25 Juin 2010 - 14:19:00 |
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Deux ans de développement ! Deux ans, c’est toute une vie. Quelques impressions à chaud, alors qu’on s’approche du Code Complete.
Quand on a commencé Islands of Wakfu (qui s’appelait à l’époque Secret of the Eliatrops), on avait juste une démo en XNA, et cette idée de mettre en scène des Eliatropes dans un jeu en temps réel en vue isométrique. Après le feu vert d’Ankama, on a monté un studio, et pour se former, on a créé un petit jeu musical pour les tout-petits, Dream of Lu-Fu. Ça nous a lancés, donné confiance. Pendant un an, on a conçu un moteur, on a appris un métier. Nous tous sommes nés avec le jeu vidéo, c’est le médium de notre temps, celui que nous explorons sans base arrière, armés de notre simple culture. Pendant un an, on a envisagé un jeu bien trop gros, bien trop ambitieux. L’expérience nous a appris à faire machine arrière avant de prendre le mur.
Nous n’y sommes pas encore : tant d’embûches, tant de trappes et d’illusions. Faire un jeu, c’est piloter un bateau en pleine tempête, les yeux bandés. À part jeter des veaux à l’eau pour espérer la clémence des cieux, on doit rester concentrés sur le pont. Tenir debout toute une chaîne de développement sans briser les processus organiques d’une équipe. En 2 ans, on a appris à se faire confiance et à toujours mettre la qualité du travail en avant. Faire un jeu console, forcément « fini », c’est l’incapacité de patcher. C’est faire en sorte que chaque élément soit à sa place, qu’il ait du sens. Que les choses aient une FIN. C’est s’assurer de la cohésion entre toutes les parties. La concentration et la rigueur exigées, elles font peur, et nous restons humains : l’erreur est comprise dans le développement, nous avons appris à l’accepter. À l’intégrer.
Le plus difficile aura été de rester fidèle à l’univers de DOFUS et de Wakfu. Notre but depuis le début a été de doter cet univers d’une Origine, base de toute mythologie. Un moment sacré, hors du temps, condamné par l’Histoire, auquel tout doit revenir pour trouver du sens. Le passé des Eliatropes, construisant des cabanes dans la chevelure d’une Déesse unique, est un bouillon sans cesse renouvelé, par les développeurs maison, et par la communauté. C’est un grand challenge, c’est une sacrée responsabilité, car tout doit être laissé ouvert à l’interprétation. Rien ne nous appartient : nous ouvrons des pistes complexes, nous posons des symboles sur le velours d’une écharpe. Nous avons vu le jeu grandir en même temps que le Mont Zinit. Nous ne sommes pas encore au sommet mais la piste est dégagée, et le soleil vient d’apparaître derrière la crête.





