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Journal de celle-là

Par Rezia#1115 21 Août 2018 - 22:45:58
Réactions 48
Score : 364
Sobrina Lisy Garda
30 Novamaire 978 (?)
 
  Personne ne m'a vue tomber mais tous m'ont entendue crier.
  Tous. Je ne sais pas vraiment qui ils sont mais ils étaient là, non loin, je les ai croisés. Faisant mes grimaces les plus laides, je contemple à moitié dans les vapes les gouttes de sang suspendues sur mes doigts après avoir touché ma cuisse. Je crie puis je m'interromps. Je crie à nouveau, plus nerveusement cette fois-ci, retenant quelques larmes. Je pleure. Je crie. Puis je pleure à nouveau, seulement de douleur. Étrangement, cela faisait des années que ce n'était pas arrivé. Quelques secondes, j'oublie la situation, me voyant me fracasser le genou au sol à un âge où ma dentition était encore incomplète. Mon propre bruit me rappelle à la réalité. Je crie, je crie, je crie. Tous m'ont entendue crier mais personne n'est venu.
  Je me suis réveillée au village deux jours plus tard.

  Les spécialités sufokiennes m'ont rarement parues aussi peu attrayantes. Je me nourris faiblement de ce que l'on m'apporte. Du poisson sec et des compotes supposément aux pom's mais dont le goût m'aiguille vers beaucoup de choses mais définitivement pas cela. Les deux Eniripsas se lancent régulièrement des regards vagues à chacune de leur intervention devant moi. Ils se murmurent des choses, ils sourient en coin. Je ne comprends rien et je déteste ça.
  Quelqu'un m'a finalement trouvé, « à temps ». A quelques heures près, ça aurait pu être très grave une chute comme celle-ci, mademoiselle ! « Mademoiselle », ils m'appellent comme ça. Je me sens terriblement plus jeune que je ne le suis (vingt-huit ans, depuis peu) et beaucoup plus seule que je ne le suis (célibataire, depuis des années).
  Je sors demain. Cela fait exactement neuf jours que j'enchaîne poisson puis compote, compote puis poisson. J'ai tenté d'aborder la question de la variété alimentaire dans ce dispensaire, ils ont marmonné les mots « livraison », « village » et « idiote » avant de disparaître à nouveau. Pourtant, j'insiste pour cuisiner depuis que j'arrive à marcher convenablement avec les béquilles mais je n'entends que des « non » glaciaux.
  « Vous auriez l'heure » ? Non.
  « Vous auriez une feuille et un crayon ? » Non.
  « Vous savez qui m'a trouvé ? » Non.
  « J'ai eu de la visite ? » Non.
  « Je suis vraiment navrée de vous demander ça mais est-ce que vous pourriez me gratter légèrement le bout du talon ? Je ne peux pas vraiment pas le faire, comme vous le voyez, hehe, et ça me dérange vraiment beaucoup, vous seriez un amour si vous le faisiez ! » Non.
  ...Les connards quoi. Il n'existe vraiment aucune raison valable pour tolérer un tel manque d'entrain et de compassion.

  Où est ma mère ? Cela fait plus de dix jours que je n'ai pas donné de nouvelles, de signes de vie. Elle aurait dû s'inquiéter. Elle est sûrement inquiète. Elle a sûrement dû entreprendre des recherches, des enquêtes. Pourtant, j'ai dit aux soignants son nom. Ils auraient dû la prévenir. L'ont-ils fait ? « Non » ? Certes, parfois je m'absente plus d'une dizaine de jours sans donner de nouvelles, mais là, tout de même ! Et où est Réginald ? Cela va bientôt faire deux mois que nous sommes en couple, et cela va bientôt faire deux mois que nous ne nous sommes pas vus. Enfin, en couple, pas « en couple ». De simples formalités à l'amiable pour voir si nous pourrions nous marier sous peu, ce qui serait une joie financière et sociale pour nous deux. Mais tout de même ! J'aurais pu mourir. Qui s'en soucie ? A quelques heures près, à quelques heures près.
  La relativité de nos relations est inquiétante. Qui me dit que Réginald n'est pas également mort, qui me dit qu'il n'est pas, lui aussi, tombé dans une crevasse ? Qui me dit que Malahiel, que je n'ai pas vu depuis des mois, dont j'aimerais qu'il prenne de mes nouvelles à ce moment précis, n'est pas mort tout en ayant pris aucune nouvelle de lui ? Et ce principe s'applique à l'ensemble des personnes dont j'aimerai avoir de la visite, recevoir une lettre, une fleur, un pliage, un dessin, une aiguille Xélor. Proches sur le moment, mais qui prend des nouvelles au-delà ? Faut-il encore pouvoir se contacter. Nous passons des mois ensemble, qui ne trouve pas le temps de donner un moyen de se contacter ? Nous, de toute évidence.
  
  Ma jambe plâtrée m'inquiète. « Vais-je rapidement pouvoir marcher comme avant ? Vous savez, cette jambe c'est mon gagne pain. Enfin, un parmi tant d'autres, mais tout de même. », « Oui » a-t-il dit. Oui, a-t-il dit. Oui.
  Dans la prairie qui entoure le dispensaire je m'exerce à avancer avec les béquilles en bois.  J'observe un instant l'eau turquoise de la nation en hauteur, je grimace le moment suivant en fixant le repli de terrain où je m'entends possiblement crier après l'avoir dévalé à toute vitesse. Les blocs rocheux sur lesquels je me vois déjà m'écraser me lancent des regards prédateurs. J'avance faiblement, je crains de perdre l'équilibre. Demi-tour.
  
  Dernier poisson, dernière compote. J'espère que les quelques semaines qui me séparent de ma grande convalescence suffiront à oublier la chute puis les cris, puis le noir. A quelques heures près je n'aurais pas su dire ce que cela m'aurait fait de mourir. Pas grand-chose sur le moment, sans doute. Peinée ensuite par l'indifférence. Tous m'ont entendue mais personne n'est venu.
  
J'irai voir ma mère en rentrant. Et Réginald. Puis j'écrirai à Malahiel. À d'autres.
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Score : 3828
Sobrina Lisy Garda
29 Martalo 979 978 977
 
  Je suis obsédée par mon ventre dernièrement. Au détour des miroirs je me fixe toujours, c'était déjà une mauvaise habitude. Maintenant, je le fixe toujours. Il est le même pourtant. Ni plus creusé ni plus gonflé. Il m'intrigue. Souvent, je courbe le dos en arrière pour essayer d'y voir une forme arrondie. J'inspire fortement puis je relâche. Il est vide, j'aimerai qu'il ne le soit pas.

   À Bonta, dans les vitrines marchandes de son Havre-Sac, une bonne femme avait mis une robe de grossesse à vendre. Ça peut toujours servir. Quoi ? Quand ? À qui ? Comment ça, « ça peut toujours servir » ? Tenez, gardez la monnaie. Elle était là, pliée en un carré impeccable que j'avais coincé entre mon pouce et mon index. Une sorte d'esprit avait pris le contrôle de mon corps. C'est comme si j'avais été totalement extérieure à cette scène, je me suis examinée de loin jouer toute l'action, les dialogues, avant de revenir à moi quand il était trop tard.  
  Je l'ai essayé par curiosité en rentrant chez moi. Immonde. Je ne sais plus où elle est depuis, quelque part cachée.  
  Réginald et moi allons peut-être nous marier. Inconsciemment, j'ai peut-être supposé que c'était la prochaine étape. Enfin non, mais techniquement si je dois avoir des enfants parmi l'immensité des hommes du Monde des Douze, selon toute logique ça devrait se faire avec lui. Ils seront roux et pâles. Pire, roux et mats. Je ne peux pas prendre ce risque.  
 
« Je n'en sais rien. Elle est très compliquée. Et très secrète surtout! J'essaye de ne plus me mêler de ce ne qui ne me regarde pas. Qui sait, Sobrina aime peut-être les filles. Il faudrait lui demander. »
 
    !!! 
  J'ai débarqué en trombe dans le salon, une pile d'assiettes aux motifs écaflips encore mousseuses dans les mains. Ils m'ont tous regardé comme si j'étais couverte de sang. J'ai entrouvert la bouche pour crier, c'est faux ! Les trois convives ont encore plus écarquillés les yeux. Je me suis tournée vers ma mère. Une dizaine d'atouts en main, deux rois, une dame, un dix trèfles et un huit de carreau en main. Elle allait les massacrer encore une fois au tarot. Elle a plissé les yeux. Je te taquine ma pupuce ! C'est faux, c'est faux. - Je crois- C'est faux ! C'est juste que Astrub, tes fréquentations- C'est faux . Elle est très épanouie a-t-elle lancé. J'ai lancé un regard noir à chacun des joueurs de cartes pour retourner à ma vaisselle. Alors que je m'éloignais, un murmure s'est échappé.
 
« C'était la grande tante du côté de son père qui était infertile, n'est-ce pas ? » 
  ???   

Je passe beaucoup de temps à Macheville depuis plusieurs semaines. On a jamais été aussi proches avec ma mère, j'ai l'impression. Tous les mondainor nous allons courir, on fait le tour du village, descend sur la côte, longe la plage puis remonte par les landes de Sidimote. Les parties de tarot sont interminables, quand elles durent jusqu'à minuit passé, un Mori-Taure à la main, elle évoque tendrement mon père. Une petite anecdote, un fin récit qui se conclut toujours par un sourire en coin qui en dit long. Qui dit surtout le manque.  
  Je me souviens qu'elle l'avait présenté ainsi un jour : « Lui, c'est l'homme de ma vie ». Aujourd'hui je comprends qu'il n'y avait aucun romantisme, aucune formule toute faite dans cette phrase qu'on entend encore et toujours. Ce n'était pas une désignation en l'air. C'était littéralement l'homme de sa vie, de son adolescence à son lit de mort, sa vie aura tourné autour de lui.
  On ne se parle jamais de choses très intimes, mais ces temps-ci l'envie y est. J'aimerai bien lui dire des choses. J'aimerai lui dire que je suis réellement épanouie, que je ne me suis jamais sentie aussi mature, aussi bien dans ma peau. J'aimerai lui dire que je me sens terriblement seule, mais que tout va bien car je vais peut-être me marier, enfin. Que je vais peut-être même avoir des enfants et que j'ai envie d'avoir des enfants. Qu'un Ecaflip m'a brisé le cœur, puis qu'un Xélor m'a brisé encore plus le cœur mais que maintenant j'ai un Roublard. Je ne sais pas si je l'aime mais ces derniers mois, c'était lui, l'homme de ma vie. Je voudrais la rassurer, lui dire que je n'ai jamais été aussi hétérosexuelle, aussi peu Astrubéenne. Que je suis contente qu'elle ait insisté une cinquième fois pour avoir un enfant, que je m'excuse pour les dégâts causés à son vagin, que j'espère en valoir le coup.  
  Mais on ne parle jamais de choses intimes. 

 Le décor était planté : ciel crépusculaire, cris d'oiseaux lointains, bruit des vagues qui s'échouent contre les rochers. On marchait. On ne parlait pas. J'ai subitement pivoté vers elle pour prendre la parole. C'était assez furtif au début, je me suis moi-même surprise, le premier son qui a dû sortir de ma bouche devait être assez bestial et ridicule. J'ai bégayé quelques consonnes puis que je me suis ressaisi. Interloquée, elle était plantée là. Je, peut-être, rien n'est sûr, que je vais me marier. Ses yeux se sont vidés un instant de toute leur substance. 
« Ma chérie ! C'est formi- Ma chériemachériemachérie- Formidable ! »
 
   Je me suis retrouvée dans ses bras avant même d'avoir le temps de faire quoique ce soit. J'étais censée trouver ça ridicule, l'ancienne Sobrina l'aurait sûrement fait. Ça compte pour elle, ça compte pour moi et ça compte pour moi que ça compte pour elle. Ses mains qui commencent à peine à se couvrir de rides ont attrapé les miennes. Il est bien ? Oui, j'ai dit. Il est très bien, j'ai insisté.  
  Après m'être lavée, j'ai fixé mon ventre vide une énième fois puis je suis allée m’engouffrer dans le lit. Seule. Plus pour longtemps.
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Score : 3453
[HRP]

Je n'ai pas tout lu car tu as pas mal écrit depuis le début et que j'ai pas spécialement le temps. Mais ce dernier petit texte que j'ai lu avant de lire où j'en étais rendu est vraiment sympathique. (Fait juste attention à la mention de zones sensibles vis-à-vis du forum qui est PEGI-12).

J'aime beaucoup le style du récit et le côté vie normale que ça raconte. Bravo !
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Score : 3828

[HRP] Hello ! Je réponds assez tardivement à ce retour, je l'avoue. Je te remercie pour ce message, c'est toujours agréable de savoir que tu as pu apprécier certains éléments du journal ! Je reconnais que le langage familier est un parti pris, mais il reste assez ponctuel et je le trouve - personnellement - toujours très adapté, justement, au regard de la mention PEGI-12. Ça permet de tracer un certain trait de personnalité qui tranche avec le reste de mon point de vue. Je n'ai jamais eu trop de soucis avec ça depuis le début, mais si ça vient à arriver je m'adapterai sans doute oui ! [/HRP]

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Sobrina Lisy Garda
2 Juinssidor 97X
 
  La balance est formelle : j'ai pris trois kilos. Je ne saurai pas dire quand ni comment, c'est arrivé et je vais m'en contenter. Ça ne se voit pas, évidemment. Les gens, ils remarquent ce genre de choses qu'à partir d'un certain nombre, une bulle de préférence, dix, au-delà ce serait étonnant de ne pas l'avoir remarqué avant, donc juste dix. Dix. Juste trois pour l'instant. Trois. Ça ne montera pas plus haut. (Hésité à écrire « ça ne doit pas monter plus haut »)

  J'avais pourtant jusqu'ici survécu à toutes les découvertes alimentaires qu'une demi-provinciale dans mon genre n’avait pas les codes, pour finalement les acquérir afin de quitter cet ancien statut. Le concept du brunch, repas hybride entre le petit-déjeuner et le déjeuner pouvant, en théorie, avoir lieu uniquement en matinée, toléré jusqu'à quatorze heures grand maximum, que les Bontariens, sous une probable influence Astrubéenne, ont démocratisé en milieu d'après-midi. A partir de là, ce n'est plus un brunch, c'est un goûter. Mais un goûter qui ressemble à un petit-déjeuner tout en étant aussi proche du dîner, cela fait juste passer ces gens sophistiqués pour des adultes peu débrouillards qui décident se goinfrer de sucreries au lieu de préparer un repas digne de nom. J'adore bruncher. Puis vient le jus d'algues évidemment, la viennoiserie d'Amakna hors de prix pour flâner tranquillement dans les ruelles, les cocktails supra-sucrées de Bilbyza, la boisson chaude avec un symbole dessiné dans la mousse. J'avais tout assimilé comme une grande depuis plusieurs années déjà.
  Mais trois kilos soudains, non. Non, non, non. 

  Toutes ces années à mettre un point d’honneur pour maintenir mon dimorphisme sexuel en dépit de l’entraînement que je m’infligeais. Vraghdakk Brisechair était mon anti-modèle. Quand nous combattions ensemble je voyais la divergence de nos préoccupations. Elle n’avait aucune seconde à accorder à la mise en scène de sa féminité (qu’elle n’avait potentiellement pas), au maintien de sa figure féminine. Une guerrière, une vraie. Pas étonnant que j’étais et suis la faible d’entre eux – ces gens avec qui j’ai été au même niveau de force à un moment quelconque –, mais je me suis toujours satisfaite de cet équilibre. 
  S’entraîner suffisamment pour se défendre seule, s’entraîner insuffisamment pour pouvoir jouer les demoiselles en détresse en présence d’autrui. Toutes ces années à cultiver cette image d’aventurière en talons aiguilles, à quoi bon ? À quoi bon ? Trois kilos et puis s’en vont ? Ou trois kilos, puis quatre, puis cinq, puis Vraghdakk Brisechair ? Non, non, non. 

  Mes abdominaux apparents, facilités par la minceur – ou maigreur – de mon corps. Ma poitrine droite, qui ne courbe pas. Mes avant bras nus, bien trop fins. Mes cheveux géométriquement impeccables. Dans la glace je ressemble à un personnage qu’un homme aurait dessiné. Un homme de goût mais un homme tout de même. Ces trois kilos sonnent comme si une femme avait arraché la feuille des mains de cet homme quelques instants pour y faire une retouche furtive, une retouche réaliste. 
  Entrée du 5 Septambe 976, je me moquais de l’Adorable Sobrina et de ses kilos en trop. Je l’accablais de reproches infondés, de moqueries sur sa nature naïve, délicate, niaise. Je lui souhaitais du malheur. Peut-être bien que c’est elle qui écrit en ce moment, ou peut-être n’a-t-elle jamais vraiment existé, cette Adorable Sobrina. Pas plus que les autres Sobrinas d’ailleurs. Peut-être que quelque chose m’échappe.
  Elle Je n’étais aucunement ronde. Simplement moins attentive à ces règles que je me suis imposée, ou bien qui se sont imposées à moi. J’étais comme en ce moment, sûrement. Mince, maigre, mais pas assez pour donner à quelqu’un la satisfaction de faire le tour de ma taille en joignant ses deux mains puissantes autour de celle-ci. Je réfléchis à ce qui a pu changer. Où étaient-ils cachés ces trois kilos ?

  Réginald. Il me fait mettre certaines de mes pensées dans un espace mental dont j’ignorais l’existence. Un endroit où elles errent sans me déranger, sans me faire sursauter. Des traces de pieds ? Ce n’est rien. Pourquoi les couteaux à tartiner ont été mélangés avec les couteaux ronds ? Je dois reconnaître qu’ils se ressemblent, on peut les confondre. Un homme dort presque tous les soirs dans mon lit et j’arrive à ne pas changer les draps à chaque nouveau soir. Oui c’est ça ! C’est très bien ça. Attendant un jour de plus, ou deux. Voire la fin de la semaine.  
  Tout passe avec lui, tout s’évacue. Je laisse passer mes pensées, j’en oublie certaines, j’en efface d’autres. Une infime partie de moi, qui diminuait progressivement, me rappelait quotidiennement à quel point je souhaitais qu’il soit heureux, mais pas plus qui ne l’était avec moi. Qu’il puisse rire avec elle, mais que son rire n’atteigne jamais un niveau équivalent à celui que je pouvais lui provoquer. J’espérais qu’il soit face à cette personne cultivée et sociable, mais qu’aucune de leur discussion n’ait l’intensité des nôtres. Mais il n’est plus question de tout ça. Il n’est plus. Il y a juste Réginald.  

  Je me laisse aller à la niaiserie. Je cultive mon côté du lit (le droit !), quelques fleurs séchées sur ma table de chevet, un livre entamé à simple but décoratif, j’enfile des nuisettes parfois honteuses, j’attends son départ pour constater l’éventuel désordre, je lui parle de mariage, il me parle d’enfants. Trois kilos et puis s’en vont, neuf mois et puis s’en vont. 
  Ma jalousie, ma rigueur, mon obsession creusaient mon visage, creusaient mon ventre. Ils camouflaient ces trois petits kilos sous des napperons en dentelle ciselés. Respire un peu plus, respire. 
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Score : 553

[HRP] J’ai tout lu du début à la fin. (Difficile de faire autrement dans ce cas précis effectivement)
j’ai tout lu d’une traite ! (Avec quelques pauses tout de même)
j’ai apprécié cette aventure que j’ai vécu à travers ton journal.
Tu m’as à la fois fais apprécier et détester Sobrina.
Tu m’as fais rire (beaucoup) et rendu un peu triste quand elle n’allait pas bien.
Tout ça pour dire que tu m’as fais passer un bon moment de lecture !

J’ai même eu cet instant de fierté lorsque le nom de mon premier personnage RP ever a été cité, avec une pensée du style : J’ai laissé une trace dans l’esprit Sobrina !

Au plaisir de lire la suite, peu importe quand celle ci viendra. [HRP]

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Score : 3828

[HRP] Merci beaucoup pour ce retour !
Je reconnais qu'au fil des années, là où je commençais à poster ici dans un projet personnel mais quand même très orienté dans le partage avec les autres et la commu, ça s'est transformé en petit plaisir personnel où je postais quand je pouvais, quand j'en avais envie, sans attendre une quelconque appréciation ou lecture d'autrui en retour. Néanmoins ça me fait très plaisir de voir que ça peut toujours s'avérer être le cas, ça me touche d'autant plus si tu as trouvé ça à ton goût ! 
Je continuerai à garnir ce journal avec grand plaisir, tant que je continuerai d'en prendre à le faire ! smile Encore merci ! [/HRP]

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