette chère Evangelyne. D’après ce que j’ai pu remarquer, entre vous, ce n’est pas le grand amour, se moqua Xalian.

-Eva a confiance en moi, affirma Tristepin.

-Même après que tu l’es presque accusé de trahison ? Questionna le jeune noble. J’en doute fort. Tu l’as blessée. Quand elle apprendra ton départ, elle le sera encore plus. Mais je te promets de prendre soin d’elle. »

Tandis que Xalian s’éloignait de la cellule en rigolant, Tristepin hurla. Comment avait il pu être aussi stupide et s’être fait avoir aussi facilement ? En restant distant avec Evangelyne, il avait involontairement donné au Sacrieur un moyen de se débarrasser de lui. Et peut être même de ses amis.

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Kyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Encore une queu de poisson pour la fin!!!!!!!*se donne une baffe pour se calmer*
Un mot à dire: G-E-N-I-A-L-E
Vivement la suite
Conyinue comme ça

Ennigirl auteur déprimée pour trop peu de comms sur sa fic cent fois mieux que la précédente 

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