Citation (heloise44160 @ 17 Mai 2012 10:46)

Vraiment bien la suite! sa ma fait pitié quand tu as d'écrit les sentiments de la princesse mais heureusement qu'il est revenu!
A quand la suite?
Hey merci ='3
Pour le sentiment de pitié, c'était volontaire mais j'étais pas sûre que ça rende bien^^
Bref bah tant mieux ='33
Et encore merci heloise, je crois que t'es la seule à me lire x)) On va pas dir que je fais un carton x'))
Bon.
Là je squtte l'ordi d'une amie, 'suis pas chez moi et dimanche je pars ><
Bref la suite c'est âs demain ^^
Ouah les fautes que j'ai fait sur mon précédent post. Honte à moi.
Bref, la suite ='3
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Ekil toussota d’un air gêné.
Cela faisait maintenant plus d’une heure et demie qu’elle était là ; ne parlant pas, fixant seulement l’horizon de ses deux superbes yeux ébène. Et qu’elle l’ignorait complètement.
Et elle plongeait son regard dans les plis soyeux du tapis à ses pieds.
Ekil se tenait debout ; vaillant et fidèle à son nouveau poste de garde du corps ; mais une crampe commençait à le torturer au niveau du genou gauche.
Il serra les dents pour s’empêcher de prier la belle princesse de lui permettre de s’asseoir. Non ; car ce serait indigne de lui. Et de son rôle tout neuf.
Autant préciser que ce jeune Crâ avait une estime et une fierté parfois bien trop importantes ; et qu’il se jugeait par moments bien trop valeureusement.
Il laissa échapper un soupir bruyant.
Cela faisait aussi bien une demi-heure qu’il multipliait les tentatives ridicules et discrètes pour attirer l’attention d’Ayena. Et qu’elle ne jetait pas un regard en sa direction.
Le jeune homme commençait à se sentir vexé.
Son père était reparti en direction de la cité Crâ peu de temps auparavant ; laissant son fils seul dans cette foule d’étrangers aux mœurs si étranges et aux apparences différentes.
Et qu’Ekil se sentait mal à l’aise et incroyablement seul. Pourtant, il avait toujours été un solitaire.
Il se décida à chanter ; pour passer le temps ; et, doucement, se rassurer.
Sa voix, claire, s’échappa des commissures de ses lèvres ; certes basse, mais belle.
La jeune Crâ modula ses accents ; qui s’élevèrent, graves et profonds. Et incroyablement touchants et émouvants.
Il oublia le monde qui l’entourait ; il oublia la princesse, son père qui l’avait quitté ; il oublia sa solitude et ses peurs pour se concentrer sur son triste chant.
Une si belle histoire qu’était celle-ci. Une histoire mêlant amour et amitié. Une histoire dépassant les carapaces des cœurs pour prouver au monde ce qu’est une âme. L’histoire de deux êtres totalement différents ; une histoire gravée dans le grand livre de la vie.
Une histoire qui se déroulait en chaque personne. Et qui se déroulait en Ekil, sans qu’il en soit conscient.
Ayena s’était redressée. Elle fixait avec attention le jeune homme qui lui faisait face. Il était presque en transe ; et il chantait.
Elle ne dit rien, ne l’appela pas mais le contempla. C’était vraiment un beau garçon. Elle se devait de l’avouer. Mais il ne l’intéressait pas. Non, il ne l’intéressait pas. Elle n’en avait que faire des hommes ; tous les mêmes. A part son père, le seul être qu’elle aimait vraiment en cette terre remplie de haine à ses yeux.
Mais la voix du jeune Crâ l’émouvait, aussi. Elle la touchait sérieusement, cette voix.
Et cette histoire aussi.
Ekil ouvrit les yeux ; se rendit compte que la belle Osamodas le dévisageait ; rougit et se tut.
-Tu pouvais continuer de chanter si tu voulais.
-Non, je n’en ai plus envie.
Elle arqua un sourcil et je le Crâ ravala sa salive.
-Dans ce cas, il est temps pour toi d’aller te reposer.
Elle tira sur une cordelette que le jeune homme n’avait pas remarquée et qui pendait près du fauteuil. Aussitôt, une cloche résonna et quatre domestiques zélés envahirent la salle.
Ils se courbèrent devant leur princesse ; mais elle les releva d’un geste élégant de la main avant de leur expliquer la raison de son appel ; soit qu’ils devaient mener son nouveau garde du corps à une chambre sobre où il pourrait loger, à proximité de la sienne.
Les valets hochèrent la tête sans discuter avant de faire signe à Ekil de les suivre. Celui-ci leur emboîta le pas sans réfléchir.
Ils passèrent le seuil et la porte claqua derrière eux ; laissant la jeune Osamodas seule.
Ayena passa ses béquilles sous ses aisselles et descendit les marches de l’estrade souplement ; prouvant l’habitude qu’elle avait à accomplir ces gestes qui pourraient nous paraître si incongrus à nous autres.
Etant arrivée au bas, elle souffla légèrement avant de balancer ses béquilles en avant ; sauter sur son unique pied et ainsi atteindre d’une démarche claudicante une porte cachée incrustée dans le mur donnant sur l’aile droite du palais.
Naturellement, vu sa condition, elle aurait très bien pu obtenir une chaise roulante ou porteuse ; ou je ne sais quelle invention qui lui permettrait de se déplacer sans aucuns soucis ; mais la princesse tenait particulièrement à garder une certaine autonomie.
Elle passa la porte et se retrouva dans un couloir lumineux ; éclairé par un immense trou de cheminée non obstrué sur la partie la plus haute du plafond.
Avec un bruit sourd, les gonds se rabattirent dans leur position initiale, coupant tout contact avec la salle dans laquelle elle se trouvait quelques secondes auparavant.
Ayena laissa tomber ses béquilles et s’appuya péniblement contre le mur.
Puis elle joignit les mains.
Et ferma ses yeux noirs.
Il va sans dire que la jeune fille étant une Osamodas, elle possédait les pouvoirs de ce peuple. Et son sang royal lui conférait une puissance hors du commun.
Un halo lumineux bleuâtre s’échappa de ses doigts avant de gagner son corps tout entier.
Dehors, un puissant cri d’un aigle géant sauvage retentit. Avec un sourire, Ayena sortit du couloir et posa la main sur son immense bec. L’animal ne broncha pas. Avec bonheur, la jeune fille passa ses mains dans son épais plumage ; puis murmura quelques mots dans un langage étranger aux oreilles des hommes.
Le langage Osamodas.
L’oiseau ploya ses immenses pattes et la belle princesse se tracta puissamment de ses fins bras ; prenant appuis sur son unique jambe pour se propulser.
L’aigle leva une aile pour l’aider à s’installer en amazone sur son dos.
La jeune fille se coucha sur le cou de sa monture et passa ses deux bras sous celui-ci ; histoire de s’équilibrer pour compenser l’absence d’un deuxième membre inférieur.
L’oiseau déploya ses immenses ailes grises et s’élança à la conquête du ciel.
Ayena poussa un merveilleux cri de joie. Enfin, elle était libre.
Elle rit de joie. La vie l’habitait. Enfin ; elle se sentait autre chose qu’une enveloppe insensible. Qu’elle se sentait bien ; seule dans cet océan de bleu et de ciel ; seul avec pour compagnie la faune qui faisait vibrer son cœur d’Osamodas.
Elle se sentait pareil aux grands dragons que son peuple avait toujours vénérés, planant dans ce ciel sans limites.
L’aigle vira dangereusement et la jeune fille resserra sa prise sur le cou du bel oiseau.
Ils s’en furent tous deux ; prenant leur pause et leur répit de vie, de joie et de liberté. Car, bientôt, ils se sépareraient, bientôt, ils reprendront leur route et leur quotidien.
Elle et lui. Lui et elle ; soit l’oiseau et la fille.