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[Journal d'Aloma Mambo-Boo] Joullier, L'examen d'inconscience

Par shinyb 13 Novembre 2017 - 09:25:08
Lien vers l'épisode précédent

1er Joullier,
Le Couvent Tripotant



Ah, les mérydes de Joullier ! Dire qu'en ce moment, sous le soleil de Bilbyza, certains se bronzent les pastilles en sirotant des kokosodas au soleil ! Tandis qu'ici où le ciel reste éternellement verdâtre, je passe mes journées à faire les corvées pour cette vieille peau de Mère supérieure, et sacrifie mes soirées à étudier pour ce maudit concours.

Je saurai bientôt quel sera mon sort. Soit j'obtiens le sésame pour étudier à l'École d'Huppermagie - et enfin mon père pourra être fier de moi ! Soit j'échoue, et alors, on m'obligera à pourrir jusqu'à la fin de ma vie dans ce couvent sordide, à prononcer mes vœux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté.

Par mon vœu de pauvreté, la Mère Sup' pourra assouvir sa cupidité et mettre main basse sur toute ma fortune et mon héritage. Par l'obéissance sera consacré mon statut d'esclave à son service exclusif. Enfin, mon vœu de chasteté m'évincera à jamais de la compagnie des pauvres aventuriers qui viendraient faire halte au couvent. Aimer me sera interdit ! Si je devais subir un tel destin, je pense bien que je serai rapidement aussi desséchée que la vieille !

J'ai donné un nom au petit boo que j'ai adopté suite à mes mésaventures dans les Ratacombes. Je l'ai appelé Booz. Il raffole des mosquitos et du jus de pom que je lui donne. Quand je lui raconte mes malheurs, il semble compatir, mais son vocabulaire se limite à un seul petit mot : "booooouh !" qu'il prononce à l'unisson de mes sanglots.

***

3 Joullier,
Le Couvent Tripotant


J'ai reçu ma convocation à l'examen d'entrée. Il aura lieu le 19 Fraouctor au Bibliotemple...
J'angoisse comme un boufton devant un mulou enragé !

***

7 Joullier,
Le Couvent Tripotant


Que la Mère Sup' aille s'en faire un tour dans la Shukrute pour voir si mon paternel s'y trouve !
Je refuse le destin qu'on me prépare ! Je ne serai ni nonne ni bizuth !

Je vais trouver un moyen de m'évader, et c'est dit : je partirai rejoindre les Riktus !

***

9 Joullier,
Le Vignoble Ignoble

La Mère Sup' devait bien se douter de mes intentions d'utiliser la première poudre à canoon pour m'échapper au plus vite de ce maudit couvent. Elle a sûrement dû réfléchir longtemps à un plan pour me tenir dans ma chambre, enfermée et docile.

Elle nous a réveillé aux aurores, la mine grave, en nous disant : « Zhara ! Aloma ! Mes filles, l'heure est fatidique. Un dofus a éclos donnant naissance aux sauveurs que nous attendons. Le Krosmoz va vivre des temps troublés. Nous devons prier. »

Stupéfaites, Zhara et moi, on la fixait avec des yeux de scaraphons, et un silence de plomb s'installa.

Au loin, on entendit un faible bruit de grincement métallique allant s'approchant en devenant de plus en plus strident.

La Mère Sup' ouvrit la porte, et un vieux moine maigre et décrépit, planté dans un fauteuil roulant entra : « Frère Grimm Beurguen nous a rejoint et assistera vos prières, déclara la Vieille en esquissant un sourire sadique. Vous prierez toute la journée dans votre chambre. Je reviendrai au crépuscule vous apporter le repas. Prier est plus efficace lorsque l'on est à jeun. »

Elle sortit et on entendit le verrou de la porte se fermer lentement à triple tour.

« Mes Sœurs ! Rejoignez donc vos lits et entrez en prière, dit Grimm Beurguen en fixant le plafond. Nous allons invoquer les douze Dieux pour qu'ils aient pitié de nos carcasses. » Son œil gauche disait "bwork" au droit.

Zhara me regarda sans mot dire, haussa les épaules, et dépitées nous fîmes ce qu'il commandait.

Puis le moine commença a psalmodier des mots incompréhensibles.

« Alea mapam editor semens jacta est pexare craftare dropare...

– Hey, Aloma ! T'as vu ! Me chuchota Zhara. Ce moine n'a qu'une dent, là devant.

J'essayais de réprimer mon rire en pouffant.

– Mais quel porkass ! Reprit-elle. Il s'est placé en pleine vue contre-plongeante sous ma tunique.

J'éclatai de rire !

– ... Summum troollus summa depete. FIAT NOX !! » Hurla soudainement le moine.

Et de son poing levé, il fit jaillir une lumière bleue aveuglante qui nous foudroya d'effroi en explosant dans un bruit de cantique.

Du coup, on faisait plus nos malines. On se recroquevilla toutes les deux sur nos lits. Stupéfaites, nous nous efforçâmes d'imiter silencieusement les mots qu'il radotait. Dans l'espace de la chambre, on pouvait entendre deux moomouches voler.

Nous passâmes des heures et des heures ainsi, n'osant même pas regarder le moine de peur qu'il ne nous refasse le coup de la lumière bleue.

Puis les "Bzzzzz bzzzz bzzz" provenant du vol des moomouches se fit progressivement recouvrir par des "Rrrrrh rrrrh rrrh" émis par les narines du moine.

"Il ronfle ! S'aventura à dire Zhara.

– Zhara ! Il faut qu'on se tire d'ici. Lui chuchotai-je. La Vieille... cette histoire de dofus, les formules louches de ce moine. J'ai peur, je ne me sens pas en sécurité ici.

– Je ne demande pas mieux, mais comment ? Je te fais remarquer que la Mère supérieure a verrouillé la porte et que notre garde chiourmes a encore moins de sens de l'humour que de dents.

– Il y a sûrement un moyen... »

Je saisis doucement mon sac de sous mon lit et en sortît des chardons et du fer.

« Tu aurais de l'humus ? Demandai-je à Zhara.

– Le boo que tu caches dans ta poche depuis un mois ne peut-il pas faire l'affaire ?

Je fronçai les sourcils furieuse que Zhara compare Booz à un vulgaire excrément de chacha.

– Booz n'a rien d'un tas d'humus ! Et ne te moques pas de lui... Tu verras ! Il pourrait bien te surprendre.

– Je ne voulais pas te vexer. Non, je n'en ai pas. Mais vu l'odeur, les habits de Grimm Beurguen doivent en être imbibés. Tu veux faire quoi avec cet humus ?

– Une bombe.

– Mais comment ... tu vas la faire exploser ? »

J'expliquais mon plan à Zhara ...

« Hiiiiiii ! Mais elle est devenue folle ! Elle veut tout faire sauter ! »

Le cri perçant de Zhara réveilla en sursaut Grimm Beurguen. Il constata qu'il était en slip, le fauteuil roulant solidement attaché à la porte.

« Nullum rageum nisi osefus. APARA OROPO !! » dit-il alors qu'une lumière bleue semblable à celle de tout à l'heure jaillissait de son poing.

« Booz ! Maintenant ! » criai-je.

Booz lança immédiatement de la boo de boo qui aveugla le moine, l'éclair bleu se fracassa à ses pieds et la porte explosa dans une détonation assourdissante.

Vite ! La voie est libre. Plus le temps de niaiser ! » Lançai-je à Zhara. Et nous nous échappâmes de notre chambre.

Les couloirs étant déserts, nous n'eûmes aucun mal à sortir au dehors. C'est alors que de sa fenêtre on aperçut la Vieille qui nous lançait des menaces : « Ah les petites ingrates ! Elles s'enfuient ! Mais vous ne l'emporterez pas en Inglorium. Je vous poursuivrai, vous allez revenir dans le droit chemin et vous expierez vos fautes ! »

Mais nous étions déjà loin.

« Où allons-nous maintenant ?
interrogea Zhara.

- Nous devons trouver un endroit où passer la nuit. Répondis-je. À l'est, il y a un vignoble. Nous pourrions peut-être y trouver de l'aide. »

C'est ainsi que nous nous miment en route vers le Vignoble Ignoble. Nous y trouvâmes un pressoir assez confortable pour y passer la nuit.

C'est de là que j'écris ces lignes. Zahra, épuisée dort déjà. Je ne vais pas tarder non plus à faire de même. Demain matin, il faudra trouver un navire pour quitter cette île de malheur. Nous ne sommes pas au bout de nos peines.

 
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