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Wakfu : le passé d' Evangelyne

Par 11 Avril 2011 - 18:41:49

Coucou,

Moi c'est Lilychoco, une petite nouvelle dans le monde des fanfictions de Wakfu.
Pour ma première fanfic, j'ai décidé d'écrire une histoire qui serait à la fois sur la suite de la série et sur le passé du personnage d'Evangelyne sur lequel on a pas beaucoup d'information. Comme j'ai commencé l'histoire avant la sortie de la saison 2, il n'y a pas de rapport avec. J'ai aussi changé la fin de la saison 1 afin de garder le personnage de Tristepin. L'histoire sera sûrement un peu longue mais j'espère que cela vous plaira.

Bonne lecture!

Introduction

Je n’avais jamais compris la raison de son silence. Son passé était une énigme…même pour moi. J’avais fini par croire qu’elle avait eu une enfance banale, une famille simple. Peut être une multitude de frères et sœurs chamailleurs qui auraient forgé son caractère impassible et parfait pour sa mission : ma protection. Il faut dire que je n’ai pas été facile avec elle… mais malgré ça, nous avons toujours été proches, enfin… je le croyais, mais apparemment pas assez pour qu’elle me parle de son histoire…

Chapitre 1

Une nouvelle journée se finissait pour le monde des Douze. Le soleil dardait ses derniers rayons sur les fiers arbres du royaume Sadida, éclairant leur feuille d’une douce lumière orangée, pendant que les habitants voguaient à leurs occupations, oubliant petit à petit les récents évènements qui avaient bien failli leur coûter la vie à tous. La paix était aujourd’hui revenue, et avec elle, la forêt renaissait dans un monde paisible…

« EVA !! »

Du moins en apparence.

Un groupe de Sadidas se tenait sur la place au pied de l’arbre de vie, discutant joyeusement des préparatifs en cours, quand le cri de la princesse les interrompit. Ils n’eurent pas le temps de se demander ce qu’il se passait qu’une tornade blonde surgit de nulle part et se faufila à travers eux afin d’atteindre le plus vite possible l’escalier qui grimper autour de l’Arbre de vie. La jeune femme lança un rapide « désolée » par-dessus son épaule, tout en continuant sa course. Les Sadidas regardèrent la Crâ grimper quelques marches, avant d’être suffisamment haute pour poursuivre son chemin en sautant d’une branche à l’autre. Elle n’était pas une Sadida mais tous admirés la facilité avec laquelle elle évoluait dans leur monde.

Canar et Renate, les serviteurs dévoués de la jeune princesse des Sadidas, s’affairaient autour de la table de réception. Trop occupés à se disputer sur le choix des couleurs de la décoration, ils n’avaient pas entendus leur petite protégée crier et ils furent interrompu par la jeune Crâ qui déboula de l’extérieur par le balcon. Canar hurla et sauta dans les bras de Renate qui, déséquilibré, tomba en emportant avec lui le monticule de serviettes qui avait été sorti afin de satisfaire leur dispute. Sous une pluie de toutes les couleurs, la jeune femme grimaçât avant de poursuivre son chemin…tout de suite arrêtée par deux Sadidas très en colère. Le teint rouge qu’ils prirent, en plus de la chute qu’ils venaient de faire, l’aurait sûrement fait rire dans d’autres circonstances, mais la situation n’était pas à la rigolade.

« -Evangelyne ! Vous rendez vous compte du désastre que vous…

-Je sais, Canar, je suis confuse mais là j’ai vraiment pas le…

-EVAAA ! Au secours, aide moi ! »

Evangelyne profita de la surprise des deux Sadidas pour leur filer entre les doigts et poursuivre sa course. Elle quitta la salle de réception et dépassa la salle du trône d’où sortirent des gardes, le Roi et le prince Armand. Moins habitués qu’elle aux appels de la princesse, ils n’eurent pas le temps de la suivre que le Roi leur ordonna de ne pas intervenir. La jeune Crâ, quand à elle disparut dans les escaliers qui menaient à la chambre de la Sadidette, courant aussi vite qu’elle le pouvait.

Elle atteignit enfin sa destination. Ne perdant pas une seconde, elle entra dans la pièce, son arc bandait, prête à toute possibilité. Quand soudain elle se figea…et explosa de rire.

« -Oh ça va ! C’est pas drôle, Eva!

-Oh, si ça l’est ! »

La jeune princesse fusilla du regard sa dame de compagnie qui essayait tant bien que mal de reprendre son sérieux. Malheureusement, l’effet recherché fut contré par le faite qu’elle se trouvait emberlificotée dans les lianes de sa propre robe, avec les pieds en l’air et la tête à l’envers, à quelques centimètres du sol. Prenant vraiment conscience du ridicule de sa situation, la jeune sadida rigola à son tour.

Après avoir repris leur sérieux, La Crâ analysa la situation pour savoir quelle était la meilleur façon de libérer la princesse.

« -Tu comptes me libérer un jour ou tu préfères rester là à me regarder ?

-J’ai pas encore décidé…Par Crâ, Amalia, comment t’es tu retrouvé dans une situation pareille ?

-Euh, si ça t’embêtes pas je préférerais avoir les pieds sur terre pour te raconter mes mésaventures. Ca sera plus simple pour moi de te botter les fesses si tu rigoles.

-Ou je pourrais simplement te laisser là et attendre que tu me racontes tout.

-Oh ça va, allez dépêches toi.

-Attends, je cherche un moyen de te libérer sans que ta tête serve d’amortisseur au reste de ton corps.

-Euh…Prends ton temps. »

Evangelyne sortit un poignard de l’une de ses bottes et s’approcha de la plante.

« -Tu es sur de ce que tu fais ? J’ai vraiment pas envie de me retrouver avec une énorme bosse sur la tête ce soir.

-Oui, t’inquiètes pas. Mais je ne risque pas de te blesser en m’en prenant à cette plante ?

-Non, elle est indépendante, sinon j’aurais utilisé mes pouvoirs pour la neutraliser.

-Bon, alors c’est parti. »

La jeune femme donna quelques coups de couteau dans les lianes. Amalia se sentit alors glisser. Elle ferma les yeux, attendant le choc contre le plancher. Au lieu de ça, elle se retrouva dans les bras de son amie qui se baissa afin que la sadidette se retrouve sur ses pieds. Elle regarda avec admiration son amie pendant que celle-ci ranger son poignard.

« -Comment as tu fais ?

-Et bien, contrairement à notre ami le iop, je me suis servie de ma tête… »

Eva lui fit un clin d’œil et attrapa le reste des lianes.

« -Tu peux m’expliquer maintenant pourquoi j’ai failli faire une arrêt cardiaque en t’entendant hurler à travers tout le royaume ?

-Oups ! J’ai peut être un peu exagéré. Désolée si je t’ai fait courir.

-Ce n’est rien, mais c’est toi qui expliquera à Canar et Renate pourquoi leur dispute s’est fini par un bain de serviette. »

Eva expliqua à la princesse son arrivée des plus renversantes dans la salle de réception, et se mirent à rire en les imaginant en train de rechigner contre la jeune Crâ. Car évidemment, ils l’a tiendront pour entière responsable, même si la jeune femme ne faisait que son travail de garde du corps.

« -Tu vas en entendre parler pendant des semaines.

-C’est sûr. Mais bon, la chute qu’ils ont fait compense largement les conséquences. D’ailleurs, et si tu m’expliquais enfin pourquoi je vais avoir ces deux là sur le dos.

-Oh ben, j’ai voulu essayer cette robe en lianes et quand j’ai commencé à l’enfiler, elle s’est comme réveillée, elle m’a attrapé les bras puis les jambes et ensuite elle s’est accrochée au mur. Puis elle s’est …rendormie. Impossible d’utiliser mes pouvoirs sur elle.

-C’est étrange. Où as tu trouvé cette robe ?

-Là dedans. »

Elle tendit alors sa main vers une vieille malle en bois, de laquelle dépassaient plusieurs robes. Evangelyne en resta figée. Cette malle, elle l’avait vu pour la dernière fois dans la chambre de la Reine.

« -C’est à ta… mère ?

-Oui, Papa me l’avait donné. J’attendais d’être suffisamment grande et d’avoir une occasion pour la mettre. Je me suis dit, que ce soir c’était la meilleure occasion. On a gagné. Je n’ai jamais été aussi proche de l’Arbre de vie, et …on l’a vu toutes les deux dans le sanctuaire quand on rêvait. Elle était avec nous … en quelques sortes. Mais apparemment, je ne suis pas digne de porter ses robes puisqu’elles m’attaquent. »

Une larme coula sur sa joue, alors qu’elle se recroquevillait sur elle-même. Eva s’approcha et passa un bras autour de ses épaules.

« -Amalia, ce n’est pas vrai. Ne crois pas à ça une seule seconde. Quand j’ai vu les lianes, ça m'a rappelé quelque chose mais je savais pas que c’était à la Reine. Mais maintenant, je peux te dire que je me souviens, un jour, quand elle l’a porté, elle m’avait expliqué que ces robes étaient rares et elles étaient conçues pour obéir à une unique personne : celle qui l’a porté. Ne crois pas une seule seconde que tu n’en ais pas digne parce que c’est faux. La seule raison pour laquelle tu n’as pas pu la mettre c’est que ta mère n’a pas eu le temps de faire en sorte que la robe te reconnaisse. »

Evangelyne caressa la joue pleine de larmes de la jeune princesse.

« -Je suis sûr qu’elle est très fière de toi Amalia. Où qu’elle soit, tu peux être sûr qu’elle t’a vu te relever et faire face alors que tout ton peuple était perdu. Elle sait que tu es devenue une belle et courageuse jeune femme. Un peu têtue et avec un fort caractère mais on ne peut pas être parfait. »

Amalia rigola et se serra dans les bras de son amie.

« -Merci Eva ! Tu es la meilleure amie qu’on puisse avoir. »

La jeune Crâ enlaça la sadidette et sourit, fière de sa petite protégée. Depuis qu’elles avaient quitté le palais et qu’elles étaient partis à l’aventure avec Yugo, le jeune Eliatrope, Ruel, le vieil énutrof et Tristepin, le chevalier Iop, Amalia avait beaucoup mûri, et Eva en était très fière, mais elle resterai pour toujours sa petite princesse.

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Score : 2098

Meuh... C'est si court o_O
Enfin... Ca a dut prendre du temps (:
J'aime vraiment beaucoup ton texte. Il m'as même fait rire un moment. Assez immersif quand même.
On attaque pas le vif du sujet, mais bon, c'est un très bon début que tu nous offres ici wink

-LMS-

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Score : 306

Merci LMS, je pensais pas avoir un commentaire aussi rapidement : ça fait plaisir smile
Du coup, je vais posté le deuxième chapitre. En esperant que ça te plaise.
Chapitre 2« -Non !

-Oh allez, Eva, fais un effort.

-Hors de question. »

Cela faisait maintenant plus de deux heures que l’incident de la robe de la Reine avait été résolu. Evangelyne, après avoir remonté le morale de son amie, l’avait aidé à choisir une autre robe qui appartenait à sa mère et qui ne risquait pas de lui sauter au cou. Comme Amalia n’avait pas encore atteint sa taille adulte, elles durent réajuster la robe afin qu’elle aille parfaitement à la princesse. Après la très longue préparation de la sadidette, Eva avait déclaré qu’elles étaient prêtes à aller attendre l’arrivée des premiers invités et surtout, celle de leurs amis.

En effet, le reste de la Confrérie avait quitté le royaume Sadida environ deux semaines après leur victoire sur Nox. Yugo était parti avec son frère et son tofu pour Emelka afin d’y retrouver son père, de lui raconter toutes ses aventures et de l’inviter à passer quelques jours au royaume de son amie Amalia. Ruel avait décidé de retourner à Bonta pour raconter le fin mot de l’histoire à ses amis du Real Boitar. Quant à Tristepin, la confrérie des chevaliers, gardiens de shushus, lui avaient demandé de les retrouver sans donner d’explication.

Cela faisait donc plus d’un mois que la confrérie ne s’était pas revue et chacun attendaient le moment de leurs retrouvailles avec impatience. Pour Evangelyne, qui n’aimait pas passer une éternité devant le miroir, le temps qui les séparaient de leurs amis, lui sembla encore plus long quand la princesse se prépara. Elle vit enfin le bout du tunnel quand son amie déclara avoir fini. La jeune Crâ avait poussé un soupir de soulagement avant de se diriger vers la porte. Maintenant qu’elles étaient prêtes, elles pouvaient enfin descendre.

Mais Amalia ne l’entendait pas de cette oreille. Si elle était prête, pour elle, Eva ne l’était pas encore. Elle sortit alors de son placard un paquet, expliquant à sa garde du corps que comme elle savait qu’elle ne chercherait pas une tenue pour la soirée, elle lui avait trouvé une robe.

Cela faisait maintenant une bonne dizaine de minutes que la sadidette essayait de convaincre son amie d’ouvrir le paquet qu’Eva s’obstiner à tenir loin d’elle. La Crâ savait que si elle l’ouvrait, Amalia l’obligerait à porter cette fichue robe. Et elle avait déjà bien du mal à résister aux yeux larmoyants de sa protégée.

« -Je refuse ! »

Evangelyne croisa les bras et tourna le dos à Amalia, qui leva les yeux au ciel, exaspérait par le comportement de son amie.

« -Maintenant je comprends ce que tu ressens quand tu dis que j’agis comme une gamine.

-Je me comporte pas comme une gamine, je… »

Amalia sourit et Eva comprit qu’elle s’était faite avoir.

« -Papa a dit qu’on devait venir bien habillé.

-Il te parlait à toi. Moi, je ne suis que ta garde du corps.

-Je doute que mon père me vouvoyait. Et puis, tu n’est pas une simple garde du corps.

-Alors il parlait de ton frère et toi.

-Tu as sans doute raison, quand il nous a précisé de nous trouver de jolies robes, il devait sûrement parler de mon frère.

-Tu vois, il…»

Eva se figea en même temps qu’elle imaginait ce qu’Amalia venait de dire. Elle regarda son amie et elles explosèrent de rire. Le prince Armand avait toujours été très fier de lui, ce qui avait toujours ennuyé les deux jeunes femmes. Il se comportait avec Amalia comme s’il avait à faire à une gamine. Quant à Evangelyne, il ne cessait pas de la complimenter et de lui tourner autour. L’imaginer en robe aller rendre son comportement un peu moins désagréable.

« -Par Crâ, je ne pourrai plus jamais le regarder en face.

-Moi si, mais tu peux être sûr que j’exploserais de rire dans la seconde qui suit.

Allez Eva, assez rit. Ouvre le.

-Amy, tu sais bien que je déteste les robes.

-Et je sais aussi qu’elles te vont à ravir. Et tu m’as promis de te préparer pour la soirée.

-Ce que j’ai fais, je venais juste de finir et j’étais descendue au pied de l’arbre en attendant que tu finisses quand tu t’es mise à hurler. C’est sûr qu’après avoir couru pour te « sauver », ça doit plus trop se voir, mais ce n’est pas grave.

-Explique moi, en quoi, changer de pince à cheveux et mettre une autre ceinture pour ton arc, c’est se préparer ?

-Je suis une Crâ, c’est suffisant pour moi.

-Et bien par pour moi, alors ouvre ça, sinon…je te l’ordonne ! »

Amalia croisa les bras et prit un air faussement supérieur qui fit rire Eva.

« -Eh, tu n’es pas censée rire. Ouvre le…s’il te plait. »

Son regard suppliant finit par faire céder les dernières volontés d’Eva. Décidément, elle se faisait vraiment tout le temps avoir. Elle s’assit et attrapa le paquet que lui tendait son amie et défit l’emballage sous le regard excité de la princesse. Exaspérée, elle sortit la robe et en resta muette de surprise.

« -Elle te plait ?

-Amy…elle est …magnifique…mais où as tu …

-C’est un secret ! Alors tu l’enfiles ? »

Eva sortit aussitôt de sa stupeur.

« -Non. Amalia, vraiment ça me touche beaucoup, mais ce type de robe n’est portée que par des archères Crâ qui l’ont mérité. Je n’est rien fait pour ça. Je ne suis pas digne de porter cette tenue et …

-Stop ! Tu t’arrêtes tout de suite. Tu te rappelles ce que tu m’as dit tout à l’heure. Si ma mère est fière de moi, alors je te le dois Eva. Parce que si tu ne m’avais pas raconté toutes ses histoires d’aventures et de liberté, et si tu ne m’avais pas tenu tête, je serais sûrement devenue une petite princesse gâtée et capricieuse enfermée dans son beau palais. Et si tu ne m’avais pas protégé depuis que je suis petite, il n’y aurait même plus eu de princesse pour t’obliger à porter des robes et te faire tourner en bourrique. »

Evangelyne sourit.

« -Eva, tu mérites plus que n’importe quelle Crâ cette tenue. Tu m’as sauvé et on a sauvé le royaume Sadida. Alors le peuple Crâ n’a peut être pas officiellement reconnu ta valeur mais mon peuple et moi, oui. Alors tu arrêtes de dire des bêtises et tu me fais le plaisir d’enfiler cette robe. »

La jeune Crâ rougit légèrement face aux compliments de son amie et bafouilla un remerciement en la serrant dans ses bras. Lorsqu’elles s’écartèrent, Amalia remarqua la gêne de son amie.

« - Eva, j’y crois pas, tu es rouge comme une tomate. Moi qui te croyais imperturbable.

-Oh ça va. Il y a que toi pour me mettre aussi mal à l’aise. Tu sais que les compliments me gênent.

-Attends de voir la tête d’une certaine personne. Quand il te verra dans cette robe, et je te promet que je ne serais pas la seule à te faire rougir. »

Evangelyne vira aussitôt au cramoisi.

« -N’importe quoi. Pourquoi Tristepin me mettrait mal à l’aise ?

-C’est drôle que tu parles de Tristepin, parce que je n’avais pas précisé.

-Je…

-Tu t’es fait avoir. Allez, maintenant, tu te prépares. »

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Score : 24
Excellente Fan-Fiction , la complicité entre Amalia et Evangelyne est bien présente.

J'aime bien comment Evangelyne ,se fait avoir pour le coup avec Tristepin .
tongue

Cela m'a fait pensé aux retrouvailles de La Confrérie du Tofu.
 
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Score : 704

Très sympa à lire, un peu court mais si les publications sont fréquentes et régulières ça passe. happy On retrouve bien l'esprit de la série, les caractères d'Eva et Amalia et leurs rapports sont bien repris, on dirait bien une adaptation de nos héros à l'écrit. wink Sinon il se passe pas grand grand chose pour le moment, mais je suppose que c'est le temps que ça démarre, ça ne veut pas dire qu'on s'ennuie, juste que la trame de ce que tu vas nous raconter n'est pas encore tout à fait lancée. ^^ Après le fait que tu ais changé la trame n'est pas gênant, ça fait comme une histoire parallèle quoi, juste qu'il faut oublier la saison 2. ^^
Bref, il y a peu de fan fics qui me plaisent mais celle-là m'a attirée dès les premières lignes, je suivrai même si je ne commente pas à chaque fois, j'essaierai quand même de trouver le courage. tongue

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Score : 306

Merci beaucoup smile
Ca fait vraiment plaisir ces petits messages.J'adore l'esprit de la serie, alors je suis contente d'avoir réussi à vous le retranscrire
J'espere que la suite vous plaira. J'avoue que l'intrigue en rapport avec le titre met un peu de temps à débuter
alors je vais publié directement la suite.

Chapitre 3
« -Alors ? »

Amalia resta figée.

« -Je savais que c’était une mauvaise idée. Je ne suis vraiment pas faite pour porter des robes. »

Evangelyne s’apprêtât à retourner derrière le paravent pour enlever sa robe, quand Amalia reprit ses esprits.

« -Hola Eva. Stop. Tu es vraiment …splendide. »

Pas convaincue, elle se mordit la joue pour essayer de ne pas rougir. Amalia profita de l’une des rares fois où elle voyait sa garde du corps mal à l’aise pour la faire rougir encore plus.

« - J’en connais un qui va perdre la tête. »

___________________________________________________________________________

Sir Tristepin de Percedal atteignit enfin le royaume Sadida. La végétation luxuriante brillait sous les étoiles. Lorsqu’il était parti, les Sadidas donnaient toutes leurs énergies pour faire repousser la forêt décimée par le Razortemps de Nox. Aujourd’hui, elle n’était pas encore aussi impressionnante, mais déjà elle reprenait sa place autour de l’Arbre de vie.

« -Enfin ! »

Tristepin sourit. Après sa mésaventure avec le prince Armand, il n’aurait jamais cru être heureux de retrouver ce royaume. A vrai dire, il n’aurait, tout simplement, jamais cru pouvoir y remettre les pieds un jour. En même temps, il aurait sûrement tout fait pour, puisque c’est là qu’Evangelyne vivait.

« -Oh tu veux bien enlever ce sourire d’abruti de ton visage, s’il te plait. Non mais j’ai l’air de quoi moi, avec un idiot de chevalier qui rougit comme un adolescent en pensant à une donzelle quelconque. »

Le jeune Iop dégaina son épée et la frappa contre la roche.

« -Rubilax, la ferme ! Je t’interdis de dire ça d’Evangelyne. Je suis peut être idiot mais tu me dois le respect, je t’ai contrôlé.

-Moué, un coup de chance.

-Peut-être. Mais si tu ne veux pas me montrer plus de respect à moi, je t’ordonne d’en montrer plus à Evangelyne.

-Roh, si on peut même plus s’amuser. D’accord, d’accord, je ne dirais plus rien sur ton amie.

-Tu vois quand tu veux.

-Cervelle de Iop.»

Satisfait, Tristepin rangea son arme et se dirigea vers le palais où se trouvaient ses amis. Lorsqu’il traversa le village, les sadidas saluèrent joyeusement l’un de leurs héros. Il répondit avec de grands signes de mains, et un soupir exaspéré de Rubilax.

« - Toujours à faire sa cervelle de Iop celui-là. »

Tristepin s’apprêta à répliquer quand il se rendit compte que ce n’était pas le shushu qui lui avait fait cette remarque. Il se tourna vers l’Arbre de vie et eu à peine le temps de voir une tâche bleu avant de se retrouver par terre, Yugo le serrant dans ses bras.

« -Pinpin ! Je suis tellement content de te voir.

-Moi aussi Yugo. Comment vas tu ?

-Super ! Et regarde qui est avec moi. »

Pinpin regarda dans la direction que montrait Yugo. Ruel, Az, Adamai et Alibert, le père de Yugo, observait en souriant le Iop et son jeune ami. Tristepin se releva et s’épousseta avant d’aller saluer ses amis.

« -Ruel, espèce de vieux grincheux. C’est toi qui t’es moqué de moi.

-Moi, euh…non !

-Ah, j’aurais cru ! Je suis content de te voir.

-Moi aussi gamin, moi aussi. Même si tes bourdes de Iop ne m’ont pas manqué. Attention, cette fois si tu provoques le Prince, je te connais pas. Manquerai plus que je loupe un buffet gratuit. »

Les autres rigolèrent pendant que le Iop salua Adamaï et Az. Lorsqu’il se retrouva devant Alibert, Pinpin ne bafouilla un « bonjour monsieur » gêné. Il faut dire que la dernière fois qu’il avait rencontré le père de Yugo, il avait failli démolir son auberge sous l’influence de son shushu. Alibert rigola de la gêne du jeune chevalier et lui serra vigoureusement la main montrant ainsi qu’il ne lui en tenait pas rigueur.

« -Et voilà, on est presque tous réunis, fit remarquer Adamai, Il ne manque plus que les filles.

-Oui, d’ailleurs où sont-elles ? S’enquit Tristepin.

-Aucune idée, on est arrivé seulement quelques minutes avant toi, Pinpin. On a rencontré Ruel sur la route, précisa Yugo.

-On allait vers le palais quand on a vu une cervelle de Iop faire le fier devant les Sadidas. On s’est dit que ça pouvait être que toi… » expliqua Ruel sur le ton de la plaisanterie.

Le chevalier allait répliquer mais des Sadidas vinrent à leur rencontre pour les accueillir et les mener au Roi. Ils empruntèrent une fleur qui les mena devant la salle du trône où ils furent chaleureusement accueilli par le souverain. Yugo présenta son père qui s’inclina respectueusement, pendant que Ruel surveillait le fougueux Iop qui commençait sérieusement à grincer des dents face aux regards méprisants du prince. Bien que Tristepin avait sauvé sa sœur et Evangelyne, et qu’il avait contribué à l’extinction de la menace qui pesait sur le royaume, le prince Armand lui en voulait toujours de la rouste qu’il lui avait donné, ainsi que de l’intérêt que lui portait la jeune Crâ.

Le Roi proposa aux voyageurs ainsi qu’au reste des invités de s’installer dans la salle de réception. Arrivé sur place, ils furent éblouis par la beauté du lieu. La salle ressemblait à l’endroit où Tristepin et Ruel s’étaient restaurés avant que leur visite ne dégénère, seulement elle était nettement plus grande et se trouvait suffisamment haute sur l’Arbre de vie, pour avoir une vue dégagée sur la forêt du royaume et ses horizons. La confrérie y était déjà venue, mais comme à chaque fois, ils s’émerveillèrent du génie des sadidas pour la décoration. En effet, comme le peuple de la forêt vivait de ce que celle-ci leur fournissait, la décoration était entièrement naturelle. Ainsi les tables et les murs étaient décorés de fleurs de couleurs et de formes différentes. Quant aux lumières, ils s’agissait d’une multitude de lucioles qui voletaient autour des invités.

Les garçons de la confrérie était ébloui. Seule ombre au tableau : l’absence des filles. Dans la marée de Sadidas aux cheveux verts, ils ne pouvaient pas retrouver Amalia, quoique la jeune princesse n’était pas du genre à passer inaperçu. Ils crurent apercevoir Evangelyne en voyant des cheveux blonds parmi les invités mais il se trouva que plusieurs généraux Crâ avaient été invité. Ils eurent beau scruter la foule, ils ne trouvèrent pas traces de leurs deux amies.

« -Bah, connaissant Amalia, elles doivent être en train de se pomponner…Pardon, rectification, Amalia doit se pomponner et Eva est sûrement morte d’ennuis.

-Ah ben merci Ruel, je vois que tu n’as pas changé. »

Tous se retournèrent pour voir Amalia qui venait juste d’arriver après eux. La jeune princesse portée une longue robe, faite de pétales blanches. Ses épaules étaient entourées par deux immenses feuilles rouges reliées par une marguerite. Les même feuilles ornaient le coté de sa robe au niveau des hanches. Et une couronne en bois souple trônait fièrement sur sa tête.

« -Amalia ! »

Yugo courut vers la sadidette et lui sauta dans les bras, aussitôt rejoint par Adamai. En temps que princesse, elle aurait du se contenter de leur serrer la main, mais qu’importe, c’était ses amis et ils lui avaient terriblement manqué. Elle serra fort les garçons contre elle, trop heureuse de les retrouver.

« -Qu’est ce que vous m’avez manqué.

-Toi aussi tu nous as manqué.

-Dis donc Yugo, tu t’avances un peu là. Moi, les caprices de « Madame qui ne dit pas bonjour à ses vieux amis » ne m’ont pas manqué. »

Ruel prit une mine faussement vexé et boudeuse. Amalia lâcha les jumeaux et alla étreindre le vieil énutrof.

« -Toi aussi tu m’as manqué…vieux grincheux.

-Ah ben quand même.

-Et moi alors ? »

La princesse rigola et serra à son tour le Iop dans ses bras. Quand elle se tourna vers Alibert, celui-ci s’apprêta à faire une révérence mais la sadidette se jeta dans ses bras.

« -Pas de ça entre nous, vous nous avez sauvé la vie, pour vous comme pour mes amis, je suis Amalia.

-Moué, enfin, fit Ruel à son vieil ami sur le ton de la confidence, seulement quand il ne faut pas faire la cuisine ou une autre tache ménagère parce que dans ce cas, elle redevient une peste.

-Une quoi ? RUEL…

-Pardon, j’ai dit une peste, je voulais dire une princesse. Bah tu sais, ça se ressemble tellement, à mon vieil âge, on confond…

-Grrr, espèce de vieille momie. Je vais te… »

Alors qu’Amalia courait après Ruel, le jeune éliatrope remarqua que Tristepin ne semblait pas très intéressé par la dispute en cours. Un comble pour un Iop qui n’arrêtait pas de chercher la bagarre. Yugo comprit ce que le chevalier avait en tête, ou plutôt, « qui » il avait en tête.

« -Eh Amalia, tu sais où est Evangelyne ? »

La remarque de Yugo eut pour double effet, d’attirer l’attention du Iop, et de stopper nette la princesse qui secouait le vieil Enutrof. Surprise, Amalia lâcha Ruel, qui s’affala par terre, et regarda autour d’elle.

« -Argh, il n’y a plus de jeunesse vraiment, bouda Ruel en se remettant sur ses pieds sous le regard amusé de son ami Alibert.

-Je ne comprends pas, elle était avec moi avant que l’on vous aperçoive. Je pensais qu’elle m’avait suivi.

-Si tu faisais un peu plus attention à tes amis… »

Amalia tira la langue à Ruel. Yugo, dans un espoir d’éviter une nouvelle confrontation, proposa de partir à la recherche du membre manquant de leur confrérie. Le Iop partit alors aussitôt dans la foule, sans écouter les appels de ses amis. Amalia leur fit remarquer, avec raison, qu’étant à une extrémité de la salle de réception, et avec le monde qu’il y avait, se disperser n’était pas la bonne solution. Yugo proposa alors d’utiliser ses portails pour repérer la jeune femme, puis de les guider dans la foule. La princesse lui indiqua alors le sommet de la voûte végétal où était suspendu un lustre de branches entre mêlées, et où il pourrait facilement se tenir. L’éliatrop créa alors un portail et sauta dedans, aussitôt suivi par son frère et son tofu. Pressé de retrouver son amie, il ne prit pas le temps de contempler la beauté de la salle vue de haut, et scruta directement les invités. Son frère lui indiqua une direction où il repéra une touffe de cheveux roux. Ils rigolèrent en constatant que le Iop s’était dirigé vers un groupe de Crâ aux cheveux longs et blonds, en pensant sûrement que l’un d’eux était leur amie. Yugo et Adamai continuèrent leur recherche. L’éliatrop désespérait de trouver leur amie dans cette foule. Il avait parcouru toute la pièce du regard et était sur le point d’utiliser sa vision de wakfu, quand soudain, il aperçu une silhouette familière mais…inhabituelle. Il se frotta les yeux pour être sûr de ne pas rêver puis donna un coup de coude à son frère. Celui-ci chercha la cause de l’étonnement de son jumeau et vit alors ce qui troublait Yugo.

C’était Evangelyne mais…différente. Elle était vêtue d’une longue robe noire en bustier, fendue d’un coté, avec de fines bandes beige en daim qui bordaient le tissu sombre afin de mettre en valeur les extrémités de la coupe. Elle portaient de longs gants noirs qui atteignaient la même hauteur que son haut, donnant l’impression qu’ils appartenaient à la robe. A travers la fente, on pouvait apercevoir de fines bottes beiges qui atteignaient ses genoux. Autour de sa taille, saillait une ceinture, où s’entremêlés des fils beiges et dorés, et où était accroché, dans le dos de la Crâ, son arc. Ses cheveux blonds tombés allégrement le long de son dos, alors que seules les deux mèches de devant étaient retenues en arrière par une rose rouge.

Yugo avait déjà vu Eva en robe mais là, il en restait abasourdi. Cette tenue n’avait rien à voir avec celle que son amie s’était vue obligée de porter pour sauver Tristepin des princesses moches. L’éliatrope avait trouvé la jeune femme très belle dans sa robe orange. Mais là, elle était tout simplement éblouissante. La robe qu’elle portait, semblait avoir été conçu pour elle, tellement elle mettait en valeur ses traits fins et son allure de guerrière. Au lieu de sembler plus frêle, ou moins combattive, ce qu’Eva devait craindre en portant une robe, tout en elle inspirait le courage, la détermination et l’élégance.

Le garçon remarqua que les yeux verts de la jeune femme semblaient chercher quelque chose, et il comprit que la Crâ avaient ressenti sa présence. Il demanda à son frère d’aller chercher les autres avant d’hurler le nom de son amie au dessus du vacarme ambiant et de sauter dans un portail.

Chapitre 4
La jeune femme soupira discrètement. Elle s’ennuyait à mourir et cherchait désespérément un échappatoire. Mais rien à faire, elle ne voyait aucune issue. Elle avait bien essayé de se distraire en imaginant comment elle pourrait étrangler Amalia pour l’avoir entraîné dans ce cauchemar mais elle savait que son amie n’avait pas pensé à ce fâcheux aspect en lui offrant cette tenue.

En effet, cela faisait maintenant plusieurs minutes qu’elle était contrainte d’écouter les compliments pompeux du prince Armand alors qu’elle ne voulait qu’une chose : retrouver Amalia pour rechercher leurs amis.

La soirée n’avait pas mal commencé. La robe, que sa protégée lui avait offerte, étant faite pour des guerrières, la jeune Crâ était assez bien dedans. Evidemment, quand Amalia et elle étaient descendues, et que plusieurs paires d’yeux s’étaient posées sur elle, elle s’était sentie mal à l’aise, mais son amie avait fait en sorte de la détendre en lui montrant Canar et Renate qui semblaient proches de s’évanouir, tellement ils étaient surpris de tant de grâce de la part de la Crâ. Quelques minutes plus tard, le Roi les avait rejoint, et au grand damne des deux jeunes filles, le prince Armand était avec lui. Si elle accepta avec plaisir les compliments du souverain, elle sentit la nausée lui venir pendant que le prince la déshabillé du regard. Heureusement, le Roi leur annonça que leurs amis étaient arrivés et qu’ils se trouvaient quelque part parmi les invités. Amalia avait hurlé de joie et avait sauté dans la foule. Eva avait poliment salué le Roi avant de se diriger vers la direction que son amie avait emprunté. Mais comble de malheur, le prince avait décidé de la complimenter sur sa robe.

Perdue dans le fils de ses pensées, Eva eut soudain la mauvaise idée de se rappeler la discussion qu’Amalia et elle avait eu alors que la princesse cherchait à la convaincre d’ouvrir son cadeau. Et elle ne put s’empêcher d’imaginer le prince Armand en robe. Elle failli s’étrangler en essayant de s’empêcher de rire. Malheureusement, si le prince ne remarqua pas sa difficulté à respirer, il constata que la jeune femme s’était mise à rougir, et il crut, à tort, que l’un de ses compliments avaient enfin touché le cœur de la belle Crâ. Il redoubla alors ses tentatives d’approche au grand désespoir d’Evangelyne.

Son salut fut l’arrivé d’une haut représentant du peuple Sram que le Roi présenta à son fils. Profitant de l’inattention du prince, la jeune Crâ s’esquissa en douce. Elle n’avait fait que quelques pas qu’elle se sentait déjà revivre. Soupirant de soulagement, elle prit la direction où Amalia avait disparu. Elle scrutait la salle du regard à la recherche de sa protégée ou de l’un de ses amis, quand soudain, ses instincts de Crâ lui firent se sentir observée. Cependant, elle avait plus la sensation d’une présence familière, que celle des invités qui la dévisageaient.

« -Evangelyne ! »

Elle leva aussitôt la tête et eut juste le temps d’apercevoir Yugo sauter dans l’un de ses portails. La seconde qui suivit, son ami se jetait dans ses bras en hurlant de joie. La jeune femme le serra brièvement contre elle. Puis, bien qu’heureuse de retrouver le petit éliatrope, elle le reposa à terre, légèrement gênée par le comportement expansif de son ami.

« -Yugo ! Je suis tellement contente de te voir !

-Moi aussi, Eva, tu m’as manqué. On t’a cherché partout. Adamai et Az sont allés chercher tout le monde. Tu sais, on a failli ne pas te reconnaître habillée comme ça.

-Oui je sais, j’ai l’air ridicule, Amalia voulait absolument me voir en robe.

-Ridicule ?! Tu veux rire, tu es superbe !

-Merci. Je… »

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’un sifflement admiratif l’interrompit. Elle se retourna pour voir Ruel, accompagné d’Az et d’Amalia.

« -Evangelyne, c’est bien toi ? J’arrive pas à y croire, tu ressembles à une vraie femme ! »

La jeune Crâ leva les yeux au ciel et s’approcha de l’Enutrof pour le saluer.

« -Je vais prendre ça pour un compliment.

-Promis, pour une fois, s’en était un, sans moquerie. Tu es splendide, jeune fille.

-Merci

-Eh pourquoi tu n’arrêtes pas de m’embêter, alors qu’on ne s’est pas vu depuis longtemps, et elle non ? Se vexa Amalia.

-Parce que elle, quand elle prépare la cuisine, elle nous empoisonne pas ! Se moqua Ruel.

-QUOI ? S’écria la sadidette.»

Tous se mirent à rire pendant que la dispute de leurs amis recommençait. Yugo et Evangelyne se regardèrent en haussant les épaules et en esquissant un sourire.

« -Ah ces deux là, remarqua Yugo, ils changeront jamais.

-Que se passe t-il cette fois ? Questionna Alibert, ayant eu un peu plus de mal à se faufiler qu’eux dans la foule, il venait juste de les rejoindre. Je présume que Ruel a commencé.

-Même pas vrai. J’ai juste…Essaya de se justifier Ruel, mais il préféra s’arrêter là en voyant le regard noir de la princesse. Oups…Bon c’est peut-être un peu ma faute.

-Je préfère ça. Dit Amalia en s’approchant de sa garde du corps. Celle-ci profita de l’accalmie pour saluer Alibert.

-Je suis contente de voir que vous êtes guéris, Monsieur Alibert. »

Moins impulsive et plus réservée que sa jeune protégée et Yugo, la jeune femme s’approcha et lui tendit une main qu’Alibert serra chaleureusement. Le père de Yugo était habituellement aussi expansif que son fils mais il avait vite cerné la jeune Crâ, lors de leur première rencontre, et il savait qu’elle serait gênée qu’il agisse ainsi. Très mature pour son âge, elle ne se laissait pas facilement aller à baisser sa garde même si, il en était sûr, elle aurait parfois aimé le faire. Ses soupçons furent confirmés quand Adamai arriva. Quelques mètres plus loin, Alibert vit une touffe de cheveux roux qui dépassait de la foule et qui s’approchait de leur direction.

Quand le Iop atteignit enfin ses amis, Adamai avait rejoint Eva, Amalia et Yugo, qui discutaient et qui ne s’étaient pas encore aperçus de la présence du chevalier. Tristepin ne fit pas un pas pour s’approcher et signaler sa présence. Il était cloué sur place. Son cerveau semblait s’être arrêté alors qu’au contraire, son cœur battait à tout rompre. Il était incapable de réagir face à ce qu’il voyait. Evangelyne se tenait devant lui, toujours aussi belle, et il savait que s’il parvenait à retrouver l’usage de la parole, il ne pourrait que se mettre à bafouiller. Etrangement, il était plus secoué par le faite de la revoir enfin, que par la beauté de la jeune femme dans cette tenue. Après tout, il l’avait toujours trouvé magnifique.

Alibert se racla légèrement la gorge afin d’essayer de réveiller le jeune homme avant que tout le monde s’aperçoive de son état. Mais se fut Yugo qui réagit et aperçu le Iop qui n’avait toujours pas bougé. Amalia et Eva se tournèrent à leur tour et virent un Tristepin hagard, rouge comme une tomate, qui fixait Evangelyne.

Face au regard ébloui du Iop, la jeune femme sentit le rouge lui monter aux joues. Elle sentit son cœur se mettre à battre plus vite. Elle n’arrivait plus à décrocher son regard du sien et ne se rendait compte seulement maintenant, à quel point le Iop lui avait manqué. Un léger coup de coude l’arracha de sa contemplation. Sa protégée lui fit un immense sourire du genre « je te l’avais bien dit » qui la fit devenir écarlate. Elle se détourna aussitôt pour cacher son trouble à Amalia, tout en évitant de croiser le regard de Tristepin, qui ne l’a lâché pas des yeux.

« - Non mais regardez le? C’est pas bientôt fini, tu es en train de me baver dessus là. S’exclama Rubilax. Eh blondinette, tu aurais pu éviter de te faire aussi belle. Il était déjà pas bien malin, mais là, tu lui as fait perdre le peu de cervelle qu’il avait. Ce n’est pas une grande perte, certes, mais qu’il sache parler peut être utile pour qu’il t’avoue qu’il est am… »

Le monologue de Rubilax eut au moins l’effet de réveiller son propriétaire. Enervé, le Iop le frappa contre le sol.

« -Je t’ai déjà dit d’être respectueux avec Ev…avec mes amis.

-Rectification, tu m’as dit d’être respectueux avec Evangelyne. Ce que j’ai été. Après, la mettre mal à l’aise en lui faisant remarquer qu’elle rougissait quand tu l’as dévoré du regard, je ne vois pas en quoi c’est un manque de respect. »

Le Iop fut tellement surpris par la déclaration du shushu qu’il s’arrêta de le frapper pour se tourner vers Evangelyne. Celle-ci, habituellement si maîtresse d’elle même, était sérieusement en train de virer au cramoisie sous le regard amusé de la princesse, qui ne manquerait pas de la charrier dès que possible.

« - Je…je n’ai …pas…

-Alors ! Je vois que la confrérie est enfin au grand complet ! »

Tous se tournèrent vers le Roi qui venait juste de les rejoindre. Evangelyne soupira de soulagement et Amalia lui souffla un « sauvée par le gong » à l’oreille. La Crâ s’apprêtait à nier quand le prince arriva. Trop heureux de pouvoir mettre la pagaille, Rubilax en profita.

« -Pardon messieurs, mais vous venez d’interrompre une scène importante… »

Evangelyne se tendit mais la cervelle de Iop qui servait de gardien au shushu ne pensa pas à stopper Rubilax, se demandant de quoi il pouvait bien parler.

« -Bon Eva, tu l’embrasses ? »

Le shushu fut très fier de l’effet de ses paroles car en plus de mettre Tristepin et Evangelyne dans une situation délicate, vis à vis l’un de l’autre, ils les mettaient aussi mal à l’aise face au Roi. Et, cerise sur le gâteau, le prince était rouge de jalousie. Malheureusement pour lui, Amalia décida que le jeu allait trop loin. Qu’elle taquine Eva, d’accord, mais elle n’acceptait pas qu’on puisse mettre son amie dans une situation gênante. Elle se plaça entre le shushu et le Roi afin de s’adresser à son père pendant que Tristepin bâillonnait l’épée.

« -Excuse Rubilax pour son manque de manière, Papa. En faite Tristepin vient à peine de nous rejoindre et Evangelyne ne l’avait pas encore revu. Alors Eva allait embrasser Tristepin pour lui dire bonjour. »

Sur ce, Amalia tira sa garde du corps vers elle et sourit innocemment à son père. Le Roi sembla se contenter de ça, et Alibert en profita pour discuter avec lui afin de l’éloigner des jeunes gens. Cependant, le prince Armand ne semblait absolument pas convaincu et regardait avec énervement le Iop. La princesse poussa alors son amie vers le gardien. Celle-ci s’approcha, gênée, puis se pencha pour embrasser le Iop sur la joue comme elle l’avait fait juste avant la bataille contre Nox.

« -Je suis contente de te revoir. »

Et elle s’éloigna aussitôt pour rejoindre Amalia. Si elle ne vit pas Tristepin rougir jusqu’aux oreilles, le prince, lui, le remarqua. Enervé, il partit à travers la foule.

Surpris du départ précipité de son fils, le Roi regarda sa fille qui haussa les épaules innocemment. Il s’approcha alors des deux amies.

« -Evangelyne, quelqu’un souhaiterai te voir.

-Vraiment ? Puis je savoir qui c’est, votre Majesté ?

-Moi. »

La jeune Crâ se figea. Si elle ne l’avait pas entendu depuis longtemps, la voix lui était si familière qu’elle l’a reconnu aussitôt. Pourtant son esprit ne pouvait croire que c’était vrai. Alors, le Roi se déplaça afin qu’Eva puisse voir la personne qui se tenait derrière lui.

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Score : 2098

C'est qui ? C'est qui qui dit moi ? Huhu, je veux le savoir.
Tu nous a mis deux chapitres d'un coup. Je crois que tu aurais pu les mettre ensemble. Et t'écrit vraiment vite !
J'ai remarquée quelques petites fautes d'orthographes, pas bien méchant ne t'inquiète pas (pas comme certaine... [j'espère que cette personne se reconnaîtra, huhu]). Il faut juste te relire wink
On retrouve vraiment l'esprit de la série. Pour l'instant, je n'ai rien à dire, rien ne ma choqué... J'approfondirais ma lecture pour voir le petits défauts.
Maintenant, tu peux me considerer comme une lectrice fidèle (:

-LMS-

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Score : 306

Hihi!! Pour savoir, faut attendre le chapitre suivant, mais j'ai appris que le sadisme était pratique courante quand on poste des fanfictions, alors j'hésite : je le mets ce soir ou plus tard ?
Pour ce qui est du faite d'écrire vite, j'ai aucun mérite, j'avais déjà écrit les 17 premiers chapitres quand j'ai posté le premier. J'ai eu beaucoup de mal à me décider à poster ma fanfiction, d'où mon avance.
Pour les fautes, je suis désolée, je suis pas très douée:wacko: pour ça mais je vais essayer de faire mieux.
En tout cas, merci pour ton commentaire LMSbiggrin

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Score : 704

Les 17 premiers ! O_o mais tu comptes en faire combien encore ?! Non pas que ça me déplaise hein biggrin comme ça tu seras jamais à la bourre comme moi. xD Je confirme, le sadisme est extrêmement courant, ce forum ne fait pas exception, bien au contraire niark niark. Quoi ? Je ne suis pas la seule sadique ici ! (une certaine personne se reconnaîtra comme je me suis reconnue plus haut ph34r pis c'était même pas vrai d'abord !).

Mais on est pas là pour parler de la fan fiction de LilyChoco au fait ? Ah si ! tongue Concernant les deux derniers chapitres, j'admire avec quelle aisance tu reproduis les caractères des personnages qu'on reconnaît si bien, ayant moi-même écrit une fan fiction sur les aventures de nos héros, je sais que c'est pas si facile que ça. wink La trame va pas tarder à se lancer, un conseil : entretiens un peu le suspens, j'adoore le sadisme ! biggrin

Dernière chose, pour les fautes, il n'y en a pas tant que ça, j'ai déjà vu des textes bien bien pires avec des fautes plus flagrantes, il y a quelques petites erreurs avec les temps, mais c'est tout. Non franchement, ça reste agréable à lire, et ça ne pique pas les yeux. wink

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Score : 2101

C'est pas trop long et barbant, c'est court et assez captivant ! Voilà un fan-fiction qui fait plaisirs à lire ! smile

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Score : 24

Quoi !? Dix-sept chapitres , tu les avais déjà écris avant mais quand même.

Bah , c'est bien tous sa , mais c'est pas vrai , tu es aussi sadique que Floflora (Floflora , si tu me le permets ,Ta Fan-Fiction restera gravé dans ma tête)

C'est qui ? Juste un petit Spoil , un tout petit hein ? Bon d'accord , j'arrête je lirais le prochain chapitre avec plus d'entrain.
[/u]

[u]Topza
 

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Score : 306

Comme mes chapitres sont assez courts, c'est plutôt facile d'atteindre les 17. Mais pour répondre à la question de floflora, sur le nombre de chapitre que je pense faire : je sais pas mais il y risque d'y en avoir beaucoup puisque j'ai même pas atteint la moitié de l'histoire. Je crois que je me suis piégée toute seule :wacko:
Je peux regrouper les chapitres dans des parties et je publierais partie par partie, mais moins souvent du coup. A moins que vous preferiez que je laisse comme ça?

En tout cas, merci pour vos complimentssmile

Voila la suite.

Chapitre 5

Les amis d’Eva devinèrent rapidement qu’il s’agissait d’un redoutable guerrier Crâ. Grand, des cheveux longs, aussi blonds que ceux de leur amie, des muscles saillants parsemés de cicatrices, un arc dans son dos, l’homme observait la jeune femme qui se tenait devant lui. Ses yeux bleus qui, a n’en pas douter, devaient habituellement vous transpercer du regard, semblaient plein de tendresse et de fierté, quand ils se posaient sur Evangelyne. Celle-ci d’abord muette de surprise, reprit finalement ses esprits, et posa respectueusement un genoux à terre, sous le regard d’incompréhension de ses amis, excepté celui d’Amalia et du roi.

« -Maître ! »

La confrérie du tofu en resta sans voix. Devant eux, se tenait donc le mentor d’Evangelyne. Bien que la jeune archère ne parlait jamais de son passé, elle leur avaient parlé de l’homme qui lui avait tout apprit et qu’elle estimait beaucoup. Amalia leur avait ajouté qu’il s’agissait de l’un des plus grands guerriers Crâ et qu’il avait été pendant la formation d’Eva, le garde du corps personnel du Roi des Sadidas.

L’homme s’approcha de son élève sous le regard admiratif et impressionné de ses amis. Comme la jeune femme gardait obstinément la tête baissée, il posa ses mains sur ses épaules afin de l’inciter à se relever, puis il glissa sa main sous son menton pour enfin pouvoir croiser le regard vert émeraude, plein d’émotion, de sa protégée.

« -Je croyais pourtant bien t’avoir enseigné que, quand un élève finit sa formation, il devient l’égal de son maître. Je devrais peut être te reprendre sous mon aile pour te remémorer certains trucs, fit le mentor sur un ton amusé.

-Il est difficile de se considérer comme l’égal d’un si noble guerrier, taquina la Crâ qui entra dans le jeu de son ancien maître. »

L’homme rigola, avant de tendre un avant bras, que la jeune femme serra à la manière des frères d’armes.

« -Je suis heureux de voir que ton séjour auprès de notre charmante princesse sadida ne t’ai pas rendu susceptible, déclara le Crâ en jetant un œil à Amalia. »

La jeune fille était sur le point de réagir comme à son habitude, mais Eva lui fit un signe de tête qui lui fit ravaler tout commentaire.

« -Je suis, moi aussi, très heureuse de vous revoir Maître, fit-elle en inclinant respectueusement la tête. »

La Crâ fut fière de voir sa protégée prendre sur elle et agir calmement face aux taquineries de son mentor. Celui ci avait toujours aimé mettre hors d’elle la petite princesse. Il avait même avoué à Eva qu’il calculait à quelle vitesse elle pouvait se mettre à rougir d’énervement.

Bien qu’il avait remarqué l’échange silencieux entre les deux jeunes filles, le mentor d’Eva admira la maturité que la princesse avait atteint, sans aucun doute, grâce aux efforts de sa disciple.

« -Mes hommages, princesse Sheram Sharm, déclara t-il plus sérieusement en s’inclinant. »

N’étant pas un sujet de la cour sadida, le Crâ se permettait d’être un peu moins officiel en taquinant la princesse, cependant cela ne l’empêcher pas de lui montrer le respect qui lui était dû.

« -Content de voir que vous savez mettre de coté votre susceptibilité pour les vieux amis.

-Moué, enfin que quand ça l’arrange, marmonna Ruel.

-Qu…commença Amalia.

-Tu allais dire quelque chose Amalia ?»

Se rappelant qu’elle était censée garder son sang froid, elle se mordit la joue tout en imaginant les milles vengeances qu’elle n’oublierai pas de prendre sur le vieil énutrof. Celui-ci profitait bien sûr de l’occasion pour l’embêter un peu plus. Voyant que la princesse était sur le point de sauter au cou de Ruel pour l’étrangler, Eva intervint.

« - Les amis je vous présente mon maître…pardon, mon ancien maître, Weldor, le deuxième seigneur du Temple de Crâ. Weldor, je vous présente Ruel Stroud, un énutrof et le meilleur ami de monsieur Alibert, que voici, désigna t-elle, et voici nos autres compagnons de voyages : Yugo et son frère jumeau Adamaï… Le dragonnet et son frére le saluèrent, tandis que Az vint voler prés d’Eva. Oh et bien sûr, Az, le tofu de Yugo, qui nous a sorti d’un sacré pétrin. Et enfin Sire Tristepin de Percédal, chevalier et …

-Amoureux de votre petite protégée.

-…gardien de shushu. Euh…quoi ? S’étranglât Evangelyne.

Tous se tournèrent vers Tristepin, qui abattait à nouveau son épée sur le sol, de sorte de la faire taire. Inquiète, la jeune Crâ observa son ancien maître qui fixait d’un regard indéchiffrable, le Iop. Weldor s’approcha alors de Pinpin qui arrêtât de martyriser le shushu, sentant que c’était bientôt lui qui allait passer à l’abattoir.

« -Fais tes prières, gamin.

-La ferme, Rubi’, chuchota Pinpin.»

Le Crâ se dressa de toute sa hauteur devant le Iop. En d’autre circonstance, celui-ci n’aurait pas été impressionné mais il s’agissait du mentor de celle qu’il admirait le plus, alors se battre avec lui, ne le tentait que moyennement. Quand l’homme se pencha vers lui, il ferma les yeux, près à se prendre une rouste sans réagir.

« -Mais n'est ce pas Rubilax ! S’exclama le Crâ à la surprise général.

-Vous connaissez ce shushu ? Questionna Tristepin.

-Oui, je l’ai rencontré lorsqu’il était en possession de Goultard, ton maître, je présume ?

-En effet. Mais il ne me l’avait jamais mentionné.

-Inutile, puisque tu étais là. Si je me souviens bien, tu devais avoir environ cinq ans, il est normal que tu ne t’en souviennes pas.

-Attendez, intervint Eva, vous connaissez Tristepin ?

-Oh je l’ai juste croisé, à l’époque, il était plus intéressé à l’idée de se battre que de devenir un gardien de shushu. C’est courageux, jeune Iop, Rubilax n’est pas le shushu le plus facile à vivre.

-A qui le dites vous, souffla Pinpin. Il me met toujours dans des situations pas possibles.

-Situation dont vous n’êtes pas encore tiré, déclara Weldor avec un regard sévère sur le jeune Iop qui avala difficilement sa salive. Content de son effet, le Crâ se détourna, fit un clin d’œil à Eva et s’adressa aux amis de la jeune femme : Je suis ravi de rencontrer enfin la fameuse confrérie du tofu. J’ai beaucoup entendu parler de vos exploits mais j’aimerai bien entendre l’histoire par les principaux concernés.»

La confrérie raconta alors leurs périples, depuis leur rencontre à Emelka jusqu’à leur découverte de l’île d’Oma et enfin leur retour au royaume Sadida et leur combat contre Nox.

Le guerrier Crâ les écouta sans les interrompre. Il souriait de temps en temps face à l’excitation de Yugo ou d’Amalia, qui revivaient leur aventure en la racontant. Quand ils eurent fini, ils se rendirent compte que tous les invités s’étaient tus afin d’entendre leur récit.

« -Et bien ! Les jeunes d’aujourd’hui sont pleins de ressources, déclara Weldor.

-Et oui, surtout moi, se congratula Ruel, sous les rires de ses amis. Ben quoi ?

-Maintenant que tous le monde a entendu les aventures de nos héros, intervient le Roi en se plaçant à coté de son ami Crâ, et en parlant suffisamment fort pour que tout le monde l’entende. Nous allons passer à la raison de cette soirée. Membres de la Confrérie et Alibert, approchez. »

Ils se jetèrent tous des regards surpris, ne comprenant pas ce qu’il se passait, mais ils obéirent et se placèrent face au Roi.

« -Père, je croyais qu’on fêtait la victoire et le retour de la paix sur le royaume, demanda Amalia.

-Disons que c’est l’une des raisons, princesse, intervint le Crâ en faisant un sourire complice au Roi.

-Je déteste quand ils font ça, murmura la sadidette à l’oreille d’Eva. Ca me rappelle quand ils nous faisaient des blagues. »

La Crâ grimaça et pria pour que le roi et son mentor n’aient pas décidé de leur faire une plaisanterie. Avec toutes les émotions de la soirée, elle n’était pas sûr de pouvoir supporter une nouvelle surprise.

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Score : 2101

Woa, l'arrivé du mentor d'Eva ? Bah ça, je l'avais pas vu venir ! ^^' Chapitre un peu court mais suffisant je trouve smile Je suis toujours autant séduite par ta façon de raconter, continue comme ça surtout ! tongue 

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Score : 1047
Super fiction, les chapitre sont un peux trop courts mais ce n'est qu'un détaille, ça! Et puis, tu poste vite; Alors que demande le peuple? (XD)
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Score : 306

Partie 2 : Epreuve.
Chapitre 6
Le roi fit un signe et plusieurs hommes et femmes sortirent de la foule. Parmi eux, la Crâ reconnut quelques membres appartenant à des Temples dédiés aux Douze. En voyant qu’avec son ancien mentor et le roi, les personnes qui se regroupaient près d’eux, étaient au nombre de Douze, la jeune femme comprit aussitôt que chacune d’elle représentait un Temple et donc une classe.

Les dix invités se placèrent de chaque coté du Crâ et du Roi. Ce dernier les présenta alors comme les représentants des Temples Iop, Féca, Sacrieur, Eniripsa, Pandawa, Enutrof, Sram, Osamodas, Xelor et Ecaflip. Chacun d’eux inclina respectueusement la tête face au Roi des sadida puis face à la confrérie. Sentant les héros de plus en plus troublés, le roi leur expliqua la raison de leurs présences.

« -Par votre bravoure et votre courage, vous avez sauvé le peuple sadida ainsi que le reste du monde des Douze, allant jusqu’à prendre le risque de perdre la vie pour cette cause. »

Le Roi fit une courte pause. Amalia et Evangelyne regardèrent Tristepin qui avaient bien failli perdre la vie afin de les sauver. Mais, les blessures du Iop avait mystérieusement guéri. Personnes ne savaient comment, ni pourquoi, mais chacuns se rejouissaient de la tournure qu’avait pris les évènements.

« -Pour vous remercier et afin que chacun sache ce que vous avez fait pour nous tous, les Temples des Douze ont décidé de vous récompenser. »

Au mot « récompenser », les yeux de Ruel se mirent à briller. Pendant un instant, il s’imagina sur une montagne de kamas. Mais son rêve disparu rapidement quand des gardes sadidas apportèrent plusieurs coffrets.

« -Pff, trop petit pour une montagne de kamas, souffla Ruel.

-Mais le contenu vaut bien plus, Enutrof , déclara Weldor, qui, comme tous les crâs avaient une excellente ouïe et avait donc entendu le vieil homme. »

Ruel se fit tout petit face aux regards de remontrance de ses amis.

« -Ben quoi, je suis un énutrof. »

Le représentant du Temple du dieu des énutrofs s’approcha de lui avec l’un des coffrets.

« -Ruel Stroud, pour avoir aidé à la sauvegarde du peuple sadida malgré le faite que nous vous ayons envoyé faire un tour dans nos prisons…

-Bah, c’est oublié.

-…nous tenions à vous offrir ceci, de la part de nous tous, poursuivit le roi. »

L’Enutrof ouvrit alors le coffret sous les yeux ébahis de la confrérie. A l’intérieur, il y avait deux dagues. Légèrement incurvées, leurs lames étaient gravées de symboles et elles semblaient extrêmement tranchantes. Le roi leur expliqua que les gravures n’étaient pas de simples ornements. Il s’agissait en faite d’un vieux dialecte qui liait celui qui donnait son sang, aux lames. En revanche, le symbole qui ornait le pommeau des armes, lui, représentait la Confrérie. Yugo le reconnu aussitôt puisque c’était lui qui l’avait dessiné un jour où il s’ennuyait en attendant qu’Amalia et Evangelyne sorte de la salle du trône où se déroulait une réunion. Le roi avait trouvé la feuille abandonnée par terre après que Yugo est entrainé les filles à sa suite pour aller voir un combat amical entre Adamaï et Pinpin.

En plus des armes, le coffret contenait un kamas où était gravé ce même symbole. Le représentant des Enutrofs donna le coffret à son homologue qui n’osa pas y toucher. Une chose était sûr, il ne revendrait jamais ce présent.

Pour le remercier d’avoir protégé la confrérie contre Nox, lors de leur première rencontre, Alibert reçu une boite contenant des graines d’une plante rare qu’il pourrait utiliser dans sa blanquette.

« -Sire Tristepin de Percédal, pour avoir sauvé ma fille et Evangelyne en plus du reste et envers le faite que nous vous avions banni du royaume, nous vous remettons ceci. »

De la même manière que pour Ruel, le représentant des Iops s’approcha de Pinpin et lui remit un coffret contenant les mêmes lames ainsi qu’une chevalière portant le symbole de leur amitié. Amalia et Yugo eurent les mêmes présents, accompagné respectivement d’une fleur d’argent et d’une figurine en forme de tofu, tout deux gravés. Se fut ensuite le tour d’Adamaï, qui, n’ayant pas besoin d’armes, reçu un croc de dragon qui avait été trouvé des années au par avant par le peuple sadida, et qui avait été gravé du même symbole.

Enfin se fut le tour d’Evangelyne. Se demandant pourquoi elle passait en dernière, elle regarda, un peu anxieuse son maître ouvrir le coffret qui lui était réservé. Comme pour les autres, ils contenaient deux dagues. Mais le troisième objet était une flèche en or qui portait aussi leur symbole. La jeune femme se sentit mal.

« -Je ne comprends pas, je n’est rien fait pour…

-Evangelyne, il me semble que c’est à nous d’en décider. En portant cette robe, tu as fait le premier pas, fit son ancien mentor, maintenant tu dois finir le rituel en absorbant cette flèche.

-Mais je ne la porte que parce que la princesse me l’a demandé. Pas pour autre chose, je n’ai pas la prétention de m’en juger digne. Je n’aurais pas du la porter sans votre accord. »

La Crâ parlait vite, de plus en plus mal à l’aise. Pourquoi avait elle accepter de mettre cette fichue robe, ça allait forcement lui retomber dessus. Personne ne devait porter ces robes sans l’accord du conseil des Crâ.

Comme la jeune femme ne semblait pas comprendre, et semblait croire qu’il lui en voulait, le Crâ posa ses mains sur les épaules de sa protégée qui arrêta aussitôt de tergiverser.

« -Et à ton avis, comment Amalia a obtenu cette robe ? questionna Weldor.

-Euh, je sais pas, elle a du l’acheter quelque part…commença la Crâ »

Puis la lumière se fit dans son esprit. Elle regarda Amalia puis son mentor et à nouveau Amalia, qui lui sourit innocemment. Cervelle de Iop.

« -C’est un coup monté, comprit Eva.

-Amalia était la seule personne qui pouvait te faire enfiler cette robe sans y perdre la tête, expliqua le Crâ. Du coup, je lui ai fait parvenir la tenue que tu devais absolument porter pour le rituel.

-Papa m’a expliqué ce que je devais faire et j’ai du ruser pour te convaincre, acheva la sadidette.

-Ouh toi, tu perds rien pour attendre, fit Eva, moitié amusée moitié vexée de n’avoir rien vu venir. Mais je ne vois toujours pas en quoi je mérite de passer ce rituel.

-C’est vrai, sauver à plusieurs reprises une princesse, en plus d’avoir aidé à sauver notre monde, ce n’est pas suffisant, se moqua Ruel.

-Une princesse sous ma responsabilité donc il est normal que je la protége, et c’est Yugo qui a sauvé le monde des Douze.

-Et sans toi pour veiller sur nous, intervint Yugo, on aurait même pas atteint l’île d’Oma.

-Et on serait toutes les deux et papa, encore endormis dans le sanctuaire auprès de l’Arbre de Vie, compléta Amalia.

-Cela te suffit ou ils continuent ? Demanda Weldor.

-Mais je suis trop jeune pour…

-C’est bon, elle est d’accord, déclara le Crâ. »

Il confia le coffret d’Eva à la princesse après en avoir extrait la flèche, et se plaça face à son ancienne élève.

« -Tends les mains. »

La jeune femme hésita le temps d’un regard vers ses amis qui lui firent un sourire d’encouragement puis elle tendit ses mains devant elle, paume vers le ciel. Weldor fit alors un rapide discours rappelant les raisons pour lesquelles Evangelyne méritait de passer cette épreuve.

« - Amalia, chuchota Yugo, en quoi consiste ce rituel ?

-C’est un rituel de reconnaissance. Quand un Crâ fait une grande action, que ce soit sauver la vie de quelqu’un, se démarquer pendant une bataille, ou autre chose, il passe ce rituel. Ainsi tous les Crâ sauront ce qu’il a fait.

-Comment peuvent ils savoir ? Demanda Adamaï.

-Seul les Crâ peuvent vraiment l’expliquer, intervint Ruel, c’est une sorte d’énergie que la personne, qui passe le rituel, dégage d’elle même. Ils ne savent pas quel action a été faite mais ils savent que la personne mérite un grand respect. Habituellement, les Crâ qui passent cette épreuve sont plus âgés. Je crois qu’Evangelyne est la première personne si jeune à faire ce rituel.

-Pourquoi Eva ne voulait elle pas passer cette cérémonie ? Questionna Alibert, c’est plutôt gratifiant.

-Parce qu’Eva se croit moins importante qu’elle ne l’est, répondit Amalia, et puis, elle déteste les robes.

-Et pourquoi doit elle la porter ? interrogea Yugo.

-C’est un symbole. Seules celles qui le méritent la porte. Parfois, certains Crâ n’ont pas passer le rituel mais on le droit de porter ces tenues pour montrer leur bravoure, précisa Ruel. Ah, regardez, ça devient intéressant. Et admirez, rares sont les non-Crâ à assister à cette cérémonie. »

Weldor avait commencé à réciter le rituel dans un ancien dialecte. Les sons graves qu’il produisait n’étaient compris que par les Crâ. Soudain, une voix plus douce se mêla à la sienne et la confrérie vit avec surprise qu’il s’agissait d’Evangelyne. Leur amie devait sans nul doute répétait le texte d’usage, pourtant ils eurent l’impression qu’elle chantait. Enfin, le Crâ s’arrêta et posa la flèche entre les mains de la jeune femme. A son contact, l’objet se mit à briller puis s’éleva et tourna afin de pointer le ciel. Eva s’arrêta à son tour, observa un instant la flèche puis son mentor. Celui-ci lui fit un signe de tête. Alors elle saisit la flèche…et hurla.

Chapitre 7
Tristepin n’avait pas dit un mot. Il avait écouté les explications de ses amis mais était resté concentré sur Eva. Il était inquiet. La mélodie de la Crâ l’avait réconforté mais il gardait un mauvais pressentiment. Un ami lui avait parlé d’un rituel que les archers faisaient et qui les mettaient à l’épreuve, mais il n’arrivait pas à se rappeler ni le nom du rituel ni comment il éprouvait les Crâ. Il eut vite sa réponse en entendant son amie hurler. Sans réfléchir, il dégaina Rubilax et accouru vers la jeune femme. Mais il ne put pas faire un pas de plus. Des ronces lui emprisonnèrent les bras et les jambes, l’empêchant d’utiliser son épée. Le iop grogna de frustration. Il chercha alors le responsable, persuadé que ce serait le prince Armand, et fut surpris de constater que c’était le roi. Il lança un coup d’œil à ses amis et remarqua qu’ils se trouvaient tous dans la même situation que lui. Les invités, comme les représentants, n’avaient pas bougé.

« -Père, que faites vous ?

-Je vous empêche d’intervenir dans le rituel Crâ, déclara Sheram sharm.

-Mais Eva…commença la sadidette terriblement inquiète pour son amie qui gémissait de douleur.

-Doit passer cette épreuve pour obtenir le respect de ses paires, expliqua le roi.

-Mais elle souffre, hurla le iop. »

Il était fou. Il gigotait dans tous les sens, espérant trouver un moyen de se libérer. Il était même près à se laisser posséder à nouveau et provoquer une esclandre mais Rubilax lui était inaccessible.

« -Evangelyne a accepté l’épreuve, en connaissance de cause, intervint son mentor sans quitter la jeune femme des yeux. C’est le seul moyen pour elle d’achever le rituel.

-C’est cruelle, grogna Yugo. Vous n’avez pas le droit de lui faire ça. Elle ne mérite pas de souffrir. »

Le jeune Eliatrope essayait lui aussi de se libérer. Par nature, il n’avait jamais accepté une injustice mais depuis qu’il avait assisté à la mort de Tristepin, avant que Nox ne remonte le temps, il ne supportait pas que l’on fasse du mal à ses amis. La rage monta en lui. Malgré ses bras retenus dans son dos, il produisit un rayon de wakfu qui brûla la ronce qui le retenait. Quand il fut sur ses pieds, il libéra son frère et Pinpin avec de nouveaux rayons. Ils s’apprêtèrent à s’approcher d’Eva mais le Crâ s’interposa.

« -Cela suffit, dit-il.

-Libérez Eva de ce rituel, ordonna Yugo.

-Je ne peux pas, et si j’étais vous, je n’essayerai pas, répondit Weldor. »

Tristepin s’apprêta à faire fi du conseil du guerrier mais Yugo l’arrêta.

« -Que voulez vous dire ?

-Si vous intervenez maintenant, Eva pourrait en mourir.

-Quoi, hurla tristepin, mais vous êtes complètement…

-Pinpin, attends, l’interrompit Yugo. »

L’éliatrope avait remarqué l’inquiétude dans le regard du guerrier. Alors, il comprit.

« -Pinpin, c’est le seul moyen pour Eva d’être reconnue.

-Bon sang, Yugo, tu veux qu’on reste là, à la regarder souffrir ?

-Lorsque Goultar t’as fait passer l’épreuve qui t’as permis de maîtriser Rubilax, tu aurais aimé qu’on s’interpose et qu’on remette en cause tes capacités ? Le iop ne répondant pas, Yugo poursuivit : Si le rituel la mettait en danger, jamais son mentor ne lui aurait fait prendre ce risque. Eva est forte, la douleur ne l’arrêtera pas. Qu’elle que soit l’épreuve, elle l’a réussira. »

Yugo regarda ses amis encore coincés et le mentor d’Eva, avant de reporter son attention sur son ami iop.

« -Je sais que tu es inquiet, nous le sommes tous. Mais promets moi de ne pas agir comme une cervelle de iop. Pour Eva.»

Le chevalier regarda Evangelyne, dont le front perlé de sueur, à cause de la douleur.

« -Je…te le promet, abandonna Tristepin. »

Le roi libéra alors Amalia, Ruel, et Alibert. Weldor posa une main sur l’épaule de Yugo.

« -Tu parles bien petit, il continua en s’adressant à l’ensemble des amis d’Eva : Je suis désolé d’avoir agi ainsi, mais vous ne l’auriez jamais laissé faire en sachant ce qui l’attendait. Et vous stopper ainsi, était la seule solution pour vous éviter d’agir malencontreusement.

-Mais Eva, comment…Amalia ne termina pas sa phrase, trop inquiète pour son amie.

-Ne t’inquiète pas, comme l’a dit Yugo, si elle n’était pas capable de réussir, jamais je ne lui aurais fait passer l’épreuve.

-Et si elle échoue quand même? Demanda Ruel, qui malgré les apparences s’inquiétait beaucoup pour la Crâ.

-Il ne lui arrivera rien, si ce n’est un léger mal de tête…mais elle a la tête dur.

-Comme tous les Crâ, grogna Tristepin, quelle idée débile de se faire souffrir ainsi.

-Il me semble que les iop ont des méthodes similaires pour prouver leur estime, dit le Crâ.

-Eva n’a pas besoin de prouver ses capacités à qui que ce soit, répondit le iop.

-Je suis d’accord, seulement Eva vit loin de son peuple. Pour avoir été longtemps dans cette situation, je peux dire qu’il est difficile de revenir parmi les siens s’ils ne savent pas ce que vous avez vécu. En lui faisant passer cette épreuve, j’assure à Evangelyne le respect qu’elle mérite lorsqu’elle se retrouvera avec des Crâ. Et si elle réussit l’épreuve, elle gagnera une plus grande force et sera plus apte à vous aider.

-Comment ça ? Interrogea Adamaï.

-L’épreuve que chaque guerrier passe est différente. Chacun est confronté à ses angoisses, et ceux qui réussissent, en ressortent grandi et plus fort. Plus l’épreuve est éprouvante, plus le guerrier y gagne. »

Weldor se tourna vers sa protégée. Quelque soit l’épreuve, il suffisait de voir le regard inquiet du Crâ pour comprendre que ce n’était pas une partie de plaisir.

« -Personne ne peut savoir ce qu’Evangelyne vit en ce moment. Et rares sont les Crâ qui acceptent d’en parler par la suite. Je vous demanderai de ne pas questionner votre amie, si elle ne fait pas elle même le pas. Quelque soit votre lien avec elle. »

Sa dernière phrase visait principalement Amalia, qu’il connaissait pour sa grande curiosité. Mais aussi parce qu’il savait qu’Eva, qui considérait la sadidette comme sa meilleure amie, aurait du mal à refuser de lui en parler.

Le roi s’approcha du Crâ et lui posa une main réconfortante sur l’épaule. Le guerrier quitta sa protégée du regard et fit un sourire reconnaissant à son vieil ami.

« -Elle s’en sortira très bien. »

Comme le roi conviait les invités à attendre la fin du rituel en allant sur la terrasse qui se trouvait au dessus de la salle de réception, la confrérie et Alibert se retrouvèrent seul avec le mentor d’Eva. La jeune femme étant toujours plongée dans une sorte de transe, ils ne souhaitaient pas la quitter des yeux tant qu’elle ne serait pas réveillée. Quand le dernier invité quitta la salle, Weldor alla s’asseoir en face de son ancienne élève. La confrérie l’imita et ils se placèrent en cercle autour de leur amie. Le brouhaha des invités ayant disparu, et ne sachant pas trop quoi dire, ils tombèrent rapidement dans un profond silence, que seuls les gémissements de douleur d’Eva, perturbaient de temps en temps.

Ne supportant plus d’entendre son amie dans cette état de détresse sans rien pouvoir faire, Yugo décida de rompre l’attente pénible, en posant des questions.

« -Pourquoi n’avez vous pas attendu la fin de la soirée ou un autre jour pour faire passer cette épreuve à Eva ?

-C’est vrai, intervint Ruel, je croyais que ce genre de rituel ne se faisait qu’entre Crâ. »

Le guerrier prit une profonde inspiration et attendit un instant, comme s’il pesait chacun de ses mots, avant de répondre.

« -Le roi Sheram sharm et moi avons décidé de vous offrir vos présents en présence des invités et des représentants de sorte que chacun soit témoin de vos exploits. Les armes, qui sont dans vos coffrets, sont de grandes valeurs. Le troisième objet, que chacun a reçu, l’ai encore plus. Ce ne sont pas de simples babioles gravées. Que ce soit le kama, la fleur, la chevalière, le croc, le tofu ou la flèche, chacun de ses objets représentent l’un d’entre vous, et a subi une modification symbolisée par la gravure qui représente votre équipe.

-Quel genre de modification ? demanda Ruel en observant son kama sous toutes les coutures.

-Elle ne peut se voir, puisqu’il s’agit de magie. »

Excepté Tristepin, ils sortirent tous leurs présents. La magie avait quelque chose de fascinant. Yugo regardait son mini-tofu au creux de sa main. Lui et Adamaï avaient ressenti une vibration spéciale qui émanait des objets mais aucun n’avaient su dire pourquoi.

« -En réunissant un membre de chaque classe, nous avons pu pratiquer un vieux sortilège qui nous a permis de lier chacun de ses objets entre eux et avec vous, expliqua le Crâ.

-Je ne comprends pas, ils nous reconnaissent comme les dagues? interrogea Amalia.

-Et bien plus, répondit Weldor, ils vous permettront de savoir où vous êtes les uns des autres, de sentir si l’un d’entre vous est en danger et on dit que si votre lien est suffisamment fort, vous pourrez communiquer entre vous, à distance, grâce à eux. Ce sont devenus des Liants.

-Ouah, c’est génial, s’écria Yugo.

- Peu de gens ont entendus parler des liants. Pour les invités, ce ne sont que de simples objets. Et il est mieux qu’ils en ignorent les capacités. Ce genre d’objet doit s’offrir devant témoins. Dans notre cas, les témoins étaient les représentants des Douze. Faire une cérémonie secrète pour vous les offrir aurait pu éveiller les soupçons de n’importe quel roublard.

-Alors que nous les offrir avec des dagues, qui semblent plus précieuses, les font passer inaperçus, intervint Adamaï.

-Exact.

-Ca ne réponds toujours pas à la question de Yugo, intervint la princesse.

-J’y viens, répondit le Crâ, pour chacun d’entre vous, on a choisi un objet qui correspond à votre personnalité. Quelque chose qui n’éveillera pas les soupçons d’un bandit, si vous le protégez. Pour une Crâ comme Evangelyne, la flèche du rituel est essentielle.

-Et comme ses actions lui ont valu le droit de passer cette épreuve, vous avez fait une pierre, deux coups, comprit Yugo.

-En effet, acquiesça Weldor. Cela impliqué qu’Eva accepte la flèche devant l’assemblée et donc passe le rituel devant tous ces gens. Car dès qu’un Crâ touche la flèche, le rituel s’enclenche. Cela est inhabituel, mais Evangelyne ne fait jamais rien comme tout les Crâ. Son choix, de rester parmi les sadidas pour protéger Amalia, en ai la preuve.

-C’est Eva qui a choisi de rester ? Interrogea Yugo.

-Disons que les pleures de notre princesse ont un peu influencé son choix, se moqua le guerrier.

-Eh, dites tout de suite que c’est ma faute, s’écria Amalia vexée.

-Vous pouvez nous raconter, s’il vous plait ? Demanda Yugo, curieux de connaître l’histoire.

-C’est une longue histoire…hésita Weldor.

-Cela nous aidera à passer le temps en attendant que notre belle au bois dormant se réveille, fit remarquer Ruel.

-Je ne sais pas si la princesse veut que je …

-Allez y, ordonna presque Amalia, …s’il vous plait, rajouta t-elle avec une mou presque suppliante.»

Weldor comprit que la princesse, comme le reste de ses amis, avait besoin de penser à quelque chose de plus réjouissant que les tortures que semblaient vivre la jeune Crâ. Lui-même préférait passer le temps en parlant de vieux souvenirs.

« -Et bien, commençons par le commencement, déclara le guerrier. Evangelyne et Amalia vous ont elle raconté leur rencontre ?

-Oui, Eva nous a raconté son premier jour comme dame de compagnie, ça n’a pas plu à Amalia d’ailleurs, se rappela Yugo. »

La princesse tira la langue au jeune Eliatrope. En voyant le guerrier sourire, la confrérie comprit qu’il connaissait lui aussi l’histoire de la princesse bouftow. Lorsqu’il leur révéla que ce n’était pas la première rencontre des deux filles, Adamaï remarqua que le Crâ ne semblait pas surpris que sa protégée ne leur en ai pas parlé. Le dragonnet avait remarqué qu’Evangelyne avait toujours été très évasive sur son histoire, et préférait généralement faire dévier le sujet. Pendant le voyage les menant au dofus du grand dragon, Yugo lui avait beaucoup parlé de ses amis : son sujet préféré. Le jumeau de l’Eliatrope s’était vite rendu compte que son frère connaissait rien du passé de la Crâ, excepté des anecdotes qu’elle avait en commun avec Amalia. Le dragon était donc impatient d’entendre l’histoire du mentor de leur amie, et peut être d’en apprendre un peu plus sur son passé mystérieux. Car il avait la conviction, que l’histoire d’Eva recelait des secrets qui pouvait expliqué sa maturité et sa grande force de caractère.

Adamaï n’était pas le seul intéressé. Comme tous les autres, Tristepin écoutait le guerrier, tout en continuant à veiller sur la Crâ. Trop inquiet pour son amie, il ne s’était guère concentré sur la conversation qui avait précédé, et dont il ne comprenait pas grand chose. Mais il n’était pas Iop au point de louper une histoire sur Evangelyne.

Weldor leur raconta alors la naissance d’une grande amitié.

Chapitre 8
Une nouvelle aube se levait sur le royaume Sadida. Les rayons matinaux du soleil illuminaient chaque arbre d’une douce lumière, tandis que la vie commençait à se réveiller. Un groupe de Sadidas, perchés sur des dragodindes, venaient de quitter le portail zaap, afin de rejoindre le cœur du royaume. Parmi eux se trouvait un guerrier Crâ. Il avait de long cheveux blonds retenus en arrière par un catogan, un arc dans le dos, des bracelets en cuir à chaque poigné, et il portait une tenue noir et beige typique des archers.

En quittant le couvert des arbres, ils atteignirent le sommet d’une falaise qui surplomber la dense forêt Sadida et d’où on pouvait voir, à l’horizon, le majestueux Arbre de vie, où vivait le peuple de la forêt.

« -Oaaaah. »

Le Crâ sourit et pencha la tête afin de voir le visage de l’enfant qui l’accompagnait. La petite Crâ était émerveillée par la beauté des lieux. Malgré son jeune âge, elle avait beaucoup voyagé, mais il lui semblait ne jamais vu de forêt aussi grande et belle.

« -Impressionnant, n’est ce pas ?

-C’est magnifique, Maître, murmura l’enfant.

-Tu devrais voir ta tête, se moqua t-il.

-Roh, ça va, maugréa t’elle. Vous n’étiez pas mieux en bavant devant les confiseries de Bonta.

-C’est vrai, avoua t-il en rigolant. Allez, allons-y. Ou on va nous attendre. »

Sur ce, le guerrier tira sur les rênes pour remettre en marche sa monture. Le Crâ sourit lorsque l’enfant, au creux de ses bras, se tortilla pour essayer de voir le plus longtemps la vue. Quand ils disparurent sous les arbres, elle se réinstalla calmement contre son mentor. Agée de presque neuf ans, Evangelyne n’était pas encore assez forte pour maîtriser une dragodinde adulte. Son maître l’avait donc prit sur sa dragodinde. Un bras de chaque coté de l’enfant pour tenir les rênes, il les lui cédaient de temps en temps, au grand plaisir de la petite Crâ.

Lorsqu’il arrivèrent dans le village, des Sadidas les saluèrent pour leur souhaiter la bienvenue. Poliment, le guerrier répondit à leur signe de main, avant de poursuivre son chemin, vers le palais. Lorsqu’ils arrivèrent au pied de l’Arbre de vie, Weldor descendit de sa monture. Mais Evangelyne, elle, ne bougea pas. Surpris, son maître se tourna vers elle. La petite contemplait l’Arbre de vie. Elle n’avait jamais vu un arbre aussi grand. De son tronc jaillissait des milliers de branches où venait s’accrochait des maisons et des terrasses. Autour de l’arbre, serpentait un escalier mais Eva vit des Sadidas sautaient de branches en branches par des lianes, pour se déplacer d’étage en étage. Eblouie, elle ne remarqua pas le sourire moqueur de son maître.

« -Attention, la bave est proche, la taquina t-il. »

Sa protégée sortit de ses pensées et lui tira la langue. Elle était sur le point de descendre quand elle eut l’impression d’être observée. Mais elle n’eut pas le temps d’en chercher la raison que Weldor l’attrapa par dessous les bras et la souleva du dragodinde afin de la poser à terre.

« -Pas le temps de rêvasser petite, on a un rendez vous avec le Roi, lui dit-il en s’agenouillant devant elle afin d’être à sa hauteur. Bon, tu te rappelles bien de ce dont on a parlé avant de partir ?

-A quel propos ? »

Le Crâ était sur le point de lever les yeux au ciel quand il remarqua le sourire moqueur de son élève.

« -Toi ! Attention ! Tu as bien failli m’avoir, dit-il en souriant.

-Ce n’est que pure vengeance pour tout à l’heure, répondit la petite Crâ innocemment. Elle poursuivit plus sérieusement. Je connais les règles, Maître, je n’ai pas besoins que vous me les rappeliez. »

Weldor observa le regard confiant de sa protégée. Il avait eu bien des élèves avant mais Evangelyne était de loin la plus mature et la plus sérieuse de tous. Elle pouvait rire avec lui et redevenir sérieuse et vigilante dans la seconde qui suivait. Une qualité importante pour un Crâ. Seulement, sa plus grande qualité pouvait aussi être son seul défaut. Weldor en eut encore la preuve lorsqu’il se redressa. En effet des enfants s’étaient approchés, curieux de la venue d’un Crâ parmi eux. Leur curiosité avait redoublé lorsqu’ils avaient vu la petite fille qui accompagnait le guerrier. La venue de guerrier Crâ n’était pas particulièrement rare. En revanche, celle d’enfant l’était beaucoup plus. Ils lui firent un signe comme pour l’inviter à venir jouer avec eux pendant que le guerrier s’occupait des « affaires des grands ». Mais contrairement à ce qu’ils s’attendaient, la petite Crâ ne vint pas vers eux mais s’approcha un peu plus de son maître. Les sadidas qui les avaient accompagné expliquèrent aux enfants qu’ils avaient rendez vous avec le Roi et que la petite fille ne pouvaient donc pas aller avec eux. Quand les bambins partirent, leurs guides leur fit signe de les suivre.



Quelque temps avant, en haut de l’Arbre de vie, une petite sadidette hurla de rage.

« -Tu n’est qu’un…qu’un…

-Je..je..je suis quoi, se moqua son frère, maintenant pars, tu m’embêtes.

-Tu..tu n’est qu’un bwork, je te déteste. »

La petite sadida partit en courant dans les escaliers. Les larmes au yeux, elle dévala les marches, atteignit la salle du trône, bouscula quelques personnes et sauta se réfugier dans les bras de son père. Le Chambellan fit sortir les gens de la salle du trône et ferma la porte derrière lui afin de laisser le roi seul avec sa fille.

« -Et alors ma petite fleure, qu’est ce qui t’arrive ?

-C’est Armand, répondit t-elle entre deux pleurs, Maman a dit …qu’il devait s’occuper de moi, et il veut même pas me laisser jouer avec…

-Amalia. Ce n’est pas si grave tu sais.

-Si. Il m’aime pas et moi, je le deteste.

-Mais non, Ton frère t’adore, seulement, il est plus grand et c’est normal qu’il ne veuille pas jouer à la poupée…

-Mais Renate et Canar sont grands eux.

-Eux c’est différent. Mais les enfants de l’âge de ton frère, ne joue plus aux même jeux que toi.

-Mais y’a même pas d’enfants de mon âge au palais. Et dehors, y veulent pas jouer avec moi.

-Et pourquoi ?

-Y disent que je suis une princesse et que…je suis… pas comme eux. »

Comme la petite se remit à pleurer, le roi la consola un moment puis quand il sentit qu’elle se calmait, il lui raconta des trucs drôles, s’amusa à faire des grimaces et l’attaqua en lui faisant des chatouilles. Amalia hurlait de rire. Son père pouvait être très stricte en apparence mais avec elle, il était toujours adorable. Elle s’apprêta à se venger quand le Chambellan frappa à la porte et leur annonça l’arrivée de visiteurs. Elle quitta la salle du trône avec son père et alla sur la terrasse qui s’étendait à l’entrée. Depuis le bord, elle aperçut en bas un groupe de sadida sur des dragodindes arriver dans le village. En les observant bien, elle constata que l’un d’eux n’était pas un membre de leur peuple. L’homme avait des cheveux blonds longs attachés dans le dos et porté un immense arc. Son père lui avait présenté des hommes pareils, mais elle se rappelait plus à quels classes ils appartenaient. A vrai dire, cela l’intéressait peu.

« -Qui s’est, Papa ?

-Des amis Crâ, ma chérie. »

Elle se rappela vaguement que son père lui avait dit que les Crâ étaient de grands guerrier mais son attention se reporta vite sur le nouveau venu. Son père avait dit « des » mais pourtant elle n’en avait vu qu’un. Lorsque le Crâ descendit de sa monture, elle aperçut alors une fille, qui devait avoir l’âge de son frère. Elle portait une jupe beige, avec des gants et des bottes assorties, et un haut rose qui s’accrochait autour de son cou. Ses cheveux, qui atteignaient à peine ses épaules, étaient aussi blonds que ceux de l’homme mais Amalia se rappela que beaucoup de Crâ qu’elle avait rencontré les avaient de la même couleur. La Crâ regarda dans leur direction mais fut attrapée par le guerrier qui la fit descendre de la dragodinde.

« -Amalia j’aimerai que tu ailles t’amuser s’il te plait, je dois m’entretenir avec nos invités.

-Mais papa…

-Amalia, s’il te plait, fais ce que je te dis, la coupa calmement le roi. »

Mais la petite fille était vexée. Elle partit sans un regard pour son père. Décidément, ce n’était pas son jour. Pendant un instant, elle avait cru que la nouvelle venue pourrait être son amie, mais elle était plus âgée, donc elle ne voudrait sûrement pas jouer avec elle. Elle allait devenir amie avec son frère et elle, elle serait seule, comme toujours. Et pour couronner le tout, son père la faisait partir pour pouvoir parler avec ces étrangers. Non, la journée n’avait vraiment pas bien commencé.

[/i]





Lorsqu’ils descendirent de la fleur ascenseur, Eva toujours très impressionnée, le roi les accueillit chaleureusement, heureux de retrouver son vieil ami. En effet, Weldor lui avait raconté que le roi des Sadidas et lui même avait appris à se battre ensemble, lorsqu’ils étaient jeunes, et ils avaient par la suite combattus côte à côte.

La petite Crâ analysa l’ami de son mentor sans le dévisager pour autant. Il était grand et costaud. Son visage tout rond et vert, lui donnait un aspect de gros nounours, mais Eva savait qu’il valait mieux ne pas se fier aux apparences. A n’en pas douter, c’était un grand guerrier. L’homme se tourna vers elle.

« -Et voilà donc ton apprentie, je présume.

-Exact, répondit Weldor. Je te présente Evangelyne. »

La petite Crâ s’approcha sans hésiter des deux guerriers qui la dépassaient de beaucoup, et s’agenouilla devant le roi.

« -Je suis honorée de vous rencontrer, votre majesté.

-Moi aussi. Relèves toi mon enfant. Ton mentor m’a beaucoup parler de toi, tu sais.

-Il m’a aussi beaucoup parlé de vous, votre majesté.

-J’espère que tu n’as pas tout cru. Il a tendance à exagérer, fit le roi.

-Si vous parlez de la fois où vous avez échangé, dans les vestiaires, tous les vêtements de vos camarades, par des vêtements de filles. Je sais qu’il n’a pas exagéré, puisque j’ai eu la confirmation par l’une de vos « victimes ».

Le roi lança un coup d’œil à son ami qui sourit innocemment.

« -Et bien voilà une jeune fille qui ne manque pas de cran. Bravo, petite, mais pour info, ils le méritaient vraiment.

-Je n’en doute pas, sire. Ils le méritaient sûrement autant que vous méritiez qu’ils vous laissent tous les deux marcher avec des cailloux dans vos sacs.

Le roi et Weldor rigolèrent de la franchise de la petite Crâ. Son mentor plaça une main sur son épaule, la félicitant implicitement de sa conduite. Après quelques minutes à discuter, le Roi proposa qu’Evangelyne aille visiter le palais avec le Chambellan le temps que les deux amis s’entretiennent en privé. La Crâ quitta alors son mentor et suivi le vieil homme à travers les branches.

Le Sadida lui expliqua comment fonctionné le palais et lui fit visiter plusieurs plateformes. En visitant l'une d'elle, Evangelyne fit la connaissance de deux sadidas des plus étranges. Comme beaucoup de membres de leur classe, leurs visages étaient verts. Mais ce qui les rendaient incongrus aux yeux de la Crâ, c'était leurs voix efféminées et leur action très maniéré. Les deux serviteurs lui montrèrent une tenue en liane qu'ils étaient en train de préparer pour la petite princesse, mais bien vite, ils commencèrent à se disputer. Elle décida de s’esquisser pendant que les deux sadidas réglaient leur compte et elle alla sur le balcon. D’où elle se tenait,, elle aperçut plus loin les enfants qu'elle avait croisé peu de temps avant et qui jouaient avec des sarbacanes. Elle les observa un instant, puis se décida à retourner auprès des Sadidas, quand son regard fut attiré par une petite sadidette. La fillette jouait seule, avec une poupée, au pied de l’arbre de vie. Elle avait les cheveux verts, mi-long, et portée une robe marron avec des petites fleures blanches. Evangelyne avait une impression de familiarité en voyant la petite fille, pourtant elle savait ne jamais avoir vu de sadida aussi jeune.

Elle cherchait dans sa mémoire quand des cris retinrent son attention. Les enfants s’étaient approchés un peu trop près d’un troupeau de dragodinde et l’un d’'eux avait malencontreusement tiré une fléchette sur l’animal. Prit de panique, le bipède s’était mit à courir, entraînant avec lui le reste du troupeau. Des sadidas essayèrent de les rattraper mais ils n’étaient pas assez pour les retenir tous. Leur action ne fit qu’affoler encore plus les montures qui détalèrent le plus vite possible dans la direction opposée. Evangelyne remarqua alors, avec horreur, qu’ils se dirigeaient vers la petite sadidette.

La Crâ analysa aussitôt la situation. Passer par les escaliers lui ferraient perdre trop de temps et elle risquait d’arriver trop tard. Une seule solution se proposait à elle : les lianes. Malheureusement, il n’y en avait aucune près de la où elle était. Elle courut alors à l’intérieur et attrapa l’une de celles qui ornaient la futur robe de Renate et Canar. Sans se soucier de leur hurlement d’indignation, quand ils virent leur « chef d’œuvre » partir en lambeau, Evangelyne lança la liane qui vient s’enrouler autour d’une branche. Tenant l’autre extrémité, elle sauta par dessus le garde corps et se laissa glisser le long de la corde, tout en se balançant pour se diriger vers la fillette. Du coin de l’œil, elle aperçut les dragodindes qui se rapprochaient dangereusement. Le bruit de leurs pattes sur le sol, avait fait relever la tête à la sadidette. Mais, effrayée, la petite était comme paralysée en voyant les bêtes lui foncer dessus. Suffisamment proche, la Crâ lâcha la liane, sauta, attrapa la fillette dans ses bras, et roula sur le coté, juste à temps. Eva la plaqua entre elle et une immense racine de l’Arbre de vie et mit un bras autour de la tête de la sadidette pour ne pas qu’elle reçoive un mauvais coup.

Allongée par terre, la fillette au creux de ses bras, des dragodindes qui lui frôlaient le dos, Eva se rendit alors compte de la chance qu’elles avaient eu. Ils s’en étaient fallu de peu qu’elle arrive trop tard et qu’elles soient toutes les deux coincés au milieu du troupeau.

La Crâ attendit que le bruit des pas se soit éloigné, pour desserrer son emprise. Mais la petite resta accrochée à elle. Terrorisée, elle tremblait de tout son corps. Eva garda un bras autour d’elle et caressa les cheveux de l’enfant de l’autre, pour la rassurer.

« -Ca va ? Tu n’est pas blessée ?Demanda t-elle quand elle sentit que les tremblements diminuaient. »

Amalia leva alors la tête et croisa, pour la première fois, les grands yeux verts d’Evangelyne. La sadidette fut surprise de voir celle qui l’avait sauvé. Elle n’avait pas eu le temps de voir quoique ce soit mais elle s’était sentie tellement en sécurité qu’elle avait cru être dans les bras de sa mère. Impression qui c’était vu confirmer quand la Crâ avait passé sa main dans ses cheveux pour la rassurer, comme sa mère le faisait.

Inquiète du manque de réaction de la petite, Eva l’écarta légèrement d’elle pour vérifier qu’elle n’était pas blessée. Quand elle fut sûr qu’il y avait eu plus de peur que de mal, la Crâ souffla soulagée.

« -Et bien, c’est une rencontre plutôt mouvementée, plaisanta t-elle, je me prénomme Evangelyne. Désolée si je t’ai un peu brusqué, je n’avais pas trop le choix.

-Ce n’est rien. Moi c’est pr…Amalia ! Merci de m’avoir sauvée. »

La Crâ se leva et aida la petite à se remettre sur ses pieds. Elle l’épousseta un peu pour la débarrasser de la poussière puis fit de même sur elle. Soudain elle remarqua quelque chose par terre. Lorsqu’elle la ramassa, elle comprit que se devait être la poupée de la petite sadidette, qui avait été un peu amochée.

« -Amalia, c’est ta poupée ? »

La fillette hésita. Elle aurait voulu attraper sa poupée et la serrer dans ses bras. Mais, comme son père lui avait dit, les poupées n’étaient pas faites pour les grands, et Evangelyne, qui avait presque l’âge de son frère, se moquerait sûrement d’elle. La Crâ interpréta mal son hésitation, et crut que l’enfant était triste de voir son jouet dans cet état. Elle la frotta alors un peu et remit en place l’une des feuilles sur la tête.

« -Tiens, je suis désolée, je suis pas très douée pour réparer les poupées, mais je suis sûre que tes parents pourront t’aider. Ou peut-être que tu sais faire. C’est toi qui l’a créé ? »

Amalia hocha la tête, en serrant sa poupée contre elle.

« -Elle est très jolie, remarqua la Crâ à la surprise de la fillette, mon maître m’a expliqué que chaque Sadida pouvait en fabriquer mais j’ignorais que vous pouviez le faire si jeune.

-C’est facile, tu sais.

-Pour toi sûrement, mais moi, je crois que si j’essayais ça ressemblerai plus à un bwork qu’à un jouet, plaisanta Eva. Comme la sadidette rigola, elle poursuivit : Eh, c’est pas gentil de se moquer. Pour la peine, tu vas devoir me montrer comment tu fais. »

La petite s’arrêta de rire, surprise.

« -Vraiment ?

-Quoi, tu ne sais pas comment faire alors tu as peur de me faire une démonstration, taquina la Crâ.

-C’est pas vrai, je sais comment on fait, se vexa Amalia.

-Je disais ça pour rire.

-Oh, désolée. C’est juste que papa dit que mes jeux n’intéressent pas les enfants de ton âge, alors ça m’a surpris que tu demandes, expliqua la fillette.

-Et bien, peut être chez les Sadidas mais moi, je n’ai jamais eu de poupée et je n’ai jamais vu de Sadida en faire, alors j’aimerai beaucoup que tu me montres. »

Alors, Amalia sourit de toutes ses dents. Eva et elle s’installèrent sur une racine et la sadidette entreprit de lui montrer comment son peuple créait les poupées. Elle ne remarquèrent pas qu’aucun Sadida n’était venu voir si elles allaient bien, ni qu’une femme les regardait en souriant.



[i]Cette femme, c’était la Reine, autrement dit la mère d’Amalia. Elle était rentrée au palais depuis peu. Elle avait croisé son fils qui lui avait dit qu’Amalia était partie jouer ailleurs. Elle s’était donc dirigée vers le coin où elle savait qu’elle pourrait trouver sa fille. Elle venait juste de l’apercevoir en bas, au pied de l’arbre, quand les dragodindes se mirent à courir dans la direction de l’enfant. La Reine avait été sur le point de déchaîner ses ronces mais la petite Crâ avait réagit avant. Lorsque les filles disparurent sous un nuage de poussière, elle dévala l’escalier pour les rejoindre. Plusieurs Sadidas firent de même, mais quand la Reine vit la scène qui l’attendait au pied de l’arbre de vie, elle stoppa tout le monde et leur ordonna de ne pas intervenir. Elle ne sut pas dire pourquoi, mais elle savait qu’il fallait les laisser se rencontrer seules. Alors, elle les observa de loin.


Sa fille était recroquevillée contre la jeune Crâ qui faisait en sorte de la calmer. En voyant l’enfant, la reine sut qu’il s’agissait de l’élève de l’ami de son mari : Weldor, qui était censé venir les voir dans la journée. Ses soupçons furent confirmés quand elle entendit le prénom de la jeune fille. La reine fut surprise lorsque sa fille, qui s’empressait habituellement de donner son titre, décida volontairement de le taire. Elle apprécia de voir la Crâ aider sa fille et regarda avec plaisir les deux fillettes réparer la poupée ensemble. Quand Amalia proposa à Evangelyne de jouer à se déguiser, la Reine rigola en voyant la tête de la Crâ. Peu convaincue, Eva se laissa entraîner vers le palais par la sadidette. La reine les regarda venir vers elle.

« -Maman ! S’exclama Amalia quand elle vit la Reine. Tu es rentrée. »

La Reine tendit les bras afin de réceptionner sa fille. L’enfant l’embrassa sur la joue en lui souhaitant un bon retour, puis demanda à descendre afin de rejoindre Eva qui était restée en retrait. La sadida entraîna la Crâ avec elle pour la présenter à sa mère.

« -Maman, je te présente Evangelyne, c’est une Crâ, dit elle fier d’avoir retenue ce que son père lui avait dit. Et elle m’a sauvé la vie.

-J’ai vu. Merci, Evangelyne, d’avoir sauvée ma fille. J’allais intervenir, mais tu as été plus rapide. Tu as d’excellent réflexes.

-Merci, Madame, répondit Eva en baissant les yeux et en rougissant légèrement. »

La Reine le remarqua et comprit que les compliments gênés la jeune fille.

« -Majesté ! »

La Crâ releva aussitôt la tête et vit, avec surprise, un Sadida s’approcher de la mère d’Amalia. Alors, elle comprit la raison pour laquelle la petite sadidette lui était si familière : c’était la fille du Roi. L’enfant, dont elle avait eu une sorte de vision, quelques années auparavant.

« -Majesté, le roi, votre mari, demande à vous voir.

-Dites lui que j’arrive, s’il vous plait, répondit la Reine.

-Bien votre Majesté, fit l’homme en s’inclinant. »

Lorsque la sadida se retourna vers sa fille et la Crâ, cette dernière s’agenouilla devant elle. La Reine constata que, malgré la situation, la jeune fille ne perdit pas un seul instant ses moyens.

« -Veuillez me pardonner pour mon manque de manière, Majesté.

-Il n’y a rien à pardonner dit la Reine en relevant Eva. Je suis venue à toi en tant que mère d’Amalia et non en tant que Reine. De plus, comme je viens tout juste d’arriver, je ne porte pas les symboles de mon appartenance à la royauté. Tu ne pouvais donc pas deviner.

-J’aurais quand même du m’en douter, Majesté, s’en voulut Eva.

-Et comment ? Je sais que les Crâ ont un don pour observer les gens mais tu n’as eu que peu de temps.

-Avec vous peut être. Mais j’aurais dû deviner pour la princesse, fit la Crâ en regardant Amalia. Pourquoi ne m’avez vous rien dit, princesse ?

-Parce que j’ai cru que tu ne voudrais pas être mon amie si tu savais qui j’étais, avoua la sadidette en baissant la tête.»

Elle était triste parce qu’elle était persuadée qu’Evangelyne allait la fuir comme tous les autres. Mais au lieu de ça, la petite Crâ posa sa main gantée sur son épaule et quand la sadidette releva la tête, elle sourit avant de la prendre dans ses bras.

« -Jamais ! A partir d’aujourd’hui, je suis ton amie, pour toujours, jura Evangelyne. »

Amalia failli pleurer de joie. Elle serra fort la Crâ et lui répondit la même chose. Finalement, la journée n’était pas si mauvaise.




Quand la Reine arriva à l’étage de la salle du trône, son mari discutait avec Weldor sur la terrasse juste devant. Elle étreignit son époux et salua le Crâ, qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps.

« -Je présume que vous avez assisté à la rencontre des filles depuis votre perchoir, plaisanta t-elle.

-En effet, Weldor allait intervenir et congeler le troupeau, mais Evangelyne a été plus rapide, répondit le Roi,

-Oh vraiment, Weldor, moi qui vous croyais imbattable, se moqua la Reine.

-Eva était plus près, mais elle a réagi vite et très bien. Son action était plus délicate vis à vis de la princesse que celle que j’envisageais. Je suis fier d’avoir été devancé de la sorte par mon élève, avoua le Crâ.

-Et il y a de quoi. Elle m’a…impressionné, confessa la Reine.

-Une tête couronnée comme vous peut être impressionné par une jeune Crâ ? Lizianne, moi qui vous croyez imperturbable, taquina le guerrier en esquivant une tape de la part de la Reine. Qu’a t-elle fait pour vous impressionner ? S’enquit t-il plus sérieux.

-Vous n’avez pas entendu ? Je croyais pourtant que les Crâ avaient une excellente ouïe, se vengea la Reine.

-C’est vrai, mais d’ici, nous étions beaucoup trop loin, se défendit le guerrier.

-Pour répondre à votre question, j’ai été impressionné par son sang froid, expliqua Lizianne. Que ce soit lorsqu’elle a sauvé Amalia ou quand elle a découvert qui nous étions…

-Elle l’ignorait ? Demanda le Roi, surpris.

-Oui, figurez vous qu’Amalia a volontairement tût cette information, dit elle à la surprise des deux hommes. Ce n’est que l’arrivée de votre messager qui a trahi ce « secret ». Et cela ne l’a pas démonté une seule seconde. Vous avez fait un excellent travail. Oh, excepté sur un point : elle est gênée lorsqu’on la complimente. Vous ne devez pas assez le faire.

-Oh je le fais, dit le Crâ, absolument pas surprit que sa protégée est réagit ainsi. Mais Eva rougit toujours de la tête au pied quand quelqu’un lui fait des compliments. C’est d’ailleurs le seul moyen que je connais pour la mettre dans cet état.

-Cela fait partie des raisons dont tu as commencé à me parler avant l’incident ? questionna le souverain.

-De quoi parlez vous ?s’enquit la Reine. »

Afin de poursuivre cette conversation à l’abris des oreilles indiscrètes, ils allèrent tous les trois dans la salle du trône. Comme la sadida le pressait du regard, le Crâ s’expliqua.

« -Je suis venu pour vous demander la possibilité de venir vivre parmi les Sadida.

-Quoi ? Mais vous êtes un gardien du Temple Crâ, s’exclama Lizianne.

-Je sais. Seulement, il est nécessaire que nous nous éloignons du Temple un moment, expliqua Weldor.

-C’est en rapport avec Evangelyne, comprit la reine.

-Exact. Ce ne serait que le temps de sa formation, mais il faut que je l’éloigne des érudits Crâ. Eva est… Elle grandit. Vite. Pas seulement physiquement, mais surtout mentalement. Vous l’avez vu. Elle est extrêmement mature pour son âge. Peut être trop.

-C’est plutôt une qualité pour un combattant, dit la sadida.

-Une grande qualité peut aussi être un défaut, expliqua le Crâ. Depuis son enfance, Evangelyne est entourée d’adultes et d’érudits. En temps que représentant du temple Crâ, je voyage beaucoup et l’emmènes avec moi. Pendant ces visites, elle ne rencontre pas souvent d’enfant et quand c’est le cas, on ne reste pas assez souvent pour qu’elle se lit d’amitié avec l’un d’entre eux. Et quand on est de retour au temple, les élèves ont changés.

-Il y a pourtant des élèves comme elle qui sont fixée au temple, intervint le roi.

-Aucun avec qui elle cherche à être ami. A part une exception, elle n’est jamais avec des enfants.

-Elle vient pourtant de promettre après quelques minutes d’être l’ami de ma fille, révéla la reine à la surprise du guerrier Crâ. C’est l’idée que vous aviez en l’amenant ici ?

-A vrai dire, c’est plutôt son idée. U moins, c’est elle qui m’y a fait pensé sans s’en rendre compte. Eva a eu une sorte de vision en touchant une feuille, il y a quelques années, expliqua Weldor. Elle a vu un bébé sadida, qui venait apparemment de naître. J’ai d’abord cru qu’elle avait simplement rêvé. Mais, j’ai appris quelques jours après la naissance de votre fille, le jour même de la vision d’Eva.

-Incroyable, murmura Liziane. Elles étaient donc destinées à se rencontrer.

-Cela explique leur rapidité à devenir amies, fit le roi. Pour ma part, tu avais mon accord bien avant cette histoire pour rester parmi nous. Pour qu’Eva devienne la dame de compagnie d’Amalia, tu dois convaincre Lizianne.

-Pas besoin, s’exclama la reine. Je suis convaincue que c’est une excellente solution. Et puis, je crois que si tu n’étais pas venu pour ça, Amalia t’aurais attaché, pied et poing liés, pour qu’Eva reste.

-Je pense aussi, avoua le Crâ. Par leur amitié, Amalia aidera Evangelyne a se rappeler ce que c’est d’être une enfant, sans pour autant qu’elle oubli ses responsabilités…

-…Et notre fille apprendra à être une princesse un peu moins gâtée au contact de ta protégée, poursuivit la reine. »

Les trois adultes sourirent. Ils risquaient de passer des années intéressantes au contact de ces deux enfants. En tout cas, ils avaient bien l’intention de regarder leurs évolutions respectives.



Chapitre 9

« -Nous sommes repartis le soir même et environ une semaine après, nous étions de retour. Cela nous avez permis de rassembler nos affaires et Amalia a eu le temps de préparer cette nouvelle robe qu’elle tenait à porter pour Eva, acheva Weldor. »

Le Crâ n’ayant pas était directement présent lors de la rencontre des deux filles, son récit avait été complété par les souvenirs de la Reine et d’Eva que chacune lui avait raconté, et par Amalia qui avait prit la parole de temps en temps. Les membres de la confrérie était impressionnés.

«-Ca explique bien des choses, intervint Ruel avec un sourire. En faite, Eva a échoué, Amalia est toujours aussi capricieuse.

-Quoi ? s’exclama la princesse, je vais te…

-Ben quoi, même la reine semblait le penser, fit remarquer le vieil Enutrof.

-C’est vrai que j’étais très enfant gâtée avant. J’en ai conscience maintenant. Mais j’ai changé.

-Heureusement, parce que sinon, qu’est ce que ça serait, murmura Ruel.

-Je t’ai entendu, hurla la Sadida sous les rires des autres.

-Il y a une chose que je comprends pas, avoua Yugo, vous dites qu’Eva était sérieuse mais elle plaisantait beaucoup avec vous d’après ce que vous nous avez raconté.

-Avec moi, c’était un jeu. Elle était aussi suffisamment à l’aise avec les autres adultes pour le faire. Comme avec le Roi. Je lui avait expliqué que mon ami aimait ce genre d’initiative. Non, la plaisanterie était naturelle chez Eva…

-J’en connais quelque chose, intervint Tristepin, qu’Eva aimait charrier à propos de ses ioperies.

-Son sérieux était plus au niveau des autres enfants. Eva ne se mêlait pas à eux. Elle cherchait même plutôt à les éviter. Comme lors de notre arrivée avec les enfants Sadidas, expliqua Weldor. Le contact d’Amalia a résolu ce problème. Evangelyne a progressivement calmer la folle croissance de sa maturité. Il faut dire qu’Amalia lui en a fait voir de toutes les couleurs.

-Eh ! Mais qu’est ce que vous avez à vous acharner sur moi, aujourd’hui, se vexa la princesse.

-Je rigole Amalia, s’excusa Weldor. En faite, sans Amalia, l’Evangelyne que vous connaissez ne serait pas là. Elle serait sûrement devenue une guerrière solitaire et distante. Amalia lui a fait redécouvrir ce que c’était de s’amuser. Oh, notre princesse ne lui faisait pas toujours faire ce qu’elle voulait, Eva imposait des limites qu’Amalia a apprit à respecter. Mais au final, le résultat est là pour les deux.

-Ca, c’est sûr, intervint Rubilax. Parce que maintenant, même Tristepin arrive à la mettre mal à l’aise et la faire rougir.

-La ferme Rubilax ! S’énerva Pinpin.

-Eva ne perd pas ses moyens facilement, dans certaines situations particulières, mais pas souvent. Et ce soir, elle était surtout gênée à cause de la robe, la défendit la sadida, pour que le mentor de la Crâ ne se rende pas compte des sentiments que celle-ci éprouvait pour le Iop.

-Particulières ? Comme à chaque fois que le rouquin la regarde ? Se moqua le shushu.

-C’est pas vrai…commença Amalia, mais un hurlement la fit taire.

Tous reportèrent leur attention sur Evangelyne. La jeune femme semblait souffrir de plus en plus. Weldor se leva et s’approcha de sa protégée, immédiatement imité par le reste du groupe.

« -Weldor, que se passe t-il ? questionna la Sadidette inquiète.

-Je ne suis pas sûr…murmura t-il les yeux fixés sur la main de la Crâ qui tenait la flèche. »

Soudain, la flèche brilla plus fort puis sembla se dissoudre pour pénétrer la peau de la Crâ. La lumière se rependit petit à petit le long du bras d’Evangelyne pour finalement englober tout son corps et la faire leviter à quelques centimètre du sol. Le Crâ fit reculer la Confrérie.

« -Eloignez vous.

-Que lui arrive t-il ? Demanda Tristepin près à agir.

-Le rituel est sur le point de se finir, expliqua le Roi qui venait juste de les rejoindre avec les représentants. Elle a réussi, Weldor. »

La confrérie poussa un soupir de soulagement tandis que le Crâ souriait, sans lâcher Eva des yeux. Les traits fins de la jeune femme se détendirent au contact de la lumière. Quand plus aucune trace de ses supplices ne restèrent sur son visage, la lumière diminua jusqu’à ce que les pieds d’Evangelyne touchent enfin le sol. Quand ce fût le cas, la lumière disparut définitivement dans le corps d’Eva. La jeune guerrière vacilla un peu. Weldor, qui s’y attendait, allait la rattraper avant qu’elle ne s’effondre mais Pinpin le devança. Plus près, le Iop avait compris que la fatigue allait gagner la Crâ comme elle l’avait fait avec lui après qu’il se soit battu contre Rubilax. Alors il s’était tenu près à aider son amie. Il plaça un bras autour de sa taille et fit passer le bras d’Eva au dessus de ses épaules afin de l’aider à tenir debout.

« -Evangelyne ? »

Au son de la voix de son mentor, la Crâ entrouvrît les yeux. La lumière l’obligea à les refermer aussitôt. Un instant, elle eut l’impression que sa tête allait explosée. Elle souffrait, mais de quoi ? Puis la sensation d’avoir la tête prise dans un étau diminua, lui permettant de se concentrer sur ce qui l’entourait. En une fraction de seconde, elle se remémora la soirée, le retour de Pinpin et de ses autres amis ainsi que l’arrivée inattendue de son mentor. Alors elle comprit d’où lui venait cette fatigue : le rituel. Heureusement, des bras musclés la soutenaient, sinon elle n’était pas sûr de tenir debout. La question de savoir qui la retenait lui effleura l’esprit mais son attention fut rappeler par la voix de son maître qui l’appelait. Elle ouvrit doucement les yeux de peur d’être à nouveau ébloui. Mais elle fut surprise de constater que la salle était à peine éclairée par les lucioles. Alors d’où venait cette lumière la première fois qu’elle avait ouvert les yeux ?

« -Le retour est difficile, n’est ce pas ? »

La jeune femme vit enfin son mentor. Il se tenait devant elle, un sourire à la fois fier et taquin sur son visage. Elle hocha légèrement la tête.

« -Plus que je ne l’avais imaginé, répondit la Crâ qui reprenait ses esprits.

-Eva, tu te sens bien ? s’enquit Amalia. »

Evangelyne aperçut alors sa protégée ainsi que Yugo, Ruel et Adamaï. Ils avaient tous l’air inquiet.

« -Ca va Amy, je suis juste un peu… engourdie.

-Tu m’étonnes, se moqua Pinpin, quelle idée débile vraiment de faire un truc pareil. Tu nous as fait peur. »

La Crâ prit alors conscience de la proximité de Tristepin. Cette constatation la fit sortir définitivement de cette torpeur qui s’accrochait à elle. Elle leva les yeux vers le Iop qui avait encore l’air inquiet. Sa proximité en plus de son expression lui firent battre le cœur plus vite. Ce n’était pas la première fois qu’elle se retrouvait contre lui, mais la situation la fit rougir légèrement. De peur qu’Amalia relance ses insinuations, la Crâ détourna les yeux et lâcha le chevalier. Elle essaya de faire un pas mais elle se sentit vaciller. Pinpin la retint en lui tenant la main puis lui fit un signe d’encouragement de la tête. La Crâ respira un bon coup et réessaya. Son corps lui semblait extrêmement lourd. Doucement, elle fit quelques pas, avant de se sentir plus assuré. Elle se dirigea alors vers Weldor qui lui tendit son avant bras en souriant. Evangelyne le serra et lui rendit son sourire.

« -Maintenant, si tu doutes d’être mon égal, je te botte les fesses, plaisanta t-il.

-Et je me permettrais de vous rendre la pareil, répondit Eva tout sourire. »

Il rigola. Voyant qu’Eva allait mieux, Amalia se jeta dans ses bras et lui ordonna de ne plus jamais lui faire une peur pareil. Yugo, Adamaï, Ruel et Alibert la félicitèrent. Dés que le Roi l’eut féliciter, la foule d’invité se mit à applaudir la jeune Crâ. Celle-ci se mit aussitôt à rougir gênée de toute cette attention. Yugo et le reste de la confrérie se mirent à rire sous cape.

« -Exactement comme vous le disiez, fit remarquer Yugo à Weldor, qui sourit à son tour.

-De quoi parlez vous, dit la Crâ en se retournant vers eux.

-Oh rien, fit son mentor. Amalia et moi leur avons juste raconté ta première venue ici.

-Et comment tu as sauvé Amalia des dragodindes, s’exclama Yugo. C’était incroyable. En tout cas maintenant, je comprends pourquoi Renate et Canar ont toujours une dent contre toi.

-Ah oui, la robe, se rappela Eva, ils l’ont jamais digéré. »

Finalement, le roi prit la parole et annonça la dernière étape de la cérémonie : l’adoption des dagues. Il demanda aux membres de la confrérie de le rejoindre avec leurs présents. Weldor et le roi leur expliquèrent alors qu’ils ne pourraient utiliser ces armes que si elles les reconnaissaient. La seule solution était de leur donner son sang. Habitué aux combats et à la douleur, Pinpin était déjà prés. En revanche, Ruel et Amalia ne semblait pas partant. Weldor les rassura en leur disant qu’il ne s’agissait que d’un légère entaille à la main. La confrérie se plaça alors en cercle, armes en main. Evangelyne serra la main de la princesse pour lui donner du courage. Celle ci la remercia par un sourire. Les représentants des Douze se placèrent alors en cercle autour d’eux et récitèrent une incantation dans un vieux dialecte. Quand le Roi leur fit signe, ils s’entaillèrent chacun la main gauche. Les symboles sur les lames se mirent alors à briller. Le sang qui était sur les lames fut absorbé et la lumière cessa.

« -Amis pour la vie ! Cria alors Yugo, en souvenir de leur pacte fait dans les monts enneigés avant leur première séparation.

-Amis pour la vie, répétèrent en cœur, les cinq autres, en souriant. »

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Score : 1047
Qu'est ce que je disais; Que demande le peuple? XD Blague mise a part, c'est toujours aussi bien, et j'apprécie toujours autant, surtout que ta mis plusieurs chapitres d'un coup =D
Alors? De quoi a bien put rêver Eva pendant le rituel? J'ai hâte de savoir! Mets nous vite la suite!
 
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Score : 2101
LilyChoco|2011-04-18 14:38:27
Son maître l’avait donc prit sur son dragodinde.
La Crâ attendit que le bruit des sabots se soit éloigné,

J'ai remarqué 2 erreurs : il me semble que le mot Dragodinde est féminin, on doit dire une Dragodinde normalement et il ne me semble pas non plus que les Dragodinde ont des sabots, elles sont des grosses pattes d'autruches ! ^^

Sinon le reste est très bien, j'ai hâte de lire le prochain chapitre smile
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Score : 306

Effectivement le coup des sabots pour les dragodindes, j'avais pas remarqué dsl.

Je poste une nouvelle partie qui clôture ma très longue introduction et qui devrait vous donner un peu plus d'informations sur les rapports entre Weldor et Eva. L'intrigue principale ne démarre vraiment que dans la prochaine partie que je posterais chapitre par chapitre. Désolée si elle met autant de temps à arriver mais la taille du début est à peu prés proportionnelle à la taille de la suite. C'était aussi un moyen pour moi de m'habituer aux personnages avant de les envoyer dans une nouvelle aventure.
Cette partie devrait quand même vous fournir quelques sujets d'interrogation à propos du passé d'Eva.
Enfin je vous laisse découvrir par vous même.

Bonne lecture.

Partie 3 : Complicités.

Chapitre 10
Après la cérémonie, chacun prit place pour le repas. La confrérie se regroupa à une table ronde avec Alibert et Weldor. Le Roi ayant des responsabilités, il mangea avec les représentants des Douze. Le guerrier Crâ avait réussit à y échapper, préférant passer du temps auprès de son ancienne élève. Comme il se plaça à droite d’Evangelyne, Amalia fit en sorte que Pinpin se retrouve à sa gauche. Puis elle alla s’installer juste en face. Habituée à ce que la princesse soit toujours à coté d’elle, la Crâ ne fut pas dupe et la regarda en plissant les yeux. Amalia sourit innocemment mais son sourire fut vite estompé par la venue de Ruel qui se plaça à coté d’elle. Evangelyne faillit mourir de rire en voyant la tête de la Sadidette qui détestait mangé à coté du vieil Enutrof. Amalia lui jeta un regard noir auquel Eva répondit par un sourire d’ange.

Au cours de la soirée, chacun raconta des histoires qu’ils avaient vécu. Ruel et Alibert amusèrent l’assistance en leur racontant leurs folles quêtes à l’époque où ils étaient chasseurs de prime. Yugo et Adamaï prirent la suite en décrivant leur course poursuite avec Igôle et surtout le moment où Adamaï s’était retrouvé coincé en tofu après avoir visité le ventre de l’animal. A la demande du maître d’Eva, Tristepin, entrecoupé par les remarques de Rubilax, lui expliqua comment il avait vaincu le démon. Ensuite, Amalia et Eva leur avouèrent quelques blagues qu’elles avaient pu faire à Renate et Canar. Blagues dont Evangelyne avait toujours finit par être accusé, la princesse ne pouvant, bien sûr, pas être à l’origine de celles ci. Enfin, Weldor, à la demande de Yugo, vint à raconter certaines aventures qu’il avait partageait avec le Roi des Sadidas. Des aventures épiques de tournois en équipe ou de combats contre des bêtes sauvages, dont la description faisait s’hérisser les cheveux sur la tête d’Amalia.

« -Mais comment avez vous fait pour vous débarrasser de toutes ces créatures, demanda Yugo, admiratif.

-Et bien, assez simplement à vrai dire. On a comprit leurs points faibles : la lumière. J’ai donc lancé des flèches de feu autour de nous, expliqua le Crâ. Les créatures n’osant pas s’approcher par peur, elles ont fini par fuire. Ce qui est drôle, c’est que j’ai dû faire une cercle entier autour de nous. Pour éviter que les bêtes reviennent, on a décidé de le laisser brûler mais comme on était à l’intérieur, on a du sauter par dessus les flammes. Quand le Roi est sorti, il avait la broussaille en feu. »

Amalia explosa de rire en imaginant son père avec la barbe en feu. Les autres avaient quelques scrupules à se moquer du Roi. Mais son rire fût contagieux et bientôt tous la suivirent.

« -Et comment a t-il réussi à l’éteindre ? Interrogea Ruel.

-J’ai dû lui geler la barbe, avoua Weldor, faisant redoubler les fous rires.

-Il me semble que tu n’étais pas plus glorieux quelques temps après, intervint le Roi qui venait d’arriver. »

Tous essayèrent de se contenir. Mais quand le Roi leur raconta que le Crâ avait fait une chute dans un cactus pour éviter de se faire découper en rondelles, ils ne purent s’empêcher de rire à nouveau. Le roi avait passer près de 2 heures à enlever les épines qui recouvraient le corps du Crâ.

« -C’est de bonne guerre. Mais on va s’arrêter là, si tu veux bien. Sinon on risque de remonter de gros dossier qui risque de nous rendre peu crédible face à ce beau monde, déclara le Crâ en faisant un clin d’œil à sa protégée, qui en savait plus que le Roi ne pouvait imaginé.

-Un Crâ, qui a passé le rituel de passage, est un guerrier qui reste toujours crédible, fit remarquer Tristepin.

-Qu’est ce qui te fais dire que j’ai passé ce rituel ? S’enquit Weldor. Seul les Crâ peuvent le savoir.

-Et bien, pour commencer, vous êtes le mentor d’Eva, qui a passé l’épreuve et à qui vous avez dit être l’égal. Ensuite, vous avez passé beaucoup de temps à l’aventure, donc vous avez dû aidé des gens. Et enfin, vous êtes un représentant du temple Crâ et on ne le devient pas facilement.

-Ah il est moins bête qu’il en a l’air, plaisanta le vieil Enutrof comme le roi et le Crâ le regardait surpris d’une telle déduction de la part d’un Iop.

-Et bien, c’est exact, jeune Iop. Bonne analyse de ta part, complimenta le guerrier avec un regard appréciateur.

-Merci. Tu vois Ruel que je peux être malin alors arrête de te moquir, fit le chevalier. Comme ses amis se tapèrent la main contre le front, il continua : Ben quoi ?

-Se moquer, Pinpin, pas se moquir. Rectifia Ruel.

-Bah, c’est pareil, non ?

-Alors, s’exclama Yugo soucieux de sortir son ami du pétrin. Racontez nous ce que vous avez fait pour passer la même épreuve qu’Eva. »

Tous remarquèrent que la demande de Yugo jeta un blanc sur le Sadida et les deux Crâ.

« -Désolé, je n’aurais pas dû poser cette question, s’excusa Yugo.

-Ce n’est pas ta faute, petit, le rassura Weldor, disons que cette aventure a été une période douloureuse pour les Crâ. »

Le Crâ hésita à raconter la suite. Quand il se décida à continuer, Adamaï le vit jeter un imperceptible coup d’œil en direction d’Evangelyne. La jeune femme avait posé son menton sur ses mains et semblait écouter attentivement comme les autres membres de la confrérie. Mais le dragonnet vit dans son regard qu’elle n’était plus vraiment là.

« -A l’époque, j’avais un peu plus de 25 ans, mes frères, des amis et moi étions en mission. Une mission banale et simple pour que de jeunes loups fassent leur preuve. On nous avez chargé d’aller dans une région, où les bwork étaient de plus en plus présents, afin de protéger la population. Quand nous sommes arrivés au village où on devait être informer des récents évènements, il avait été totalement détruit par un raid de bwork. La situation avait radicalement évoluée depuis le dernier message reçu.»

Le Crâ s’arrêta un instant, malgré ça, il restait impassible. L’horreur de ce qu’il avait vu ne se voyaient pas sur son visage, exceptée des images du passé qui hantaient son regard. Quand le guerrier reprit, Adamaï remarqua un léger mouvement de son bras. En utilisant sa vision de wakfu, le jeune dragon vit Weldor serrer la main d’Evangelyne sous la table. La jeune femme semblait plus pâle que jamais.

« -Il n’y avait aucuns survivants. Nous avons suivi les traces de ces monstres et nous les avons retrouvé attaquant un second village. Nous les avons tué jusqu’au dernier. Le second village n’avait, heureusement, subit aucune perte.

-Les cinq jeunes Crâ ont été récompensé pour avoir sauvé ce village, poursuivit le Roi. En temps normal, aucune personne aussi jeune est confronté à cette situation. Ils ont été d’une bravoure incroyable et ils ont été félicité en conséquence. C’étaient les premiers Crâ, si jeunes, à recevoir la flèche d’Or. Désolé, Weldor mais tu as été battu par ta propre élève, le taquina le souverain afin de détendre l’atmosphère.

-Exact, Eva est la plus jeune à l’avoir reçu et je ne suis pas peu fier. Et regarde avec tous ses jeunes débrouillards, on va pas arrêter d’être impressionné, fit le Crâ en suivant l’exemple de son ami.

-Surtout par moi, plaisanta Ruel. »

Petits à petits, les rires reprirent. Adamaï admira le calme d’Evangelyne. Depuis cette histoire, elle ne disait pas un mot. Mais sinon, rien ne laissait voir qu’elle était bouleversée. Elle maîtrisait parfaitement les expressions de son visage. Quand Amalia ou quelqu’un d’autre la regardait, elle souriait mais le dragonnet savait que ce n’était qu’une façade. La conversation, en plus de l’épreuve qu’elle avait subit, l’avait anéantie, du moins intérieurement. Son mentor lui tenait toujours la main, prouvant à Adamaï qu’il savait et qu’aucun des deux ne voulaient que cela se sache.

Le manque de remarque de la Crâ finit cependant par mettre la puce à l’oreille d’Amalia. Celle-ci interrogea son amie du regard qui mima un « je suis fatiguée ». Pas très convaincue, Amalia se leva prétextant un besoin naturel et attrapa Eva au passage. Les deux amies allèrent sur une terrasse un peu éloignée de la salle de réception.

« -Eva, tu n’as pas l’air dans ton assiette. Il y a un problème ?

-Non, Amy, ça va. Je me sens juste…bouleversée.

-A cause de l’épreuve ?

-Entre autre, avoua Eva. Ca, en plus de l’arrivée surprise de mon mentor, la cérémonie en notre honneur, nos retrouvailles avec toute l’équipe…

-Tes retrouvailles avec un certain Iop, proposa la Sadidette tandis qu’Eva lui tirait la langue.

-Cela fait beaucoup, en une seule soirée. Je me sens vidée.

-Je comprends. Tu peux aller te coucher si tu veux. Papa comprendras très bien.

-Non, Je ne vais paq partir alors que, pour une fois, Weldor est là. Retournes y. Je te rejoins.

-Tu es sûr. Je peux rester Eva.

-Merci Amalia, mais il ne faut pas que tu t’absente longtemps, sinon Ruel va faire des commentaires. Je prends un peu l’air et je te rejoins.

-Ok, à tout à l’heure alors. »

Eva n’eut pas le temps de réagir qu’Amalia la serra dans ses bras puis fila. Evangelyne se sentait perdue. L’histoire de son mentor lui avait retourné les entrailles. Elle aurait aimé en parler à Amalia mais elle ne pouvait pas. Même si c’était le cas, les mots seraient sans doute restés coincés dans sa gorge. A chaque fois que cette tragédie arrivée à ses oreilles, elle avait l’impression qu’on lui enfonçait un poignard dans l’estomac. Son mentor le savait. Il faisait toujours en sorte que personne n’en parle. Plus pour elle, que pour lui. Mais ce soir, il avait comprit que s’il ne le racontait pas, la confrérie se retournerait vers la seule personne qui pouvait connaître la réponse : Elle.

Les jambes d’Eva tremblèrent. Elle se laissa glisser contre le garde corps et entoura ses genoux de ses bras. Etrangement, elle avait encore plus de mal à supporter ces souvenirs aujourd’hui, que d’habitude. Une larme coula sur sa joue.

« -Eva ? »

Elle essuya d’un revers de la main ses yeux avant de relever la tête. Adamaï vint s’asseoir à coté d’elle.

« -Adamaï. Que fait tu l’as ?

-Je suis venu réconforter une amie.

-Je vais bien.

-C’est drôle, parce que si je ne t’avais pas vu pleurer et trembler comme une feuille…je crois que je t’aurais cru, plaisanta t-il sans se vexer de la réticence de la Crâ. Après tout, il la connaissait depuis moins longtemps que les autres.

-Je …

-Et ne me sort pas le coup du ‘je suis bouleversée’ je t’ai entendu le dire à Amalia et même si c’est vrai, je sais que ce n’est pas la seule raison.

-Tu nous as espionné, fit elle faussement vexée.

-Pour ton bien, répondit le dragonnet. »

La jeune femme eut un léger sourire avant de reposer son menton contre ses bras. Adamaï posa sa patte sur son avant bras.

« -Eva, je sais que je ne suis pas forcément celui à qui tu te confirais. Et je ne suis pas venu pour te tirer des aveux. Je veux juste que tu saches que je sais que tu souffres de quelque chose et que si je peux faire quoique ce soit pour t’aider, je le ferai. Je sais ce que c’est de se sentir seul, parmi des êtres différents. Tu es la seule Crâ parmi les Sadidas, moi je suis le seul dragon. On est pas si différent, acheva t-il en baissant la tête. »

Evangelyne posa une main sur l’épaule du dragonnet qui releva la tête.

« -Merci, Adamaï. Ne crois pas que, parce que tu es arrivé plus tardivement, tu as moins de valeur à nos yeux. Pour nous tous, tu es un membre de la confrérie au même titre que les autres. Tu es peut être le seul dragon en attendant le retour de Grougaloragan, mais tu n’est pas seul. Si Weldor vous a racontez la raison de notre venu ici, alors tu dois savoir que j’ai parfois du mal à m’ouvrir aux autres. Même encore aujourd’hui. Je suis désolée si je t’ai paru distante, ce n’était pas voulue.

-Non, absolument pas. C’est juste que je comprendrais que tu préfères avoir une conversation avec l’un des autres.

-Tu as du remarquer que je n’aimais pas parler de moi. Même à Amalia. Ce n’est pas un manque de confiance, mais je souffre…quand j’en parle… »

La Crâ sentait son cœur se serrer de plus en plus, mais elle ressentait tant le besoin de le dire…pour une fois. Même une semi vérité. Adamaï n’osa pas parler.

« -J’ai perdu…quelqu’un qui vivait là-bas et que je connaissais. »

Elle n’en dit pas plus. Des larmes coulèrent de ses yeux et elle se recroquevilla sur elle même, la tête dans ses bras. Adamaï ne chercha pas à en savoir plus. Qu’importe qui c’était. Eva souffrait. Le dragonnet passa ses pattes autour du cou de la Crâ et resta près d’elle, le temps qui fallait.

Chapitre 11[/b]

Quand ils étaient revenus à table, Evangelyne ne gardaient aucune trace laissant penser qu’elle avait pu pleurer. Adamaï admirait cela chez la Crâ. Son amie avait un courage incroyable. En la voyant personne ne pouvait se douter de l’état intérieur dans lequel elle se trouvait. Même pas lui. Car il savait qu’Eva ne lui avait pas tout dit. Cependant, quand il vit les brefs regards qu’Eva et son mentor échangèrent, il sut que la jeune femme avait au moins un confident, à qui elle disait tout.

Le reste de la soirée se déroula calmement au grand bonheur d’Evangelyne, qui n’aurait pu en supporter plus. L’ambiance festive avait repris le dessus et tout le monde rigolait. Même elle. Ses sombres pensées furent évacuée dans un recoin de son esprit. Pour le moment, elle profitait de ses amis. Elle rigola des ioperies de Pinpin, des histoires à dormir debout de Ruel, des piques que se lançaient Yugo et Adamaï et des histoires folles que son ancien mentor et le Roi avait pu voir ou vivre en parcourant le monde. Parfois, quand son mentor faisait de grands gestes, elle se poussait pour éviter de se faire happer, et se retrouvait finalement presque collé contre le Iop. Ce n’était pas pour lui déplaire. Mais elle se remettait aussitôt à sa place car Amalia la regardait avec un sourire qui lui donnait envie de l’étrangler.

Nombre d’invités avaient quitté la soirée quand la fatigue gagna le groupe. Quand Eva vit Amalia s’affaissait de plus en plus sur sa chaise, elle déclara qu’il était temps pour elles d’aller se coucher. Tous suivirent cette initiative. Adamaï, Alibert, Ruel, Tristepin et Yugo saluèrent les filles et le Crâ puis suivirent un garde Sadida qui les conduisit aux chambres d’invités. Quand ils furent partis, Weldor s’approcha de sa protégée.

« -Je reste pour plusieurs jours, la devança t-il. Un immense sourire apparut alors sur le visage de la jeune femme. Maintenant, files te coucher, tu meurs de fatigue et on aura tout le temps de parler demain.

-Demain à l’aube ? demanda t-elle en souriant.

-Toujours. »

Il déposa un baiser sur son front, lui fit un clin d’œil puis alla rejoindre le Roi. Eva aida alors Amalia à se relever et à monter jusqu’à sa chambre. Les quelques mots de son mentor avait apaisé son cœur. Demain, elle pourra tout lui dire, tout ce qu’elle ne pouvait dire aux autres, et que lui savait.

Weldor savait qu’Eva avait eu une conversation avec Adamaï et que ça l’avait aidé. Sinon, il n’aurait pas attendu le lendemain. C’était mieux ainsi. La fin de soirée avait détendu sa protégée. Ce soir, elle ne s’endormirait pas en pensant à ses mauvais souvenirs.

Une fois arrivée, Evangelyne aida la sadida à se changer puis Amalia s’allongea et s’endormit aussitôt. La Crâ la fit glisser sous les couvertures et la borda. Eva regarda un instant la sadidette et sourit se rappelant des nombreuses fois où elle avait agit de la même manière quand Amalia était trop jeune pour tenir une longue soirée.

Lorsqu’elle quitta la chambre de la princesse pour gagner la sienne, elle vit une silhouette, qu’elle aurait reconnu entre milles, et qui l’attendait devant sa chambre.

« -Tristepin ? Qu’est ce que tu fais là ?

-Je suis juste venu pour savoir comment tu allais, répondit le Iop, un peu gêné. J’entends encore tes hurlements dans mes oreilles… je pouvais pas aller me coucher sans savoir que tu allais bien.

-Merci, Pinpin, c’est gentil de t’inquiéter mais je vais bien. Promis. Tu as vu la lumière qui m’a englobé ? Normalement, c’est comme ça que ça se passe à la fin du rituel.

-Oui, je l’ai vu. C’était impressionnant. Pourquoi ?

-C’est une lumière régénératrice. C’est un peu comme une potion de guérison. Elle soigne les blessures que l’épreuve entraîne. Alors c’est comme si je n’avais pas subi le rituel.

-Mais tu l’as fait et tu l’as réussi. Bravo.

-Merci…

-Je voulais aussi m’excuser pour Rubilax. A cause de ce qu’il a dit devant le roi et tout…

-Oublie, ce n’est pas grave. Mais faudrait voir à voir à le faire taire plus vite.

-Je m’entraîne.

-D’ailleurs, où est il ?

-Je l’ai laissé dans ma chambre. Je voulais pas qu’il en rajoute une couche.

-Ce n’est pas risqué ?

-Oh non. Yugo est pas loin.

-La confrérie des gardiens n’apprécierait pas, remarqua Eva »

Tristepin haussa les épaules et alla s’appuyait contre le garde corps de la terrasse. Evangelyne l’imita se demandant ce qui tracassait le Iop.

« -Tu nous as pas raconté ce qu’ils te voulaient. Pourquoi t’ont ils demandé de revenir ?

-Oh, rien d’important, répondit il sans la regarder. Ils voulaient me féliciter et m’honorer d’avoir aidé le peuple Sadida.

-Et de nous avoir sauvé, compléta t-elle. Tu devais être content. Non ?

-Ouais. Mais j’aime pas aller là-bas. Je suis vite parti pour aller à la recherche de Goultard et lui raconter la fin de l’histoire contre Nox. Ca, c’était bien, Dit il avec un grand sourire puis il se tourna vers elle : Tu dois être contente d’avoir retrouver ton mentor, toi aussi. Tu ne le vois pas souvent.

-Oui. Weldor a beaucoup de responsabilité et j’en ai aussi avec Amalia. Du coup, je retourne rarement au temple Crâ et lui vient pas souvent. J’ai du mal à croire qu’il est vraiment là. J’ai passé des années à être tout le temps à ses cotés. Et depuis la fin de ma formation, je ne le vois que de temps en temps. C’est pas toujours facile.

-Je comprends. Moi aussi j’ai ressenti ça avec Goultard.

-En tout cas, heureusement qu’il était là pour le rituel. Sans toi, le reste de la confrérie et Weldor à mes cotés, je crois que je n’aurais pas eu le courage de le passer.

-Mais si. Et tu aurais réussi, dit le iop en lui posant une main sur l’épaule. Parce que tu sais qu’on est tous fier de toi et qu’avec notre lien de la confrérie, on est toujours tous avec toi.

-Merci, Pinpin. »

La Crâ sentit le rouge lui monter aux joues. Décidément, elle ne contrôlait plus rien ce soir. Elle pria pour qu’il fasse suffisamment noir cette nuit pour que cela passe inaperçu. Mais le Iop avait de tout façon tourné la tête pour récupérer quelque chose dans sa poche.

« -Tiens, fit Tristepin en prenant sa main et en y déposant un petit paquet. C’est pour toi.

-Pour moi ? Demanda la jeune femme surprise. Mais pourquoi ? Qu’est ce que c’est ?

-Un cadeau. Pour te féliciter.

-Mais tu ne savais même pas que j’allais passer cette épreuve.

-Euh…En faite quand je l’ai vu, j’ai pensé que ça te plairait. Disons que le rituel est le bon moment pour te l’offrir. Vas y, ouvre le. »

Eva se sentait de plus en plus confuse. Tristepin pouvait être parfois exaspérant mais il était aussi très attentionné. Facette de sa personnalité qu’elle ne connaissait pas. Quand elle essaya d’ouvrir le cadeau, elle rigola intérieurement. Seul un iop pouvait emballer un présent dans un paquet avec une quinzaine de nœuds autour. Quand elle réussit à défaire tous ces nœuds, elle découvrit une magnifique petite boite en bois gravé. Elle était si belle et si bien travaillée qu’Eva crut que c’était le cadeau. Mais quand le Iop lui dit l’ouvrir, elle découvrit le vrai présent. Au creux de la boite, reposait un pendentif. C’était une petite flèche en argent. A n’en pas douté, au vue des détails de réalisation, elle avait été faite par un excellent joaillier.

« -Pinpin, c’est magnifique, s’émerveilla t-elle.

-C’est moins impressionnant qu’une flèche en or…

-Je l’adore. Merci. »

Le Iop, trop heureux de voir que son cadeau lui avait fait plaisir, n’eut pas le temps de réagir qu’Evangelyne le prit dans ses bras pour le remercier avant de s’éloigner légèrement confuse.

« -Bon, je vais aller me coucher, déclara le chevalier un peu abasourdi qu’Eva est agie ainsi.

-Euh oui, moi aussi, répondit la Crâ, sans oser regarder le iop. »

Tristepin s’approcha d’elle et posa alors un baiser sur la joue de la jeune femme. Eva qui ne s’y attendait pas releva la tête et se retrouva face à face avec Pinpin à quelques centimètre de son visage. Le baiser, en plus de la proximité du Iop, finit de la rendre totalement confuse et ses joues devinrent cramoisie. Phénomène qui n’échappa pas à Tristepin, qui en profita pour enfoncer le clou.

« -Tu étais superbe dans cette tenue, avoua t-il avant de partir. Bonne nuit, Eva.

-…Bonne nuit, Pinpin, murmura t-elle. »

Ecarlate, la jeune femme regarda le iop partir. Quand il disparu de son champs de vision, elle prit une grande inspiration et se décida à rentrer dans sa chambre. En se voyant dans le miroir, elle se sentit complètement ridicule. Amalia avait raison. Dès qu’il s’agissait de Pinpin, elle rougissait comme une adolescente.

Elle s’assit sur le lit et rouvrit la boite que Tristepin lui avait offerte. Elle fit glisser le pendentif au creux de sa main et l’admira à nouveau. Puis elle enleva le gant de sa main gauche et défit le collier qui était enroulé autour de son poigné. Elle y fit glisser le présent du Iop puis rattacha le collier avant de le soulever pour mieux le voir. La petite flèche d’argent venait de rejoindre quatre autres pendentifs. L’un d’eux représentait le symbole des Crâ et lui avait été offert par son mentor au début de sa formation. Le second était une fleur en argent dont les tiges s’enroulées autour du symbole de l’amitié. Un présent d’Amalia pour l’un de ses anniversaires. Le suivant était le plus ancien. Il ressemblait à une goutte d’eau d’un bleu claire et doux. Enfin, le dernier était composé de trois cœurs, dont deux étaient en argent, respectivement gravés des lettres E et R, et l’autre en émeraude.

Evangelyne s’allongea et s’endormit le sourire aux lèvres et la joue, où Pinpin l’avait embrassé, reposant sur la main qui tenait les pendentifs.

Chapitre 12[b]


Evangelyne ouvrit les yeux. Encore à moitié endormie, elle battit plusieurs fois des paupières se demandant ce qui avait pu la réveiller. En tournant la tête, elle vit qu’il faisait encore nuit, mais que l’aube n’allait pas tarder à se lever.

L’aube ! Se rappelant son rendez vous avec son ancien mentor, la Crâ se leva d’un bond. Elle réalisa alors qu’elle s’était endormie dans sa robe de soirée. Elle enfila ses vêtements, accrocha sa ceinture avec son arc puis remit son gant et y glissa son collier afin de ne pas le perdre. Enfin prête, elle quitta sa chambre. Après avoir vérifiée qu’Amalia dormait paisiblement, elle attrapa une liane et sauta à travers les branches de l’arbre de vie. Arrivé à son pied, elle se dirigea vers l’enclos des dragodindes et grimpa sur l’un d’eux. En quittant le village, elle ne croisa que quelques gardes qui lui firent un signe de la main.

Pressée de retrouver Weldor, elle lança son dragodinde au galop. Sur le chemin qu’elle avait l’habitude de prendre, elle se remémora les rendez vous matinaux avec son mentor. Les deux Crâ avait prit l’habitude de se retrouver tôt le matin. Ainsi le guerrier commencer la formation de son élève sans être dérangé, et Eva avait un peu plus de temps à consacrer à la princesse pendant le reste de la matinée. Leur rencontre pouvaient aussi bien être un entraînement physique que mental. En général, Weldor profitait de ses moments pour lui apprendre des trucs que seuls les Crâ ou lui savaient, et qu’il lui apprenait en plus de ses leçons et de l’entraînement physique quotidiens. Depuis que sa formation était fini, leurs rendez vous matinaux étaient consacrés à de longues discussions sur ce qu’ils avaient vécu chacun de leur coté.

Eva atteignit enfin le lieu de leur rendez vous. Comme son mentor n’était pas encore là, elle grimpa sur une branche en hauteur, après avoir attaché le dragodinde, et se cala contre le tronc de l’arbre afin d’observer le soleil se lever sur le royaume Sadida. Soudain, elle fit un mouvement brusque pour se déplacer. Juste à temps. Une flèche vint s’enfoncer dans le tronc de l’arbre exactement à l’endroit où elle était appuyée un instant avant. Elle se laissa glisser tandis qu’une seconde flèche lui frôlait la joue. Eva se rattrapa à une branche plus basse, sortit son arc et le banda en direction d’où venaient les deux flèches. Aussitôt une autre flèche la visa venant d’une autre direction. Elle l’évita mais ne répondit pas sachant que son attaquant avait déjà bougé. Une averse de flèche foncèrent sur elle, l’obligeant à répondre et à esquiver sans lui laisser le temps de réfléchir. Car elle le savait, le but était de l’empêcher d’agir. Habituée à cela, la Crâ répondait flèches pour flèches tout en analysant ce qui l’entourait. Son immersion dans le monde Sadida, en plus de sa nature Crâ qui la rendait sensible à son entourage, lui permirent de se faufiler à travers la forêt en évitant les piéges de son adversaire et en imaginant une riposte. Quand elle repérât enfin ce qu’elle cherchait, elle mit son plan en marche. Alors, elle se mit à l’abri et tira en faisant en sorte que ses ripostes obligent son attaquant à se déplacer dans une direction. Celui-ci opta pour la direction opposée et traversa son tire de flèche sans se faire toucher. Mais c’était exactement ce qu’elle avait prévu. Rapide comme l’éclair, elle tira une flèche explosive sur un arbre où pendait une multitude de fruits mûrs. Son attaquant se retrouva alors piégé dans une avalanches de fruits. Eva sortit de sa planque et rangea son arc. Elle fit quelques pas et découvrit son assaillant sur une branche, couvert de fruits.

« - Qui sème le vent, récolte la tempête…ou dans notre cas, les fruits, plaisanta Evangelyne.

-Serais tu en train de te moquer ? Fit son mentor, avec un air de prédateur sur le visage.

-Moi, je n’oserais pas voyons, répondit innocemment la Crâ, absolument pas impressionné par le regard de son mentor couvert de fruits. »

La jeune femme essayait de ne pas rire mais soudain, le guerrier reçut, sur sa tête, à peine essuyée, un dernier fruit qui n’était pas encore tombé. La Crâ explosa de rire. Son mentor sauta alors de son perchoir et avant qu’elle n’ait eu le temps de fuir, il l’attrapa. En la serrant dans ses bras, il la couvrit à son tour de fruits tandis qu’Eva, à moitié morte de rire, essayait vainement de s’échapper. Quand il fut sûr qu’elle était aussi sale que lui, il la porta sur son épaule et avança en direction de la rivière.

« -Oh, tu t’es salie, se moqua t-il. Mauvaise fille, maintenant à l’eau pour laver tout ça. »

Sur ce, il l’a balança dans l’eau. Décidée à avoir le dernier mot, la Crâ sortit son arc avant de refaire surface et tira une flèche glacée au pied de son mentor, qui glissa dans la rivière. S’en suivit une bataille d’eau et un concours de noyade, jusqu’à ce que les deux soient trop fatigués pour continuer. Weldor remonta sur la berge et aida Eva à remonter. Il attrapa un sac caché dans un fourré un peu plus loin et lui donna une serviette.

« -Bravo, Lily, félicita l’ancien maître. J’ai pas eu le temps de te le dire. Mais le coup des fruits, c’était pas mal. Je ne l’ai pas vu venir.

-C’est l’avantage de vivre avec les Sadidas. J’avoue que je ne m’attendais pas à ce test matinal. Tu as bien failli m’avoir.

-Ah, tu me connais, dit-il avec un sourire. J’ai pas pu m’empêcher de voir si tu n’avais pas perdu tes réflexes. »

Le Crâ enleva ses gants et ses bottes pour les mettre à sécher. Il fit un signe à Eva qui lui passa les siens. Au moment où celle-ci tendit son bras pour lui passer ses gants, le guerrier remarqua le collier à son poigné.

« -Tu as un nouveau pensionnaire ?

-Quoi ? Ne comprit pas la Crâ.

-Ton collier, fit Weldor en faisant un signe de tête. Tu as un nouveau pendentif.

-Oh… Euh, oui. C’est un cadeau, dit elle en rosissant légèrement en pensant à ce qu’il s’était passé la vieille. »

Elle détourna la tête, faussement intéressée par des canards sur l’eau, pour que son mentor ne le voit pas. Mais Weldor avait repéré le trouble dans sa voix et il devina qu’il y avait anguille sous roche sans avoir besoin de voir les joues légèrement rosées de sa protégée.

« -Fais moi voir ça. »

Il s’assit et Eva se plaça à coté de lui avant de lui tendre sa main. Le Crâ regarda la flèche d’argent. Au bout d’un moment, il émit un petit sifflement.

« -Et ben, de l’argent de Joaily-ar, la ville des plus grands joailliers. Il a de la ressource ce jeune Iop, dit-il avec un sourire taquin.

-Quoi ? Mais j’ai jamais dit qui me l’avait offert.

-Parce que j’ai tort, peut être ? »

Il avait raison, bien sûr, mais Eva aurait préféré qu’il ne soit pas au courant. En même temps, elle aurait pu dire que c’était Amalia qui lui avait offert. Mais lui mentir ne lui plaisait pas. En plus, son mentor était fort pour repérer les gens qui lui cachés la vérité. Au sourire vainqueur de son ancien maître, elle sut qu’il avait comprit avoir gagné.

« -Bon d’accord. C’est Pinpin qui ma l’a offert. Comment as tu su ?

-Oh allez Lily. Je sais que je ne suis pas venu depuis un moment mais je pense te connaître suffisamment pour deviner ce que tes expressions ou tes réactions signifient.

-Quelles réactions ?

-Le ton que tu as pris en le présentant, ton inquiétude quand je me suis approché de lui, sa propre inquiétude quand tu étais en train de passer le rituel, le rouge sur tes joues quand il te tenait dans ses bras pour pas que tu t’effondres, le « subtile » changement de place d’Amalia qui est toujours à coté de toi habituellement…

-C’est bon, j’ai compris, s’empressa de le couper la Crâ.

-Tu veux pas que je continu ? Taquina son mentor. J’en ai pleins…

-Non merci. J’ai déjà Amalia qui ne me lâche pas avec cette histoire alors si tu te mets aussi à repérer chacun de mes faits et gestes.

-Pourquoi te taquine elle avec ça ?

-Parce qu’elle veut absolument me faire dire que je… »

Evangelyne ne réussit pas à finir sa phrase. Malgré la conscience de ses sentiments pour Tristepin, elle ne pouvait pas s’avouer être amoureuse de lui. Weldor eut aucun mal à deviner la suite de la phrase et la raison pour laquelle sa protégée n’arrivait pas à mettre des mots sur ses sentiments.

« -Tu ne peux pas tout contrôler, Lily. Parfois, les choses nous dépassent et alors il faut seulement se laisser porter par le vent, lui conseilla son mentor.

-Même si ce vent se révèle être une tornade ?

-Surtout si c’est une tornade, répondit-il avec un léger rire. »

La jeune femme sourit mais son mentor savait qu’elle doutait. Il lui prit la main afin d’attirer son attention. Eva leva alors la tête.

« -Lily, je sais que tu crois que l’amour peut troubler tes responsabilités. Toutes tes responsabilités. Répéta t-il afin d’être sûr qu’elle comprenne. Mais parfois, c’est en niant l’amour que l’on prend le risque d’échouer.

-Tu m’as pourtant dit de toujours me méfier de cela. De ne pas agir seulement en fonction de mes sentiments. De toujours raisonner et évaluer le pour et le contre avant d’agir.

-C’étaient les conseils d’un père qui voyait sa fille grandir et s’épanouir autour d’une ribambelle de prétendants, avoua Weldor. Une adolescente qui fait craquer tous les cœurs des jeunes hommes qui l’entourent, risque parfois de ne pas assez réfléchir. C’est pour cela que je t’ai mit en garde. Pour ne pas que tu te jettes au cou du premier imbécile venu. Pas pour que tu tiennes à distance tous les hommes qui tendront de t’approcher.

-Dois je en conclure que tu apprécie assez Tristepin ?

-Disons que ce jeune homme semble suffisamment combatif et courageux pour pouvoir être à tes cotés, sans te mettre en danger, et même pour te protéger. J’ajouterais qu’il est assez intelligent pour un Iop. Mais ne dit rien, je compte bien jouer les pères possessifs, dit le Crâ sur le ton de la confidence.

-Je m’en serais doutée, rigola Eva. Pauvre Pinpin.

-Je pense qu’après avoir passé des mois en sa compagnie, tu sais maintenant vraiment la profondeur de tes sentiments pour lui.

-C’est justement ce qui m’effraie, confessa t-elle, plus sérieuse. Comment pourrais-je tenir à tous mes devoirs sans que mes sentiments me trahissent ? Ma responsabilité est de protéger Amalia et …tu sais quoi, ajouta t-elle, mais j’ai déjà eu à agir pour protéger Tristepin, Yugo ou Ruel. Que ce passera t-il si mes sentiments me poussent à prendre des risques au détriment du plus important ?

-Il me semble que jusqu’à maintenant, tu as toujours agi pour le bien d’Amalia. Et même, qu’il t’a aidé à agir dans ce sens. Lily, la question est : si Tristepin était vraiment mort lors du combat contre Nox, aurais tu supporté de continuer à vivre en sachant que tu ne le lui avait pas avoué ? Aurais tu continué à porter ton fardeau avec les regrets en plus ? Peut être que sa présence à tes cotés t’aidera au contraire à le porter plus facilement. Crois mon expérience, les amours cachés font plus de mal que de bien.

-Et s’il venait à se faire tuer pour nous protéger comme il l’a déjà fait ? J’aurais encore plus de mal à le supporter.

-Peut être mais au moins tu n’auras pas de regrets. Et puis, pourquoi cette histoire devrait elle mal se finir ? s’exclama le guerrier. je compte bien te voir heureuse. Je t’ai entraîné pour que tu puisses surmonter tous les dangers. Avec tes amis, vous avez prouvé que vous étiez capables de beaucoup de chose. Et avec un Iop amoureux près de toi, je sens que vos adversaires auront du fils à retordre. Et maintenant que tu as passé le rituel, tu as une corde de plus à ton arc. Au sens propre comme au sens figuré.

-D’ailleurs, je ne suis pas sûr d’avoir réussi l’épreuve.

-Comment cela ? demanda le Crâ surprit. Tu peux faire apparaître ta flèche d’or ? »

La jeune femme leva la main et la flèche se matérialisa aussitôt.

« -Alors c’est que tu as réussi.

-Mais je n’ai gardé aucun souvenirs de l’épreuve.

-Tous les Crâ que je connais se rappelle de leur passage, dit le guerrier après un instant de réflexion. C’est inhabituel. As tu ressenti quelque chose d’étrange en te réveillant ?

-Euh, non…à part un mal de tête à cause de la lumière qui m’a éblouie.

-Il n’y avait pas assez de lumière pour t’éblouir.

-C’est ce que j’ai pensé après mais j’ai cru que c’était celle de la flèche.

-Impossible, tu l’avais déjà absorbé. »

Le Crâ fronça les sourcils et réfléchit. Comme il ne semblait pas se décider à lui faire part de ses doutes, elle lui força la main.

« -Je me demandais juste si tu n’avais pas inconsciemment refoulé ces souvenirs.

-Mais pourquoi j’aurais fait ça ? demanda la Crâ surprise.

-A cause de la douleur. Lily, l’épreuve est censée te mettre face à tes plus grandes angoisses, expliqua t-il. Tu sais auxquelles je pense. »

Evangelyne plia les genoux contre sa poitrine et les encercla avec ses bras avant de poser son menton dessus. Comme la veille, elle sentit son cœur se serrer de douleurs en repensant à son passé.

« -Tu crois que…c’était… »

Elle ne put prononcer un mot de plus. Ses yeux s’emplirent de larmes alors que sa gorge se nouait.

« -Je ne sais pas, Lily. Mais, si c’est bien cela, cela signifie que tu as vaincue ces angoisses et tu mériterais de t’en rappeler et de faire la paix avec ces souvenirs.

-Je ne peux pas, Wel, s’exclama la jeune femme en se levant et en tournant le dos à son mentor. C’est au dessus de mes forces.

-Il faudra pourtant que tu le fasses, déclara le Crâ en se redressant à son tour. Vivre dans le passé ne sert à rien. Bien au contraire, cela t’empêches de construire un futur.

-Ma vie entière dépend de ce passé, Wel, affirma Eva en se tournant vers son mentor. Je ne peux pas construire d’avenir tant que j’ai…

-C’est faux, Lily, et tu le sais, l’interrompit Weldor. Il posa alors ses mains sur les épaules de sa protégée. Tu vois cela comme un fardeau à cause de ce que tu as vécu mais cela pourrait être une bénédiction. »

Comme la jeune femme ne semblait pas convaincue, le guerrier la prit dans ses bras dans un geste de réconfort. Il savait que son ancienne élève n’avait pas assez de recul pour le comprendre.

« -En attendant que tu arrives à faire la paix avec ton passé, je serais là pour t’aider. Pour toujours, dit il en l’embrassant sur la tête.

-Merci, Wel.

-Et tu peux compter sur ce jeune Iop, plaisanta t-il. »

Evangelyne se mit aussitôt à rougir ce qui fit rire Weldor. Faussement vexée, elle lui donna un coup de coude dans les côtes auquel le Crâ répondit par un sourire innocent. Sur ce, ils décidèrent de retourner au palais, où les amis de la jeune femme devaient à présent être réveillés. Sur le chemin, Eva demanda des nouvelles du temple à son ancien maître, qui lui raconta alors les derniers événements.

« -Et Maître Venor, comment va t-il ? »

Venor était le frère aîné de Weldor. Tout comme son cadet, il avait aidé le peuple Crâ qui avait subi le raid de bwork. Les deux frères étant très proches, Eva le connaissait depuis longtemps.

« -Bien. Quelques bleus de notre dernière rencontre mais il s’en sortira, plaisanta Weldor.

-Je me disais bien que tu avais de nouvelles cicatrices, le taquina la Crâ.

-Sous entendrais tu que je me serais pris une dérouillée ? S’enquit le guerrier.

-Disons qu’en général, vous êtes à égalité.

-Très diplomatique. Tu n’as pas tort. Je m’en suis pris une, aussi, mais pas au point d’en garder des marques, précisa Weldor. »

Evangelyne sourit. Quand ils se retrouvaient, les deux frères étaient pire que des gamins et leur retrouvaille finissait toujours par un combat amical dont l’issu nécessité souvent l’intervention d’une Eniripsa pour soigner les deux hommes.

« -Et sinon, comment vas…demanda Eva au bout d’un instant de silence.

-Il va bien, coupa Weldor. Je me doutais que tu finirais par le demander, avoua t-il en souriant

-Oh ça va, maugréa la Crâ. Bon raconte ! Qu’est ce qu’il fait ? Où est il ?…

-Tu crois pas que tu exagères ? Vous vous envoyez des messages tous les deux jours, se moqua l’archer. Je pense que tu sais mieux que moi tout cela, Lily.

-C’est pas vrai, se défendit la jeune femme. Devant le regard dubitatif de son mentor, elle rajouta : C’est tous les trois jours. Et puis, c’est normal. Ce sont juste des messages, entre ce qu’il dit et ce qu’il pense…Toi, tu le vois directement. Je veux juste être sûr que tout va bien.

-Il va très bien, la rassura son ancien maître. Il est impatient de te revoir. Il ne tenait en place quand il a appris ta fugue avec Amalia. Heureusement que tu lui a écrit…Il voulait venir pour le rituel mais…

-On ne peut pas, je sais, poursuivit la Crâ déçue. J’aurais aimé le voir, moi aussi.

-Oh vraiment, pour lui présenter Tristepin ? Plaisanta Weldor.

-Euh, grimaça Evangelyne. Non, en faite, c’est peut être mieux comme ça pour le moment.

-Tu as peur qu’il soit jaloux ?

-Possessif, surtout, précisa Eva. Ne lui dit rien, s’il te plait.

-Promis. J’emporterais tes ‘infidélités’ dans la tombe, plaisanta le Crâ.

-Infidélités ? Répéta la jeune femme. Tu exagères quand même. Tu me pousses presque dans les bras de Pinpin.

-Bras dans lesquels tu t’empresses de tomber, précisa le guerrier. »

Evangelyne préféra ne rien dire. Le terrain était trop glissant pour elle et son mentor la connaissait trop bien pour qu’elle réussisse à avoir le dernier mot. Elle préféra faire dévier la conversation. Son ancien maître lui raconta alors ses dernières missions, jusqu’à ce qu’ils atteignent le village. D’où ils étaient, ils virent les compagnons d’Eva qui étaient regroupés au pied de l’Arbre de Vie.

« -Avant que des oreilles indiscrètes, nous entendent, lui murmura Weldor, saches que je suis extrêmement fière de toi et que cette robe t’allait à ravire. De quoi faire perdre la tête à un Iop. »

Contrairement à ses habitudes, Evangelyne ne se mit pas à rougir et offrit un magnifique sourire à son mentor, tandis que ses amis les rejoignaient.

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Bon, bon, bon... Tout d'abord (Même si je reprend les propos de Madride) "Dragodinde" est un nom féminin... Mais ce n'est qu'un petit détaille. Sinon, j'adore toujours autant, et c'est un bon début d'intrigue. Et qui est ce fameux "il" a qui Eva écrit tout les deux... Non, excuse-moi, trois jours?(XD) J'attends la suite avec impatience!
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Score : 48

Trés bonne fiction. =)
Même si normalement,Tristepin est mort. ^^
Sinon,je pense que le personnage "mystère" dont Eva se soucie tant n'est autre qu'un ancien petit ami. =P
Si c'est le cas,il vaux mieux pas qu'il essaye de re-draguer Eva. ^^

Sinon,quand Weldor appelle Eva Lily,c'est un surnom ou son "véritable" nom? Et Weldor,c'est son père? Car la phrase "C’étaient les conseils d’un père" peut avoir 2 sens.

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