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[Récit] L'Or et le Sang

Par -Jamirus- 13 Octobre 2016 - 22:47:27

Alooors, voilà un autre de mes écrits. Je n'arrête pas Ce Jour Fatidique pour autant. Les deux vont avoir des formats très différents. Là où Ce Jour Fatidique ne porte que sur un jour, L'Or et le Sang porte sur une vie.
La taille des chapitres diffère beaucoup, le style aussi, vous le verrez.

Petite présentation du texte en lui-même, puis prologue. Je n'ai pas encore complété le chapitre 1, mais il sera bien bien bien plus long que ce que j'ai pu écrire jusque là en guise de chapitre, et je compte garder cette caractéristique pour tout le reste de L'Or et le Sang.

Ce texte présente la vie de Silk Mortemain, 1er du nom. L'homme a vécu de l'an 840 à l'an 891. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme né en 921, sur lequel Ce Jour Fatidique est porté.

Je ne le mets pas dans la catégorie fiction, et au vu des dates, le récit se déroule plutôt dans l'univers de Dofus. Cependant, il est le prélude à quelque chose sur Wakfu, et il est important d'en parler. Les racines de futurs développements sont présentes dans ce texte pour ceux qui sauront les lire.

Par ailleurs, même pour ceux que les racines n'intéresseraient pas, il se trouve que ce texte présentera probablement mieux que Ce Jour Fatidique la vie au sein des Mortemain, car il est axé sur une vie et non un jour de changement, encore une fois.

Bonne lecture, le prologue est dans un style légèrement différent du reste, alors n'ayez pas peur ♪ !

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Prologue

Cette histoire se déroule bien longtemps avant notre ère. Enfin, pas si longtemps que ça à vrai dire, puisque les plus jeunes figurants de cette histoire sont encore vivants. Quoi qu'il en soit, reprenons.

Cette histoire se déroule bien longtemps avant notre ère. A une époque où le Monde des Douze ressemblait encore à un monde. A une époque où les démons foulaient notre terre. A une époque où Brâkmar et Bonta étaient à l'opposé l'une de l'autre, et où tous les habitants du Monde ne se trouvaient pas sur des îlots. Enfin, techniquement, si, mais passons. Je crois que vous, qui êtes - je l'espère, car sinon je m'adresserais à des monstres - des personnes vivant sur les fragments du Monde, pouvez aisément faire la différence entre les deux états dont je parle. Quoi qu'il en soit, reprenons. Je digresse encore.

A une époque à la fois lointaine et proche, donc, dans un monde encore intouché d'Ogrest, naquit un homme. Comme bien d'autres avant et après lui, il figurerait au sommet de la chaîne alimentaire de son époque et de sa nation. Mais comment y était-il arrivé ? Je ne sais pas si c'est vraiment important. Et puis, cette façon de raconter paraît dépassée. Alors soyons un peu plus clairs.

Cette histoire se déroule à une époque à la fois proche et lointaine, dans un monde encore intouché d'Ogrest. A cette époque arriva l'événement le plus important de ma vie. Ma naissance. Et bien oui, je suis ici pour vous conter ma propre histoire. Comment ça ? J'ai pris trop de temps pour en arriver à cette conclusion ? Ah, peut-être. Je n'ai pas l'habitude de conter des histoires, plutôt de les faire chanter ! Mon métier ? Chef de clan, assassin, et oh...ami. Oui, même les malfrats ont des amis, cher lecteur…Vous perturbez mon récit !

Cette histoire se déroule à une époque à la fois proche et lointaine, dans un monde encore intouché d'Ogrest. Elle commence par ma naissance, le 8 Fraouctor 840. Je me nomme Silk, chef du Clan Mortemain, un syndicat du crime brâkmarien ainsi qu'une famille d'assassins. Ne me confondez pas avec ceux auxquels on a donné mon nom. Je suis le premier «Silk» des Mortemain, le père d'Arzio Mortemain, et l'auteur du deuxième âge d'or des Mortemain. Ça fait beaucoup de fois Mortemain, oui. Avant que je ne commence, sachez que toute l'histoire ne continuera pas comme ça. Ce petit spectacle n'était là que pour que vous compreniez un peu qui je suis, et que je vous suivrai tout au long de mon récit. Oui, je vous suivrai. Ne vous demandez pas comment.

Sachez seulement que les jours décrits dans ce récit sont depuis longtemps révolus, et que ce qu'ils ont apporté sera payé dans son intégralité.
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Réactions 5
Score : 267

[HRP] *Copie-colle le message en invisible*
OUI JE L'AI DEJA LU ET J'AI DEJA COMMENTE MAIS JE M'EN FIIIIIIICHE D'ABORD
Ce Silk là aime bien s'entendre parler, j'ai l'impression, huhu.

*Pouce pour la suite*

Et merci beaucoup pour la censure abusive, déjà que le coco se fait trashtalk pour rien, si les modos se mettent à mettre en invisible les commentaires des gens qui le soutiennent... Beau boulot.[/HRP]

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Score : 9317

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Riz-tournelle|2016-10-16 16:30:18
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OUI JE L'AI DEJA LU ET J'AI DEJA COMMENTE MAIS JE M'EN FIIIIIIICHE D'ABORD
Ce Silk là aime bien s'entendre parler, j'ai l'impression, huhu.

*Pouce pour la suite*
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Nan nan, il aime s'entendre SE parler, nuance!
*pouce aussi* Claire et concis, bonne intro.

A ta place, j'aurais juste mis les phrase du "reprenons" à la ligne. Pour faire une coupure, tu vois!

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Score : 1068
Chapitre 1 : Rencontrer une femme

Un beau matin de Descendre 857, je sentis que la journée serait différente des autres. En effet, personne ne m'avait réveillé. J'aurais un prétexte pour hurler sur mes servantes, et, qui sait ? Peut-être en faire chanter une ou deux. Ma chambre était encore sombre, je n'avais pas la moindre idée de l'heure, mais le «tic» et le «tac» incessants de l'horloge étaient bien là. Elle tournait, quelle qu'elle soit. J'entrepris de m'habiller en quatrième vitesse, je n'en avais pas réellement l'habitude, de sorte que j'enfilais mon haut à l'envers. Sur le moment, rien ne me semblait vraiment anormal à l'idée d'avoir le col à l'arrière et non à l'avant. J'étais...jeune. C'est ça. Rien d'autre. Eh ! Un peu de clémence, à quoi vous attendiez-vous de la part d'un riche héritier n'ayant jamais eu le besoin de s'habiller lui-même et étant pour la première fois de sa vie confronté à la grande question «Comment mets-je mes vêtements ?».
Une fois habillé, je sortis rapidement de ma chambre et me dirigeai vers la salle la plus proche : la salle d'eau. J'y passai environ quarante minutes, encore à devoir me débrouiller seul, et réfléchissait à l'absence des domestiques. Où étaient-elles parties ? Pourquoi ? Elles m'étaient dévouées et n'auraient pas du quitter mon étage. Endoctrinées par le Clan depuis toutes jeunes, elles se trouvaient être des membres de l'organisme connu sous le nom de «Voleurs de l'Ombre». Cet organisme, au temps présent également connu comme la «Section Ombrageuse», comporte l'intégralité des personnes servant dévotement les membres du Clan. On y trouve toutes sortes de talents, mais surtout des assassins et malfrats en tous genres qui partagent une caractéristique. Ils pourraient mourir pour leurs maîtres, cela ne les gênerait absolument pas. De vrais fanatiques. Il y a toutefois quelques exceptions mais elles restent rares.
Après un bon bain et une série de réflexions finalement inutiles, enfin, un signe apparut. La porte menant aux escaliers était grande ouverte. Rien d'anormal, à première vue, mais elle battait encore légèrement. Quelqu'un venait de passer. Ce constat fait, je l'empruntai et arrivai à l'étage inférieur. Là, le spectacle qui m'attendait se trouvait être des plus déroutants…

Loin d'un spectacle macabre, comme l'on pourrait le penser, c'était un spectacle bizarre qui se présentait à moi. Une fillette inconnue au physique semblable à celui des miens, les Mortemain, probablement âgée de sept ou huit ans, était entourée par l'intégralité de mes servantes, mes parents, une partie de mes cousins et leurs hommes de main respectifs. Ses vêtements étaient assez simplets. Une combinaison Sram orange et noir ainsi que des rubans pour attacher ses cheveux en deux couettes qui lui allaient à ravir. Pas de masque. Cependant, c'était une fillette, et ça, je semblais être le seul à vraiment y prêter attention. Tandis qu'eux l'acclamaient, je percevais son regard de détresse. Elle cherchait désespérément quelqu'un sur qui s'appuyer dans la foule, mais n'y trouvait que des personnes qui souhaiteraient rapidement l'utiliser. Je souris. Elle le vit et sourit. Je hochai la tête. Elle hocha la tête. J'approchai lentement. Elle tenta de se frayer un chemin à travers la foule, sans succès. Je souris à nouveau. Elle me regarda, puis tendit la main vers moi, la releva et me fit signe.
Les applaudissements cessèrent. Tous se tournèrent vers moi. L'une de mes servantes, une disciple du Dieu Sram, se tourna vers moi, disparut et réapparut peu après à côté de moi. Elle me chuchota.

- Maître, vous avez mis votre haut à l'envers.

Je rougis brusquement, levai la main pour créer un mur d'ombre autour de nous, et remit ma chemise à l'endroit. J'entendis ensuite tapoter contre le mur et une petite voix, toute aussi mignonne que prévu, prit de mes nouvelles à toute vitesse.

- Tu vas bien, grand cousin ? T'inquiète pas, personne ne se moquera ! J'ai fait attention à ce qu'ils ne se fichent pas de toi ! Je suis Selena ! Tu es Silk, c'est ça ? Merci de m'avoir soutenue, je laisserai personne se moquer de toi !

Apparemment, personne ne lui avait appris les règles de conduite de base. Je n'avais pas réellement l'habitude que l'on me parle si familièrement, mais à vrai dire, c'était rafraîchissant. Enfin quelqu'un qui me parlait sans crainte. Enfin, mes espoirs n'étaient pas aussi élevés qu'on pourrait le penser. Elle était jeune. Encore deux ou trois ans avant le début de son endoctrinement et la fin de sa liberté mentale. Tout servait la cause première. La force du Clan.
Après avoir constaté son manque d'éducation, j'entrepris de dissiper la barrière et de lui répondre, mais ma servante m'interrompit.

- Selena, donc. Tu sais à qui tu t'adresses ?
- Au fils du chef !
- Et tu ne penses pas lui devoir le respect ?
- Le respect… ? Mais je le respecte !
- Petite ins-
- Suffit, Aria, disais-je, elle vient de m'aider. Qu'as-tu fait, d'ailleurs ?
- Mais, jeune maître, elle v-
- Suffit, j'ai dit. Je ne me répéterai pas.
- B-Bien, m-maître.
- Alors, petite Selena, reprenais-je, comment les as-tu empêchés de se moquer de moi ?
- J'ai utilisé deux des trois vœux que je viens de gagner !
- Des vœux ? Et comment les as-tu gagnés, petite ?
- J'ai parié ! J'ai parié que je te protégerai mieux que trois de tes servantes.
- Qu'est-ce que tu crois raconter à mon maître, tu crois prouver que nous sommes faibles ? Petite eff-.

Ma main partit. La joue d'Aria était rouge. Nos dix ans de différence n'y changeaient rien. Je l'avais prévenue deux fois. Pas une troisième. Les mots me vinrent simplement, tandis que l'ombre alentour résonnait en réponse.

- Aria Ascaluth.
- M-Maître, n-non, par pitié, me supplia-t-elle.
- Je te condamne à vingt coups de fouet, par l'ombre qui est mienne.

L'ombre réagit, elle prit forme et deux fouets noirs comme l'abysse fusèrent répétitivement vers le dos de ma servante, déchirant ses vêtements et lacérant sa peau. Sa punition était à la valeur de sa faute et de l'univers dans lequel nous évoluions. Ici, les erreurs avaient leur prix. Les siennes avaient été une langue trop bien pendue, un fanatisme égoïste et une incapacité à respecter le sauveur de ses supérieurs. Je terminai de punir Aria rapidement puis me tournai vers la petite chose qui remuait à côté de moi. Elle ne semblait pas choquée par ça. Avait-elle un semblant d'éducation ?

- Alors, petite Selena, comment as-tu fait pour gagner ton pari ? Et quels étaient tes deux vœux ? Dis-moi, l'interrogeai-je.
- C'est simple ! J'ai montré qu'elles pouvaient pas protéger un objectif précis de moi alors que moi je le pouvais d'elles !

Je souris. Elle promettait, alors. Vaincre trois tueuses entraînées à son âge, c'était un vrai prodige. J'avais réellement tout intérêt à la prendre sous mon aile, et, heureusement, j'avais l'avantage sur les autres.

- Et tes vœux, donc ?
- Je leur ai dit de nous fichtre...euh...fache la paix. Euh, non. De nous fiche la paix ! Juste pour le temps d'une discussion avec toi. Et euh, aussi, de ne jamais se moquer de ça.
- Eh, bien, merci. Et ton troisième vœu, y as-tu déjà réfléchi ?
- Oui ! Je veux habiter au Domaine, et au même étage que toi, grand cousin !

Les cris envahirent alors la salle. C'était une honte ! Il n'y avait que les membres les plus éminents du Clan et la famille du chef qui pouvaient vivre au Domaine ! La terre sacrée du Clan ! Souillée par une personne n'étant pas de la lignée directe ? Inconcevable ! Mais leurs réactions ne me plaisaient pas, et son vœu, lui, le faisait. Cependant, je n'étais pas le chef du Clan Mortemain, à cette époque. Je me tournai vers mon père, possible à distinguer dans la foule par ses atours, qui me fit signe. Je pris la main de la petite et lui notifiai rapidement de me suivre, entamant alors une marche rapide vers mon parent. De mémoire, il n'y avait jamais eu une aussi large foule dans le hall du clan, ce qui me permit de réaliser à quel point celui-ci était démesuré. Il fallut quelques temps avant que nous réussissions à atteindre mon père, mais le temps que nous le fassions, la foule s'était déjà tue. Il avait suffi qu'il lève la main et ferme le poing. Ce signe, venant de lui, forçait le silence ou la mort. Telle était la force qu'exerçait le chef de l'ancestral Clan Mortemain.
Mon père était un homme de la petite quarantaine, de presque deux mètres, portant un haut-de-forme qui ne faisait que le faire paraître encore plus grand, un lourd manteau noir doublé de métal et décoré par de la fourrure rouge sombre. Il était paré à de nombreuses situations, même dans ses habits d'apparat. Ses bottes le montraient bien, un œil aguerri aurait pu distinguer les lames secrètes dans la semelle de celles-ci. De belles bottes en cuir noir, aussi mortelles que chères. Ses traits anguleux rendaient honneur à ses vêtements et sa profession. Il avait autant l'air d'un assassin sans pitié que d'un politicien confirmé. Il me sourit tel un lenald et prit la parole.

- Fils, Selena, j'ai écouté votre discussion. Je n'ai qu'une parole. Ton troisième vœu sera exaucé, jeune fille. Entendez-le tous. A compter d'aujourd'hui, Selena Mortemain, orpheline de notre Clan, est adoptée par moi-même, Vincenzo Mortemain. Que tous la respectent comme ma propre fille car elle est désormais ma propre fille. Elle le sera jusqu'à sa majorité, après laquelle elle redeviendra une femme du clan Mortemain comme les autres. D'ici là, elle recevra l'éducation d'une fille de chef de clan.

Tous le regardèrent ébahis. Selena et moi compris. Nous nous attendions à tout, sauf ça. Une petite sœur pour une dizaine d'années, hein ? C'était particulier. En fait, je dirais même que c'était très particulier. Ce n'est pas très expressif comme façon de le dire, mais ça fait son travail. La décision de mon père me convenait. Je dirais même qu'elle me plaisait beaucoup et m'avantageait. Selena me serait utile et en l'ayant à proximité, je pourrais au mieux l'attirer de mon côté, par opposition à celui de mon père. Personne n'osa prendre la parole contre sa décision. Je tournai alors la tête et croisait le regard de la petite. Ses yeux étincelaient. Un bonheur bénin les emplissait. Je ne comprenais pas vraiment. Je ne savais ni qui elle était. Ni d'où elle venait. Ni pourquoi elle était venue en notre Domaine. Ni comment elle avait vaincu mes servantes. Ni pourquoi elle avait attiré la foule. Je ne savais rien d'elle. Et pourtant, son bonheur et ses yeux me firent l'ultime effet. Je protégerais ceux-ci.
Alors que j'étais perdu dans le regard de la petite, elle me bondit dessus. J'eus d'abord un réflexe défensif, cherchant à l'éviter, mais elle fut bien plus rapide que l'entraînement que j'avais pu subir et arriva ce qui devait arriver. Je fus pris dans une étreinte à laquelle je ne m'attendais pas.

- Grand frère, grand frère, tu es maintenant mon grand frère, chantonnai-t-elle.
- Qu-...quoi ? disais-je en rougissant.
- Mon troisième vœu est exaucé pour dix ans ! Tu es mon grand frère !
- Oui, je suis ton grand frère. A partir de maintenant. Pour dix ans.
- Jeunes gens, il serait peut-être temps que soit expliqué ce qui est arrivé en l'absence de Silk, nous interrompit la voix de notre père.
- Effectivement, j'aimerais bien connaître toute l'histoire, Père, répondis-je.

Il se mit alors à me raconter ce qu'il s'était passé. Plus tôt dans la matinée, alors que je dormais encore, Selena était arrivée au-dessus du Domaine, dans ce qui serait plus tard «Macheville». Elle cherchait notre maison, et fut attaquée par l'un des gardes de mon père. Elle ne put le vaincre, mais il réussit à «l'interroger» au cours du combat et à comprendre d'où elle était venue. Lars Dënsel était un homme doué de la capacité de lire les esprits. Voleur de l'Ombre parmi les plus dévoués à mon père, il se trouvait également être un disciple d'Eniripsa aux pouvoirs rares. Les mots de l'inconscient pouvaient lui apparaître s'il le désirait. Il l'amena au Domaine, la jugeant intéressante et ayant compris son plan. Selena est originaire d'une branche lointaine du Clan, mais elle se trouve être le premier cas ayant accès à la magie de l'Ombre, normalement accessible uniquement aux descendants de la lignée principale, c'est à dire les chefs de clan et leurs enfants. Ses parents étaient morts il y a peu des suites d'un échec de mission, et ils lui avaient dit qu'elle devrait se faire sa place au sein du Clan par elle-même, lui indiquant de chercher à se rapprocher du chef de clan, en usant du lien passé entre sa mère et moi. J'appris donc que sa mère avait un lien fort avec moi, puisqu'elle avait été ma nourrice. Ma surprise n'était pas si grande que ça, je m'attendais à quelque chose du genre, puisqu'elle semblait beaucoup s'intéresser à moi. De plus, pas de raison de douter d'elle si Dënsel avait confirmé la véracité de ses dires. De nouveau, je me tournais vers Selena. Elle me serait utile, certes. Il fallait que je m'en serve, que je la soumette à moi d'une manière ou d'une autre. Mais…Quelque chose en moi voulait la préserver. Lui donner une vie heureuse. C'était fort. C'était dur. Et je sus. Je sus que personne d'autre que moi ne pourrait le faire pour elle. Je ne savais encore comment, mais j'avais le temps d'y penser. Tout vient à point à qui sait attendre.
Mon père me ramena à la réalité bien assez vite, débutant par un toussotement.

- Il est temps d'en venir au sujet principal du jour, Silk.
- Père ? Y avait-il autre chose ?
- En effet. Tu sais que tu approches de l'âge où tu seras officiellement nommé héritier du Clan, Fils. Tu sais que c'est l'âge adulte. Tu sais que le chef du Clan se doit d'avoir des appuis puissants. Je t'annonce donc tes fiançailles.
- Pardon ?
- Ne réponds pas. Un Mortemain ne répond pas à son chef.
- Bien, Père. Bien. Comme vous le désirez, maugréai-je.
- Ta fiancée est ici. Messala Sendra, fille unique du chef de la Famille Sendra.

Une jeune femme aux longs cheveux noirs, portant une robe blanche doublée de velours or s'avança sur ces mots. Elle était ravissante, ç'aurait été mentir que d'en dire autrement. Cependant...Ce ne fut pas le coup de foudre. Elle ne me plaisait pas particulièrement. Une compagne acceptable, je n'en doutais pas, mais quelque chose me rebutait. Pour elle, ce fut l'opposé. En déchiffrant ses mimiques, j'apprenais qu'elle m'aimait déjà. Il serait facile d'en faire une alliée de taille si je la prenais pour femme, donc. Je n'étais pas vraiment d'accord avec l'arrangement de mon mariage, mais les règles du Clan sont les règles du Clan et je n'avais pas mon mot à dire. Même l'héritier du Clan peut souffrir le martyre s'il désobéit à son chef. Je m'avançai et lui prit la main.

- Mademoiselle Sendra. Enchanté, je suis sincèrement désolé de m'être montré dans un état aussi peu digne de ma future épouse, dis-je en déposant un baiser sur sa main.
- Monsieur Mortemain...Ne vous en faites pas. Nous aurons le temps de...de...de…
- Faire plus ample connaissance, en effet. Une vie entière, Messala. Je souhaiterais vous présenter ma nouvelle sœur, Selena. Petite sœur ?

Selena s'approcha en jetant un regard de défiance à Messala. Je sentais que leurs relations allaient rapidement se compliquer si la petite lui parlait dans cet état. Je hochai la tête vers Messala pour lui faire signe que «l'entrevue» était finie, puis prit la main de ma petite sœur et dirigeai notre chemin vers les escaliers que j'avais empruntés pour descendre. Je les regrimpai rapidement, puis une fois arrivé en haut, je claquais des doigts.

- Aria. Lina. Elisa. Vous avez une heure pour aménager parfaitement la chambre qui jouxte la mienne.

Les ombres se mouvèrent légèrement en réponse et déjà, j'entendis les meubles bouger dans la pièce en question. Leur travail serait important pour la vie heureuse que mènerait ma chère sœur.

- Maintenant, Selena. Que dirais-tu d'un bain et de te trouver des vêtements ? Qu'est-ce que tu aimerais porter ?
- Des vêtements un peu comme les tiens, grand frère !
- Pas très féminine, hein ? Je suppose que ça t'irait, mais je demanderai aux filles de te les rendre plus beaux encore. Une fille de chef de clan doit être parfaite. Lia. Nina. Laura. Occupez-vous de ses vêtements. Je veux qu'ils soient beaux, pratiques, et à sa taille. Vous avez trente minutes.

Une fois de plus, un léger mouvement des ombres alentour me fit comprendre que mes servantes avaient compris. La «Voix des Ombres» est un pouvoir intéressant, particulièrement lorsque l'on veut se faire entendre de servants distants ou invisibles. Dans sa forme développée, nul autre que le destinataire ne peut entendre le message. Dans la forme que je venais d'utiliser, cela faisait simplement parvenir ma voix à celles-ci. Si vous servez Sram et n'en avez jamais entendu parler, cher lecteur, c'est normal. C'est un des nombreux pouvoirs réservés au sang des Mortemain. Je ne doute nullement qu'il en existe des semblables un peu partout dans le Monde des Douze.

- Grand frère, on va au bain ?
- On ? Non, non, non, je ne viens pas avec toi. Les garçons et les filles ne prennent pas leurs bains ensemble.
- T'es mon frère ! Et un homme, pas un garçon !
- Selena...Ce sera juste pour cette fois. Plus jamais après cela.
- Promis, promis, je t'adore grand frère !

En temps normal, des arguments pareils auraient été une broutille pour moi. Ma volonté et ma position suffisaient à balayer n'importe lequel. Mais cette fois...C'était différent. C'était Selena. Une petite fille qui me rendait complètement irrationnel depuis quelques dizaines de minutes. Et ce n'était pourtant pas désagréable.
Le bain dura quarante minutes en comptant les jeux auxquels elle m'avait poussé à participer. Une fois sortis, je rappelai les ombres.

- Les vêtements, les filles.
- Vos désirs sont des ordres, jeune maître, dirent-elles à l'unisson.
- Alors, qu'avez-vous arrangé ?
- Une partie de votre ancienne garde-robe, Maître, me répondit Nina. Je pense que ça lui irait à ravir. Nous avons ajusté les manteaux à sa taille et les avons rendus un peu plus adaptés à une femme. Les couleurs restent les mêmes, rouge sombre, violet sombre, noir. Nous avons préparé une dizaine d'assortiments différents.
- Bien. Beau travail, les filles. Je vous donne quartier libre jusqu'au dîner. Amusez-vous. Restez dans le Domaine, cependant, que je puisse vous appeler en cas d'urgence.
- Merci, jeune maître. C'est très gentil. Nous disposons.
- Au revoir, grandes soeurs, lança rapidement Selena.

Nina rit légèrement. Lia grommela. Laura tapota sa tête avec un sourire bienveillant. Elles laissèrent les vêtements sur un meuble et je me retournai.

- Allez, Selena, habille-toi vite.
- Tu regardes pas, grand frère, c'est une surprise !
- Oui, oui, dis-je en soupirant.

Après un moment, j'entendis un petit «Tada» et je me retournai. J'avais face à moi une petite fille magnifique. Ses vêtements masculins n'occultaient pas sa féminité, représentée par son adorable visage d'ange et les deux couettes qu'elle portait. C'était du beau boulot de la part des filles, et pas que. Ce fut peut-être la première fois que je trouvais réellement quelqu'un beau. Avant, je vivais dans un monde où la beauté était partout, de sorte qu'elle n'était nulle part pour moi. Maintenant, je vivais dans le même monde. Alors qu'est-ce qui avait changé ? Rien. Objectivement, Selena n'était pas plus belle que de nombreuses femmes que j'avais jusqu'alors vues. Mais de mon point de vue, elle était éblouissante. Je suppose que je sais pourquoi, à votre époque, cher lecteur, mais c'est une autre histoire.

- Selena. Tu es radieuse.
- C'est vrai, grand frère ? Youpi ! Jeta-t-elle en me sautant dessus.
- Du calme, du calme, jeune sœur. Nous allons aller voir ta chambre, maintenant.
- Uh, d'accord…
- Il y a une porte entre ma chambre et la tienne.
- Génial ! Allons-y vite !

Je ne pus m'empêcher de sourire face à sa joie. Elle était...aisément lisible la plupart du temps. On aurait dit un livre. Mais parfois, je me prenais à me demander ce qu'elle pensait. Un mystère et un livre ouvert à la fois, quoi de plus intrigant ?
J'attrapai sa main et reprit la marche vers sa nouvelle chambre. Là-bas, les dernières de mes servantes m'attendaient, Aria, Lina et Elisa. La chambre était prête. Aria se tenait le ventre, malgré sa résistance à la douleur élevée. Elle apprendrait. Du moins, je l'espérais...Ne l'avais-je pas frappée au dos ?
C'était ça ou la mort, de toute façon, elle n'avait pas le choix. Les deux autres étaient aussi parfaites qu'à leur habitude, du moins, en apparence. Nul être vivant n'est parfait. Pas même Selena.
Je leur adressai un regard leur signifiant qu'elles pouvaient disposer et leur expliquai qu'elles avaient quartier libre. Ah. Un détail me revint. Son ventre.

- Aria. As-tu besoin d'une pause de mon service ?
- B-Bien sûr que n-non…
- Ne me mens pas. Je ne compte pas te faire plus de mal, mais je crois que te remettre un peu de ta punition et t'occuper de tes affaires familiales serait bien.
- M-Merci, Maître.
- Tu peux disposer. Prends tes affaires et rentre chez toi. Reviens quand tu le souhaiteras. Tu as tout au plus deux ans. Ton salaire sera versé.

Elle effectua de nombreuses courbettes, et les autres lui jetèrent un regard jaloux. En effet, elles ne savaient pas qu'Aria était enceinte. Je l'avais appris hier soir et oublié, jusqu'à maintenant. La voir se tenir le ventre me l'avait rappelé. Je pus donc ajouter à mes hauts-faits la punition de femme enceinte. Même pour moi, c'était peut-être un peu trop. Je me retournai vers Selena, pour constater sa disparition. Je m'approchai du lit comme pour voir ce qu'elle faisait. Je sentis quelque chose approcher, me tournai, et fut poussé par deux petites mains. Je tombai sur le lit dans un grand «Splorf». Dans d'autres circonstances, la situation aurait été particulièrement bizarre. Je soufflai du nez.

- Selenaaa. Ce n'est pas le moment.
- Maiiis, grand frère ! Le lit est génial !
- Non. Je dois aller m'entraîner. Trouve notre père, il t'arrangera un programme d'entraînement. Bonne journée, Selena.
- Nooon, grand frère ! Je veux p-
- Selena. Maintenant.

Elle fit la moue avant de maugréer un faible «D'accord» et de se diriger vers la porte. Je soupirai et jetai un œil à l'horloge de sa chambre. Façon de parler, bien sûr. Je tiens à mes yeux et je ne joue pas avec ceux des autres, enfin, rarement. Il était seize heures, et donc effectivement l'heure d'un entraînement. Très particulier celui-ci, cependant. Je devais retrouver mon maître en infiltration, Karl Ehkin, pour une mission dans une des tavernes d'Astrub. Première excursion dans la cité des mercenaires pour un brâkmarien comme moi, je mis mes atours les plus rarement utilisés. C'est à dire, les moins riches. Un ensemble de vêtements roublards classiques, noirs, et un masque. Je n'ai jamais aimé les masques, qu'ils soient Sram ou Roublard. En somme, ces vêtements n'étaient vraiment pas à mon goût mais le métier d'assassin et plus particulièrement les missions sous couverture nécessitaient parfois de mettre ses goûts de côté. Je me rendis à Tainela, le berceau des bouftous, par zaap. C'était notre point de rendez-vous. Nous avions décidé de passer pour deux aventuriers en mission, interdiction formelle d'utiliser la magie de l'Ombre en public, nous devions passer inaperçus. Mon professeur était un membre du peuple zobal, arborant divers masques plus colorés les uns que les autres et passionné de théâtre. Tout ça était particulièrement utile pour ses missions, il était le spécialiste en matière d'infiltration. On murmurait qu'il s'était déjà infiltré en plein coeur de Bonta et y avait rencontré et tué des membres de la famille royale. Mythe ou réalité ? Mythe. Je ne l'appris qu'après. Il avait simplement tué la maîtresse d'un membre de la famille royale. C'était déjà suffisant pour qu'il mérite son poste, oui.
Nous nous dirigeâmes vers la porte Est d'Astrub et entrâmes rapidement. Les gardes n'étaient pas très prudents, ils ne vérifiaient l'identité de personne. Une fois arrivés à la taverne, mon maître me chuchota l'objectif de notre mission.

- Nous sommes ici pour deux choses. Un, du repérage. Deux, du recrutement. La guerre entre Bonta et Brâkmar ne doit pas finir par la victoire de la Blanche, il faudra nous renforcer.
- Bien, maître. Je vous rapporterai une recrue de choix.
- C'est un pari ?
- A vous de voir.
- D'accord. Celui qui rapporte la recrue la plus douée gagne trois mille kamas.
- Tenu, dis-je en souriant.

J'avançai dans la taverne, fermai les yeux et me concentrai sur les ombres. C'était bien mon avantage par rapport à Karl. Si lui avait l'oeil pour repérer les potentielles recrues, moi, j'avais les ombres. Sonder quelqu'un était d'une simplicité évidente pour un mage d'un tel talent naturel. Quelle modestie. A vrai dire, la magie de l'ombre fut mon domaine d'excellence tout au long de ma vie. Il se passa quelque chose d'étrange. J'avais déjà senti des résonances avec ma magie, cela venait souvent de Srams ou d'autres pratiquants de celle-ci, mais là, c'était inouï. Les ombres se focalisèrent sur une seule personne parmi toutes celles présentes. Un Xelor. Je parus perturbé, de sorte qu'un habitué s'approcha de moi. Je le repoussai assez violemment en reprenant mes esprits. Ce moment de faiblesse ne devait pas être trop long. Je m'approchai alors de ma cible, qui se trouvait accoudée au comptoir. Pas de bandelettes, un chapeau noir, une robe noire, des cheveux longs de la même couleur et une peau pâle. Il avait déjà la tête de l'emploi. Pas de temps à perdre, il fallait se mettre au travail.

- Hey, tavernier. Lance ta meilleure bière pour mon camarade et moi, lançai-je avec une voix neutre.
- Une bière pour l'roublard et son compagnon ! J'fais ça tout d'suite, attends juste ton tour, l'ami.
- Ouais, ouais. Un kama de plus si tu te dépêches, patron.
- J'me dépêche, alors, j'me dépêche, dit-il en remplissant deux chopines.

Je me tournai vers mon nouveau camarade. Son regard était vide. Impossible de savoir ce qu'il ou s'il pensait. C'était une vraie première. J'avais connu des murs, mais là, c'était un autre niveau. L'homme était illisible. Il tourna son regard vers moi et m'offrit un sourire des plus désagréables.

- Que puis-je pour toi, étranger ? Es-tu là pour le lailait ?
- Le lailait ? Eh, non, l'ami. Je suis là pour une mission. Tu connais Brâkmar ?
- Je connais la grande Brâkmar. C'est une ville de grands barbares.
- Il n'y a pas que des barbares, l'ami. Regarde, je suis de Brâkmar, moi.
- Toi de cette ville ? Serais-tu vil ?
- C'est une habitude, les rimes ?
- Je ne peux m'en empêcher. C'est comme ça que je le fais.
- Que tu le fais ? Qu'est-ce que tu fais ?
- C'est comme cela que je m'exprime. Es-tu venu pour une prime ?
- Une prime ? Tu es recherché ?
- Non, mais beaucoup d'Astrubéens le sont. Ils ne font pas attention à ce qu'ils font.
- Dis-moi, tu serais intéressé par rejoindre Brâkmar ?
- Ah, tu es donc venu recruter. Et que ferais-tu pour que je sois engagé ?
- Au choix. Quoi qu'il arrive, si tu t'engages dans l'armée brâkmarienne, tu auras de l'argent. Mais je peux te donner une prime d'avance, t'engager de force, ou te proposer une rencontre avec certaines de mes «cousines».

En disant cela, je réalisai que c'était peut-être une mauvaise idée. Cet homme était étrange. Il puait. Pas au sens propre, bien sûr. Mais il puait le danger. Les coupe-gorges et autres, j'en avais l'habitude, mais là, c'était vraiment autre chose. De plus, l'étrange affluence des ombres vers lui ne me rassurait pas. Tant pis. J'avais un pari à gagner.

- Je vous laisse m'engager de force. Ne regrettez pas que les choses se corsent.
- Faites ça dehors, les gars. Et finissez vos bières avant, maugréa le tavernier en les posant enfin devant nous.

Nous engloutîmes rapidement le contenu de nos chopines et les refrappèrent sur le comptoir dans un «POC !» synchronisé. Je souris, lui restait neutre. Je me dirigeai alors vers l'extérieur, faisant un signe à maître Karl. Une fois dehors, nous nous dirigeâmes vers les mines d'Astrub à ma demande. Il y avait là-bas des galeries où nous serions plus tranquilles pour nous battre. Et où l'ombre était assez affluente pour que ma magie ne soit pas aussi remarquée qu'en plein air. C'était ça le point le plus important pour mon pari. Enfin, il était aussi possible que je me trompe complètement et ç'aurait probablement fait de moi la risée de tout le Clan si c'était le cas.
Le combat allait être un défi pour moi. Gagner sans que l'on réalise que j'utilisais la magie de l'ombre, ou ne pas m'en servir. Il allait falloir se concentrer. Devenir une arme. Devenir ma magie. Je fermai les yeux tandis que Karl prenait place. Il allait arbitrer le combat. Le Xelor face à moi se fendit d'un nouveau sourire, non plus désagréable mais plutôt glauque.

- Je suis Necros. Et toi quel nom a ton os ?
- Tes expressions sont particulières. Je te le ferai découvrir si tu t'engages.
- Alors je ne le saurai jamais. Ta victoire est échouée.

Je n'étais même pas sûr que sa phrase ait un sens, mais il allait falloir passer aux choses sérieuses. Karl leva la main pour signifier le début imminent du combat. Je posai mes mains sur la crosse de mes pistolets. Si je dégainai assez vite, il était probable que le combat soit fini en un instant.
Karl baissa la main. Le combat débuta. Mon adversaire commença à lever la main, il allait probablement me lancer un rayon obscur. J'effectuai une roulade sur la gauche, dégainai et tirai immédiatement. Des balles précises qui l'immobiliseraient, Karl s'occuperait de le soigner. Je vis mes balles avancer, le rayon obscur passer à l'endroit où je me trouvais précédemment, et puis...J'avais oublié quelque chose d'important. L'étrange personnage que j'affrontai disparut brusquement. Il réapparut derrière-moi et je n'eus pas le temps de me retourner avant de sentir que mon temps ralentissait. Je sus que je ne pouvais pas le laisser faire et je me souvins des entraînements. Alors qu'il incantait rapidement un nouveau rayon obscur, je fis fi du danger. Ma solution était là, elle serait certes douloureuse, mais...Je chargeai dans son sort, serrai les dents alors que ma peau commençait à flétrir, et continuai ma route. Les lames secrètes de mes armes sortirent tandis que j'appuyai sur les boutons dissimulés juste au dessus de leurs détentes. J'arrivai simultanément au corps à corps puis utilisai un de mes propres sorts pour accélérer la vitesse de mes coups et contrer le ralentissement causé. Mes lames percèrent ses genoux. Il tomba, interrompant son sort, et se mit à saigner. Pourtant, il ne hurla pas. C'était étrange. Deux artères avaient été tranchées, il allait se vider de son sang et pourtant, il ne faisait pas un bruit. Je tournai la tête vers Karl pour le trouver accourant vers nous. L'un des masques à sa ceinture prit forme humaine se rapprocha de moi. Il me planta des aiguilles infusées de magies à divers endroits du corps, facilitant la guérison de celui-ci. Rien d'aussi parfait que les soins du médecin du Clan, un Eniripsa aussi talentueux que déjanté, mais c'était suffisant pour la flétrissure que j'avais subie. Pendant que son double me soignait, lui-même s'attaqua à guérir mon adversaire. Sa technique fut semblable à celle de son Double, rien de particulièrement anormal. Nous n'avions pas que des cas rares dans le Clan, et lui était connu pour ses compétences en déguisements, non pour celles en magie. Il lui fallait une base pour pouvoir assassiner, certes, mais rien de faramineux à cette époque. Des années plus tard, pourtant, les bases nécessaires seraient rehaussées.
J'avais soumis Necros. Il était dans un état...difficile à soigner pour nos capacités. Nous décidâmes donc de le ramener à Brâkmar et de l'y faire soigner. Karl et moi arrivions à peine chez Soanie Kitu, l'Eniripsa en question, que celui-ci me fit signe qu'il allait se charger du reste. Je le remerciai rapidement et lui indiquai que ce service serait évoqué auprès de mon père et retenu pour l'avenir. Soanie était l'une des personnes avec lesquelles j'avais le plus de mal, son talent et sa folie en étaient la cause.

En rentrant au Domaine, je regardai l'heure. Déjà vingt-deux heures. Le dîner était passé depuis longtemps, heureusement que je n'étais pas dehors seul. Père ne pourrait pas me punir. Je récapitulai ma journée.
Un réveil étrange dans un étage désert, la découverte d'une récente trace de passage, la rencontre de ma nouvelle petite-sœur, la punition d'Aria, l'annonce de mon mariage prochain, le bain, la chambre, Tainela, la rencontre de Necros, le combat avec lui et le retour. Ma journée avait été remplie et c'était rare qu'elle le soit autant. Était-ce l'annonce d'un changement prochain ? Je l'espérai. L'âge dangereux pour moi arrivait, il allait falloir que je rassemble les miens.
Enfin, j'arrivai. Rentrant dans ma chambre, je me changeai et allai m'installer sur mon lit pour y découvrir Selena endormie. Elle était vraiment mignonne. Le coeur m'en serrait. J'étais son grand frère, j'étais fiancé, il y avait dix ans de différence et ça n'avait donc pas lieu d'être. Ce fut ce que je me dis. Je caressai rapidement ses cheveux, embrassai son front puis décidai de dormir sur l'un des fauteuils.

La nuit fut longue. Les cauchemars commencèrent. Je sentis quelque chose. Et il n'y a que maintenant que je comprends ce que l'on cherchait à me dire...

[HRP]

Pour commencer. Pavé César. Je crois que j'ai jamais posté un message aussi long, et pour cause, il fait neuf pages sur LibreOffice en 12. Bref.
Il est peut-être déjà trop tard, mais le personnage principal est un connard, alors attention. Il évoluera, mais même à la fin, ce ne sera très probablement pas quelqu'un de bien.
Bonne lecture o/
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Score : 334

Très bien écris, j'ai hâte de lire la suite tongue 

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Score : 387

[HRP] [OUUUUH LES SACRO SAINTES BALISES IL FAUT PAS LES OUBLIER]

J'avais dis que je commenterais plus ici mais bon...le texte est là et j'sais que t'attends des retours. Quoi qu'on en dise c'que t'as fais c'est du taf, il y en a pas des masses par ici des récits de cette longueur. Maintenant bah c'est souvent ça l'écriture de long trucs, les gens passent "Too Long, Didn't Read" et tu ne sauras jamais vraiment si ce que tu écris vaut ou pas. Donc voilà je poste, ça fera remonter le sujet, et encouragera peut-être les gens à se pencher sur ce texte parce qu'il y a des trucs à en dire.

On va commencer par la forme : C'est bien écrit, très bien écrit même. T'as un style plus maîtrisé que tes précédents essais, et c'est super agréable à lire. Tu reprends ton idée de t'adresser au lecteur, je trouve toujours que ça fait un peu too much mais c'est que mon avis et l'effet passe pas trop mal ici. A part ça t'as de belles phrases, un style vraiment mature et t'as une ambiance qui se dégage du tout, bravo à toi.

Au niveau du fond : Un peu plus de trucs à dire sur le fond. L'écrit pour moi il a deux parties. Tout le début, la découverte de Séléna jusqu'au départ de Silk...et la mission. La première partie est très réussie, tu prends le temps de bien tout exposer et c'est quelque chose de rare chez les écrivains amateurs. On a tendance à aller à l'essentiel, à se hâter, mais là non. De la prise de temps, de l'exposition. Tu nous donne le plus d'info possible, tu imerges peu à peu dans ton univers et tu nous fais pas faire le grand saut. Ca a pour résultat de nous pousser à l'attachement avec Séléna et par répercussion, à Silk lui même. Bien joué pour ça, mais je te l'avais déjà dis.

La mission par contre...c'est beaucoup plus rapide, peut-être trop. Combat qui se fait très vite, rencontre du même acabit. Tu me diras sans doute que c'est lié à Silk ces deux points mais je trouve cette partie moins maîtrisée. Au final la mission aurait pu faire office de deuxième chapitre, ça aurait raccourcit ton texte, l'aurait rendu plus digeste et t'aurais permis de garder un excellent niveau.

Mes conseils pour la suite : Déjà accroches toi, tu pars sur un texte long comme moi avec NoD R et se sont les pires. Réfléchit bien la structure, prends des risques, tentes des trucs. Eclates toi. Il y aura des passages que tu vas adorer écrire et qui te rendront impatients, rends-les aussi beau que possible. d'autres passages te donneront envie de tout arrêter, te poseront problèmes, seront aussi attirant qu'une bonne giffle...ceux-là forces toi à les écrire.

Enfin, commences par des chapitres court pour les agrandir peu à peu par la suite. Ca attirera plus de monde, ça te fera une base de lecteurs qui te suivront ensuite quand tu passeras à la vitesses supérieur.

Surtout continues, c'est chouette et t'as là le début d'un très bon truc.

Oz, terminé.

[/HRP] [OUUUUUUUH C'EST LA FIN DES BALISES, ELLES VONT NOUS MANQUER LES BALISES, ON LES AIME TROP LES BALISES]

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