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Par Anubis-AM 25 Novembre 2020 - 15:39:20
CHAPITRE I : Bois de cerisier


Cassidy Lowe trouvait que le cercueil de sa sœur était de trop mauvaise qualité. Le cerisier… ce n'est pas une belle couleur, ce marron un peu rosé… pas une bonne texture non plus. Il y a mieux que le cerisier, l’orme, le chêne… des cerises. Il se rappelait d’elle, Ombeleen, dans cette robe blanche, avec ses cheveux et ses lèvres rouges, les yeux d’un bleu si clair, comme l’ombre de la neige. Bien plus Sacrieur que Crâ, mais il l’avait trouvée belle à cette soirée.

La pauvre était morte trois jours plus tôt, c’était peut-être pour ne pas y penser que Cassidy cherchait quel arbre aurait été préférable… l’érable… c’est bien l’érable… ça aurait bien été à son teint, sa peau blanche. Une très jolie femme Ombeleen. Décédée jeune, vingt-cinq ans. Il en avait quatorze de plus. Un accident bête, une coupure avec une flèche de crârsenic. Heureusement elle ne laissait ni mari ni enfant, qu’un frère et un père.

Tous deux portaient le cercueil avec le regard bas et les épaules arquées, d’autres Crâs étaient venus les aider. Un ami de Ombeleen, Gwendal, et son cousin, le fils de la sœur de son père, Flynt. Sur le chemin jusqu’au bûcher où serait embrasé le corps selon le rituel, Cassidy n’avait qu’une chose en tête, ça n’était pas la peine de Cassien, son père, ni la joie de sa mère qui allait retrouver sa fille… c’était de savoir pourquoi du cerisier… mais il n’osait pas demander.

Il était habillé en vert, comme il est coutûme, une vareuse couleur sapin… ça aussi ça aurait fait un bon bois…, couverte par une queue-de-pie vert impérial et un pantalon à pince en laine couleur blet. Il ne fallait pas de noir. Pourtant ses bottes l’étaient. Elles serraient ses chevilles fines notamment par son laçage qui remontait sur les tibias comme il s’était vu à Sufokia ou encore à Pandala, autrefois. Le pied était plus large, protégé par cette épaisse coque de cuir et ce vernie au bout de la chaussure qui luisait.

Lorsqu’ils atteignirent cette table en pierre déjà tachée par d’anciennes flammes, couverte de branchages et de fleurs et qu’ils purent enfin déposer ce silène, Cassidy croisa le regard humidifié de son père, mais ils ne s’étaient pas adressé la parole. Pourtant ils avaient des choses à dire. L’assemblée attendit que Cassien donnât le signal pour que les archers pussent immoler le corps de sa fille. Il était trop vieux pour le faire lui-même, comme cela aurait dû être fait. Ses articulations n’étaient plus aussi vives que ce qu’elles avaient été, lui qui était un bon soldat. Et enfin, ils se turent tous pour contempler ce brasier.

Il n’était pas aussi rouge que les cheveux de Ombeleen. Il n’y avait que le sang qu’elle avait sur le doigt lorsqu’elle s’était coupée qui eût été ressemblant à cette couleur. Un bien triste accident. D’autant qu’elle n’avait pratiquement jamais fait usage de poisons pour ses tirs. Elle n’aimait pas ça, elle était davantage dans la chaleur, ses cheveux. Cela avait intéressé Cassidy, le cerisier, les cheveux rouges… et pourtant c’était avec du crârsenic qu’elle s’était tuée. On ne pensait pas qu’elle mourrait si jeune.

Le Crâ s’était rasé la tête le matin même, comme il est d’usage, il n’y avait pas trop pensé jusque-là mais maintenant il avait froid. Et impossible de se couvrir la tête, ça ne se faisait pas. Alors il fit un pas vers les flammes pour se réchauffer. Cassidy contemplait la chose, sentait le parfum du bois qui brûlait et pensait encore à cette histoire de bois. Il pourrait demander à ceux qui ont fabriqué le cercueil… il savait où il avait été commandé.


[HRP/]

Meowtations distinguées !

Voici le premier chapitre pour le background de mon nouveau et prochain personnage en Role Play : Cassidy Lowe.

La forme sera à peu près toujours des chapitres courts dans le genre pour découvrir petit à petit son passé (en HRP évidemment, pas de méta s'il vous plait).

J'espère que la lecture vous plaira, n'hésitez pas à faire part de vos impressions ou de vos commentaires quels qu'ils soient !

Katze~

[/HRP].
                                                                                                       

CHAPITRE II : Le Centre d’Astrub


Le Centre d’Astrub. C’est là qu’il avait été muté. Avant il était dans les alentours, la forêt, les prairies… On y retrouvait souvent des brigands, les chasseurs qui avaient trop chassé, les commerçants qui s’étaient perdus, en somme il y avait toujours quelque chose à faire là-bas. Puis ça ne le dérangeait pas, il y avait un air de la Cité Crâ là-bas, et il était plus ou moins éloigné du centre et de toutes ces histoires qu’on entend… qu’il apprenait de ses collègues mercenaires. Mais les choses avaient changé, déjà quelques jours avant sa courte absence.

Cela faisait quelques jours qu’il était rentré, on l’avait prié de ne pas reprendre le travail sitôt, mais il n’avait pas la tête à rester plus longtemps auprès de son père, de sa tante Marta, de son cousin Flynt et du jeune Gwendal. Astrub avait besoin de lui. A peine était-il parti que les nouvelles des décès arrivaient jusqu’à lui, ou bien il les lisait dans la presse. Il lit beaucoup le journal, Cassidy aime voir comment les médias peignent le portrait de la vermine.

Ils cherchent leur prochain Anti-Héros. Une figure à la fois hors-la-loi et belle, quelqu’un dont le peuple comprend les motivations. Lui n’aimait pas ça, qu’on fasse des criminels quelque sorte de modèle. C’est aussi pour ça sans doute qu’il préférait la campagne… il y a moins de monde, alors les criminels restent des criminels.

Mais c’était fini disais-je, car on avait plus besoin de lui aux alentours. On se voyait mal expliquer pourquoi un lieutenant s’occupait des affaires des petits marchands itinérants, non, ça c'est ce que font les nouveaux. En ville, il y avait trop de choses qui se passaient. Le Détective Cassidy Lowe avait un mauvais souvenir des rares fois où il avait été en ville. Les gens tendent à défier l'autorité, à ne pas l’accepter, c’est dans l’éducation, enfin c’est ce qu’il se disait. Il pensait que nos enfants, qui se permettent de mal parler d’un professeur, de leurs parents, jamais ils n’allaient respecter les forces de l’ordre. L’éducation donc, un peu de fermeté. Cassidy devait rester concentré.

A dix heures, en contrebas, un homme, Roublard, armé d’un six coup, comme presque toujours. Il ne pouvait pas le voir mais il l’entendait, un homme à la voix grave, encore plus sur la gauche à contrebas, caché par la toiture d’une maison, et puisqu’il parlait si fort c’est que quelqu’un devait l’écouter. Ils étaient donc trois. Il vaut mieux prévoir trop que pas assez. S’en prendre au premier aurait alerté les deux autres, et deux contre un c’est pas gagné, surtout si ce sont aussi des Roublards. Alors c’est eux qu’il fallait neutraliser en premier. La campagne.

Cassidy sauta, armant son arc de deux flèches reliées entre elles par une corde, qu’il tira autour des deux énergumènes pour les immobiliser l’un contre l’autre. Atterrissage en roulade, il manqua de peu le tire de l’homme qu’il pouvait observer depuis tout à l’heure. Il l’avait bien remarqué, son arme était trop lourde pour son poignet, il cherchait tout le temps à s’en débarrasser… une blessure de bagarre. Le Crâ lui agrippa le poignet, fracassement contre le muret, on touche un point déjà fragilisé. Avec l’autre main on le désarme. Il va tenter un crochet du gauche, on se baisse pour le frapper dans l’estomac plus vite que lui, on retouche un endroit déjà endommagé. Il l’avait bien vu… se tenir le diaphragme. On enchaîne, uppercut. Poignet brisé, côte flottante fracturée, potentiellement deux dents cassées. Il devrait s’en remettre.

Puis le chien de son arme à feu s'était actionné, il se trouvait dos à celui qui le tenait en joug. Un quatrième homme, ce n’était pas prévu. Son Bilby Parre-balle lui sauva la vie, celui-ci sauta entre le revolver et la tête de Cassidy pour contenir le tir. Assez de temps pour le neutraliser. On agrippe le bras, luxation par-dessus l’épaule droite, on se retourne, coup de poing dans les côtes. Il va tenter de riposter avec un coup de genou, on bloque avec la paume, les bijoux sont pas loin, pas loyal… mais efficace, il se penche et coup de grâce avec un coup de genou dans le thorax. Celui-là aura sans doute plus mal que son allié. Plus qu’à tous les arrêter et récupérer l’arc.
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biggrin

Mdrrr bah écoutes 
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Mdr même pas tu argumentes, méchante va

"T'éCriS BiEn tYnOx" (message discord).

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CHAPITRE III : Divorcés
 
 
Elle voulait divorcer. Il était rentré un soir après le travail, une affaire de vol de marchandise au marché du matin. Elle venait de lui annoncer, un peu énervée. Elle avait un peu bu mais la chose semblait sérieuse. Cassidy déposa son clint sur le porte-manteau, défit son écharpe et retira cette vareuse bleu-canard qu’il portait régulièrement, une sorte de vêtement fétiche. Il s’approcha de sa femme dans son marcel blanc moulant pour l’embrasser sur la bouche et lui dire bonsoir. Avait-il entendu ? Il semblait pourtant que oui.

C’était l’hiver, mais Denise, sa tendre, avait pris le temps d’allumer un feu de cheminée, elle était allée chercher du bois chez son ami en début de mois. Ricky, un charmant type, elle en était sûrement amoureuse. C’était une belle femme, Denise. Plus âgée que Cassidy, lui avait trente-neuf ans, et elle en avait quarante-quatre. Une dame élancée, le cou dégagé et fin, les cheveux auburn et des yeux verts, une Crâ, comme lui. C’était peut-être la précision de ses formes, la perfection de sa peau qui avaient plu à Cassidy, car il est vrai qu’il n’était pas très attentionné avec elle.

Elle agitait ses bras, de longs bras avec un peu de peau, il n’aimait pas les femmes trop fines. Elles sont plus jolies quand on peut les voir même de profil. Denise semblait agacée mais lui n’écoutait pas trop. Tant et si bien même qu’il l’avait coupée dans une phrase, pour lui demander ce qu’ils mangeraient ce soir-là.

Sa femme claqua la porte après avoir déposé sur leur grande table de salon en bois de chêne massif ce papier qu’il n’avait plus qu’à signer. Il s’approcha pour le lire, il avait déjà oublié qu’elle venait de partir, ou qu’il lui avait demandé pour le repas du soir. Il redressa la tête et voulut sortir pour la rejoindre.

Dehors c’était la nuit d’Astrub, un peu humide, de l’eau coincée entre les pavés qui aurait disparue demain matin comme par magie. Une charrette qui passe, il regarda le titre de l’enseigne. Chantier de Coupe “Rick & Fils”. C’était avec lui qu’elle était montée… mais ce n’était pas la première chose qui lui vint à l’esprit. Une autre question occupait ses pensées.

Gherta était le nom de sa dragodinde, un animal qui lui allait bien, Brakmarienne toutefois, mais elle était belle, fine, blanche avec des taches noires sur les plumes du dos. Il la chevaucha pour rattraper la charrette.

Il fallait sortir de la ville, à cette heure-ci c’était déconseillé, mais il était mercenaire, Lieutenant même. Il fallait passer par les portes près du Parc des Namoureux, un endroit dont le nom est joli, mais redouté par certains, c’était son cas, il préférait les alentours. Les portes, pensait-il. Une fois passées il fallait contourner une ruine, celle d’une bibliothèque où il avait plusieurs fois aperçu un homme collectant quelques précieux savoir dans des bouquins. Cassidy se disait à chaque fois qu’il préférait le présent, l’action du présent, les affaires politiques du jour, ce qu’il se raconte aux coins de rues. On traversait les prairies.

Elles sont calmes le soir, inquiétantes même. Les pâtres avaient gardé leurs animaux et on entendait les chienchiens aboyer dans le vent au moindre bruit ou à la lune et leurs maîtres se levaient pour les cabosser après s’être assurés que cette fois peut-être qu’ils ne hurlaient pas pour rien. Elles étaient grandes ces prairies où l’on faisait paître les bouftous, pleines de rochers aussi, d’anciens vestiges. Datés de quand ? Il n’avait pas beaucoup étudié l’histoire de cette ville qu’il aimait pourtant. Toutefois il se demandait comment les montagnes, qui jadis se trouvaient à l’est de la cité, s’étaient retrouvées au nord, et la forêt qui elle était au nord était maintenant rendue à l’ouest. Tout avait été chamboulé pendant le Chaos et le monde Astrubien avait dû se tourner. Les prairies.

Il arriva enfin au vestige de cette ancienne épave qui n’avait jamais été délogée. Plusieurs fois il avait forcé quelques ivrognes qui s’y logeaient à décamper, ils ne pouvaient pas rester là, non pas que ça l’aurait dérangé, mais il aimait ça, l’ordre, les règles. Parfois elles étaient absurdes, mais il aimait bien être le pilier face à l’envie égoïste de quelqu’un. Lui rappeler qu’il existe une autorité. Il dépassait ce vestige de piraterie, c’était d’ailleurs comme ces poupées Amaknéennes qui en cachent d’autres plus petites à l’intérieur : une épave qui cachait d’autres épaves. Il avait rit, si tard dans la nuit. Le divorce loin derrière.

Il arriva à cette scierie, la seule encore animée à cette heure-ci. Il approcha Rick et sa femme et l’interrogea : “ ― Pourquoi du cerisier ?”.
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CHAPITRE IV : Turquoise ou bleu


Il préférait les allumettes avec un bout turquoise ou bleu. Superstition peut-être. Mais ce jour-là à son épicerie ils n’avaient plus que celles dont la tête est rouge. L’effet et le produit étaient les mêmes, mais il préférait celles qui étaient plus colorées. Non pas parce qu’elles étaient originales, il détestait la démarcation, lui qui était pourtant un disciple de Crâ aux cheveux noirs. Il n’aimait pas ces gens qui ne sont pas extravagants et qui font semblant de l’être, pour se donner un style, pour qu’on les remarque. Il demanda quand est-ce qu’ils auraient de nouveau ses allumettes fétiches. Ils n’en auraient plus, le produit était retiré.

Cassidy demanda alors une boîte de BenKO et une autre de Gum gum. On lui demanda la saveur, menthe, non, forte, merci. Il déposa les cinq kamas que cela lui coûtait, trois pour le chocolat et deux pour les Gums. Il voulu finalement prendre quand-même une boîte d’allumettes, il n’avait pas le temps de faire le tour des autres magasins. Ça fera neuf kamas s’il vous plaît monsieur Lowe. Il donna son argent à cet épicier qu’il connaissait depuis quelques années maintenant et s’en alla.

Dehors il faisait froid, et il n’était pas bien couvert, qu’une veste en daim par-dessus son marcel blanc sale et sa salopette sépia. Au moins il avait une écharpe, en laine de bouftou teinte en rouge. Il n’aimait pas trop les écharpes non plus. Elles entravent la gorge et grattent. Mais c’était ça ou avoir froid. Son nez coulait, il reniflait atrocement pour garder ce qu’il avait dans le nez là où c’était.

Il s’en alla jusqu’au port où le vent était encore plus fort, il épiait une bande de petits gavroches, les mains autour d’un baril de vin vide. Il avait déjà craqué au moins sept allumettes en vain. Un poivrot aux gants troués l’aida. Ils se ressemblaient un peu tous les deux, mais le deuxième était plus sale. Le vieil homme de la rue lui racontait sa vie en incendiant ce tonneau pour se réchauffer, les mains devant et les dents pourries, un sourire aux lèvres. Cassidy ne l’écoutait pas. Ces gavroches qu’il regardait occupaient toute son attention. Ils jouaient avec un objet dont ils ne savaient rien, Cassidy non plus ne savait pas grand-chose de cette coupe dorée. Il n’en connaissait que les rumeurs et se demandait si elle existait pour de vrai. Le Crâ attendait que la chose se produise.

Soudain, deux hommes encapuchonnés s’étaient approchés, c’était eux que Cassidy attendait. L’homme laissa le mendiant à son tonneau pour s’avancer tandis que les deux bandits troquaient ce calice contre de l’argent que les enfants admiraient tous encerclés autour de celui qui avait reçu les pièces dorées. Ils se défilaient, sachant pertinemment qu’ils étaient suivis.

Ils prirent un tournant au coin d’une rue, c’était une impasse coupée par la rivière. Cassidy accéléra. Et dans cette ruelle il n’y avait qu’une grand-mère qui passait le balais devant chez elle. Elle rentra chez elle à l’arrivée de Cassidy qui était déguisé en chemineau, posant une sorte de plaque de bois devant sa porte pour éviter que les chachas ne grattent le bois de sa porte et que les chienchiens errants ne se lâchent dessus. Il leva son regard dans le ciel, par-dessus les bâtiments. Les deux Roublards avaient dû utiliser un grappin pour se hisser au sommet et échapper au mercenaire. Il chercha comment grimper jusqu’à être appelé depuis derrière lui, c’était Denise, seule. Elle était grande et fine dans ses talons et cette robe carmin. Il n’aimait pas les allumettes rouges.
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