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La Fête de Plante-Cawotte
La Fête de Plante-Cawotte nous vient tout droit de la tradition wabbit. Ses origines sont obscures ...

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Les Chroniques d'Amakna, Le Chant du Phénix
posté 26 Avril 2009 - 11:23:13 | #1
Les Chroniques d'Amakna Voici ma fan-fiction, un projet que je préparait depuis un moment et que je commence enfin. J'espère que ça vous plaira. N'hésitez pas à faire des commentaires, ça ne pourra que m'aider pour améliorer mon texte. Sur ce, bonne lecture, et prévoyez des aspirines, pour ce premier chapitre je me suis laché, il est particulièrement long .

Les Chroniques d’Amakna
Le Chant du Phénix

Chapitre I : Ombres du passé


La nuit avait étalé son voile noir orné d’étoiles sur la sombre forêt qui s’étendait au nord des montagnes des koalaks. Peu osait s’y aventurer car, selon d’anciennes légendes, il y résiderait de féroces créatures gardiennes des arbres que l’on appelle d’abraknides. Pourtant, bâti au pied de la montagne et protégé par l’immense forêt, un village y prospérait, isolé et oublié du reste du monde. Même les millénaires bibliothèques de Bonta ne comportaient plus de traces ou de cartes révélant son emplacement. Seules les lumières de quelques chaumières trahissaient son existence.

Comme chaque nuit, la garde du village faisait une dernière ronde autour du village. Cependant, personne ne remarqua les menaçants nuages s’avancer vers eux.

Ithion Dahnarow, capitaine de la garde, quitta ses hommes après les avoir saluer et retourna chez lui retrouver sa femme et son jeune fils. Sur le pas de la porte, il s’arrêta et huma l’air du soir. Bien que la plupart des villageois soient des adeptes de l’arc, il arrivait parfois que des voyageurs viennent chercher refuge dans le village et finissent par s’y installer. C’était le cas de sa femme, Tiane, une sram exilée qu’il avait secouru au nord de la forêt. Elle avait fui Astrub. Son maître avait été assassiné et les intrigues politiques la mettaient au rang d’ennemie n°1. Elle avait erré, traquée comme une bête et chassée de partout, pour finir prise dans une embuscade qui lui aurait coûté la vie si Ithion, jeune forestier alors, ne l’avait pas secourue.

La main sur la poignée de la porte et le regard perdu dans le ciel étoilé, il sursauta en entendant un puissant coup de tonnerre provenant de la montagne. Plusieurs maisons se rallumèrent et des têtes apparurent aux fenêtres. Un deuxième coup de tonnerre, plus puissant, retentit. Un hurlement inhumain déchira le silence des ténèbres nocturnes.

Un cri empli de rage s’éleva de la cime des montagnes :

« Maudit, SOYEZ TOUS MAUDITS ! La traîtresse et ses serviteurs, les douze et leur panthéon, les perfides et avides assassins qui me traquent, JE VOUS MAUDIS TOUS ! Qu’ai-je fais pour en arriver là ? Je cherchais l’amour de cette femme, cette sorcière qui m’a utilisé et trompé, et à cause d’elle je suis devenu un monstre. Et maintenant je suis traqué comme une bête. Et ce cinglé d’Otomaï qui voulait me garder dans une cage pour ses expériences… Je suis chassé où que j’aille ! POURQUOI LE DESTIN NE ME LAISSE JAMAIS TRANQUILLE ? POURQUOI MOI ? POURQUOI FAUT-IL QUE J’AIE VU LE JOUR DANS CE MONDE DEGENERE ? »

Peu de nouvelles venaient de l’extérieur, mais tous avaient entendu parler d’un monstre, issu d’une expérience d’Otomaï, qui avait réuni les six dofus et s’était érigé avec la puissance de ceux-ci au rang de titan après avoir vaincu tout le panthéon. La panique s’empara des villageois. Ils coururent se mettre à l’abri, certains se barricadèrent dans leur maison.

Un hurlement sauvage retentit, puis le calme revint peu à peu. La voix repris lentement :

« Des faibles qui cherchent la puissance et la gloire en écrasant d’autres plus faibles qu’eux, voilà ce qu’est devenu l’humanité. Je suis bien content de leur avoir brisé leurs crânes à tous ceux qui ont oser me défier. La seule chose à faire pour sauver ce monde abandonné des dieux, est de le nettoyer de toute la pourriture qui y vit. Je vais raser chaque ville, abattre chaque muraille et noyer chaque champ sous les eaux. Sales chiens, vous allez payer pour ce que vous m’avez fait, VOUS ALLEZ GOÛTER À LA COLERE D’OGREST ! »

La terre commença à s’ébranler. Un grondement se fit entendre et la montagne commença à se déchirer en deux. Ceux qui étaient encore dehors s’enfuirent en hurlant. Des pleurs d’enfants perdus dans la foule se mêlaient aux cris de terreur des villageois. Ceux qui tombaient à terre étaient piétinés. La peur était dans le cœur de tous.

Ithion se précipita dans sa maison et appela sa femme. Celle-ci accouru avec son enfant dans ses bras. Mince et belle, elle était habillée une robe ample et légère bleue azur, assortie à ses cheveux d’un bleu sombre. Elle portait encore à sa robe l’iris qu’il lui avait cueillit au matin à l’orée de la forêt avant de partir.

- Ithion, qu’est ce qui se passe ?
- On n’a pas le temps, il faut partir.
- Où ?
- Au temple Crâ, dans la crypte on serra en sécurité.

Ils sortirent dehors dans la nuit glacée, se frayant un chemin dans la cohue. Ils coururent vers le temple. Non loin de là, une maison s’effondra. Les plus courageux essayaient d’aider ceux qui étaient enfuis sous les décombres. Une large fissure lézarda un haut bâtiment, dont le toit s’effondra sur les maisons voisines qui s’écroulèrent à leur tour comme des châteaux de cartes.

Arrivés devant le temple, Ithion laissa sa femme et son fils en sécurité pour rejoindre une troupe d’archer qui se regroupaient non loin. Tiane lui prit le bras, des larmes commençaient à coulé sur son visage.

- N’y va pas, je t’en supplie, n’y va pas.
- Je dois y aller, ils ont besoin de moi pour protéger le village.
- Tu va te faire tuer, je t’en supplie, n’y va pas.
L’archer prit la main de sa femme et caressa son visage en séchant ses larmes
- Ne t’inquiète pas, je reviendrais, je te le promets.

Il sortit, abandonnant ce qu’il avait de plus précieux pour foncer dans les bras de la mort. On apporta des pelles et des pioches. Les soldats se mirent au travail et des remparts de fortune furent dressés pour tenter d’arrêter les éboulements qui descendaient droit vers eux.

Le rire dément du titan s’éleva. Une détonation retentit. Un soldat poussa un cri en montrant la montagne. Par une des failles, de la lave commençait à s’écouler. On creusa un immense fossé pour essayer de la retenir, mais elle déborda et une des barricades prit feu. L’immense brasier qui se produisit enflamma toutes les autres fortifications de bois. Une braise s’envola et atterrit sur le toit d’une maison qui prit immédiatement feu. L’incendie se propagea rapidement de toit en toit, jusqu’à un entrepôt d’explosifs au pied même de la montagne. Le souffle de l'explosion ravagea presque tout le village, abattant les maisons encore de debout et fragilisant la montagne.

Fauché par l’explosion et à demi conscient, Ithion vit avec horreur un pan de la montagne s’effondrer vers le temple, l’engloutissant complètement, avant de sombrer lentement.

Un pétale d’iris s’envola des ruines et s’éleva dans les airs, charrié par les vents, fuyant les restes fumants de ce qui fut autrefois un village paisible, à l’écart de la folie du monde.


*****



- Edion… Edion… EDION, DEBOUT SAPRISTI ! Le soleil est déjà haut, il n’est plus l’heure de dormir. Allez, debout paresseux.

Edion sentit qu’on lui arrachait sa couverture. Il mit sa tête sous l’oreiller mais on le lui arracha aussi. Il émit un léger grognement endormit en guise de protestation quand il reçut les rayons du soleil en pleine figure et se retourna, à moitié recroquevillé.

- Y a pas école, on est en vacance…
- Ce n’est pas une raison, debout.
- Silore, laisse-moi tranquille.

Le vieux féca lâcha un long soupir. Ce gosse est décidément de plus en plus difficile à lever. Il réfléchit un instant et repris :

- Ah oui, j’allais oublier, tes amis t’attendent à l’auberge d’Herbacha. Je te conseille de te lever si tu ne veux pas arriver en retard…

La phrase eut l’effet escompté ; Edion sortit de son lit comme une flèche, s’habilla et rassembla ses affaires sous le regard amusé du vieux féca.

- Tu me rejoindras en bas quand tu seras habillé, ton déjeuné est déjà prêt.

Il sortit, le laissant qui bataillait une chaussette. Celui-ci réussit à la mettre après une lutte acharnée et tenta de mettre la deuxième. Mince et élancé, il avait des cheveux brun ébène avec des reflets de bronze qui finissaient en catogant sur sa nuque. Ses yeux étaient d’un brun tirant sur le vert. En gros, on pouvait dire sans se tromper qu’il ressemblait à un apprentit crâ, ce qui n’était pas faux vu qu’il en était un. Ceux qui le connaissaient se sont longtemps demander pourquoi il n’était pas devenu féca comme son père adoptif, mais d’un certain côté, vu ses connaissances désastreuses en mécanique et en électronique, il n’a peut être pas fait un si mauvais choix. C’est lors de la démonstration de tir à l’arc au terrain de tir qu’Edion avait finalement choisi cette voie. C’est d’ailleurs là qu’il a reçu son premier arc. Il finit d’enfiler sa chemise de lin et emporta son ocarina, dernier héritage de ses parents dont il ne se séparait jamais, et se rua en bas.

Dans la cuisine, il engloutit en vitesse un croissant et quelques tartines à la confiture de mûres en manquant de s’étouffer. Silore entra dans la cuisine, un paquet à la main.

- J’aimerais que tu apportes ceci à l’atelier, ils n’ont plus de runes de bijoux et la demande devient forte. Tu pourras en profiter pour récupérer le livre que tu as oublié là-bas. Comme tu passes par le bac vers le quartier d’Honorape, ça ne devrait pas te poser de problème.

En guise de réponse, le jeune cra acquiesça en marmonnant quelque chose la bouche pleine, projetant des miettes un peu partout sur la table. Le vieux féca se leva et prit sa veste.

- Je pars devant, je dois aller déposer mon livre de compte à la maison des guildes et signer des piles de paperasses. Je ne serais pas de retour avant cette après-midi.

Et il partit en emmenant l’énorme tome qui faisait office de livre de compte. Edion finis son déjeuner et fit de même peu après.



En ce début de matinée, les rues étaient pour la plupart vides, les rares passants se pressaient vers leur travail ou affluaient vers les marchés. Edion huma l’air du matin et se mit en route. Il prit une petite ruelle, prit un raccourci à travers un jardin en effrayant quelques pious et se hâta. Arrivé sur la grand rue, il se faufila entre les badauds et passa la grande arche du marcher des bricoleurs. Un marchand tenta de l’attraper pour essayer de lui vendre le contenu de son échoppe, mais il s’arrêta et poussa un cri en voyant un sram partir avec sa bourse. Enfin arrivé devant l’atelier d’enchantement, il poussa la lourde porte en métal et entra.

L’atelier était bondé, des clients, pour la plupart des gens riches, se pressaient devant le comptoir pour passer commande. Un petit homme grassouillet aperçu Edion au milieu de la foule et l’appela.

- Edion, par ici, viens.

Le disciple de Crâ se fraya un chemin et passa derrière le comptoir.

- Alors, comment ça va bonhomme ? Silore n’est pas là ?
- Non, il est à la maison des guildes pour remettre…
- Ah oui, je vois, le coupa le vendeur. Quelle plaie, de vrais rapaces ceux-là, et juste quand on a besoin de lui.
- J’ai les runes que…
- Parfais, juste à temps, on n’en pouvait plus, ces clients toujours insatisfaits qui râlent quand ils sont pas servis sur-le-champ… J’allais oublier, j’ai mis ton livre est à côté sur la table de l’atelier, on l’a utilisé pour aider les apprentis, et attend que je la retrouve… ah voilà…

Il sortit une petite bourse de sous le comptoir et la tendit à Edion.

- Tiens, pour la peine, c’est quelques runes en plus pour ta collection. On en avait en trop alors j’ai pensé que ça te ferait plaisir. Elles ne sont pas très puissantes mais tu pourras toujours t’amuser avec, dit-il ébouriffant les cheveux du cra d’un geste affectif.

Edion soupira ; Il a presque dix-sept ans et il le traite toujours comme un enfant, à croire que les adultes ont de sérieux problèmes de myopie. Il le remercia, prit son livre et partit en vitesse à la taverne d’Herbacha.



Plutôt grande, composée de trois grandes salles encerclant la place du quartier, la taverne d’Herbacha était l’une des auberges les moins mal famées et des plus calmes d’Astrub. Elle n’est pas encore complètement remplie, quelques habitués, tout au plus, étaient éparpillés ça et là aux différentes tables. Accoudé au bar en le nettoyant d’un geste presque mécanique avec un vieux chiffon usé, l’aubergiste surveillait du coin de l’œil un groupe assis à la grande table d’une sorte de grande mézanine au milieu de la salle. Tout particulièrement un iop aux cheveux d’un orange flash qui n’arrêtait pas gesticuler depuis tout à l’heure, passablement en overdose de caféine. Il commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs, et s’il ne se calmait pas rapidement, il allait finir dehors avec un coup de pied aux fesses.

Soudain, l’aubergiste sursauta en entendant la porte d’entrée claquer; Sur le pas de la porte se tenait, courbé en deux et à bout de souffle, un jeune homme mince et élancé, au regard vif et affûté -même s’il paraissait à ce moment plus mort que vif- pâle de peau et avec des cheveux couleur ébène rassemblés en une grande queue de cheval dans son dos. Avec une coiffure aussi ridicule, ses bottes trop larges et une chemise aux manches usées par le frottement régulier de l’empennage de flèches, pas de doute, il s’agit bien d’un crâ. L’aubergiste retourna à ses occupations et fit une moue quand il vit le iop agiter les bras en criant dans toute l’auberge pour appeler le nouveau venu.

- Edion, hé, Edion, par ici !
- Ca va, il est pas sourd, lui lança un féca agacé par l’agitation de son voisin de table.

Edion monta quelques marches et, après avoir saluer tout le monde, s’assit sur une chaise libre à côté d’un sacrieur du nom d’Alior, droit comme un I et les bras croisés, surveillant l’excité de service, Talès, juste devant lui. Il était un peu plus grand que celui-ci et avait des cheveux de même couleur, quoique beaucoup plus ternes. Il portait un pantalon rouge sang et des sandales taillées dans du bois de ronce. Le disciple sacrieur arborait aussi un spectaculaire enchevêtrement de lignes et de symboles formant un immense tatouage sur une bonne partie de son torse.

A gauche de Talès le iop se tenait le féca Irius. Pas exceptionnellement grand, avec une paire grosse lunettes aux verres grossissants qu’il mettant généralement sur son front pour retenir les mèches de cheveux noirs de jais qui lui retombaient sur le visage de temps en temps, lui donnant un air comique quand il était énervé. Il portait aussi un t-shirt couleur sable et un short bleu, camouflage parfait pour des vacances à la mer, et arborait à son poignet un appareil étrange, une machinerie dans les fécas gardent jalousement le secret, un bouclier… féca.

Se retenant de rire, Trille, une éniripsa aux longs cheveux couleur crème, assortis à sa robe de même couleur, essayait tant bien que mal de rester droite entre deux sursauts d’hilarité, repartant dans une série d’exclamation de rires étouffés en voyant le féca à côté d’elle, dont l’envie apparente était d’assommer le iop. Bien que frêle d’apparence, elle bénéficiait d’un fort (sale ?) caractère, l’énerver pouvait être aussi suicidaire que de taquiner un sacrieur en manque de combat.

En face de Trille et assise à droite d’Edion, Silia, une sadida, sirotait son verre en remettant en place une broche dans ses cheveux vert chlorophylle. Elle portait un t-shirt elle aussi, de couleur vert foncé, et une petite jupe plus claire sur laquelle étaient peintes les nervures de feuilles.

Talès se rassit enfin, un grand sourire au bord des lèvres.

- T’étais où ? T’avais prévu de chasser le sanglier sans nous ?
- J’ai dû passer à l’atelier des enchanteurs, une livraison de runes.
- J’espère que tu as pensé demander un pourboire à ton vieux. En tout cas, c’est pas très palpitant tout ça, aucuns monstres à affronter sur le chemin, pas de…
- C’est sûr que dans la ville, il va rencontrer à coup sûr Rushu et ses démons en trains de faire les soldes... Non mais t’es un abruti ou quoi ? Même depuis la création du monde, on a pas inventé de remarque plus débile que ça. Et quel est le sens du mot palpitant pour un iop ? Je suis curieux de le savoir…
- Euh, traquer des criminels en fuite, occire des dragons, sauver des princesses en détresse, vaincre Ogrest…
- Vaincre Ogrest ? Mais il n’existe pas, triple demeuré, c’est une histoire pour faire peur aux enfants. Comment tu veux qu’un trool puisse réunir les six dofus que des milliers, si pas des millions d’aventuriers n’ont pas réussit à trouver en presque deux mille ans ?
- Ah…

Le iop prit un air aussi niais qu’incrédule. Le féca se frappa le front en grommelant, faisant éclater de rire Trille juste à côté. Voyant que plusieurs clients la regardaient, elle rougit et abaissa la tête, un peu honteuse. Edion tenta de casser le silence qui s’était installé.

- On ne devait pas aller au marché de Cania ?
- Si, lui répondit la sadida avec un soupir, seulement, il est reporté pour dans un mois.
- Et si on allait tous dans la Sylve, il paraît qu’un monstre attaque les voyageurs. C’est une quête épique digne…
- D’un abruti de iop comme toi, coupa Irius.
- Tu propose quoi, alors ? répliqua le iop
- Pourquoi n’irions-nous pas au marché de Grindorlosh ? Puisque celui de Cania est fermé…

Aux paroles du sacrieur, qui pour la première fois de la journée prenait la parole, Silia reprit vie comme une fleur fanée que l’on arrose.

- Le marché ? Oui, je vais pouvoir renouveler ma garde-robe.
- Il paraît que la nouvelle collection Giovano est déjà sortie, surenchérit l’éniripsa.

Les deux filles poussèrent un cri de joie et commencèrent à discuter de façon animée entre elles. Irius marmonna entre ses dents que quand ce n'est pas le iop, c’est les filles et leur histoire de chiffon. Il ne vit pas le regard noir que Trille lui adressa.

- Je ne suis pas contre mais j’en reviens et il y a déjà des files devant presque toutes les échoppes, surtout ceux de vêt…Aïe !

Le pied de Silia entra en collision avec le genou d’Edion, l’empêchant de poursuivre. Elle s’excusa en lui adressant un sourire innocent. Il était clair que toutes oppositions étaient refusées. Cherchant l’unanimité du groupe, l’adepte de la nature se tourna vers le iop.

- Et toi Talès, tu viens aussi ? Il se peut que l’on rencontre des monstres en cours de route, il faudrait quelqu’un de brave et…
- Je suis l’homme de la situation. Rien ne peut faire peur, ni Rushu, ni ses démons, à un chevalier tel que moi, sir Talès Alendir, le plus grand héros que…
- Toi, le iop, descend tout de suite de la table. Si tu veux faire le mariole, t’as qu’à aller ailleurs. Ici, c’est mon auberge, un établissement respectable, et je ne laisserais pas un fou furieux comme toi faire fuir tous mes clients. La prochaine fois, je te flanque dehors avec la trace de mes sandales sur ton postérieur, compris ? hurla l’aubergiste depuis le fin fond de la taverne.

Talès se rassit en ronchonnant. Il attendit que le gérant des lieux ne fasse plus attention à lui pour continuer.

- Quel emmerdeur celui-là. Il s’est pas vu, c’est lui qui fait flipper avec sa tronche cramoisie et les veines qui lui ressortaient du cou. Il s’est échappé de l’asile ?
- Va savoir, en tout cas, si on se fait jeter dehors, ce sera pas de ma faute. Et puis, on ne dit pas un asile mais un temple iop, lui lança Irius.
- Ah, et c’est quoi la différence, monsieur je-sais-tout ?
- Aucune, pourquoi ?

Le iop s’apprêtait à répondre quand il comprit ce qu’il venait de dire. Il se tût et lança un regard noir au féca qui le regardait d’un air narquois en sirotant son verre.

- C’est quand vous voulez, lancèrent les filles qui s’étaient déjà levées.
- Attendez, avec l’autre abruti à côté de moi j’ai pas eu le temps de finir mon cocktail.

Irius tendit sa main vers son verre. Talès en profita pour sauter sur la table en dégainant son épée, renversant le cocktail sur le disciple de la connaissance qui sursauta et tomba à la renverse, et la pointa vers le plafond dans une pose théâtrale.

- Talès le iop, partant pour de nouvelles aventures !
- Tu te fous de moi le rouquin ? Dehors, DEHORS !


Edit : Correction de fautes de frappe et de grammaire, et réécriture de certains passages.


posté 26 Avril 2009 - 15:00:30 | #2
Youhou ! Je commence ma lecture.

Edit : Commençons. Tout d'abord, je tiens à te féliciter. Des chapitres longs comme ça, j'aimerai en avoir plus ! L'intrigue est très intéressante, et profonde, qui plus est. L'humour est parfaitement dosé, et le vocabulaire n'est pas en reste ; l'orthographe est de même, malgré quelques fautes (du genre pas de "s" à "tu vas" ou encore, le remplacement de "s" à la place de "t" et vice-versa, comme "étais-tu = était-tu" ; et "parfait = parfais". Mais je t'assure, ce n'est rien ! Le tout donne un mélange détonant ! Une histoire très agréable !

Par contre, je vois un défaut à ta fanfiction : l'espace. Il est inexistant ! Je suis sûr que lire un pavé décourage la plus part des lecteurs (mais pas moi). Je te conseille donc, quand tu passes à une phase suivant, de sauter une ligne pour te retrouver avec divers paragraphe. On s'y retrouvera beaucoup plus ! Un autre conseil (que tu peux éviter à ta guise), entre les prises de paroles, saute aussi des lignes. Comme, par exemple :

- On a pas le temps, il faut partir.

- Où?

- Au temple Crâ, dans la crypte, on sera en sécurité.

Tu vois le genre? Esquive également les phrases trop longues, dans le dialogue. On dirait que le tavernier ne reprend pas son souffle !

Bon, je vais encore faire mon sale critiqueur, mais un dernier truc, une phrase mélangée que tu as mise : "Elles ne sont pas très puissantes mais tu pourras toujours t’amuser avec, dit-il ébouriffant quelques runes en plus pour ta collection. On en avait en trop alors je pensais que ça te les cheveux du cra d’un geste affectif » "

Mais bon, je me répète : je continuerai à suivre cette fanfiction, ne baisse pas les bras !


posté 26 Avril 2009 - 21:28:35 | #3
Merci pour tes conseils, Erpes, j'ai corrigé les petites fautes que j'ai trouvé et réécrit correctement les dialogues de l'enchanteur et du tavernier (c'est vrai, le pauvre, à force de brailler sans reprendre son souffle, il risquait l'infarctus ). En tout cas, je suis content que mon récit te plaise. Pour ce qui est de la suite, elle est en partie sur papier, mais avec ma manie de faire de gros chapitres, ça va mettre un peu (tout est relatif...) de temps avant de le pondre.


posté 19 Février 2010 - 22:20:30 | #4
Après avoir abandonner ma fiction plusieurs mois, j'ai décidé de la reprendre. Avec tout le travail que j'avais à faire et le fait que je trouvais plus vraiment le temps et le courage d'écrire, j'avais renoncé, découragé. Comme j'avais tendance à écrire de gros pavés pour les chapitres et à les sortir en entier d'un coup, ça n'aidait pas non plus et la tâche me paraissait un peu gigantesque. Maintenant que j'ai retrouvé le plaisir d'écrire, j'espère réussir à finir ma fic.
Pour ceux qui n'étaient pas là lors de la V1, ne vous étonnez pas si ce que j'écris ne ressemble pas au jeu, ça ressemblait au jeu, mais à sa version d'avant. Bon, j'arrête là mon petit discours, inutile de faire s'endormir tous ceux qui viendraient à lire ma fiction avant le deuxième chapitre.
En avant la musique, Edion est de retour .


Chapitre II : La marque oubliée


La fraîcheur du matin avait laissé place à la chaleur étouffante du soleil de midi. Les pious avaient déserté le quartier d’Herbefol et les chachas avaient renoncé à les chasser, cherchant le moindre abri à l’ombre où se réfugier.
Massant ses fesses endolories, Talès suivait le reste du groupe en gémissant.

- C’est pas possible, ça fait un mal de chienchien. C’est pas un tavernier, c’est un trool !
- Avec ce que tu lui as répondu…
- Je lui ai juste dit qu’à traiter ses clients comme ça, il allait faire faillite.
- T’oublies ce que tu lui as sortit juste après. C’était quoi encore ? Ah oui, « qu’il faisait flipper avec sa dégaine de bwork enragé », répliqua Irus d’un air narquois.
- C’était pas dégaine mais tronche, d’abord. Et puis, j’y peux rien s’il prend la mouche aussi vite. N’empêche que j’ai toujours la trace de ses sandales sur mes fesses…
- Bref, tu as encore fait la démonstration de ton incroyable stupidité. T’aurais pu te retenir ce coup-ci.
- L’honnêteté et la sincérité sont les bases de la discipline iop.

Irius lâcha un long soupir.

- Mouais, y a que la vérité qui blesse, tout comme ton manque de savoir-vivre…

Ils passèrent quelques ruelles envahies par les herbes folles pour arriver sur la rue principale en direction du marcher. Elle était bondée, les gens accouraient en tous sens, pour la plupart des marchands qui s’affairaient à leurs affaires. Ils passèrent l’arche au bout de la rue et entrèrent dans le marcher. Les prédictions d’Edion étaient bien en dessous de la réalité ; la foule était si dense qu’il fallait jouer des coudes pour avancer. Ils dépassèrent un saddida qui essayait de vendre à une éniripsa une poupée vaudou en vantant ses mérites. Finalement, ils arrivèrent devant l’atelier de vétisserie où s’étendaient des brocantes à perte de vue.

- Bon, moi je vous laisse, je vais faire réparer mon bouclier, commença Irus. On se retrouve où après ?
- A la vétisserie, j’imagine que les filles ne vont pas bouger d’ici, et comme les autres ateliers ne sont pas très loin…
- Ouais, c’est sûr que si on les oublie, elles seront toujours ici à choisir leurs vêtements à minuit, lacha Talès en ricanant puis, pour éviter que Trile ne puisse réagir, il se tourna vers Irius. Au fait, qu’est ce que tu va lui faire à ton bidule au poignet ? Tu l’as encore cassé ?
- Ce n’est pas un « bidule » mais un appareil multifonctions de haute technologie associant la puissance du stasis à la stabilité des énergies du wakfu…
- Ouais ouais, on s’en tape des détails, je suis pas là pour essayer de traduire du dialecte féca, moi. Et puis viens pas me dire que ce machin peut être utile en combat, il pourrait à peine servir comme support pour les rouleaux de papier-toilette.
- Espèce de…
- On se retrouve ici dans trois quarts d’heure ? s’interposa Edion.
- Oui, de toute façon il va bientôt être midi, répondit le féca, avec un regard noir en direction de Talès.
- Parfait, le dernier arrivé chez le forgeron est un bouftou tondu ! cria ce dernier en courant déjà vers l’atelier.

Les autres restèrent un moment silencieux, le regardant traverser la foule en renversant quelques personnes au passage, puis Edion se résolut à le suivre.

- Bon, je crois qu’il va falloir que j’aille l’empêcher de faire d’autres conneries…



Même aux heures les plus chaudes de la journée, rien ne peut rivaliser avec la fournaise qui règne dans le magasin d’un forgeron, surtout si celui-ci a décidé d’installer sa forge dans la même pièce que là où il reçoit ses clients. Les murs noirs de suie étaient envahis d’étagères où se mêlaient heaumes, casques et gants en tous genres. Au sol s’étalaient des râteliers d’armes les plus diverses et des mannequins en armures.

Talès se rua sur les épées comme un gosse sur un nouveau jouet, suivit de loin par Edion qui examinait une collection de pointes de flèche en bauxite. Le vendeur, un sacrieur imposant dont la peau commençait à ressembler à du parchemin à force d’être exposé à la chaleur des flammes, était en train d’aider un client à enfiler une cuirasse. Une fois toute l’armure sur lui, le frêle client perdit l’équilibre et le forgeron dû appeler son apprenti pour l’aider à le relever. Talès accourut vers Edion avec une épée à la lame rougie.

- Regarde-moi cette lame, ça c’est une vraie épée de chevalier.
- « Epée d’Ycure, reproduction de la célèbre épée du forgeron manchot », lut Edion sur l’étiquette attachée au pommeau.
- Balèze, hein ?
- Remets-la à sa place avant que tu ne blesse quelqu’un avec.
- Beuh, et puis qu’est ce que les crâs y connaissent aux épées…

Il repartit reposer l’épée sur son présentoir, et se jeter juste après sur le râtelier à côté pour essayer une nouvelle arme. Au moment où Edion allait se retourner pour jeter un œil à une petite dague ouvragée, celui-ci sentit qu’on l’observait.

Dans un coin de la pièce à l’ombre, une silhouette encapuchonnée le regardait fixement. Lorsqu’il vit que le disciple crâ avait remarqué sa présence, il abaissa un peu plus son capuchon tout en continuant à l’observer. Edion sursauta quand il entendit le forgeron qui s’était glissé derrière lui.

- Bonjour cher client, êtes-vous à la recherche de quelque chose ?
- Non, euh, j’accompagne juste mon ami…
- L’hyperactif ? Il n’y a pas de problème, tant qu’il paie ce qu’il casse… Je pensais que vous veniez du terrain de tir pour les nouvelles pointes de flèches, c’est pas souvent que je vois un crâ dans mon magasin. Mais au fait, j’ai ici une superbe épée, souple, légère et élégante, elle ravirait même les inconditionnels de l’arc par sa facilité de maniement. Je vous fais un prix d’ami, 1050 kamas…
- Non merci, j’ai déjà mon arc, ça me suffit.
- Ah bon ? Pourtant, une arme de corps à corps est tout aussi utile pour un archer que pour un guerrier. Si votre ennemi se rapproche de vous au point que vous ne pouvez plus utiliser votre arc, il est toujours bon d’avoir une épée avec soi, c’est une question de bon sens et de survie élém... Excusez-moi mais je ne suis pas rassuré de voir votre ami agiter la lance qu’il a en main en dessous de mes étagères.

Il partit aussitôt reprendre l’arme au iop. Edion regarda à nouveau en direction de l’ombre encapuchonné. Elle avait disparue. Un sentiment de malaise commença l’envahir. Il rejoignit Talès qui, finissant par venir à bout de la patience du forgeron, était lentement poussé dehors.



Les six amis étaient rassemblés sur l’escalier du bac Honorape-Grindorlosh qui faisait la navette entre les deux marchés, navette qu’ils ont dû finalement emprunter ne trouvant pas de quoi manger au marché des bricoleurs. Ils étaient maintenant affalés sur les marches, se bougeant de temps en temps pour laisser passer les passagers qui arrivaient, en mangeant les frites de « Chez Momo », la friterie qui avait ouvert plus haut.

Trille jouait avec une frite qu’elle agitait au-dessus de son sac à main d’où sortait la tête d’un minuscule chacha et une petite patte fendant l’air, cherchant à attraper le morceau de pomme de terre grillé. L’animal s’agita un moment avant de finalement renoncer, pour se jeter sur le paquet d’Irius en guise de consolation. Celui-ci retira son paquet à temps, sauvant in extremis ses précieuses frites.

- Mais c’est quoi ce monstre ? Tire-moi ça loin de mes frites.
- C’est pas un monstre, c’est Mimi, mon chacha, lui sourit l’éniripsa en le lui tendant.
- Mouais, il sera plus si « mimi » que ça quand il aura déchiqueté ton sac et l’aura transformé en litière…
- Tu exagères, Mimi est le plus adorable des chachas, n’est ce pas Mimi ?

Le chacha lui répondit par un petit miaulement. Irius lança un regard noir au félin, avant de pousser un soupir et d’essayer de s’intéresser à la conversion à côté de lui.

- … déjà fait tout le tour du marché, il n’y avait rien d’intéressant de mon côté.

Silia poussa un profond soupir et repris.

- Les jupes que je n’avais pas déjà étaient trop chères pour moi.
- Ca tombe mal qu’on aie rien à faire quand on a enfin une semaine de vacance.
- De vacanche ? Tu te fous de moi ? Edion, toi ch’est tous les chours que t’es en vacanche, répliqua Talès, la bouche pleine.
- Hein ?! Tu rigole ? C’est qui qui a eu un mois et demi de congé en plus pour Nowel ?
Talès tenta d’avaler tout ce qu’il avait en bouche, manquant de s’étrangler, avant de riposter.
- Et alors ? Moi, j’ai été voir ma famille à Bonta…
- Il faut pas presque trois mois pour y aller. Et puis tu t’es bien amusé pendant ce temps, alors à mon tour d’en profiter maintenant.
- Ce n’est pas ma faute si les disciples crâs et iops n’ont pas leurs congés en même temps. De plus, c’est ma dernière semaine de vacance, après, retour école et épreuves de techniques d’arme dans un mois.
- T’as pas l’air si stressé que ça à l’approche de ton examen… Le mien est dans deux mois et je commence déjà à m’entraîner.
- C’est parce que pour nous, les iops, c’est inné. On est les plus forts, voilà tout.
- Mouais, bien sûr…

Ils continuèrent à manger assis sur les marches du quai en regardant le ballet incessant des bateaux entre les deux marchés. Terminant son paquet, Talès se leva et alla le jeter avant de se poster devant ses amis.

- Bon, on y va ? On va pas rester ici toute la journée.
- Pour aller où ? répliqua Irius
- N’importe où tant qu’on peut se dégourdir les jambes loin des fientes de mouettes et des cageots de pichons, ça fouette ici.
- Tiens, tu ne supporte même plus ta propre odeur ?

Un aboiement retentit au moment où le féca finit sa phrase.

- Ta blague est vraiment nulle, mais ton rire est encore plus pourave.
- Mais… Mais… C’était pas moi !

Le groupe se retourna comme un seul homme vers l’origine du bruit. Un boulemog, bave au vent, fonçait droit vers eux. Dix tonnes de purs muscles en pleine action. Mimi, comprenant le danger, sauta des bras de sa maîtresse et s’enfuit par l’arche de l’entrée du marché. Le molosse traversa le groupe qui n’eut pas le temps d’esquisser un geste, et poursuivit la pauvre bête. Les aboiements commencèrent diminuèrent progressivement.

- Mimi ! Non !
- Mais d’où il sortait ce monstre ? sursauta Irius.

Alior se leva en finissant ses frites en vitesse.

- Je pense qu’on ferait mieux de se dépêcher de les rattraper avant qu’il ne se fasse dévorer par le boulemog. Je ne donne pas cher de sa peau si on ne l’arrête pas…

Il s’élança à leur poursuite, suivit par ses amis. Au moment de passer l’arche, Edion aperçut brièvement une ombre s’enfuir près d’où était apparu le boulemog.



Située entre la baie de Lulu et Astrub et s’allongeant tout le long de la Sylve, la région de Poussepubert formait comme une frontière de prairies et de champs entre la civilisation et la forêt, un lieu privilégié des tofus et des larves qui paressaient sous le soleil estival. Alors que l’après-midi s’annonçait paisible, une agitation non loin du petit lac au sud-est de la ville semblait briser la tranquillité des lieux. Un boulemog courait après un chacha en aboyant bruyamment dans toute la prairie, et poursuivis non loin derrière par six adolescents.

A la tête du groupe, Edion, Alior et Talès, bien que rapides et agiles, peinaient à rattraper les fugitifs. Derrière, Irius, Silia et Trille essayaient de garder le rythme pour ne pas se faire distancer. Mimi zigzaguait, cherchant le moindre abri salutaire, suivit dans son sillage par ses poursuivants. La course parut s’éterniser, puis ils finirent par être en vue du lac. Voyant son salut dans l’épaisse végétation de la forêt, le petit félin bifurquât à droite, accélérant en longeant le lac, le molosse toujours sur ses talons. La poursuite devint plus difficile, et le groupe, ralentit par les ronces et les buissons, commençait à perdre les animaux de vue.

S’écorchant les jambes dans un massif de chardons, Irus poussa un juron.

- Pff… Pff… Ils vont nous amener où ? Pff… J’en peux plus, je vais m’écrouler…
- Tais-toi et cours, il faut arrêter ce monstre avant qu’il ne dévore Mimi, le coupa Trile.
- Si tu ne l’avais pas amené… Pff… Pff… On n’aurait pas à lui courir après...

La végétation devenait de plus en plus dense et on n’entendait plus que faiblement l’aboiement du chienchien. Soudain, les buissons et les ronces laissèrent place à une immense clairière au bord du lac. Le groupe s’y engagea, Irius à l’arrière, jurant et pestant, l’empreinte encore rouge d’une branche basse en pleine figure.

Quelques dizaines de mètres devant se dressaient des ruines d’un petit édifice dont le toit était porté disparut depuis longtemps et dont les armatures d’acier sortaient rouiller hors de la pierre. Ils aperçurent brièvement le boulemog entrer dans le bâtiment vétuste. Après avoir franchit la distance qui les séparait des ruines, ils s’arrêtèrent à son entrée d’où partait un escalier plongeant dans les profondeurs. Au-dessus de l’entrée se tenait un blason avec le dessin de trois vagues stylisées.

En le voyant, Irius poussa un soupir proche du grognement.

- L’ancien parcours des égouts, il manquait plus que ça…
- Qu’est ce qui se passe ? Mimi est en danger ? s’inquiéta l’éniripsa.
- Plus personne n’y met les pieds depuis longtemps et ce n’est plus entretenu. Il y a régulièrement des éboulements, en plus c’est un véritable labyrinthe. Pour couronner le tout, il y a une rumeur selon laquelle un monstre hostile y aurait élu domicile.
- Hostile ?

Comme pour répondre à sa question, les aboiements qui avaient décrut se muèrent en glapissements effrayés.

- Mimi !
- Disons que si le boulemog ne l’a pas bouffé avant, ton chacha a de bonne chance de mourir écrasé ou noyé.
- Et puis, à ce que l’on dit, le monstre serait haut de dix mètres au moins, avec plusieurs rangées de dents affûtées comme des lames de rasoirs et huit petits yeux brillants dans le noir, continua Talès avec un ton lugubre. Il a des griffes longues comme ça qu’il trempe dans du sang frais d’aventurier. Mais ce qu’il raffole, c’est surtout de croquer une petite énirip…SA !

Il finit sa phrase en accentuant la dernière syllabe, la criant presque, et en saisissant l’épaule de Trile d’un geste vif. Celle-ci sursauta et poussa un cri, suivit un instant après par le claquement d’une violente gifle qui résonna un moment dans la clairière.

- Aïeuh, maieuh… C’était juste une blague…



En règle générale, les souterrains ne diffèrent pas énormément les uns des autres. Il y règne souvent une puissante odeur de renfermé comme si une armée entière de bworks y avaient séjourné, des mousses et des champignons parfois lumineux qui ont une sérieuse tendance a rendre les marches d’escaliers particulièrement glissantes, et une foule de petits animaux grouillants et rampants qu’on ne trouve nul part ailleurs. De temps à autre, on y trouve parfois aussi une bande d’aventuriers en manque d’adrénaline que des archéologues retrouveront peut-être deux mille ans plus tard au fond d’un puits. L’ancien parcours des égouts n’échappait pas à la règle.

Ces pensées, Irius les passaient en boucle dans sa tête, le rassurant de moins en moins à fur et à mesure qu’il descendait. Constamment sur le qui-vive, il pointait son bouclier féca en direction du moindre bruit suspect. L’air devenait de plus en plus lourd et humide. Lorsque le groupe arriva enfin en bas, leurs vêtements leur collaient à la peau par l’humidité ambiante.

Mais le spectacle qui s’offrait à eux le leur fit vite oublier : Devant leurs yeux, le système égoutier s’étendait sur plusieurs centaines de kilokamamètres dans toutes les directions, comme en hauteur. On ne parvenait pas à voir ce qu’il y avait de l’autre côté tellement l’endroit était immense. Il était difficile de croire qu’on était sous terre. Etrangement, il n’y régnait pas une obscurité totale. Malgré la rareté des ouvertures dans le plafond, dont une bonne partie était cachée par un réseau de tuyauteries suspendues, la clarté était suffisante pour voir distinctement devant soi. En fait, l’ancien réseau égoutier faisait penser une ville souterraine, à la différence que les lampadaires étaient remplacés par des nuées de lucioles et d’énormes champignons luminescents qui poussaient un peu partout. Les frêles lueurs qui en émanaient se reflétaient sur les eaux usées des canaux qui serpentaient d’un bout à l’autre, les faisant miroitées comme les écailles scintillantes d’un paresseux reptile.

Du promontoire où ils se trouvaient partait un pont enjambant une large cascade d’eaux usées qu’ils empruntèrent pour aboutir à une vaste salle ouverte où des grilles d’aérations crachaient une fumée nauséabonde depuis le sol. A l’opposé de la salle se dressait une grande arche, barrée par une multitude de toiles couvertes de mucus. Un petit pont de pierre en ruine était posé au-dessus de l’affluant qui alimentait la cascade et qui séparait la salle avec une autre plus grande encore.

- Comment va-t-on faire pour les retrouver, ils peuvent être n’importe où, s’écria Silia. Cet endroit est gigantesque.

Irius pointa du doigt des taches sombres partant vers le pont en ruine.

- Là-bas, regardez, on dirait du sang
- Il y a eu une bagarre ici, constata Alior. Quelque chose les a interceptés et ça c’est mal fini. A voir la quantité de sang, le boulemog a dû se prendre l’assaut de plein fouet.
- Et Mimi ?
- Je ne vois pas d’autres traces, il a dû en profiter pour fuir. En tout cas pas par l’arche, les toiles ont l’air encore intactes.
- Houuuuuuuuu, le monstre rôde…
- Toi, la dernière gifle t’as pas suffi. T’en veux une autre ?

Talès se tut en voyant Trille prête à mettre ses menaces à exécution.

Le groupe poursuivit jusqu’à la seconde salle où un énorme puits se tenait en son milieu, donnant sur un autre canal souterrain. Donnait, car l’éclairage de l’accès technique qui y descendait, plus entretenu depuis des lustres, avait fini par tomber en panne. Les traces de sang s’arrêtaient aux bords du trou béant.

- Au moins pour le molosse, on est fixé. Et pour le chacha ? commença Irius avant de jeter un regard autours de lui.

A droite, la salle se prolongeait pour finir sur un pont la reliant à l’autre rive d’un canal. Devant se tenait une succession d’escaliers de quelques marches qui aboutissant à une grille ouvragée bloquant l’accès à une échelle de barreaux plongeant vers les étages inférieurs. Juste à gauche, deux énormes conduites supportaient une passerelle de fer rouillé qui enjambait le vide où un torrent se déversait. Elle finissait sur une avancée de pierre au-dessus d’une vaste étendue d’eau croupie. Une falaise formait le bas de l’extrémité gauche de la salle, avec le lac d’eau croupie une dizaine de mètre juste en dessous.

- Il va falloir se séparer. Qui prend à gauche ?
- Irius, c’est ton bouclier qui fait ce bruit ?
- Hein ?! Un bruit ? J’entends rien. Edion, tu dois avoir des acouphènes dans les oreilles. Avec la différence de pression et de température des égouts, ça peut arriver.
- Je t’assure, je rêve pas. Attends, on dirait que ça vient du…

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que le bruit s’amplifia, devenant plus sourd et menaçant jusqu’à devenir un grondement assourdissant. Tous les regards se tournèrent vers la voûte du plafond qui se lézardait de long en large. Des gravillons commença à pleuvoir par endroits. Un morceau du plafond se détacha et s’écrasa au sol en projetant des fragments de roche un peu partout.

- Il faut se tirer d’ici, tout va s’écrouler.

Irius fut le premier à réagir. Bondissant vers la sortie, il dût son salut à un réflexe qui lui évita de finir sous un autre bloc de granite. Lorsque le nuage de poussière retomba, le pont avait disparu. A l’est de la salle, un amas de gravats empêchait toute retraite. La passerelle restait la seule issue encore intacte. Le grondement ne faiblit pas et d’autres morceaux de la voûte menaçaient de tomber.

- Par ici !

Alior courut vers la passerelle, suivi par le reste du groupe qui peinaient à le suivre sous l’avalanche de gravillons. La fine poussière en suspension dans l’air empêchait de voir devant soi et rentrait dans les bronches par le nez et la bouche. Le disciple du sang laissa passer Silia devant lui, l’aidant à grimper, et voulut se retourner pour héler ses amis de se dépêcher. Sa voix s’étrangla lorsqu’il vit la sadida courir sous un bloc de roche vacillant. D’un bond, il la rattrapa et la projeta hors de sa trajectoire. La plaquant au sol, il se servit de son corps comme d’un bouclier pour la protéger. Une grêle de roche s’abattit sur eux et les ensevelit complètement.

Un autre morceau de la voûte se détacha et atterrit à côté de Trille. Le choc fut si violent que le sol se déroba sous ses pieds. Voyant son amie tomber dans le vide, Edion accourut pour tenter de la secourir, mais la clef de voûte l’arrêta dans son élan en explosant à ses pieds. Projeté dans le précipice par la violence du choc, son crâne heurta un vestige de rambarde, le faisant sombrer dans l’inconscience. Il chuta de plusieurs kamamètres avant de couler comme une pierre dans l’eau glacée du torrent souterrain qui coulait plus bas.

Isolés du reste du groupe, Irius et Talès avaient grimpé l’escalier jusqu'à la grille qu’ils tentaient de forcer. Malgré les ravages du temps et de la rouille, les gongs étaient encore solidement encrés dans leur support et la serrure tenait bon. Un ornement de pierre atterrit sur le haut de la succession d’escaliers et commença à les dévaler. Ils eurent juste le temps de s’écarter avant que l’immense bélier de pierre ne défonça la grille. La voie était dégagée. Montant à toute vitesse la dernière volée de marches, ils arrivèrent à l’échelle de barreaux dont ils entamèrent la descente avant qu’une dalle du plafond ne condamna le passage derrière eux.



- Mmh… Où suis-je ?

Talès émergea lentement. Une douleur aiguë lui vrillait le crâne. Il tenta de se relever et se cogna contre un mur.

- Aïe ! C’est quoi c’est endroit ? Et pourquoi il fait noir maintenant ?

Il essaya de se repérer en tâtonnant autour de lui.

- Hé ho, y a quelqu’un ?

Seul le silence lui répondit. Il appela encore une fois, mais personne ne répondit.

- Je suis tombé où là ? Il y avait ce stupide chacha derrière lequel on courait, puis les égouts et…

Le disciple iop s’arrêta un instant, comprenant soudain.

- Je-je suis… mort ? Mince alors, c’est le paradis ici ? Il ne ressemble pas à celui dont maître Sworan nous a parlé… OH HE, YA QUELQU’UN ?
- Talès, par pitié… la ferme ! Tu veux un autre éboulement ?
- Irius ? Mais qu’est c’que tu fiches au paradis des iops ?
- Hein ?! Quoi ?! Le rocher que tu t’es prit sur la tronche a détruit ton dernier neurone ou quoi ? Est-ce qu’on a l’air morts ?
- Euh… Je sais pas. Il fait trop noir, je te vois pas.

Irius poussa un long soupir avant de se relever. Il s’assura que son bouclier était intact et tenta de l’activer. Une douce lumière bleutée en émana, déchirant les ténèbres environnantes. D’un geste de la main, il éclaira les alentours. A part les habituels lichens et autres mousses phosphorescentes, le couloir où ils se tenaient ne ressemblait en rien au reste des égouts. Les murs n’étaient plus creusés à même la roche mais faits de briques noirâtres d’où suintaient par endroits l’humidité. Des flaques recevaient ça là les gouttes de stalactites, émettant des sons cristallins et formant la mélodie d’un orchestre souterrain. Le long couloir était fermé à une de ses extrémités par une lourde porte en fer, l’autre se terminant par une volée de marches à moitié masquée par l’obscurité.

Le disciple féca pointa son bouclier vers le haut de l’échelle de barreaux d’où ils étaient tombés. La sortie était obstruée par un immense bloc de roche, ne laissant pas filtrer la moindre lumière.

- Jolie chute, je comprends d’où vient mon mal de tête maintenant.
- Et encore, toi au moins, t’as la tête dure… Malgré mon bouclier, j’ai senti le choc, grimaça Irius en se massant le haut du crâne. Il ne reste plus qu’à trouver un moyen de sortir d’ici et d’aller chercher de l’aide. Je me demande ce qui est arrivé aux autres, et s’ils vont bien.
- Ne t’inquiète pas, ils ont dû s’en sortir. Et puis, t’as la chance d’être avec moi, tu risque rien.
- C’est censé être rassurant ?

Ils commencèrent à descendre l’escalier, prêtant l’oreille au moindre bruit qui annoncerait un nouvel éboulement. L’escalier bifurqua pour s’arrêter devant une grille en fer forgé.

Irius s’accroupis pour examiner la serrure et testa sa solidité.

- Mmh… Une serrure biphasée à ouverture quantique. Je devrais pouvoir l’ouvrir en envoyant une impulsion électrique dans le système du résonateur, ce qui devrait créer un champ contraire qui…
- Au lieu de nous déballer toute ta science, comment tu comptes faire pour forcer cette porte ?
- C’est ce que je suis en train de t’expliquer, triple buse ! Utilise ta tête pour une fois avant de sortir des remarques aussi stupides.
- D’accord.

Talès prit un peu d’élan et envoya un puissant coup de boule sur la grille. Elle s’arracha de ses gonds avec un bruit de taule froissée et tomba à plat sur le sol.

- C’est pas à ça que je pensais…

Ils avancèrent dans la salle devant eux. C’était une vaste pièce presque entièrement recouverte de toiles et remplies de divers objets rouillés appartenant sans doute à une ancienne folle machine d’un féca ou d’un xélor, qui devait l’être tout autan. Les murs, imprégnés à leur base par les eaux usées d’un canal coulant de l’autre côté, étaient divisés en deux zones, l’une couverte des toiles, l’autre envahie par les moisissures. Une énorme colonne rectangulaire soutenait le plafond en son milieu et sur une de ses faces, on pouvait entrevoir une porte en partie masquée par des éboulis. Un peu partout gisaient des carcasses métalliques en bonne partie rouillées. Cachée derrière la colonne, une autre grille donnait sur un escalier en colimaçon vers les étages supérieurs. D’autres toiles tapissaient le plafond percé d’un énorme trou, retenant les éboulis venant de l'étage du dessus. Bien que résistante, elles étaient étirées et se déformaient sous le poids de débris.

Talès aperçu du coin de l’œil quelque chose bouger. Il accourut dans sa direction en comprenant ce qui avait attirer son regard.

- Trille !
- Hé, Talès, qu’est ce tu fiches ?
- C’est Trille. Aide-moi à la dégager.

Irius sursauta en la reconnaissant enfin. Elle était méconnaissable, masquée par les toiles et la poussière, suspendue dans les airs comme un papillon de nuit pris dans la toile d’une araignée géante.

- Arrête de tirer dessus, ça ne sert à rien. Sers-toi de ton épée la sortir de là.
- Ah oui, pas con…

Le disciple de Iop attrapa son arme et, d’un geste ample, trancha le morceau de toile qui retenait l’éniripsa. Celle-ci tomba lourdement sur le sol.

- Mais t’es malade ?! Il t’arrive parfois de réfléchir ?
- Mais c’est toi qui m’as dit de me servir de mon épée…

Les deux adolescents se turent. Trille venait de reprendre conscience et tentait de se dépêtrer de ses entraves. Arrachant les restes de toiles, ils l’aidèrent à se relever.

- Trille, ça va ? T’as rien de cassé ? s’inquiéta le disciple féca.
- Où… Où suis-je ?
- Toujours dans les souterrains. Tu as dégringolé de la salle au-dessus lors de l’éboulement, enfin, à ce que je peux en déduire de ce qu’on peut voir à travers le plafond.
- Où sont les autres ?
- J’en sais rien, sûrement quelque part dans les égouts s’ils ont réussis à s’en tirer. Il faut espérer qu’ils aient rejoint la surface pour aller chercher de l’aide.
- C’est quoi toute cette ferraille autour de nous ? T’avais bien dit qu’on se trouvait toujours dans les égouts, non ?
- Euh si... Apparemment, cette pièce a dû servir à stocker des robots pour l’entretien des égouts. Ce que tu vois, c’est ce qui l’en reste.
- Des robots ?
- Oui, c’est d’ailleurs un de mes ancêtres qui les a imaginés, déclara Irius en bondant le torse d’un air fier. On les a utilisés pendant des siècles pour travailler là où s’était trop risqué pour les humains jusqu’à un peu avant le déluge d’Ogrest. Leur fiabilité et leur efficacité furent telles que la renommée de leur inventeur, Gwendar Aldium… Talès, lâche ce robot ! C’est pas un jouet !

Le disciple iop, s’ennuyant à cause du péniblement long discourt d’Irius, s’était mis en tête de vérifier s’il n’y avait personne dans ce qu’il prenait pour des armures. Il s’acharnait sur la tête d’un robot en tentant de l’arracher de la barrique qui lui sert de corps.

- Quoi ? Je regarde juste ce qu’il y a là dedans.
- Abruti de iop, ce sont des automates, des au-to-ma-tes ! Il y a rien à part des circuits imprimés et des fils de cuivre.

Talès finit finalement par arracher la tête en forme de casserole de l’automate et la contempla avec dépit.

- Ah oui, t’as raison, y a personne là dessous…

Il jeta la tête de robot plus loin et revint vers Trille et Irius. La casserole roula à terre et percuta un autre robot. Le gardien des égouts se réactiva sous le choc. Il tourna sa tête vers le iop avec un léger grincement. L’oxydation et l’humidité ayant détruit une partie de ses circuits et corrompu son système, l ‘automate déclencha l’alarme. La sirène retentit dans toute la salle, faisant sortir les autres carcasses métalliques de leur léthargie. Bien que nombre d’entre eux retombèrent avec des grésillements et de la fumée, la foule de robots égoutiers qui se rassemblaient autours des trois amis devenait de plus en plus importante.

- Talès, je t’avais dit de NE PAS Y TOUCHER !
- Mais… Mais, il y avait personne dans les armures…

Les androïdes s’arrêtèrent à quelques mètres. Les adversaires se jaugèrent un instant, puis l’un des automates décida de passer à l’attaque. Voyant le danger arriver vers lui, Talès dégaina son épée et dévia le bras de la machine loin de sa gorge et, dans un même mouvement, le lui trancha avant de l’envoyer sur ses semblables d’un violent coup de pied. D’autres arrivèrent sur les côtés. Irius enclencha son bouclier et l’interface de combat apparu sur son cadran. Il verrouilla son tir sur ses assaillants. Une série d’éclairs les accueillit, faisant voler des morceaux de ferrailles un peu partout. Trille, bien que seule contre trois colosses de métal, tenait bon. Après avoir éviter l’attaque de l’un d’eux, elle avait lancé un mot d’étincelle qui avait alors ricoché de proche en proche et rendu fou l’un des attaquants. Celui-ci s’était retourné contre les deux autres, la protégeant.

Les vagues de robots se succédèrent et le combat commença à devenir inégal. Malgré les protections déployées depuis son bouclier, Irius reculait à chaque assaut, les attaques devenant de plus en plus violentes. Les trois adolescents étaient peu à peu pousser dos à dos et finirent encerclés par les machines. Celles-ci se rassemblèrent en vue d’en finir lorsque Trille eut une idée.

- Talès, tu peux sauter jusque quelle hauteur ?
- Hein ?
- Tu sautes jusqu’où ?
- Plus haut qu’un bâtim…
- Tu saurais nous projeter en l’air jusqu’au plafond ?
- Oui, mais…
- Parfait, tu te souviens du réveillon de Nowel il y a deux ans chez Silia, quand tu as cru qu’un sram tentait de passer par la cheminée ?
- Euh…
- Tu va faire la même chose.

Les gardiens des égouts décidèrent de passer à l’offensive.

- Talès, maintenant !

Le iop attrapa ses amis et bondit dans les airs, évitant in extremis de finir écrasé dans la mêlée. Une fois assez hauts, il les lâcha et amorça sa chute en directions des robots. Il éleva les mains en l’air et de l’énergie commença à se concentrer dans ses paumes pour se muer en une énorme boule de feu. Chutant à toute vitesse, il la projeta de toutes ses forces sur les automates restés coincés dans un enchevêtrement grotesque. L’explosion fit vibrer les murs de la salle, créant des fissures dans les murs fragilisés par l’humidité. Des filets d’eau commencèrent à s’écouler par endroits.

Lorsque la poussière retomba, l’armée grinçante avait disparue pour laisser place à un vaste champ de ferraille fondue. Alors que Trille atterrissait avec douceur en s’aidant de ses ailles, la toile à laquelle Irius s’était accroché céda, le laissant tomber lourdement au sol. Il se releva en lâchant une flopée de jurons.

- Au fait, c’était quoi cette histoire de sram et de cheminée ? Demanda le disciple féca en vérifiant s’il ne s’était rien cassé.
- Tu te souviens pas ? Le père de Silia avait voulut nous faire une surprise en se déguisant en Père Nowel et en descendant par la cheminée pour nous donner nos cadeaux. Malheureusement, comme il est un peu enrobé, il est resté coincé. En entendant les cris, Talès a alors cru que c’était un cambrioleur. Il est monté sur le toit, d’où il a balancé une boule de feu dans la cheminée. Depuis ce ramonage, elle n’a jamais aussi bien fonctionné d’ailleurs.
- Non, j’étais pas là cette année-là. J’étais cloué au lit à cause du plat de mamaliga de tante Argha de la veille. Le seul souvenir que j’ai gardé de ce réveillon, c’est le plafond de ma chambre et la bassine à côté de mon lit…
- Hé, quand vous aurez fini de papoter, on pourra peut être y aller, interrompit Talès.
- Aller où ? Tu vois bien que la grille est fermée.
- Plus pour longtemps.
- Non ! Talès, ne fais…

Irius n’eut pas le temps de finir sa phrase. Le disciple de Iop ferma son poing, fléchissant les jambes et commença à concentrer son énergie. La poussière et les fins morceaux de roche commencèrent à bouger au sol, puis s’envolèrent en direction de sa main. Les gravillons tourbillonnèrent autour avant de s’y agglomérer en formant un gant de pierre. Lorsque son poing eut doublé de poids et de taille, il frappa la grille. Sous l’impact, elle plia en grinçant avant de s’arracher de ses gongs.

- Alors ? Tu disais ?
- Cours !

L’onde choc avait été si violente que les fissures des murs s’étaient élargies. Les murs, fragilisés, commencèrent à céder sous la pression de l’eau qu’ils ne parvenaient plus à retenir. Un pan de mur s’écroula et l’eau s’engouffra dans la salle à la vitesse d’un torrent. Tentant d’éviter les flots déchaînés, les trois adolescents s’enfuirent par l’escalier remontant vers la surface.



Au pied d’un escalier, un corps échoué était ballotté par le flux et le reflux du courant souterrain. Il était entouré de divers détritus, charriés par les eaux usées. Puis, une main sortit de l’eau et s’agrippa à l’une des marches. Lentement, Edion émergea hors des eaux boueuses et s’affala sur le dos en tentant de retrouver sa respiration. Il resta là un moment, tentant de retrouver ses esprits et encore vaseux, avant de grimper l’escalier. Les souvenirs de l’éboulement, Trille tombant dans le vide et l’énorme rocher s’écrasant à ses pieds lui revinrent brusquement. Il chercha du regard ses amis, mais il n’y avait personne dans les environs. Il était seul. Il ne reconnaissait rien autour de lui et n’avait aucune idée d'où il se trouvait.

L’escalier où il se tenait faisait partie d’un petit îlot de briques, peuplé de mousses et de vannes de tuyaux et relié à la rive ouest par une passerelle suspendue. On pouvait entendre plus loin en aval le bruit d’une chute d’eau. La seule chose certaine était qu’il était toujours dans les égouts. Edion s’engagea sur la passerelle qui, bien que solidement arrimée, avait tendance à balancer.

Arrivé à la moitié du pont, il aperçut quelque chose filer d’un bout à l’autre de la rive. Croyant voir son amie Trille, il l’appela et courut à sa rencontre. Il dévala les quelques marches le séparant de la rive et s’arrêta net. Dans la pénombre, un détail lui avait échappé. La chose qui se tenait devant lui était bien plus grande qu’un homme, même adulte. Et surtout, Trille n’était pas vêtue d’une carapace de chitine. La créature se retourna, attirée par le bruit. Même dans ses pires cauchemars, Edion n’avait jamais vu de créatures aussi hideuses. Ce qui se tenait devant lui, volait à 30 centikamamètres du sol, ressemblait à l’expérience ratée d’un féca fou, un croisement entre une guêpe et une mite géante. Son corps était jaune, virant sur le violet sur le thorax, avant de devenir d’un bleu sombre sur la partie supérieure de ses ailes. Sa tête était d’une couleur vert émeraude avec deux petits yeux à facettes ressemblant à des perles d’obsidienne. Entre ses mandibules acérées, la créature bavait une substance jaunâtre. Pour finir, son abdomen se finissait en un long aiguillon d’où suintant un liquide plus nocif encore.

La bête se mit en mouvement vers l’apprenti crâ, avec une apparente envie d’en faire son casse-croûte. Edion porta sa main à son épaule pour prendre son arc et une flèche. Si cette chose a mis le boulemog en pièce, il vaut mieux ne pas la laisser s’approcher. Cependant, la main d’Edion tâta dans le vide. Pas d’arc. Ni de carquois. Il n’avait pas penser à les prendre. Il n’avait pas penser non plus affronter un monstre pareil dans l’ancien réseau des égouts de la ville. Voyant son seul salut dans la fuite, le disciple crâ s’encourut dans la direction opposée, la créature sur ses talons. Il prit une bifurcation dans une galerie d’entretiens s’éloignant du canal, et commença à zigzaguer en prenant les tournants au hasard pour tenter des semer son poursuivant.

Après une longue course-poursuite, il aboutit à un long couloir, virant vers l’Est. Il se figea sur place en comprenant que c’était un cul-de-sac. Le couloir se prolongeait sur une dizaine de kamamètres au plus et se finissait au pied d’un mur au centre duquel se trouvait une grille d’inspection donnant sur l’intérieur d’une imposante conduite passant de l’autre côté du mur. La grille était juste assez grande pour qu’Edion puisse s’y faufiler, mais malgré tous ses efforts, il ne parvint pas à l’arracher. Les vis qui la maintenaient tenaient encore fermement dans la brique.

D’un instant à l’autre, la bête allait le rattraper. Regardant autour de lui pour trouver une issue, Edion sentit la bourse de rune dans sa poche. Sans réfléchir, il la sort et vida tout son contenu dans sa main. C’était de petits morceaux de roches noirâtres parcourus de lignes bleutées formant un symbole lumineux en leur centre. Parmi les runes se trouvait un autre sachet plus petit. Lorsque qu’Edion l’ouvrit, il vit à l’intérieur des perles nacrées. Des gemmes de phase. L’invention de son tuteur Silore. Ces petites perles servaient à diffuser l’énergie qu’elle contenait de façon continue et stable, ce qui permettait de réussir aisément les enchantements les plus complexes. Soudain, une idée germa dans l’esprit du jeune crâ.

La bête venait d’apparaître à l’autre bout du couloir et reculait pour charger. Il n’y avait aucune échappatoire. Edion posa les runes en deux tas à ses pieds, en prit dans ses deux mains qu’il écarta au-dessus de sa tête en tenant une gemme de phase entre les dents. Essayant de ne pas imaginer ce qui se passerait si son plan échouait, il se concentra et commença l’enchantement, espérant que cette posture grotesque lui sauverait la vie. Il avait vu un bout de bois enchanté dévié un puissant coup de lance. Avec toutes les runes dont il disposait, il espérait pouvoir encaisser l’attaque imminente du monstre.

Celui-ci s’était déjà élancé vers sa proie et arrivait à toute vitesse. Lentement, les runes commencèrent à s’émietter en une fine poussière argentée avant de disparaître. La gemme de phase suivit peu après. Edion contempla horrifié sa protection s’évanouir. Il n’eut pas le temps de lever la tête vers la chose lorsque celle-ci se jeta sur lui. Un bruit sourd retentit dans la galerie.

La violence du choc fut telle que le jeune crâ fut projeté contre la grille qui céda enfin. Le disciple de Crâ, étourdi, se releva péniblement. Surpris d’être toujours en vie et de s’en tirer à si bon compte, il mit instinctivement ses bras devant son visage pour se protéger contre un nouvel assaut. Cependant, elle n’arriva pas. Jetant un coup d’œil à son agresseur, il comprit soudain ce qui l’avait sauvé. A quelques pas de lui se tenait un mur d’un bleu translucide, vibrant encore de sa rencontre avec la guêpe géante. Au lieu de s’être enchanté lui-même, Edion avait lancé l’enchantement sur l’air devant lui, et l’avait rendu aussi dur qu’un mur de briques. De l’autre côté, la bête était sonnée. Une lymphe verdâtre et poisseuse dégoulinait sur sa face depuis la chitine brisée sur le haut de sa tête. Reprenant rapidement ses esprits, elle tenta de forcer le barrage. Le mur vibrait de manière inquiétante, menaçant de céder à tout moment.

Profitant de la sortie inopinée qui était apparue, il se faufila par le trou du mur et atterrit dans la fange stagnante de la conduite. En se retournant, il jeta de toutes ses forces les gemmes de phases qui lui restait sur sa protection, avant de s’enfuir en remontant le faible courant. Elles se brisèrent au contact du mur magique, libérant brusquement toute l’énergie qu’elles contenaient. Des éclairs, qui un orage miniature venait d’apparaître, commencèrent à se propager sur toute la protection runique dans un déchaînement de plus en plus violent. Le mur, devenu instable, pulsa d’une lumière de plus en plus vive. La créature resta immobile devant le spectacle qui s’offrait à ses yeux, hypnotisée comme une cooleuvre devant un charmeur de serpent. Lorsque les énergies déchaînées de l’enchantement atteignirent leur paroxysme, le mur commença à imploser, et se rompit violemment en un éclair aveuglant. Un puissant souffle dévasta la galerie, suivie peu après par la déflagration, finissant son œuvre de destruction.

Lorsque le calme revint dans les souterrains, Edion était déjà loin.



Une pierre tomba du plafond et rebondit sur l’amas de rocaille plus bas avec un léger bruit sec, signalant la fin des hostilités. Le grondement décrut peu à peu et le silence revint des les égouts. Puis, soudainement, l’amas de rocailles se mit à bouger et un bras en sortit. Alior s’extirpa de l’éboulis, non sans mal, et fit aller ses épaules pour s’assurer de n’avoir rien de cassé. Il aida ensuite Silia à se dégager des gravats. La salle où ils se trouvaient un peu plus tôt était ravagée. Bien qu’il restait une partie du plafond encore intacte, la plupart des ornements de la voûte avaient disparu.

Lorsque Silia voulut faire un pas en avant, elle dut se rattraper à un reste de rambarde pour ne pas tomber dans le vide à ses pieds. Devant eux, un précipice les séparait du lieu de l’éboulement, à l’endroit même où un énorme rocher avait manqué écraser la sadida. Des vestiges de rambardes plongeaient vers les profondeurs des souterrains, accompagnés par le flot brunâtre des canalisations brisées soutenant la passerelle. Silia appela ses amis, mais seul l’écho de sa voix lui répondit

- Inutile de les appeler, on a été séparé pendant l’éboulement. Il n’y a plus que nous deux ici
- Alior, il faut aller les autres, ils sont peut être blessés ou en danger ou…
- Calme-toi, inutile de paniquer. Il ont dut s’en sortir, j’en suis certain.
- Comment tu peux l’être, alors que on est tous perdu dans des égouts délabrés où personne ne va, et où aucun secours ne pensera jamais venir nous rechercher? On va tous mourir…
- Silia, nous sommes encore en vie, et qui plus est, sans blessures sérieuses. Si nous voulons venir en aide aux autres, nous devons tenter de sortir d’ici et demander de l’aide en ville. C’est tout ce que l’on peut faire dans la situation où nous sommes. Paniquer ne nous mènera qu’à une mort certaine. Est ce que tu as bien compris ?

La disciple de la nature se tut et resta ébahie devant le calme et le sang-froid de son ami. Elle tenta de se ressaisir et commença à faire les cent pas.

- Mais comment veux-tu que l’on sorte d’ici ? Le seul chemin vers la sortie est bloqué par l’effondrement. De plus, cet endroit est immense, comment va-t-on faire pour ne pas se perdre ?
- On peut toujours continuer jusqu’au promontoire plus loin. De là, on pourra tenter de monter les escaliers au bout, et contourner en passant par le réseaux de passerelles au plafond.

Silia commença à s’apaiser et s’arrêta pour contempler le chemin que lui décrivait son ami. Elle commença à se sentir ridicule d’avoir paniquer ainsi. Elle savait bien qu’agir comme ça ne l’aiderait pas à sauver ses amis.

- On y va ?

Elle suivit Alior qui avait déjà avancé. Malgré l’état vétuste des conduites, elles ne cédèrent pas à leur passage. Ils arrivèrent sans encombre de l’autre côté et poursuivirent jusqu’à la grille vers les escaliers à leur droite. Malgré tous les efforts d’Alior, le lourd cadenas qui la tenait fermée ne céda pas. Il prit un peu de recul pour essayer de repérer un endroit plus fragile. Il se retourna en entendant un grincement derrière lui.

- On peut toujours essayer par-là, proposa Silia en s’appuyant sur la porte qu’elle venait d’ouvrir.

Celle-ci menait par un escalier en fer à une passerelle passant au-dessus d’un vieil aqueduc avant de disparaître dans un tournant. Ils grimpèrent en vitesse la volée de marches et s’engagèrent sur le pont de fer. Arrivés à mi-chemin du tournant, une canalisation se rompit au-dessus de Silia et déversa son contenu sur elle.

- Ah !
- Quoi ?! Qu’est ce qui se passe ?
- Oh non, ma nouvelle jupe est fichue. Une toute nouvelle jupe que je viens d’acheter il y a pas une semaine. C’était la dernière de la boutique de vêtisserie. Et maintenant, elle recouverte de… de… Je ne veux même pas savoir ce que c’est !
- Silia, il faut avancer. On s’occupera de ce problème quand on sera dehors…
- Un problème ?! C’est une catastrophe ! Il n’y en a plus, c’était la dernière de la saison printemps-été. J’en ai plus qu’assez de cet endroit de cet endroit puant et dégueulasse.

Comme pour se venger, Silia envoya un coup de pied dans la rambarde. Déjà fragilisées par la rouille et les ravages du temps, les fixations cédèrent une à une. La passerelle émit un grincement menaçant en commençant à se déformer sous les pieds des deux adolescents. Ils n’eurent pas le temps de réagir que le reste de la structure s’effondra, les entraînant dans sa chute. Ils atterrirent sur l’aqueduc qu’ils dévalèrent sur un reste de passerelle. Ils avaient parcouru une dizaine de kamamètres qu’un virage serré apparut. Le disciple sacrieur saisit Silia par le bras et se jeta avec elle dans le courant de l’aqueduc pour éviter d’en être éjecter. Quelques secondes plus tard, la plaque métallique sur laquelle ils se trouvaient plus tôt tournoya dans les airs avant de retomber dans le vide.

Il continuèrent de descendre à toute vitesse, s’aplatissant par moment pour éviter de se cogner aux tuyaux qui passaient au-dessus de leur tête. Après une glissade interminable à travers une jungle de plomberie, ils débouchèrent brusquement sur une partie de l’aqueduc plus dégagée. Silia poussa un cri en voyant ce qui les attendait. A quelques kamamètres devant, une portion de l’aqueduc s’était effondrée, déversant l’eau de son courant dans le vide.

Tentant de se freiner en poussant des mains et des pieds sur les parois de l’aqueduc, Alior parvint à s’arrêter au bord de la chute. Derrière lui, un cri terrifié se rapprochait de lui. Il s’était à peine retourner que la protectrice de la nature le percuta. Chutant de plus en plus vite, ils passèrent au travers de toiles qui, à défaut de les freiner, leur collaient à la peau. En dessous, la surface d’un lac se rapprochait. A la vitesse à laquelle ils chutaient, la rencontre avec la surface de l’eau serait aussi violente qu’avec un sol en pierre. Alior ferma les yeux et rassembla ses force. Quelque chose commença à remuer sur son avant-bras. Ses tatouages commencèrent à s’animer. Ils s’allongèrent jusqu’à atteindre l’extrémité de ses doigts, les dépassèrent et se mirent à flotter dans les airs comme des serpents ondulants. Ouvrant les yeux, il repéra une canalisation encore solide et envoya son tatouage s’enrouler autour. Il attrapa Silia à côté de lui et, de sa main tatouée, saisit son tatouage pour s’assurer une meilleure prise. Par un mouvement de balançoire, ils furent renvoyé vers le haut, et arrivèrent à la hauteur une corniche surélevée. Le tatouage d’Alior se détacha de la canalisation et reprit sa place sur le torse et l’avant bras du sacrieur.

En face des deux adolescents, se tenait une volée de marches creusées à même la roche et menant à des galeries d’entretien. Après s’être débarrassé des restes de toiles gluantes qui s’accrochaient encore à lui, le disciple tatoué s’avança pour voir jusqu’où menait la galerie.

- Alior… Attend, je… supplia Silia d’une voix plaintive.

Elle était courbée, les mains sur les genoux, tentant de réprimer sa nausée. Elle avait pâlit et semblait mal en point.

- Ca va ? Tu veux te reposer un instant ?
- Oui… Je me sens pas très bien…

Alior s’approcha du bord du gouffre et contempla la chute qu’ils avaient faite, et le lac une vingtaine de kamamètres plus bas.

- En effet, c’est un peu haut. Enfin, vu d’ici, ça a pas l’air si terrible.

Silia jeta un coup d’œil à son tour, mais elle se ravisa et mit ses mains devant sa bouche en s’éloignant du bord. Elle s’assit dos au mur et attendit que son malaise passe.

- Il y aurait moyen de remonter par le tunnel, déclara Alior en se retournant. Au bout du couloir, il y a un escalier en colimaçon qui doit mener aux étages supérieurs. On trouvera bien un moyen de continuer après.
- A ton avis, on a atterri où ?
- Au nord-ouest de la salle où il y a eu l’effondrement, si je ne me trompe pas.
- Allons-y, je vais mieux, déclara Silia en se relevant. Pas la peine d’attendre quelque chose d’autre se déglingue et nous tombe sur la tête.

Ils montèrent les quelques marches et s’engagèrent dans le long couloir qui s’étendant devant eux.





Edit : Le chapitre n'est pas encore fini, je tacherais d'éditer pour rajouter la suite lorsque je l'aurais retaper. Pour le moment, je vais m'occuper du chapitre I et le réécrire. Promis, j'essayerais de ne pas prendre plus d'un mois pour le faire . (19/02/10)

Edit 2 (31/07/10) : Pour ceux qui pensait que cette fiction était morte et que je ne posterais pas la suite, détrompez-vous, je suis de retour avec l'équivalent de 10 pages de texte en word. Après une masse de boulot, puis l'arrivée des exams de rétho et pour finir (ou plutôt pour m'achever ), un magnifique examen de polytec, j'ai pas trop eu le temps de travailler ma fic. Ce n'est toujours pas la fin du chapitre, elle arrivera à la prochaine édition. Comme elle va être plus courte, je devrais normalement réussir à finir son écriture, la retaper à l'ordi et enfin pouvoir la poster avant la fin des vacances, mais bon, je vais plus me poser de deadline, j'arrive jamais à les suivre. Bref, ça arrivera quand ça arrivera.


posté 23 Février 2010 - 18:30:20 | #5
Beaucoup de lectures pour un unique commentaire... Arrangeons ça ! Pour commencer, j'aimerais tout simplement affirmer haut et fort que ton histoire m'a vraiment captivée. Non pas que la trame soit palpitante, puisqu'à première vue ce ne sont que des amis s'échinant à tuer l'ennui, mais l'immersion est presque palpable. Tu n'hésites pas à te servir d'un vocabulaire diversifié et à rendre la description très réaliste.

Cependant, j'ai trouvé que le début de ton second chapitre est moins bien rédigé que le premier. Plus de fautes d'orthographes, assez nombreuses dans l'ensemble mais facilement noyées dans la masse, avec un style d'écriture moins... professionnel. Heureusement que tu te rattrapes vers la fin J'ai noté à maintes reprises des tournures de phrase maladroites, mais la fiction est d'un point de vue général réussite.

Je t'encourage à poursuivre ton histoire que je trouve particulièrement intéressante, en espérant que tu ne seras pas trop long


posté 06 Mars 2010 - 17:47:18 | #6
En effet, j'avoue que dans ce que j'écris, il n'y a pas beaucoup d'action, juste une bande d'amis qui essayent de passer le temps. Les deux premiers chapitres sont juste là pour jouer le rôle de prélude et poser les personnages et leur histoire, la vrai trame n'apparaîtra que plus tard, avec l'action bien sûr (ils ne vont pas courir après tous les chienchiens de la ville, quoi que...).
En tout cas merci pour ton commentaire, ça me motive pour la suite
Enfin, si j'ai le temps de la finir, j'ai eu récemment pas mal de travail pour l'école (c'est en bonne partie pour ça que ma fiction n'a pas bougé depuis quelques semaines), et pour l'instant je ne profite que d'une petite accalmie pour aller sur le fofo et pour continuer. Le chapitre est presque fini niveau manuscrit, je n'aurais plus qu'à le retaper et le poster. J'essayerais de poster avant pâques mais je ne promet rien.


Edit : Merci pour ton commentaire, Lysandder. Et désolé de te répondre un peu tardivement (même si ça fait presque 5 mois que je suis plus passer sur ma fic), l'école m'a prit pas mal de mon temps, sans vouloir tenter de me justifier.


posté 06 Mars 2010 - 20:49:52 | #7
Mes félicitations bien que je n'ai pas encore tout lu (chose que je vais faire je peut te l'assurer^^) le début de ton histoire ma vraiment captivé (pour cause, je n'ai pas entendu mes parents m'appeler pour passer à table^^). L'intrigue est si attractive que l'on oublie volontier les rares fautes d'orthographes^^
Continue comme sa

Amicalement, Lysandder...